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03 avril, 2020

Des médecins gallois contraints de s'excuser après avoir invité leurs patients les plus fragiles à refuser toute tentative de réanimation à cause du coronavirus

Un cabinet de généralistes du Pays de Galles a écrit le 27 mars une lettre à un « petit nombre » de patients souffrant de maladies graves pour leur demander de signer un formulaire « DNACPR » (refus de tentative de réanimation cardio-pulmonaire) et de s’engager à ne pas appeler les services d’urgence en cas de détérioration de leur état, pour éviter de propager le coronavirus.

Une image de la lettre ayant circulé sur les réseaux sociaux le 1er avril, de nombreux internautes britanniques se sont demandés s’il s’agissait d’un poisson d’avril de fort mauvais goût. Le Guardian de Londres avait pourtant dès la veille confirmé l’information, précisant que le cabinet médical de Llynfi à Maesteg, près de Port Talbot, avait dû s’excuser, tandis que le bureau local du système de santé britannique, NHS, faisait savoir par un porte-parole qu’il n’était pour rien dans cet envoi, précisant que les médecins concernés lui demandaient de faire savoir qu’ils n’avaient pas eu pour intention de « troubler certains de leurs patients » qui avaient reçu la lettre. Les médecins ajoutaient qu’ils prenaient contact avec ces patients pour présenter leurs excuses et répondre à « toute inquiétude » qu’ils pouvaient avoir.

Il y a avait de quoi.

En suggérant à leurs patients de renoncer à se faire soigner en cas de symptômes liés au coronavirus ou d’une aggravation de leur maladie chronique, ils leur demandaient en réalité de contresigner leur arrêt de mort.

« Cette lettre est très difficile à écrire », assuraient ses premières lignes. La lettre précisait que les personnes souffrant d’un cancer incurable, de la maladie de Charcot ou de fibrose pulmonaire sont exposés à des risques très important si elles contractent le COVID-19, et qu’ils n’auraient certainement pas accès à un ventilateur si par extraordinaire ils étaient accueillis par un hôpital.

Le mieux pour ces personnes, ajoutait la lettre, serait de rester chez elles et d’être entourées par leurs familles… avec le « soutien » du cabinet médical.

« C’est pourquoi nous aimerions remplir pour vous un formulaire DNACPR que nous puissions partager… ce qui signifiera qu’en cas de détérioration subite de votre état en raison d’une infection COVID-19 ou de l’aggravation de votre maladie les services d’urgence ne seront pas appelés et que des manœuvres de réanimation de votre cœur ou de votre respiration ne seront pas entreprises. »
Et d’énumérer les « bénéfices » d’une décision de refuser les tentatives de réanimation : « Votre médecin traitant et, plus important encore, vos amis et votre familles sauront qu’il ne faudra pas appeler le 999 ; les maigres ressources ambulancières pourront cibler les jeunes en bonne santé qui ont de meilleures chances de (vaincre) l’infection ; le risque de transmettre le virus aux amis, à la familles et aux intervenants d’urgence au cours de la réanimation cardio-pulmonaire est très important, votre DNACPR permettra de protéger votre famille et les intervenants d’urgence par rapport à ce risque supplémentaire. »

La lettre ajoutait que les médecins, étant potentiellement porteurs asymptomatiques du coronavirus, préféraient ne pas entrer en contact direct avec les dits malades, et se contenteraient de les appeler au début de la semaine uivante pour discuter des détails. « Nous ne vous abandonnerons pas mais nous devons être francs et réalistes », concluaient-ils.

On reste pantois.

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14 août, 2014

Flandres et Pays-Bas : “Ne me réanimez pas !”

C’est encore une retombée de la « société euthanasique » où par définition, se répand une propagande pro-mort qui est véritablement une culture de mort. Aux Pays-Bas comme en Belgique néerlandophone, le nombre de porteurs d’un refus de réanimation augmente de manière « explosive ». Plaque d’identité ou format carte de crédit, c’est un petit document que l’on garde sur soi en toute circonstance pour décourager toute tentative de secours en cas de crise cardiaque, arrêt respiratoire ou autre AVC.
Les partisans de la non-réanimation ont entendu dire que les chances de guérir après une réanimation sont modestes. Et même si les statistiques affichées sont un peu meilleures lorsque les soins sont donnés à l’hôpital, leur crainte est de survivre à l’état de « légume ».
Le risque de devenir totalement dépendant à la suite d’une réanimation est pourtant minime : 1 % (la probabilité d’y survivre, elle, se situe entre 10 et 20 %).
Aux Pays-Bas comme en Flandres, ce sont les associations pour la « mort digne » ou la « fin de vie choisie »  (c’est équivalent) qui font la promotion et la distribution de ces documents non officiels mais qui sont généralement respectés par les soignants puisque cela leur est imposé par la loi. Aux Pays-Bas, la NVVE commercialise les plaques d’identité marquées de la photo, du nom et des coordonnées du porteur, pour la modique somme de 37,50 €. On ne peut l’obtenir sans devenir membre. Il suffit ensuite de les porter.
En Belgique, la procédure est plus compliquée : il faut faire préciser ses directives anticipées (refus de
réanimation, demande d’euthanasie en cas de coma, don d’organes, directives pour l’enterrement, don du corps à la science) et les mettre en sécurité chez une personne de confiance. La « Leifkaart » portée sur soi renvoie vers cette personne. Et c’est gratuit, grâce au concours de plusieurs associations « humanistes ».
Aux Pays-Bas, le nombre total de plaques commandées atteint désormais plus de 20.000 ; le nombre d’enregistrements est passé de 1.200 en 2007 à 5.000 en 2013. En Belgique l’augmentation des demandes a été encore bien plus rapide et le nombre de porteurs avoisine les 30.000. L’association LEIF annonce une attente de deux mois pour la fourniture des cartes.
Cette nouvelle mode n’est certainement pas sans rapport avec la propagande médiatique et les réunions d’information, souvent organisées par les associations pour l’euthanasie, visant à sensibiliser la population sur le risque de la démence ou de la dépendance. Aux Pays-Bas, beaucoup de directives anticipées sont rédigées en ces occasions.
L’association néerlandaise du cœur a réagi à l’information en invitant les Néerlandais à bien réfléchir avant de faire un tel choix, rappelant que la réanimation offre la chance d’une seconde vie. Elle cite le cas d’un cycliste amateur réanimé l’an dernier à 58 ans à la suite d’une défaillance cardiaque. Il est aujourd’hui en pleine santé.

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05 août, 2014

Pays-Bas : l'association pour le droit de mourir ouvre des consultations d'euthanasie

Depuis le 1er août, l'association néerlandaise pour le droit de choisir sa fin de vie, la NVVE, a lancé une campagne de consultations d'euthanasie dans 32 villes du pays afin de répondre aux questions de ses membres sur l'accès à la piqûre létale, la manière d'organiser son euthanasie en cas de perte de la capacité d'exprimer sa volonté ou la valeur et la teneur des testaments de fin de vie.

L'initiative a mobilisé autant d'équipes qui reçoivent gratuitement tout membre de l'association – il y en a 150.000 au total – avec un objectif très clair : aider les personnes qui ne sont pas sûres de pouvoir faire respecter leur volonté d'obtenir l'euthanasie, notamment celles dont le médecin traitant est objecteur de conscience, à organiser leur mort par avance.

L'un des principaux « services » rendus au cours de ces consultations consiste en l'aide à la rédaction de ce qu'on appelle aux Pays-Bas la « déclaration de volonté » : des directives anticipées que les patients cherchent à graver dans le marbre pour le cas où elles deviendraient démentes ou incapables d'exprimer leur volonté.

Mais avant tout, ainsi que le raconte une femme de 63 ans ressortie enthousiaste d'une de ces consultations, il s'agit de recevoir des conseils sur la manière de s'y prendre avec son médecin traitant. Comment lancer le sujet ? Comment faire accepter la demande d'euthanasie par lui, par la famille, par les proches ? Pour elle, se préparer à cet événement certain qu'est la mort est une manière d'alléger la charge et la peine qui pèseront sur les épaules des enfants, le moment venu. Le message lancé au cours des consultations est clair : il ne faut pas tarder, ne pas imaginer que son médecin est « contre », jouer cartes sur table.

De la part de la NVVE, la démarche est militante. Et même doublement, puisque l'on peut supposer que les consultations ne lui permettront de prêcher qu'à des convaincus, réservées qu'elles sont à ses membres à jour de cotisations…

C'est en fait un épisode de la guerre que mène cette association pour faire accepter ce qui de fait, semble inscrit dans la loi d'euthanasie néerlandaise : si celle-ci affirme que l'euthanasie est réservée à ceux qui la demandent en possessions de leurs moyens, elle admet, selon la NVVE, que cette volonté puisse s'exprimer de manière anticipée, n'excluant nullement la mise à mort d'une personne démente qui aurait clairement fait la demande avant de perdre ses facultés mentales. Une situation que les commissions d'évaluation de l'euthanasie commencent à admettre.

A cette fin, les directives anticipées ont-elles valeur juridique ? Pour l'association des médecins néerlandais (KNMG), la réponse est non, aucune. La plupart des praticiens rechignent d'ailleurs à piquer une personne qui n'est plus en possession de ses moyens.

La NVVE fait pression en vue de faire admettre l'inverse. En s'adressant directement aux patients aux quatre coins des Pays-Bas, et en les encourageant à rédiger des directives anticipées, elle espère à la fois leur offrir une sorte d'entrée en matière pour aborder le sujet avec leur médecin traitant, et faire pression sur lui pour que, le moment venu, il puisse se persuader de respecter leur volonté en les mettant à mort sur la foi non seulement du document mais des conversations qu'il aura eues. Les directives anticipées abordent aussi la question de l'arrêt des traitements et celle de la demande de ne pas réanimer.

Difficile de ne pas penser que l'on est en train de pousser les gens vers la sortie à grande échelle.

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08 mars, 2013

Pays-Bas : la ministre de la Santé au secours de l'euthanasie des déments


La campagne d'agitation néerlandaise pour l'euthanasie des déments a abouti à une initiative parlementaire et ministérielle. Sur la demande de la commission permanente de la Santé publique, du Bien-être et des Sports, le ministre compétent vient d'adresser une lettre à la Deuxième Chambre pour exposer les données de la question et faire des propositions. Edith Schippers veut renforcer le dialogue entre médecins et patients et mettre en place des procédures permettant aux personnes déjà démentes de « bénéficier » d'une mise à mort demandée alors qu'elles étaient encore en état d'exprimer leur volonté, fût-ce de manière parcimonieuse…

La lettre, adressée au président de la Deuxième Chambre des états-généraux et datée du 6 mars, se réfère au récent rapport de l'association des médecins néerlandais KNMG qui exprimé leur refus général de pratiquer l'euthanasie sur des personnes déjà démentes, faute de savoir si au moment de l'acte ces patients souffrent réellement de manière intolérable.

« Porter un jugement sur une demande d'euthanasie ou d'aide au suicide émanant d'un patient en voie de devenir dément exige du médecin de faire une évaluation très complexe. Le processus de la démence, où la capacité d'exprimer la volonté et l'expérience de la souffrance changent au cours de la maladie, fait que l'évaluation des critères de minutie n'est pas simple. Il se peut cependant que, compte tenu des circonstances spécifiques d'un cas particulier, l'on puisse donner suite à une demande d'euthanasie concernant un patient dément. C'est ce qui ressort à la fois des avis des commissions régionales d'évaluations des euthanasies (RTE) que de l'évaluation de la loi sur l'euthanasie et du point de vue exprimé par la KNMG, Le rôle du médecin dans la fin de vie choisie. On y met l'accent sur le fait que les médecins, compte tenu de la complexité du sujet, doivent agir avec une très grande réserve et de manière particulièrement prudente. Cette prudence spéciale peut par exemple s'exprimer par la consultation de spécialistes supplémentaires de la matière considérée. 
Les cas présentés ces dernières années aux RTE montrent que les médecins confrontés à une demande d'euthanasie dans le cadre d'une démence (commençante) ont effectivement agi avec une prudence renforcée. En vue d'évaluer le caractère insupportable de la souffrance expérimentée par le patient ainsi que le degré de réflexion qui a conduit à sa demande d'euthanasie, le médecin devra avoir une image correcte de la personne, de ses opinions et des désirs qu'il a exprimés précédemment. Pour cela l'avis d'un spécialiste compétent et indépendant, comme un gérontologue, peut constituer une information complémentaire par rapport à l'avis donné par un consultant SCEN [médecin spécialisé dans l'évaluation des demandes d'euthanasie] indépendant. Les contributions des membres de la famille du patient peuvent apporter au médecin un éclairage supplémentaire sur l'image que celui-ci devra former à propos du patient et de sa demande. Les RTE ont signalé dans leur dernier rapport annuel qu'il ressort des cas signalés que les patients décrits atteints d'un début de démence souffraient de manière insupportable du fait de la dégradation déjà accomplie de leur personnalité, de leurs fonctions et de leurs aptitudes. La souffrance étant alors renforcée par la conscience encore présente du fait que ce processus ne pourrait que s'aggraver pour conduire à une dépendance fondamentale et une perte totale de soi. La peur de la souffrance future fait dès lors partie de la pression de la souffrance actuelle ressentie. Dans une évaluation individuelle le médecin peut alors arriver à la conclusion que la situation correspondant aux critères de minutie légaux. »

Le texte se poursuit avec plusieurs paragraphes sur les « testaments de vie », dont les médecins néerlandais ont fait savoir qu'ils ne les prennent pas en compte dans le cas des personnes devenues démentes. A quoi sert-il alors ? A confirmer, renforcer, éventuellement valider une demande orale, répond la ministre, même si la demande orale suffit.

Mais elle poursuit :

« Un testament de vie écrit peut cependant aussi remplacer la demande orale, ainsi qu'il appert de l'article 2, paragraphe 2 de la loi sur l'euthanasie. Celui-ci dispose que dans le cas où un patient n'est plus en mesure d'exprimer sa volonté, mais qu'avant de se trouver dans cette situation, alors qu'il était dans un état où l'on estime qu'il était en mesure d'avoir une appréciation raisonnable de ses propres intérêts, il avait établi un testament de vie écrit comprenant une demande de fin de vie, le médecin peut accéder à cette demande. Cet article peut être appliqué par exemple lorsqu'un patient ayant exprimé une demande d'euthanasie est devenu entre-temps incapable d'exprimer sa volonté. Pour pouvoir déterminer, dans le cas d'un patient présentant une telle problématique, s'il est question d'une demande faite de manière libre et bien considérée, un testament de vie écrit est essentiel. Outre cela le médecin peut conforter sa conviction si auparavant il y a eu une démarche conjointe, répétée et détaillée – alors que le patient était encore en état d'exprimer sa volonté – autour de cette déclaration et que le patient l'a régulièrement actualisée et signée. 
Il est important de noter que le testament de vie ne donne aucune certitude sur la mise en œuvre effective de la demande. En effet, dans tous les cas de fin de vie à la demande, le médecin doit avoir la conviction dans une situation donnée qu'il se situe dans le cadre des critères de minutie définis par la loi d'euthanasie. Et il faudra en juger dans chaque cas d'espèce si c'est le cas. »

Ainsi Mme Schippers balaie-t-elle en quelques lignes les réticences de médecins pour s'approcher davantage, sinon totalement, de ce qui est revendiqué par la NVVE (association nationale pour la fin de vie choisie) : la possibilité d'organiser par avance son euthanasie en cas de démence ou d'incapacité. Le but est bien de faire entrer cela dans les mœurs, à petits pas.

La ministre encourage également les médecins à soulever le sujet de l'euthanasie avec leurs patients, en s'obligeant le cas échéant à faire savoir qu'ils ne la pratiquent pas pour des raisons de principe ou d'autres raisons, afin que le patient puisse s'adresser alors qu'il est encore temps à un médecin plus coopératif.

Aussi Mme Schippers espère-t-elle qu'on fera largement usage d'un dépliant de la KNMG sur ces conversations autour de l'euthanasie, dont il existe une version pour le médecin, une autre pour les patients.
« Je considère comme allant dans le bon sens le fait que l'on stimule ces conversations sur la fin de vie (qui s'approche). En parlant ensemble de la fin de vie les désirs et les attentes sont mieux définis. C'est dans l'intérêt de chaque personne qui – de manière professionnelle ou personnelle – est impliqué dans cette problématique complexe et sensible. »

Bref, en parler, en parler vite pour permettre soit l'euthanasie pendant la phase de démence où le patient est encore en état de choisir librement et d'exprimer sa volonté, soit pour faciliter l'éventuel accès à l'euthanasie en dehors de cet état de conscience, et dans tous les cas assurer la présence d'un médecin complaisant. Mme Schippers entend par ailleurs rencontrer Els Borst, la ministre qui avait porté le projet de légalisation de l'euthanasie : celle-ci a exprimé sa « déception » devant les réticences du KNMG par rapport aux directives anticipées. Après avoir également parlé avec les médecins, elle viendra soutenir son point de vue devant la Deuxième Chambre.

C'est la version en blouse blanche de « secouons le cocotier » ou je n'y connais rien…



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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...