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02 août, 2013

Angleterre : un évêque fait le lien entre contraception et « mariage » des homosexuels

L'évêque de Portsmouth (Angleterre), Mgr Philip Egan, a écrit le 29 juillet une lettre pastorale à son diocèse à propos de la loi sur le « mariage » des homosexuels promulguée il y a quelques jours. Il fait clairement la relation entre la révolution sexuelle et ses aboutissements logiques que nous vivons aujourd'hui, et montre combien la société qui nous environne est désormais un milieu hostile… où il faut continuer d'aimer les personnes et témoigner en vue de leur conversion. – J.S.

Il y a deux semaines, l’Assentiment Royal a été donné à la loi controversée sur mariage des couples de même sexe – Marriage (Same Sex Couples) Act 2013 – qui tente de redéfinir l’institution du mariage et d’étendre le mariage aux couples de même sexe (gays et lesbiens). Les archevêques Mgr Nichols et Mgr Smith ont exprimé leur préoccupation, et celui de mes frères évêques, devant les graves conséquences sociales que cela entraînera. 
L’adoption de cette loi est l’aboutissement inévitable d’un processus qui s’est accéléré depuis les révolutions sexuelles des années 1960. Jusqu’alors, c’est la définition traditionnelle – c’est-à-dire naturelle et chrétienne – du mariage qui prévalait. Les rapports sexuels étaient vus comme se situant exclusivement au sein de la vie de famille, dans le cadre du mariage, et dotés d’une double fin ou d’un double objectif : l’expression de l’amour et la procréation des enfants. Depuis les années 1960, cependant, les contraceptifs artificiels ont été largement accessible, dissociant les deux fins des rapports sexuels, en scindant la dimension unitive et en suppriment la dimension procréatrice. Détaché de son contexte naturel au sein de l’amour et de l’engagement marital, rattaché au plaisir sans responsabilité, le rapport sexuel pouvait désormais être vécu hors du mariage et ainsi, avec le temps, assumer une nouvelle signification dans les rapports humains. Cela a conduit vers la « mentalité contraceptive » dont le pape Paul VI a parlé de manière si prophétique en 1968 dans sa Lettre encyclique Humanae vitae, et au déclin du mariage, et aujourd’hui à sa redéfinition. Car à travers la nouvelle manière de comprendre les rapports sexuels et la vie de famille, de puissants lobbies ont donné aux partenariats homosexuels la capacité de devenir socialement acceptables, et ainsi la tentative du gouvernement d’étendre le mariage aux couples de même sexe – et avec le temps, on peut le supposer, à d’autres combinaisons et partenariats – est un développement inévitable. 
En tant que catholiques, comme Israël en Egypte, nous nous trouvons désormais dans un pays étranger (« alien ») qui parle une langue étrangère, aux coutumes qui ne nous sont pas familières. Car ce que signifient pour nous le mariage, les rapports sexuels et la vie de famille ne correspond plus à ce que le monde d’aujourd’hui, le gouvernement, le National Health Service (sécurité sociale britannique) et les artisans des politiques à mettre en œuvre mettent sous les mots mariage, sexe, famille. La tentative orwellienne du Parlement de redéfinir le mariage change radicalement le contexte social et cela représente un défi majeur pour l’Eglise en Angleterre et au Pays de Galles : à ceux qui désirent se marier dans nos paroisses, aux parents catholiques qui élèvent des enfants, aux enseignants dans nos écoles catholiques, et au clergé chargé d’un ministère pastoral. Ce pourra être, aussi, un champ de mines légal, même s’il va nous falloir attendre avant de voir toutes les implications de la nouvelle législation prendre corps. Il va certainement nous falloir revoir notre manière de prêcher, d’enseigner, tout comme les programmes scolaires : tout cela devra prendre en compte à partir de maintenant le fait que notre système catholique de sens et de valeurs s’éloigne de manière frappante de ce que la culture sécularisée juge aujourd’hui normal ou acceptable. 
Il est important de redire que l’Eglise aime les personnes homosexuelles, même si nous nous accrochons fermement à notre conviction chrétienne selon laquelle les relations sexuelles trouvent leur place véritable au sein du mariage. Il va sans dire qu’un soutien particulier doit être proposé à ceux qui éprouvent une attraction homosexuelle afin de leur aider à trouver cette liberté intérieure, cette chasteté et cette perfection qu’offre le Christ (cf. CEC 2359). En outre, nous devons également redire que le Christ n’est pas venu appeler les vertueux, mais les pécheurs à la repentance (Mt 9:13). Vivre en conformité avec la chasteté chrétienne a toujours été exigeant, même dans un contexte culturel qui apportait son soutien aux valeurs chrétiennes et à la recherche de la sainteté. Les chrétiens sont toujours appelés à vivre une vie naturelle, mais en raison du péché originel, cette manière de vivre naturelle a toujours exigé les moyens surnaturels que le Christ nous offre, si nous devons y parvenir. Même ainsi, et pour ardue qu’elle soit, la Voie du Christ est vraiment le chemin vers la joie, et en tant que disciples du Seigneur, il nous appartient d’en porter le témoignage. Les pasteurs ont toujours étaient volontiers prêts, au nom du Christ, à offrir miséricorde, pardon et soutien à ceux qui luttent et s’efforcent de vivre en conformité avec les idéaux auxquels le Christ nous appelle. Ce sont, après tout, des idéaux inscrits dans les profondeurs du cœur humain, et qui au Ciel seront comblés et accomplis dans leur éternelle floraison. 
En tant que catholiques, soyons sur nos gardes, et continuons à mettre en garde avec compassion notre société devant les mauvais virages qu’elle prend. Malgré le mauvais virage de la loi sur le mariage des couples de même sexe, je continue d’espérer et de prier afin qu’avec le temps, par la grâce de Dieu et par notre amour et notre témoignage, dans la douceur, nous appellerons la société à revenir sur le chemin de l’humanisme authentique et ainsi, aider chacun à entendre dans son cœur l’appel de l’Esprit à la joie véritable.
Source : ici.

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© leblogdejeannesmits pour la traduction.



10 février, 2013

“Mariage” gay : pourquoi maintenant ? Le rôle du Conseil de l'Europe

Le Conseil de l'Europe


Dans une très intéressante analyse, Christopher Booker du Daily Telegraph attribue l'étonnante concomitance des dossiers du « mariage » des homosexuels en France en en Grande-Bretagne aux exigences du Conseil de l'Europe.

On a beaucoup dit que François Hollande n'était pas personnellement intéressé par cette question – ce que semble confirmer son statut personnel, puisqu'il n'a jamais épousé la mère de ses enfants, mais cela ne l'a pas empêché de faire figurer le « mariage » des homosexuels en bonne place parmi ses engagements de campagne. Et il a la gauche pour lui.

Pour l'Angleterre et le Pays-de-Galles, où la légalisation du « mariage » des homosexuels est en très bonne voie, la donne est très différente : David Cameron a porté cette loi en tant que leader des conservateurs et alors même qu'il avait refusé de s'engager sur ce dossier avant son élection, refusant de l'inscrire à son programme. Résultat : les grands votes sur le « mariage » gay en France et Outre-Manche se seront déroulés à moins de huit jours l'un de l'autre…

Pour Booker, la vraie histoire remonte à 2010, et plus précisément au mois de mars où les 47 pays membres du Conseil de l'Europe se sont mis d'accord sur une recommandation visant à mettre en place des « mesures pour combattre la discrimination sur le fondement de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre ». Elle proposait notamment que les pays reconnaissant des partenariats de même sexe accordent à ces derniers le même statut légal qu'aux partenariats entre hétérosexuels. Il n'était pas question de mariage, certes, encore que l'on proposait que les « personnes transgenres » puissent épouser une personne du sexe opposé à celui qu'elles se seraient vu assigner.

Booker poursuit : « Quatre jours avant l'élection générale de 2010, le parti conservateur a publié un dépliant signé par Theresa May [alors ministre de l'Intérieur], dont une section sur les “questions lesbiennes, gay, bi, trans]” promettait que le parti allait “envisager l'opportunité de changer la loi en vue de permettre que les partenariats civils puissent recevoir le nom et la qualification de mariage”. »

La Cour européenne des droits de l'homme
On ne retrouva pas cette promesse dans le « Manifesto » (document de campagne) des Conservateurs, ni même dans les accords de gouvernement de la coalition au pouvoir depuis 2010. Mais en juin 2010, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) affirme que sans qu'il existe une obligation de reconnaître des partenariats de même sexe, le droit de jouir de la vie familiale ne se réduit pas aux couples homosexuels mais peut bien s'appliquer aux couples de même sexe.

Lynne Featherstone
La cour proposait d'attendre qu'un « consensus » emerge parmi les pays membres pour faire reconnaître un droit au « mariage » pour les couples de même sexe appuyé sur la Convention européenne des droits de l'homme.

Le ministre des égalités libéral démocrate Lynne Featherstone, note Booker, allait alors édicter des directives autorisant la diffusion de « musique religieuse » pendant les cérémonies de partenariat civil, expliquant que cela pouvait constituer une étape vers la légalisation des « mariages » gays. Son parti allait bientôt la soutenir en ce sens.

En décembre 2010, un lobby homosexuel, Equal Love, a soutenu un groupe de couples homosexuels britanniques à lancer une action devant la CEDH en vue de faire donner aux partenariats civils le même statut que le mariage. Une action soutenue également par Peter Tatchell, militant LGBT, pour qui le fait d'écarter les personnes gays du mariage « envoie un signal selon lequel nous sommes socialement et légalement inférieurs »;

En mars 2011, les deux ministres qui ont largement reçu des groupes LGBT publient un document d'intention politique officiel annonçant la volonté de faire progresser l'égalité LGBT en vue d'aboutir au « mariage civil égalitaire ». Ce même document engageait le ministère britannique des Affaires étrangères (Foreign Office) ainsi que la nouvelle instance pour l'égalité de genre (Gender Equality Office) à travailler à la « pleine mise en œuvre » de la Recommandation du Conseil de l'Europe de l'année précédente, avec une date butoir fixée à juin 2013.

Booker souligne qu'en prenant la présidence tournante du Conseil de l'Europe en novembre 2011, le Royaume-Uni a placé cette question en tête des priorités. Mme Featherstone avait déjà promis 100.000 ivres d'argent public à un groupe LGBT à Strasbourg en vue de mettre cette politique en œuvre ; c'est elle qui aura été la principale oratrice d'une conférence à huis-clos du Conseil organisée sous la présidence britannique, le 27 mars suivant, en vue de fixer les plans pour mettre en œuvre cette politique avant la date butoir de juin 2013. Booker cite une déclaration du juge britannique Sir Nicolas Bratza, qui présidait alors la CEDH, affirmant que cette cour était prête à qualifier le « mariage » de couples de même sexe de « droit de l'homme » dès lors qu'un nombre suffisant de pays l'aurait accepté.

« Voilà les vraies raisons pour lesquelles notre Gouvernement a eu besoin de précipiter le vote de la semaine dernière sur le mariage gay. Nous nous sommes engagés à la “pleine mise en œuvre” de la politique du Conseil de l'Europe à ce sujet pas plus tard qu'en juin prochain (d'où la loi similaire dont on précipite actuellement l'adoption en France). Cela aura été un coup politique très réussi du lobby gay, assisté par Featherstone, May et ces institutions européennes de l'ombre qui, de tant de manières, gouvernent aujourd'hui nos vies. Mais pourquoi ne nous a-t-on pas dit de manière plus honnête et ouverte pourquoi tout cela s'est produit ainsi ? », demande Booker. 

Tout cela ne contredit pas mais complète plutôt les accusations de Nigel Farage qui a montré (voir ici sur ce blog) comment l'Union européenne, de manière parallèle, a décidé que tout ce qui serait lié par le biais d'un acte d'état civil dans un pays de l'Union le serait, automatiquement, dans les 27 autres. D'où l'intérêt pour le lobby gay d'obtenir une reconnaissance du « mariage » gay dans des poids-lourds de l'Union afin d'étendre ce droit subrepticement dans l'ensemble de l'UE, en assurant dans le même mouvement un poids suffisant de cette légalisation pour faire considérer le « mariage » gay comme un droit de l'homme qui s'imposera tôt ou tard aux 47 pays du Conseil de l'Europe.

Le déroulé de cette affaire montre aussi (à ceux qui ne l'auraient pas encore compris) que la promotion des droits des couples homosexuels à travers la reconnaissance de partenariats civils, de pacs et autres « alliances civiles » joue un double rôle : celui d'affirmation d'un droit propre à l'existence du couple homosexuel et du caractère « familial » de ce droit lorsque des enfants sont présents, mais aussi celui d'étape vers l'abolition définitive de toute différence entre le mariage naturel et le « mariage-fiction » des couples homosexuels.

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05 février, 2013

“Mariage” gay pour l'Angleterre et le pays de Galles, malgré la révolte des Tories

La Chambre des communes a voté par 400 contre 175 la légalisation du « mariage » des couples de même sexe en cette fin d'après-midi, mais la « victoire » de David Cameron n'est due qu'au concours des travaillistes et des libéraux.

Sur les 303 membres du Parlement conservateurs seuls 130 ont voté le texte, 139 ont voté contre et 30 se sont abstenus. Parmi ceux qui ont voté contre, plusieurs ministres : celui de l'Ecologie, le responsable du Pays de Galles, celui chargé de l'Europe et des responsables des ministères de la Défense et de la Justice. Pourtant Cameron avait lancé un appel passionné pour obtenir le soutien de son camp.

Derrière la victoire idéologique obtenue grâce à la gauche et saluée par Nick Clegg, leader des libéraux-démocrates et Ed Miliband, chef de file des travaillistes, c'est une vraie défaite pour le Premier ministre qui est en quelque sorte mis en minorité au sein de son propre parti et jusque par des membres de son gouvernement.

Son camp l'accuse avec raison d'avoir causé une grave division parmi les siens.

Comme en France, c'est la rhétorique de l'égalité qui a été mise en avant, notamment par des parlementaires ouvertement homosexuels. David Cameron a même affirmé « croire fortement au mariage » qui « aide les gens à s'engager les uns envers les autres ». « Je crois qu'il est bon que les personnes gays puissent se marier aussi. Cela concerne, oui, l'égalité. Mais il s'agit aussi de rendre notre société plus forte. »

Mais en attendant ce sont les perdants des dernières élections qui ont eu une voix déterminante pour faire adopter le « mariage » gay, tandis que les opposants ont été sujets aux menaces et autres manœuvres, comme le vote obligatoire sur certaines parties du texte, pour faciliter son passage. Des conservateurs ont expliqué qu'ils avaient souffert de « discriminations » pour avoir osé exprimer leur opposition et l'un affirme avoir reçu des menaces de mort ; un autre a été qualifié de « nazi » pour la même raison.

Dans un pays où l'on peut choisir entre le mariage religieux et le mariage civil, l'Eglise anglicane est explicitement écartée des célébrations des unions homosexuelles mais de l'avis de Tony Baldry, l'élu conservateur chargé des questions religieuses aux Communes, la Cour européenne des droits de l'homme, une fois saisie, pourrait la contraindre à les célébrer.

Le quart des évêques et des prêtres catholiques ont pour leur part co-signé une lettre au Daily Telegraph indiquant qu'ils craignent d'être victimes de persécutions au sujet du « mariage » gay.

Le texte doit encore franchir plusieurs étapes devant les Communes puis passer devant la Chambre des Lords.

Il ne concerne pas la filiation ni l'adoption, déjà ouvertes aux couples de même sexe liés par un partenariat civil.

Sur son blog, John Smeaton, directeur de la plus importante organisation pro-vie britannique, SPUC, observait aujourd'hui, reprenant les propos de Jean-Paul II un an après l'attentat qui avait failli lui coûter la vie : « Dans les desseins de la Providence il n'y a pas de simples coïncidences. » Et remarque qu'en cette fête de sainte Agathe, l'Evangile du jour contenait un évident avertissement aux élus britanniques : c'est celui des Pharisiens mettant Jésus à l'épreuve, et celui-ci répond : « N'avez-vous pas lu que le créateur, au commencement, fit l'homme et la femme, et qu'il dit : à cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair ? Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Que l'homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni. »

Et il faudrait sans doute ajouter, a contrario, que l'homme n'unisse pas ce que Dieu a séparé : qu'il ne considère pas l'homme comme une femme ni la femme comme un homme !

Il s'agit, soit dit en passant, de l'ancien Ordo…

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03 février, 2013

Royaume-Uni : pressions sur les parlementaires opposés au “mariage” gay

Dernière ligne droite pour la Chambre des communes à Londres : c'est lundi, ou au plus tard mardi qu'elle doit se prononcer sur le projet de loi gouvernemental de légalisation du « mariage » homosexuel en Angleterre et au Pays-de-Galles. Le projet est en l'occurrence porté par David Cameron, Premier ministre conservateur insuflé par le même « vent de l'histoire » que le président François Hollande (mais qui souffle donc le même beau temps et surtout la même pluie dans plusieurs pays simultanément ?). De nombreux membres conservateurs du Parlement ne sont cependant pas d'accord du tout – et subissent, en ce moment même, de lourdes pressions pour voter dans le sens du gouvernement.

A vrai dire le projet de loi devrait être adopté sans difficulté grâce au soutien de la gauche : les travaillistes vont lui apporter leurs voix, et aussi les libéraux-démocrates. David Cameron n'en est pas moins affecté par le problème d'image qui pourrait se poser à lui en cas de défection de ses propres parlementaires.

Aujourd'hui, une vingtaine de responsables de circonscriptions « Tory » ont porté une lettre au Premier ministre au 10, Downing Street, lui demandant de repousser toute décision parlementaire sur la question du « mariage » des homosexuels au-delà des prochaines élections en 2015, notamment pour donner aux électeurs la possibilité de se prononcer sur un « manifeste » sans ambiguïté : la légalisation du « mariage » gay ne correspond à aucune promesse de campagne de la part du Parti conservateur. Ils invoquent le moral en berne au sein du parti, la discorde qui y règne et le découragement des électeurs que le projet risque de provoquer.

Même si les services du Premier ministre récusent le fait d'avoir engagé un plan de racolage – au sens militaire du terme – pour forcer les membres du Parlement récalcitrants à « bien » voter, la tension monte sur le plan médiatique, avec la multiplication de déclarations favorables au « mariage » gay de la part de soutiens habituels du gouvernement britannique. Et il se dit, dans la presse sérieuse, que des secrétaires d'Etat et autres ministres de second rang font le tour des « backbenchers » conservateurs (parlementaires sans portefeuille) qui n'ont pas encore pris leur décision de vote, pour leur expliquer que leurs carrières pourraient bien pâtir s'ils votent contre le Premier ministre.

Le ministre des Affaires étrangères, William Hague, a précisé samedi que ceux qui voteraient contre le « mariage » des couples de même sexe « se trouveraient du mauvais côté de l'histoire ». « Je crois que les temps ont changé, les partenariats civils ont été établis… Dans un laps de temps remarquablement court, ces choses en sont venues à être acceptées », a-t-il remarqué. « Je crois qu'il en sera de même dans cette affaire. »

Le gouvernement a même renoncé, samedi, à introduire une mesure fiscale favorable aux couples mariés dans le Budget de peur que celle-ci apparaisse comme une monnaie d'échange pour obtenir le vote favorable des élus hésitants…

Un bloggueur conservateur, Iain Dale, est même allé jusqu'à écrire que des élus qui n'ont pas révélé leur homosexualité pourraient faire l'objet d'« outing » forcé s'ils ne votent pas dans le bon sens. Annonçant qu'il a noté parmi les parlementaires qui voteront contre, la présence d'homosexuels cachés et de deux élus supposés « hétéros » qui se trouvent actuellement dans des relations gays. « Je ne suis pas un partisan de l'outing forcé, mais l'hypocrisie pure et dure qu'on voit là poussera d'autres à agir différemment », menace-t-il.

Il faut noter qu'au Royaume-Uni la question du « mariage » gay se débat en dehors de toute discussion à propos de la filiation ou de la procréation assistée. Depuis 2008, les couples de même sexe peuvent bénéficier de PMA et d'inséminations artificielles, et les deux partenaires de même sexe sont considérés comme étant les parents légaux de l'enfant qui naît ainsi. Depuis 2010, la « gestation pour autrui » est ouverte aux couples de même sexe, à condition que la mère porteuse ne reçoive pas davantage qu'une indemnisation de ses frais occasionnés par la grossesse.

Autrement dit, le débat britannique se situe pleinement sur le plan de la définition du mariage, de la possibilité (ou plutôt de l'impossibilité)  pour les couples de même sexe d'entrer dans ce contrat, ou cette alliance qui scelle l'union d'un homme et d'une femme, établie en vue de fournir le meilleur cadre à la procréation.

La Coalition pour le mariage a déjà recueilli plus de 630.000 signatures Outre-Manche, et ses études sur la proposition de démanteler le mariage en l'ouvrant aux couples de même sexe insistent sur la perte des libertés qu'entraînerait cette révolution.

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17 août, 2012

L'avortement pour sauver la vie de la mère ? En Irlande, on dit non. Avec des chiffres

Le département de la Santé au Royaume-Uni a publié des statistiques la semaine dernière indiquant que depuis la légalisation de l'avortement en 1967 en Angleterre et au Pays de Galles et jusqu'en 2011, 0,006 % des interventions ont eu pour but de « sauver la vie de la mère » ou d'empêcher qu'elle subisse un dommage grave et permanent sur le plan physique ou mental. 143, sur plus de 6 millions…

Lord David Alton
Sur ces effarants 6 millions, 23.778 autres avortements, soit 0,37 % du total, ont été pratiqués dans ces deux pays parce que la poursuite de la grossesse comportait un plus grand « risque » pour la vie de mère que la mise en œuvre de l'avortement, selon ces chiffres publiés par Lord David Alton, ancien député travailliste qui aujourd'hui à la chambre des Lords préside un comité parlementaire pro-vie. On n'est plus là dans le cas d'un danger de mort pour la mère, mais d'une appréciation nécessairement subjective du risque.

En Irlande du Nord, signale l'association pro-vie Precious Life, le département de la Santé, des Services sociaux et de la Sécurité publique avance une moyenne de 79 avortements par an sur cinq ans pour « sauver la vie de la mère ». En deux ans, le mouchoir de poche nord-irlandais totalise donc autant de ces opérations que l'Angleterre et le Pays de Galles réunis en 44 ans. Rien ne justifie cette extraordinaire disparité, signale la directrice de Precious Life, Bernadette Smyth, d'autant que l'Irlande du Nord affiche le plus bas taux de mortalité maternelle du Royaume-Uni : « Il n'y a pas de lieu plus sûr pour accoucher. »

Precious Life a donc réitéré la demande qu'elle renouvelle depuis que des statistiques d'avortement sont publiées en Irlande du Nord : comment les services de santé peuvent-ils justifier le recours au motif de la sauvegarde de la vie de la mère vingt fois plus souvent que dans les pays voisins qui ont une population autrement plus importante, et ce alors que le fait de mettre fin à a vie d'un enfant à naître constitue un délit très grave ? « Il y a une claire distinction entre l'avortement – la mise à mort délibérée d'un enfant à naître – et un traitement médical réellement nécessaire pour sauver la vie qui peut causer la mort de l'enfant à naître sans intention de la donner », rappelle Bernadette Smyth.

Pour ce qui est de l'Angleterre et du Pays de Galles, les chiffres de l'avortement posent aussi des questions graves. Ils indiquent que dans 99,5 % des cas, l'avortement a été pratiqué alors qu'il n'y avait pas de risque pour la santé de la mère à poursuivre la grossesse, alors même que la loi de 1967 n'autorise l'opération (jusqu'à 24 semaines de gestation) qu'en cas de danger de mort pour la mère, ou si le risque lié à la poursuite de la grossesse est estimé plus important que celui lié à l'avortement, ce risque étant évalué par rapport à la santé physique ou mentale de la femme enceinte ou des enfants déjà nés dans sa famille, ou encore si l'enfant court un « risque substantiel » de souffrir d'anomalies physiques ou mentale de nature à le handicaper gravement. Dans ce dernier cas de figure, comme en France, l'avortement est autorisé jusqu'au terme.

Les statistiques officielles de l'avortement en Angleterre et au Pays de Galles montrent que dans l'immense majorité des cas, ces conditions ne sont pas remplies. De telle sorte que les mouvements pro-vie britanniques estiment que l'avortement s'y pratique à la demande.

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12 février, 2012

Euthanasie : aux Pays-Bas, un petit film pour bricoleurs

Dix ans après l'entrée en vigueur de la loi d'euthanasie aux Pays-Bas, un petit film vient d'être posté sur internet par un psychiatre spécialiste de l'« auto-euthanasie », Boudewijn Chabot : comment « s'euthanasier » proprement, sûrement et sans douleur. En clair, un mode d'emploi pour suicide tranquille pour ceux qui ne rentreraient pas dans le cadre légal de l'euthanasie.

Il s'agit du suicide à l'hélium : on loue un appareil à gonfler les ballons, on se passe un sac à rôtir autour de la tête, on remplit, on attend. L'endormissement vient vite, la mort arrive en 10 minutes. « Une manière sûre de mourir, entouré de ses proches », explique Chabot (on suppose que les proches sont nécessaires pour aller rendre l'appareil…).

Mais pour que personne ne puisse être poursuivi pour assistance au suicide – cela reste susceptible de sanctions pénales – certains gestes doivent impérativement être accomplis par le moriturus lui-même.

Côté NNVE (Association néerlandaise pour une fin de vie volontaire), on n'est pas convaincu. Sa directrice, Petra de Jong, s'interroge sur le caractère « humain » de cette forme de suicide et préfère recommander, de son côté, certaines combinaisons de médicaments que l'association recommande d'essayer d'obtenir en Belgique en prétextant un oubli d'ordonnance. C'est ce que recommande un documentaire de la NVVE projeté lors de l'actuel festival de films sur l'euthanasie organisé par l'association, The EndPetra de Jong pense qu'il n'y a rien de digne à mourir avec un sac sur la tête, des cachets, c'est mieux. (Comme quoi tout est relatif !)

Mais « digne » ou non, l'affaire révèle une poussée de plus en plus forte pour faire accepter l'idée du suicide facile, chacun devant pouvoir disposer chez soi du matériel idoine. On a fait sauter le tabou de la mort, se réjouit De Jong (mais en fait, c'est le commandement « Tu ne tueras pas » qui est évacué).

Radio Nederland, qui révèle cette information, raconte aussi comment réagissent les vendeurs de magasins de farces et attrapes où l'on se procure les réservoirs à hélium. Cela ne leur fait apparemment rien du tout. L'article cite un vendeur d'Amsterdam :

« Aucune idée de ce que je ferais si je voyais une petite vieille à la caisse. Je crois que lui louerais l'appareil, tout simplement. Le seul ennui, c'est que pendant ce temps-là, d'autres personnes ne pourraient plus gonfler leurs ballons. »

Mais de toute façon, il pense que l'appareil est bien trop lourd pour les « petits vieux ».

Faudra peut-être leur recommander de profiter de l'anniversaire d'un petit-fils ou d'une arrière-petite-fille pour passer l'âme à gauche ?

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15 mars, 2011

Statistiques des naissances outre-Manche : entre discrimination et origines

Les enfants britanniques ne sont plus répertoriés comme étant conçus au sein d'un couple légitime dans les statistiques officielles du gouvernement. L'équivalent, outre-Manche, de l'INSEE, l'Office national des statistiques, a décidé d'omettre toute mention concernant le statut – mariée ou non – de la femme enceinte au moment du début de sa grossesse, la remplaçant par une notion unique et fourre-tout : on notera seulement si elle se trouve, oui ou non, au sein d'un « partenariat légal ».

But de l'opération : il s'agit d'éviter toute discrimination ou stigmatisation des femmes homosexuelles puisque celles-ci ne peuvent prétendre au mariage légitime.

C'est depuis 2003 que le gouvernement travailliste alors au pouvoir avait fait rayer des documents administratifs toute référence ou recours au mot « mariage », pour les mêmes raisons, mais les statistiques continuaient de… présenter des statistiques différenciées pour désigner des situations différentes.

Malgré l'annonce par les conservateurs désormais au pouvoir de remettre le mariage et la famille au centre de la prise de décision politique, en décembre, les nouveaux chiffres pour 2009 qui viennent d'être publiés par l'Office national des statistiques annoncent simplement que cette année-là, 896.300 bébés ont été conçus en Angleterre et au Pays de Galles, dont 57 % « en dehors d'un partenariat légal ».

Et ainsi, dans la réalité que ces chiffres révèlent, le mariage est doublement attaqué, la famille doublement menacée. Désormais la part prépondérante des grossesses survient en dehors du cadre stable et naturel du mariage légitime. Et désormais, on a atteint sur le plan administratif le plan de l'indifférenciation suprême, au nom du « droit à la différence » : obligatoirement, ce qui est distinct est rassemblé, unifié, uniformisé, au point qu'il faut faire semblant de ne plus voir.

Mais il faut aussi rapprocher le chiffre des grossesses enregistrées avec celui des naissances vivantes en 2009 : 706.248.

La différence entre ce chiffre et celui des conceptions indique le véritable génocide qui est perpétré, d'année en année, en Angleterre et au Pays de Galles comme ailleurs et comme ici : on a enregistré 189.100 avortements en 2009 sur des femmes résidant dans ces pays. Les chiffres ne concordent sans doute pas tout à fait en raison de fausses couches, naissances ailleurs…

La fécondité britannique remonte depuis 2001, où la natalité se situait à 1,65 enfant par femme, loin du niveau de remplacement des générations : presque stable en 2009 (quelque 2.500 naissances de moins par rapport à 2008), le taux de natalité étant à 1,96 enfant par femme. Il remonte chez les plus de 35 ans et baisse chez les moins de 30 ans, et de la manière la plus sensible chez les moins de 20 ans.

Cette remontée globale est quant à elle à rapprocher de cette autre statistique livrée pour 2009 par l'Office national : le nombre de naissances chez des femmes elles-mêmes nées en dehors du Royaume-Uni n'a cessé d'augmenter ces dernières années, passant de 14,3 % des naissances en 1999 à 24,1 % en 2008, puis 24,7 % en 2009.

Curieusement, cette dernière statistique n'est pas jugée discriminatoire. Il est vrai qu'elle ne répertorie que les naissances chez des femmes qui sont nées ailleurs qu'au Royaume-Uni, sans préciser l'origine exacte.

© leblogdejeannesmits.

15 décembre, 2009

Le suicide assisté par la petite porte au Royaume-Uni

Cela fera bientôt trois mois que les médecins britanniques ont été invités à s'exprimer sur la manière dont les personnes ayant « aidé » un proche ou un patient à mourir doivent être traités par la justice. La consultation a été lancée par le plus haut responsable du déclenchement des poursuites publiques, Keir Starmer, qui a officiellement publié des directives par intérim permettant déjà de voir dans quelles circonstances on risque le plus de devoir répondre d'un tel acte devant la justice, et dans quelles circonstances le classement sans suite est l'issue la plus probable.

Un groupe de médecins chrétiens - le Christian Medical Fellowship qui regroupe quelque 4.500 médecins - vient de faire savoir que les membres de cette association ont décidé de ne pas participer à la consultation publique, affirmant qu'ils ne peuvent en conscience participer à ce débat dont l'issue la plus probable sera la lente mise en place d'une jurisprudence favorable au suicide assisté.

« Nous craignons que la publication de telles directives n'entraîne le risque très réel de conduire au fil des ans à la sanction légale de la pratique du suicide assisté. Le droit coutumier se constituerait à travers cette jurisprudence, et une loi statutaire suivrait immanquablement. La légalisation de l'euthanasie suivrait ou accompagnerait inévitablement cela. Le Parlement aura de fait été court-circuité par un processus administratif, et une telle chose ne devrait jamais se produire dans une société démocratique. »

Le Christian Medical Fellowship invoque l'exemple des Pays-Bas où le refus de poursuivre des médecins ayant aidé leurs patients à mourir a abouti à des directives et enfin à une loi en 2002. Son représentant, Peter Saunders, rappelle que l'opposition de ces médecins à l'euthanasie et au suicide assisté est une affaire de principe : « Notre certitude médicale qu'ils ne sont jamais nécessaires signifie que nous ne pouvons pas collaborer dans ce processus. »

D'emblée, en septembre, les évêques catholiques d'Angleterre et du Pays de Galles avaient mis en garde contre l'idée qu'une absence probable de poursuites puisse être considérée comme exonérante, ajoutant que le projet de directives de Keir Starmer ne protégeaient ni les plus faibles, ni ceux qui crient au suicide comme un appel à l'aide, ne les grands malades. Ils dénonçaient aussi le fait que les directives proposées considèrent les proches d'une personne affaiblie, gravement malades, très âgée comme cherchant toujours à la soutenir. « Au contraire, les crimes de violence sont très fréquemment commis par une connaissance de la victime, assez fréquemment, même, par quelqu'un de sa propre famille. » Et de mettre en garde contre les dérives prévisibles de la démarche.

Le site BioEdge signale cette semaine une autre mise en garde, celle d'un expert mondial de l'euthanasie, le Pr John Keown de l'Iinstitut d'éthique Kennedy de Georgetown University soulignant que les directives proposées ne mettent pas assez en évidence le fait que l'euthanasie est un acte sérieux qui fait encourir 14 ans de prison, tout en donnant l'impression qu'il existe désormais des « exceptions » à la loi : « La justice doit être tempérée par la miséricordre et  non subvertie par elle », avertit-il.

Le document publié le 23 septembre dernier par le Directeur des poursuites publiques pour l'Angleterre et le Pays de Galles  (voir ici) commence, comme la plupart des textes de ce type, par de belles déclarations de principe sur le droit du Parlement, le maintien du caractère délictuel de l'assistance au suicide, mais rappelle aussitôt que les poursuites ne suivent jamais automatiquement tout acte désigné comme contraire à la loi. Il s'agit pour les autorités, après les enquêtes policières qui s'imposeraient, de déterminer si les poursuites sont effectivement conformes à l'intérêt public, la demande répétée d'aide au suicide et l'évidence d'une motivation compassionnelle n'étant pas suffisantes en elle-même pour les rendre sans objet.

Le document propose 16 critères militant en faveur des poursuites :

La victime était mineure - Elle était incapable mentalement de prendre une décision informée - Le désir de suicide était sujet à des variations - Il n'y avait pas de demande de suicide sans équivoque - La demande n'était pas formulée par la personne elle-même - La victime ne souffrait pas d'une maladie en phase terminale, d'un handicap sévère et incurable, d'une maladie dégénérative sévère - Le suspect pouvait n'avoir pas agi par compassion mais dans l'espoir de tirer un bénéfice de son acte pour lui-même ou un de ses proches - Le suspect avait fait pression sur la victime - La victime était en mesure de se suicider sans aide - Le suspect n'était pas l'époux, le partenaire ou un proche ami personnel - Le suspect était inconnu de la victime, apportant par exemple une information par le biais d'un site internet - Le suspect avait aidé plusieurs victimes, celles-ci ne se connaissant pas - Le suspect avait reçu un paiement - Le suspect savait que la victime voulait se suicider dans un lieu public - Le suspect était membre d'une organisation vouée à fournir un lieu où commettre le suicide.

Et voici les 13 critères ouvrant la voie au classement sans suite :

La victime avait la ferme et claire volonté de se suicider - Cette volonté était clairement exprimée auprès du suspect - La demande était personnelle - La victime souffrait d'une maladie en phase terminale, d'un handicap sévère et incurable, d'une maladie dégénérative sévère - Le suspect était mû par la compassion - Le suspect était l'époux, le partenaire ou un proche ami personnel de la victime - L'aide apportée était de petite importance - Le suspect était dans l'impossibilité physique de se suicider seule - Le suspect avait essayé de l'en dissuader - La victime connaissait les possibiltés de traitement et de soins - La victime avat déjà essayé de se suicider - Les actions du suspect portaient la marque d'une assistance apportée à regret à la victime qui insistait - Le suspect avait apporté son aide à l'enquête de police.

Suit une enquête que l'intéressé doit remplir en approuvant les critères proposés, puis en les hiérarchisant en donnant à certains d'entre eux un poids prépondérant, dans un sens ou dans l'autre.

On l'aura vu, les critères choisis par Keir Starmer sont déjà largement orientés.

Et comme d'habitude, c'est un fait divers qui a déclenché l'affaire : en l'occurrence le cas de Debbie Purdy, relativement jeune encore et atteinte de sclérose en plaques, qui a mené une bataille judiciaire pour s'assurer que son mari ne serait pas poursuivi s'il l'aidait à s'envoler en Suisse pour s'y « faire » suicider. Elle s'était plainte de ce que la loi n'était pas assez claire, et a obtenu en 2008 que soit engagée la démarche de « clarification » aujourd'hui en cours.

© leblogdejeannesmits.

17 juin, 2009

Folie de la fécondation in vitro : un cas d’école

Où, au passage, on confirme que la pilule du lendemain tue

« Paul » et « Deborah », couple marié du Pays de Galles, ont fait la une de la presse britannique ces derniers jours. Alors qu’ils viennent de se voir attribuer d’importants dommages et intérêts qui incomberont à la clinique de fécondation in vitro de l’hôpital universitaire de Cardiff, leur histoire a été révélée. En décembre 2007, ils s’étaient rendus à la clinique pour que l’épouse, 40 ans, déjà victime de plusieurs grossesses ectopiques, et qui s’était pour cette raison tournée vers la « fivete » homologue, se fasse implanter le dernier embryon congelé du couple. Le personnel de la clinique était embarrassé. Il lui avait fallu annoncer que l’embryon avait été « détruit ». Quelques jours plus tard, Deborah devait apprendre qu’il avait été implanté par erreur dans une autre femme qui, avertie de l’erreur, avait préféré mettre un terme à sa grossesse. Cela s’était passé le matin même du jour où Deborah était venue pour l’implantation.

Deborah, 40 ans aujourd’hui, s’était effondrée. « Ils ont tué notre enfant ! » La phrase lui revient encore aujourd’hui, comme une macabre ritournelle.

C’est l’histoire du roi Salomon à l’envers : il semble que la femme qui avait reçu l’embryon de l’autre couple, après avoir été avertie dans l'heure de la substitution accidentelle, avait été mise en garde à propos du fait qu’un procès aurait certainement lieu pour déterminer à qui appartiendrait l’enfant : à ses géniteurs biologiques ou à sa mère porteuse. Celle-ci, telle la fausse mère dans le récit biblique, a préféré choisir la mort.

Certainement enceinte depuis le matin même, elle a reçu non une pilule abortive, mais la pilule du lendemain, ainsi qu’en attestent WalesOnline et la BBC. Oui, contrairement à ce que prétend une certaine littérature, la pilule du lendemain tue donc bien en empêchant la nidation de l’embryon. Qui osera encore le nier ?

L’embryon, lui, était donc au rebut. De la part de ses vrais parents, on comprend les manifestations de choc (encore qu’ils aient confié qu’ils étaient au départ moins en colère qu'en apprenant la mise à mort volontaire de leur enfant, puisqu’ils pensaient que l’embryon avait été détruit en tombant d’une table…).

Mais cette affaire soulève très grand nombre de questions dont décidément personne ne sort très grandi.

1. Contrairement à ce qu’affirment les cliniques de fertilité, l’erreur (oserons-nous dire « sur la personne » ?) n’est jamais totalement à exclure. Dans ce cas, on parle d’un embryologiste stagiaire surmené qui a mélangé deux embryons posés par négligence sur une même étagère, à la faveur d’un mauvais éclairage et du bruit des travaux dans l’environnement de la clinique.

2. Paul et Deborah, sachant celle-ci sujette aux grossesses extra-utérines, avaient décidé plusieurs années auparavant de recourir à une fertilisation in vitro. Au total, neuf embryons avaient alors été « produits ». Un premier enfant, Jamie, 6 ans aujourd’hui, est né lors d’une première implantation. Mais plusieurs autres tentatives devaient… avorter.

3. Sur les neuf embryons, il n’en restait en 2007 que deux en congélation, dont l’un « impropre à l’utilisation ». Au rebut, lui aussi ! Le couple avait été appelé à cette époque par la clinique qui lui signalait que le dernier survivant était apte pour un essai. Déclaré conforme, sans doute.

4. Etant entrés dans la logique de la fabrication d’un enfant « dû » et non de l’accueil d’un enfant « don », l’attitude de la « marâtre » furieuse de porter un enfant qui n’était pas le sien était inévitable. La colère de ceux qui se sentent volés aussi : leur souci était entre autres la cherté de la procédure et l’âge de la mère, puisqu’ils avaient peur de ne pas pouvoir recommencer une procédure de « fivete » avec stimulation ovarienne et la création d’une nouvelle série d’embryons.

En fait, la clinique de fertilité de l’hôpital de Cardiff, qui a multiplié les plus plates excuses, a proposé au couple un nouveau traitement sans aucun frais ; échaudés, Paul et Deborah ont promis qu’ils n’y mettraient plus les pieds mais envisagent aujourd’hui d’utiliser leurs dommages et intérêts pour procéder à un nouvel essai, ailleurs.

Tout ira pour le mieux, tant qu’ils pourront eux-mêmes prendre la responsabilité de la « production » et le risque de la destruction massive de leurs tout-petits.

Après tout, pour les renvois au fabricant, il n'est plus question de papa et maman, mais des techniciens « procréateurs ».

 
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