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14 septembre, 2022

Mgr Athanasius Schneider affirme qu’on peut recevoir les sacrements des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X en raison de la “crise de l'Eglise”


Dans une séance de questions-réponses organisée par la « Confraternity of Our Lady of Fatima », Mgr Athanasius Schneider vient de déclarer que les catholiques peuvent recevoir les sacrements des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X.
















On peut voir ici le passage de sa vidéo en anglais relatif à cette question :





Et voici ma traduction complète de sa réponse : 

La Fraternité Saint-Pie X n’est pas en dehors de l'Eglise, car elle n’est pas schismatique. Seuls les quatre évêques qui avaient été ordonnés furent excommuniés, et en 2009, le pape Benoît XVI a levé ces sanctions ecclésiastiques ; il n’existe donc aucune excommunication formelle de qui que ce soit dans la Fraternité Saint-Pie X du point de vue canonique. Il n’y a pas eu d’excommunication formelle, et ils ne sont donc pas en dehors de l’Eglise. Il peut certes y avoir des situations canoniques irrégulières, c’est une autre question. Mais le Saint-Siège – le pape François – leur a déjà accordé certaines facultés, comme les confessions ordinaires : tous leurs prêtres peuvent confesser avec l’approbation du pape. Mais comment un pape peut-il donner à des prêtres qui seraient « hors de l'Eglise » des facultés canoniques ordinaires ? Le pape leur a également accordé la possibilité d’assister aux mariages canoniques, ce qu’ils font, et il y a des évêques qui, par des décrets généraux, ont donné à tous les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X dans leur diocèse la faculté d’assister aux mariages et de célébrer les messes nuptiales. Comment un évêque pourrait-il accorder de telles facultés à un prêtre qui est en dehors de l'Eglise ?

Il faut donc être réaliste. La situation de la Fraternité Saint-Pie X est liée à l'extraordinaire crise de l’Eglise. Ils ne font rien d’autre que ce que l'Eglise a toujours fait jusqu’au Concile : il n’y a pas de nouveautés, ils ont simplement continué de faire ce que les Saints eux-mêmes ont fait, et je le répète : leur situation est canoniquement irrégulière en raison de la grande crise que nous traversons depuis le Concile. Nous devons être très honnêtes et en faire le constat. Bien sûr, nous devons prier pour qu'ils obtiennent la structure canonique complète, et aider à cela, mais quand il y a urgence en matière de foi, l’aspect légal canonique est secondaire. Ce qui prime, c’est la foi, la vérité et la liturgie, et tout cela, l’Eglise l’a toujours gardé, comme ce fut le cas au IVe siècle lors de la crise arienne. Saint Athanase a été excommunié, et il a dit : Ils ont pris toutes les églises, mais nous avons la foi, ils ont les bâtiments, nous avons la foi. Peut-être ont-ils le pouvoir canonique et les structures, mais tant d’évêques n'ont pas la foi... ou pas la Foi entière.

Nous devons donc avoir une vision globale et prier pour qu'il y ait un Pape qui reconnaisse et donne toutes les facultés à la Fraternité Saint-Pie X, et aux autres communautés qui s'efforcent de garder la foi.

Voilà qui peut rassurer en ces temps de mise en place de mesures totalitaires : on pense à tous ces prêtres de la Fraternité Saint-Pie X ou non, qui continuèrent d’offrir la possibilité d’assister à la messe et de recevoir les sacrements pendant les confinements « sanitaires », et à ceux qui se battent pour conserver la messe et les sacrements traditionnels alors que se mettent en place, au sein même de l’Eglise, des « confinements liturgiques ».

Je profite de cette occasion pour rappeler la très prochaine sortie du livre La Messe catholique de Mgr Schneider que j’ eu le privilège de traduire en français, ainsi que je l’ai annoncé sur ce blog

C’est à la fois une sorte  catéchisme explicatif et une réflexion historique sur les rites de la messe, une méditation sur le sens du sacrifice de Notre-Seigneur rendu présent chaque fois que la messe est célébrée, et une puissante aide spirituelle pour y assister avec davantage de fruit. Sa lecture éclaire au demeurant la déclaration ci-dessus de cet évêque « résistant »…

Le livre s’adresse à chacun : clerc ou laïc, jeune ou vieux, habitué de la messe traditionnelle ou non. Mgr Schneider ne s’interdit pas de jauger et d’évaluer, de comparer ou de critiquer, de souligner telle défaillance dans la réforme liturgique post-conciliaire. Mais en s’adressant à tous les catholiques de bonne volonté, quelle que soit leur « chapelle », il peut attirer chacun vers un juste émerveillement devant le mystère et la grandeur du Saint Sacrifice, et, par conséquent, faire prendre conscience de la nécessité de donner à celui-ci la première place.

Mieux encore, servi par une érudition étonnante, ce livre aide à aimer la messe : il me semble qu’il est impossible de ne pas en sortir plus instruit, ébloui, et même grandi. Si je ne devais avoir lu qu’un livre cette année, ce serait celui-là !

Vous pouvez d’ores et déjà (pré)-commander La Messe catholique  par le biais de ce blog : il vous sera expédié à a partir du 26 septembre. A lire, et à offrir !

 La Messe catholique, Mgr Athanasius Schneider, éd. Contretemps, 276 pp. Prix : 22 € + forfait de 5 € de frais d'envoi, soit 27 € pour un exemplaire franco de port.




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10 novembre, 2021

Mise en œuvre dure de “Traditionis custodes” à Rome : le Triduum pascal traditionnel proscrit, haro sur les autres sacrements en rite traditionnel

La lettre émane d’un cardinal, et du cardinal vicaire du diocèse de Rome, c’est dire sa proximité avec le pape François au nom duquel il prend ces décisions violentes : Angelo De Donatis vient de rendre publiques les dispositions locales pour la mise en œuvre de Traditionis custodes, où il interdit purement et simplement la célébration du Triduum pascal selon le missel de 1962. Il proscrit également la célébration des autres sacrements – et donc le baptême, la confirmation… – selon la liturgie traditionnelle de l’Eglise, alors même qu’ils ne sont pas visés par le Motu proprio cyniquement nommé Traditionis custodes.

Je vous propose ci-dessous ma traduction rapide de la lettre du cardinal De Donatis, publiée par le site Rorate caeli en italien et en anglais.

Vous verrez que les apostolats de la Fraternité Saint-Pierre (la Trinité des Pèlerins) et de l’Institut du Christ Roi (saints Celse et Julien) sont directement visés par ces cruelles dispositions qui privent les fidèles de Rome des offices traditionnels du Jeudi, Vendredi et Samedi Saints, et même du Dimanche de Pâques, dans tous les lieux où le rite traditionnel est autorisé.

Pour le reste de l’année, les exigences du cardinal de Donatis sont précises et nombreuses : aucun prêtre n’est autorisé à célébrer selon le rite traditionnel sans l’autorisation préalable de l’évêque diocésain. A Rome, cela veut dire, in fine, le pape lui-même. Qui porte donc la responsabilité ultime de ce tour de vis.

Le « Commissaire » provisoirement nommé pour régler ces questions est le P. Giuseppe Midili, directeur de l’Office liturgique du diocèse de Rome.

La lettre suggère également que la célébration de la messe du dimanche selon le missel de 1962 pourra être autorisée, mais non de manière systématique, dans les églises désignées par le cardinal : « Dans les églises de Saint Dominique et de Saint Sixte, de Saint Celse et de Saint Julien, de Saint Joseph à Capo le Case et de Sainte Anne au Latran, les fidèles peuvent participer à la célébration de l'Eucharistie selon le Missale Romanum de 1962, qui sera célébrée à l'heure convenue avec le Recteur de l'église et avec le responsable mentionné ci-dessus, et ce éventuellement aussi les dimanches et les jours de fête d'obligation (à l'exclusion du Triduum pascal). »

Le cardinal De Donatis ose terminer sa lettre avec les mots « je vous bénis avec affection »…

Voici sa traduction intégrale. – J.S.

*

VICARIATO DI ROMA

Rome, le 7 octobre 2021 [rendu public le 9 novembre 2021].

- À tous les prêtres engagés dans la pastorale du diocèse de Rome.
- À tous les fidèles du diocèse

Chers tous,

Le diocèse de Rome, accueillant les dispositions de la Lettre apostolique sous forme de motu proprio du Pape François Traditionis Custodes du 16 juillet 2021, entend, par la présente Lettre pastorale, poursuivre l’œuvre visant à « faciliter la communion ecclésiale grâce à des mesures nécessaires pour garantir le respect de leurs aspirations » (Jean-Paul II, Litt. Ap. Motu proprio datae Ecclesia Dei, 2 juillet 1988), déjà réalisée dans la Ville depuis de nombreuses années.

A cette fin, il a semblé opportun de continuer à exercer une vive charité pastorale envers les fidèles qui « n’excluent pas la validité et la légitimité de la réforme liturgique, des écrits du concile Vatican II et du Magistère pontifical » (art. 3 §1, Traditionis Custodes) et qui souhaitent néanmoins participer à la célébration de l’Eucharistie selon le Missale Romanum de 1962. Pour le bien spirituel des fidèles, il convient d’offrir des coordonnées précises pour la mise en œuvre du motu proprio.

Le motu proprio établit que les « livres liturgiques promulgués par les saints Pontifes Paul VI et Jean-Paul II, conformément aux Décrets du concile Vatican II, sont la seule expression de la lex orandi du Rite romain » (art. 1, Traditionis Custodes) et que, par conséquent, il n’est plus possible d’utiliser le Rituel Romain et les autres livres liturgiques du « rite ancien » pour la célébration des sacrements et des sacramentaux (par ex, le Rituel pour la réconciliation des pénitents selon l’ancienne forme). L’usage des autres Ordines est donc actuellement expressément interdit et seul l’usage du Missale Romanum de 1962 reste autorisé.

En outre, tous les prêtres – diocésains ou religieux – qui souhaitent continuer à se prévaloir de la faculté de célébrer selon le Missale Romanum de 1962 sur le territoire du diocèse de Rome doivent au préalable y être autorisés par écrit par l’évêque diocésain (cf. art. 5, Traditionis Custodes).

Toutes les demandes concernant la mise en œuvre du Motu Proprio doivent être envoyées par écrit à moi-même, le Cardinal Vicaire, qui les réglera par l’intermédiaire d’un Commissaire désigné par moi pour la gestion ordinaire de tous les accomplissements qui relèvent de la compétence de l’Ordinaire diocésain, en particulier en vue de l’exercice correct des facultés reconnues par le M.P. aux fidèles qui entendent se prévaloir des prérogatives qui y sont prévues. Il est doté d’un pouvoir délégué (cf. c. 131 §1 C.I.C.) et sa fonction doit être maintenue distincte de celle prévue à l’art. 3 §4 du P.M., qui pour le moment ne sera pas activée dans le diocèse de Rome, car cela n’est pas nécessaire. En effet, je confirme que la tâche de s’occuper de la célébration digne de la liturgie eucharistique, ainsi que de l’assistance pastorale et spirituelle ordinaire de ces fidèles est confiée au curé pro tempore de la Santissima Trinità dei Pellegrini. Il exercera cette fonction animé par une vive charité pastorale et par le sens de la communion ecclésiale ; il agira en étroite communion et collaboration avec le titulaire susmentionné.

Compte tenu de ce qui précède, je décrète que le Directeur de l’Office liturgique du Vicariat de Rome exercera la fonction de Commissaire pro tempore pour la mise en œuvre du motu proprio Traditionis Custodes.

Pour ce qui est des déterminations spécifiques nécessaires, je décrète en outre ce qui suit :

– toutes les demandes spécifiquement liées à l’art. 3 §2 du motu proprio doivent mentionner explicitement l’église ou l’oratoire dans lequel la célébration est prévue (hormis les églises paroissiales, cf. art. 3 §2 Traditionis Custodes) ;

– tous les jours, hormis le Triduum pascal, les fidèles peuvent participer à la célébration de l’Eucharistie selon le Missale Romanum de 1962 dans la paroisse de Santissima Trinità dei Pellegrini (cf. art. 3 §5, Traditionis Custodes) ;

– dans les églises de Saint-Dominique et de SaintSixte, de Saint-Celse et de Saint-Julien, de Saint-Joseph à Capo-le-Case et de Sainte-Anne au Latran, les fidèles peuvent participer à la célébration de l’Eucharistie selon le Missale Romanum de 1962, qui sera célébrée à l’heure convenue avec le Recteur de l’église et avec le responsable mentionné ci-dessus, et ce éventuellement aussi les dimanches et les jours de fête d’obligation (à l’exclusion du Triduum pascal) ;

– les lectures seront toujours proclamées en italien, selon la traduction CE.I. 2008 (cf. art. 3 §3, Traditionis Custodes).

En comptant sur l’acceptation confiante par tous de ce que j’ai disposé, je vous bénis avec affection et vous accompagne de mes prières.

Angelo Card. DE DONATIS
Vicaire général de Sa Sainteté
pour le diocèse de Rome



© leblogdejeannesmits pour la traduction. (Merci à Bertrand du Forum catholique pour sa vigilante relecture !)

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26 juin, 2020

Le pape François accuse les prêtres « adolescents » qui ont bravé le confinement pour donner les sacrements

Le pape François a adressé samedi un discours aux médecins et soignants de Lombardie : un touchant hommage à leur dévouement et même leur heroïsme dans la région la plus durement touchée par la pandémie du COVID-19. Mais à côté de belles expressions sur la prière, l’espérance, le besoin de Dieu, le pape a également envoyé quelques piques contre les prêtres qui ont bravé les interdits COVID pour donner les sacrements, épinglant leur esprit « adolescent ».

Y a-t-il tâche plus importante pour un prêtre que de baptiser, confesser, donner la communion, marier ou apporter l’extrême onction à un mourant ? Même en temps de crise sanitaire ? Surtout en temps de crise sanitaire ?

A en croire le pape François, oui. Alors que les Italiens, comme tant d’autres catholiques à travers le monde, ont été privés pendant de longs mois de l’assistance à la messe et de la réception des sacrements, il a cru pouvoir dire :
« Au cours de ces mois, les personnes n’ont pas pu participer physiquement aux célébrations liturgiques, mais elles n’ont pas cessé de se sentir membre d’une communauté. Elles ont prié individuellement ou en famille, également à travers les moyens de communication sociale, spirituellement unies et en percevant que l’étreinte du Seigneur allait au-delà des limites de l’espace. Le zèle pastoral et la sollicitude créative des prêtres ont aidé les personnes à poursuivre le chemin de la foi et à ne pas demeurer seuls face à la douleur et à la peur. »
Et de préciser, à propos de la « sollicitude créative » :

« Cette créativité sacerdotale qui a vaincu quelques rares expressions “adolescentes” contre les mesures de l’autorité, qui a l’obligation de protéger la santé du peuple. »

En l’empêchant de rendre physiquement et matériellement le culte rendu à Dieu, alors que les temples de la consommation, supermarchés et autres débits de tabac et de boisson, étaient ouverts et accessibles ?

Nous savons maintenant dans quel rôle le pape François a préféré voir les prêtres de l’ère COVID :
La plupart ont été obéissants et créatifs. J’ai admiré l’esprit apostolique de nombreux prêtres, qui partaient avec leur téléphone, frapper aux portes, sonner aux foyers : “Avez-vous besoin de quelque chose ? Je vous fais les courses…” Mille choses. La proximité, la créativité, sans gêne. Ces prêtres qui sont restés aux côtés de leur peuple dans le partage prévenant et quotidien : ils ont été des signes de la présence consolante de Dieu. Ils ont été des pères, non pas des adolescents. »
Mais ils n’ont pas répandu et communiqué Jésus-Christ dans l’Eucharistie, ni sa grâce dans les autres sacrements, ce qu’ils sont seuls capables de faire. C’était interdit. Ceux qui l’ont fait quand même ont eu des « expressions adolescentes » de leur foi, pour ce pape qui préfère des prêtres livreurs de courses.

En Italie, l’Eglise catholique a même devancé l’appel des autorités pour suspendre les célébrations publiques ; les consignes officielles ont visé le culte avant d’interdire l’accès aux restaurants et aux piscines ; le 8 mars, jour où les rassemblements publics ont été déclarés hors-la-loi, les responsables ecclésiastiques sont allés jusqu’à fermer les églises.

C’est la colère de l’aumônier pontifical, le cardinal Konrad Krajewski, très proche de François, qui a fait renverser cette décision le 13 mars en refusant de fermer les portes de son église titulaire dans laquelle il exposa le Saint-Sacrement. « C’est une acte de désobéissance, oui, c’est moi qui ai sorti le Saint-Sacrement et qui ai ouvert mon église. Cela ne s’est produit ni sous le fascisme, ni sous le régime communiste ou soviétique en Pologne : les églises n’étaient pas fermées. Cet acte doit donner du courage aux autres prêtres », avait-il déclaré.

Alors, « adolescent », lui aussi ?

Fallait-il donc considérer le coronavirus comme le pire malheur qui puisse arriver aux hommes ?

Il y a pourtant un virus pire que celui de Wuhan, une maladie autrement mortelle que le COVID-19 – et pour l'éternité. C’est la marque du péché originel qui prive l’homme de sa capacité d’entrer au ciel et de jouir de la vision béatifique – sauf à être racheté par le Christ – ; c’est la tache du péché mortel qui entraîne la mort de l’âme et la damnation éternelle – sauf à recevoir le pardon du Christ.

Le virus mortel de la séparation d’avec Dieu, c’est avant tout par le pouvoir du sacerdoce (qui participe du sacerdoce parfait et souverain de Notre Seigneur) qu’il peut être soigné et guéri. Et à côté de lui, la mort physique, cette mort qui est certaine et à laquelle nul d’entre nous n’échappera, n’est rien.

Les médecins soignent, les âmes charitables secourent, adoucissent les souffrances… Mais les prêtres sauvent les âmes, et aident à donner un sens à la souffrance et à la mort.

Mais voilà que la « diaconie » – le service charitable qui vient au secours des besoins matériels des hommes – prend le pas sur la médecine des âmes. On s’inquiète de voir le célibat sacerdotal bouleversé par l’ordination des diacres mariés. Un autre danger se profile : voir les prêtres réduits à la diaconie !

Traduction française du discours du pape François : Osservatore Romano



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21 mars, 2020

Le message du cardinal Burke à propos du coronavirus et de la primauté de la prière et des sacrements

Je vous propose ci-dessous ma traduction complète du message publié par le cardinal Raymond Burke sur son blog en cette fête de saint Benoît, pour dire sa sollicitude à l'égard de tous ceux qui souffrent de l'épidémie du coronavirus et de ses conséquences. Le cardinal y souligne que le culte et les sacrements font partie des besoins essentiels de l'homme. Et que si nous devons prendre tous les moyens naturels pour combattre ce fléau, c'est d'abord en nous tournant vers Dieu que nous trouverons la réponse. 

Cette traduction est la seule autorisée. Elle a été revue et corrigée par Son Eminence. – J.S.

*

Chers amis,

Depuis quelque temps déjà, nous nous battons contre la propagation du coronavirus, le COVID-19. Pour autant que nous sachions – et l'une des difficultés du combat est que tant de choses restent obscures sur cette peste – la bataille va encore se poursuivre pendant un certain temps. Le virus en cause est particulièrement insidieux, car il a une période d'incubation relativement longue – certains disent 14 jours, d'autres 20 jours – et il est très contagieux, beaucoup plus contagieux que les autres virus que nous avons connus.

L'un des principaux moyens naturels de se défendre contre le coronavirus est d'éviter tout contact étroit avec les autres. Il est important, en effet, de toujours garder une distance – certains disent un mètre, d'autres un mètre et demi – entre nous et, bien sûr, d'éviter les rassemblements de groupes, c'est-à-dire les rassemblements où plusieurs personnes sont très proches les unes des autres. En outre, comme le virus est transmis par de petites gouttelettes émises lorsqu'on éternue ou qu'on se mouche, il est essentiel de se laver fréquemment les mains avec du savon désinfectant et de l'eau chaude pendant au moins 20 secondes, et d'utiliser des lave-mains et des lingettes désinfectantes. Il est tout aussi important de désinfecter les tables, les chaises, les comptoirs, etc., sur lesquels ces gouttelettes ont pu atterrir et à partir desquels elles sont capables de transmettre la contagion pendant un certain temps. Si nous éternuons ou que nous nous mouchons, il est conseillé d'utiliser un mouchoir en papier, de le jeter immédiatement et de se laver les mains. Bien entendu, les personnes chez qui le coronavirus a été diagnostiqué doivent être mises en quarantaine, et celles qui ne se sentent pas bien, même s'il n'a pas été vérifié qu'elles souffrent du coronavirus, doivent, par charité envers les autres, rester chez elles, jusqu'à ce qu'elles se sentent mieux.

Vivant en Italie, où la propagation du coronavirus a été particulièrement meurtrière, surtout pour les personnes âgées et pour celles qui sont déjà dans un état de santé délicat, je suis édifié par le grand soin que les Italiens prennent pour se protéger et protéger les autres de la contagion. Comme vous l'avez peut-être déjà lu, le système de santé italien est actuellement mis à rude épreuve pour tenter d'assurer l'hospitalisation et les soins intensifs nécessaires aux plus vulnérables. Je vous en prie, priez pour le peuple italien, et en particulier pour ceux pour qui le coronavirus peut être mortel comme pour ceux qui en ont la charge. En tant que citoyen des États-Unis, j'ai suivi la situation de la propagation du coronavirus dans mon pays et je sais que ceux qui vivent aux États-Unis s'inquiètent de plus en plus de faire cesser sa propagation, de peur qu'une situation comme celle de l'Italie ne se reproduise chez eux.

Toute cette situation nous prédispose certainement à une profonde tristesse et aussi à la peur. Personne ne souhaite contracter la maladie liée au virus, ni la faire contracter par quelqu'un d'autre. Nous ne voulons surtout pas que nos chers aînés ou d'autres personnes ayant des problèmes de santé soient mis en danger de mort par la propagation du virus. Dans cette lutte contre la propagation du virus, nous nous trouvons tous en une sorte de retraite spirituelle forcée, confinés dans nos quartiers, sans pouvoir montrer les signes habituels d'affection à notre famille et à nos amis. Pour les personnes en quarantaine, l'isolement est évidemment encore plus sévère, puisqu'elles ne peuvent avoir de contact avec personne, même de loin.

Si la maladie associée au virus ne suffisait pas à nous inquiéter en elle-même, nous ne pouvons ignorer la dévastation économique que la propagation du virus a causée, avec ses graves effets sur les individus et sur les familles, et sur ceux qui nous servent de tant de manières dans notre vie quotidienne. Bien sûr, nos pensées ne peuvent s'empêcher d'envisager la possibilité d'une dévastation encore plus grande de la population de nos pays et même du monde entier.

Nous avons certainement raison de connaître et d'utiliser tous les moyens naturels pour nous défendre contre la contagion. C'est un acte de charité fondamental que d'utiliser tous les moyens prudents pour éviter de contracter ou de propager le coronavirus. Les moyens naturels de prévention de la propagation du virus doivent toutefois tenir compte de ce dont nous avons besoin pour vivre, par exemple l'accès à la nourriture, à l'eau et aux médicaments. L'État, par exemple, en imposant des restrictions toujours plus importantes à la circulation des personnes, prévoit que les individus puissent se rendre au supermarché et à la pharmacie, en respectant les précautions de distanciation sociale et d'utilisation des désinfectants de la part de tous.

En tenant compte de ce qui est nécessaire pour vivre, nous ne devons pas oublier que notre première considération est notre relation avec Dieu. Nous nous souvenons des paroles de notre Seigneur dans l'Évangile de saint Jean : « Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui et nous ferons notre demeure chez lui » (14, 23). Le Christ est le Seigneur de la nature et de l'histoire. Il n'est pas lontain et indifférent vis-à-vis de nous et du monde. Il nous a fait une promesse : « Je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde » (Mt 28, 20). Dans la lutte contre le mal du coronavirus, notre arme la plus efficace est donc notre relation avec le Christ, par la prière et la pénitence, et par les dévotions et le culte sacré. Nous nous tournons vers le Christ pour nous délivrer de la peste et de tout mal, et il ne manque jamais de nous répondre par un amour pur et désintéressé. C'est pourquoi il est essentiel pour nous, à tout moment et surtout en temps de crise, d'avoir accès à nos églises et chapelles, aux sacrements, aux dévotions et aux prières publiques.

Tout comme nous pouvons acheter de la nourriture et des médicaments, tout en veillant à ne pas propager le coronavirus, nous devons également pouvoir prier dans nos églises et chapelles, recevoir les sacrements et accomplir des actes de prière et de dévotion publique, afin de connaître la proximité de Dieu avec nous et de rester auprès de lui, en faisant appel à son aide comme il se doit. Sans l'aide de Dieu, nous sommes en effet perdus. Historiquement, en temps de peste, les fidèles se rassemblaient dans une prière fervente et participaient à des processions. Et de fait, dans le Missel romain promulgué par Saint Jean XXIII en 1962, il existe des textes spéciaux pour la Sainte Messe à offrir en temps de peste, la Messe votive pour la délivrance de la mort en temps de peste (Missae Votivae ad Diversa, n. 23). De même, dans la traditionnelle Litanie des Saints, nous prions : « De la peste, de la famine et de la guerre, ô Seigneur, délivrez-nous. »

Souvent, lorsque nous nous trouvons dans une grande souffrance et même face à la mort, nous nous demandons : « Où est Dieu ? » Mais la vraie question est : « Où sommes-nous ? » En d'autres termes, Dieu est assurément avec nous pour nous aider et nous sauver, en particulier au moment d'une épreuve sévère ou de la mort, mais nous sommes trop souvent loin de Lui à cause de notre incapacité à reconnaître notre dépendance totale envers Lui et, par conséquent, à Le prier quotidiennement et à Lui offrir notre adoration.

Ces jours-ci, j'ai entendu tant de catholiques pieux profondément attristés et découragés de ne pas pouvoir prier et adorer dans leurs églises et chapelles ! Ils comprennent la nécessité d'observer la distance sociale et de suivre les autres précautions, et ils appliqueront ces pratiques prudentes, ce qu'ils peuvent faire assez facilement dans leurs lieux de culte. Mais, bien souvent, ils doivent accepter la profonde souffrance de voir leurs églises et chapelles fermées, et de ne pas avoir accès à la confession et à la Très Sainte Eucharistie.

Dans la même optique, un homme ou une femme de foi ne peut pas considérer la calamité actuelle dans laquelle nous nous trouvons sans tenir compte également de l'éloignement de notre culture populaire par rapport à Dieu. Non seulement elle est indifférente à sa présence parmi nous, mais elle se rebelle ouvertement contre lui et contre le bon ordre avec lequel il nous a créés et nous soutient dans l'existence. Il suffit de penser aux attaques violentes et fréquentes contre la vie humaine, contre l'homme et la femme que Dieu a faits à son image et à sa ressemblance (Gn 1, 27), aux attaques contre les enfants à naître, innocents et sans défense, et contre ceux à qui nous devons prioritairement nos soins : ceux qui sont lourdement accablés par une maladie grave, un âge avancé ou des handicaps. Nous sommes les témoins quotidiens de la propagation de la violence dans une culture qui ne respecte pas la vie humaine.

De même, il suffit de penser aux atteintes généralisées à l'intégrité de la sexualité humaine, à notre identité d'homme ou de femme, avec la prétention de définir pour nous-mêmes, souvent par des moyens violents, une identité sexuelle différente de celle qui nous a été donnée par Dieu. Nous sommes de plus en plus préoccupés par l'effet dévastateur de la soi-disant « théorie du genre » sur les individus et les familles.

Nous sommes également témoins, même au sein de l'Église, d'un paganisme qui vénère la nature et la terre. Il y a ceux qui, au sein de l'Église, se réfèrent à la terre comme à notre mère, comme si nous venions de la terre, comme si la terre était notre salut. Mais nous venons de la main de Dieu, Créateur du ciel et de la terre. C'est en Dieu seul que nous trouvons le salut. Nous prions avec les paroles du Psalmiste, inspirées par Dieu : « [Dieu] seul est mon rocher et mon salut, ma forteresse ; je ne serai pas ébranlé » (Ps 62 [61], 6). Nous voyons comment la vie de la foi elle-même s'est de plus en plus sécularisée et a ainsi porté atteinte à la Seigneurie du Christ, Dieu le Fils incarné, Roi du Ciel et de la Terre. Nous sommes témoins de tant d'autres maux qui découlent de l'idolâtrie, du culte de nous-mêmes et de notre monde, au lieu d'adorer Dieu, la source de tout être. Nous voyons malheureusement en nous-mêmes la vérité de ces paroles inspirées de saint Paul sur « toute l’impiété et l’injustice de ces hommes qui retiennent la vérité de Dieu dans l’injustice » : « eux qui ont changé la vérité de Dieu en mensonge, et qui ont adoré et servi la créature au lieu du Créateur, qui est béni dans tous les siècles ! » (Rom 1, 18. 25).

Beaucoup de personnes avec lesquelles je suis en communication, et qui réfléchissent à la crise sanitaire mondiale actuelle avec tous ses effets, m'ont exprimé l'espoir qu'elle nous amènera – en tant qu'individus et familles, et en tant que société – à réformer nos vies, à nous tourner vers Dieu qui est sûrement proche de nous et qui est incommensurable et dans sa miséricorde et son amour envers nous, qui ne cessent jamais. Il ne fait aucun doute que les grands maux comme la peste sont un effet du péché originel et de nos péchés actuels. Dieu, dans sa justice, doit réparer le désordre que le péché introduit dans nos vies et dans notre monde. En fait, Il remplit les exigences de la justice par Sa miséricorde surabondante.

Dieu ne nous a pas abandonnées au chaos et à la mort que le péché introduit dans le monde, mais il a envoyé son Fils unique, Jésus-Christ, pour souffrir, mourir, ressusciter des morts et monter dans la gloire à sa droite, afin de rester avec nous pour toujours, nous purifier du péché et nous enflammer de son amour. Dans sa justice, Dieu reconnaît nos péchés et la nécessité de les réparer, tandis que, dans sa miséricorde, Il nous fait la grâce de nous repentir et de réparer. Le prophète Jérémie a prié :
« Seigneur, nous reconnaissons nos impiétés et l’iniquité de nos pères, car nous avons péché contre vous. » Mais il a aussitôt poursuivi sa prière : « Ne nous livrez pas à l’opprobre, à cause de votre nom, et ne couvrez pas de confusion à cause de nous le trône de votre gloire ; n’oubliez pas, ne rompez pas l’alliance que vous avez faite avec nous » (Jr 14, 20-21).

Dieu ne nous tourne jamais le dos ; il ne rompra jamais son alliance d'amour fidèle et durable avec nous, même si nous sommes si souvent indifférents, froids et infidèles. Alors que la souffrance actuelle met au jour tant d'indifférence, de froideur et d'infidélité de notre part, nous sommes appelés à nous tourner vers Dieu et à implorer sa miséricorde. Nous sommes convaincus qu'Il nous écoutera et nous bénira de ses dons de miséricorde, de pardon et de paix. Nous joignons nos souffrances à la Passion et à la Mort du Christ et ainsi, comme le dit saint Paul, « ce qui manque aux souffrances du Christ, je le complète dans ma chair pour son corps, qui est l’Eglise » (Col 1, 24). Puisque nous vivons dans le Christ, nous connaissons la vérité de notre prière biblique : « Le salut des justes vient de l'Éternel, il est leur refuge au temps de la détresse » (Ps 37 [36], 39). En Jésus-Christ, Dieu nous a pleinement révélé la vérité exprimée dans la prière du Psalmiste : « La miséricorde et la vérité se sont rencontrées, la justice et la paix se sont embrassées » (Ps 85 [84], 10).

Dans notre culture totalement sécularisée, on a tendance à considérer la prière, les dévotions et le culte comme n'importe quelle autre activité : par exemple, aller au cinéma ou à un match de football ; ces choses ne sont n'est pas indispensables et peuvent donc être annulées pour prendre toutes les précautions nécessaires en vue d'enrayer la propagation d'une contagion mortelle. Mais la prière, les dévotions et le culte, et avant tout la confession et la Sainte Messe, sont essentiels pour que nous restions sains et forts spirituellement, et pour que nous recherchions l'aide de Dieu dans un moment de grand danger pour tous. Par conséquent, nous ne pouvons pas nous contenter d'accepter les décisions des gouvernements laïques, qui voudraient que le culte de Dieu soit traité de la même manière que le fait d'aller au restaurant ou d'assister à un concours sportif. Sans quoi, les personnes qui souffrent déjà tellement des conséquences de la peste sont privées de ces rencontres objectives avec Dieu qui est au milieu de nous pour rétablir la santé et la paix.

Nous, les évêques et les prêtres, devons expliquer publiquement la nécessité pour les catholiques de prier et d'adorer dans leurs églises et leurs chapelles, et d'aller en procession dans les rues et les chemins, en demandant la bénédiction de Dieu sur son peuple qui souffre si intensément. Nous devons insister pour que les réglementations de l'État – et ce y compris pour le bien de l'État lui-même – reconnaissent l'importance particulière des lieux de culte, en particulier en temps de crise nationale et internationale. Par le passé, en effet, les gouvernements ont compris l'importance avant tout de la foi, de la prière et du culte du peuple pour vaincre une peste.

De même que nous avons trouvé un moyen de fournir de la nourriture, des médicaments et d'autres nécessités de la vie en période de contagion, sans risquer de manière irresponsable la propagation de la contagion, de même, nous pouvons trouver un moyen de subvenir aux nécessités de notre vie spirituelle. Nous pouvons proposer davantage d'occasions pour la Sainte Messe et les dévotions auxquelles un certain nombre de fidèles peuvent participer sans violer les précautions nécessaires contre la propagation de la contagion. Beaucoup de nos églises et chapelles sont très grandes. Elles permettent à un groupe de fidèles de se rassembler pour la prière et le culte sans violer les exigences de « distanciation sociale ». Le confessionnal avec sa grille traditionnelle est généralement équipé ou, sinon, peut l'être facilement, d'un voile fin qui peut être traité avec un désinfectant, de sorte que l'accès au sacrement de la confession soit possible sans grande difficulté et sans danger de transmission du virus. Si une église ou une chapelle ne dispose pas d'un personnel suffisamment nombreux pour pouvoir désinfecter régulièrement les bancs et autres surfaces, je ne doute pas que les fidèles, en reconnaissance des dons de la Sainte Eucharistie, de la confession et de la dévotion publique, y apporteront volontiers leur aide.

Même si, pour une raison quelconque, nous ne pouvons pas avoir accès à nos églises et chapelles, nous devons nous rappeler que nos maisons sont une extension de notre paroisse, une petite Église où nous apportons le Christ par notre rencontre avec Lui dans la plus grande Église. Que nos maisons, en cette période de crise, reflètent la vérité que le Christ est l'hôte de chaque foyer chrétien. Tournons-nous vers lui par la prière, en particulier le Rosaire, et d'autres dévotions. Si l'image du Sacré-Coeur de Jésus, ainsi que l'image du Coeur Immaculé de Marie, ne sont pas déjà intronisées dans notre foyer, le moment est venu de le faire. La place de l'image du Sacré-Cœur est pour nous un petit autel à la maison, où nous nous rassemblons, conscients de ce que le Christ demeure avec nous par l'effusion du Saint-Esprit dans nos cœurs, et où nous plaçons nos cœurs souvent pauvres et pécheurs dans Son glorieux Cœur transpercé – ce Cœur toujours ouvert pour nous recevoir, pour nous guérir de nos péchés, et pour nous remplir de l'amour divin. Si vous souhaitez introniser l'image du Sacré-Cœur de Jésus, je vous recommande le manuel intitulé L'intronisation du Sacré-Cœur de Jésus, disponible auprès de l'Apostolat des catéchistes de Marie. Il est également disponible en traductions polonaise et slovaque.

Pour ceux qui ne peuvent pas avoir accès à la Sainte Messe et à la sainte communion, je recommande la pratique pieuse de la communion spirituelle. Lorsque nous sommes correctement disposés à recevoir la sainte Communion, c'est-à-dire lorsque nous sommes en état de grâce, que nous ne sommes pas conscients d'avoir commis un péché mortel pour lequel nous n'avons pas encore été pardonnés dans le sacrement de la Pénitence, et que nous désirons recevoir Notre Seigneur dans la sainte communion mais que nous ne pouvons pas le faire, nous nous unissons spirituellement au Saint Sacrifice de la Messe, en priant Notre Seigneur Eucharistique selon les paroles de Saint Alphonse de Liguori : « Je ne puis maintenant vous recevoir sacramentellement dans mon cœur, venez-y au moins spirituellement. » La communion spirituelle est une belle expression d'amour pour Notre Seigneur dans le Saint Sacrement. Elle ne manquera pas de nous apporter une grâce abondante.

En même temps, lorsque nous sommes conscients d'avoir commis un péché mortel et que nous ne pouvons pas avoir accès au sacrement de la Pénitence ou de la confession, l'Église nous invite à faire un acte de contrition parfaite, c'est-à-dire de douleur pour le péché, « quand elle vient de l'amour de Dieu plus que tout ». Un acte d'une telle contrition parfaite « obtient le pardon des péchés mortels si elle comporte la ferme résolution de recourir à la confession sacramentelle dès que possible » (Catéchisme de l'Église catholique, n° 1452). Un acte de contrition parfaite dispose notre âme à la communion spirituelle.

En fin de compte, la foi et la raison, comme elles le font toujours, travaillent de concert pour apporter la solution juste et adéquate à un défi de grande envergure. Nous devons utiliser la raison, inspirée par la foi, pour trouver la bonne manière de faire face à une pandémie mortelle. Cette manière doit donner la priorité à la prière, à la dévotion et au culte, à l'invocation de la miséricorde de Dieu pour son peuple qui souffre tant et qui est en danger de mort. Créés à l'image et à la ressemblance de Dieu, nous jouissons des dons de l'intelligence et du libre arbitre. En utilisant ces dons, unis aux dons de la Foi, de l'Espérance et de l'Amour, nous trouverons le bon chemin en ce moment d'épreuve mondiale qui est la cause de tant de tristesse et de peur.

Nous pouvons compter sur l'aide et l'intercession de la grande armée de nos amis célestes, à laquelle nous sommes intimement unis dans la communion des saints. La Vierge Mère de Dieu, les saints Archanges et Anges gardiens, saint Joseph, Époux fidèle de la Vierge Marie et Patron de l'Église universelle, saint Roch que nous invoquons en temps d'épidémie, et les autres saints et bienheureux vers lesquels nous nous tournons régulièrement dans la prière sont à nos côtés. Ils nous guident et nous assurent constamment que Dieu ne manquera jamais d'entendre notre prière ; Il nous répondra par sa miséricorde et son amour incommensurable et inlassable.

Chers amis, je vous offre ces quelques réflexions, profondément conscient de l'ampleur de vos souffrances à cause de la pandémie de coronavirus. J'espère que ces réflexions pourront vous être utiles. Par dessus tout, j'espère qu'elles vous inspireront à vous tourner vers Dieu dans la prière et le culte, chacun selon ses possibilités, et à faire ainsi l'expérience de sa guérison et de sa paix. Ces réflexions s'accompagnent de l'assurance de mon souvenir quotidien de vos intentions dans ma prière et ma pénitence, en particulier lors de l'offrande du Saint Sacrifice de la Messe.

Je vous demande de bien vouloir vous souvenir de moi dans vos prières quotidiennes.

Je reste à vous dans le Sacré Coeur de Jésus et le Coeur Immaculé de Marie, et dans le Coeur très pur de Saint Joseph,

Raymond Leo Cardinal Burke
21 mars 2020
Fête de saint Benoît, Abbé

© leblogdejeannesmits, pour la traduction.


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21 septembre, 2018

Nouveau mariage improvisé par le pape François, cette fois à Santa Marta

Vous souvenez-vous du mariage à 30.000 pieds célébré par le pape François qui avait béni dans l’avion l’union d’un hôte et d’une hôtesse de l’air mariés civilement depuis dix ans, et n’ayant jamais trouvé le temps de passer devant Monsieur le curé ? Ce vrai-faux mariage impromptu n’est désormais plus un cas isolé. Une nouvelle cérémonie très peu canonique vient de se dérouler à la maison Sainte-Marthe au profit de Noelia Franco et d’Omar Caballero, deux Uruguayens mariés civilement depuis 24 ans, parents de cinq filles, qui eux non plus n’ont jamais trouvé moyen d’accomplir leur « rêve » de se marier à l’église. Cette fois, il y a eu une absolution collective, et en guise de mariage sacramentel, au lieu de la simple bénédiction de leur union demandée par le couple, une cérémonie expédiée en une minute trente…

Lire la suite sur Reinformation.tv, ici.

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02 janvier, 2018

Mgr Schneider et les évêques du Kazakhstan font une mise au pojnt sur le mariage sacramentel et rejettent les normes d'application d'“Amoris laetitia”


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C'est une véritable profession de foi de la part d'évêques catholiques qui jugent ne pas pouvoir garder le silence à propos des normes d'application d'“Amoris laetitia” ouvrant la porte à la communion pour les divorcés-« remariés ». On pense forcément aux directives des évêques du grand Buenos Aires approuvées par une lettre privée du pape François à ses compatriotes argentins qui vient d'être dotée d'un statut officiel dans l'Eglise. Oui, la confusion est grande, et la profession de foi de Mgr Schneider et de deux évêques en exercice du Kazakhstan est à lire. 

On retiendra notamment ce paragraphe : « L’Église ne possède pas le charisme infaillible de juger de l’état interne de grâce d’un fidèle (cf. Concile de Trente, sect. 24, cap. 1). La non-admission à la Sainte Communion des « divorcés-remariés » ne revient donc pas à juger leur état de grâce devant Dieu mais à juger le caractère visible, public et objectif de leur situation. À cause de la nature visible des sacrements et de l’Église même, la réception des sacrements dépend nécessairement de la situation correspondante, visible et objective, des fidèles. » Le nœud de la question est là en effet : ce n'est pas par rigorisme ou manque de charité que la communion est refusée à des personnes qui peuvent avoir des circonstances atténuantes ou une culpabilité diminuée, mais justement parce que l'Eglise se refuse à juger le for interne. Seul Dieu sonde les reins et les cœurs… – J.S.

Profession des vérités immuables
sur le mariage sacramentel


Après la publication de l’exhortation apostolique ‘Amoris laetitia’ (2016), divers évêques ont émané, au niveau local, régional et national, des normes d’application sur la discipline sacramentelle des fidèles, dits « divorcés-remariés » qui, bien que le conjoint auquel ils sont unis par un lien valide du mariage sacramentel vive encore, ont toutefois entamé une cohabitation stable à la manière des époux avec une personne autre que leur conjoint légitime.

Ces normes prévoient entre autres que, dans des cas individuels, les personnes dites « divorcées-remariées » puissent recevoir le sacrement de Pénitence ainsi que la Sainte Communion bien qu’ils continuent de vivre habituellement et intentionnellement à la manière des époux avec une personne autre que leur conjoint légitime. De telles normes pastorales ont reçu l’approbation de plusieurs autorités hiérarchiques. Quelques-unes de ces normes ont même reçu l’approbation de l’autorité suprême de l’Église.

La diffusion de telles normes pastorales approuvées ecclésiastiquement, a causé une confusion notable et toujours plus grande tant chez les fidèles que dans le clergé. Confusion qui touche tellement au cœur de la vie de l’Église par des manifestations comme le mariage sacramentel, la famille, église domestique, et le sacrement de la Très-Sainte-Eucharistie.

D’après la doctrine de l’Église, une église domestique n’est constituée que par le seul lien matrimonial sacramentel (cf. Concile Vatican II, Lumen gentium 11). L’admission des fidèles dits « divorcés-remariés » à la Sainte-Communion, qui est l’expression la plus haute de l’unité du Christ-Époux avec Son Église, signifie dans la pratique l’approbation ou légitimation du divorce. En ce sens, elle introduit en quelque sorte le divorce dans la vie de l’Église.

Les normes pastorales évoquées contribuent de fait et dans le temps à la diffusion de « l’épidémie du divorce » (expression utilisée par le Concile Vatican II, cf. Gaudium et spes 47). Cette diffusion de « l’épidémie du divorce » intervient dans la vie même de l’Église, alors même que l’Église, par sa fidélité inconditionnelle à la doctrine du Christ, devrait être un rempart et un signe incomparable de contradiction contre la plaie du divorce toujours plus répandue dans la société civile.

De manière absolument univoque et sans admettre aucune exception, Notre Seigneur et Rédempteur Jésus Christ a solennellement reconfirmé la volonté de Dieu quant à l’interdiction absolue du divorce. Une approbation ou légitimation de la violation de la sacralité du lien matrimonial, même indirectement par la nouvelle discipline sacramentelle évoquée, contredit gravement la volonté expresse de Dieu et Son commandement. Une telle pratique altère donc substantiellement la discipline sacramentelle bimillénaire de l’Église, ce qui entraînera aussi avec le temps une altération de la doctrine correspondante.

Le Magistère constant de l’Église, commençant avec les enseignements des Apôtres et celui de tous les Souverains Pontifes, a conservé et fidèlement transmis l’enseignement cristallin du Christ sur l’indissolubilité du mariage : tant la doctrine (dans la théorie) que la discipline sacramentelle (dans la pratique). Elle l’a fait sans équivoque, sans l’ombre d’aucun doute et toujours dans les mêmes sens et signification (eodem sensu eademque sententia).

Parce qu’établie par Dieu, la discipline des sacrements ne doit jamais contredire la parole révélée de Dieu ni la foi de l’Église dans l’indissolubilité absolue du mariage ratifié et consommé.

« Non seulement les sacrements supposent la foi, mais encore, par les paroles et les choses, ils la nourrissent, ils la fortifient, ils l’expriment ; c’est pourquoi ils sont dits sacrements de la foi » (Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, 59). « Même l’autorité suprême dans l’Église ne peut changer la liturgie à son gré, mais seulement dans l’obéissance de la foi et dans le respect religieux du mystère de la liturgie » (Catéchisme de l’Église Catholique 1125). La foi catholique, par sa nature, exclut une contradiction formelle entre la foi professée d’un côté et la vie et la pratique des sacrements de l’autre. C’est en ce sens qu’on peut comprendre l’affirmation suivante du Magistère : « Ce divorce entre la foi dont ils se réclament et le comportement quotidien d’un grand nombre est à compter parmi les plus graves erreurs de notre temps » (Concilio Vatican II, Gaudium et spes 43) et « la pédagogie concrète de l’Église doit toujours être liée à sa doctrine et jamais séparée d’elle » (Jean-Paul II, Exhortation Apostolique Familiaris consortio 33).

Au vu de l’importance vitale que constituent tant la doctrine que la discipline du mariage et de l’Eucharistie, l’Église est obligée de parler d’une seule voix. Les normes pastorales sur l’indissolubilité du mariage ne doivent donc pas se contredire d’un diocèse à l’autre, d’un pays à l’autre. Depuis les temps apostoliques, l’Église a observé ce principe comme l’atteste saint Irénée de Lyon : « En effet, l'Église, bien que dispersée dans le monde entier jusqu'aux extrémités de la terre, ayant reçu des apôtres et de leurs disciples la foi (…) la garde avec soin, comme n'habitant qu'une seule maison, elle y croit d'une manière identique, comme n'ayant qu'une seule âme et qu'un même cœur, et elle les prêche, les enseigne et les transmet d'une voix unanime, comme ne possédant qu'une seule bouche » (Adversus haereses I, 10, 2). Saint Thomas d’Aquin nous transmet le même principe pérenne de la vie de l’Église : « Il n’y a qu’une seule et même foi depuis les Anciens jusqu’aux Modernes, autrement, ce ne serait pas la même et unique Église (Questiones Disputatae de Veritate, q. 14, a. 12c).

L’admonition du Pape Jean-Paul II demeure actuelle et valide : « la confusion créée dans la conscience de nombreux fidèles par les divergences d'opinions et d'enseignements dans la théologie, dans la prédication, dans la catéchèse, dans la direction spirituelle au sujet de questions graves et délicates de la morale chrétienne, finit par amoindrir, presque au point de l'effacer, le véritable sens du péché ? » (Exhortation Apostolique Reconciliatio et paenitenia, 18).

À la doctrine et à la discipline sacramentelle sur l’indissolubilité du mariage ratifié et consommé, s’applique pleinement le sens des affirmations suivantes du Magistère de l’Église :

·      « En effet l’Église du Christ, gardienne et protectrice des dogmes dont elle a reçu le dépôt, n’y change jamais rien, n’en retranche jamais rien ; mais ce qui est ancien, qui a pris forme aux temps anciens et que la foi des Pères a semé, elle met tout son soin à le polir et à l’affiner de manière que ces anciens dogmes de la doctrine céleste reçoivent l’évidence, la lumière, la distinction, tout en gardant leur plénitude, leur intégrité, leur caractère propre, et qu’ils croissent seulement selon leur genre, c’est-à-dire dans la même doctrine, dans le même sens, dans la même pensée » (Pie IX, Bulle dogmatique Ineffabilis Deus).

·      « Quant à la substance de la vérité, l’Église a, devant Dieu et les hommes, le devoir sacré de l’annoncer, de l’enseigner sans aucune atténuation, comme le Christ l’a révélée et il n’est aucune condition de temps qui puisse atténuer la rigueur de cette obligation. Ce devoir lie en conscience tout prêtre à qui est confiée la charge d’enseigner, d’admonester et de guider les fidèles » (Pie XII, Discours aux curés et aux prédicateurs de Carême, 23 mars 1949).

·      « L’Église n’historicise pas, ne relativise pas sa nature au gré des métamorphoses de la culture profane. La nature de l’Église est toujours égale et fidèle à elle-même, telle que le Christ la voulut et que l’authentique tradition la perfectionna » (Paul VI, Homélie du 28 octobre 1965).


·      « Ne diminuer en rien la salutaire doctrine du Christ est une forme éminente de charité envers les âmes » (Paul VI, Encyclique Humanae Vitae, 29).

·      « Aussi ne cesse-t-elle de faire entendre ses appels et ses encouragements à résoudre les difficultés conjugales éventuelles sans jamais falsifier ni compromettre la vérité » (Jean-Paul II, Exhortation Apostolique Familiaris consortio, 33).

·      « L'Église n'est ni l'auteur ni l'arbitre d'une telle norme [de la loi morale divine]. Par obéissance à la vérité qui est le Christ, dont l'image se reflète dans la nature et dans la dignité de la personne humaine, l'Église interprète la norme morale et la propose à tous les hommes de bonne volonté, sans en cacher les exigences de radicalisme et de perfection » (Jean-Paul II, Exhortation Apostolique Familiaris consortio, 33).

·       « L’autre principe est celui de la vérité et de la cohérence, en vertu duquel l’Église n’accepte pas d’appeler bien ce qui est mal et mal ce qui est bien. En se fondant sur ces deux principes complémentaires, l’Église ne peut qu’inviter ses fils qui se trouvent dans ces situations douloureuses à s’approcher de la miséricorde divine par d’autres chemins, sans que ce soit cependant celui des sacrements de la Pénitence et de l’Eucharistie, tant qu’ils ne remplissent pas les conditions requises ». (Jean-Paul II, Exhortation Apostolique Reconciliatio et paenitentia, 34).

·      « La fermeté de l’Église dans sa défense des normes morales universelles et immuables n’a rien d’humiliant. Elle ne fait que servir la vraie liberté de l’homme : du moment qu’il n’y a de liberté ni en dehors de la vérité ni contre elle » (Jean-Paul II, Encyclique Veritatis splendor, 96).

·      « Par rapport aux normes morales qui interdisent le mal intrinsèque, il n’y a de privilège ni d’exception pour personne. Que l’on soit le maître du monde ou le dernier des ‘misérables’ sur la face de la terre, cela ne fait aucune différence : devant les exigences morales, nous sommes tous absolument égaux » (Jean-Paul II, Encyclique Veritatis splendor, 96).

·      « Le devoir de réaffirmer cette non-possibilité d’admettre à l’Eucharistie [les divorcés remariés] est une condition de vraie pastorale, d’authentique préoccupation pour le bien de ces fidèles et de toute l’Église, parce qu’il indique les conditions nécessaires pour la plénitude de cette conversion, à laquelle tous sont toujours invités » (Conseil Pontifical pour les textes législatifs, Déclaration sur la communion pour les personnes divorcées et remariées, 24 juin 2000).

En tant qu’évêques catholiques, suivant l’enseignement du Concile Vatican II, nous devons défendre l’unité de la foi et la discipline commune de l’Église et veiller à faire surgir pour tous les hommes la lumière de la pleine vérité (cf. Lumen gentium, 23). Face à la confusion actuellement toujours grandissante, nous sommes ainsi obligés en conscience de professer l’immuable vérité et la discipline sacramentelle tout aussi immuable sur l’indissolubilité du mariage, conformément à ce qu’enseigne le Magistère de l’Église de manière inaltérable depuis 2000 ans. Dans cet esprit, nous réaffirmons que :
·      Les rapports sexuels entre des personnes non liées par un mariage valide – ce qui est le cas des « divorcés-remariés » – sont toujours contraires à la volonté de Dieu et constituent une grave offense faite à Dieu.

·      Aucune circonstance ou finalité, pas même une possible imputabilité ou une diminution de la culpabilité, ne peuvent rendre de telles relations sexuelles moralement positives ou agréables à Dieu. Cela vaut pour tous les autres préceptes négatifs des Dix Commandements de Dieu. En effet, « il y a des actes qui, par eux-mêmes et en eux-mêmes, indépendamment des circonstances, sont toujours gravement illicites, en raison de leur objet. (Jean-Paul II, Exhortation Apostolique Reconciliatio et paenitenia,, 17).

·      L’Église ne possède pas le charisme infaillible de juger de l’état interne de grâce d’un fidèle (cf. Concile de Trente, sect. 24, cap. 1). La non-admission à la Sainte Communion des « divorcés-remariés » ne revient donc pas à juger leur état de grâce devant Dieu mais à juger le caractère visible, public et objectif de leur situation. À cause de la nature visible des sacrements et de l’Église même, la réception des sacrements dépend nécessairement de la situation correspondante, visible et objective, des fidèles.

·      Il n’est pas moralement licite d’entretenir des rapports sexuels avec une personne qui n’est pas le conjoint légitime pour éviter soi-disant un autre péché. En effet, la Parole de Dieu enseigne qu’il n’est pas licite de « faire le mal afin qu’advienne le bien » (Rm 3, 8).

·      L’admission de telles personnes à la Sainte-Communion ne peut être permise que lorsque, avec l’aide de la grâce de Dieu et un accompagnement pastoral individualisé et patient, ils se proposent sincèrement désormais de cesser de tels rapports sexuels et d’éviter le scandale. C’est ainsi que se sont toujours exprimés dans l’Église le véritable discernement et l’authentique accompagnement pastoral.

·      Les personnes ayant des rapports sexuels non conjugaux violent par ce style de vie le lien nuptial indissoluble envers leur conjoint légitime. Pour cette raison, ils ne sont pas capables de participer « en esprit et en vérité » (cf. Jn 4, 23) au repas des noces eucharistiques du Christ, suivant la parole du rite de la Sainte-Communion « Heureux les invités au repas de noces de l’Agneau ! » (Ap 19, 9).

·      Accomplir la volonté de Dieu, révélée dans Ses Dix Commandements et dans son interdiction explicite et absolue du divorce, constitue le vrai bien spirituel de la personne ici-bas sur terre et la conduira à la vraie joie de l’amour dans le salut pour la vie éternelle.

Les évêques, par leur office pastoral, doivent veiller fidèlement sur la foi catholique reçue des Apôtres (« cultores catholicæ et apostolicæ fidei » : cf. Missale Romanum, Canon Romanus). Nous sommes conscients de cette grave responsabilité et de notre devoir face aux fidèles qui attendent de nous une profession publique et sans équivoque de la vérité et de la discipline immuable de l’Église sur l’indissolubilité du mariage. Pour cette raison, il ne nous est pas permis de nous taire.

Nous affirmons ainsi, dans l’esprit de saint Jean-Baptiste, de saint John Fisher, de saint Thomas More, de la bienheureuse Laura Vicuña et de nombreux confesseurs et martyrs, connus et inconnus, de l’indissolubilité du mariage :

Il n’est pas permis (non licet) de justifier, d’approuver ou de légitimer, ni directement, ni indirectement, le divorce et une relation sexuelle stable non conjugale en admettant les soi-disant « divorcés-remariés » à la Sainte-Communion, puisqu’il s’agit en ce cas d’une discipline étrangère à toute la Tradition de la foi catholique et apostolique.

En faisant cette profession publique devant notre conscience et devant Dieu qui nous jugera, nous sommes sincèrement convaincus d’avoir ainsi rendu un service de charité dans la vérité à l’Église de notre temps et au Souverain Pontife, Successeur de Pierre et Vicaire du Christ sur la terre.

31 décembre 2017, Fête de la Sainte-Famille, en l’année du centenaire des apparitions de Notre-Dame à Fátima.

+ Tomash Peta, Archevêque Métropolite de l´archidiocèse de Saint Marie en Astana
+ Jan Pawel Lenga, Archevêque-Évêque de Karaganda
+ Athanasius Schneider, Évêque Auxiliaire de l´archidiocèse de Saint Marie en Astana





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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...