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21 septembre, 2018

Nouveau mariage improvisé par le pape François, cette fois à Santa Marta

Vous souvenez-vous du mariage à 30.000 pieds célébré par le pape François qui avait béni dans l’avion l’union d’un hôte et d’une hôtesse de l’air mariés civilement depuis dix ans, et n’ayant jamais trouvé le temps de passer devant Monsieur le curé ? Ce vrai-faux mariage impromptu n’est désormais plus un cas isolé. Une nouvelle cérémonie très peu canonique vient de se dérouler à la maison Sainte-Marthe au profit de Noelia Franco et d’Omar Caballero, deux Uruguayens mariés civilement depuis 24 ans, parents de cinq filles, qui eux non plus n’ont jamais trouvé moyen d’accomplir leur « rêve » de se marier à l’église. Cette fois, il y a eu une absolution collective, et en guise de mariage sacramentel, au lieu de la simple bénédiction de leur union demandée par le couple, une cérémonie expédiée en une minute trente…

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02 janvier, 2018

Mgr Schneider et les évêques du Kazakhstan font une mise au pojnt sur le mariage sacramentel et rejettent les normes d'application d'“Amoris laetitia”


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C'est une véritable profession de foi de la part d'évêques catholiques qui jugent ne pas pouvoir garder le silence à propos des normes d'application d'“Amoris laetitia” ouvrant la porte à la communion pour les divorcés-« remariés ». On pense forcément aux directives des évêques du grand Buenos Aires approuvées par une lettre privée du pape François à ses compatriotes argentins qui vient d'être dotée d'un statut officiel dans l'Eglise. Oui, la confusion est grande, et la profession de foi de Mgr Schneider et de deux évêques en exercice du Kazakhstan est à lire. 

On retiendra notamment ce paragraphe : « L’Église ne possède pas le charisme infaillible de juger de l’état interne de grâce d’un fidèle (cf. Concile de Trente, sect. 24, cap. 1). La non-admission à la Sainte Communion des « divorcés-remariés » ne revient donc pas à juger leur état de grâce devant Dieu mais à juger le caractère visible, public et objectif de leur situation. À cause de la nature visible des sacrements et de l’Église même, la réception des sacrements dépend nécessairement de la situation correspondante, visible et objective, des fidèles. » Le nœud de la question est là en effet : ce n'est pas par rigorisme ou manque de charité que la communion est refusée à des personnes qui peuvent avoir des circonstances atténuantes ou une culpabilité diminuée, mais justement parce que l'Eglise se refuse à juger le for interne. Seul Dieu sonde les reins et les cœurs… – J.S.

Profession des vérités immuables
sur le mariage sacramentel


Après la publication de l’exhortation apostolique ‘Amoris laetitia’ (2016), divers évêques ont émané, au niveau local, régional et national, des normes d’application sur la discipline sacramentelle des fidèles, dits « divorcés-remariés » qui, bien que le conjoint auquel ils sont unis par un lien valide du mariage sacramentel vive encore, ont toutefois entamé une cohabitation stable à la manière des époux avec une personne autre que leur conjoint légitime.

Ces normes prévoient entre autres que, dans des cas individuels, les personnes dites « divorcées-remariées » puissent recevoir le sacrement de Pénitence ainsi que la Sainte Communion bien qu’ils continuent de vivre habituellement et intentionnellement à la manière des époux avec une personne autre que leur conjoint légitime. De telles normes pastorales ont reçu l’approbation de plusieurs autorités hiérarchiques. Quelques-unes de ces normes ont même reçu l’approbation de l’autorité suprême de l’Église.

La diffusion de telles normes pastorales approuvées ecclésiastiquement, a causé une confusion notable et toujours plus grande tant chez les fidèles que dans le clergé. Confusion qui touche tellement au cœur de la vie de l’Église par des manifestations comme le mariage sacramentel, la famille, église domestique, et le sacrement de la Très-Sainte-Eucharistie.

D’après la doctrine de l’Église, une église domestique n’est constituée que par le seul lien matrimonial sacramentel (cf. Concile Vatican II, Lumen gentium 11). L’admission des fidèles dits « divorcés-remariés » à la Sainte-Communion, qui est l’expression la plus haute de l’unité du Christ-Époux avec Son Église, signifie dans la pratique l’approbation ou légitimation du divorce. En ce sens, elle introduit en quelque sorte le divorce dans la vie de l’Église.

Les normes pastorales évoquées contribuent de fait et dans le temps à la diffusion de « l’épidémie du divorce » (expression utilisée par le Concile Vatican II, cf. Gaudium et spes 47). Cette diffusion de « l’épidémie du divorce » intervient dans la vie même de l’Église, alors même que l’Église, par sa fidélité inconditionnelle à la doctrine du Christ, devrait être un rempart et un signe incomparable de contradiction contre la plaie du divorce toujours plus répandue dans la société civile.

De manière absolument univoque et sans admettre aucune exception, Notre Seigneur et Rédempteur Jésus Christ a solennellement reconfirmé la volonté de Dieu quant à l’interdiction absolue du divorce. Une approbation ou légitimation de la violation de la sacralité du lien matrimonial, même indirectement par la nouvelle discipline sacramentelle évoquée, contredit gravement la volonté expresse de Dieu et Son commandement. Une telle pratique altère donc substantiellement la discipline sacramentelle bimillénaire de l’Église, ce qui entraînera aussi avec le temps une altération de la doctrine correspondante.

Le Magistère constant de l’Église, commençant avec les enseignements des Apôtres et celui de tous les Souverains Pontifes, a conservé et fidèlement transmis l’enseignement cristallin du Christ sur l’indissolubilité du mariage : tant la doctrine (dans la théorie) que la discipline sacramentelle (dans la pratique). Elle l’a fait sans équivoque, sans l’ombre d’aucun doute et toujours dans les mêmes sens et signification (eodem sensu eademque sententia).

Parce qu’établie par Dieu, la discipline des sacrements ne doit jamais contredire la parole révélée de Dieu ni la foi de l’Église dans l’indissolubilité absolue du mariage ratifié et consommé.

« Non seulement les sacrements supposent la foi, mais encore, par les paroles et les choses, ils la nourrissent, ils la fortifient, ils l’expriment ; c’est pourquoi ils sont dits sacrements de la foi » (Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, 59). « Même l’autorité suprême dans l’Église ne peut changer la liturgie à son gré, mais seulement dans l’obéissance de la foi et dans le respect religieux du mystère de la liturgie » (Catéchisme de l’Église Catholique 1125). La foi catholique, par sa nature, exclut une contradiction formelle entre la foi professée d’un côté et la vie et la pratique des sacrements de l’autre. C’est en ce sens qu’on peut comprendre l’affirmation suivante du Magistère : « Ce divorce entre la foi dont ils se réclament et le comportement quotidien d’un grand nombre est à compter parmi les plus graves erreurs de notre temps » (Concilio Vatican II, Gaudium et spes 43) et « la pédagogie concrète de l’Église doit toujours être liée à sa doctrine et jamais séparée d’elle » (Jean-Paul II, Exhortation Apostolique Familiaris consortio 33).

Au vu de l’importance vitale que constituent tant la doctrine que la discipline du mariage et de l’Eucharistie, l’Église est obligée de parler d’une seule voix. Les normes pastorales sur l’indissolubilité du mariage ne doivent donc pas se contredire d’un diocèse à l’autre, d’un pays à l’autre. Depuis les temps apostoliques, l’Église a observé ce principe comme l’atteste saint Irénée de Lyon : « En effet, l'Église, bien que dispersée dans le monde entier jusqu'aux extrémités de la terre, ayant reçu des apôtres et de leurs disciples la foi (…) la garde avec soin, comme n'habitant qu'une seule maison, elle y croit d'une manière identique, comme n'ayant qu'une seule âme et qu'un même cœur, et elle les prêche, les enseigne et les transmet d'une voix unanime, comme ne possédant qu'une seule bouche » (Adversus haereses I, 10, 2). Saint Thomas d’Aquin nous transmet le même principe pérenne de la vie de l’Église : « Il n’y a qu’une seule et même foi depuis les Anciens jusqu’aux Modernes, autrement, ce ne serait pas la même et unique Église (Questiones Disputatae de Veritate, q. 14, a. 12c).

L’admonition du Pape Jean-Paul II demeure actuelle et valide : « la confusion créée dans la conscience de nombreux fidèles par les divergences d'opinions et d'enseignements dans la théologie, dans la prédication, dans la catéchèse, dans la direction spirituelle au sujet de questions graves et délicates de la morale chrétienne, finit par amoindrir, presque au point de l'effacer, le véritable sens du péché ? » (Exhortation Apostolique Reconciliatio et paenitenia, 18).

À la doctrine et à la discipline sacramentelle sur l’indissolubilité du mariage ratifié et consommé, s’applique pleinement le sens des affirmations suivantes du Magistère de l’Église :

·      « En effet l’Église du Christ, gardienne et protectrice des dogmes dont elle a reçu le dépôt, n’y change jamais rien, n’en retranche jamais rien ; mais ce qui est ancien, qui a pris forme aux temps anciens et que la foi des Pères a semé, elle met tout son soin à le polir et à l’affiner de manière que ces anciens dogmes de la doctrine céleste reçoivent l’évidence, la lumière, la distinction, tout en gardant leur plénitude, leur intégrité, leur caractère propre, et qu’ils croissent seulement selon leur genre, c’est-à-dire dans la même doctrine, dans le même sens, dans la même pensée » (Pie IX, Bulle dogmatique Ineffabilis Deus).

·      « Quant à la substance de la vérité, l’Église a, devant Dieu et les hommes, le devoir sacré de l’annoncer, de l’enseigner sans aucune atténuation, comme le Christ l’a révélée et il n’est aucune condition de temps qui puisse atténuer la rigueur de cette obligation. Ce devoir lie en conscience tout prêtre à qui est confiée la charge d’enseigner, d’admonester et de guider les fidèles » (Pie XII, Discours aux curés et aux prédicateurs de Carême, 23 mars 1949).

·      « L’Église n’historicise pas, ne relativise pas sa nature au gré des métamorphoses de la culture profane. La nature de l’Église est toujours égale et fidèle à elle-même, telle que le Christ la voulut et que l’authentique tradition la perfectionna » (Paul VI, Homélie du 28 octobre 1965).


·      « Ne diminuer en rien la salutaire doctrine du Christ est une forme éminente de charité envers les âmes » (Paul VI, Encyclique Humanae Vitae, 29).

·      « Aussi ne cesse-t-elle de faire entendre ses appels et ses encouragements à résoudre les difficultés conjugales éventuelles sans jamais falsifier ni compromettre la vérité » (Jean-Paul II, Exhortation Apostolique Familiaris consortio, 33).

·      « L'Église n'est ni l'auteur ni l'arbitre d'une telle norme [de la loi morale divine]. Par obéissance à la vérité qui est le Christ, dont l'image se reflète dans la nature et dans la dignité de la personne humaine, l'Église interprète la norme morale et la propose à tous les hommes de bonne volonté, sans en cacher les exigences de radicalisme et de perfection » (Jean-Paul II, Exhortation Apostolique Familiaris consortio, 33).

·       « L’autre principe est celui de la vérité et de la cohérence, en vertu duquel l’Église n’accepte pas d’appeler bien ce qui est mal et mal ce qui est bien. En se fondant sur ces deux principes complémentaires, l’Église ne peut qu’inviter ses fils qui se trouvent dans ces situations douloureuses à s’approcher de la miséricorde divine par d’autres chemins, sans que ce soit cependant celui des sacrements de la Pénitence et de l’Eucharistie, tant qu’ils ne remplissent pas les conditions requises ». (Jean-Paul II, Exhortation Apostolique Reconciliatio et paenitentia, 34).

·      « La fermeté de l’Église dans sa défense des normes morales universelles et immuables n’a rien d’humiliant. Elle ne fait que servir la vraie liberté de l’homme : du moment qu’il n’y a de liberté ni en dehors de la vérité ni contre elle » (Jean-Paul II, Encyclique Veritatis splendor, 96).

·      « Par rapport aux normes morales qui interdisent le mal intrinsèque, il n’y a de privilège ni d’exception pour personne. Que l’on soit le maître du monde ou le dernier des ‘misérables’ sur la face de la terre, cela ne fait aucune différence : devant les exigences morales, nous sommes tous absolument égaux » (Jean-Paul II, Encyclique Veritatis splendor, 96).

·      « Le devoir de réaffirmer cette non-possibilité d’admettre à l’Eucharistie [les divorcés remariés] est une condition de vraie pastorale, d’authentique préoccupation pour le bien de ces fidèles et de toute l’Église, parce qu’il indique les conditions nécessaires pour la plénitude de cette conversion, à laquelle tous sont toujours invités » (Conseil Pontifical pour les textes législatifs, Déclaration sur la communion pour les personnes divorcées et remariées, 24 juin 2000).

En tant qu’évêques catholiques, suivant l’enseignement du Concile Vatican II, nous devons défendre l’unité de la foi et la discipline commune de l’Église et veiller à faire surgir pour tous les hommes la lumière de la pleine vérité (cf. Lumen gentium, 23). Face à la confusion actuellement toujours grandissante, nous sommes ainsi obligés en conscience de professer l’immuable vérité et la discipline sacramentelle tout aussi immuable sur l’indissolubilité du mariage, conformément à ce qu’enseigne le Magistère de l’Église de manière inaltérable depuis 2000 ans. Dans cet esprit, nous réaffirmons que :
·      Les rapports sexuels entre des personnes non liées par un mariage valide – ce qui est le cas des « divorcés-remariés » – sont toujours contraires à la volonté de Dieu et constituent une grave offense faite à Dieu.

·      Aucune circonstance ou finalité, pas même une possible imputabilité ou une diminution de la culpabilité, ne peuvent rendre de telles relations sexuelles moralement positives ou agréables à Dieu. Cela vaut pour tous les autres préceptes négatifs des Dix Commandements de Dieu. En effet, « il y a des actes qui, par eux-mêmes et en eux-mêmes, indépendamment des circonstances, sont toujours gravement illicites, en raison de leur objet. (Jean-Paul II, Exhortation Apostolique Reconciliatio et paenitenia,, 17).

·      L’Église ne possède pas le charisme infaillible de juger de l’état interne de grâce d’un fidèle (cf. Concile de Trente, sect. 24, cap. 1). La non-admission à la Sainte Communion des « divorcés-remariés » ne revient donc pas à juger leur état de grâce devant Dieu mais à juger le caractère visible, public et objectif de leur situation. À cause de la nature visible des sacrements et de l’Église même, la réception des sacrements dépend nécessairement de la situation correspondante, visible et objective, des fidèles.

·      Il n’est pas moralement licite d’entretenir des rapports sexuels avec une personne qui n’est pas le conjoint légitime pour éviter soi-disant un autre péché. En effet, la Parole de Dieu enseigne qu’il n’est pas licite de « faire le mal afin qu’advienne le bien » (Rm 3, 8).

·      L’admission de telles personnes à la Sainte-Communion ne peut être permise que lorsque, avec l’aide de la grâce de Dieu et un accompagnement pastoral individualisé et patient, ils se proposent sincèrement désormais de cesser de tels rapports sexuels et d’éviter le scandale. C’est ainsi que se sont toujours exprimés dans l’Église le véritable discernement et l’authentique accompagnement pastoral.

·      Les personnes ayant des rapports sexuels non conjugaux violent par ce style de vie le lien nuptial indissoluble envers leur conjoint légitime. Pour cette raison, ils ne sont pas capables de participer « en esprit et en vérité » (cf. Jn 4, 23) au repas des noces eucharistiques du Christ, suivant la parole du rite de la Sainte-Communion « Heureux les invités au repas de noces de l’Agneau ! » (Ap 19, 9).

·      Accomplir la volonté de Dieu, révélée dans Ses Dix Commandements et dans son interdiction explicite et absolue du divorce, constitue le vrai bien spirituel de la personne ici-bas sur terre et la conduira à la vraie joie de l’amour dans le salut pour la vie éternelle.

Les évêques, par leur office pastoral, doivent veiller fidèlement sur la foi catholique reçue des Apôtres (« cultores catholicæ et apostolicæ fidei » : cf. Missale Romanum, Canon Romanus). Nous sommes conscients de cette grave responsabilité et de notre devoir face aux fidèles qui attendent de nous une profession publique et sans équivoque de la vérité et de la discipline immuable de l’Église sur l’indissolubilité du mariage. Pour cette raison, il ne nous est pas permis de nous taire.

Nous affirmons ainsi, dans l’esprit de saint Jean-Baptiste, de saint John Fisher, de saint Thomas More, de la bienheureuse Laura Vicuña et de nombreux confesseurs et martyrs, connus et inconnus, de l’indissolubilité du mariage :

Il n’est pas permis (non licet) de justifier, d’approuver ou de légitimer, ni directement, ni indirectement, le divorce et une relation sexuelle stable non conjugale en admettant les soi-disant « divorcés-remariés » à la Sainte-Communion, puisqu’il s’agit en ce cas d’une discipline étrangère à toute la Tradition de la foi catholique et apostolique.

En faisant cette profession publique devant notre conscience et devant Dieu qui nous jugera, nous sommes sincèrement convaincus d’avoir ainsi rendu un service de charité dans la vérité à l’Église de notre temps et au Souverain Pontife, Successeur de Pierre et Vicaire du Christ sur la terre.

31 décembre 2017, Fête de la Sainte-Famille, en l’année du centenaire des apparitions de Notre-Dame à Fátima.

+ Tomash Peta, Archevêque Métropolite de l´archidiocèse de Saint Marie en Astana
+ Jan Pawel Lenga, Archevêque-Évêque de Karaganda
+ Athanasius Schneider, Évêque Auxiliaire de l´archidiocèse de Saint Marie en Astana





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03 mai, 2016

Divorcés remariés : le cardinal Müller rappelle à Madrid qu'aucun pape ne peut changer la doctrine sur les sacrements

Il y a contradiction à être divorcé remarié et vouloir communier, a déclaré ce mardi à Madrid, selon Europa Press, le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, le cardinal Gerhard Ludwig Müller. Le prélat donnait une conférence à l'université Francisco de Victoria à l'occasion de la présentation de son livre La famille, source d'espérance, qui vient d'être traduit en espagnol et publié par la Biblioteca de Autores Cristianos. Il a précisé qu'aucun pape ne peut changer la doctrine sur les sacrements du mariage et de l'Eucharistie.
Le cardinal Müller ne s'est pas posé en opposant au pape François, assurant au contraire qu'il fallait éviter de voir ou plutôt d'« inventer » des contradictions entre les papes successifs. Mais il a néanmoins parlé très clair dans une situation de grande confusion dans l'Eglise, qui se trouve confrontée à la lettre d'un texte objectivement ouvert à une interprétation hétérodoxe, et aux déclarations assurant que le changement était arrivé émanant de cardinaux et de religieux proches du pape.
Interrogé sur l'attitude à l'égard des familles en situation irrégulière dont parle l'exhortation du pape François, Amoris laetitia, et plus précisément sur le fait de vivre dans la grâce de Dieu en situation de péché, le cardinal Muller a déclaré : « Ce n'est pas possible. L'Eglise n'a pas le pouvoir de changer le droit divin, elle ne peut pas changer l'indissolubilité du mariage. On ne peut pas dire “oui” à Jésus-Christ dans lEeucharistie et “non” dans le mariage. C'est une contradiction objective », a-t-il insisté.
Le cardinal a rappelé que lorsqu'une personne se trouve « en état de péché mortel » elle doit recevoir le sacrement de la pénitence. Cela « ne peut être changé ni par le pape ni par un concile œcuménique ».
De toute façon, a-t-il précisé, il n'est pas possible de faire des « « interprétations fausses » qui « vont au-delà du dogme ». Le pape, a-t-il expliqué, demande à l'Eglise de penser à la manière dont on peut intégrer ces personnes qui « savent qu'elles vivent dans une situation incorrecte mais qui désirent se rapprocher de l'église ».
Voilà qui fait tout de même l'économie de diverses notes et déclarations dans Amoris laetitia qui vont au-delà de ce nécessaire accueil bienveillant en vue de la conversion. On sent toujours l'hésitation des plus hauts prélats à adresser une critique ouverte au texte.
Mais le cardinal Müller a tout de même précisé que, dans le cas des divorcés remariés par exemple, le « but » doit être qu'ils « se séparent de l'époux illégitime » ou qu'ils vivent toujours ensemble mais dans la chasteté, parce qu’« on ne peut justifier une situation qui va à l'encontre de la loi divine ».
On rappellera qu'une note d’Amoris laetitia refuse de recommander aux divorcés remariés de vivre dans la chasteté, « comme frère et sœur », en invoquant de manière incorrecte une citation de Gaudium et spes qui met en garde contre les risques que cette pratique – mais au sein de couples mariés ! – peut faire courir à la fidélité conjugale.
Le cardinal Müller a indiqué avoir écrit son livre sur la famille, où il expose cette doctrine traditionnelle, « avec un grand dévouement au pape », dont il a loué le « style personnel », plus « pastoral » et « proche des gens ». Il a ajouté qu’il fallait se garder de faire une « mauvaise interprétation » de sa manière de prêcher.

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17 avril, 2016

L’accès aux sacrements des divorcés remariés a-t-il changé ? « Je peux dire oui. Point. », dit le pape François. « Lisez le cardinal Schönborn ! »

Y a-t-il un changement de la « discipline » de « l’accès aux sacrements » des divorcés « remariés », Amoris laetitia. Il ne sera plus possible d’arguer que le pape s’est contenté, dans ce texte long et propre à semer la confusion, de rappeler la doctrine en encourageant les fidèles en situation « dite irrégulière » (ce sont les mots d’Amoris laetitia) à se rapprocher de plus en plus de la vie « en Eglise ».
avec de « nouvelles possibilités quin'existaient pas jusqu'ici » ? « Je peux dire oui. Point. » : en quelques mots dits avec force, répondant à une question de journaliste lors du point presse dans l’avion qui le ramenait de Lesbos, le pape François a levé les ambiguïtés de l’Exhortation post-synodale
Non, là, c’est clair et net, et d’autant plus que le pape François a invité à s’en référer à la présentation de l’Exhortation faite par le cardinal Schönborn de Vienne : « Mais ce serait une réponse trop courte. Je vous recommande à tous de lire la présentation qu'a faite le cardinal Schönborn, qui est un grand théologien qui connaît la doctrine de l’Eglise », a déclaré le pape François. 
En l’espace de quelques mots le pape a déclenché un séisme dans l’Eglise. Il ne faut pas se méprendre sur la portée de cette annonce d’un « changement » : à beaucoup d’égards, notre génération, trop jeune pour connaître Vatican II, mais qui se souvient, et combien, de la révolution liturgique qui lui a fait suite, retrouve une situation similaire où Rome ne semble plus être dans Rome.
Mais pour que tout soit bien clair, il faut rappeler que personne, pas même le pape, ne peut modifier l’enseignement que transmet l’Eglise, gardienne du dépôt de la foi confié aux apôtres. Il ne faut pas non plus en conclure que le pape ne serait pas le pape : ses exhortations relèvent du magistère ordinaire qui ne bénéficie pas de l’infaillibilité, et ses libres propos quelque part en altitude – ce ne sont pas les premiers du genre, mais ce sont cette fois les plus évidemment contraires à la tradition de l’Eglise – ne font pas autorité. N’en soyons donc pas ébranlés.
En revanche, il importe plus que jamais de rechercher la vérité, et d’essayer de l’exposer et de la rappeler avec respect et fermeté. Dans les semaines qui viennent, on peut espérer que des évêques et des cardinaux le feront. En attendant, aucun catholique n’en est dispensé.
Qu’avait donc dit le cardinal Schönborn, jadis classé parmi les conservateurs mais qui, plus récemment, a invité l’Eglise à embrasser les « éléments positifs » des unions homosexuelles, lors de la présentation d’Amoris laetitia qui lui avait été confiée aux côtés du cardinal Baldisseri ? Ses propos que l’on pouvait jusqu’ici aborder de manière plus détendue ont acquis un poids plus lourd, les voici :
Naturellement cela pose la question : que dit le pape par rapport à l'accès aux sacrements pour les personnes vivant en situation « irrégulière » ? Le pape Benoît XVI avait déjà dit qu'il n'y a pas de « recettes faciles » (Amoris laetitia 298, note 333 ». Le pape François redit la nécessité de discerner la situation avec soin, dans la continuité de Familiaris consortio de saint Jean-Paul II (84) (AL 298). «  Le discernement doit aider à trouver les chemins possibles de réponse à Dieu et de croissance au milieu des limitations. En croyant que tout est blanc ou noir, nous fermons parfois le chemin de la grâce et de la croissance, et nous décourageons des cheminements de sanctifications qui rendent gloire à Dieu. » (AL 305). Il nous rappelle également une phrase importante d’Evangelii gaudium, 44 : « Un petit pas, au milieu de grandes limites humaines, peut être plus apprécié de Dieu que la vie extérieurement correcte de celui qui passe ses jours sans avoir à affronter d’importantes difficultés » (AL 305). Dans le sens de cette « via caritatis » (AL 306), le pape affirme, d'une manière humble et simple, dans une note (351) que l'aide des sacrements peut également être donnée « dans certains cas ». Mais à cette fin il ne nous propose pas d'études de cas ni de recettes, mais au lieu de cela nous rappelle simplement deux de ses phrases les plus célèbres : « Aux prêtres je rappelle que le confessionnal ne doit pas être une salle de torture mais un lieu de la miséricorde du Seigneur » (EG 44), et que l'Eucharistie « n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles » (EG 47).
 Est-ce un défi trop lourd pour les pasteurs, pour les guides spirituels et pour les communautés si le « discernement des situations » n'est pas régulé de manière plus précise ? Le pape François reconnaît l'existence d'une inquiétude : « Je comprends ceux qui préfèrent une pastorale plus rigide qui ne prête à aucune confusion. » (AL 308). Cependant il remet cela en question, remarquant que « Nous posons tant de conditions à la miséricorde que nous la vidons de son sens concret et de signification réelle, et c’est la pire façon de liquéfier l’Évangile » (AL 311).
C’est beaucoup d’importance accordée au cours d’une conférence de presse à une petite note en bas de page dans un document de plus de 250 pages adressé à l’ensemble des pasteurs catholiques et des fidèles mariés qui forment la majorité du « troupeau » dont le pape François a la charge. Cette petite minorité, parmi les divorcés « remariés », qui peuvent vouloir revenir à la pratique religieuse – appelés qu’ils sont à la conversion, et sûrs de recevoir les grâces nécessaires pour répondre à cet appel, si seulement ils le veulent réellement – mais qui ne veulent pas pour autant renoncer à leur seconde union, justifiait-elle que l’on en fasse l’un des points centraux des synodes sur la famille ?
Il est vrai que le pape François a tout fait pour cela, et on a pu suivre pas à pas les diverses manœuvres qui ont fait de la « communion des divorcés remariés » l’un des thèmes les plus médiatisés à propos du synode et des informations relatives à l’Eglise depuis que le cardinal Kasper a lancé son « ballon d’essai » en février 2014 au consistoire des cardinaux.
Dans son intervention très préparée, très étudiée, le cardinal Schönborn a donc voulu mettre l’accent sur cela, à l’entière satisfaction du pape. Et il a tenu à souligner que le pape n’était pas d’accord avec ceux qui préfèrent « un soin pastoral plus rigoureux ». Affirmer la doctrine de l’Eglise de manière rigoureuse, c’est-à-dire exacte, c’est donc faire preuve d’excès, de rigorisme, comprend-on. A leur intention, on brandit volontiers la parabole du « fils prodigue » : les voilà catalogués comme des « fils aînés » incapables de comprendre ni d’accepter la bonté du Père !
Et pourtant, le fils prodigue, lui, avait déjà radicalement rompu avec sa vie dissolue, et s’il aspirait à l’amour de son père, il ne pensait pas y avoir « droit » de revenir à la table familiale, alors même qu’il avait déjà changé de conduite…
Ici il faut rappeler que les papes et à travers eux les pasteurs que le Christ nous a donnés ont reçu le pouvoir de dispenser sa Miséricorde, d’absoudre les péchés, de parler au nom de l’Eglise : « Tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans les Cieux ; tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans les Cieux. »
Mais ce pouvoir n’est pas absolu : il doit s’exercer en cohérence avec le dépôt de la Foi. Et sur la question du mariage, le Christ Lui-même dit avec une clarté tranchante : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare point. »
Autrement dit, un mariage validement conclu par les époux eux-mêmes, par un vœu fait devant Dieu, ne peut être dissous par aucune autorité. Et pour ce qui est de dire que pour une raison ou une autre il n’a jamais existé, cela ne peut être subjectivement décidé dans le secret du « for interne » ou de la discussion avec un directeur spirituel – sans préjuger des intentions ou de la culpabilité personnelle des intéressés. Tant que le premier mariage existe du fait que les époux sont tous les deux en vie, ou qu’il n’a pas été déclaré nul à l’issue d’une procédure dont l’objectif est de rechercher la vérité, les époux sont liés par lui et ne peuvent contracter un nouveau mariage.
Saint Jean-Paul II, dans Familiaris consortio, exposait très clairement qu’en cas de nouvelle union irrégulière, l’accès à la communion est impossible :
L'Eglise, cependant, réaffirme sa discipline, fondée sur l'Ecriture Sainte, selon laquelle elle ne peut admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés. Ils se sont rendus eux-mêmes incapables d'y être admis car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d'amour entre le Christ et l'Eglise, telle qu'elle s'exprime et est rendue présente dans l'Eucharistie. Il y a par ailleurs un autre motif pastoral particulier: si l'on admettait ces personnes à l'Eucharistie, les fidèles seraient induits en erreur et comprendraient mal la doctrine de l'Eglise concernant l'indissolubilité du mariage.
Les raisons ne sont pas disciplinaires, ni « sociales » même si l’exemple donné n’est pas négligeable : elles sont théologiques.
Elles sont en rapport avec la réalité de l’Eucharistie à laquelle le mariage sacramentel est étroitement lié, avec la notion de liberté, de péché, d’état de grâce, du sens du sacrifice et de la souffrance « pour le Royaume ».
Mais pour le cardinal Schönborn, il est temps de passer à autre chose. Il a déclaré au vaticaniste Edward Pentin qu’Amoris laetitia a adopté l’approche qui est déjà la sienne dans son diocèse, et qui permet à certains divorcés « remariés » d’avoir accès aux sacrements après un processus de discernement qui porte sur plusieurs questions. On a ainsi entendu parler, au long du processus synodal, de l’absence de haine ou de rancœur à l’égard de l’époux ou de l’épouse dont on a divorcé, la prise en compte de ses besoins et de ceux des enfants.… Pour le laïc ordinaire qui est dans l’air du temps, il s’agit en somme de « discerner » si le divorce s’est « bien » passé, le moins douloureusement possible, ce qui peut être intéressant lorsqu’il n’y a absolument aucune conciliation possible entre les partenaires et qu’il y aurait danger, pour cause de violence par exemple, à demeurer ensemble… mais cela ne justifie pas une nouvelle union.
Au cours de son entretien avec Pentin, le cardinal Schönborn avait précisé : « Nous connaissons tous de nombreux prêtres » qui permettent à des divorcés remariés de communier « sans discussion et sans interrogation, et c’est un fait (…) difficile à gérer pour un évêque ».
Donc, on va faciliter la gestion en créant des conditions à la marge qui autorisent en quelque sorte à se faire justice à soi-même.
Mais attention, ce ne sera pas la pratique universelle de l’Eglise : ce que font les Allemands ou les Autrichiens, les « conservateurs » africains ne sauraient l’admettre, c’est tout le sens des solutions différenciées admises dans Amoris laetitia au nom de l’« inculturation »… Dire que cela n’est pas « catholique », c’est évidence même.
Ce qu’il y a de curieux, c’est que personne ne semble s’interroger sur la régularité ni même sur l’existence de la seconde union des divorcés « remariés ».
Pour parler cru : pour un catholique, les seuls actes sexuels autorisés sont les actes conjugaux accomplis au sein d’un mariage et dans le respect de leur signification de don total et exclusif, ouvert à la vie. Cela est garanti par les vœux échangés par les époux qui se promettent fidélité jusqu’à la mort et obtiennent ainsi que leur union soit bénie de Dieu. Tout acte sexuel accompli en dehors du mariage constitue objectivement la matière d’un péché grave, qui peut être absous dans le cadre de la confession sacramentelle. Si ce péché est en quelque sorte « institutionnalisé » au sein d’un « remariage » après divorce, dont les partenaires n’ont nulle intention de sortir, l’absolution devient impossible du fait de l’absence de volonté de rompre avec cette situation de péché affirmée qui plus est à la face du monde.
Les divorcés « remariés » – et il s’agit bien dans cette insupportable controverse de personnes qui n’ont pas pour divers motifs obtenu la reconnaissance de la nullité de leur premier mariage – se trouvent par définition au sein d’une union illégitime (et non seulement « dite irrégulière » comme le dit Amoris laetitia). Au regard de l’Eglise, ce sont des concubins qui sont dans l’impossibilité de se donner le sacrement de mariage.
Tout cela est si vrai que, lorsque les circonstances le justifient, ils peuvent continuer de vivre sous le même toit mais ne peuvent rectifier leur situation – quand le ou les mariages de part et d’autre n’ont pas été dissous ou déclarés nuls – qu’en s’engageant à ne pas avoir de rapports sexuels : à vivre « comme frère et sœur ». Décision admirable à dire vrai, car elle rend pleinement témoignage à la réalité du sacrement et à la volonté de se conformer à la loi divine.
Mais Amoris laetitia s’écarte de cette « voie étroite », la disant trop difficile, dans une scandaleuse relecture de Gaudium et spes qui évoquait la continence entre époux dans le cadre de la régulation naturelle des naissances…
En admettant que des divorcés « remariés », vivant comme mari et femme et usant des actes propres au mariage, de manière institutionnalisée et sans intention de modifier cet était de fait, puissent accéder à la communion, il s’agirait donc en quelque sorte de régulariser l’union… Mais alors comment ? Par une bénédiction ? Un « remariage » sacramentel ? Impossible. La solution adoptée (en toute cohérence pour le coup) dans l’Eglise orthodoxe contredit la doctrine catholique. Alors, est-on en train de reconnaître l’union civile entre catholiques divorcés comme produisant les effets d’un mariage sacramentel ?
J’attends vraiment qu’on m’explique.

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