Affichage des articles dont le libellé est Unesco. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Unesco. Afficher tous les articles

03 avril, 2012

UNESCO : le comité de bioéthique s'enrichit d'un partisan de la recherche sur l'embryon

A la grande satisfaction de l'université de Pennsylvanie, Jonathan Moreno, professeur d'éthique biomédicale de haut vol dans plusieurs facultés de U-Penn, vient d'être nommé au Comité international de bioéthique de l'UNESCO. Jonathan Moreno est un fervent partisan de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, car même s'il plaide pour le recours aux lignées de cellules souches embryonnaires existantes là où c'est possible, il estime indispensable à la recherche de se résoudre à la destruction d'embryons pour en obtenir de nouvelles si les circonstances l'exigent.

Le Comité international de bioéthique de l'UNESCO (IBC) se présente comme le seul forum global de réflexion sur la bioéthique. Composé de 36 « experts indépendants », il suit depuis 1993 les progrès des sciences de la vie et leurs applications, en vue d'assurer le respect de la dignité humaine et de la liberté et de  promouvoir les principes de la Déclaration de l'UNESCO sur la bioéthique dans l'ensemble des pays membres.

C'est donc au nom du respect de la dignité humaine que l'UNESCO nomme un partisan de la recherche destructrice sur l'embryon…

Dans une interview datant de juillet 2008, Jonathan Moreno s'en explique.

Il estime que même la recherche sur les cellules souches adultes, qui ne pose aucun problème moral, a besoin de celle sur les cellules embryonnaires « totipotentes » qui sont comme « l'étalon or » du comportement des cellules, et il met en avant des résultats moins satisfaisants, à l'aune de « certains travaux » récents, obtenus sur les cellules souches adultes prélevées sur des personnes plus âgées.

Mais l'embryon humain n'a-t-il pas une valeur intrinsèque ? Pas pour Moreno, qui rejette le manque de science du quidam qui réclame le respect de sa vie :

« Il est important de noter que toutes les religions abrahamiques ne sont pas unamimement d'accord pour affirmer que l'embryon ait quelque statut moral que ce soit. Les Juifs orthodoxes, les imams de la tradition islamique et beaucoup de confessions protestantes n'attribuent pas à l'embryon le statut moral d'une personne humaine déjà née. L'Eglise catholique romaine n'a pas traditionnellement revêtu l'embryon de la personnalité, et ce point de vue n'a commencé à changer qu'au milieu du XIXe siècle. (…) Je pense qu'il n'y a pas une division nette entre les pro-vie et les pro-choix sur cette question, ni qu'il y ait une division nette entre ceux qui donnent un important statut moral à l'embryon humain et ceux qui lui en donnent relativement peu. (…)
« Au moins dans ce pays, le consensus parmi ceux qui réfléchissent à ces choses, comme les théologiens et les philosophes, semble être que l'embryon humain a un statut moral plus important que le spermatozoïde ou l'ovule seul, mais que l'embryon n'a pas nécessairement des droits. Cela étant dit, je dirais que l'embryon qui a été créé intentionnellement doit être respecté. Cela signifie qu'avant de justifier la destruction de l'embryon en vue de la recherche médicale, il faut avancer un argument solide pour montrer que les lignées de cellules souches embryonnaires existantes ne conviennent pas pour la recherche envisagée, et démontrer l'importance de celle-ci : par exemple, qu'elle soit en relation avec une maladie grave. (…) 
« Si un enfant meurt d'une maladie qui aurait pu être évitée si nous avions pu faire des recherches sur elle en utilisant des embryons déjà voués à la destruction ou à la réfrigération de longue durée – comme les embryons utilisés dans les cliniques de fécondation in vitro – je ne vois pas en quoi la mort de cet enfant peut contribuer à la dignité humaine. »
En poussant un peu un tel argument, on justifierait tout aussi bien le prélèvement d'organes vitaux sur des personnes en état végétatif persistant pour donner plus de vie à un malade soignable par transplantation…

Pour Moreno, un concept particulièrement important de la tradition judéo-chrétienne dont il serait « difficile de dire », selon lui, « qu'elle n'informe pas en un sens les points de vues de tout le monde sur tout », est celui d'imposer une « obligation invincible » à chaque être humain de ne pas être cruel vis-à-vis de son semblable.

« La cruauté peut se manifester de toutes sortes de façons, y compris – à mon avis – en ne tirant pas profit des occasions que peut fournir la science médicale pour le bien de l'homme. » 
Et de plaider pour une recherche sur les cellules souches embryonnaires qui non seulement s'imposerait en quelque sorte moralement, mais qui soit coordonnée, aux Etats-Unis, au niveau fédéral.

Jonathan Moreno, entre autres rôles à son actif, a fait partie de l'équipe de transition de Barack Obama, et il a joué un rôle de conseiller à la Fondation Bill & Melinda Gates.

Comme ça, au moins, nous savons à quelle sauce l'UNESCO nous mange…



• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits

10 février, 2012

L'UNESCO pro-avortement : la preuve par Barcelone

Des « experts » de la Chaire UNESCO de bioéthique de l'Université de Barcelone (UB), entourés d'avocats, de médecins experts en contraception et sexualité (sic) ont demandé lors d'un séminaire universitaire la mise en place d'un registre unique et public des médecins objecteurs de conscience par rapport à l'avortement, afin d'améliorer l'accès des femmes à l'« IVG ».

La titulaire de la chaire, qui dirige également l'Observatoire de la bioéthique et du droit et l'Association Bioéthique et droit de cette université, Maria Casado, a clairement expliqué à la presse que l'objectif visé était de garantir le libre droit des femmes de mettre fin à leur grossesse.

Depuis la mise en place dans certaines provinces d'une obligation d'inscription sur des registres – en principe privés – des médecins objecteurs de conscience, les médecins pro-vie ont protesté contre ce fichage et ce flicage.

Maria Casado a invoqué l'exemple britannique en expliquant que si ce pays dont les habitants sont jaloux de leur intimité peut mettre cela en place, l'Espagne aussi…

Elle a ajouté qu'elle reconnaît aux objecteurs le droit d'adopter leur position mais estime qu'ils doivent toujours la faire connaître avant d'entrer au bloc opératoire et que cette objection doit connaître des limites, dès lors que la santé de la femme est en danger. Ainsi, au Ve séminaire de la chaire UNESCO tenu à Barcelone sur le thème « l'avortement et l'objection de conscience », il s'agissait surtout de demander que celle-ci soit cadrée, circonscrite, limitée : « Le plus important est que l'on respecte les droits dans une société démocratique » – droit de la femme, donc, contre droit du médecin.

Pour bien enfoncer le clou Maria Casado a ajouté que l'objection de conscience est par nature individuelle : « Lorsqu'elle se transforme en quelque chose de collectif pour des motifs idéologiques, l'affaire se transforme en désobéissance civile. » La faute à qui ? A l'Eglise catholique, bien sûr, nommément désignée par Mme Casado comme promotrice de l'objection de conscience contre la loi d'avortement.

Et pourquoi refuser une objection collective ? Parce que « l'objecteur ne prétend pas changer la norme, il se soustrait seulement à son accomplissement pour des raisons de conscience personnelle ».

L'universitaire parrainée par l'UNESCO a également dénoncé la volonté du gouvernement Rajoy de modifier la loi d'avortement en un sens restrictif et a ajouté un peu de lutte des classes à son propos en dénonçant les difficultés de celles qui sont plus pauvres et sans ressources culturelles pour accéder à l'avortement.

Outre des associations faisant la promotion de la contraception, la Généralité de Catalogne a officiellement apporté son soutien à cet événement.

Un petit mot sur l'UNESCO, pour finir : voici le site officiel de la chaire UNESCO de bioéthique en question. Elle a pour objectif la promotion des Droits humains et une « conception de la bioéthique pluridisciplinaire, laïque et flexible », avec une dimension internationale puisque ses travaux doivent rayonner dans es pays en voie de développement, en Amérique latine notamment.

Elle entend également former des personnes appelées à siéger dans des comités de bioéthique.

En 2003, LifeSite attirait déjà l'attention sur un document de l'UNESCO réclamant « l'avortement à la demande » pour les femmes et les jeunes filles.

© leblogdejeannesmits

26 mars, 2011

Fabrice Hadjadj s'offre l'UNESCO

Ouverture du « Parvis des gentils »

Des vérités qui dérangent…

Dans le cadre très « années cinquante » de l’UNESCO, je m’attendais à un discours consensuel pour marquer l’ouverture à Paris des rencontres du « Parvis des gentils », voulues par le Pape pour remettre la question de Dieu et de la transcendance au centre d’un monde qui l’a oubliée. Entre dignitaires de l’organisation onusienne pour l’éducation et la culture, diplomates, prélats et universitaires catholiques, je n’espérais pas des discours incisifs et dans l’ensemble, je ne fus pas déçue sur ce point. Places vides, applaudissements polis : on était plutôt dans le ronron que dans la recherche commune et passionnée de la vérité qui reste, malgré cela, l’objet réel de cette initiative.

Puis, vers la fin, survint Fabrice Hadjadj. Philosophe original, esprit puissant mais sans ce zeste de snobisme intellectuel que l’on avait cru deviner au cours des précédentes interventions, juif converti à la religion catholique, jeune – 40 ans à peine – il s’est autorisé une charge jubilatoire contre les monstres sacrés du lieu.

Devant un auditoire un peu pantois, Hadjadj a rappelé que le premier directeur de l’UNESCO, Julian Huxley, au moment même où « Hitler gazait les malades mentaux en 1941 », écrivait : « L’eugénisme deviendra incontestablement une partie de la religion à venir. » Julian Huxley devait persister dans cette voie (qu’il avait contribué à ouvrir en fondant la Eugenics Society dans les années 1930) : tout en s’affirmant antiraciste, il allait inventer le terme de « transhumanisme, pour ne pas dire eugénisme » après la Seconde Guerre mondiale, cherchant toujours à « améliorer la qualité des individus » au détriment de leur quantité dans un « Better world », expliqua Hadhadj, qui n’a finalement pas grand chose à envier au Meilleur des Mondes inventé par son jeune frère Aldous.

De fait, Julian Huxley, avec quelques variations, s’appuyant sur sa croyance au darwinisme, a toujours prôné les mesures publiques qui puissent empêcher les déficients de se marier et de procréer, réduire la natalité chez les pauvres par le jeu des taxes et des impôts, voire d’allocations spécifiques pour encourager la reproduction des beaux, des intelligents, des plus doués… Partisan des banques de sperme, et lorsque cela serait possible, d’ovules pour disposer d’un capital génétique susceptible de permettre des naissances plus intéressantes. L’accès facile à la contraception, de préférence sous forme d’injections immunologiques, faisait aussi partie de ses marottes.

Hors sujet, Fabrice Hadjadj ? Pas du tout. Il a précisément mis le doigt sur le point où la culture moderne va mal, va mal au point d’être devenue une culture de mort. Il a montré, en finesse, comment le refus de voir l’homme tel qu’il est : « l’animal qui s’étonne d’exister », conduit la modernité à ne plus le considérer que comme un « singe évolué ». L’homme, lui, « cherche un au-delà ». « Le nouvel humanisme des Lumières ne peut être qu’un aveuglement, si l’homme ne s’appuie que sur lui-même », dit Hadjadj. C’est le cœur du propos du Parvis des gentils, arriver non pas au « transhumanisme » à la Huxley qui triomphe, mais au « transhumane » de Dante : ce pour quoi l’homme est fait. La vision béatifique était ainsi discrètement évoquée devant ces « Gentils » à qui elle est aussi proposée…

Il y aura beaucoup à dire sur le « Parvis des gentils », et sans doute, non sans critiques. Mais à l’UNESCO, jeudi, il y a eu des esprits hardis qui ont fait souffler la grâce.

• Article paru dans Présent daté du samedi 26 mars 2011.

04 mars, 2011

L'ONU et l'éducation sexuelle : tout dire pour combattre l'« hétérosexisme »

Les informations hebdomadaires « Friday-Fax » du groupe de veille pro-vie catholique à l'ONU, C-FAM, signalent cette semaine une nouvelle bataille engagée à l'ONU et sans doute aussi par l'ONU : la diffusion planétaire de cours d'éducation sexuelle de plus en plus explicites, pour ne pas dire pornographiques. L'agence onusienne CSW (Commission on the status of Women ou commission sur le statut des femmes) a consacré cette dernière semaine à « l'accès et à la participation des femmes et des filles à l'éducation, la formation professionnelle, la science et la technologie », ce qui peut sembler relativement anodin. Ne pas s'y tromper : ce sont aussi bien des organisations de l'ONU que des ONG féministes qui en profitent pour promouvoir leur extrémisme féministe dans les pays en voie de développement.

Il y a avait bien sûr une table ronde sur l'homophobie  et la transphobie. Diane Schneider, représentant le plus important syndicat d'enseignants aux Etats-Unis (National Education Association, NEA) y a plaidé pour une « éducation sexuelle plus inclusive » dans les écoles américaines, ajoutant que l'éducation sexuelle qui se borne à promouvoir l'abstinence, ou qui n'est pas obligatoire, est une contradiction dans les termes. Que faut-il donc apprendre aux jeunes ? La réponse est simple :

« Le sexe oral, la masturbation et l'orgasme doivent être au programme de l'éducation », a déclaré Diane Schneider.

Cette éducation-là constitue la « seule manière de combattre l'hétérosexisme et le conformisme de genre », et il s'agit de les mettre au programme de « chaque collégien et de chaque lycéen », a-t-elle proclamé. « L'expression de l'identité de genre et l'orientation sexuelle forment un large spectre », poursuivit Diane Schneider – alors que ceux qui s'opposent à l'homosexualité « sont coincés dans une boîte binaire créée par la religion et  par la famille ».

De vous à moi, je suis contente de savoir que les professeurs de mes enfants ne sont pas affiliés à la NEA…

Au cours de la même réunion, rapporte toujours Lauren Funk pour C-Fam, un Belge est venu dire l'importance de la mobilisation gouvernementale pour imposer une politique de non-discrimination pour faire respecter les droits des LGBT (lesbiennes-gays-bi-trans), surtout lorsque les pouvoirs publics fournissent documents et matériel scolaire pour guider les efforts des enseignants.

Vous me direz : ce sont des hurluberlus qui prêchent cela et l'ONU n'est pas responsable de leurs propos. Seulement cette dame et ce monsieur (peut-on encore les refermer ainsi dans des catégories dépassées ? Je vous le demande !) n'ont, d'après ce que l'on sait, pas été hués par la salle. Ils ne représentent pas qu'eux-mêmes.

Une table ronde en partie sponsorisée par le FNUAP (Fonds des Nations unies pour la population) recommandait elle aussi l'« éducation sexuelle inclusive » non seulement pour combattre « l'oppression de genre » mais pour remplir absolument tous les « Objectifs du Millénaire ». Et c'est là que l'on a présenté les directives de l'UNESCO pour l'éducation sexuelle (déjà évoquées dans ce blog, ici). Ainsi qu'un programme d'éducation sexuelle élaboré par la Fédération internationale du Planning familial : le nec plus ultra de la chose, à en croire les intervenants. Sexuellement explicites, diraient les anglophones. Massivement, les participants à la table ronde ont recommandé que ces programmes soient mis en œuvre au plus vite dans les écoles. Nous aurons sans doute à y revenir.

C-Fam signale que la plupart de ces tables rondes qui se déroulent en marge de la semaine CSW ne reçoivent pas le soutien des gouvernements des pays membres et n'attirent que peu de délégués officiels, ce qui ne veut pas dire qu'elles n'ont pas d'influence. De fait, un grand nombre des intervenants et des ONG représentées ont le statut officiel de « lobbyiste » auprès de l'ONU et pèsent donc de tout  leur poids sur les décisions que prendront cette institution et ses satellites au cours des mois à venir.

© leblogdejeannesmits.

29 octobre, 2010

Devant l'ONU, large résistance contre la tentative de créer un nouveau « droit » à l'éducation sexuelle

Il y a encore des pères de famille ! Ou plus exactement, des pays qui ne tolèrent pas que leurs jeunes citoyens soient endoctrinés par la prétendue « éducation sexuelle » qui a déjà si largement cours dans nos pays occidentaux. C-Fam – organisme catholique de veille sur l'ONU et d'autres organisations internationales – rapportait hier que les délégués de pays emmenés par le bloc africain et par les pays des Caraïbes ont fortement combattu cette semaine un rapport qui pose le principe d'une éducation sexuelle « explicite » pour les jeunes enfants, à inscrire au catalogue des droits de l'homme.

Le promoteur et signataire du rapport est Victor Muñoz Villalobos : se fondant sur des textes non contraignants comme les lignes directrices de l'UNESCO sur l'éducation sexuelle et les principes de Yogyakarta, il soutient que les Etats ont l'obligation de mettre en œuvre ce nouveau droit « dès les étapes précoces de la vie ».

Absent de l'ONU au moment de la présentation de son rapport – ce qui n'est pas la règle ! – Muñoz y assure que les parents ont le droit de choisir l'éducation de leurs enfants (comme l'affirme d'ailleurs la Déclaration universelle des droits de l'homme) mais ajoute : « cette autorité n'a jamais le droit de contrer les droits des enfants et des adolescents ».

L'éducation sexuelle selon Muñoz comprend des éléments relatifs à la « diversité sexuelle » ; il rejette également les programmes d'éducation à l'abstinence qui fait perdurer les « stéréotypes » et répand des images discriminatoires basées sur « l'hétéronormativité » (sic).

Ce sont donc les pays africains et ceux des Caraïbes, avec des pays de l'Amérique latine, et l'Organisation de la Conférence islamique qui ont envoyé leurs délégués au front contre un ennemi qui s'était dérobé, ce qui ne les a pas empêchés d'attaquer durement sa tentative personnelle de faire entrer dans des textes de l'ONU l'orientation sexuelle, l'éducation sexuelle et l'identité de genre comme des concepts acceptés par tous. Plusieurs ont rappelé qu'il n'existe pas de consensus mondial sur le contenu de l'éducation sexuelle et que Muñoz avait largement outrepassé ses droits.

Parmi ceux qui ont rejeté le rapport : la Russie, l'Afrique du Sud, le Maroc, le Groupe arabe, les Etats-Unis et, bien sûr, le Saint-Siège.

Sans surprise, la Suisse, la Norvège, le Canada et l'Argentine ont soutenu le rapport, tandis que l'Union européenne a exprimé son soutien « entier et de tout cœur » à l'évanescent Muñoz et à son rapport.

Aucune action n'ayant été entreprise, l'Assemblée générale de l'ONU devrait en être ressaisie en décembre.

Source : C-Fam.

© leblogdejeannesmits.

18 septembre, 2009

L’ « éducation à la sexualité » selon l’UNESCO : l’aveu

Lu sur Le blog de Jeanne Smits

L’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) vient de publier un projet de rapport présentant les Lignes directrices internationales sur l’éducation de la sexualité qui sera, selon toute vraisemblance, adopté par les Nations unies à New York en octobre prochain. C’est un véritable programme totalitaire qui s’intéresse aux moindres détails, y compris sémantiques, de ce que les jeunes de 5 (oui, cinq !) à 18 ans, devront savoir sur le sexe sans jamais avoir même pensé à le demander. L’affaire fait grand bruit aux Etats-Unis depuis la fin août ; en France, on en a vaguement parlé sur France-Info pour ricaner à propos de la pruderie américaine ; le Salon beige a indiqué l’existence du scandale dès le 1er septembre.

Scandale, oui : derrière un paravent de bonnes intentions affichées tout au long de ce document-projet de 98 pages, officiellement visé par l’UNESCO et l’engageant donc totalement, il s’agit bel et bien de promouvoir l’amoralité absolue, l’indifférentisme culturel, l’idéologie du genre et le libre accès à l’avortement présenté comme un « droit des femmes ».

C’est ce point qu’il faut relever tout d’abord : on sait qu’une guerre sémantique est livrée sans scrupules par des groupes de pression au sein des institutions onusiennes pour faire accepter l’idée que l’avortement est un « droit », et même un « droit de l’homme » au sens des droits protégés par les instruments internationaux. Opposables aux Etats. Opposables aux objecteurs de conscience. Aune à laquelle on jugera le caractère « démocratique » d’un pays. Tous n’étant pas d’accord là-dessus, ces « droits » sont depuis quelques décennies revendiqués de manière indirecte sous la demande de protection et de promotion des « droits reproductifs » ou de la « santé génésique », de manière discrètement avouée par les partisans de l’avortement légal et sous le feu nourri des Etats qui demeurent attachés au respect de la vie qui font tout pour que le « droit à l’avortement » n’acquière pas un statut en droit international

Le document de l’UNESCO, lui, ne prend pas la peine de se cacher. Un rapport régional de l’instance, publié en Thaïlande, avait affirmé dans une certaine clandestinité, en 2003, que l’avortement devait devenir universellement accessible dans des conditions de légalité, de sécurité, d’accessibilité totales. Le rapport achevé fin juin à Paris, où siège l’UNESCO, a au contraire fait l’objet de présentations publiques ; et il ne laisse aucune place ni au doute, ni à la moindre négociation : l’avortement est régulièrement présenté comme faisant partie du chapitre des « droits reproductifs ». Parmi les « objectifs d’apprentissage » à atteindre dans le groupe des 15-18 ans, figure l’argumentaire pour « promouvoir le droit et la possibilité d’accès à l’avortement sûr » (sous-entendu : légal). Les 12-15 ans doivent pour leur part réfléchir sur « la définition de l’avortement, les raisons le justifiant et sa légalité ».

On peut continuer avec le matraquage sur le caractère sûr et sans conséquences néfastes de l’avortement médicalisé ; les 12-15 ans étant invités à apprendre tout sur l’accès à l’avortement sûr et aux soins post-abortifs dans le cadre de l’étude des moyens efficaces pour éviter une grossesse.

Comme cela, au moins, les choses sont claires. Elles démentent l’objectif affiché qui consiste à dire qu’il vaut mieux que les jeunes soient correctement informés, et dans un total respect des valeurs culturelles différentes, à propos de la sexualité et des situations auxquelles ils risquent d’être confrontés, plutôt que d’entendre n’importe quoi de la part de leurs camarades. (Mais on balaie explicitement l’objection des parents qui revendiquent le droit de transmettre eux-mêmes l’information sur l’acte procréateur – c’est la procréation qui est taboue !)

Tout est à lire pour saisir comment les organismes comme l’UNESCO, avec le plein appui du Fonds des Nations unies pour la population et demain, probablement, de l’ONU elle-même, entendent détricoter peu à peu les « réticences » des pays encore attachés à des valeurs traditionnelles et pour court-circuiter le rôle des parents. Pour faire avaler la pilule, le document répète volontiers que chaque pays y puisera ce qu’il voudra, compte tenu notamment de ces divergences culturelles.

Oui, mais… Le luxe de recommandations et de détails contenus dans les 98 pages du projet permet de conclure au caractère totalitaire de l’œuvre. Les auteurs ne demandent-ils pas aux pouvoirs publics de se jeter totalement dans la balance pour imposer un programme d’éducation sexuelle afin que les parents soient bien conscients qu’il est « institutionnel » ? Ne demandent-ils pas de progresser lentement avant d’aborder les sujets les plus « sensibles » (pour ne pas dire scabreux) ? Ne soulignent-ils pas l’importance du jeu de rôle et de la dynamique de groupe dans l’enseignement à dispenser – une technique dont les psychologues connaissent la redoutable efficacité ?

Le message est toujours le même : tout est permis du moment que l’on y trouve personnellement une satisfaction et que l’on soit armé pour éviter la plus terrible conséquence de l’acte amoureux : la naissance d’un enfant, l’apparition d’un petit Cupidon qui scelle le lien entre les deux amants. Tout est permis au nom des « droits » humains, voulus comme fil rouge de leur rapport par les auteurs.
Bien sûr, le lecteur critique achoppera d’abord sur le programme d’« éducation » proposé aux enfants de 5 à 8 ans. On part des valeurs familiales (la « famille » multiple, puisqu’il est explicitement fait mention des couples du même sexe), du devoir de respecter chacun – et spécialement les séropositifs HIV… – du droit de choisir son époux ou son épouse, pour aboutir assez rapidement aux « stéréotypes de genre » (dans le chapitre « La construction sociale du genre »), à la masturbation, aux comportements amoureux des adultes et à leur description physiologique, aux enfants qui doivent être « voulus »…

Après un tel catalogue, on se doute que le curriculum proposé aux autres groupes (les 9-12 ans, les 12-15 ans et les 15-18 ans) sont pareils mais simplement un peu plus explicites à chaque fois, plus outranciers et plus axés sur le droit absolu des jeunes d’être « informés » et d’être médicalement suivis à l’insu de leurs parents.
Il y a d’ailleurs une bien triste progression dans chacun des parcours : on part de la famille et de son importance pour aboutir aux besoins des séropositifs de trouver un véritable soutien, un affectueux secours au sein de leur famille… lorsque leur « bulle » sexuelle aura éclaté, serait-on tenté de dire.

En même temps, par le biais d’un dénigrement plus ou moins ouvertement affirmé, le projet de « directive » de l’UNESCO dénonce l’inefficacité des programmes d’éducation à l’abstinence : puisque l’objectif est de « sauver des vies » et de « sauver des jeunes » des dangers des maladies sexuellement transmissibles et du « risque » de donner le jour à un nouvel être humain, arrivera le jour où ces enseignements fondés sur une loi de la nature humaine pourront bien être interdits

Tout cela vous a-t-il indigné ? Eh bien, dans une mesure certaine, quoique succincte, ces « lignes directrices » sont déjà bien respectées en France, en tout cas dès le niveau des programmes du collège. Mais on peut toujours dégringoler plus bas…

Source : Présent

27 octobre, 2006

Nicaragua : un événement historique

Jeudi, le Parlement du Nicaragua a voté une loi pour repénaliser l’avortement « thérapeutique », qui était autorisé dans ce pays depuis 1891 en cas de « danger de mort pour la mère, malformation foetale, viol et inceste » à condition d’obtenir l’accord de trois médecins et d’un proche de la mère. Par 52 voix pour contre 9 abstentions (29 députés étaient absents au moment du vote), un large panel d’élus, y compris certains sandinistes, ont approuvé le principe de peines allant de 4 à 8 ans d’emprisonnement pour ceux qui participent à un avortement pour n’importe quel motif. Reste à obtenir la signature du président du Nicaragua, Enrique Bolaños, dont le projet de loi a été en cette occasion rejeté : il proposait une peine de 10 à 20 ans pouvant aller jusqu’à 30 ans si l’intervention avait causé la mort de la mère ou des séquelles psychologiques ou physiologiques…

Ce large consensus pour la vie a été obtenu par la mobilisation de la hiérarchie catholique qui a préparé les termes du projet en collaboration avec l’Eglise évangélique, en soulignant le fait que la notion de « danger pour la mère » était dans les faits interprétée largement et permettait la pratique de nombreux avortements « ordinaires ».

La presse mondiale rend compte de cette victoire extraordinaire pour les enfants à naître en insistant sur le refus de sauver les mères « en danger de mort ». Elle prend là une position qui occulte la vérité : on sait bien qu’aujourd’hui les cas sont excessivement rares, voire inexistants, dans les pays tant soi peu développés, où l’avortement puisse être nécessaire pour sauver la vie d’une mère. Et elle passe sous silence le fait que lorsqu’un soin vital pour une femme enceinte entraîne le risque de mort pour l’enfant qu’elle porte, ce soin peut être administré car la mort de l’enfant n’est alors pas directement recherchée. Refuser ce genre de soin relève de l’héroïsme : celui qui fut couronné en la personne de sainte Jeanne Beretta-Molla…

Les Nicaraguayens ne se sont en tout cas point laissé intimider. Il y avait de quoi, pourtant. La communauté internationale a tout fait pour empêcher le vote, allant jusqu’à menacer le pays de voir des subventions supprimées. Depuis lundi, la sous-secrétaire de l’ONU, Rebecca Grynspan, était sur place et faisait part dans la presse locale de sa « préoccupation ». Une lettre adressée mercredi au président du Congrès, Eduardo Gomez, priait les députés de ne rien faire avant les élections début novembre afin que la loi ne soit pas votée dans des conditions « passionnelles » ne permettant pas d’aborder la question de façon « scientifique ». Signé : l’ambassadrice de Suède, Eva Zetterberg, le réprésentant du Programme des Nations unies pour le Développement, Alfredi Missair, l’ambassadrice de Finlande, Inger Hirvela Lopez, l’ambassadrice de l’Union européenne (parce qu’il y a une représentation diplomatique de l’UE comme s’il s’agissait d’un pays souverain !), Francesca Mosca, et quelques autres : comme les représentants de l’OMS, de l’UNICEF, du Fonds de l’ONU pour la population, la FAO…

Ils se fondaient sur les « droits humains de la femme » tels que les affirment selon eux les diverses Déclarations internationales des Droits de l’homme et toutes les conférences onusiennes sur le droit des femmes. Ils ne rappelaient pas que si la loi a été votée, après une marche de dizaines de milliers de personnes début octobre, emmenées par la hiérarchie catholique, c’est parce qu’un projet d’inscription du droit à l’avortement thérapeutique dans la Constitution du Nicaragua venait d’être déposé. En pleine période électorale, bien sûr. Dans ce sens-là, la communauté internationale ne voyait pas qu’il y eût un problème.

L’histoire du retour à la raison du Nicaragua montre que tout est possible. Envers et contre la pression de la culture de mort exercée, hélas, par les pays occidentaux. Grâce à la clarté du discours de l’Eglise, mais aussi au courage des politiques. Un député nicaraguayen, Wilfredo Navarro, disait encore mercredi à la BBC : ceux qui ne voulaient pas de cette loi étaient des « criminels ». « Ce sont des gens qui font la promotion de l’avortement criminel, quelle que soit la façon dont on les appelle. Personne ne peut enlever la vie de quiconque, ni un avocat, ni un juge, ni un médecin, pas même les organisations internationales. Seulement Dieu, et c’est ça notre position. »

Cet article de J.S. est repris de Présent daté du 28 octobre 2006 (www.present.fr)

Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...