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29 août, 2021

Une lettre de gratitude du cardinal Raymond Burke

J’ai grand plaisir à vous communiquer ci-dessous la traduction d’une lettre circulaire du cardinal Burke à tous ceux qui ont prié pour lui à l’occasion de son hospitalisation des suites du COVID-19. Cette traduction a été réalisée à sa demande, par le biais d’un collaborateur. – J.S.

Une lettre de gratitude du cardinal Burke

Loué soit Jésus-Christ !

Dans le Cœur Sacré de Jésus et par le Cœur Immaculé de Marie, j’exprime ma profonde gratitude à Dieu qui m’a permis d’arriver à ce stade de guérison et de rétablissement. Conformément à ce qui a été communiqué précédemment par la direction et par le personnel du Sanctuaire de Notre-Dame de Guadalupe, à qui j’exprime également ma profonde gratitude, je ne suis plus intubé au moyen d’un respirateur médical. J’ai été transféré depuis l’unité de soins intensifs et installé dans une chambre d’hôpital où médecins, infirmières et d’autres membres, nombreux, du personnel hospitalier m’ont fourni sans relâche des soins médicaux excellents et attentifs. J’adresse mes remerciements les plus sincères à ces professionnels dévoués, ainsi qu’aux prêtres qui ont exercé leur ministère sacramentel à mon égard. À ceux qui ont offert d’innombrables chapelets et prières, allumé des cierges et demandé la célébration de la Sainte Messe à mon intention, j’exprime ma sincère gratitude et je demande au Seigneur et à sa Mère de vous bénir tous. Je remercie également mes frères évêques et prêtres qui ont offert la Messe pour moi ou qui ont prié pour moi devant l’autel.

Cette généreuse effusion de grâces m’unit à vous d’une manière particulière, tout comme je suis aussi particulièrement uni à toutes les victimes qui souffrent des effets du virus COVID-19. Du fond du cœur, je vous dis combien je souhaiterais pouvoir répondre à chaque appel téléphonique, à chaque SMS, à chaque courriel.  Cependant, en raison de la rééducation intensive que je vais bientôt entamer, il ne me sera pas possible de le faire autrement que par ces lettres circulaires. Dans votre charité, je sais que vous comprendrez cette situation et que vous accepterez que je doive préserver mon énergie afin de retrouver ma santé et mes forces. Le règlement de l’hôpital limite les visites aux membres de la famille la plus proche. Pendant la longue période de convalescence qui s’annonce, j’ai l’intention de ne fournir que des nouvelles occasionnelles, lorsqu’il y aura quelque chose d’important à partager avec vous.

Le Sanctuaire de Notre-Dame de Guadalupe a accepté de se charger de la tâche nécessaire et cruciale de communiquer directement en mon nom.  Une fois de plus, je vous demande dans votre grande bonté de m’adresser toutes vos communications par le biais du site Internet du Sanctuaire, à GuadalupeShrine.org/MessageCardinalBurke.

Ces derniers temps, je me suis souvenu de la devise que j’ai adoptée lorsque j’ai été élevé à l’épiscopat : « Secundum Cor Tuum » (Selon ton cœur). Toutes les choses ordonnées dans et par la Volonté Divine ont pour origine le Cœur Sacré de Notre Sauveur, dont la motivation fondamentale est son Amour éternel pour son Père et pour les enfants de son Père.  Puisque la Divine Providence a voulu que je reste hospitalisé pour le moment, je réaffirme aujourd’hui cette même conviction épiscopale : la souffrance, unie à la souffrance de Jésus-Christ, est vraiment efficace dans Son Plan Divin pour notre salut lorsqu’elle est acceptée volontiers et de tout cœur.  Saint Paul, sous l’inspiration du Saint-Esprit, nous enseigne le sens de notre souffrance : « Maintenant je me réjouis dans mes souffrances pour vous, et ce qui manque aux souffrances du Christ, je le complète dans ma chair pour son corps, qui est l’Eglise » (Col 1, 24).

Uni à Jésus-Christ, Prêtre et Victime, j’offre toutes mes souffrances pour l’Église et pour le monde. Je demande à Dieu de vous bénir, vous et votre famille, et je confie vos intentions à l’intercession de Notre Dame de Guadalupe et de saint Juan Diego, de saint Michel Archange, de saint Joseph, des saints Pierre et Paul, et de vos saints patrons.

Bien vôtre dans le Cœur sacré de Jésus et le Cœur immaculé de Marie, et dans le Cœur très pur de saint Joseph,


Raymond Leo Cardinal Burke
28 août 2021
Fête de saint Augustin, évêque et docteur de l’Église

© leblogdejeannesmits pour la traduction.

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© leblogdejeannesmits

18 mars, 2018

La lettre falsifiée de Benoît XVI à Vigano sur la théologie de François : les autres manipulations




Donc, la lettre de Benoît XVI à Mgr Dario Edoardo Viganò sur les « onze petits volumes » exposant la théologie et la philosophie du pape François contenait un paragraphe qui a été volontairement occulté par le service de presse du Vatican. Il s’agit même, sous des apparences de remarque « à la marge », du passage le plus dense de la lettre, où le pape émérite pointe la présence parmi les auteurs des fascicules (« volumetti ») d’un théologien clairement hétérodoxe, le Pr Hünermann, qui s’était livré à une « virulente attaque contre l’autorité magistérielle du pape » à l’occasion de la publication de Veritatis Splendor.

Ce paragraphe n’avait pas été lu lorsque la lettre de Benoît XVI avait été présentée à la presse pour marquer son soutien à François à l’occasion du 5e anniversaire de son élection, comme l’avait déjà suggéré l’Associated Press dans son article mettant en cause la « falsification » de la photo de la lettre.

Double falsification : d’une part, le floutage volontaire de deux lignes sur la première page, d’autre part, recouverture de l’ensemble du texte de la seconde page par la pile des « volumetti » artistement disposés pour ne laisser apparaître que la signature de Benoît XVI, « Benedictus ». D’emblée,  l’AP indiquait que le contenu manquant des lignes floutées « altérait significativement le sens des citations que le Vatican a choisi de mettre en exergue ».

Le paragraphe occulté le fait encore davantage.

En voici ma traduction :

« Ce n’est qu’à la marge que je veux faire mention de ma surprise devant le fait que parmi les auteurs figure aussi le Pr Hünermann, qui au cours de mon pontificat s’est illustré en prenant la tête d’initiatives anti-papales. Il participa de manière significative à la publication de la Kölner Erklärung [déclaration de Cologne] qui, relativement à l’encyclique Veritatis splendor, attaqua de manière virulente l’autorité magistérielle du pape, spécialement à propos des questions de théologie morale. En outre l’Europäischen Theologengesellschaft [l’association des théologiens européens] qu’il a fondée fut initialement conçue par lui comme une organisation en opposition au magistère papal. Par la suite, le sens ecclésial de nombreux théologiens a empêché cette orientation, faisant de cette organisation un instrument normal de rencontres entre théologiens. »

La formule de salutation choisie par Benoît XVI mérite elle aussi d’être signalée :

« Je suis sûr que vous comprendrez mon refus et je vous salue cordialement. Vôtre »…

A son propos on notera que le vaticaniste Sandro Magister avait enregistré la lecture publique de la lettre et retranscrit ce qu'il avait entendu, pensant qu'il s'agissait du texte intégral. On s'aperçoit que la salutation a dû être tronquée à la lecture puisqu'il l'a notée ainsi :

« Je suis sûr que vous comprendrez et je vous salue cordialement. »

La tournure est plus familière, moins conforme au style de Ratzinger, et surtout, elle occulte le complément d'objet direct essentiel à la compréhension du sens : le « refus ».

Le Vatican a été contraint de publier ce texte intégral sous la pression de médias mettant en cause la déontologie de la Salle de Presse. Il le fait en se justifiant, comme on pourra le lire sur la page francophone de Vatican News.

Mais le cœur de l’affaire est bien celui-ci : le pape émérite a refusé une sollicitation de Mgr Dario Edoardo Viganò lui demandant d’écrire un texte de commentaire théologique (favorable, évidemment) sur les « onze petits volumes » résumant la philosophie et la théologie du pape François. Et il l’a fait de manière précise en circonstanciée. D’une part en affirmant qu’il n’avait nullement l’intention de lire les « onze petits volumes », ayant autre chose à faire, d’autre part en mettant gravement en cause l’un des auteurs de la série.

Le fait de l’avoir occulté montre qu’il s’est agi d’une opération de « com » de la part des responsables de ce caviardage.

On a glosé sur la bizarrerie de la phrase mise en exergue : « J’applaudis à cette initiative visant à s’opposer et réagir contre le préjugé stupide en vertu duquel le pape François ne serait qu’un homme pratique dénué de toute formation théologique ou philosophique tandis que je ne serais moi-même qu’un théoricien de la théologie qui n’aurait pas compris grand-chose de la vie concrète d’un chrétien d’aujourd’hui. »

Sans prétendre avoir certainement raison, il me semble tout de même qu’on peut lire les choses ainsi.
Le 12 janvier, Viganò envoie les livres au pape François en lui demandant d’écrire une « brève note théologique » à leur sujet.

Le 7 février, le pape émérite répond en reprenant les termes ou au moins certains de la lettre de Viganò, saluant « l’initiative visant à s’opposer et à réagir contre le préjugé stupide… »

Même chose pour le paragraphe suivant :

« Ces petits volumes montrent, à juste titre, que le Pape François est un homme doté d’une profonde formation philosophique et théologique et ils aident en cela à voir la continuité intérieure entre les deux pontificats, nonobstant toutes les différences de style et de tempérament », où peut-être certains termes ont été repris de la lettre de Mgr Viganò.

Puis Benoît XVI expose sa pensée et ses raisons personnelles d’opposer un « refus » circonstancié à la demande de rédaction d’une « brève et dense page théologique à leur sujet ».

Voici ce paragraphe dans son intégralité, tiré comme les précédents de la traduction de diakonos.be après publication du texte par Sandro Magister  (mais non du texte intégral, comme nous devions l’apprendre par la suite grâce à lui  : « Toute ma vie, il a toujours été clair que je n’écrirais et que je ne m’exprimerais jamais que sur les livres que j’aurais vraiment lus. Malheureusement, notamment pour des raisons physiques, je ne suis pas en mesure de lire les onze petits volumes dans un avenir proche, d’autant plus que d’autres engagements que j’ai déjà acceptés m’attendent. »

La Salle de presse attend alors le soir du 12 mars pour rendre publics des passages soigneusement choisis dans une lettre dont Magister a fait remarquer qu’elle sortait d’une enveloppe portant l’inscription : « Personnelle – Réservée ».

Je ne vois pas comment on peut justifier le procédé.


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12 novembre, 2015

Des nouvelles de « Laura », la jeune Belge en bonne santé physique qui avait obtenu le droit à l’euthanasie : un reportage vidéo sur Emily

La jeune Belge, dite « Laura », qui avait obtenu au printemps l’autorisation de se faire euthanasier en raison de « souffrances psychiatriques intolérables », a fait l’objet d’un documentaire poignant tourné par The Economist pendant les mois et les jours qui ont précédé le jour fixé pour son injection létale. Elle s’appelle en réalité Emily, c’est une Flamande de la ville de Bruges. A 24 ans, en excellente santé physique, elle avait derrière elle une vie de désespérance, de dépression profonde et de fréquents épisodes d’automutilation. Le documentaire sur sa marche vers l’euthanasie a été mis en ligne le 10 novembre. Arrêtez votre lecture ici si vous voulez voir son histoire plutôt que je ne vous la raconte…
En fait, l’histoire se termine bien. Emily, à la dernière minute, a choisi de vivre.
C’est une bonne nouvelle. C’est une jeune vie sauvée. On peut espérer que la jeune femme va pouvoir vivre une nouvelle vie, sans ce mal qui la rongeait. Mais le documentaire de The Economist est avant tout un plaidoyer pour le droit à l’euthanasie, qui présente complaisamment la demande de fin de vie de la jeune femme. A travers la compassion suscitée, l’idée est de faire accepter que l’option de l’euthanasie, du simple fait qu’elle existe, donne le courage de continuer. Tant qu’Emily « Laura » a pensé qu’il n’y avait pas d’issue, elle a désiré la mort plus que tout. Une fois la mort à portée de mains, elle a retrouvé une certaine paix de l’esprit.
Il y a dans ce récit une contre-vérité. Pourquoi Emily a-t-elle obtenu d’une équipe de trois médecins l’autorisation d’être euthanasiée, si ce n’est au motif du caractère totalement incurable et insupportable de son affection psychiatrique ? C’est parce qu’il n’y avait pas d’espoir de guérison, ni même d’amélioration, de l’avis des spécialistes, que ceux-ci ont donné le feu vert.
En définitive, c’est l’approche de la mort qui a déclenché quelque chose dans son esprit. Elle a trouvé des raisons de vivre puisqu’elle est encore là. Si ces choses ont un sens, elles montrent bien que le désespoir de la jeune femme n’était pas si profondément enraciné qu’il ne puisse céder devant telle ou telle forme d’aide ou de soutien. Emily avait des ressources dans son propre esprit, et au cours de ses dernières semaines avant la date prévue de l’euthanasie, cet été, elle a bénéficié de l’écoute et du soutien de sa mère, de ses amies, qu’on voit dans le documentaire tour à tour résignées et atterrées devant sa décision.
Ainsi donc, la maladie d’Emily n’était pas totalement incurable, hors d’espoir.
On peut arguer que les médecins qui la traitent depuis des années ont failli, non pas parce qu’il n’y avait objectivement pas de solution, mais parce qu’ils n’ont pas trouvé de moyen de lui rendre un peu d’espoir. Au cours du documentaire Emily montre au journaliste un tiroir plein d’antidépresseurs et autres médicaments qui n’arrivaient pas à juguler sa haine d’elle-même et ses crises d’automutilation, en encore moins à la guérir. Sans aucun doute les médicaments aident-ils à rendre l’équilibre aux personnes souffrant de maladies de l’esprit, mais il est clair qu’ils ne parvenaient pas à leur fin dans le cas de la jeune femme.
Le film commence par des images qu’Emily avait tournées d’elle-même il y a quelques années pour y exprimer pour la première fois aux yeux du monde son désir de mort, tapie dans un coin, les bras lacérés. Elle se souvient : dès l’âge de trois ans, elle aurait préféré « ne pas être là » et son désir de se tuer s’est manifesté quand elle avait six ans.
Le film ne dit pas que ses parents se sont séparés très tôt : la vie commune avait été rendue impossible par la violence et l’alcoolisme de son père. Emily a passé la plus grande partie de son enfance avec ses grands-parents maternels, qui l’ont entourée de leur affection. Mais il y avait cette faille, dont Emily se persuade aujourd’hui qu’elle n’a eu aucun rôle majeur dans son désir d’autodestruction.
Le fait est que ses séances d’automutilation ont commencé tôt et que personne n’a su en comprendre la gravité. Après le lycée – le documentaire n’en parle pas non plus – elle a choisi de faire du théâtre, elle a emménagé avec une amie avec qui elle vivait une « passion amoureuse très agréable » comme elle l’a raconté au printemps, avant que sa propre dépression ne conduise à leur séparation.
C’est alors qu’un psychiatre l’a convaincue de se faire interner – chose que le film ne dit pas non plus – dans une institution psychiatrique où elle a fait la connaissance d’une autre femme, Sarah, qui était en train d’organiser sa propre euthanasie. Elles parlaient souvent de la mort et Emily, forcément fragile, a eu l’idée de suivre son exemple. Dans le documentaire, elle qu’elle se serait donné la mort, « mais c’eût été une mort affreuse, douloureuse, dans l’isolement ». « Sans l’option de l’euthanasie, je me serais suicidée », dit-elle. Vraiment ?
Cependant, ses crises terribles se succédaient, faisant d’Emily « Laura » une patiente si violente et agressive qu’on la renvoyait chez elle de temps en temps pour que le personnel de la clinique psychiatrique puisse souffler. Elle raconte dans le film comment elle avait l’impression d’abriter un « monstre maléfique » dans sa cage thoracique : au pire de ses crises, elle se scarifiait en imaginant qu’il pouvait alors sortir, s’éloigner, mais la douleur pouvait revenir dans les cinq minutes. Elle se coupait et se frappait la tête contre les murs, sans trouver la paix.
Le film montre les trois médecins qui ont autorisé l’euthanasie d’Emily, et qui l’ont suivie pendant plusieurs mois. Parmi eux, Lieve Thienpont, psychiatre spécialisée dans l’évaluation des demandes d’euthanasie. Elle a écrit un livre sur le sujet, Libera me, et pour elle on est en plain dans la question de la « mort dans la dignité » : elle conçoit l’euthanasie comme une solution possible. On peut sans risque d’être injuste dire qu’elle est partisane de l’euthanasie.
Elle paraît plusieurs fois dans le documentaire pour commenter sur le cas d’Emily. On la voit même avec les deux autres médecins au moment où ils expliquent à la jeune femme comment se passera concrètement l’euthanasie, en soulignant qu’elle pourra refuser jusqu’à la dernière seconde, au dernier instant, sans craindre que sa « crédibilité » n’en prenne un coup.
Lieve Thienpont explique au cours d’un entretien filmé que les souffrances d’Emily sont si graves qu’elles sont « incompatibles avec la vie » et en tout cas avec une « qualité suffisante de vie » qui lui permettrait de continuer.
Après des échanges avec la mère, les amies de la jeune femme, le journaliste se rend dans l’appartement d’Emily, apparemment le jour de l’euthanasie, programmée pour 17 heures. C’est à la fin, à l’arrivée du médecin, qu’elle dit ne pas vouloir de l’injection létale. « Très rationnellement, j’ai dit : “Je ne peux pas le faire.” Car les deux dernières semaines qui ont précédé ce fameux jeudi où cela aurait dû se faire ont été relativement supportables. Il n’y a pas eu de crises. Et je ne comprenais pas bien pourquoi il en était ainsi. Est-ce parce que la sérénité de la mort était si proche ? Parce que nous nous disions adieu et que je me sentais bien à cause de cela ? Ou bien quelque chose a-t-il changé ? »
En attendant, l’histoire d’Emily est bel et bien utilisée pour promouvoir l’euthanasie, en tant qu’option possible pour tous ceux qui le désirent, voire comme une solution qui au bout du compte, pourrait aider certains à continuer de vivre. Mais aujourd’hui en Belgique, même si nombre de tels cas sont connus, certains meurent des mains des médecins alors même qu’ils sont en bonne santé physique, comme Emily.
Quel rôle a joué le passé d’Emily dans sa dramatique histoire ? Le film n’en parle pas. Il se contente de noter qu’elle n’est pas croyante, qu’elle n’a aucune idée de l’existence ou non d’une vie après la vie.
On ne peut s’empêcher de poser la question : n’avait-elle pas avant tout besoin d’un soutien spirituel et  physique ? Son traitement psychiatrique était-il adapté ? A l’heure où tant de jeunes ont des problèmes d’identité, induits notamment par des méthodes pédagogiques qui déstructurent la pensée – à preuve, tous ces jeunes qui ne comprennent pas la différence entre sujet et objet, qui ne savent pas qui est « je » – le cas d’Emily devrait être un appel à une véritable prise de conscience, au lieu d’être utilisé par le lobby de l’euthanasie.


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05 août, 2015

Les nouvelles directives sur la fin de vie au Royaume-Uni vont multiplier les morts accélérées

Les protocoles de fin de vie destinées à remplacer le très controversé « Liverpool Care Pathway » au Royaume-Uni, interdit à la suite d’une enquête parlementaire, sont encore plus dangereux et pourraient accélérer la mort de nombreux patients, a averti le Pr Patrick Pullicino, professeur de neuroscience clinique à l’université de Kent. Les nouvelles directives portent sur l’identification du moment où la mort est imminente et où l’on peut mettre en place l’arrêt de la nourriture et de l’hydratation associé à une sédation profonde.
Selon le Pr Pullicino, qui avait été l’un des premiers à alerter l’opinion sur les dangers des pratiques de la National Health Service (NHS), estime que les nouvelles directives du Service national de la santé britannique sont un encouragement à guetter les signes, incertains, d’une mort imminente, et à prendre des mesures qui auraient pour effet d’accélérer la mort de patients encore plus nombreux que dans le cadre du « Liverpool Care Pathway ».
Ce sont les témoignages à propos de patients privés d’eau et tentant désespérément de se désaltérer en suçant des éponges qui ont provoqué la désapprobation officielle de ce protocole l’en dernier. La semaine dernière, l’Institut national d’excellence de la santé et des soins (NICE) a publié des directives sur les soins en fin de vie à l’intention du personnel des hôpitaux.
Les soignants sont invités à identifier des « signes » et des « changements » tels l’agitation ou la fatigue, laissant penser que le patient arrive en fin de vie, et permettant la mise en place d’un protocole individualisé qui peut comprendre le retrait de l’hydratation. Ces signes, avertit  le Pr Pullicino, ne constituent pas des indices fiables permettant de prédire la mort imminente, et il ne faudrait pas prendre des décisions de cette importance parce que le patient va moins bien.
« Le diagnostic de la mort imminente était le problème principal du “Liverpool Care Pathway” et sous ce rapport le document NICE n’est pas mieux. Il comprend une liste d’éléments digne d’un livre de cuisine – ils peuvent bien suggérer que la mort soit proche mais ils sont totalement inaptes à permettre un diagnostic et ne sont pas basés sur des indices fiables. Nous sommes de nouveau dans le régime du LCP pour ce qui est du risque d’exposer des patients qui ne sont pas mourants à des traitements inappropriés et potentiellement mortels », a-t-il déclaré dans une tribune publiée par The Daily Telegraph.
Le protocole de Liverpool avait été mis hors-la-loi à la suite du rapport de la baronne Neuberger, qui avait conclu que « les patients doivent recevoir le soutien de l’hydratation et l’alimentation tant qu’il n’existe pas une forte raison pour les en priver ». Les nouvelles directives précisent que les patients mourants capables de boire doivent recevoir de l’eau s’ils la recherchent. Mais elles ajoutent qu’il faut leur dire que « la survenue de la mort aura peu de chances d’être hâtée par le fait de ne pas recevoir une hydratation cliniquement assistée », comme un goutte-à-goutte.
Cela « est totalement faux », s’insurge le Pr Pullicino : l’absence d’hydratation tue quiconque ne peut boire par ses propres moyens. Les directives NICE sont un « désastre en termes de désinformation, de distorsion et d’ambiguïté ».
Lui-même a eu le cas d’un patient qui a survécu 14 mois après avoir été libéré du protocole de Liverpool : pour Pullicino, les patients doivent recevoir une hydratation et une alimentation adéquates quel que soit leur pronostic.
« La déshydratation constituait le mécanisme central des morts dans le cadre du protocole de Liverpool. Et bien que ce dernier ait été abandonné, je suis encore fréquemment témoin de cas de déshydratation sévère chez des patients âgés dans les hôpitaux. Tant que la norme – surveillée par la Commission de qualité des soins – n’obligera pas les hôpitaux à fournir aux patients une alimentation et une hydratation conforme à leurs besoins physiologiques, à tout moment et indépendamment de leur pronostic, les soins de fin de vie demeureront létaux », affirme-t-il.
Les nouvelles directives sont actuellement en phase de consultations publiques au Royaume-Uni : les déclarations du Pr Pullicino visent donc à peser sur l’opinion et à alerter aussi bien le public que les soignants. Il n’hésite pas à dire que l’un des aspects les plus dangereux des directives NICE est de permettre aux infirmiers à faire des « prescriptions anticipées » qui les autorise à donner aux patients des sédatifs et des antalgiques sans intervention du médecin : cette pratique propre également au protocole de Liverpool a accéléré de nombreux décès, selon le neurologue.
Il assure qu’encore aujourd’hui des hôpitaux adoptent les pratiques théoriquement interdites et fait état des témoignages de personnes qui n’ont pas réussi à obtenir des « soins actifs » pour leurs proches au motif que ceux-ci avaient été jugés proches de la mort par les soignants.
Chassez l’« euthanasie lente » par la porte, elle revient par la fenêtre, en somme. C’est dès 2007 que j’écrivais ici à quel point cette euthanasie par omission était en train de s’imposer, dans une fausse opposition à l’euthanasie par piqûre létale, en jouant sur l’ambiguïté de certaines formes de sédation qui peuvent être parfaitement justifiées lorsqu’un patient est véritablement à l’agonie mais qui provoquent la mort – lentement mais sûrement – lorsqu’il ne l’est pas.

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...