07 mai, 2008

L'évolution de la famille en Europe : l'IPFE publie son rapport

L'Institut de Politique familiale vient de publier son rapport 2008 sur l'évolution démographique et l'état des familles en Europe, destiné à être présenté devant le Parlement européen. Signé par Lola Velarde, présidente du Réseau européen dudit Institut, il observe principalement une lente croissance de la population de l'UE, tirée principalement par la France, le Royaume-Uni, et l'Espagne... au prix d'une forte immigration plutôt que d'un introuvable dynamisme démographique. Les nouveaux arrivants de l'Est sont en général, eux, carrément en décroissance.

« 84% de la croissance démographique de l’ UE des 27 sur la période 2000-2007 est due a l’immigration… », note le rapport : cette croissance aura été au total de 14,2 millions de personnes.

Sur les 27 millions d'immigrés officiellement comptabilisés de 1996 à 2006 dans l'ensemble de l'Union, l'Allemagne et l'Espagne ont accueilli la plus forte proportion : 7,2 millions et 4,6 millions de personnes respectivement.

Le rapport affirme que seules la France et les Pays-Bas ont une croissance naturelle supérieure à leur immigration, sans donner de précisions sur le nombre de naissances comptabilisés au sein de couples d'origine étrangère.

Très parlants, de nombreux schémas et pyramides (ou plutôt « losanges ») démographiques précisent le vieillissement de la population européenne, ainsi que la diminiution en chiffres absolus du nombre des naissance : - 1 million par rapport à 1980...

Le rapport crédite la France d'un taux de fécondité de 2, ce qui est un peu trop généreux. Mais rappelle très opportunément que si le taux moyen en Europe et de 1,56 enfant par femme, les attentes des Européens seraient d'avoir 2,3 enfants par femme, alors même que l'âge de la première naissance ne cesse de reculer pour atteindre en moyenne 30 ans.

S'il manque 1 million de naissances en Europe par rapport à 1980, on y compte selon IPF 1 167 775 avortements en 2006 (« première cause de mortalité »), la France étant en tête avec 206 311 avortements officiellement recensés. (On sait que le chiffre réel en France est plus élevé de l'avis même des statisticiens officiels.)
Et « c’est en Espagne que le nombre d’avortements a le plus augmenté » : +99% ces dix dernières années.

Suivent les statistiques du mariage, en chute vertigineuse : désormais, près d'un enfant européen sur 3 naît hors mariage tandis que les divorces ont augmenté de 55 %depuis 1980 : 10,1 millions de mariages rompus en dix ans. Deux sur trois au Luxembourg, Belgique, en Espagne : est-ce là que la rupture est légalement la plus facile ?

Familles et foyers sont réduits à la portion congrue : leur taille moyenne est de 2,4 personnes et 1 foyer sur 4 ne compte qu'une seule personne : cela fait 54 millions de personnes seules.

A découvrir aussi : une évaluation succincte mais très parlante des politiques familiales, où l'on retiendra (avant d'aller voir de plus près) que « chaque fois que l’Europe consacre 13 euros aux dépenses sociales, seulement 1 euro est destiné à la Famille… ». La France n'est pas en tête, malgré le mythe de la supériorité de la politique française en ce domaine. Par personne et par an, elle représente 691 euros en France, contre 2.393 au Luxembourg, 1.454 au Danemark, 865 en Allemagne... Beaucuop de statistiques à comparer permettent d'évaluer le niveau des allocations familiales, pays par pays, et de constater le rapport direct entre aide aux familles et nombre d'enfants.

Je vous invite à découvrir tout cela, ainsi que les conclusions en forme de propositions, ici.

Faciliter l'avortement en Angleterre

Le gouvernement britannique doit lancer une consultation afin de déterminer s'il faut faciliter l'avortement légal en Angleterre en permettant qu'il soit pratiqué en dehors du cadre hospitalier. Il s'agit de donner suite aux conclusions d'une étude pilote selon lesquelles l'avortement chimique peut être proposé de manière sûre dans les centres de santé locaux par des infirmières pendant les neuf premières semaines de grossesse.

Dawn Primarolo, ministre britannique de la santé, entend ainsi rendre moins pénible l'accès à l'« IVG » : « Notre premier souci est de réduire le délai pour les femmes en attente d'avortemet à un moment qui est déjà très difficile pour elles. »

A l'heure actuelle les deux tiers des avortements en Angleterre ont lieu avant dix semaines (contre 50 % en 2002), et une initiative parlementaire est en cours pour réduire le délai légal de 24 à 20 semaines. Le projet de loi de Nadine Dorries, évoqué par Le Salon beige, vise à réduire le nombre d'avortements, même si ce député est n'est pas du tout hostile au principe de la légalité (voir ici).

Les discussions en cours au Parlement pourraient donc, paradoxalement, aboutir à la fois à une restriction aux avortements tardifs qui choquent le plus la sensibilité, tout en fournissant l'occasion d'une nouvelle libéralisation. Car si l'avortement par simple absorption de « médicaments » devient de plus en plus facilement accessible, sa fréquence risque d'augmenter et aussi bien l'absence d'intervention chirurgicale et le recours précoce à la « terminaison », comme disent les Anglais, contribueront du même coup à anesthésier un peu plus les consciences.

Si bien que certains mouvements pro-vie anglais avaient d'emblée fait connaître leurs réserves face au projet de Nadine Dorries, même si, objectivement, il s'agissait de limiter le recours à l'avortement.

Source : ici.

La messe traditionnelle doit être accessible à tous, dit le cardinal Castrillon Hoyos

Le cardinal Dario Castrillon Hoyos, président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, a donné une interview d'introduction au DVD d'instruction sur la célébration de la messe selon la « forme extraordinaire » du rite romain qui vient d'être édité par la Fraternité Saint-Pierre aux Etats-Unis. Cette interview donne un éclairage... extraordinaire sur le but poursuivi par le Pape à travers le Motu proprio Summorum pontificum. En l'absence, pour le moment, de toute traduction officielle des propos du cardinal vers le français, je vous propose ici la mienne.

Je tiens à préciser qu'il s'agit d'une initiative personnelle et que je me suis référée à la traduction anglaise des propos tenus en italien, seule audible sur la vidéo mise en ligne sur le site de commande du DVD, ici. Dans cette mesure, et par respect des droits de la Fraternité Saint-Pierre je vous prie, si vous souhaitez répercuter cette information, de renvoyer sur ce blog afin que ces précisions soient bien explicites.

Mère Angelica, que le cardinal évoque vers la fin de son allocution, est la fondatrice de la chaîne de télévision catholique américaine EWTN, qui a participé à l'édition du DVD.

« De nombreuses voix dans l’Eglise se sont élevées pour poser cette question : “Qu’est-ce que le Motu proprio Summorum pontificum, que veut le Pape, en promulguant de son propre mouvement, spontanément, cette loi universelle qu’est le Motu proprio Summorum pontificum ?”

« L’Eglise, depuis plus de mille ans, a célébré le rite que l’on en est venu à appeler la “messe de Saint Pie V”. Ce rite a soutenu l’unité à la Foi et est devenu l’expression unique à travers laquelle l’Eglise adore Dieu, rendant présent sur l’autel de manière non sanglante le Sacrifice de la Croix. La foi catholique nous enseigne que la sainte Messe est le Sacrifice de la Croix. Le rite ancien maintient un silence sacré, la contemplation ; bien plus, dans le même temps, il rend présent le Seigneur Jésus-Christ, dans une expression d’une riche beauté liturgique, comme le vainqueur de la mort et du péché.

« C’est pourquoi le Saint-Père propose, non pas de façon obligatoire, mais propose tout de même à l’Eglise tout entière ce trésor du rite plus ancien à travers lequel l’Eglise peut être sanctifiée. Et toute cette richesse liturgique, toute cette richesse spirituelle, et toutes ces prières si bien conservées à travers les siècles, tout cela est offert par la Rome d’aujourd’hui à tous, comme un don pour tous.

« Ce n’est pas un don qui s’adresserait à ceux-là seuls qu’on appelle les “traditionalistes” : non, c’est un don pour toute l’Eglise catholique. Et ce don, librement offert, le Saint-Père le fait au moyen de cette merveilleuse structure de l’Eglise, que constituent les paroisses, les prêtres et les chapelains dans les chapelles où l’on célèbre l’Eucharistie. Par la volonté du Vicaire du Christ, ils doivent accepter les pétitions et les demandes des fidèles qui désirent cette Messe, et ils doivent la leur offrir.

« Et même lorsqu’il n’y a pas de demande spécifique, ni de requête, ils devraient la rendre accessible, afin que chacun puisse avoir accès à ce trésor de la liturgie ancienne de l’Eglise. Là est l’objectif primordial du Motu proprio : une richesse spirituelle et théologique. Le Saint-Père veut que cette forme de la Messe devienne normale dans les paroisses afin que, de cette manière, des communautés jeunes puissent aussi se familiariser avec ce rite.

« Je suis très content de voir ce DVD didactique, qui a été créé pour l’instruction des prêtres, et non seulement des prêtres mais aussi des fidèles qui depuis si longtemps n’ont connu que le nouveau rite, afin qu’ils se familiarisent avec cette forme du rite romain. Cette vidéo a été créée pour préparer des prêtres afin qu’ils puissent célébrer ce rite de manière digne et sainte, avec piété, avec amour, d’une façon qui corresponde à ses exigences particulières.

« C’est pourquoi cette initiative est la bienvenue. Et moi, en tant que président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, à Rome, avec les cardinaux qui en sont membres, nos conseillers et avec le personnel qui travaille sur ces programmes, je remercie Mère Angelica, et tous ceux qui ont participé à ce projet, des efforts consentis pour aider les prêtres à offrir plus dignement à tous les membres de l’Eglise catholique ce trésor du rite plus ancien. Merci. »


D'après le cardinal Dario Castrillon Hoyos

04 mai, 2008

“Dignité animale” en Suisse

Le Conseil fédéral helvétique a enériné, fin avril, une ordonnance qui précise de façon assez drastique les conditions de détention d'un animal de compagnie ou de rapport, au nom des droits des animaux.

Il ne sera désormais plus question d'acheter un seul cochon d'Inde (il a droit à la compagnie d'un congénère !) ni une seule perruche (pour la même raison). Les aquariums ne pourront plus être transparents sur les quatre côtés (que dire des bols en verre ronds, instruments de torture des temps modernes ?) et devront bénéficier de l'alternance de la lumière du jour et de la nuit. Et gare aux ête humains qui feraient disparaître leur poisson rouge dans les toilettes !

L'achat d'un chien ou la pratique de la pêche à la ligne seront accompagnés de cours obligatoires, avant et pendant. Il s'agit de mieux connaître les besoins et les désirs de nos amis à quatre pattes, ou encore d'éviter aux poissons de souffrir pendant la capture.

Pour les fermiers, interdiction dès l'entrée en vigueur de l'ordonnance d'attacher chevaux, moutons ou chèvres par un licou (à Dieu, Monsieur Seguin), tandis que le fait de garder cochons ou vaches sur des sols durs sera assimilable à une maltraitance.

On sera rassuré (ou non...) d'apprendre que la ministre suisse de l'Economie a fait savoir qu'elle ne s'attendait pas à ce que son pays se transforme en société de surveillance. « Nous ne voulons pas d'un Etat qui surveille ses citoyens. Nous n'allons pas envoyer la police pour vérifier au sein des foyers que le chat va bien et qu'il a de la compagnie au sein de la maisonnée. » Il n'empêche que chaque canton va devoir créer un service spécialisé de protection animale.

Rappelons que la Suisse autorise le suicide assisté pour les êtres humains. Avec un sac plastique sur la tête s'il le faut...

Sources : ici, ici et ici

 
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