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03 octobre, 2011

La taille des foyers ne cesse de diminuer en Espagne

Une étude de l'Institut de politique familiale (Instituto de politica familiar) vient de révéler que la taille moyenne des foyers a fortement baissé en Espagne pour atteindre péniblement, en moyenne, 2,3 personnes, avec comme corollaire l'explosion du nombre de foyers ; on passe de 11,5 millions de foyers en 1991 à 17,1 millions en 2010, une augmentation de près de 50 %.

Aucune région autonome n'atteint d'ailleurs les 3 individus par foyer et seules quelques-unes dépassent les 2,5.

Rappelons qu'une famille nucléaire compte déjà 3 personnes ; un père, une mère, et un enfant. Mais il est vrai que ce concept-là de la famille est largement dépassé en Espagne où l'adoption homosexuelle est autorisée et où le divorce facile provoque une forte proportion de séparations au sein des ménages.

C'est une tendance lourde qui est mise en évidence par l'IPF dont l'étude prévoit que les foyers espagnols compteront à peine 2 membres en moyenne à l'horizon 2025…

L'IPF cite comme cause de cette situation la baisse de la natalité espagnole, le prix de plus en plus élevé des terrains et la construction de maisons plus petites, « un problème pour les familles qui veulent plusieurs enfants », et note l'augmentation des foyers d'une personne dont le nombre a progressé de deux millions.

Il faudrait sans doute y ajouter le vieillissement de la population et donc le veuvage qui doit aussi peser sur cette dernière statistique.

Et c'est bon pour la planète, ça ? On pourrait au moins au nom de l'écologie combattre cette démultiplication de foyers et favoriser la stabilité familiale, les petits foyers étant bien plus gourmands en énergie que les grands où plusieurs personnes cohabitent…

© leblogdejeannesmits

13 janvier, 2011

Le divorce augmente en Espagne

L'Institut de politique familiale en Espagne vient d'établir la projection du chiffre des ruptures familiales dans ce pays en 2010 : quelque 128.000, dont la majorité seront dues à des divorces en bonne et due forme. Cela correspond, assure Mariano Martinez-Aedo, porte-parole de l'association pro-famille, à la tendance alarmante observée pendant les 9 premiers mois de l'année au cours desquelles le nombre de ruptures a atteint 93.000 cas, comprenant divorces, séparations (5.813) et déclarations de nullité (120). Soit une hausse de 3,2 % par rapport à la même période en 2009.

A rapprocher du nombre de mariages qui est en chute libre : moins de 180.000 en 2009.

Si le nombre de ruptures augmente, explique l'IPF, citée par ACIPrensa, c'est en raison de l'augmentation vertigineuse du nombre de divorces qui représentaient 36,5 % du total en 2002, contre plus de 90 % en 2010, une proportion qui croît toujours. Il faut dire que depuis 2005 la loi du « Divorce-express » permet aux couples de divorcer en Espagne pour 400 euros et en moins de 24 heures. Mariano Martinez-Aedo souligne que même la crise et la baisse du nombre des mariages n'ont réussi à inverser la tendance : en clair, on se marie de moins en moins, et les mariages éclatent de plus en plus : trois fois plus qu'il y a 8 ans.

On ne peut pas dire que cela incite à faire l'effort de rester ensemble : c'est plutôt la séparation à la première difficulté qui est encouragée par la loi. L'IPF demande son abrogation immédiate ainsi que la mise en place d'une politique de médiation et de prévention en cas de conflits conjugaux.

C'est en effet le tissu d'une société qui se trouve ainsi détruit à grande échelle.

Les chiffres ne disent rien sur le nombre d'enfants qui sont directement frappés par ces ruptures.

Quant au nouveau registre des unions de fait qui a ouvert ses portes à Madrid, il reconnaît déjà un certain succès avec 3.181 couples inscrits en 2010 (il suffit d'avoir cohabité pendant 12 mois) ; à rapprocher des 307 demandes de désinscription enregistrées en cette même année. Sur le total, 163 étaient des couples homosexuels. Dans ses règles et dans ses avantages – tout comme dans sa rupture facile – ce « sous-mariage » ressemble au pacs français.

© leblogdejeannesmits.

22 juillet, 2010

Statistiques du divorce dans l'Union européenne

L'Institut de politique familiale se penche sur les familles brisées


Le dernier rapport en date de l'Institut de politique familiale, rendu public aujourd'hui, révèle les chiffres tragiques du divorce dans les 27 pays de l'UE en 2008 : 1.007.706 ménages ont été brisés cette année-là, dont près de 800.000 dans l'Europe « à quinze », et un peu plus de 200.000 dans les 12 pays qui l'ont rejointe plus récemment.

Sur la période 1998-2008, 10,5 millions de divorces ont eu lieu dans les 27 pays de l'Union, dont 8,3 millions (quelque 80 %) dans l'Europe « à quinze ».

Ces ruptures ont touché plus de 14,5 millions d'enfants.

Mais cette stabilité n'est qu'apparente : la nuptialité a connu en Europe une chute vertigineuse. En 2008, relève l'IPFE, il y a eu 725.000 mariages de moins dans l'Europe à 27 qu'en 1980, soit 23,4 % de moins, passante de quelque 3,1 millions à 2,37 millions. Et ce malgré une hausse la population qui a gagné 4é,6 millions de personnes entre 1980 et 2008.

725.000 mariages en moins... mais 334.000 ruptures de plus en 2008 qu'en 1980 : cette année-là, on comptait 672.000 divorces contre plus d'un million maintenant.

On approche maintenant dans l'Europe à 27 de la proportion d'un divorce pour deux mariages chaque année (1 million de divorces pour 2,3 millions de mariages) contre un divorce pour 4,6 mariages en 1980.

En d'autres termes, la différence entre mariages et divorces décroît :

— en 1980, on comptait 3.094.093 mariages et 672.917 divorces (- 2.421.716) ;
— en 2008, on passe à 2.368.951 mariages et 1.007.706 (- 1.361.245).

Le nombre des divorces annuels est passé de 880.690 en 1998 à 1.007.706 en 2008, mais il est resté stable dans les 12 nouveaux pays de l'UE et doit l'essentiel de son augmentation à l'Espagne qui à elle seule représente 69 % de cette croissance dans l'Europe à 15.

Vu ces chiffres, les statistiques totales de la composition de la population européenne peuvent surprendre : en 2008, 42,3 % des personnes sont célibataires, 44,3 % sont mariées, 7 % sont veufs ou veuves, et « seulement 6,4 % sont divorcées. Mais cette proportion s'accroît rapidement en points de pourcentage : en 1993, 3,4 % de la population était divorcée, autrement dit elle a quasi doublée en moins de quinze ans, alors même que les couples stables et fidèles des décennies antérieures continuent d'être comptabilisés. On suppose (mais ce n'est pas précisé) que les remariés sont comptabilisés parmi les personnes mariées, ce qui brouille un peu les chiffres.

Quasiment partout, la nuptialité a fortement baissé (seules exceptions : la Suède et le Danemark), spécialement dans des pays de l'Est comme la Bulgarie, la Slovénie et l'Estonie où la chute du nombre de mariages entre 1983 et 2008 a atteint les alentours de 50 %. En France, la baisse aura été de 22 % ; au Portugal, de 48 %.

Dans 8 pays sur 10 dans l'UE à 27, le nombre des divorces est en augmentation depuis 1980, plus ou moins forte selon les pays : en France, de près de 60 % ; en Italie, de près de 320 % ; au Portugal, de plus de 354 %, et en Espagne, de 1.060 % !

Autrement dit, il y a eu en Espagne 73.964 divorces de plus en 2008 qu'en 1980 ; en Italie, 17.477 de plus ; en France, 10.495 de plus. Les différences de proportion s'expliquent (le rapport ne le dit pas) par le fait que certains pays partent de bien plus loin, et ont « bénéficié » de lois de plus en plus laxistes sur le divorce ces dernières années.

Des chiffres plus parlants ? Actuellement, en Belgique, en Espagne et en Hongrie on compte deux divorces pour trois mariages ; en France, 1 divorce pour deux mariages. Et dans 3 pays sur 4 de l'UE, ce taux dépasse la moyenne pour l'ensemble de l'Europe : font exception l'Irlande : 0,16 divorce pour un mariage, l'Italie : 0,19 divorce pour 1 mariage, ou encore la Pologne : 0,27 divorce pour 1 mariage.

Ma conclusion : ces chiffres, tirés par l'IPFE d'Eurostat et des statistiques nationales, sont révélatrices d'une tendance lourde mais laissent en suspens plusieurs questions. Sont-ce des mariages récents et donc de jeunes enfants qui sont prioritairement… brisés ? Quelle est la part de la population remariée ? Quel est le taux de divorce (et donc de redivorce) au sein de celle-ci ?

Qu'il s'agisse d'une tragédie ne fait pas de doute. Ce qui s'impose maintenant, c'est une étude pour déterminer quelles sont les conditions juridiques, sociales, de soutien économique aux familles, etc., qui assurent la meilleure stabilité familiale ?

On en connaît au moins une : de multiples études, notamment américaines, indiquent que les couples qui n'ont pas recours à la contraception mais à la régulation naturelle de la fécondité ont un taux de divorce très bas, évalué à environ 4 % par la spécialiste en éthique familiale Janet Smith (voir un article récent ici). 4 %, cela veut dire : 1 divorce sur 25 mariages. Qui dit mieux ?

© leblogdejeannesmits.

07 mai, 2008

L'évolution de la famille en Europe : l'IPFE publie son rapport

L'Institut de Politique familiale vient de publier son rapport 2008 sur l'évolution démographique et l'état des familles en Europe, destiné à être présenté devant le Parlement européen. Signé par Lola Velarde, présidente du Réseau européen dudit Institut, il observe principalement une lente croissance de la population de l'UE, tirée principalement par la France, le Royaume-Uni, et l'Espagne... au prix d'une forte immigration plutôt que d'un introuvable dynamisme démographique. Les nouveaux arrivants de l'Est sont en général, eux, carrément en décroissance.

« 84% de la croissance démographique de l’ UE des 27 sur la période 2000-2007 est due a l’immigration… », note le rapport : cette croissance aura été au total de 14,2 millions de personnes.

Sur les 27 millions d'immigrés officiellement comptabilisés de 1996 à 2006 dans l'ensemble de l'Union, l'Allemagne et l'Espagne ont accueilli la plus forte proportion : 7,2 millions et 4,6 millions de personnes respectivement.

Le rapport affirme que seules la France et les Pays-Bas ont une croissance naturelle supérieure à leur immigration, sans donner de précisions sur le nombre de naissances comptabilisés au sein de couples d'origine étrangère.

Très parlants, de nombreux schémas et pyramides (ou plutôt « losanges ») démographiques précisent le vieillissement de la population européenne, ainsi que la diminiution en chiffres absolus du nombre des naissance : - 1 million par rapport à 1980...

Le rapport crédite la France d'un taux de fécondité de 2, ce qui est un peu trop généreux. Mais rappelle très opportunément que si le taux moyen en Europe et de 1,56 enfant par femme, les attentes des Européens seraient d'avoir 2,3 enfants par femme, alors même que l'âge de la première naissance ne cesse de reculer pour atteindre en moyenne 30 ans.

S'il manque 1 million de naissances en Europe par rapport à 1980, on y compte selon IPF 1 167 775 avortements en 2006 (« première cause de mortalité »), la France étant en tête avec 206 311 avortements officiellement recensés. (On sait que le chiffre réel en France est plus élevé de l'avis même des statisticiens officiels.)
Et « c’est en Espagne que le nombre d’avortements a le plus augmenté » : +99% ces dix dernières années.

Suivent les statistiques du mariage, en chute vertigineuse : désormais, près d'un enfant européen sur 3 naît hors mariage tandis que les divorces ont augmenté de 55 %depuis 1980 : 10,1 millions de mariages rompus en dix ans. Deux sur trois au Luxembourg, Belgique, en Espagne : est-ce là que la rupture est légalement la plus facile ?

Familles et foyers sont réduits à la portion congrue : leur taille moyenne est de 2,4 personnes et 1 foyer sur 4 ne compte qu'une seule personne : cela fait 54 millions de personnes seules.

A découvrir aussi : une évaluation succincte mais très parlante des politiques familiales, où l'on retiendra (avant d'aller voir de plus près) que « chaque fois que l’Europe consacre 13 euros aux dépenses sociales, seulement 1 euro est destiné à la Famille… ». La France n'est pas en tête, malgré le mythe de la supériorité de la politique française en ce domaine. Par personne et par an, elle représente 691 euros en France, contre 2.393 au Luxembourg, 1.454 au Danemark, 865 en Allemagne... Beaucuop de statistiques à comparer permettent d'évaluer le niveau des allocations familiales, pays par pays, et de constater le rapport direct entre aide aux familles et nombre d'enfants.

Je vous invite à découvrir tout cela, ainsi que les conclusions en forme de propositions, ici.

Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...