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30 juin, 2021

Aux prêtres catholiques traditionnels : “Pourquoi votre voix ne crie-t-elle pas contre l'abus des corps des bébés avortés ?”

Bien volontiers je publie ci-dessous une lettre de Karen Darantière, initiatrice d’une neuvaine de prières de réparation pour les crimes de l’avortement et de l’exploitation de fœtus avortés à des fins de recherche médicale, cosmétique et alimentaire, et de fabrication de vaccins et de médicament. Attristée de voir que le sort des tout-petits, victimes d’avortements réalisés de manière à pouvoir récupérer ce « matériau humain » ne donne pas lieu aux protestations que le monde catholique et les personnes de bonne volontî* devraient multiplier, Karen Darantière a adressé une lettre à « un prêtre catholique traditionnel », qui s’adresse en réalité à tous les prêtres attachés à l’enseignement pérenne de l’Eglise pour leur demander de réagir.

De fait, l’affaire des vaccins COVID souillés par l’utilisation dans leur développement, leur production ou leurs tests a révélé à quel point l’utilisation de cellules fœtales avortées est devenue aujourd’hui une industrie.

Je remercie Mme Darantière de m’avoir  confié ce texte. Partagez-le, faites le connaître. – J.S.

*

Lettre à un prêtre catholique traditionnel :

Pourquoi votre voix ne crie-t-elle pas contre l'abus des corps des bébés avortés ?

écrite par Karen Darantière, au nom de sa sainte patronne, Catherine de Sienne


Père bien-aimé,

C'est grâce à vous que nous, les petits, pouvons recevoir jour après jour et année après année le Saint Sacrement d'une manière digne de notre Seigneur Eucharistique. C'est grâce à vous que nous pouvons assister à la Messe de toujours, des saints et martyrs de tous les siècles. Pour cela, nous ne pourrions jamais vous exprimer de manière adéquate notre gratitude. Cependant, ou peut-être précisément pour cette raison, j’ai été peinée d'apprendre que vous, Père bien-aimé, ainsi que la plupart de vos frères prêtres qui célèbrent la messe traditionnelle, avez jugé licite d’accepter les vaccins souillés du sang d’enfants avortés, mais je suis affligée encore plus que votre voix reste néanmoins silencieuse, plutôt que d’appeler à des actes de réparation pour l’abus innommable des corps des bébés avortés à travers leur utilisation dans le processus de production de ces médicaments. Bien que j’aie personnellement la grâce de recevoir la Sainte Communion de bons prêtres traditionnels qui sont en accord avec ma propre conviction profonde sur cette grave question, je ressens néanmoins le besoin de vous écrire cette lettre, afin de vous exhorter ainsi :

« Au Nom de Jésus-Christ crucifié et de la douce Marie : Très saint et doux père, votre pauvre indigne fille Catherine en Christ doux Jésus, se recommande à vous dans son Sang précieux avec le désir de vous voir un homme viril, libre de toute peur ou amour charnel envers vous-même, ou envers toute créature apparentée à vous dans la chair… Hélas, hélas, mon plus doux père, pardonnez ma présomption dans ce que je vous ai dit et dis ; je suis contrainte par la Douce Vérité Primordiale de le dire. Sa volonté, mon père, c’est celle-ci, et elle l’exige donc de vous. Elle  exige que vous exécutiez justice sur l'abondance des nombreuses iniquités commises par ceux qui sont nourris et pâturés dans le jardin de la Sainte Église… » (Lettre de Sainte Catherine au Pape Grégoire XI)

Comme vous le savez bien, de nombreux membres de la hiérarchie de l’Église, par leurs actions ou leur inaction, leurs propos ambigus ou leur silence retentissant, semblent parfois suggérer l'approbation d'un des crimes les plus abominables de notre époque, sinon le crime le plus abominable en toute l'histoire de l'humanité. De nombreux exemples de leur complicité apparemment tacite pourraient être donnés, entre autres l’Académie Pontificale pour la Vie qui semble maintenant dans une certaine mesure être devenue plus digne d'être rebaptisée l’Académie Pontificale pour la Mort. Le crime dont je parle, Père bien-aimé, est bien sûr le massacre des saints innocents dans le sein de leurs mères, le meurtre odieux de nos propres enfants, créés à l'image et à la ressemblance de Dieu, dont le nom, qui nous est inconnu, est connu de leur Père céleste, et dont l’assassinat brutal à l’échelle d’un génocide mondial, sans précédent dans l'histoire de notre humanité déchue, crie vengeance vers le Ciel, de plus en plus fort avec chaque jour qui passe, dans un chœur toujours croissant. En vrai Père spirituel, vous déplorez ce mal, sachant très bien que nous sommes maintenant engagés dans la bataille à laquelle notre bienheureuse sœur Lucie a fait référence lorsqu’elle a écrit, dans une lettre au Cardinal Caffarra, que « la bataille finale entre le Seigneur et le règne de Satan sera sur le mariage et la famille ».

Mon Père bien-aimé et dévoué, dont le sacerdoce est entièrement consacré à défendre la Tradition de notre Sainte Mère l’Église et à nourrir fidèlement le troupeau qui vous a été confié, vous avez été confronté au grand dilemme moral de discerner si vous et votre troupeau pouvez avoir recours à des vaccins souillés par l'avortement, et, après mûre réflexion, vous considérez que oui, en effet, le berger et ses brebis peuvent le faire. Votre opinion rejoint celle du Saint-Siège qui a dit, quoique non infailliblement, qu’en cas de nécessité grave, telle que notre grande peste actuelle, nous pouvons avoir recours à de tels vaccins, au nom d'une « coopération lointaine, passive et matérielle avec mal », si j’ai bien compris votre raisonnement. Vous avez sérieusement pesé la gravité de notre fléau d’aujourd'hui, contre le mal du génocide des enfants à naître et l'abus, cruel et sans cœur, des corps des bébés avortés, privés non seulement de la vie d'une manière brutale et souvent atrocement douloureuse, mais également du respect et de la révérence dus à toutes les personnes humaines qui meurent de quelque manière que ce soit ; et vous avez déterminé que nous pouvons, pour ainsi dire, porter dans notre corps cette marque, car nous n’approuvons pas formellement ce monstrueux sacrifice à Moloch, et que nous pouvons, pour ainsi dire, être un maillon de cette « chaîne de la mort », tant notre coopération est éloignée de ce crime. Ou, pour parler de manière moins abstraite et plus tangible, d’après vous, nous nous tenons à bonne distance de ce petit garçon dont le sang, jaillissant lorsqu’on lui arrache le cœur, ne nous souille pas, comme nous en sommes suffisamment éloignés. 

Moi, « votre pauvre fille indigne Catherine », je ne suis pas théologien pour discuter avec vous sur ceci ou sur tout autre sujet, mais pardonnez-moi si je ne puis m’empêcher de vous dire que mon âme féminine résonne plus profondément et répond plus naturellement à la voix solitaire qui crie dans le désert de notre bien-aimé berger Athanase, qui, tout en s’occupant de son troupeau dans un pays lointain, a élevé la voix en signe de protestation pour qu’elle résonne haut et fort sur de vastes distances, et avec lui je préférerais me « lever et proclamer au monde entier :  « Nous n’accepterons jamais cette injustice, même si elle est déjà si répandue en médecine ! Il n'est pas permis de traiter les enfants à naître, la vie des personnes les plus faibles et les plus vulnérables du monde entier, d’une manière si dégradante, de sorte que les plus forts, ceux qui sont déjà nés, puissent bénéficier en les utilisant d’un avantage temporel pour leur santé. » Et de même lorsqu’il nous demande : « Si vous pouviez voyager dans le temps et être témoin du meurtre horrible d’un enfant à naître, du démembrement de son corps, de la récolte de ses tissus, et voir ses cellules ensuite traitées en laboratoire, même s’il y avait des centaines de processus chimiques aboutissant à ce vaccin ou médicament particulier, pourriez-vous, en conscience, accepter un tel vaccin ou médicament dans votre corps ? », ma réponse est : « Non, je ne le peux pas. » En effet, mon cœur maternel, avec beaucoup d’autres, saigne quand je vois devant les yeux de mon esprit le massacre et le démembrement de nos propres saints innocents, et pleure avec « Rachel pleurant ses fils, refusant d’être consolée, parce qu’ils ne sont plus » (Jérémie 31 :15).

Cependant, la vraie raison pour laquelle je vous adresse cette lettre aujourd'hui, Père bien-aimé, est la suivante : nous sommes d’accord avec le Saint-Siège qu’en tant que Catholiques, il est de notre « devoir de faire connaître [notre] désaccord et de demander que [notre] système de santé rendent d'autres types de vaccins disponibles » (Dignitas Personae, sur certaines questions de bioéthique, 2008). En effet, bien que nous puissions être profondément en désaccord sur la moralité de l’acquiescement aux vaccins souillés par l’avortement, nous sommes très certainement d’accord pour dire qu’il est de notre devoir de protester contre ces pratiques. Pardonnez-moi donc, mon très cher Père, si j’ai manqué d’entendre votre voix, mais, je vous le demande : n’ai-je pas au contraire surtout entendu un silence retentissant de votre part ? Vous avez apaisé les craintes de votre troupeau quant au recours éventuel à des vaccins souillés du sang d’enfants avortés, mais où est votre protestation forte, vigoureuse et virile, contre la grave immoralité de leur fabrication ? Souhaitez-vous que nos âmes s’endorment dans l'indifférence dès que vous nous aurez rassurés que nous ne commettons aucun crime en recevant ce vaccin ? Pourquoi ce silence assourdissant ? Pourquoi n’entends-je pas crier votre voix virile, paternelle, sacerdotale, d’autant plus fort que vous avez accepté le recours à un vaccin immoral, puisqu’aucun vaccin moral n’a encore été produit ? Votre propre acquiescement ne vous incite-t-il pas à crier d’autant plus vigoureusement ? « Au Nom de Jésus-Christ doux Jésus », pourquoi votre cœur de berger ne fait-il pas crier votre voix dans le désert aride de notre monde dévoyé contre cet abus inconcevable des restes de ces enfants avortés ?

Veuillez croire, mon très cher Père, que ce n’est autre que le respect révérencieux que j’éprouve au fond de mon cœur pour vous, qui m’a empêché de garder le silence et m'a poussée à vous écrire cette lettre. Comme je l’ai dit, votre acceptation des vaccins souillés du sang d’enfants avortés m’a beaucoup peinée, mais votre manque incompréhensible de protestation est encore plus pénible. Je vous prie, au nom de « Marie, Rédemptrice du genre humain » (Oratio XI), par la Médiation Maternelle de laquelle Jean-Baptiste et sainte Elisabeth ont été remplis de l’Esprit Saint, ne vous taisez pas en ce 2 juillet, fête de la Visitation selon le Vetus Ordo, mais que vos cordes vocales résonnent et que votre cœur s’unisse à celui des petits qui vous sont confiés et au mien, ainsi qu’à ceux de tous les saints et anges du Ciel, par la récitation de la prière de réparation, que j’ai mise dans le post scriptum, et qu’un saint frère prêtre a composée pour le 31 mai, pour cette même fête, célébrée ce jour-là dans le Novus Ordo, en réparation du meurtre et de l’abus des enfants à naître. Car, comme le crie notre bien-aimé évêque Athanase : « Le sang des enfants assassinés dans le sein maternel crie vers Dieu à cause des vaccins et des médicaments souillés par l'avortement ! Que le Seigneur ait pitié de nous ! Kyrie, eleison ! »

« Je vous supplie très doucement au nom du Christ crucifié d’être obéissant à la volonté de Dieu, car je sais que vous ne voulez et ne désirez rien d’autre que de faire sa volonté, afin que cette sévère réprimande ne vous tombe pas dessus : « Maudit soyez-vous, car vous n'avez pas utilisé le temps et la force qui vous ont été confiés. » Je crois, mon père, par la bonté de Dieu, et en espérant aussi de votre sainteté, que vous agirez de telle sorte que cela ne vous tombe pas dessus. Je n’en dis pas plus. Pardonnez-moi, pardonnez-moi ; car le grand amour que je porte à votre salut, et mon grand chagrin quand je vois le contraire, me font parler ainsi… » (Lettre de Sainte Catherine au Pape Grégoire XI).

« Restez dans la douce et sainte grâce de Dieu. Je vous demande humblement votre bénédiction. Pardonnez ma présomption, que je présume de vous écrire. Doux Jésus, Jésus Amour » (Lettre de Sainte Catherine au Pape Grégoire XI).

Catherine de Sienne

P.S. Voici, Père bien-aimé, la prière à réciter en la fête de la Visitation :


Dieu Saint, Dieu Fort, Dieu Immortel, Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, Vous êtes le principe unique et indivisible de la création de la vie humaine. Dès le premier instant, chaque âme humaine porte Votre image. Aux yeux de Votre Divine Majesté, l’humanité est aujourd’hui accablée par l’indicible culpabilité du génocide de l’enfant à naître, suscité par Satan. « Homicide dès le commencement », le malin ne se contente pas seulement de détruire la vie humaine naissante, mais inflige des indignités supplémentaires en exploitant et en commercialisant les cellules et les organes des enfants à naître assassinés, élargissant la culture de la mort dans des proportions inimaginables. 

Dieu de Compassion, que nous avons si gravement offensé, aidez-nous à amender nos vies par des actes de pénitence et de réparation pour les multiples crimes contre la vie. Aidez-nous à changer les cœurs, les esprits et les lois pour respecter, aimer, défendre et servir la dignité humaine. Aidez-nous à mettre fin au meurtre industriel d’enfants à naître dont les corps sont maltraités, traités comme des marchandises, fouillés et privés du respect dû à toute personne humaine. Aidez-nous à témoigner courageusement de la valeur incomparable et du caractère sacré de la vie de chaque enfant à naître.

Par les mains de Marie, Mère de Dieu, et par l'intercession de sainte Élisabeth et de saint Jean-Baptiste, en union avec l’inépuisable pouvoir expiatoire du Sacrifice rédempteur du Christ, j'offre à Votre Majesté cet acte de réparation. Avec un cœur contrit et un esprit humble, je viens devant Vous, ô Dieu, et je Vous offre des actes de pénitence et de réparation pour ces péchés qui crient au ciel. Écoutez humblement ma supplication et ayez pitié. Amen.

Réciter : un Pater Noster, un Ave Maria, le Gloria Patri.  Invoquer : Marie Médiatrice, Mère de Dieu, Sainte Elisabeth et Saint Jean-Baptiste, priez pour nous.

 

Illustration : Sainte Catherine de Sienne, par Giovanni Battista Tiepolo, 1746,
Kunsthistorisches Museum, Vienne (Source : Wikimedia Commons)



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25 avril, 2021

Mgr Schneider répond à mes questions sur le recours aux vaccins “souillés” par l’avortement

Dans le débat qui se poursuit à propos de l’utilisation de lignées de cellules fœtales obtenues à la suite d’avortements (réalisés dans des conditions particulièrement cruelles afin de permettre leur obtention) je vous propose aujourd’hui de découvrir les réponses de Mgr Athanasius Schneider à quelques questions que je lui a posées à ce sujet.

C’est un thème qui divise ; Mgr Athanasius Schneider fait d’ailleurs partie des très rares ecclésiastiques qui refusent de justifier le recours aux différents vaccins anti-COVID actuellement distribués en France au motif que la « coopération au mal » qu’implique leur utilisation est tellement éloignée que la personne recevant le vaccin n’est pas en conscience obligée de le refuser.

Comme vous le savez peut-être j’ai signé la Déclaration évoquée à le fin de cet entretien, et même si un « consensus » semble s’être assez largement dégagé, je suis persuadée qu’il nous faut réfléchir plus avant à une pratique qui, loin d’être anecdotique et ponctuelle, devient de plus en plus répandue dans l’industrie pharmaceutique mais aussi dans les industries cosmétiques et alimentaires : l’utilisation de cellules humaines obtenues à la suite d’avortements pour divers tests de tolérance et d’efficacité, et opérations de production.

Vous ne serez peut-être pas d’accord avec les propos de Mgr Schneider. Mais si ce débat doit avoir lieu, il faut en connaître les différents aspects, et y réfléchir honnêtement – or je constate qu’il est aujourd’hui très difficile, y compris dans la presse catholique de conviction, d’avoir accès à ses arguments, et à d’autres que j’ai répercutés ou exposés oà titre personnel sur ce blog.

Il y a quelques mois, Mgr Schneider m’écrivait : Je me sens fortement poussé devant Dieu à élever la voix pour défendre l’inviolabilité des corps et de ses parties (cellules) d'enfants tués. Nous devons tous crier :  Ne touchez pas aux corps et aux cellules des bébés à naître ! », et avec cela en évitant toute concession ou ambiguïté, prêts à subir des inconvénients personnels pour cela.

Voici donc l’entretien que m’a accordé Mgr Schneider. – J.S.

*

– Mgr Schneider, vous êtes parmi les très rares hommes d’Eglise qui demandent aux fidèles de refuser totalement de recevoir un vaccin ayant été touché de près ou de loin par l’utilisation de lignées de cellules fœtales obtenues à partir d’avortement. Le plus grand nombre – allant du Pape François à la Congrégation pour la Doctrine de la foi – approuvent le recours aux vaccins anti-COVID ainsi « souillés » ; la Fraternité Saint Pie X a publié une réflexion faisant état de la coopération très éloignée au mal que constitue la réception de ces vaccins. Pourquoi n’êtes-vous pas de cet avis ?

– Les puissances mondiales anti-chrétiennes qui promeuvent la culture de la mort poursuivent l’objectif d’imposer une participation passive implicite, quoique distante, à l’avortement à l’ensemble de la population mondiale. Une telle coopération éloignée est en soi un mal en raison des circonstances extraordinaires dans lesquelles ces puissances mondiales promeuvent le meurtre d’enfants à naître et l’exploitation des restes de leur corps. En utilisant de tels vaccins et médicaments, nous bénéficions pour notre corps des « fruits » ou « bienfaits » de l’un des plus grands maux de l’humanité, à savoir le génocide cruel de l’enfant à naître. En utilisant de tels médicaments ou vaccins, nous recevons une sorte de signe dans notre corps qui indique que nous sommes liés à ce mal, sinon directement, mais néanmoins nous sommes liés. Parce que si un enfant innocent n’avait pas été cruellement assassiné, nous n’aurions pas ces médicaments ou vaccins dans notre corps. Nous n’avons pas besoin d’être assez naïfs pour ne pas voir que derrière ces vaccins et médicaments, il n’y a pas seulement un bienfait pour la santé, mais en même temps la promotion de la culture de la mort.

Bien sûr, on peut affirmer que si les gens ne prenaient pas ces vaccins, l’industrie de l’avortement continuera de toute façon. Si nous ne prenons pas de tels vaccins ou médicaments, nous ne réduirons probablement pas le nombre d’avortements. Mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit ici. Le problème est l’affaiblissement moral de notre devoir de résistance au crime d’avortement, au crime de recyclage et de commercialisation des parties du corps d’enfants assassinés. L’utilisation de ces médicaments et vaccins ajoutera en quelque sorte un soutien moral, bien qu’indirect, à cette horrible situation. Et puis les avorteurs diront : «Vous voyez, toute l’Église catholique, la hiérarchie, bien qu’à contrecœur, accepte cette situation, une situation qui comprend toute une chaîne de crimes contre la vie, une « chaîne de mort ». Nous devons vraiment nous réveiller pour voir les vrais dangers, les conséquences et les circonstances.

– La congrégation pour la Doctrine de la foi a bien souligné qu’il faut préférer, quand cela est possible, un vaccin produit de manière « éthique », et il en existe, même pour le COVID. Pensez-vous que cet aspect des choses est trop oublié ?

– La Congrégation a dit encore plus que tous ont le devoir « d’exprimer leur propre désaccord à ce sujet et de demander que les systèmes de santé mettent à leur disposition d’autres types de vaccins » (Dignitas Personae, 35). Il est très étonnant qu’aujourd’hui, il y ait très peu de voix qui protestent ouvertement contre l’existence de médicaments et de vaccins contaminés par l’avortement. Il est encore plus étonnant que des organisations et des personnes qui travaillent par ailleurs pour la protection de la vie à naître se dissimulent soudainement et n’expriment aucune protestation publique. Il est incompréhensible que même les personnes et les organisations qui défendent la vraie doctrine et la morale catholiques soient soudainement devenues des sortes de défenseurs de l’utilisation de ces vaccins et médicaments. Vu le comportement de ces personnes dans son ensemble, il reste l’impression que ces personnes sont passées dans le camp de l’ennemi car, en prônant publiquement l’utilisation des vaccinations liées à l’avortement, ces personnes et organisations catholiques contribuent en définitive à la solidification de ce mal dans notre société, le mal qui consiste à enlever des parties du corps des enfants assassinés à naître en les exploitant.

– Est-il, selon vous, peccamineux de recevoir un vaccin testé en utilisant une ancienne lignée de cellules fœtales ? Et comment pourrait-on l’affirmer quand des voix autorisées de l’Eglise affirment depuis longtemps qu’il est possible de le faire sans pécher, en raison de l’absence de responsabilité personnelle par rapport à l’avortement et à l’absence pratique d’autre choix ?

– Nous devons considérer la vraie profondeur de ce problème et dans ce cas nous ne devons pas nous fier au positivisme juridique et au formalisme d’une théorie abstraite de la collaboration au mal ou du double effet, ou quel que soit le nom que vous souhaitez donner à une telle justification. Nous devons aller plus loin dans les racines, et considérer la proportionnalité. Cette chaîne particulière de crimes meurtriers horribles, l’extraction de parties du corps des enfants pendant qu’ils sont tués, le recyclage et la commercialisation de leurs parties du corps par la fabrication et le test de médicaments et de vaccins, est disproportionnée par rapport à d’autres crimes, tels que le travail d’esclave, cas individuels intéressants de l’histoire, paiement des impôts, etc.

En raison de la gravité de la nature extraordinaire de l’avortement et de la situation actuelle d’une industrie de l’avortement en croissance constante, le principe de la coopération matérielle, du double effet, etc. ne sont en principe pas applicables dans ce cas. Étant donné cette gravité extraordinaire de ce cas, objectivement parlant, un chrétien ne peut pas participer à un tel mal. La gravité d’un tel péché dépend alors des circonstances personnelles individuelles : pleine connaissance, pleine liberté de la volonté, forte pression des autres et de l’environnement. Cependant, on ne peut justifier ou autoriser publiquement l’utilisation de tels médicaments et vaccins de quelque manière que ce soit. La vie chrétienne est aussi essentiellement une confession et un « non » résolu à s’adapter à la culture de la mort.

– Ou bien est-on dans un cas semblable à celui d’une femme enceinte qui tombe gravement malade et à qui l’on doit donner un soin qui aura pour effet de tuer l’enfant qu’elle porte (par exemple, ablation de l’utérus) : elle ne commet pas le péché d’avortement en acceptant le traitement ; mais elle exerce la vertu de manière héroïque en refusant, portant ainsi témoignage au devoir de respecter la vie.

– La particularité de la foi chrétienne est que nous devons comprendre et vivre la vie sur terre en suivant le Christ. Le sens de la vie d’une personne sur terre, selon les paroles du Christ, est de donner sa vie, de faire de sa vie un sacrifice, d’abord par amour pour Dieu à la suite du Christ, et par amour pour son prochain si les circonstances particulières de la vie l’exigent. Il y a n’a pas un commandement à l’héroïcité, mas bien sûr une invitation de Notre Seigneur à tous les fidèles de Le suivre dans le chemin de la croix. Nous possédons d’innombrables exemples de mères chrétiennes qui ont donné leur vie par amour pour que leur enfant puisse vivre. Combien d’exemples de martyrs avons-nous de tous les états de vie, des enfants et des filles délicates aux personnes âgées. Ils préféraient perdre leur courte vie terrestre au lieu de brûler ne serait-ce qu’un petit grain d’encens devant la statue d’une idole. Peu importait de savoir si c’était un gramme ou un dixième de gramme ou un kilogramme d’encens.

Alors aujourd’hui aussi, peu importe que nous acceptions le vaccin contenant de lignée de cellules fœtales dans sa production ou seulement dans la phase de tests. Nous sommes entrés dans le long processus qui trouve son origine dans le meurtre de l’enfant à naître et de l’extraction des parties de son corps. Au sens figuré on pourrait dire : l’utilisation du vaccin dont la lignée de cellules ont été utilisées seulement pour le test est comme brûler un dixième de gramme d’encens, celle du vaccin dont la lignée de cellules ont été utilisées pour le production même est comme brûler dix grammes ou un kilogramme d’encens.

– L’affirmation de la loi de l’Eglise en ces matières est devenue inaudible pour un nombre grandissant de catholiques, faute d’avoir reçu une formation suffisante. Pour y remédier, des clercs de plus en plus nombreux atténuent la doctrine, de peur que les gens ne se détournent de l’Eglise. Comment peut-on, aujourd’hui, rendre audible, compréhensible la loi de l’Eglise sans l’amoindrir ?

– Dans cette situation, les catholiques doivent adhérer à l’enseignement catholique de tous les temps. Implorer instamment l’illumination du Saint-Esprit pour le renforcement du sensus fidei. Lisez les exemples des saints, en particulier des martyrs et surtout en priant Dieu pour que le bon sens devienne de plus en plus clair afin qu’un vrai catholique rejette spontanément quelque lien avec un vaccin lié au meurtre d’un enfant innocent à naître. Le simple catholique n’a pas besoin en ce concret cas d’être un Aristote ou un Thomas d’Aquin pour rejeter cela spontanément.

– D’autres vaccins sont souillés par l’avortement, comme celui contre la rubéole. Or il fait partie, en France, des vaccins obligatoires pour les nourrissons, et en l’absence de certificat de vaccination, les enfants ne peuvent être scolarisés – et en même temps, l’école à la maison est impossible à mettre en œuvre pour le plus grand nombre et elle est d’ailleurs en voie d’être interdite, sauf pour les enfants ayant une raison médicale. Quel conseil donneriez-vous aux parents à ce sujet ?

– On doit utiliser tous les moyens possibles et exiger des alternatives moralement saines. On doit utiliser l’objection de conscience et résister. Si nous ne le faisons pas maintenant, alors les forces anti-chrétiennes de la culture de la mort nous imposeront une implication toujours plus grande dans l’industrie du meurtre. Il est temps de se lever et de dire : nous protestons et nous ne participons pas. Une chaîne mondiale de protestation contre les produits contaminés par l’avortement doit être lancée et développée. Tolérance zéro pour les produits issus du meurtre d’enfants, que ce soit dans les cosmétiques ou dans la médecine. Si le mouvement Vegan n’accepte systématiquement que des produits qui sont, comme on dit, « sans cruauté » (cruelty-free), c’est-à-dire où aucune violence n’a été faite à l’animal, alors toutes les personnes de la bonne volonté et, avant tout, toutes les organisations de protection de la vie naissante doivent exiger des médicaments « sans cruauté », c’est-à-dire médicaments dont la production n’implique aucune violence contre les enfants à naître.

– Parmi les signataires de la récente déclaration sur les vaccins souillés par l’avortement, on trouve d’anciens membres permanents de l’Académie pour la vie fondée par Jean-Paul II, et aussi Wanda Poltawska, la plus grande amie du saint pape. Pourriez-vous nous parler de l’engagement de cette dernière ?

– On m’a dit que Mme Poltawska avait lu attentivement la Déclaration des femmes du 8 mars dernier et l’avait signée avec conviction. Elle connaît de sa propre expérience l’horreur des expériences médicales sur des personnes innocentes. Aucune personne honnête ne peut nier que l’extraction de cellules ou de parties du corps d’enfants tués et leur traitement ultérieure en biotechnologie ne sont pas une forme d’expériences médicales sur l’homme.

– Je note pour finir que ladite déclaration évoque un engagement pris à titre personnel, et qui tient compte des grandes questions de sécurité et d’efficacité soulevées par la vaccination expérimentale en cours contre le COVID-19. Cela veut-il dire que la réponse apportée en conscience au recours à ces vaccins est aussi liée à ces facteurs négatifs propres aux vaccins contre le COVID ?

Un prêtre et un évêque doivent d’abord se préoccuper du salut des âmes et non du salut des corps humains. Le prêtre est un spécialiste de l’éternité, de la vie éternelle surnaturelle, et nous devons montrer aux gens le moyen sûr d’accomplir fidèlement, sans compromis et sans ambiguïté la volonté de Dieu en tout, sachant que l’exemple du chrétien a aussi un effet public, et que son comportement ambigu peut être aussi un scandale et un contre-témoignage dans notre monde actuel. Les scientifiques devraient enquêter sur les dangers et risques sanitaires des vaccinations anti-Covid en toute honnêteté et les présenter publiquement sans aucune censure. La vérité viendra toujours à la lumière.

Propos recueillis par Jeanne Smits

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