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28 novembre, 2025

Marie Co-rédemptrice : le titre autorisé pour la dévotion privé. Il est donc vrai !


Marie Co-rédemptrice dévotion privée
 

Ma consœur Diane Montagna, journaliste américaine accréditée auprès du Saint-Siège, a interpellé le cardinal Manuel Fernandez à la fin de sa conférence de presse sur le nouveau document du Dicastère pour la Doctrine de la foi, Una Caro, au sujet de la note précédente refusant à la Vierge Marie les titres de « Co-rédemptrice » et « Médiatrice de toutes grâces », jugés « toujours inopportun ». Au cours de leurs échanges, qu’elle rapporte intégralement… et que je présente et traduis sur reinformation.tv : on les trouvera ici.



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26 janvier, 2021

Devons-nous refuser les vaccins fabriqués à partir de cellules dérivées de fœtus humains avortés? Cherchons la réponse de notre Mère.

Le texte que je vous propose aujourd’hui est plein de cœur et de raison. De cœur, parce qu’il est le cri d’une mère, la mise en perspective précise et sensible de ce que l’on devrait ressentir en se rendant compte de ce que signifie l’exploitation utilitariste de bébés avortés, avortés à des fins de recherche et d'utilisation comme l’a montré la chercheuse Pamela Acker (voir ici). De raison, parce qu’à travers le cri du cœur, pointe la réalité analysée avec rigueur. Vous ne serez pas étonnés d'apprendre que cette mère  qui s’exprime avec une telle compassion pour les bébés assassinés dans le ventre maternel est aussi une catholique, qui aborde le problème moral de l’utilisation de cellules fœtales prélevées sur des bébés avortés avec cette fin en vue, et qui le fait d’un point de vue surnaturel.

Ce texte est fort. Il interpelle et oblige à la réflexion. Un immense merci à Karen Darantière, cette mère catholique, de m’avoir autorisée à publier ici ces lignes d’abord écrites pour ses proches, qui ne comprenaient pas de quoi il retournait. N’hésitez pas à le partager.  J.S.

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Devons-nous refuser les vaccins fabriqués à partir de 
cellules dérivées de fœtus humains avortés? Cherchons la réponse de notre Mère.



« Car c’est toi qui as créé mes reins, qui m’as tissé dans le sein de ma mère.  Je te célébrerai pour tes terribles merveilles; merveilles, que tes œuvres ! » (Psaume 139, 13-14)

L'avortement est le Massacre des Innocents des temps modernes.  Avant de nous demander si nous serions complices en acceptant des vaccins fabriqués à partir de cellules dérivées de fœtus humains avortés, contemplons un instant une œuvre d'art qui illustre magnifiquement le caractère sacré de la vie humaine dans le sein maternel. «Avant de te façonner dans le ventre maternel»  (peint en 2012) est un tableau de l’artiste pro-vie Ron DiCianni, dont l’intention était de « déclarer que chaque vie est précieuse pour Celui qui l’a créée, à savoir Dieu. Aucune vie n'est un accident et chacune a un but. Pour moi qui devais être avortée, cela a été ma propre histoire ainsi que la promesse que nous recevons dans les Écritures… Je voulais clairement montrer trois choses. Remarquez le Christ qui tend la main pour toucher à la fois la mère et l'enfant... Regardez l'ombre projetée par le pouce du Christ, voyez comment elle complète la Croix. Le Christ est mort pour chacun de nous, ceux qui sont morts depuis longtemps et ceux qui n'ont pas encore été conçus ... Enfin, notez l'étoile à l'endroit où la main du Christ touche la mère, ce moment de Présence Divine touchant la vraie chair. Je crois que si nous pouvions tirer le rideau pour pouvoir contempler ce que nos yeux humains sont incapables de voir, nous verrions cette puissante main de Dieu en train de “tricoter” ensemble chaque enfant dans le ventre de sa mère. »

* * *

«Tout homme d’entre les fils d’Israël … qui livre un de ses enfants à Moloch sera mis à mort ... je le retrancherai du milieu de son peuple, parce qu’il aura livré un de ses enfants à Moloch, de manière à rendre impur mon sanctuaire et à profaner mon saint Nom. » (Lévitique XX, 2-3)

Regardons honnêtement la réalité de l'avortement : environ une grossesse sur cinq dans le monde se termine par un avortement. Il y a environ 42 millions d'avortements par an dans le monde. Rien qu'en 2020, il y a eu plus de 42,6 millions d’avortements. À titre de comparaison, environ 1,8 million de personnes sont mortes du coronavirus au cours de l'année écoulée, ce qui rend l'avortement 23,2 fois plus meurtrier que ce virus. À ce rythme de 42 millions par an, en à peine 25 ans, un milliard de bébés sont assassinés. Depuis que l’industrie de l’avortement a véritablement pris son essor au début des années 60, nous avons probablement assassiné près du double de ce nombre, soit deux milliards de bébés à naître. Deux milliards de bébés à naître assassinés dans le ventre de leur mère. Juste un instant, réfléchissons à ce chiffre et essayons de sonder cet abîme insondable.

La cruauté exceptionnellement barbare du XXe siècle, avec ses deux guerres mondiales très meurtrières et ses idéologies encore plus mortifères, est loin d’approcher l’immense ampleur de ce massacre mondial des plus fragiles de tous les êtres humains : nos propres bébés à naître. Au cours du dernier demi-siècle, dans d'innombrables villes, dans d'innombrables pays à travers le monde, nous avons tué jusqu'à deux milliards de nos enfants. Comment ne pas garder ce fait fermement à l’esprit alors que nous réfléchissons à la moralité des vaccins fabriqués à partir de cellules dérivées de fœtus humains avortés ?

Ce génocide des enfants à naître est impensable dans son ampleur, mais il est tout aussi inconcevable dans sa brutalité odieuse : l'avortement est horrible non seulement en raison de la quantité de bébés assassinés dans le sein maternel, mais aussi de la manière de leur meurtre, qui est d’une barbarie sans nom. Plaçons devant les yeux de notre esprit quelques-unes des méthodes d'avortement chirurgical préférées des médecins pour tuer les bébés à naître. Imaginons un petit garçon à neuf semaines après la conception : il peut faire des culbutes, froncer les sourcils et avaler. Pour avorter ce garçon, un tube creux avec une pointe tranchante est inséré dans le ventre de sa mère et connecté à un aspirateur 29 fois plus puissant qu'un aspirateur domestique, qui le déchire en petits morceaux qui sont aspirés dans une bouteille puis jetés.

Imaginons maintenant une fille à naître à la fin du troisième mois dans le ventre de sa mère : elle est capable de pleurer, et parfois elle pleure réellement en silence, et elle peut ressentir de la douleur. Pour avorter cette fille, une paire de forceps est insérée dans le ventre de sa mère pour saisir, casser et arracher ses os, jusqu'à ce que son corps soit totalement démembré et retiré, sa colonne vertébrale étant probablement cassée et son crâne écrasé dans le processus. Imaginons enfin un garçon à naître à 20 semaines : il peut entendre et reconnaître la voix de sa mère. Pour l'avorter, le médecin insère une longue aiguille dans l'abdomen de la mère et lui injecte une forte solution saline qu'il avale et qui l'empoisonne. Cette solution agit également comme un corrosif, brûlant la couche externe de sa peau. Dans un délai d'un jour, sa mère donnera naissance à son bébé mort ou mourant.

Beaucoup de ces bébés naissent vivants, puis sont laissés seuls pour morts. C'est une mort plus cruelle que celle des enfants sacrifiés dans la Géhenne, la vallée près de Jérusalem où les anciens Israélites sacrifiaient autrefois leurs propres enfants, les brûlant vifs entre les mains de l'idole Cananéenne, Moloch. Les feux de l'infanticide les consumaient plus rapidement que les petits martyrs d'aujourd'hui. Il fait un froid glacial entre les mains de Moloch aujourd'hui : le petit garçon frissonne jusqu'à ce qu'il se taise et s’immobilise, couché dans une mare de sang qui refroidit rapidement. Autrefois emmailloté chaudement dans le sein maternel, il repose désormais sans vie dans une pièce stérile, nu de la tête aux pieds, sans que personne ne le pleure ni n’en porte le deuil.

Pourtant, comme si le nombre et la brutalité barbare des avortements n'étaient pas assez horribles, nous récoltons maintenant des organes de bébés avortés à des fins de recherche médicale dans l'histoire d'horreur de l’infanticide moderne. Les médecins avorteurs ont admis qu’ils modifient parfois les procédures chirurgicales afin de garantir que certains organes restent intactes et utilisables par les chercheurs. Imaginons le même petit garçon : il ressent une douleur atroce lorsque l'avorteur coupe et retire très rapidement son rein, pour qu'il puisse être expédié du jour au lendemain pour le garder frais.

Considérons cette contradiction de fait : les enfants à naître ne sont pas considérés comme suffisamment humains pour avoir le droit légal à la vie, mais ils sont traités comme suffisamment humains pour avoir leurs organes prélevés à des fins de recherche médicale. Les crimes mêmes que nous perpétrons contre ces petits êtres sont la preuve patente de leur humanité, et de notre propre inhumanité. Sachant très bien à quel point ces crimes sont odieux, à la fois en cruauté et en ampleur, comment pourrions-nous accepter de bénéficier de leur sacrifice en acceptant un vaccin ayant employé des cellules de ces bébés avortés tout au long du processus de production? Que nous dit la voix de notre conscience ? Comment justifier même la coopération la plus lointaine ?

* * *

« Comment peut-il y avoir trop d'enfants?
C'est comme dire qu'il y a trop de fleurs. » (Mère Teresa)

Même si nous ne connaissons pas les noms des deux milliards de bébés massacrés dans le sein de leur mère, leurs noms sont connus de Dieu. Même si nous ne pleurons pas leur mort, leurs saints anges gardiens s’en lamentent. Monseigneur Athanasius Schneider, lorsqu'il a rédigé, avec quatre autres évêques, la déclaration intitulée: Sur l'illicéité morale de l'utilisation de vaccins fabriqués à partir de cellules dérivées de foetus humains avortés, avait certainement ces âmes martyrisées dans son cœur, comme en atteste son témoignage personnel: « Lors de la rédaction de ce document, je priais beaucoup ... les âmes de ces bébés qui ont été assassinés dans le ventre de leur mère, ... car dès le premier moment de la conception il y a une âme humaine, une personne . Et les âmes de ces enfants, parce qu'ils sont morts innocemment, sont dans le règne de Dieu… elles ne sont pas dans le royaume du diable parce qu'elles sont… des âmes martyrisées. Et donc, j'ai prié spécifiquement les âmes de ces enfants qui ont été tués et dont les lignées cellulaires ont été utilisées pour le vaccin… je priais pour tout cela parce que Dieu connaît ces âmes par leur nom. »

Essayons d'imaginer le lieu spécialement réservé à ces âmes dans le Royaume de Dieu, où une mer de roses couleur rubis orne Son jardin, où les corps rouge-sang des petits martyrs sont devenus comme des boutons de roses rouges fleurissant éternellement. Ces petits martyrs sont chers au Cœur Immaculé de notre Mère Céleste et au Sacré Cœur de son Enfant. Ne devraient-ils pas aussi être chers à nos propres cœurs ? Si chers que nous ne pourrions réagir qu'avec la plus grande horreur et répugnance à l'idée même de profiter de leurs corps martyrisés, employés dans le processus de production d'un vaccin ? Que nous dit le Cœur Immaculé de notre Mère céleste ?

* * *

« Ainsi parle Yahvé : Ecoute ! à Rama on entend des plaintes, des pleurs amers : c’est Rachel qui pleure ses fils ;
elle refuse d’être consolée, parce qu’ils ne sont plus. » (Jérémie, 31:15)

Arrêtons-nous une fois de plus pour contempler une œuvre d'art (peinte en 1451-1452) représentant l'horreur du Massacre des Innocents. Le peintre, Fra Angelico, un dominicain béatifié par le pape Jean-Paul II, le saint patron des peintres et l'un des plus grands artistes chrétiens de tous les temps, met sous nos yeux le Massacre des Saints Innocents, l'épisode évangélique raconté en même temps que la fuite en Égypte : le massacre de tous les enfants de moins de deux ans dans la région de Bethléem, commis sur l'ordre d'Hérode, qui craignait l'avènement d'un roi des Juifs annoncé par les mages. Cette scène nous rappelle cet immense génocide mondial des enfants dans le ventre de leur mère. Cependant, l'horreur de la scène évangélique représentée ici pâlit en comparaison des crimes actuels de l'avortement et de la récolte d’organes de bébés avortés. En effet, contrairement à ce que montre ce tableau, où l'on voit les soldats d'Hérode poignarder des enfants dans les bras de leurs mères qui tentent désespérément de les protéger, les mères et les pères des enfants assassinés aujourd'hui sont eux-mêmes complices du meurtre de leurs propres enfants. Et ne sommes-nous pas complices, de même, si nous acceptons, dans le but d'assurer notre propre santé et notre propre bien-être, de profiter des corps martyrisés d’enfants avortés, employés dans le processus de production d'un vaccin ? Que nous dirait le Cœur Immaculé de Notre Corédemptrice ? 

* * *

« Ils ont la pensée enténébrée et sont devenus étrangers à la vie de Dieu,
à cause de l’ignorance qui est en eux à cause de l’endurcissement de leur cœur. » (Éphésiens 4, 18)

Ne sommes-nous pas, en tant que chrétiens, coupables d'une sorte de cécité morale et de dureté de cœur, si, tout en considérant sérieusement la moralité du recours aux vaccins teintés du sang des enfants avortés, nous restons néanmoins aveugles à l'ampleur de ce mal ? Réfléchissons profondément dans nos cœurs au fait qu’il ne s’agit pas de n'importe quel meurtre, mais du meurtre des plus faibles et des plus innocents d'entre nous - les bébés à naître -; et non seulement cela, mais ce meurtre, loin d'être commis contre la volonté des mères par les mains de cruels tyrans, est commis par leurs mères elles-mêmes dont l'instinct maternel naturel, qui les incite à protéger et à nourrir leur progéniture, a été momentanément étouffé; et non seulement cela, mais ces avortements constituent des formes horribles et barbares de torture, y compris le démembrement de bébés capables de ressentir de la douleur. Et ces crimes indescriptibles sont d’un nombre incalculable et toujours croissant : il y a des milliards de ces bébés massacrés.

Aussi désirable que puisse être le bien que nous obtiendrions en acceptant un vaccin teinté du sang des enfants avortés, n'est-il pas négligeable au regard de l'ampleur et de l'horreur de ces crimes ? Notre conscience ne nous fait-elle pas reculer d'horreur à la seule pensée de la moindre complicité la plus lointaine avec un mal de cette ampleur ? Ne sommes-nous pas confrontés à un mal d'une telle magnitude qu'il faut éviter à tout prix ? À quel point sommes-nous aveugles lorsque nous délibérons calmement sur cette question sans prendre en compte profondément l'extrême gravité de ces crimes ?

* * *

« La vraie misère est de décider qu'un enfant doit mourir 
pour que vous puissiez vivre comme vous le souhaitez. »  (Mère Teresa)

Enfin, réfléchissons un instant au caractère clairement anti-chrétien de l'avortement. L'avortement est l'antithèse du mystère joyeux que nous célébrons à Noël : au lieu de contempler Marie et Joseph adorant l'Enfant Jésus dans la crèche, nos yeux suivent une traînée de sang d'un berceau vide à une tombe fraîchement remplie. L'avortement est le contraire du mystère pascal, de l'amour sacrificiel du Christ: au lieu d'entendre l'écho des paroles de notre Sauveur : « Ceci est mon corps, livré pour vous » (1 Corinthiens 11, 24), nous entendons une voix satanique dire: « Ceci est votre corps, livré pour moi. » L'avortement est une sorte de mystère d'iniquité anti-Noël, anti-Pascal les profondeurs duquel nous ne pourrons jamais sonder. L'avortement s'apparente à une sorte de sacrement sacrilège, un culte pervers rendu à l'Antéchrist.

Notre Mère Corédemptrice avait coopéré avec son Divin Fils dans son œuvre de Rédemption, depuis la Conception jusqu’au Calvaire, par l’Amour dont déborde son Cœur Immaculé, qui est l'exact opposé du cœur asséché et égoïste de la femme qui crie : « Mon corps m’appartient. »  Est-il donc surprenant de voir certaines des partisanes les plus extrêmes du fœticide se livrer à des spectacles hideux dans lesquels elles mettent en scène la Vierge Marie en train d’avorter l'enfant Jésus ? De telles performances horribles révèlent à quel point le plaidoyer pour l'avortement est intimement lié à une haine profonde du message chrétien. L'avortement est enraciné dans le rejet pur et simple de la notion même d'amour sacrificiel, alors que l'histoire chrétienne est celle du Sacré-Cœur de Notre Seigneur et du Cœur Immaculé de sa Mère indissolublement unis dans un amour sacrificiel pour le salut de l'humanité.

L'idéologie de l'avortement n’est rien d'autre que l'inversion perverse de la Voie, de la Vérité et de la Vie ; c’est la victoire de l’égoïsme cruel et sans cœur sur l’amour désintéressé et sacrificiel. Si le plus grand amour est la volonté de sacrifier sa vie pour autrui, alors son contraire consiste à sacrifier la vie d’autrui pour soi-même. Tel est donc notre choix : unir nos cœurs à ceux du Christ notre Rédempteur et de sa Mère notre Corédemptrice, témoigner de la Vérité ou, au contraire, coopérer à cet immense culte infernal et infanticide. Puissions-nous, avec nos consciences éclairées par la grâce de Dieu, faire le bon choix. S'il n’existe pas de chrétiens fidèles qui se lèveront et qui diront « non » à ces vaccins teintés du sang d’enfants avortés, l'horreur ne pourra que continuer indéfiniment, sans relâche, jusqu’au jour où Dieu lui-même interviendra.

Ecoutons à nouveau le témoignage de Monseigneur Athanasius Schneider, un berger fidèle dont nous devons méditer attentivement les paroles : « Il doit y avoir des témoins sans l'ombre de la moindre collaboration avec l'avortement dans le cas des vaccins, car il y a un meurtre concret d'enfants… Nous devons résister… Nous devons suivre la Vérité. Même si je perds tous mes bons amis, je suivrai ma conscience. Même si je suis seul, je suivrai ma conscience, comme l'ont fait Saint Thomas More et Saint John Fisher… Nous devons suivre notre conscience, une conscience que nous avons priée, étudiée, consultée devant Dieu… Dieu nous éclairera, nous qui confesserons sa Vérité, et Il nous donnera la force. Quelle est cette courte vie par rapport à l'éternité, à la Vérité ? Par rapport au témoignage sans compromis des prophètes... des saints, des martyrs... ? Nous devons les suivre, même lorsque nous perdrons notre courte vie temporelle. »

 *    *    *

« Eminemment admirable et digne d’une illustre mémoire fut la mère qui, voyant périr ses sept fils en l’espace d’un seul jour, le supportait courageusement, en raison de ses espérances dans le Seigneur »
(2 Maccabées 7, 20)

Pour conclure nos réflexions, méditons sur une figure extraordinaire de la Mère des Douleurs dans l'Ancien Testament : la noble « Mère des Maccabées » qui, sous la persécution du roi Antiochos, a vu six fils, l’un après l’autre, être torturés atrocement et assassinés en raison de leur fidélité à la Loi de Dieu.   Le roi lui-même invite cette mère à intervenir auprès de son septième et dernier fils pour l’exhorter à se sauver en acceptant les offres de richesse et de pouvoir du roi, si seulement son fils accepte de se détourner de la Loi de Dieu.  Au lieu de cela, la mère adresse à son fils ces paroles d’exhortation : « Je t’en prie, mon enfant, lève les yeux vers le ciel et la terre, vois tout ce qui s’y trouve et sache que Dieu n’a pas fait cela de choses qui existaient, et qu’il en va ainsi de la race des hommes.  Ne crains pas ce bourreau, mais te montrant digne de tes frères, accepte la mort, afin que, par sa miséricorde, je te recouvre avec tes frères. » (2 Maccabées 7:29). La Mère des Maccabées préfigure admirablement notre Mère Corédemptrice : la souffrance causée par la mort des sept fils annonce les sept épées de douleur qui transperceront le cœur de Notre Dame, selon la prophétie de Siméon. Que nous dit notre Mère Corédemptrice, à travers les paroles de la Mère des Maccabées, qui exhorte son dernier fils vivant à préférer le martyre à l’infidélité à la Loi divine ?  Que nous répondrait notre Mère céleste si chacun d’entre nous Lui posait cette question : Dois-je refuser les vaccins teintés du sang des enfants avortés pour éviter d'être complice du Massacre des Innocents des temps modernes ?

Karen Darantière



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08 janvier, 2020

Marie, corédemptrice ? Au cœur de la Rédemption en tout cas, selon l’exorciste Francesco Bamonte, qui cite un démon : “Chacune de ses prières est une torture pour nous”

L’homélie du pape François à l’occasion de la fête de Notre-Dame de Guadalupe, le 12 décembre dernier, a fait couler beaucoup d’encre à cause de la manière désinvolte dont elle a écarté l’idée que l’Eglise pourrait définir un nouveau dogme de la « corédemption » à propos de la Mère de Dieu. « Quand on vient nous dire qu’il fallait la déclarer telle, ou faire cet autre dogme, ne nous perdons pas en bavardages », disait François (la traduction exacte du mot « tonteras » qu’il employait est plutôt « idioties »).
Le site hispanophone Portaluz, sans entrer dans ce débat, vient de rappeler comment le P. Francesco Bamonte, exorciste du diocèse de Rome et président de l’Association internationale des exorcistes présentait dans son livre de 2012, La Vierge Marie et le diable dans les exorcismes, la puissance de Marie face aux démons.
Je ne résiste pas au plaisir de traduire sommairement cet article, tant il est lumineux et riche de leçons pour notre temps.
Le livre du P. Francesco Bamonte – membre de la congrégation des Serviteurs du Cœur Immaculé de Marie – rapporte de nombreuses déclarations sur la Vierge Marie faites par les démons à travers les possédés aux cours de différents exorcismes. Le P. Bamonte témoigne de ce que Satan et ses démons sont alors obligés, parce que Dieu les y contraint, de reconnaître le pouvoir médiateur qu’Il a accordé à la Sainte Vierge Marie.
Portaluz cite nombre de ces témoignages rapportées par le P. Bamonte :
 « Un jour, après avoir réagi avec fureur parce qu'il ne voulait pas se soumettre à ce qui lui imposait une présence invisible – on a alors compris que c'était la Sainte Vierge – (le démon) s’est soudain exprimé ainsi : “Elle prie toujours pour vous tous ; chacune de ses prières est une torture pour nous.” » 
*
« Un autre jour, le diable, clairement affaibli par les louanges adressées à la Vierge Marie, a dit d'une voix hachée : “Elle demande que des prières soient dites pour tous les pécheurs et aussi pour ceux qui se sentent désespérés, car elle lit les cœurs et les justifie devant Dieu !” » 
« Dans un autre exorcisme, pendant qu’il se vantait des souffrances causées à quelques innocents, j'ai commencé à prier avec détermination : “Seigneur Jésus-Christ, alors que sur la croix tu semblais vaincu, alors qu'il semblait que la puissance des ténèbres avait gagné pour toujours, c'est vraiment Toi qui as gagné pour toujours.”
 « Et le diable répondit : “Tout est de sa faute, tout est de la faute de sa Mère (la Gospa). C'est pourquoi j'avais appris à cet idiot (il voulait parler de la personne qu'il tourmentait) à la haïr et elle a aussi réussi à surmonter cela. Elle (ici il faisait référence à la Vierge) prie toujours, elle ne se tait même pas un instant, et ses prières sont pour nous des coups de fouet.” » 
« Voici un épisode particulièrement émouvant : un jour, se tournant vers une image de la Vierge qui se trouvait dans la pièce où se réalisait l’exorcisme, le diable se mit à crier : “Pourquoi as-tu tout offert à Cette… ? (suivait un mot grossier) : pourquoi as-tu fait cela ? Pourquoi !” A ces expressions je lui ai commandé de répondre : “Que lui a-t-il été offert ?” Et le diable a répondu : “Sous la croix de Celui-là, elle a souffert !” Il se référait clairement à l’offrande faite par la Vierge au Père éternel d’elle-même et des souffrances de Jésus au moment de la crucifixion, et à son intercession maternelle pour nous à ce moment-là. Puis j’ai commencé à dire : “Souvenez-vous que Marie, au pied de la Croix, a offert Jésus au Père et qu’elle s’est offerte elle-même au Père avec Jésus. Pour nous, ses enfants, elle a offert ce sacrifice.” A ces mots, il s'est écrié, lançant des cris indescriptibles et visiblement accablé par la puissance rédemptrice qui découle du sacrifice du Christ et de Marie sur le Calvaire : “Assez, assez, ne me rappelle pas cela, assez, tu me brûles, tu me brûles !” » 
« Le diable, en une autre occasion, a exposé la puissance de l'intercession de Marie et la décision de Dieu de n’accorder aucune grâce à l'humanité sans l’imprégner de l’intercession de son Cœur Immaculé : “Vous ne le savez pas ou vous le savez, mais vous ne le croyez pas ou vous n’avez pas une foi suffisante : le Cœur Immaculé de Ma… ar… a (il prononçait ce nom au prix d’un effort énorme) sauvera le monde entier. Seulement son Cœur Immaculé !” » 
« L’intercession de la Sainte Vierge ne consiste pas seulement à prier pour nous et avec nous, pour obtenir à la fois la grâce sanctifiante et les grâces individuelles, mais aussi à présenter et à offrir à Dieu tout ce que nous lui donnons. Une fois, alors que nous présentions et offrions à la Vierge des prières, des joies, des souffrances et toute notre vie, ainsi que les tourments subis par le possédé, le diable, d’un ton soumis et humilié, évidemment parce que Dieu l’y contraignait, a dit : “Toutes les joies, toutes les douleurs, les souffrances, offertes à ce Cœur (de la Très Sainte Vierge Marie), sont de douces tendresses de profonde charité qu’elle accepte et offre de ses mains, en les élevant à la lumière du Créateur.” » 
-->
Le livre du P. Francesco Bamonte, La Vierge Marie et le diable dans les exorcismes, estdisponible ici.

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19 décembre, 2019

Mgr Carlo Maria Viganò accuse le pape François de démanteler le Siège de Pierre et de souffrir d'« intolérance mariale »

Acte d’accusation contre le Pape François et manifeste d’amour pour l’Eglise :
le texte le plus vigoureux de Mgr Carlo Maria Viganò à ce jour

S.E. Mgr Carlo Maria Viganò, ancien Nonce apostolique aux Etats-Unis, publie aujourd’hui un document qui constitue une forte mise en accusation du Pape François et, en même temps, une manifestation d’amour ardent pour l’Eglise. Corrispondenza romana a publié le texte intégral en italien, en exclusivité, en début d’après-midi aujourd’hui. C’est avec l’aimable autorisation de Corrispondenza romana que je vous en propose ici ma traduction intégrale en français. Une pièce pour l’histoire…

Elle fait suite aux déclarations du pape François qui, à l’occasion de la fête liturgique de Notre Dame de Guadalupe, a qualifié de « sottises » (« tonterías » en espagnol) l’idée d’affirmer la doctrine de la Vierge Marie, « corédemptrice ». – J.S.

Voici ce que dit le Seigneur Dieu,
qui a créé les cieux et qui les a étendus,
qui a affermi la terre avec ce qui en germe ;

qui donne le souffle au peuple qui vit sur elle,
et la respiration à ceux qui y marchent.
« Je suis le Seigneur, c’est là mon nom ;
je ne donnerai pas ma gloire à un autre,
ni mes louanges aux idoles. »

Le Seigneur sortira comme un héros,
il excitera son ardeur comme un guerrier ;
il élèvera la voix et il poussera des cris ;
il triomphera de ses ennemis.
Longtemps je me suis tu,
j’ai gardé le silence, je me suis contenu ;
je me ferai entendre comme une femme en travail ;

je détruirai et j’anéantirai tout à la fois.
Je rendrai désertes les montagnes et les collines,
je dessécherai leur verdure ;
je changerai les fleuves en îles,
et je tarirai tous les étangs.
Ils retourneront  en arrière, ils seront couverts de confusion
ceux qui se confient aux idoles taillées
qui disent à des images de fonte :
« Vous êtes nos dieux. »

Qui a livré Jacob au pillage,
et Israël à ceux qui le dévastent ?
N’est-ce pas le Seigneur lui-même que nous avons offensé ?
car ils n’ont pas voulu marcher dans ses voies, ni obéir à sa loi.
Aussi a-t-il répandu sur lui l’indignation de sa fureur
et la violence de la guerre ;
il a allumé un feu autour de lui sans qu’il le sût ;
il l’a brûlé sans qu’il le comprit.
(Isaïe 42, 6-17, 24-25)
***

Marie Immaculée, Vierge Mère, Acies Ordinata, priez pour nous


« Y a-t-il dans le cœur de la Vierge Marie autre chose que le Nom de Notre Seigneur Jésus-Christ ? Nous aussi, nous ne voulons avoir qu’un seul nom dans notre cœur : celui de Jésus, comme la Très Sainte Vierge. »

La parabole tragique de ce Pontificat se poursuit avec une succession de coups de théâtre qui s’accélèrent. Il ne se passe pas de jour sans que, depuis le trône suprême, le Souverain Pontife procède au démantèlement du Siège de Pierre, usant et abusant de l’autorité suprême, non pour confesser mais pour nier ; non pour confirmer mais pour égarer ; non pour unir mais pour diviser ; non pour construire mais pour détruire.

Hérésies matérielles, hérésies formelles, idolâtrie, superficialité de toutes sortes : le Souverain Pontife Bergoglio ne cesse d’humilier obstinément la plus haute autorité de l’Église, en « démythifiant » la papauté – comme l’aurait dit peut-être son illustre compagnon Karl Rahner. Son action vise à violer le Dépôt Sacré et à défigurer la Face catholique de l’Epouse du Christ, en paroles et en action, par la dissimulation et le mensonge, par ses gestes saisissants, d’une ostensible spontanéité, mais méticuleusement conçus et planifiés, par lesquels il s’exalte lui-même dans une continuelle auto-célébration narcissique, tandis que la figure du Pontife Romain est humiliée, et celle du Doux Christ en terre obscurcie.

Son action se sert de l’improvisation magistrale, de ce magistère à bâtons rompus, liquide, insidieux comme des sables mouvants, non seulement à haute altitude, à la merci des journalistes du monde entier, dans ces espaces éthérés qui peuvent mettre en évidence un délire pathologique de toute-puissance illusoire, mais aussi lors des cérémonies les plus solennelles qui devraient inciter au tremblement sacré et au révérencieux respect.

A l’occasion de la Mémoire de la Vierge de Guadalupe, le pape Bergoglio a une fois de plus donné libre cours à son évidente intolérance mariale, qui rappelle celle du Serpent dans l’histoire de la chute, dans ce Proto-Evangile qui prophétise l’hostilité radicale placée par Dieu entre la Femme et le Serpent, et l’hostilité déclarée de ce dernier qui, jusqu’à la fin des temps, va essayer de mordre le talon de la Femme et la vaincre, elle et sa descendance. Celle du Souverain Pontife constitue une agression manifeste contre les prérogatives et les attributs sublimes qui font de l’Immaculée, Mère de Dieu toujours Vierge, le complément féminin au mystère du Verbe incarné, intimement associé à Lui dans l’Economie de la Rédemption.

Après l’avoir réduite à n’être que la « voisine d’à côté », ou la migrante qui fuit, ou la simple laïque connaissant les défauts et les crises d’une femme quelconque marquée par le péché, ou le disciple qui n’a évidemment rien à nous apprendre ; après l’avoir banalisée et désacralisée, à l’image de ces féministes qui gagnent du terrain en Allemagne avec leur mouvement « Marie 2.0 », visant à moderniser la Vierge pour en faire un simulacre à leur image et ressemblance, le pape Bergoglio est allé encore plus loin à propos de l’Auguste Reine et Mère Immaculée de Dieu, qui « s’est métissée avec l’humanité… et a métissé Dieu lui-même ». En l’espace de quelques plaisanteries, il a frappé au cœur le dogme marial et le dogme christologique qui lui est lié.

Les dogmes mariaux sont le sceau apposé sur les vérités catholiques de notre foi, définies lors des Conciles de Nicée, d’Éphèse et de Chalcédoine ; ils sont le rempart indestructible contre les hérésies christologiques et contre le déchaînement furieux des Portes du Monde souterrain. Ceux qui les « traversent » et les profanent montrent qu’ils sont du côté de l’Ennemi. Attaquer Marie, c’est s’aventurer contre le Christ lui-même ; attaquer la Mère, c’est s’élever contre le Fils et se rebeller contre le mystère même de la Très Sainte Trinité. La Théotokos Immaculée, « terrible comme une armée rangée en bataille » – Acies ordinata – livrera bataille pour sauver l’Eglise et détruire l’armée de l’Ennemi déchaîné qui lui a déclaré la guerre, et avec lui toutes les pachamamas démoniaques retourneront définitivement en enfer.

Le pape Bergoglio ne semble plus contenir son incapacité à supporter l’Immaculée, et il ne parvient même pas à la cacher sous cette apparente dévotion ostentatoire, toujours sous les projecteurs des caméras, alors qu’il a abandonné la célébration solennelle de l’Assomption et la récitation du Rosaire avec les fidèles, qui remplissaient la cour de Saint Damase et la loggia supérieure de la Basilique de Saint Pierre sous Saint Jean Paul II et le pape Benoît XVI.

Le pape Bergoglio utilise la pachamama pour briser la Vierge de Guadelupe. L’intronisation de cette idole amazonienne jusque sur l’autel de la Confession de Saint-Pierre n’était rien de moins qu’une déclaration de guerre à la Dame et la Patronne de toutes les Amériques qui, par son apparition à Juan Diego, a détruit les idoles démoniaques et conquis les Indiens pour le Christ et pour l’adoration du « Dieu Très Vrai et Unique », grâce à sa médiation maternelle. Et ce n’est pas une légende !

Quelques semaines après l’épilogue de l’événement synodal qui a marqué l’investiture de la pachamama au cœur de la catholicité, nous avons appris que le désastre conciliaire du Novus Ordo Missae fait l’objet d’une modernisation supplémentaire, par l’introduction de la « Rosée » dans le Canon eucharistique au lieu de la mention du Saint Esprit, la troisième Personne de la Très Sainte Trinité.

C’est un pas supplémentaire dans le sens de la régression vers la naturalisation et l’immanentisation du culte catholique, vers un Novissimus Ordo panthéiste et idolâtre. La « Rosée », entité présente dans le « lieu théologique » des tropiques amazoniens – comme nous l’ont appris les Pères synodaux – apparaît comme le nouveau principe immanent de fécondation de la Terre, qui opère sa  « transsubstantiation » dans un Tout panthéistement relié, auquel les hommes sont assimilés et soumis, à la gloire de la pachamama. Et nous voilà plongés dans les ténèbres d’un Nouveau Paganisme, mondialiste et éco-tribal, avec ses démons et ses perversions. Par cet énième bouleversement liturgique, la Révélation divine passe de la plénitude à l’archaïsme ; de l’identité hypostatique de l’Esprit Saint, nous glissons vers l’évanescence symbolique et métaphorique propre à la rosée, que la gnose maçonnique a fait sienne depuis longtemps.

Mais revenons un instant sur les statues idolâtres, d’une rare laideur, et sur la déclaration du pape Bergoglio au lendemain de leur enlèvement de l’église de Traspontina et de leur noyade dans le Tibre. Cette fois encore, les paroles du Pape ont le parfum d’un mensonge colossal : il nous a fait croire que les statuettes ont été promptement exhumées des eaux sales grâce à l’intervention des Carabinieri. On se demande pourquoi une équipe de VaticanNews, coordonnée par Tornielli et Spadaro de Civiltà Cattolica, avec des reporters et des cameramen de la presse judiciaire, n’est pas venue filmer les exploits des plongeurs et capturer le sauvetage des pachamas. Il est également peu probable qu’une opération aussi spectaculaire n’ait pas retenu l’attention de quelques passants, équipés d’un téléphone portable pour filmer puis relancer le scoop sur les réseaux sociaux. Nous sommes tentés de retourner cette question à la personne qui a fait cette déclaration. Certainement, cette fois aussi, il nous répondra par son silence éloquent.

Depuis plus de six ans maintenant, nous sommes empoisonnés par un faux magistère, une sorte de synthèse extrême de toutes les idées fausses conciliaires et des erreurs post-conciliaires qui se sont propagées imparablement, sans que la plupart d’entre nous ne s’en aperçoivent. Il en est ainsi parce que Vatican II a ouvert non seulement la boîte de Pandore, mais aussi la fenêtre d’Overton, et d’une manière si graduelle que personne ne s’est rendu compte des bouleversements qui avaient eu lieu, de la nature authentique des réformes, de leurs conséquences dramatiques ; nous n’avons même pas pensé à avoir de soupçon à l’égard de celui qui se trouverait réellement aux commandes de cette gigantesque opération subversive que le cardinal moderniste Suenens appelait « le 1789 de l’Eglise catholique ».

Ainsi, au cours de ces dernières décennies, le Corps mystique s’est lentement vidé de son sang par une hémorragie que rien ne pouvait arrêter : le Dépôt sacré de la Foi a été progressivement dilapidé, les Dogmes dénaturés, le Culte sécularisé et progressivement profané, la Morale saccagée, le Sacerdoce diffamé, le Sacrifice eucharistique protestantisé et transformé en Banquet convivial…

Maintenant l’Eglise est inanimée, couverte de métastases, dévastée. Le peuple de Dieu devenu analphabète, dépouillé de sa Foi, tâtonne dans les ténèbres du chaos et de la division. Au cours de ces dernières décennies, les ennemis de Dieu ont progressivement fait de deux mille ans de Tradition, de la terre brûlée. Par une accélération sans précédent, grâce à la charge subversive de ce pontificat soutenue par le puissant appareil jésuite, on est en train de livrer un coup de grâce mortel à l’Eglise.

Avec le pape Bergoglio – comme avec tous les modernistes – il est impossible de chercher la clarté, car la marque distinctive de l’hérésie moderniste est précisément la dissimulation. Maîtres de l’erreur et experts dans l’art de la tromperie, ils « s’efforcent de faire accepter universellement ce qui est ambigu, présentant le côté inoffensif, qui servira de passeport pour introduire le côté toxique, qui a été initialement gardé caché » (P. Matteo Liberatore S.I.). Ainsi, le mensonge répété avec obstination et obsession finit par devenir « vrai » et accepté par la majorité.

Typiquement moderniste, aussi, est la tactique de soutenir ce que l’on veut détruire, en utilisant des termes vagues et imprécis, en favorisant l’erreur sans jamais la formuler clairement. C’est exactement ce que fait le Pape Bergoglio, avec son amorphisme qui dissout les Mystères de la Foi, avec l’approximation doctrinale qui lui est propre, par laquelle il « métisse » et démolit les dogmes les plus saints, comme il l’a fait avec les dogmes mariaux de la Mère toujours Vierge de Dieu.

Le résultat de cet abus de pouvoir, nous l’avons sous les yeux : une Eglise catholique qui n’est plus catholique, un récipient vidé de son contenu authentique et rempli de marchandises de pacotille.

L’avènement de l’Antichrist est inévitable, il fait partie de l’épilogue de l’Histoire du Salut. Mais nous savons que c’est la prémisse du triomphe universel du Christ et de sa glorieuse Epouse. Ceux d’entre nous qui n’avons pas été trompés par ces ennemis de l’Eglise, enfermés dans le Corps ecclésial, devons nous unir et faire front commun contre le Malin, vaincu depuis longtemps, mais encore capable de nuire et de provoquer la perdition éternelle des multitudes, mais dont la Sainte Vierge, notre « Condottiera », écrasera définitivement la tête.

Maintenant, c’est notre tour. Sans équivoque, sans nous laisser chasser de cette Eglise dont nous sommes les enfants légitimes et dans laquelle nous avons le droit sacro-saint de nous sentir chez nous, sans que la horde haineuse des ennemis du Christ nous fasse sentir marginalisés, schismatiques et excommuniés.

Maintenant, c’est notre tour ! Le triomphe du Cœur Immaculé de Marie – Corédemptrice et Médiatrice de toutes les grâces – passe par ses « petits », certes fragiles, et pécheurs, mais du signe absolument contraire aux à celui des enrôlés dans l’armée de l’Ennemi. « Petits » consacrés, sans aucune limite, à l’Immaculée, pour être son talon, la partie la plus humiliée et méprisée, la plus détestée par l’enfer, mais qui, avec Elle, écrasera la tête du Monstre infernal.

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort s’est demandé : « Mais quand ce triomphe aura-t-il lieu ? Dieu seul le sait. » Notre tâche est de veiller et de prier comme le recommande ardemment sainte Catherine de Sienne : « Hélas ! Je meurs et cependant je ne puis mourir. Ne restez pas endormis dans la négligence, faites au moment présent ce qui est possible. Consolez-vous en Christ Jésus, le doux amour. Noyez-vous dans le sang du Christ crucifié, mettez-vous en croix avec le Christ crucifié, cachez-vous dans les plaies du Christ crucifié, baignez-vous dans le sang du Christ crucifié » (Lettre 16).

L’Eglise est enveloppée par les ténèbres du modernisme, mais la victoire appartient à Notre Seigneur et à son Epouse. Nous voulons continuer à professer la foi éternelle de l’Eglise face au rugissement du Mal qui l’assiège. Nous voulons veiller avec Elle et avec Jésus, dans ce nouveau Gethsémani de la fin des temps, pour prier et faire pénitence en réparation des nombreuses offenses qui leur ont été faites. »

+ Carlo Maria Viganò
Archevêque titulaire. d’Ulpiana
Nonce apostolique

19 décembre 2019

Ce texte a été traduit avec l'aimable autorisation de Corrispondenza romana qui en a fait la publication exclusive en italien ce 19 décembre à 14:00. Lire ici le texte original en italien sur Corrispondenza romana.

© leblogdejeannesmits pour la traduction

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