Ministre de gouvernement du Nicaragua, Ana Isabel Morales a présenté la position de son pays devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève qui procède actuellement à l'Examen périodique universel des droits de l'homme pour son pays. Sommé par plusieurs ONG de rétablir la légalité de l'avortement « thérapeutique » (voir ici le communiqué d'Amnesty International), le Nicaragua n'entend pas changer sa législation, d'autant que le « droit à l'avortement » n'est pas (encore) au programme des conventions de l'ONU. Mme Morales déclara clairement :
« Les transformations légales et les nouvelles dispositions relatives à l'avortement au Nicaragua sont le résultat de l'exercice de la souveraineté dans notre pays (...), il ne s'agit pas d'une affaire religieuse. La plupart des Nicaraguayens estiment que le droit à la vie de l'enfant à naître est important, qu'il est lui aussi un être humain avec jouissance du droit à la vie, que l'avortement n'est pas un moyen de contrôle des naissances approprié : la solution, c'est véritablement la prévention à travers l'usage de moyens anticonceptionnels. »
Même si l'on ne partage pas entièrement son point de vue on ne peut que saluer ce courage qui met réellement le Nicaragua en porte à faux par rapport à l'ONU qui se mêle ici de domaines hors de sa compétence.
Le Haut commissariat des Nations unies pour les droits de l'homme (ACNUDH) a en effet sommé le Nicaragua d'étudier la possibilité de créer des exceptions à l'interdiction générale de l'avortement, affirmant que « le Comité contre la Torture (sic) exprimait sa profonde préoccupation en raison de l'interdiction générale de l'avortement dans le code pénal, même en cas de viol, d'inceste ou de grossesses qui menacent la vie de la mère, qui souvent aboutissaient directement à des crimes en relation avec la violence de genre ».
Le Comité contre la Torture ainsi que l'équipe de l'ONU présente, représentant le point de vue du Comité pour l'élimination de la discrimination envers les femmes, le Comité des droits de l'homme et le Comité des droits économiques, sociaux et culturels, ont donc recommandé au Nicaragua de changer sa loi, invoquant des rapports de Human Rights Watch. La représentant d'Amnesty International à cette session d'évaluation, Esther Mayor, développa de son côté l'idée que les soins du cancer ou des maladies cardiaques sont interdits au Nicaragua lorsqu'ils représentent une menace pour l'enfant à naître, ce qui reste à vérifier.
On notera que plusieurs pays ont abondé dans le sens de l'ONU, comme les Etats-Unis, l'Italie, les Pays-Bas, l'Espagne et la Norvège... Et la France.
La France, représentée par Emmanuel Pineda, a ainsi réclamé que des études soient faites au Nicaragua pour évaluer « l'impact potentiel sur la mortalité maternelle » de l'interdiction de l'avortement, et elle a explicitement recommandé d'« amender la législation sur l'avortement afin de le permettre en cas d'agression sexuelle », d'inceste ou de danger pour la vie de la mère, et de « garantir l'accès de toutes les femmes à la santé sexuelle et reproductive ».
On peut voir les sessions de l'Examen périodique universel en direct ou en différé sur le site de l'ONU.
© leblogdejeannesmits.
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09 février, 2010
29 janvier, 2010
Human Rights Watch veut l'avortement en Irlande
Alors que la Cour européenne des droits de l'homme devrait d'ici à quelques semaines se prononcer sur le cas de trois Irlandaises privées dans leur pays du « droit » à l'avortement, l'ONG pour les droits de l'homme Human Rights Watch a publié jeudi un rapport de 57 pages dénonçant le « fardeau financier, logistique, physique et émotionnel » imposé aux femmes dont la liberté d'avorter est entravée par les lois irlandaises.
Cette parfaite coordination dans le temps s'accompagne d'une évidente identité des propos, et repose sur le fait que - selon HRW - des milliers de femmes Irlandaises sont « obligées » de traverser les frontières, sans aides publiques, pour faire supprimer leur fils ou leur fille à naître.
Le rapport s'intitule « Un Etat d'isolement : l'accès à l'avortement des femmes en Irlande » et invoque un très imaginaire « droit international » (et la simple « décence humaine » pour revendiquer non seulement des services d'avortement et des aides publiques pour y accéder. « En Irlande, au contraire, elles sont activement ignorées, stigmatisées, exclues. »
On croirait lire, presque mot pour mot et en tout cas idée par idée, l'argumentaire développé devant la CEDH début décembre. Les rédacteurs évoquent la « peur » des médecins qui, craignant la prison, n'osent même pas rechercher des anomalies fœtales (on n'a pas souvenir pourtant de récentes condamnations de quiconque pour avortement illégal...)
Marianne Mollman, responsable des droits des femmes au sein de HRW, une ONG qui a pignon sur rue dans le monde entier, assure que « la loi irlandaise sur l'avortement est en elle-même un affront aux droits humains ». Elle dénonce le fait que même les rares cas où l'avortement est autorisé (en fait il s'agit plutôt de procédures médicales pouvant entraîner la mort du fœtus sans intention de la donner du fait d'un soin nécessaire pour sauver la vie de la mère), le gouvernement se débrouille pour le rendre si inaccessible que la peur de la prison prime tout. Et répertorie des cas où des jeunes femmes, notamment des mineures, n'ont pu aller au Royaume-Uni en raison du « sabotage actif de leurs décisions de santé par l'Etat ».
L'affaire n'est ni anodine, ni marginale. Il existe en effet une forte campagne, depuis plusieurs dizaines d'années, visant à imposer l'idée que l'accès à l'avortement « sûr et légal » est un droit de l'homme qui lie les parties aux différentes conventions internationales. Il n'en est rien juridiquement (pour le moment en tout cas), mais ces campagnes ouvertes couplées avec des affaires judiciaires comme celle pendante devant les juges européens des droits de l'homme laissent entrevoir aussi bien la tactique que le sens où pousse le vent.
Et comme les groupes féministes aux Etats-Unis (j'ai donné ici l'exemple de l'Etat de Washington mais cela se passe aussi en Virginie et dans le Maryland), HRW vise dans son long rapport (texte intégral ici) les centres d'aide aux futures mères qui devraient être étroitement contrôlées afin d'éviter la fourniture de « fausse information » aux femmes. L'ONG vise ainsi explictement toute évocation d'un lien entre le cancer du sein et l'avortement, mais on devine qu'elle veut aussi faire taire les voix qui osent invoquer le traumatisme post-abortif et dénonce d'emblée tout centre d'aide aux femmes qui n'accueilleraient pas les décisions de celles ayant choisi d'avorter avec compassion, humanité et respect.
© leblogdejeannesmits.
Cette parfaite coordination dans le temps s'accompagne d'une évidente identité des propos, et repose sur le fait que - selon HRW - des milliers de femmes Irlandaises sont « obligées » de traverser les frontières, sans aides publiques, pour faire supprimer leur fils ou leur fille à naître.
Le rapport s'intitule « Un Etat d'isolement : l'accès à l'avortement des femmes en Irlande » et invoque un très imaginaire « droit international » (et la simple « décence humaine » pour revendiquer non seulement des services d'avortement et des aides publiques pour y accéder. « En Irlande, au contraire, elles sont activement ignorées, stigmatisées, exclues. »
On croirait lire, presque mot pour mot et en tout cas idée par idée, l'argumentaire développé devant la CEDH début décembre. Les rédacteurs évoquent la « peur » des médecins qui, craignant la prison, n'osent même pas rechercher des anomalies fœtales (on n'a pas souvenir pourtant de récentes condamnations de quiconque pour avortement illégal...)
Marianne Mollman, responsable des droits des femmes au sein de HRW, une ONG qui a pignon sur rue dans le monde entier, assure que « la loi irlandaise sur l'avortement est en elle-même un affront aux droits humains ». Elle dénonce le fait que même les rares cas où l'avortement est autorisé (en fait il s'agit plutôt de procédures médicales pouvant entraîner la mort du fœtus sans intention de la donner du fait d'un soin nécessaire pour sauver la vie de la mère), le gouvernement se débrouille pour le rendre si inaccessible que la peur de la prison prime tout. Et répertorie des cas où des jeunes femmes, notamment des mineures, n'ont pu aller au Royaume-Uni en raison du « sabotage actif de leurs décisions de santé par l'Etat ».
L'affaire n'est ni anodine, ni marginale. Il existe en effet une forte campagne, depuis plusieurs dizaines d'années, visant à imposer l'idée que l'accès à l'avortement « sûr et légal » est un droit de l'homme qui lie les parties aux différentes conventions internationales. Il n'en est rien juridiquement (pour le moment en tout cas), mais ces campagnes ouvertes couplées avec des affaires judiciaires comme celle pendante devant les juges européens des droits de l'homme laissent entrevoir aussi bien la tactique que le sens où pousse le vent.
Et comme les groupes féministes aux Etats-Unis (j'ai donné ici l'exemple de l'Etat de Washington mais cela se passe aussi en Virginie et dans le Maryland), HRW vise dans son long rapport (texte intégral ici) les centres d'aide aux futures mères qui devraient être étroitement contrôlées afin d'éviter la fourniture de « fausse information » aux femmes. L'ONG vise ainsi explictement toute évocation d'un lien entre le cancer du sein et l'avortement, mais on devine qu'elle veut aussi faire taire les voix qui osent invoquer le traumatisme post-abortif et dénonce d'emblée tout centre d'aide aux femmes qui n'accueilleraient pas les décisions de celles ayant choisi d'avorter avec compassion, humanité et respect.
© leblogdejeannesmits.
30 octobre, 2006
Les organisations internationales contre la vie
"Human Rights Watch" a l'oreille de bien des organisations internationales au titre de sa "veille" pour le respect des droits de l'homme, et à ce titre l'association s'inquiète du "recul du droit des femmes aux Etats-Unis" en matière d'avortement. Sans même s'exprimer sur les lois en voie de révision dans des Etats comme le Dakota du Sud, HRW s'alarme déjà dans son dernier rapport du fait que dans certains Etats américains, il soit devenu obligatoire d'avertir les candidates à l'avortement des risques liés à l'intervention : cancer du sein, dépression etc. C'est une "désinformation délibérée", proclame HRW, une information "médicalement fausse" qui contrevient au droit des femmes d'obtenir un avortement en toute sécurité.
Toute cette campagne part de l'idée que l'avortement serait un "droit" et annonce (comme dans le cas du Nicaragua) une mobilisation des organisations internationales contre les Etats qui osent faire de la résistance. Ou, comme on le voit de plus en plus souvent actuellement, marche arrière.
Human Rights Watch se distingue par son activisme pro-avortement à travers la planète ; www.lifenews.com observe par ailleurs que cette organisation ne s'est jamais inquiétée de la pratique d'avortements forcés en Chine, par exemple...
Toute cette campagne part de l'idée que l'avortement serait un "droit" et annonce (comme dans le cas du Nicaragua) une mobilisation des organisations internationales contre les Etats qui osent faire de la résistance. Ou, comme on le voit de plus en plus souvent actuellement, marche arrière.
Human Rights Watch se distingue par son activisme pro-avortement à travers la planète ; www.lifenews.com observe par ailleurs que cette organisation ne s'est jamais inquiétée de la pratique d'avortements forcés en Chine, par exemple...
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