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13 janvier, 2023

Décès du cardinal George Pell : la réaction attristée du cardinal Burke, qui lui avait rendu visite la veille

Je publie volontiers ci-dessous le communiqué du cardinal Raymond Burke publié le 11 janvier à la suite du décès du cardinal George Pell, mort à l’âge de 81 ans de complications cardiaques au cours d’une opération de la hanche.


Avec le cardinal Pell disparaît un grand serviteur du Christ, un prince de l’Eglise profondément atteint par la confusion régnant aujourd’hui. – J.S.











*

Décès du Cardinal George PELL
11 janvier 2023

Le décès soudain du cardinal George Pell a privé l’Église du compagnonnage terrestre d’un pasteur sage et aimant, plein de joie et de courage. J’ai quant à moi perdu le compagnonnage terrestre d’un grand ami, qui fut un exemple au sein du Sacré Collège des Cardinaux. J’ai longuement rendu visite au cardinal Pell l’après-midi qui a précédé son hospitalisation pour une opération de remplacement de la hanche, et j’en garde le vif souvenir de son amour ardent pour le Christ et pour l’Église, son Épouse.

Le cardinal Pell était un défenseur infatigable et intrépide des vérités de la foi, à commencer par les préceptes fondamentaux de la loi morale relatifs à l’inviolabilité de la vie humaine innocente et sans défense, à la sauvegarde du sens intégral du mariage et de sa fructification dans la famille, et à la liberté de pratique de la religion, non pas en raison de quelque conviction idéologique mais parce que, prêtre du Christ, il L’aimait et désirait Le servir fidèlement. La « divine jalousie » de saint Paul à l’égard de l’Eglise l’animait, il ne cessait d’œuvrer pour la « présenter au Christ comme une vierge pure » (2 Co 11, 2). Je l’ai ainsi trouvé, à la veille de son hospitalisation, plein d’énergie pour aider toutes ces personnes qui souffrent aujourd’hui de la confusion et de la division qui règnent dans l’Eglise et qui sont, par conséquent, profondément découragées, se sentant même abandonnées par ceux qui ont été ordonnés pour être leurs pères spirituels.

La vie du cardinal Pell au service du Christ et de son Epouse, l’Eglise, fut remarquablement féconde. Je ne chercherai pas à décrire toute la richesse de sa vie sacerdotale et épiscopale, de peur d’omettre quelque aspect important du mystère du Christ à l’œuvre en lui afin qu’il enseigne, sanctifie et gouverne le troupeau qui lui fut confié. La biographie de Tess Livingstone, George Pell : Defender of the Faith Down Under (Ignatius Press, 2005), son article, « A life lived for the Church and its founder » dans The Australian (11 janvier 2023), et les trois volumes du Journal de Prison de la plume-même du cardinal (Ignatius Press, 2020-2021) offrent d’excellentes ressources pour connaître et réfléchir au mystère du saint sacerdoce dans la vie du Cardinal Pell.

Je ne proposerai qu’une seule réflexion. Au cours des nombreuses années pendant lesquelles j’ai connu le cardinal Pell et bénéficié de son amitié, j’ai tout particulièrement admiré la romanité de son cœur. Il a toujours été un fier fils de l’Australie et il parlait volontiers de sa patrie, mais son cœur était romain. Son cœur appartenait au Cœur du Christ qui guide son Église, une dans le monde entier, depuis le Siège de Pierre, à travers le ministère de son Vicaire sur la terre, le Successeur de saint Pierre, et des Évêques en communion avec le Pontife romain. Comme chez tout catholique fidèle originaire des contrées les plus diverses de notre monde, le cœur de George Pell, sans oublier les précieuses racines le reliant à sa patrie, battait de l’amour-même du Christ qui embrasse le monde entier. En rendant grâce à Dieu pour la vie et la vocation sacerdotale du cardinal Pell, je chéris, tout spécialement, son cœur romain. 

Prions pour le repos éternel de l’âme immortelle du cardinal Pell. Qu’il repose en paix.

Raymond Leo cardinal BURKE

© leblogdejeannesmits pour la traduction autorisée. Le texte original en anglais est ici.

©Olivier Figueras pour la photo.

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30 juin, 2020

Michèle Madiran, R.I.P.



























Michèle Arfel Madiran a été rappelée à Dieu ce matin, 30 juin, au terme d'une longue maladie, sept ans après le décès de son époux, Jean Madiran, qui lui manquait tant.

Elle s'est éteinte après plusieurs mois d'hospitalisation, ayant reçu la grâce des derniers sacrements, très entourée.

De Michèle, je garde le souvenir lumineux d'une femme chaleureuse, amicale, droite. Elle avait une belle admiration pour Jean Madiran, elle était son soutien ; que de jolie complicité entre eux deux !

Je me souviens de sa voix posée, grave et rassurante. De son accueil si amical, de son humour pince-sans-rire.

Beaucoup de prières l'ont accompagnée vers son grand départ dans l'autre monde, le vrai, où Dieu daigne l'accueillir et la réunir au plus vite avec ceux qu'elle a tant aimés et qui l'ont précédée là-haut.

Requiescat in pace.

Le site de Notre-Dame de Chrétienté a publié une version plus longue de cet hommage ce matin : on peut le retrouver ici.

© photo : Olivier Figueras


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© leblogdejeannesmits

04 avril, 2020

Dr Xavier Dor, R.I.P. Un hommage…

Le Dr Xavier Dor a été emporté ce samedi en tout début d’après-midi par le coronavirus. Cet immense défenseur de la vie, grand dévot de la Vierge Marie –offrant la Médaille miraculeuse à tous, amis comme ennemis – est mort à l’hôpital, ayant eu la grâce immense de recevoir mardi dernier, avant son hospitalisation, les derniers sacrements.

Il avait 91 ans.

Il faudra certainement raconter l’histoire de la vie de ce médecin embryologiste que les événements ont conduit à Cuba et en Afrique, dans les avortoirs et dans les tribunaux, et même en prison – puni pour avoir pris la défense des enfants à naître.

Mais pour l’heure, quelques souvenirs émus, qui donnent l’espérance de croire qu’il ne tardera pas à recevoir sa récompense éternelle, lui qui a défendu sans relâche les tout-petits, au nom des droits de Dieu ! Que Dieu l’accueille bien vite dans sa gloire, si ce n’est déjà fait.

Xavier Dor, c’était une foi lumineuse, une bonté qui enveloppait les bons comme les méchants, la pitié pour tous ceux qui étaient atteints par l’horreur de l’assassinat des enfants à naître, une innocence dans le regard, une candeur qui le rendait capable d’insister à temps et à contretemps pour que cesse le massacre des innocents, et ce sourire plein de douceur qui semble avoir plus que tout activé la haine des partisans de l’avortement.

Je me souviens de toutes ces fois où – j’étais encore à Présent – il nous avertissait d’une action ou d’une prière publique qu’il allait mener, me donnait un entretien, me demandait de déchiffrer un communiqué qu’il avait écrit à la main, on ne sait trop comment, car il était quasiment aveugle.
Je me souviens de ces heures passées au tribunal et devant la cour d’appel, où le Dr Dor était traîné devant la justice pour avoir averti les femmes qu’elles souffriraient abominablement d’avoir tué leur enfant. Je me rappelle l’avocat d’en face qui brandissait une petite paire de chaussons que le Dr Dor avait coutume de donner aux futures mamans tentées par l’« IVG », en dénonçant « la violence des chaussons ! »

Nous habitions le même quartier, à quelques rues, près du métro Ségur à Paris. Que de fois est-il passé à la maison pour parler, raconter une manifestation, présenter un initiative, et même faire le récit de son pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle à vélo, déjà bien âgé et sans rien y voir ou presque. S’excusant d’avoir utilisé ce moyen de locomotion bien confortable, lui qui aimait marcher ! Mais que l’on voyait circuler à vélo dans le dense trafic parisien en se disant que son ange gardien devait avoir suivi des entraînements de survie.

Mon mari l’a d’ailleurs un jour vu – le Dr Dor –, près de la maison, aider un aveugle à traverser. Cela nous faisait sourire. Mais c’était aussi le symbole, une manifestation de son grand cœur ; de sa volonté de secourir les plus faibles.

Que de fois sommes-nous passés chez lui, accueillis toujours avec la même bonté, la même hospitalité. C’est aussi – cela me revient – le Dr Dor qui m’a prescrit de la chloroquine à prendre préventivement avant de me rendre au Gabon pour un court séjour il y a quelques années…

Xavier Dor était un homme de science mais la foi assistait sa raison, et il avait cette certitude fondamentale : le crime contre les enfants à naître, un crime public et organisé par l’Etat, est un crime contre Dieu qui est le maître de la vie. C’est pourquoi il avait choisi la voie difficile du témoignage public et religieux, organisant sans relâche des prières devant les lieux où l’avortement légal est pratiqué. L’avortement est un drame, un péché et une tragédie personnels, mais il est bien plus que cela, une révolte de la société contre Dieu, qu’il s’agit aussi de réparer.

Prière et pénitence… Prière du chapelet, pénitence acceptée lorsqu’on lui lançait des insultes, alors qu’il témoignait pacifiquement avec un petit groupe de courageux, lorsqu’il était poursuivi et jugé, lorsqu’il passa plusieurs semaines en prison (il en profita pour distribuer des médailles miraculeuses à tout va) pour avoir « entravé l’IVG ». Je crois que le Malin ne supportait pas sa voix ni sa douceur.
Et encore des souvenirs… Ce jour où il me donna rendez-vous, sans autre explication, tel un agent secret, dans un café non loin de chez lui. M’embarquait dans un taxi avec un ami photographe, pour aller demander l’asile à la nonciature à Paris. Il y eut une longue attente dans le salon de la nonciature, des discussions, le refus d’accueillir le Dr Dor qui allait de fait se retrouver derrière les barreaux quelques jours plus tard. Les innocents paient toujours.

Xavier Dor était un homme émerveillé. Admiratif devant la beauté de la vie, la joie de la conversion, la splendeur du tout-petit et la majesté de Dieu.

C’était un homme d’un incroyable courage dans sa faiblesse, dénonçant sans relâche les transgressions qui sont le moteur de la franc-maçonnerie et allant jusqu’à organiser des manifestations près du Grand-Orient, où il entra même un jour de portes ouvertes pour voir et discuter lui-même avec ceux qui préparent des lois de mort.

La Providence a voulu que je puisse lui parler, mardi, au téléphone, peu avant son départ pour l’hôpital… et le ciel. Il n’avait pas changé d’un iota. Il était si heureux d’avoir pu recevoir la visite d’un prêtre, la veille, et de se confesser, de recevoir les derniers sacrements. Il parlait d’une voix  claire, paisible.

« Oh, que je suis heureux ! Oh, que je suis content… »

Ces mots, je les garde désormais précieusement dans ma mémoire, comme un A Dieu. Ils revenaient si volontiers dans sa bouche qu’ils semblaient dessiner un programme de vie. Et un engagement à ne pas abandonner le combat.

Prions pour le repos de son âme. Mais prions aussi pour que le bon Dr Dor plaide auprès du bon Dieu pour qu’Il écourte l’épreuve que nous vivons, celle de l’éclipse de l’Eglise, après celle du droit naturel et du bon sens.


*

Pour le Dr Xavier Dor : un “rosaire en mode confiné” aura lieu ce dimanche 5 avril à 11h45, organisé par ses enfants.

Participerez-vous ?

© Photo : Olivier Figueras.


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11 décembre, 2018

Robert Spaemann est mort le lundi 10 décembre 2018 : défenseur de la messe traditionnelle, il dénonçait aussi “Amoris laetitia”

Le Pr Robert Spaemann a été rappelé à Dieu le lundi 10 décembre, au terme d'une longue maladie. Cet ami personnel du pape émérite, Benoît XVI, était un penseur catholique attaché à la philosophia perennis,  et – par un goût somme toute voisin parce que cohérent – à la forme traditionnelle de la liturgie latine, et en particulier de la messe. Il fut conseiller de Jean-Paul II, mais c’est seulement après l’élection au pontificat de son cher compatriote Josef Ratzinger qu’il a vu la messe tridentine retrouver son droit de cité. Après l'élection du pape François, il devait annoncer clairement son opposition non seulement aux interprétations hétérodoxes d’Amoris laetitia mais à au moins une contradiction directe à l'égard de l'enseignement traditionnel de l'Eglise contenue dans cette Exhortation apostolique.

J'emprunte à Rorate-Caeli quelques éléments de la biographie insolite de ce philosophe profondément traditionnel. Né en 1927 à Berlin, il fait son entrée dans le monde dans un milieu on ne peut plus éloigné du catholicisme. Son père, Heinrich Spaemann, est un écrivain socialiste d'origine protestante ; sa mère, Ruth Krämer, disciple de Mary Wigman, est danseuse d’avant-garde. Leur conversion en 1930 va bouleverser leur vie. Cette année-là, le petit Robert est baptisé catholique. Ruth meurt en 1936 ; Heinrich se plonge dans des études de théologie et sera ordonné prêtre en 1942 par le bienheureux Clemens von Galen, évêque de Münster. Robert a 15 ans.

Lui-même a étudié la philosophie, histoire, la théologie et les langues latines avant d'entamer une carrière d'universitaire dont la mise en place le mènera de Louis de Bonald et des origines de la sociologie qu'il explore dans sa thèse de doctorat, à une monographie sur la controverse entre Fénelon et Bossuet qui lui vaudra sa nomination de professeur. Les universités de Münster, Stuttgart, Heidelberg et Münich l'accueilleront au fil des ans.

Robert Spaemann, en une époque malade du relativisme et du nominalisme – qui atteint son paroxysme dans l'idéologie du genre – s'est imposé comme un penseur réaliste dans le sillage d'Aristote dont il défend la réflexion téléologique sur la nature. En 1978, dans un essai remarqué, Nature, Spaemann explique même que l'oubli de cette compréhension de la nature appuyée sur la finalité a dès les débuts de la modernité ouvert la voie à la crise actuelle de la civilisation.
Il n'est pas non plus affecté par le défaut du moralisme – choses à avoir à l'esprit en considérant sa manière d'aborder les confusions actuelles dans l’Eglise –  puisqu'avec Aristote et la pensée chrétienne il voit dans le bonheur le fondement de l’éthique. Le bonheur selon sa conception classique, s’entend… Cohérence toujours : c'est au nom de cette éthique du bonheur qu'il s'oppose aux utopies marxistes et même à toutes les utopies politiques en général. En tant que philosophe, il a vigoureusement défendu le droit de vivre des enfants à naître.

Rorate-Caeli rappelle que Spaemann avait assisté à la conférence liturgique de 2001 à Fontgombault avec son ami le ardinal Ratzinger. La nécrologie publiée par ce site anglophone rapporte une anecdote contée par Robert Spaemann à sa rédaction en 2016 :
« J’ai assisté un jour à une procession de Fête-Dieu dans le diocèse de Feltkirch en Autriche. Elle était présidée par l’évêque, qui est membre de l’Opus Dei. Aux autels reposoirs, l’évêque tournait le dos à l'ostensoir en récitant les prières. Je me suis dit que si un enfant voyait cela, il lui serait désormais impossible de croire que le Seigneur est présent dans la sainte Hostie, car les petits savent très bien que lorsqu'on parle à quelqu'un, on ne lui tombe pas le dos. Des choses comme celles-là sont très importantes. Cela ne sert à rien que l'enfant étudie son catéchisme si ce qu'il apprend est contredit sous ses propres yeux. Je crois donc que la première chose à faire est de retourner l’autel. Il me semble que cela est plus important que le retour au latin. Personnellement, j'ai de nombreuses raisons d'apprécier le latin, mais ce n'est pas la question la plus fondamentale. Pour ma part, j'aimerais mieux une messe traditionnelle dite en allemand à une nouvelle messe dite en latin. »
Ces dernières années, Robert Spaemann s'est exprimé à plusieurs reprises sur la confusion semée par Amoris laetitia à la suite des deux synodes sur la famille.

Homme à la pensée claire, attaché au sens des mots et à leur relation avec la réalité, Spaemann refusait ainsi de tourner autour du pot en ce qui concerne certains propos contenus dans le cette exhortation apostolique du pape François. Interrogé sur le fait de savoir si une lecture d’Amoris laetitia conforme à la tradition de l’Eglise est possible, il répondait en avril 2016 à la Catholic News Agency :

« Cela est possible pour la majeure partie, et ce même alors que sa ligne générale permet des interprétations qu'il n'est pas possible de rendre compatibles avec l'enseignement de l'Eglise. Mais l'article 305 ainsi que la note 351, où il est dit que les fidèles qui se trouvent dans une “situation objective de péché” peuvent être admis aux sacrements en raison de “circonstances atténuantes”, contredit directement l'article 84 de l'exhortation Familiaris consortio de Jean-Paul II. »

J'ai traduit l'ensemble de cet entretien sur ce blog, c'est vraiment à lire dans son intégralité. Spaemann achevait ses propos par un appel à professer droitement l'enseignement de l'Eglise sur le mariage et l’eucharistie :

« Chaque cardinal, mais aussi chaque évêque et chaque prêtre est appelé à la mesure de son pouvoir de maintenir pleinement la discipline catholique des sacrements et de la professer publiquement. Dans l'hypothèse où le pape n'est pas disposé à apporter des corrections, il appartiendra à un pontificat ultérieur de remettre officiellement de l’ordre. »
Il n'avait pas manqué au passage d'avertir du risque de schisme dans la situation actuelle, ajoutant cette mise en garde :

« Il faut s’attendre à une nouvelle poussée vers la sécularisation et à une nouvelle diminution du nombre des prêtres dans d’importantes parties du monde. On constate déjà depuis longtemps que les évêques et les diocèses qui ont une attitude sans équivoque en matière de foi et de morale ont aussi le plus de prêtres pour la relève. On pense aux paroles de Saint-Paul dans sa lettre aux Corinthiens : “Si la trompette ne rend qu’un son confus, qui se préparera au combat (du Saint Esprit) ?” (1 Cor, 14, 8). »

Sur le même sujet, Robert Spaemann avait confié dès août 2014 une tribune à First Things, que j’ai traduite ici – c’était à la suite des propositions Kasper en vue du  synode extraordinaire sur la famille qui allait se tenir quelque mois plus tard.

Le site « benoit-et-moi » publiait en 2016 la traduction française de l'interview donnée par Spaemann à La nuova bussola où il apportait son soutien aux cardinaux Brandmüller, Burke, Caffarra et Meisner qui venaient d’adresser leurs questions sur Amoris laetitia sous forme de « doutes » (Dubia) au pape François – des questions toujours restées sans réponse. Il disait, notamment : « Il est regrettable que quatre cardinaux seulement aient pris l'initiative dans cette histoire. »

N’oublions pas de prier pour le repos de l’âme de ce grand défenseur de la foi, de la vérité et de l’intelligence occidentale.

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13 août, 2018

A mon cher Papa…

André Smits cette année
Veghel (Pays-Bas), 1919 -  Saint-Congard 2018
J'ai la très grande douleur de vous faire part du décès de mon cher Papa, Andreas Maria Smits, rappelé à Dieu le dimanche 12 août, après la brusque dégradation d'une santé qu'il avait insolente et qui lui a permis d'atteindre ses 99 ans en conservant intacts sa joie de vivre, son humour et son esprit combatif face aux folies du monde actuel. Il vivait seul jusqu'à début juillet…

Lui qui a grandi dans un petit village brabançon dans les Pays-Bas catholiques a eu une enfance d'un autre âge, puis au fil de ses voyages et de ses lectures il a découvert un monde en plein changement, et en pleine déliquescence. Optimiste de caractère, il n'en voyait pas moins l'avenir de la France, de l'Europe et d'un monde d'un œil inquiet – sans doute vous parlerai-je un peu plus de lui car les souvenirs affluent, avec la gratitude d'avoir eu (pardon à tous vous autres) le meilleur et le plus gentil père du monde entier !

En attendant, je vous quémande la charité d'une prière pour le repos de son âme, en remerciant Dieu de lui avoir accordé la mort qu'il voulait. Surtout pas pendant son sommeil, surtout pas subite à la faveur de quelque hémorragie : non, mon cher Papa voulait se voir partir, et il a eu la grâce d'être lucide jusqu'au bout, et de recevoir deux jours avant sa mort l'extrême onction et tous les secours de l'Eglise.

Ses obsèques seront célébrées le jeudi 16 août en l'église de Saint-Congard (56140) à 14 h 30.

Nous avons eu la joie de pouvoir le faire ramener dans sa maison et il repose ici dans sa Bretagne d'adoption, en attendant de rejoindre sa dernière demeure auprès de ma Maman qu'il aimait tant, et de mon grand frère qui l'a précédé dans la mort.

Une fois de plus j'ai pu mesurer combien la vie est précieuse, jusque dans ses derniers instants et ses derniers dépouillements qui sont comme un délestage pour rejoindre le ciel.

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...