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21 février, 2016

Le pape François, le virus Zika et la contraception : analyse critique

Les propos du pape François sur le virus Zika et la contraception ont provoqué trois types de réactions. Pour la majorité – les grands médias du monde entier – le pape vient de lever la condamnation systématique de la contraception qui pourrait, dans certaines circonstances, constituer un « moindre mal ».
Je reproduis ici les propos du pape (vérifiés par rapport au verbatim en italien. C’est à partir de là qu’il faut en juger.
« L’avortement n’est pas un “moindre mal”. C’est un crime. C’est éliminer l’un pour sauver l’autre. C’est ce que fait la mafia, hein ? C’est un crime. C’est un mal absolu. Sur le “moindre mal” : éviter la grossesse est… nous parlons en termes de conflit entre le cinquième et le sixième commandement. Paul VI – le grand ! – lors d’une situation difficile, en Afrique, a permis aux religieuses d’utiliser des contraceptifs pour cause de violence. Il ne faut pas confondre le mal qui consiste à éviter la grossesse avec l’avortement. L’avortement n’est pas un problème théologique, c’est un problème humain, c’est un problème médical. On tue une personne pour sauver l’autre – dans le meilleur des cas. Ou pour pouvoir s’amuser, non ? Il est contraire au serment d’Hippocrate que les médecins doivent prononcer. C’est un mal en soi, mais ce n’est pas un mal religieux au départ : non, c’est un mal humain. Ensuite, évidemment, comme il s’agit d’un mal humain – comme chaque assassinat – il est condamné. En revanche, éviter la grossesse n’est pas un mal absolu ; dans certains cas comme celui-ci, comme celui-là que j’ai évoqué du bienheureux pape Paul VI, c’était clair. Moi j’exhorterais aussi les médecins à tout faire pour trouver des vaccins contre ces deux moustiques qui apportent ce mal ; c’est là-dessus qu’il faut travailler. »
Il y a une ambiguïté évidente : quand le pape parle de « certains cas comme celui-ci (questo), comme celui-là (quello) que j’ai évoqué, du bienheureux pape Paul VI ». Evoque-t-il deux cas : celui du risque (non définitivement confirmé à ce jour) de microcéphalie associé au virus Zika, et celui de l’affaire des religieuses du Congo ? Ou un seul, ce dernier ? Le langage est confus, comme souvent lorsque le pape tient des propos improvisés.
On peut dire au moins ceci : le pape répondait à une question sur le virus Zika, il avait cela très présent à l’esprit comme le prouvent ses remarques sur le fait qu’il voudrait voir « aussi » (anche) les médecins trouver des vaccins.
Voilà pourquoi nombre de catholiques font de ses propos une même lecture que les grands médias. Et ils soulignent qu’il s’agit là d’une rupture évidente et manifeste par rapport à l’enseignement traditionnel de l’Eglise. S’agissant de libres propos du pape, ils n’engagent pas son autorité et ne bénéficient pas de l’infaillibilité pontificale. Mais ils restent inquiétants et le risque existe que des catholiques en soient poussés à croire qu’ils peuvent librement avoir recours à la contraception chimique lorsque les circonstances le permettent, voire le recommandent.
Pour d’autres catholiques, il faut à tout prix justifier les paroles du pape. Ce qui peut se faire de deux manières.
Premièrement : en affirmant qu’il ne voulait pas du tout parler de la contraception artificielle. Le pape se serait contenté de dire que dans certaines circonstances, il est légitime de vouloir éviter une grossesse. C’est ce qu’a déclaré, par exemple, le P. Robert Gahl, professeur associé de philosophie morale à l’Université pontificale de la Sainte-Croix à Rome. Les médias ont mal compris parce qu’ils ignorent l’enseignement de l’Eglise sur la régulation naturelle des naissances. Il aurait également échappé aux auditeurs qu’en évoquant Paul VI le pape François voulait en réalité rendre hommage à l’auteur de Humanae Vitae et réitérer sa condamnation de la contraception.
Cela ne résiste pas à une analyse sans arrière-pensées des propos du pape François. C’est lui-même qui a placé la discussion sur le plan de la contraception ; ou si l’on veut de la « contraception artificielle », puisque dans le cas des religieuses congolaises, il s’agissait bien de leur permettre de prendre une pilule contraceptive.
Deuxièmement option : ces catholiques s’affirment hostiles à la contraception, mais avec un beau sens de la « nuance » et du « discernement ». Ainsi l’enseignement de l’Eglise qui rejette la contraception souffrirait-il des exceptions. C’est l’avis du P. Lombardi, porte-parole du Vatican, qui a trouvé les propos du pape « assez clairs » : « Peut-être il y a des cas très graves, exceptionnels, dans lesquels on peut voir s’il y a des interventions à faire pour prévenir une “gravidance” (une grossesse)… » Il a évoqué une « considération des cas exceptionnels pour voir ce qui est juste à faire dans ces cas exceptionnels. (Ce) n’est pas une ouverture sans réflexion, sans discernement de la gravité des cas. »
Et voilà la contraception hissée au rang de « moindre mal », éventuellement acceptable pour éviter une situation grave.
C’est même – à en croire des commentaires lus ici ou là – ce qui permet de distinguer la morale catholique des préceptes islamiques. Nous autres, nous ne raisonnons pas en termes de « halal » ou « haram » – permis, défendu, pur, impur… – n’est-ce pas ?
Que des catholiques veuillent défendre le pape à tout prix, c’est compréhensible ; mais cela ne dispense personne de raisonner en termes exacts ni de réaffirmer la vérité que l’Eglise nous enseigne, et dont chacun est à sa manière comptable. Le pape est un homme qui peut se tromper, faire preuve d’ignorance sur tel ou tel sujet ; il peut même mentir, ou encore induire en erreur volontairement ou involontairement. Cela ne change rien à sa dignité ou à sa primauté, au devoir du catholique de l’aimer et de prier pour lui et pour le bien de l’Eglise qu’il a la charge de conduire au Christ…
Revenons-donc sur l’opposition « halal-haram »… Il y a ici une confusion : la confusion entre la chose en elle-même et l’acte qui seule est susceptible d’analyse morale. La contraception, c’est toute manœuvre visant à empêcher la conception qui peut résulter d’un acte conjugal. Cette manœuvre est toujours un mal, puisqu’elle sépare les dimensions unitive et procréative de l’acte conjugal. Elles sont inséparables. Celui qui y a recours commet donc un mal moral. En revanche la pilule hormonale, moyen contraceptif, a par ailleurs un effet thérapeutique : une femme qui prend « la pilule » pour soulager une affection gynécologique ne commet en rien un mal moral puisque son objectif n’est pas d’empêcher la fécondité de l’acte conjugal. Elle ne commet pas un acte contraceptif.
En ce sens on pourrait dire que ce n’est pas la « chose » qui est « halal » ou non, c’est l’utilisation qui en est faite, en fonction de l’intention de celui ou de celle qui agit.
Il en va de même avec le fait de tuer un être humain, qui est un mal en soi. Mais c’est un acte qui peut ne pas constituer un mal moral : lorsqu’on tue en légitime défense (personnelle ou dans le cadre de la société – lorsqu’un pays se défend dans un état de guerre) on n’agit pas de manière répréhensible. Dans cette même logique, L’avortement délibéré est toujours un acte moralement mauvais puisqu’il ne vise pas un injuste agresseur, mais une vie humaine innocente.
Alors oui, la religion catholique nous dit qu’il y a des péchés graves ou moins graves, véniels ou mortels : elle tient compte de la matérialité des actions, de l’intention et de la responsabilité, mais elle enseigne avec clarté qu’il est interdit de tuer l’innocent, de voler, de tromper son conjoint, de violer… et, aussi d’avoir recours à la contraception.
Ces maux ne sauraient être utilisés comme des moyens pour obtenir un bien : voler pour nourrir les pauvres, sacrifier délibérément un innocent pour sauver d’autres innocents, tromper son conjoint pour « sauver » un mariage ennuyeux, avoir recours à la contraception pour éviter une grossesse encombrante pour le couple, voire dangereuse pour la femme.
Les déclarations du pape font de tout cela un beau salmigondis qu’il importe de débrouiller un peu.
Il y a d’abord la notion du « moindre mal ». Comme je l’écrivais déjà vendredi, cela supposerait qu’il y eût un mal grave à éviter grâce à la contraception. Quel mal ? Telle que la question est posée, il s’agirait de l’avortement ; utiliser la contraception comme seul autre choix possible par rapport à l’avortement – autrement dit, considérer celui-ci comme une fatalité dans le cas d’un diagnostic de microcéphalie. Or dans le cas d’un tel diagnostic, l’avortement n’est pas une option, et il existe un bien à choisir : accueillir l’enfant comme un don, quel qu’il soit.
Ou alors, la contraception, l’évitement de la grossesse, serait à considérer comme un moindre mal par rapport à la conception d’un enfant contaminé par Zika, et microcéphale (rappelons que le lien entre les deux n’est pas à ce jour établi). Mais la conception d’un enfant handicapé serait-il donc un « mal moral » ? En aucun cas ! Même si le handicap est un malheur, un mal si l’on veut. Ne pas confondre la chose et l’acte susceptible d’un jugement moral…
Un couple peut-il éviter la conception d’un enfant alors qu’il craint de donner le jour à un handicapé ? Oui, répond l’Eglise. Pie XII disait aux sages-femmes en 1951, affirmant que l’usage des périodes infécondes dans les rapports sexuels était licite pourvu que « des motifs sérieux comme ceux qu’il n’est pas rare de trouver dans ce qu’on appelle l’indication médicale, eugénique, économique et sociale » existent. Il y a une indication « eugénique ». Elle permet d’éviter les grossesses par des moyens licites – des moyens bons, non point un « moindre mal » –, et non par le recours à des moyens mauvais, fussent-ils utilisés pour cette bonne fin.
Si le pape voulait parler de l’abstinence pendant les périodes fertiles, il serait faux de la désigner comme un « moindre mal » ; ce serait un agir bon, correct, conforme à la loi divine…
Allons plus loin. Quel « conflit » y aurait-il entre le 6e et 5e commandement ? Si l’on comprend bien le pape François, il s’agit d’attenter au 6e commandement pour ne pas tuer, pour ne pas contrevenir au 5e commandement, présenté comme plus grave. En réalité, il s’agit alors de justifier une transgression en affirmant : « Si je ne fais pas ceci qui est interdit, je ferai cela qui est encore plus gravement interdit (et auquel rien ne me contraint). » Cela paraît absurde.
Passons à l’avortement, qui ne serait pas un « problème théologique », un « mal religieux » mais un « problème humain ». Sans doute est-ce une manière de dire que l’interdiction de l’avortement n’est pas un précepte religieux mais qu’elle relève de la naturelle. Soit. Le pape François ajoute que l’évitement de la grossesse n’est pas du même ordre, ce qui est juste, puisque éviter une grossesse peut constituer un acte moralement bon – c’est toute la logique de la régulation naturelle des naissances – mais en laissant planer plus que fortement l’idée que la contraception puisse être un mal, un mal relatif acceptable afin d’éviter des grossesses.
La finalité de l’acte conjugal ne serait-elle donc pas accessible à un jugement moral humain, fondé sur la nature même de cet acte ? Le refus de la contraception ne relèverait-il plus que d’un interdit religieux ? Comme le commandement de ne pas manger de la viande les vendredis de carême, ou de ne pas profaner les Saintes Espèces ? Voilà qui relativiserait fortement la réflexion sur la contraception, et sur plus d’un plan : d’abord parce que la contraception chimique possède une forme d’action abortive, et aussi parce qu’elle soulève des questions (et admet des réponses) de moralité humaine qui ne dépendent pas d’une vérité révélée.
A l’aune de la réflexion du pape, bien des portes s’ouvrent du coup : la contraception devient envisageable, sous condition de « discernement », dans bien des situations : le risque accru de donner naissance à un trisomique, lié à l’âge de la femme ; le risque de transmission du sida ; la liste est longue et l’inventivité de l’homme est sans bornes…

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05 février, 2016

Virus Zika, avortement, microcéphalie : le commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, demande le respect des « droits reproductifs »

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 Al Zeid Ra'ad Al-Hussein, prince jordanien
et partisan de la “santé reproductive” pour tous
Le lien (non définitivement établi) entre le virus Zika et la prévalence actuelle de la microcéphalie en Amérique latine devrait conduire à des changements dans les lois sur la « santé reproductive » en Amérique latine, vient de déclarer le haut commissaire de l’ONU au droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein. Ce sera le seul moyen pour que « la réponse à cette urgence de santé soit efficace », selon ses propos rapportés dans un communiqué du Haut commissariat, alors que se répand depuis quelques semaines dans les médias le discours sur la nécessité d’autoriser l’avortement là où il est encore interdit, en raison de l’épidémie du virus Zika.
C’est au nom des « droits humains » de la femme que le prince jordanien réclame l’abrogation des lois et des politiques qui restreignent l’accès aux « services de santé sexuelle et reproductive, en contradiction avec les normes internationales ». Il veut aussi voir les Etats « prendre des mesures concrètes afin que les femmes puissent accéder aux informations, au soutien et aux services dont elles ont besoin pour exercer leurs droits en vue de déterminer si elles veulent devenir enceintes, et à quel moment ».

Le virus Zika et la microcéphalie, un prétexte pour légaliser l’avortement ?

« Les conseils de certains gouvernements disant aux femmes qu’elles doivent remettre une grossesse à plus tard, ne tiennent pas compte de la réalité : de nombreuses femmes et jeunes filles ne peuvent tout simplement pas exercer de contrôle sur le fait de devenir enceintes ou non, ni à quel moment, ni en quelles circonstances, spécialement dans un environnement où la violence sexuelle est si répandue », a déclaré Zeid Ra’ad Al Hussein.
Dressant un tableau très noir des lieux où la violence sexuelle est répandue et ou les services de santé reproductives sont « soit interdits par la loi pénale ou tout simplement inaccessibles », le prince a demandé que les hommes prennent fait et cause pour les droits des femmes et que l’on prenne « des mesures fortes pour venir à bout de ces problèmes ».
Le communiqué du Haut commissariat rappelle que le lien entre la microcéphalie est « possible » et reste en cours d’évaluation. Cela n’empêche pas l’ONU de réclamer pour les hommes et pour les femmes des « services intégraux de santé sexuelle et reproductive », « y compris la contraception d’urgence, les soins de maternité et des services d’avortement sûrs autant que la loi le permette ».

Le commissaire de l’ONU aux droits de l’homme veut faire respecter les droits reproductifs en Amérique latine

Al Hussein n’a pas osé ou voulu réclamer ouvertement le « droit » à l’avortement mais le cœur y est. En demandent que toute loi restreignant l’accès à la santé reproductive, conformément à la « dignité » de la femme et dans le respect de sa « vie privée », mais on sait que les évaluations des agences de droits de l’homme de l’ONU dénonce régulièrement les pays qui continuent de pénaliser l’avortement dans tous les cas.
Silvia Camurça, directrice du groupe féministe SOS Corpo au Brésil, a reconnu que les peurs suscitées par le virus Zika ont été une aubaine pour les partisans de l’avortement légalisé : « Elles nous ont fourni une ouverture rare pour contrer les fondamentalistes religieux qui, chaque année, mettent en danger la vie de milliers de femmes au Brésil chaque année, afin de conserver des lois qui appartiennent à l’âge des ténèbres. »

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01 février, 2016

Le virus Zika « justifie » l’avortement – mais Ana Carolina Caceres, une jeune femme microcéphale raconte son bonheur de vivre

Ana Carolina Caceres n’aurait jamais dû vivre. Le jour de sa naissance au Brésil – il y a 24 ans – les
médecins en étaient sûrs. La petite fille microcéphale allait mourir bientôt. Si ce n’était pas tout de suite, ce serait au terme d’un lent calvaire pour ses parents : « Elle ne marchera pas, elle ne parlera pas, et, avec le temps, elle entrera dans un état végétatif et elle mourra », annonça le docteur. Aujourd’hui le virus Zika fait des ravages au Brésil, on le pense responsable d’une montée inédite de cas de microcéphalie, et comme ailleurs en Amérique latine les féministes réclament la légalisation de l’avortement pour les femmes atteintes, et enceintes. Le discours des médecins n’a pas changé d’un iota.
Les parents de la petite Ana Carolina étaient des gens simples. Loin d’accepter la condamnation de leur bébé par le corps médical, ils se sont battus – nous allons voir comment. 24 ans plus tard, Mlle Caceres, après avoir eu une scolarité normale, a fait des études à l’université, et elle est journaliste : un métier qu’elle a choisi pour être la voix des sans voix.
« Quand j’ai lu le reportage sur l’action en vue de la libéralisation de l’avortement en cas de microcéphalie actuellement devant le Tribunal suprême fédéral, je l’ai pris comme une atteinte personnelle. Je me suis sentie offensée. Je me suis sentie attaquée », écrit la jeune journaliste.

Ana Carolina Caceres, atteinte de microcéphalie
et diplômée d’université

Son histoire est étonnante. Lorsqu’elle est née, son père, technicien de laboratoire, était au chômage. Sa mère était aide soignante dans un hôpital – le couple était pauvre, mail cela lui permettait de bénéficier d’une petite assurance maladie. L’accouchement était pris en charge, mais que faire pour venir en aide au bébé qui avait du mal à respirer en raison de sa morphologie crânienne ? L’assurance maladie ne couvrait aucun examen exceptionnel, et encore moins la chirurgie nécessaire à l’état de la petite Ana Carolina.
Alors, toute la famille s’est réunie. « L’oncle, la tante, les gens de toutes parts, et chacun donné ce qu’il pouvait pour payer examens et opérations. » Chez les Caceres, on taillait dans les dépenses, on faisait des économies, on ne se permettait pas le moindre écart : « Notre maison a dû attendre avant d’être achevée, il a fallu construire un mur en terre pour économiser et jusqu’à aujourd’hui il y a des endroits où on ne peut même pas accrocher un tableau, parce que le mur s’effrite », raconte la jeune fille.
Mais tout cela a permis de financer ses opérations : elle avait neuf jours lors de la première, il y en aurait quatre autres.
« Ce ne fut pas facile, évidemment. Chez nous, tout était une bataille. Nous sommes une famille humble… » Humble mais obstinée, pour le bien.

L’avortement pour cause de virus Zika ? un arrêt de mort

Ana Carolina ne mourut pas, mais fut sujette aux convulsions tout au long de son enfance. « C’est une chose qui arrivera à tout porteur de microcéphalie – mais du calme, il y a des médicaments qui permettent de les contrôler. Je prenais du Gardanel et du Tegretol jusqu’à l’âge de 12 ans – depuis lors je n’en ai plus jamais eu besoin. (Et aujourd’hui je joue même du violon !) », écrit-elle.
Après avoir enragé en lisant le reportage sur l’action menée devant le Tribunal suprême fédéral, la journaliste raconte comment elle s’est rassérénée après une relecture plus calme, constatant qu’étaient également demandés l’éradication du moustique porteur du virus, de meilleures aides pour les mères qui ont des enfants comme elle, et « une politique sexuelle plus ample, allant de la distribution de préservatifs jusqu’à l’avortement ». Ana Carolina est une jeune fille de son temps…
Mais elle précise : « Cela m’a calmée. Je sais que l’avortement ne servirait qu’à prévenir le problème et je sais que le plus important, c’est le traitement : un accompagnement psychologique, de la physiothérapie et la neurologie. Tout cela dès la naissance. Je sais aussi que la microcéphalie peut entraîner des conséquences plus graves que celles que j’ai eues, et je sais que tous n’auront pas la même vie que moi. »

Le bonheur est possible si la vie est respectée

Alors qu’on ne parle aujourd’hui que d’avortement en cas de microcéphalie, Ana Carolina Caceres veut qu’on la regarde et qu’on l’écoute.
« Avec l’explosion de cas au Brésil, le besoin d’information est encore plus grand et il y a beaucoup de gens qui doivent dépasser leurs préjugés et s’informer davantage. Le ministre de la Santé, par exemple. Il dit que le Brésil aura une “génération d’idiots” à cause de la microcéphalie. Si je l’avais en face, je lui dirais : “Fiston, plus idiot que ce que tu viens de dire, ça n’existe pas, non.” Car la microcéphalie est une boîte à surprises. Il peut y avoir des problèmes plus graves, ou non. Je crois que celui qui choisit l’avortement ne donne même pas une chance à l’enfant de l’emporter et de survivre, comme cela m’est arrivé et comme cela arrive à tant de gens qui travaillent, font des études, vivent normalement – avec leur microcéphalie. Les mères de ces personnes n’ont pas choisi  l’avortement. C’est pour cela que nous existons. »
Ana Carolina Caceres dit les choses simplement. Que les femmes fassent tranquillement leur test prénatal et qu’alors, surtout, elles trouvent un neurologue, « de préférence avant la naissance du bébé ». Elle est la preuve vivante qu’on n’a pas le droit de tuer ceux qui lui ressemblent.

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Avortements chimiques clandestins gratuits pour les mères porteuses du virus Zika : “Women on Waves” mobilise

L’ONG néerlandaise Women on Waves, qui s’est fait une spécialité de fournir des pilules abortives en mouillant son bateau dans les eaux internationales au large des pays où l’avortement reste illégal, se mobilise pour venir en « aide » aux femmes latino-américaines infectées par le virus Zika. La maladie transmise par le moustique porteur du virus est soupçonnée de provoquer la microcéphalie chez les femmes enceintes et les autorités sanitaires de plusieurs pays, comme El Salvador, l’Equateur et la Colombie, ont recommandé de remettre à plus tard tout projet de grossesse alors que l’épidémie se répand. L’OMS a renforcé la panique en annonçant la probable infection de quelque 4 millions de personnes à travers le continent américain. Alors ? Avortements chimiques gratuits pour tout le monde !
Women on Waves vient en effet d’annoncer son intention d’acheminer des pilules abortives vers la Colombie, la Bolivie, le Chili, la Guadeloupe, le Paraguay, le Venezuela, l’Argentine, le Suriname, le Guatemala, le Honduras, El Salvador, Panama, Haïti et la République Dominicaine : les femmes peuvent s’inscrire en ligne pour une consultation virtuelle pour demander les « médicaments » (ce que le Pr Lejeune appelait le « pesticide anti-humain »).

Le virus Zika semble associé à la microcéphalie

Dans ces pays, les femmes sont encouragées à se protéger des piqûres de moustiques et à éviter la conception. Mais les insecticides coûtent cher, la contraception n’est pas accessible à toutes et l’avortement est la plupart du temps interdit, regrette Women on Waves. Au lieu de distribuer des répulsifs à insectes et des moustiquaires, au lieu de souligner que le lien entre microcéphalie et Zika n’est pas établi avec certitude, au lieu de tenir compte qu’il y a quelque chose de pire que d’avoir un enfant microcéphale – c’est de le tuer – les féministes du groupe néerlandais préfèrent promouvoir l’avortement. Leur objectif premier.
D’ailleurs elles soulignent bien le problème supplémentaire que représentent les convictions catholiques dans ces pays. Debora Diniz, qui a introduit un recours au Brésil pour demander la légalité de l’avortement en cas de microcéphalie du fœtus, a déclaré à Reuters : « Nous aurons bientôt une génération de femmes pauvres dont le destin sera de prendre soin à plein temps d’enfants extrêmement dépendants. »

“Women on Waves” procure des avortements chimiques clandestins

Les femmes, regrette Women on Waves, ont du mal à savoir si elles ont été infectées par le virus Zika qui le plus souvent ne provoque pas de symptômes visibles (dans 80 % des cas). Les tests coûtent cher – plus de 200 euros – et ne permettent pas de dépister le virus au-delà de la première semaine d’infection. « Les femmes sont obligées d’attendre une échographie pour savoir si leur bébé est atteint de microcéphalie »…
Leur seule solution, à ce moment-là, affirme Women on Waves, sera de se procurer un avortement clandestins, et dangereux.
L’idée est donc de donner des abortifs chimiques aux femmes malgré leur illégalité.

Avortements gratuits pour tous en Amérique latine ?

Sachant que l’avortement chimique est en principe limité au début de la grossesse – 7 semaines de gestation en milieu hospitalier, en France, au-delà c’est considéré comme trop dangereux – qui sont donc les femmes visées ? Women on Waves va un peu plus loin, et recommande l’avortement chimique jusqu’à 12 semaines de grossesse.
Quoi qu’il en soit, la microcéphalie n’est en principe pas dépistée avant 32 semaines. Les femmes sont invitées à réclamer des pilules abortives si elles n’ont pas passé le cap des 9 semaines, pour laisser le temps de l’acheminement des comprimés.
Autrement dit, l’ONG Women on Waves est en train de recommander à toutes les femmes enceintes d’un grand nombre de pays latino-américains de se fournir auprès d’elle pour pratiquer des avortements médicamenteux… préventifs. Sans même savoir si le bébé attendu est atteint.
Voilà qui prend des allures génocidaires.


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