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30 juin, 2021

Saint-Pierre de Rome : on célébrera en vernaculaire, haro sur le latin

L’étau se resserre sur la “Messe en latin” à la basilique Saint-Pierre de Rome. Le blog éponyme, Missa in latino, vient de publier la lettre envoyée au nom du cardinal archiprêtre de la basilique, le cardinal Mauro Gambetti, par le secrétaire de ce dernier, Mgr Franco Camaldo.

Cette lettre indique que dès ce jour, fête de saints Pierre et saint Paul, les messes célébrées dans la basilique seront (c’est un ordre) en italien,  et les lectures et prières des fidèles « dans les différentes langues vivantes ». Le latin n’est conservé que pour le Kyriale et le Pater noster.

L’office « pourra » être célébré en italien, quoique sur la mélodie grégorienne, seuls l’Hymne, l’Antienne, le Benedictus, le Magnificat et le Pater étant alors conservés en latin, et ce dès que les livrets ad hoc auront été imprimés.

L’impression générale laissée par la lettre est celle d’une chasse ouverte contre le latin. On voit mal d’ailleurs comment, dans ce cadre voulu par le tout jeune cardinal nommé par le pape François, la liturgie tridentine pourrait trouver sa place dans la basilique Saint-Pierre.

Ci-dessous, ma traduction de travail de la lettre de Mgr Camaldo.



La lettre de Mgr Camaldo aux chanoines du chapitre,
portée à l'attention du public par Missa in Latino

*

Vatican, le 28 juin 2021 
Vigile de la solennité des Saints Apôtres Pierre et Paul

Chers Confrères 

Lors de la réunion du Chapitre du 9 juin, un certain nombre d'idées, d'évaluations et de mesures à prendre en conséquence ont émergé concernant les célébrations du Chapitre dans notre basilique vaticane. 

Compte tenu de ce qui a été proposé et après mûre réflexion, Son Éminence le Cardinal Archiprêtre me charge de communiquer ce qui suit : 

À partir du 29 juin, les célébrations eucharistiques capitulaires suivront la procédure déjà en vigueur lors des célébrations papales, à savoir : la Sainte Messe sera célébrée en italien, les lectures et la prière des fidèles dans les différentes langues vivantes, et les parties fixes - Kyrie, Gloria, Sanctus, Pater et Agnus - en latin. Pour les hymnes, le préfet de la chapelle musicale et le chef de chœur décideront de la meilleure façon de procéder. Par la suite, la célébration de la Liturgie des Heures pourra également être célébrée en italien, en conservant la mélodie grégorienne, et en conservant certaines parties en latin : Hymne, Antienne, Benedictus, Magnificat et Pater : mais cela se fera dans un avenir proche, en tenant compte du temps nécessaire à la préparation des livrets.

Il faudra réfléchir plus avant quant à la possibilité et aux modalités de mise en œuvre des rendez-vous quotidiens de la prière ligurgique par les membres du Chapitre : concélébration de la Sainte Messe à 7h30 suivie de la récitation des Laudes, et de même concélébration de la Sainte Messe à 17h00 suivie de la récitation des Vêpres. Ces célébrations - naturellement dans le style le plus sobre - pourraient avoir lieu dans la chapelle du Chœur, avec la participation des fidèles également.

Son Éminence convoque également l'Assemblée des chanoines du Vatican pour le mercredi 7 juillet à 16h30, précédée de la célébration des vêpres (à la manière de Tierce du dimanche), dans la chapelle du chœur. 

Je profite de l'occasion pour vous présenter mes meilleurs vœux pour la solennité de saint Pierre et mes salutations les plus cordiales. 

Monseigneur Franco Camaldo
Secrétaire
© photo Saint-Pierre: Olivier Figueras.

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© leblogdejeannesmits

13 mars, 2021

Le cardinal Burke demande la révocation immédiate des mesures d'interdiction des messes individuelles dans la basilique Saint-Pierre de Rome

Dès le lendemain de la parution de la note de la Secrétairerie d’Etat reléguant toutes les messes privées dans la crypte de la basilique Saint-Pierre de Rome dès le 22 mars prochain – les messes selon la forme extraordinaire étant cantonnées à la minuscule chapelle Clémentine – le cardinal Burke a publié une note sur son site, dont je vous donne ici la traduction autorisée par Son Eminence. Le cardinal demande la révocation immédiate de ce document, invoquant des raisons de fond et de forme. Voici donc le texte intégral en français (le texte original, en anglais, est accessible ici).

On notera qu’il s’agit d'un appel à l’action qui concerne aussi bien les laïcs que les prêtres – J.S.

*


Le 12 mars 2021, la Première Section (Affaires générales) de la Secrétairerie d’État du Pape François a publié un document contenant certaines dispositions relatives à la célébration de la Sainte Messe dans la Basilique papale Saint-Pierre au Vatican. Le document est adressé au Commissaire Extraordinaire de la Fabrique de Saint Pierre (Commissario Straordinario della Fabbrica di San Pietro), à l’institut canonique chargé du soin de la Basilique papale, aux Chanoines du Chapitre du Vatican (Canonici del Capitolo Vaticano), et au Service des célébrations liturgiques de la Basilique (Servizio Celebrazioni liturgiche della Basilica). Tant la forme que le contenu du document soulèvent à juste titre les préoccupations les plus profondes des fidèles et, surtout, des prêtres. Ces préoccupations appartiennent non seulement à la Basilique papale Saint-Pierre, mais aussi de l’Église universelle, dans la mesure où la Basilique papale Saint-Pierre est, d’une manière particulière, le foyer spirituel de tous les catholiques et, en tant que tel, se doit d’être un modèle de discipline liturgique pour les Églises particulières.

En ce qui concerne la forme du document, plusieurs préoccupations se font jour.

1.  Il s’agit d’un document non signé de la Première Section de la Secrétairerie d’État, sans numéro de protocole, et qui légifère sur l’aspect le plus sacré de la vie de l’Église, la célébration de la Sainte Messe. Il porte le sceau de la Première Section avec des initiales. Bien que le document semble être authentique, c’est-à-dire non falsifié, il ne peut être tenu pour un document contenant une législation valide pour la Sainte Liturgie.

2.  La Secrétairerie d’État n’est pas compétente pour la discipline liturgique de l’Église et, en particulier, pour la discipline liturgique à la Basilique Saint-Pierre au Vatican. A juste titre, on se demande par quelle autorité la Secrétairerie d’Etat a émis des directives qui sont contraires à la discipline de l’Eglise universelle. On peut également se demander quel processus a été suivi pour arriver à la publication d’un document d’une telle anomalie.

3.  Étant donné l’incompétence de la Secrétairerie d’État en la matière, les fidèles ont le droit de savoir quelle autorité compétente a donné mandat à la Secrétairerie d’État de légiférer en matière de Sainte Liturgie, c’est-à-dire d’émettre des directives concernant la célébration de la Sainte Messe dans la Basilique papale Saint-Pierre.

4.  La basilique pontificale Saint-Pierre au Vatican a désormais un cardinal archiprêtre, mais le document en question ne lui est pas officiellement communiqué. Il n’est pas non plus fait référence à sa responsabilité en matière de discipline liturgique dans la basilique qui lui est confiée.

Le contenu du document est également source de profondes inquiétudes.

1.  Le document prétend que les Saintes Messes sont actuellement célébrées dans la Basilique Saint Pierre dans un climat manquant, dans une certaine mesure, de recueillement et de décorum liturgique (« di raccoglimento e di decoro »). Ce n’est certainement pas mon expérience. Je connais de nombreux prêtres, résidant à Rome ou en visite à Rome, qui ont célébré ou célèbrent régulièrement la Sainte Messe à la Basilique Saint-Pierre. S’ils m’ont exprimé leur profonde gratitude pour avoir eu l’occasion de célébrer la Sainte Messe dans la Basilique, ils n’ont pas indiqué que le climat dans lequel ils ont célébré la Sainte Messe dans la Basilique manquait en quoi que ce soit de la révérence, du recueillement et de la dignité qui conviennent au Sacrement des Sacrements.

2.  Le document impose la concélébration aux prêtres qui veulent célébrer la Sainte Messe dans la Basilique Saint-Pierre, ce qui est contraire au droit de l’Église universelle, et conditionne injustement le devoir premier du prêtre individuel de célébrer quotidiennement la Sainte Messe pour le salut du monde (can. 902). Dans quelle église un prêtre pourrait-il désirer, plus que dans la basilique Saint-Pierre, célébrer la sainte Messe, par quoi il accomplit le plus parfaitement et le plus complètement sa mission sacerdotale ? Si un prêtre individuel souhaite célébrer la Sainte Messe dans la Basilique, une fois que les directives en question seront en vigueur, il sera contraint de concélébrer, en violation de sa liberté de célébrer la Sainte Messe individuellement.

3.  En ce qui concerne la célébration individuelle de la Sainte Messe, il faut observer qu’il ne s’agit pas seulement d’un droit du prêtre, mais que celle-ci  porte également un grand fruit spirituel pour toute l’Église, puisque les mérites infinis du Saint Sacrifice de la Messe sont plus largement appliqués d’une manière adaptée à notre nature finie et temporelle. Il est utile de réfléchir à l’enseignement du Concile de Trente, concernant la situation d’un prêtre qui célèbre la Sainte Messe sans qu’aucun fidèle ne reçoive la Sainte Communion. En ce qui concerne la participation des fidèles à la Sainte Messe, le Concile enseigne : « Le saint concile souhaiterait, certes, que les fidèles assistant à la Sainte Messe ne communient pas seulement par un désir spirituel, mais aussi par la réception sacramentelle de l’Eucharistie, par quoi ils recueilleraient un fruit plus abondant de ce très saint sacrifice. » Il poursuit : « Cependant, s'il n’en est pas toujours ainsi, il ne condamne pas pour cela, comme privées et illicites [can. 8], les messes où seul le prêtre communie sacramentellement ; mais il les approuve et les recommande, en partie parce qu’elles sont célébrées par un ministre public de l’Église, non pas pour lui seulement, mais pour tous les fidèles qui appartiennent au corps du Christ » (Session XXII, chapitre 6). Il faut en outre observer que le prêtre ne célèbre jamais seul la sainte Messe, même s’il n’y a personne d’autre physiquement présent, car les anges et les saints assistent à chaque offrande de la sainte Messe (can. 903).

4.  En ce qui concerne la forme extraordinaire du rite romain, que le document appelle faussement le rite extraordinaire, le document se réfère aux « prêtres autorisés », mais aucun prêtre en règle n’a besoin d’autorisation pour célébrer la Sainte Messe selon la forme extraordinaire du rite romain (Motu Proprio Summorum Pontificum, art. 2). De plus, le document limite l’offrande de la Sainte Messe selon la Forme Extraordinaire ou Usus Antiquior du Rite Romain dans la Basilique papale de Saint Pierre à la Chapelle Clémentine, à quatre heures fixes. Est-il donc supposé que, chaque jour, seuls quatre prêtres seront autorisés à célébrer la Sainte Messe selon l’Usus Antiquior dans la Basilique papale Saint-Pierre ? Puisque le droit universel de l’Église permet au prêtre individuel, dans de telles circonstances, de célébrer la Sainte Messe, soit selon la forme ordinaire (Usus Recentior), soit selon la forme extraordinaire (Usus Antiquior), la directive en question est en violation directe du droit universel de l’Église.

5. Le document dispose également que les messes concélébrées doivent être animées liturgiquement (siano animate liturgicamente) par le service des lecteurs et des chantres. Bien que la discipline liturgique de l’Église prévoie le service des lecteurs et des chantres, leur but n’est pas d’animer la Sainte Liturgie. Le Christ seul, en la personne duquel le prêtre agit, anime la Sainte Liturgie. Il ne faut donc pas penser que la célébration individuelle de la Sainte Messe est en quelque sorte moins animée, au sens spirituel véritable, que la Messe concélébrée.

6.  Pour le bien de la foi catholique et pour le bon ordre de la Sainte Liturgie, l’expression la plus élevée et la plus parfaite de la vie de l’Église dans le Christ, le document en question devrait être révoqué immédiatement, c’est-à-dire avant sa date supposée d’entrée en vigueur, le 22 mars prochain. En outre, la pensée qui sous-tend un tel document devrait être corrigée, en même temps que la discipline de l’Église universelle et la doctrine liturgique qui la sous-tend sont exposées aux fidèles.

En conclusion, la discipline de l’Église reconnaît le droit, et même le devoir, des fidèles chrétiens de faire connaître à leurs pasteurs leurs préoccupations sur les questions qui concernent le bien de l’Église et, de même, de faire connaître ces préoccupations à tous les fidèles chrétiens (can. 212 §3). Étant donné la gravité de la situation représentée par le document en question, j’espère que de nombreux fidèles chrétiens pour qui la basilique Saint-Pierre est, dans un sens tout particulier, leur église mère, et, surtout, de nombreux prêtres du monde entier feront connaître au pape François et à sa Secrétairerie d’État leur forte objection au document en question.

Raymond Leo Cardinal BURKE
13 mars 2021

© leblogdejeannesmits pour cette traduction officielle.
© photo : Olivier Figueras


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01 juillet, 2019

Le pape François offre inopinément des reliques de saint Pierre au patriarche Bartholomée de Constantinople

Personne n’avait vu venir cet événement ahurissant. Samedi, en la fête de Saint-Pierre et Saint-Paul, le métropolite Job de Telmessos était à Rome, à la basilique Saint-Pierre, pour se recueillir avec le pape François sur la tombe de saint Pierre. En sa qualité de représentant du patriarche œcuménique Bartholomée Ier de Constantinople, il accomplissait là une tradition aujourd’hui bien installée. Il ne s’attendait pas à se voir remettre dans la foulée et sans la moindre cérémonie un reliquaire contenant des fragments des ossements de Saint-Pierre, à remettre au Patriarche.

L’événement est totalement inédit : si l’Eglise latine a pu par le passé offrir de précieuses reliques aux orthodoxes, La Croix fait remarquer qu’il ne s’est jamais agi que de reliques volées par les Croisés, restituées en quelque sorte dans le cadre de l’amélioration des relations réciproques entre catholiques et orthodoxes.

Les reliques de saint Pierre, c’est tout autre chose. L’Eglise catholique est construite sur ce roc, on le sait, et si cela est vrai figurativement depuis que le Christ l’a dit au Premier des Apôtres, ce l’est aussi en un sens très matériel puisque la basilique Saint-Pierre de Rome, comme l’expertise des fouilles menées dans les grottes vaticanes l’a confirmé, est construite « sur » les restes mortels du premier pape.

Que les reliques de celui-ci, objet d’une vénération riche de symboles au cœur même de la chrétienté, soient expédiées vers une Eglise schismatique, est évidemment lourd de sens. On peut y voir, comme La Croix et des dignitaires orthodoxes eux-mêmes, le signe d’un rapprochement encore plus cordial entre l’Eglise de Rome et un patriarcat orthodoxe des plus importants.

Le métropolite Job lui-même y a vu « un pas gigantesque de plus vers l’unité concrète » lors d’une entretien avec Radio Vatican.

Mais c’est faire peu de cas de ce qui sépare l’Eglise catholique des nombreuses Eglises orthodoxes : des différences qui portent sur des éléments de foi, des points de dogme, certaines disciplines, et la question centrale de la primauté de l’évêque de Rome. Difficile de ne pas considérer le geste du pape François comme une manière de minimiser ces différences puisque quelque chose de saint Pierre est sorti de Rome pour aller en quelque sorte couronner une foi, une doctrine, une hiérarchie qui sont ailleurs.

L’événement a été brièvement évoqué par le service d’information du Vatican ;  le métropolite Job lui-même l’a décrit avec davantage de détails sur sa page Facebook.

L’intégralité de son message a été répercutée sur Facebook par le métropolite orthodoxe d’Hong Kong et d’Asie du Sud-Est, Nektarios Tsilis, qui le cite : 

« Aujourd’hui, après la messe pontificale pour la fête des saints apôtres Pierre et Paul à la basilique Saint-Pierre du Vatican, conformément au protocole, je suis descendu à la tombe de Saint-Pierre pour y prier avec Sa Sainteté le pape François. “Attendez moi après. J’ai un cadeau à vous faire pour l’Eglise de Constantinople. J’y ai pensé hier soir pendant la prière.” Après un arrêt à la sacristie, voilà qu’arrive le pape François qui me dit : “Allons-y.” Assis dans sa simple petite Ford, je pose la question : “Sainteté, où allons-nous ?” – “Au palais pontifical. Le cadeau est là-bas”, répond le pape François. Une fois arrivés dans les anciens appartements pontificaux, nous faisons halte à la chapelle. Je pensais que le Saint-Père voulait soit me la montrer, soit faire halte pour dire une prière… “Cette chapelle a été établie par feu le pape Paul VI. Il a amené ici quelques reliques de saint Pierre depuis la basilique. Je n’habite pas ici. Je n’utilise pas la chapelle. Pendant la prière la nuit dernière,  je me suis dit : ces saintes reliques seront mieux à Constantinople, au Phanar. Les voilà. Emportez-les avec vous. Donnez-les à mon frère Sa Toute-Sainteté Œcuménique le patriarche Bartholomée. Ce cadeau ne vient pas de moi, il vient de Dieu.” Ainsi, le jour de la Saint-Pierre et Saint-Paul, pour la première fois dans l’histoire, la translation des saintes reliques de saint Pierre à eu lieu pour aller de l’Ancienne à la Nouvelle Rome. Demain, lors de la synaxe des Saints Apôtres, les saintes reliques seront exposées à la vénération dans l’église des Saints Apôtres à Feriköy où Sa Toute-Sainteté le Patriarche œcuménique présidera la Divine Liturgie depuis le trône. Gloire à Dieu qui est merveilleux dans ses saints ! »

C’est ainsi, sans crier gare, sur un coup de tête, que le pape François a disposé comme si elles lui appartenaient des reliques gardées dans les appartements pontificaux qu’il a lui-même décidé d’abandonner.

Seront-elles mieux à Constantinople, comme il l’a dit ? Parce qu’elles y seront vénérées plutôt que d’être remisées dans le coin d’une chapelle dont personne ne se sert plus ? Le message reçu par Constantinople ne sera-t-il pas celui d’une supériorité de la « nouvelle Rome » sur l’ancienne ? En un mot comme en cent, à quoi pense le pape François ?

Aurait-il tort de s’étonner de voir certains le considérer à cause de ce geste comme un autocrate ?  Un autre souverain pontife que lui ne se fût-il pas renseigné sur la propriété des reliques et l’opportunité de la démarche ?

Les translations de reliques dans la chrétienté se sont toujours faites de la manière la plus solennelle. Ces neuf fragments d’os de saint Pierre font partie des plus vénérables d’entre elles. Elles ont été littéralement trimbalées dans une petite voiture, données comme un cadeau de la main à la main, arrachées au siège de l’apôtre Saint-Pierre pour être offertes un évêque chrétien certes, mais à un évêque qui est en dehors de l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique.

C’est en tout cas un acte d’une portée considérable et qui aurait pu passer quasiment inaperçu. Chose qui n’aura pas échappé non plus à « nos frères orthodoxes ».

Le patriarche Bartholomée a qualifié le geste de « courageux et audiacieux » lors de la réception solennelle et de la vénération des reliques à Istanbul le 30 juin à l'église des Douze Apôtres à Feriköy. Elles avaient été acheminées par avion la veille par le P. Andrea Palmieri, sous-secrétaire du Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens.



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