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04 mai, 2012

Le Dieu de Clotilde


Joli personnage que ce Clovis, roitelet barbare belliqueux, cruel, vindicatif, jaloux de son pouvoir, avide de nouvelles terres, à la tête de ses guerriers rompus aux batailles les plus âpres et aux pillages les plus voraces. Prudent, aussi : avant son baptême comme après, il éliminait sans scrupules rivaux et cousins héritiers en puissance du bien qu’il était en train de constituer pour ses fils. Polygame par-dessus le marché. Clotilde, princesse chrétienne, non seulement acceptera de l’épouser malgré une première femme toujours bien présente, mais déjouera un complot qui cherchera à empêcher ses noces.

Il est aussi, intéressé, Clovis. Clotilde lui parle de son Dieu, mais l’armée de Clovis est formée de païens. Prendre le risque d’une conversion, qui plus est à un Dieu crucifié, cela se peut-il ? Que feraient ses hommes ? Ecouter les conseils de Rémi, soit. L’évêque a déjà multiplié les approches tant que Clovis remportait victoire sur victoire, ville sur ville. Car ce roi fort pourrait bien assurer aux chrétiens une protection dont ils ont grand besoin, pour pouvoir exercer leur foi dans un monde hostile, rempli de païens et d’hérétiques. Rémi s’impose par son savoir et sa sagesse, devient conseiller. Clotilde fait baptiser les enfants de Clovis mais son Dieu se révèle impuissant… à le servir. L’aîné, Ingomer, ne mourra-t-il pas encore revêtu de sa robe de baptême ?

Ce n’est qu’acculé face aux Alamans que Clovis, en désespoir de trouver une divinité païenne capable de le soustraire à une défaite certaine, se souvenant de Clotilde et se souvenant de Rémi, fait sa promesse en plein champ de bataille. S’il l’emporte malgré tout, Clovis s’engage à se convertir à ce « Jésus que sa femme Clotilde proclame fils du Dieu vivant ». Et c’est la victoire. Inespérée.

Clovis s’instruira ensuite de la foi chrétienne, non sans résistance, auprès de Rémi. Et c’est à la tête de 3.000 hommes qu’il recevra le baptême, et fera de la religion catholique celle de son royaume. France, fille aînée de l’Eglise.

Clovis, c’était le choix de Dieu. Qui l’eût cru ?

Les temps et les mœurs ont bien changé. La barbarie a pris d’autres formes, et aujourd’hui on n’en est plus à se vouer à un dieu et encore moins à Dieu pour remporter une victoire, fût-elle électorale. Enfin, pas à ma connaissance. La laïcité est passée par là.

Mais il y a toujours des catholiques à protéger, et des droits naturels à défendre. Ces catholiques qui ont besoin de pouvoir affirmer et transmettre leur foi ; qui savent leur droit menacé de ne pas devoir confier leurs enfants à des écoles et des enseignants où les programmes officiels de l’Etat imposent les faux dogmes d’aujourd’hui. Il y a toujours un pouvoir qui peut laisser moins de place, ou davantage, à ce qui nous est étranger, voire hostile.

L’histoire de Clovis ne dit pas comment voter dimanche.

Elle promet encore moins une rechristianisation de ce pays en 2012, même si nos « racines chrétiennes » font vibrer les foules – n'est-ce pas que c'est nouveau ?

Mais elle enseigne que pour la sauvegarde, autant que faire se pouvait, des « principes non négociables », ou pour le dire de manière plus classique, la loi naturelle, la vérité, les chemins peuvent être étranges et inattendus, et les décisions apparemment bien éloignées des principes. Fallait-il accepter devenir une « première épouse » ? Avec un meurtrier, un chef de guerre soucieux d’abord d’élargir ses frontières ? Fallait-il négocier avec un païen les meilleures conditions possibles pour faire vivre les chrétiens sur cette terre qui attendait encore de devenir française ? Fallait-il épouser sa soif de victoires et utiliser ses ambitions pour obtenir quoi que soit ? et ce fut l’inimaginable, sa conversion, et celle d’un royaume ! Ni Clotilde ni Rémi ne pouvaient parier sur la réussite.

Mais ils ont agi aussi loin qu’allait leur pouvoir. Auprès d’un homme qui a fini par ouvrir ses oreilles et les entendre. Et qui n’a pas été parfait ensuite, loin s’en faut.

Mais le bien était fait…

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24 octobre, 2011

Les évêques espagnols publient une note en vue des élections

Après les évêques de France, ceux d'Espagne ont publié un texte pour éclairer la conscience des électeurs en vue des élections anticipées du 20 novembre. Je vous en propose ici ma traduction. Vous verrez qu'il présente quelque similitude avec le texte des évêques français, déjà commenté il y a quelques semaines sur ce blog, et quelques différences aussi : c'est un texte plus précis, plus nerveux, qui n'hésite pas à demander des changements de la loi.


1. Le 20 novembre prochain nous sommes tous appelés aux urnes. C'est pourquoi, nous, évêques, nous proposons aux catholiques et à tous ceux qui voudront écouter nos considérations pour aider à l'exercice responsable du droit de vote. C'est notre obligation de pasteurs de l'Eglise d'éclairer le discernement moral pour la juste prise de décisions qui affecteront la mise en œuvre du bien commun et la reconnaissance et la protection des droits fondamentaux, ce qui est le cas lors d'élections générales.

2. Dans son discours sur les fondements du droit, prononcé le mois dernier devant le Parlement fédéral d'Allemagne, le Pape rappelait que « le christianisme n'a jamais imposé à l'Etat et à la société un droit révélé, un ordre juridique tiré d'une révélation. Il s'est référé, en revanche, à la nature et à la raison comme véritables sources du droit (…), la raison ouverte au langage de l'être ». Nous faisons nos considérations depuis ce point de vue des fondements prépolitiques du droit, sans entrer dans le domaine du choix d'un parti et sans prétendre imposer à quiconque un programme politique. Chacun devra soupeser, en conscience, pour qui voter en vue d'obtenir, dans l'ensemble, le plus grand bien possible à ce moment précis.

3. On ne pourrait parler de décisions politiques morales ou immorales, justes ou injustes, si le critère exclusif ou déterminant pour les qualifer était celui de la réussite électorale ou du bénéfice matériel. Cela supposerait de subordonner le droit au pouvoir. Les décisions politiques doivent être morales et justes, et non seulement consensuelles ou efficaces ; pour cette raison, elles doivent se fonder sur la raison, conformément à la nature de l'homme. Il n'est pas vrai que les dispositions légales soient toujours morales et justes du simple fait qu'elles émanent d'organismes politiquement légitimes.

4. Concrètement, comme l'a signalé le Pape au mois d'août, ici à Madrid, la droite raison reconnaît que nous avons été créés libres et pour la liberté, mais que n'agissent pas selon la véritable liberté ceux qui, « se prenant pour des dieux, pensent n'avoir besoin d'autres racines et assises qu'eux-mêmes ; ils voudraient décider par eux-mêmes ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas, ce qui est bien et ce qui est mal, le juste et l'injuste ; décider qui est digne de vivre ou qui peut être sacrifié sur les autels d'autres préférences ; cédant à chaque instant le pas au hasard, sans objectif fixe, en se laissant entraîner par l'impulsion de chaque moment. »

5. A cause de tout cela, nous devons attirer de nouveau l'attention sur le danger que représentent certaines options législatives qui ne protègent pas de façon adéquate le droit fondamental à la vie de chaque être humain, depuis sa conception jusqu'à sa mort naturelle, ou qui en arrivent même à qualifier de droit ce qui en réalité constitue un attentat contre le droit à la vie. Sont également dangereux et nocifs pour le bien commun les ordonnancements légaux qui ne reconnaissent pas le mariage dans son essence propre et spécifique, en tant qu'union stable entre un homme et une femme ordonnée au bien des époux et des enfants. Il est nécessaire de promouvoir de nouvelles lois qui reconnaissent et qui protègent mieux le droit de tous à la vie, tout comme le droit des Espagnols d'être reconnus par la loi, spécifiquement comme « époux » et « épouse », dans le mariage stable, celui-ci ne devant être mis à la disposition de la volonté des deux parties, ni à plus forte raison d'une seule d'entre elles.

6. La grave crise économique actuelle appelle des politiques sociales et économiques responsables qui soient au service de la dignité des personnes, et qui soient favorables au travail pour tous. Nous pensons à tant de familles à qui manquent les moyens nécessaires pour subvenir à leurs besoins les plus basiques. Nous pensons également au très fort pourcentage de jeunes qui n'ont jamais pu travailler ou qui ont perdu leur travail et qui, à juste titre, demandent des conditions plus favorables pour leur présent et pour leur avenir. Il faut des politiques qui favorisent la libre initiative sociale par rapport à la production et qui encouragent le travail bien fait, tout comme une juste distribution des dividendes ; qui corrigent les erreurs et les dévoiements commis dans l'administration des biens publics et des finances ; qui s'occupent des besoins des plus vulnérables – les plus âgés, les malades, les immigrés.

7. L'ordonnancement juridique doit faciliter l'exercice effectif du droit qui permet aux enfants et aux jeunes d'être éduqués de manière à développer le plus possible leurs capacités. Il doit éviter les contraintes idéologiques de l'Etat qui portent atteinte au droit des parents de choisir l'éducation philosophique, morale et religieuse qu'ils désirent pour leurs enfants. Il faut en revanche faciliter les initiatives sociales justes en ce domaine. La présence de l'enseignement de la religion dans les écoles d'Etat – comme matière fondamentale en option – constitue un moyen d'assurer que les droits de la société et des parents, ce pour quoi il faut aujourd'hui une régulation mieux adaptée pour que ces droits soient effectivement protégés.

8. Nous rappelons de nouveau que l'on reconnaît la légitimité morale des nationalismes ou des régionalismes en ce que, par des moyens pacifiques, ils recherchent une nouvelle configuration de l'unité de l'Etat espagnol. Et aussi, qu'il est nécessaire de protéger le bien commun de la nation espagnole dans son ensemble, en évitant les risques de manipulation de la vérité historique et de l'opinion politique pour cause de prétentions séparatistes ou idéologiques de n'importe quel type.

9. Une société qui veut être libre et juste ne peut reconnaître de manière explicite ou implicite une organisation terroriste comme le représentant politique de n'importe quel secteur de la population, étant donné que le terrorisme est une pratique intrinsèquement perverse, en tout point incompatible avec une vision juste et raisonnable de la vie.

10. Devant les défis qui se présentent à la communauté internationale, il faut des politiques guidées par la recherche sincère de la paix, fondées sur le respect du droit, national et internationale, tout comme la promotion de l'entente et de la solidarité entre les peuples et les cultures.

Nous demandons aux Seigneur de la paix et à sa Très Sainte Mère d'éclairer chacun de nous qui sommes appelés à voter, afin que nous le fassions de manière vraiment libre et responsable.

© leblogdejeannesmits pour la traduction.


29 octobre, 2010

Le futur cardinal Burke rappelle les devoirs des votants catholiques

LifeSite – décidément le meilleur et le plus complet des sites d'informations pro-vie – vient de retranscrire une partie des propos tenus par le cardinal-élu Raymond Leo Burke au micro de Thomas McKenna, président de Catholic Action for Faith and Family (lien vers le film de l'interview sur LifeSite). Il était interrogé quelques heures à peine après l'annonce de son élévation au cardinalat.

« On ne peut jamais voter pour quelqu'un qui favorise de manière absolue le droit au choix de la femme de détruire une vie humaine qu'elle porte en son sein, ou le droit à l'avortement procuré », a-t-il dit.

« En tant qu'évêque il est même de mon obligation d'exhorter les fidèles à remplir leur devoir civique en accord avec leur foi catholique », (…) les catholiques « ont une obligation morale très grave, lorsqu'ils votent, de porter leur voix pour les candidats qui défendraient la vérité de la loi morale, qui bien entendu sert également le meilleur bien de chaque personne dans la société », a-t-il ajouté.

Mgr Burke, qui s'est distingué par son courage à refuser la communion aux hommes politiques qui font publiquement la promotion de l'avortement, a répété à leur propos :

« Voici l'exemple parfait de catholiques qui trahissent leur foi dans la vie politique, en tant que législateurs, juges, ou quoi que ce soit, en conduisant d'autres personnes à croire que l'avortement ne doit pas être le grand mal qu'il est bien en réalité, voire que l'avortement est en réalité une chose bonne en certaines circonstances. »


Il s'est aussi adressé à ceux qui envisageraient de voter pour des hommes politiques pro-vie parce qu'ils sont de leur avis sur d'autres questions, disant qu'il leur poserait cette question : « Suivez-vous la règle d'or que nous a enseignée le Seigneur lui-même dans les Evangiles ? » 


« En d'autres termes, faites aux autres ce que vous voudriez qu'ils vous fassent. Pensez-vous réellement qu'il serait juste de faire avancer l'un de vos intérêts, qui peut être bon – qu'il s'agissent de l'environnement ou d'autre chose – au prix de refuser aux autres membres de la société, spécialement ceux qui dépendent complètement de nous pour la vie elle-même, de leur refuser le droit de vivre. Je pense que si la plupart des gens voulaient bien raisonner ainsi, simplement aux termes de la règle d'or, ils se rendraient compte que cela ne peut jamais être juste. »


Daniel Hamiche donne sur son blog le lien vers le site où l'on peut féliciter Mgr Burke pour son « chapeau ».

Et très prochainement ici, je vous proposerai la traduction intégrale de la conférence magistrale que donnait Mgr Burke sur le combat pour la culture de vie – un gros morceau, mais il en vaut largement la peine !


© leblogdejeannesmits.



19 octobre, 2006

Elections : l’avortement et l’euthanasie, des questions prioritaires

Dans une interview à LifesiteNews, l’évêque catholique de London (Ontario), Mgr Ronald Fabbro, a déclaré que le Pape avait encouragé les évêques canadiens en visite ad limina à parler fortement sur les questions du respect de la vie et de la famille, et à refuser de se taire.

Mgr Fabbro, qui préside l’Organisation catholique pour la vie et la famille, a affirmé que les évêques canadiens, actuellement réunis en session plénière, considèrent leur rôle comme étant celui de former les consciences, ajoutant que les catholiques qui justifient l’avortement au nom de la conscience ne sont pas intellectuellement honnêtes.

Il a précisé que la question de l’avortement et de l’euthanasie était déterminante, bien plus que celle de la peine de mort ou de l’engagement (ou non) dans une guerre :

« Nous devons considérer qu’il s’agit de droits humains fondamentaux qui doivent prendre la préséance dans notre formation de la conscience – parce que tous les autres droits supposent le droit de vivre. Je pense donc que nous devons prendre soin d’indiquer qu’il s’agit d’une priorité : une priorité à l’instant de voter. »

 
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