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03 décembre, 2021

Le cardinal Burke célébrera une première messe publique après sa maladie, le 11 décembre : une grand-messe pontificale tridentine


Je vous propose ci-dessous ma traduction de la plus récente lettre du cardinal Burke, dans laquelle il annonce la grand-messe pontificale en « forme extraordinaire » qu’il célébrera aux Etats-Unis le 11 décembre prochain. Cette messe sera diffusée en live-stream.

La terminologie (« forme extraordinaire », en ce qu’elle est rejetée par Traditionis custodes) et le choix du cardinal de célébrer la messe tridentine pour son retour à la vie publique sont de vrais signes d’espérance. – J.S.







*

Avent et Apocalypse


Loué soit Jésus-Christ !

Chers frères et sœurs en Jésus-Christ,

J’ai le grand plaisir de vous informer que je célébrerai bientôt ma première messe publique depuis mon hospitalisation le 10 août de cette année. Bien que ma convalescence soit toujours en cours, ma santé s’est suffisamment améliorée pour que je puisse regagner le Sanctuaire de Notre Dame de Guadalupe à La Crosse, Wisconsin.

Le 11 décembre prochain, à 11 heures, heure centrale (CT), je célébrerai une Grand-Messe pontificale, selon l’usage plus ancien du rite romain – volontiers désigné sous le vocable : forme extraordinaire du rite romain –, qui sera diffusée en direct par Catholic Answers. S’il ne vous est pas possible d’assister à la sainte messe en personne, vous êtes invités à en suivre la retransmission en direct.

Alors que le lendemain, 12 décembre, est la fête traditionnelle de Notre-Dame de Guadalupe, celle-ci tombe cette année le troisième dimanche de l’Avent, ou dimanche de Gaudete. Puisque, selon l’usage plus récent du rite romain – qu’on appelle souvent la forme ordinaire du rite romain –, une solennité – comme l’est en effet la fête patronale au Sanctuaire – ne peut remplacer un dimanche de l’Avent, la célébration de la solennité de Notre-Dame de Guadalupe, selon l’usage plus récent, est transférée, cette année, au jour suivant, le 13 décembre. Ainsi, je célébrerai la messe du dimanche de Gaudete le 12 décembre à 13 h CT, ainsi que la messe du 13 décembre pour la fête de Notre-Dame de Guadalupe à 12 h 15 CT, toutes deux selon l’usage le plus récent. Aucune de ces messes ne sera retransmise en direct. Par conséquent, si vous en avez le loisir, vous êtes invité à faire un pèlerinage au sanctuaire de Notre-Dame de Guadalupe pour assister à l’une de ces messes, ou aux deux.

Puisque l’usage plus ancien permet de substituer la fête de Notre Dame de Guadalupe au dimanche de Gaudete, la messe dominicale habituelle à l’église du sanctuaire, selon l’usage plus ancien, le dimanche 12 décembre, à 9 h 30, sera celle de la fête de Notre Dame de Guadalupe. L’un des pères norbertins desservant le sanctuaire célébrera cette messe.

Quelque vif que soit mon désir de voir ces liturgies publiques marquer un retour à mes activités pastorales habituelles, ma réhabilitation va devoir se poursuivre pour autant qu’on puisse le prévoir. Je continuerai à vous tenir au courant de mes progrès au fur et à mesure que je vous écrirai. Pour ceux qui souhaitent recevoir mes lettres en version imprimée, le Sanctuaire de Notre-Dame de Guadalupe les publiera dans son bulletin mensuel, Salve, à partir de janvier 2022. Inscrivez-vous ici !

Maintenant, comme les lettres que je vous ai adressées précédemment, je voudrais, en tant que votre père spirituel, passer des nouvelles de ma santé à un message qui soit pertinent pour l’année liturgique. Ainsi, je vous propose une brève réflexion sur la manière dont le message de la lettre du mois dernier sur les fins dernières – la mort, le jugement, le ciel et l’enfer – est lié au temps de l’Avent et à la préparation de la fête de la Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ qui s’est incarné dans le sein de la Vierge Marie lors de l’Annonciation, le premier des mystères joyeux du Rosaire, que nous célébrons le 25 mars de chaque année. À chaque Sainte Messe du dimanche et des autres jours de fête, nous professons notre foi en l’Incarnation rédemptrice avec ces mots du Credo de Nicée-Constantinople : « Pour nous les hommes et pour notre salut, il descendit du ciel, il a pris chair de la Vierge Marie par l’Esprit Saint, et s’est fait homme. » En prononçant ces mots, nous nous inclinons (forme ordinaire) ou nous faisons une génuflexion (forme extraordinaire), car ils expriment le mystère central de la foi.

Le temps de l’Avent, qui commence pour nous cette année le 28 novembre, est temps de grâce puissante pour notre vie chrétienne. De manière particulière, l’Avent est une invitation à nous rapprocher du mystère de l’Incarnation rédemptrice, le mystère incomparable par lequel Dieu le Fils a pris notre nature humaine pour nous sauver du péché et de la mort par sa Passion, sa Mort, sa Résurrection et son Ascension, et pour rester avec nous pour toujours dans l’Église. Le temps de l’Avent ne nous invite pas seulement à une plus grande intimité avec le Christ – Dieu le Fils Incarné – dans notre vie quotidienne. Il nous donne la grâce d’atteindre cette plus grande intimité, tant en vue de notre bonheur dans cette vie que de la plénitude de notre bonheur dans la vie à venir. Le Christ incarné, assis dans la gloire à la droite de Dieu le Père, agit au milieu de nous par les sacrements de la pénitence et de la sainte Eucharistie pour attirer nos cœurs toujours plus profondément dans son Très Saint Cœur.

En même temps, l’Avent nous prépare tout particulièrement au Dernier Jour, le jour où le Christ, qui vit pour nous dans l’Église, reviendra dans la gloire pour achever son œuvre salvatrice, pour inaugurer « de nouveaux cieux et une nouvelle terre, dans lesquels la justice habitera » (2 P 3, 13). En d’autres termes, la Nativité du Seigneur prépare la voie au « festin de noces de l’Agneau » (Ap 19, 9), auquel nous sommes appelés à participer depuis notre baptême. Lorsque l’ange du Seigneur est apparu dans les champs de Bethléem, annonçant aux bergers : « Ne craignez pas ; car voici que je vous annonce (la bonne nouvelle d’) une grande joie qui sera pour tout le peuple : c’est qu’il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur » (Lc 2, 10-11), il préparait le cœur humain à recevoir l’invitation du « roi qui fit faire les noces de son fils » et demandait à ses serviteurs d’« appeler aux noces tous ceux que vous trouverez » (Mt 22, 2. 9). La parabole du festin de noces de Notre Seigneur trouvera son accomplissement ultime au dernier jour.

Si le fait de relier le temps de l’Avent à la Dernière Venue ou à l’Apocalypse peut sembler atténuer la nature festive de notre préparation à la fête de la Nativité de Notre Seigneur, il est d’une importance vitale pour nous que la Première Venue du Sauveur soit essentiellement liée à sa Seconde Venue. Ce lien intime n’est pas pour nous une source de crainte ou de tristesse, mais plutôt de confiance et de joie. Le mot « apocalypse » est utilisé non seulement comme le mot qui ouvre le livre de l’Apocalypse, mais aussi peu après la Nativité, dans le récit de la Présentation du Seigneur. Lorsque la Vierge Mère de Dieu et saint Joseph, père nourricier du Sauveur et véritable Epoux de Marie, présentèrent Notre Seigneur, peu après sa naissance, au Temple, le prophète Siméon prit l’Enfant Sauveur dans ses bras, le déclarant « lumière pour éclairer les nations, et gloire d’Israël votre peuple » (Lc 2, 32).

Le mot « apocalypse », dans la langue grecque couramment parlée à l’époque (grec koïné), signifie un « dévoilement » ou une « découverte », par exemple, un couple royal découvrant le visage de son nouveau-né pour le rendre public ou un marié dévoilant le visage de son épouse lors de leur cérémonie de mariage. De la même manière, Notre Sauveur, manifestant le profond mystère de l’Amour divin, a commencé sa Révélation, son Apocalypse, sous la lumière de l’Étoile qui invitait et guidait les Rois Mages « de l’Orient » (Mt 2, 1 ; cf. Is 49, 12). Lorsque les mages virent la lumière de l’étoile qui « arrivée au-dessus du lieu où était l’Enfant, s’arrêta… ils se réjouirent d’une grande joie. Et, entrant dans la maison, ils trouvèrent l’Enfant, avec Marie sa Mère, et, se prosternant, ils L’adorèrent » (Mt 2, 9-11). De façon claire et merveilleuse, la lumière miraculeuse de l’Étoile a révélé, découvert, dévoilé la présence de Dieu – Dieu le Fils incarné – pour la vraie joie de l’homme et le juste culte de Dieu. Jésus-Christ est « la vraie lumière, qui éclaire tout homme venant en ce monde » (Jn 1, 9), comme Siméon l’avait prophétisé, et comme Notre Seigneur l’a révélé plus pleinement dans le livre de l’Apocalypse : « Je suis la racine et la postérité de David, l’étoile brillante du matin » (Ap 22, 16).

Que la Lumière du Seigneur illumine votre vie de sa vérité et de son amour glorieux tout au long du temps de l’Avent, que le Pape saint Jean-Paul II a appelé « une période d’entraînement intense qui nous oriente de manière décisée vers Celui qui est déjà venu, qui viendra et qui vient sans cessee (Audience générale, 18 décembre 2002). Ainsi, passons ce temps de grâce puissante dans le calendrier liturgique de l’Église en nous préparant à célébrer la naissance de Dieu le Fils incarné, le Rédempteur, tout en gardant dans nos cœurs la joie qui est la nôtre en attendant sa Seconde Venue au Dernier Jour. Que notre observance de l’Avent garde devant nos cœurs l’exhortation et la promesse de Notre Seigneur à ses fidèles intendants : « Que vos reins soient ceints, et les lampes allumées dans vos mains. Et vous, soyez semblables à des hommes qui attendent que leur maître revienne des noces, afin que, lorsqu’il arrivera et frappera, ils lui ouvrent aussitôt. Heureux ces serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera veillant ; en vérité, je vous le dis, il se ceindra, les fera asseoir à table, et passant devant eux, il les servira » (Lc 12, 35-37).

En suppliant Notre Seigneur, par l’intercession de Notre Dame de Guadalupe, de vous bénir, ainsi que vos foyers, vos familles et tous vos travaux, en cette période de l’Avent, je demeure

Vôtre dans le Sacré-Cœur de Jésus et le Cœur Immaculé de Marie, et dans le Cœur très pur de Saint Joseph.

Raymond Leo Cardinal Burke
iyuy

© leblogdejeannesmits pour la traduction.

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28 mars, 2020

Mgr Athanasius Schneider commente l'arrêt de la célébration publique de la messe

Mgr Athanasius Schneider vient d'accorder un important entretien à Diane Montagna, publié cette nuit par The Remnant. Il répond à ses questions sur la cessation quasi globale de la célébration publique de la messe, et sur les ordres donnés aux prêtres par de nombreux évêques de ne pas donner les sacrements aux fidèles. Et de mettre tout cela en perpective avec les nombreuses profanations de la sainte Eucharistie et le manque de foi en la Présence réelle qui a envahi l'Eglise depuis cinquante ans. Il n'hésite pas à faire le lien avec les annonces de l'Apocalypse. C'est un appel à la pénitence et à la foi en ce temps de « dictature sanitaire ».

Les prêtres doivent-ils obéir aux ordres qui leur sont donnés de fermer leurs églises ? Non, répond Mgr Schneider, qui les invite à la « créativité » pour célébrer publiquement la messe en respectant les précautions d'hygiène liées à l'épidémie du coronavirus.

En voici la traduction intégrale par mes soins, relue et approuvée par Mgr Schneider. – J.S.

Diane Montagna : Excellence, quelle est votre impression générale sur la manière dont l’Eglise gère l’épidémie de coronavirus ?

Mgr Schneider : J’ai l’impression que la majorité des évêques a réagi de façon précipitée et par panique en interdisant toutes les messes publiques et – ce qui est encore plus incompréhensible – en fermant les églises. Ces évêques ont réagi davantage comme des bureaucrates civils qu’en pasteurs. En se concentrant trop exclusivement sur toutes les mesures de protection hygiénique, ils ont perdu une vision surnaturelle et ont abandonné la primauté du bien éternel des âmes.

Le diocèse de Rome a rapidement suspendu toutes les messes publiques pour se conformer aux directives du gouvernement. Les évêques du monde entier ont pris des mesures similaires. Les évêques polonais, en revanche, ont demandé que davantage de messes soient célébrées afin que les congrégations soient plus petites. Que pensez-vous de la décision de suspendre les messes publiques pour empêcher la propagation du coronavirus ?

Tant que les supermarchés sont ouverts et accessibles et que les gens ont accès aux transports publics, on ne voit pas de raison plausible d’interdire aux gens d’assister à la messe dans une église. On pourrait garantir dans les églises des mesures de protection hygiénique identiques, voire meilleures. Par exemple, avant chaque messe, on pourrait désinfecter les bancs et les portes, et tous ceux qui entrent dans l’église pourraient se désinfecter les mains. D’autres mesures similaires pourraient également être prises. On pourrait limiter le nombre de participants et augmenter la fréquence de la célébration des messes. L’exemple de vision surnaturelle en temps d’épidémie donné par le président tanzanien John Magufuli devrait nous inspirer. Le président Magufuli, catholique pratiquant, a déclaré le dimanche 22 mars 2020 (dimanche de Laetare), à la cathédrale de Saint-Paul, dans la capitale tanzanienne de Dodoma : « J’insiste auprès de vous, mes frères chrétiens et même auprès de vous, les musulmans : n’ayez pas peur, ne cessez pas de vous rassembler pour glorifier Dieu et le louer. C’est pourquoi, en tant que gouvernement, nous n’avons pas fermé d’églises ou de mosquées. Au contraire, elles devraient toujours être ouvertes pour que les gens puissent chercher refuge auprès de Dieu. Les églises sont des lieux où les gens peuvent chercher la vraie guérison, car c’est là que réside le vrai Dieu. N’ayez pas peur de louer et de chercher le visage de Dieu dans l’église. »

Faisant référence à l’Eucharistie, le Président Magufuli a également prononcé ces mots encourageants : « Le coronavirus ne peut pas survivre dans le corps eucharistique du Christ ; il sera bientôt brûlé. C’est exactement pour cela que je n’ai pas paniqué en recevant la sainte communion, parce que je savais qu’avec Jésus dans l’Eucharistie, je suis en sécurité. C’est le moment de renforcer notre foi en Dieu. » (Le discours du président Magufuli peut être consulté en swahili ici).

Pensez-vous qu’un prêtre agirait de manière responsable en célébrant une messe privée en présence de quelques fidèles laïcs, tout en prenant les précautions sanitaires nécessaires ?

Ce serait responsable, mais aussi méritoire ; cela constituerait un acte pastoral authentique, à condition bien sûr que le prêtre prenne les précautions sanitaires nécessaires.

Les prêtres sont dans une position difficile dans cette situation. Certains bons prêtres sont critiqués pour avoir obéi aux directives de leur évêque de suspendre les messes publiques (alors qu’ils continuent à célébrer une messe privée). D’autres cherchent des moyens créatifs d’entendre les confessions tout en cherchant à préserver la santé des gens. Quels conseils donneriez-vous aux prêtres pour vivre leur vocation en ces temps difficiles ?

Les prêtres doivent se rappeler qu’ils sont avant tout pasteurs des âmes immortelles. Ils doivent imiter le Christ, qui a dit : « Je suis le bon pasteur. Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. Mais le mercenaire, et celui qui n’est pas pasteur, à qui les brebis n’appartiennent pas, voit venir le loup, et abandonne les brebis, et s’enfuit ; et le loup ravit et disperse les brebis. Le mercenaire s’enfuit, parce qu’il est mercenaire, et qu’il ne se met pas en peine des brebis. Je suis le bon pasteur, et je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent » (Jean 10, 11-14) Si un prêtre observe de manière raisonnable toutes les précautions sanitaires nécessaires et fait preuve de discernement, il n’est pas tenu d’obéir aux directives de son évêque ou du gouvernement lui ordonnant de suspendre la Messe pour les fidèles. De telles directives sont une pure loi humaine, alors que la loi suprême dans l’Église est le salut des âmes. Les prêtres dans une telle situation doivent être extrêmement créatifs pour assurer aux fidèles, même pour un petit groupe, la célébration de la sainte messe et la réception des sacrements. Tel était le comportement pastoral de tous les prêtres confesseurs et martyrs au temps des persécutions.

Est-il jamais légitime que les prêtres défient l’autorité, en particulier l’autorité ecclésiastique (par exemple, si un prêtre se voit enjoindre de ne pas aller rendre visite aux malades et aux mourants) ?

Si une autorité ecclésiastique interdit à un prêtre d’aller rendre visite aux malades et aux mourants, il ne peut pas obéir. Une telle interdiction constitue un abus de pouvoir. Le Christ n’a pas donné à l’évêque le pouvoir d’interdire la visite des malades et des mourants. Un vrai prêtre fera tout ce qu’il peut pour rendre visite à un mourant. De nombreux prêtres l’ont fait même lorsque cela signifiait mettre leur vie en danger, soit en cas de persécution, soit en cas d’épidémie. Nous avons de nombreux exemples de tels prêtres dans l’histoire de l’Église. Saint Charles Borromée, par exemple, donnait la sainte communion de ses propres mains sur la langue de mourants infectés par la peste. À notre époque, nous avons l’exemple émouvant et édifiant de prêtres, en particulier de la région de Bergame, dans le nord de l’Italie, qui ont été infectés et sont morts parce qu’ils s’occupaient de patients mourants atteints de coronavirus. Un prêtre de 72 ans atteint de coronavirus est mort il y a quelques jours en Italie, après avoir abandonné le respirateur, dont il avait besoin pour survivre, et avoir permis qu’il soit donné à un patient plus jeune. Ne pas aller rendre visite aux malades et aux mourants est un comportement qui relève plus du mercenaire que du bon pasteur.

Vous avez passé vos premières années dans l’église clandestine soviétique. Quel point de vue ou perspective aimeriez-vous partager avec les fidèles laïcs qui ne peuvent pas assister à la messe, et dans certains cas, ne peuvent même pas passer du temps devant le saint sacrement parce que toutes les églises de leur diocèse ont été fermées ?

J’encouragerais les fidèles à faire des actes fréquents de communion spirituelle. Ils pourraient lire et contempler les lectures quotidiennes de la Messe et l’ordo entier de la Messe. Ils pourraient envoyer leur saint Ange gardien pour adorer Jésus-Christ dans le tabernacle en leur nom. Ils pourraient s’unir spirituellement à tous les chrétiens qui sont en prison au nom de leur foi, à tous les chrétiens qui sont malades et alités, à tous les chrétiens mourants qui sont privés des sacrements. Dieu remplira de nombreuses grâces ce temps de privation temporelle de la sainte messe et du Saint-Sacrement.

Le Vatican a récemment annoncé que les liturgies de Pâques seront célébrées en l’absence des fidèles. Il a précisé par la suite qu’il étudie « des moyens de mise en œuvre et de participation qui respectent les mesures de sécurité mises en place pour prévenir la propagation du coronavirus ». Quel est votre avis sur cette décision ?

Étant donné la stricte interdiction des rassemblements de masse par les autorités gouvernementales italiennes, on peut comprendre que le pape ne puisse pas célébrer les liturgies de la Semaine Sainte en présence d’un grand nombre de fidèles. Je pense que les liturgies de la Semaine Sainte pourraient être célébrées par le Pape en toute dignité et sans qu’on les abrège, par exemple dans la Chapelle Sixtine (comme c’était la coutume des papes avant le Concile Vatican II), avec la participation du clergé (cardinaux, prêtres) et d’un groupe choisi de fidèles, auxquels des mesures de protection hygiénique seraient préalablement appliquées. On ne voit pas la logique d’interdire l’allumage du feu, la bénédiction de l’eau et le baptême lors de la Veillée pascale, comme si ces actions risquaient de propager un virus. Une peur quasi-pathologique a vaincu la raison commune et la vision surnaturelle.

Votre Excellence, que révèle la gestion de l’épidémie de coronavirus par l’Église sur l’état de l’Église et en particulier de sa hiérarchie ?

Elle révèle la perte d’une vision surnaturelle. Au cours des dernières décennies, de nombreux membres de la hiérarchie de l’Église ont été surtout immergés dans les affaires séculières, intérieures et temporelles et sont ainsi devenus aveugles aux réalités surnaturelles et éternelles. Leurs yeux ont été remplis de la poussière des occupations terrestres, comme l’a dit un jour saint Grégoire le Grand (voir Regula pastoralis II, 7). Leur réaction face à l’épidémie du coronavirus a révélé qu’ils accordent plus d’importance au corps mortel qu’à l’âme immortelle des hommes, oubliant les paroles de notre Seigneur : « En effet, que servirait à l’homme de gagner le monde entier et de perdre son âme ? » (Marc 8, 36). Les mêmes évêques qui tentent aujourd’hui de protéger (parfois par des mesures disproportionnées) le corps de leurs fidèles de la contamination par un virus matériel, ont tranquillement laissé le virus des enseignements et pratiques hérétiques se répandre parmi leur troupeau.

Le cardinal Vincent Nichols a récemment déclaré que nous aurons une faim nouvelle de l’Eucharistie après la disparition de l’épidémie du coronavirus ? Êtes-vous d’accord avec cela ?

J’espère que ces paroles se vérifieront chez de nombreux catholiques. C’est une expérience humaine commune que la privation prolongée d’une réalité importante enflamme le cœur des gens qui la désirent ardemment. Cela s’applique, bien sûr, à ceux qui croient et aiment vraiment l’Eucharistie. Une telle expérience aide également à réfléchir plus profondément sur la signification et la valeur de la sainte Eucharistie. Peut-être que les catholiques qui étaient si habitués au Saint des Saints qu’ils en sont venus à le considérer comme quelque chose d’ordinaire et de commun connaîtront une conversion spirituelle et comprendront et traiteront désormais la sainte Eucharistie comme extraordinaire et sublime.

Le dimanche 15 mars, le pape François est allé prier devant l’image du Salus Populo Romani à Santa Maria Maggiore et devant le Crucifix miraculeux qui se trouve dans l’église de San Marcelo al Corso. Pensez-vous qu’il soit important que les évêques et les cardinaux réalisent des actes de prière publique semblables pour que prenne fin l’épidémie du coronavirus ?

L’exemple du pape François peut encourager de nombreux évêques à accomplir des actes semblables de témoignage public de foi et de prière, et à donner des signes concrets de pénitence qui implorent Dieu de mettre fin à l’épidémie. On pourrait recommander que les évêques et les prêtres traversent régulièrement leurs villes et villages avec le Saint-Sacrement dans l’ostensoir, accompagnés d’un petit nombre de clercs ou de fidèles (un, deux ou trois), selon les réglementations gouvernementales. De telles processions avec le Seigneur Eucharistique transmettront aux fidèles et aux citoyens la consolation et la joie de ne pas être seuls au moment de la tribulation, de savoir que le Seigneur est vraiment avec eux, que l’Église est une mère qui n’a ni oublié ni abandonné ses enfants. Une chaîne mondiale d’ostensoirs portant le Seigneur eucharistique dans les rues de ce monde pourrait être lancée. De telles mini processions eucharistiques, même si elles ne sont réalisées que par un évêque ou un prêtre seul, imploreront des grâces de guérison physique et spirituelle, et de conversion.

Le coronavirus a fait son apparition en Chine peu de temps après le synode de l’Amazonie. Certains médias croient fermement qu’il s’agit d’une punition divine après les épisodes de la Pachamama au Vatican. D’autres croient qu’il s’agit d’un châtiment divin à la suite de l’accord entre le Vatican et la Chine. Pensez-vous que l’une ou l’autre de ces positions soit tenable ?

L’épidémie de coronavirus est sans aucun doute, à mon avis, une intervention divine pour châtier et purifier le monde pécheur et aussi l’Église. Nous ne devons pas oublier que Notre Seigneur Jésus-Christ considérait les catastrophes physiques comme des châtiments divins. Nous lisons, par exemple : « En ce même temps, il y avait là quelques hommes, qui lui annonçaient ce qui était arrivé aux Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec celui de leurs sacrifices. Et prenant la parole, il leur dit : Pensez-vous que ces Galiléens fussent plus pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu’ils ont souffert de telles choses ? Non, je vous le dis ; mais, si vous ne faites pénitence, vous périrez tous pareillement. Comme ces dix-huit personnes sur lesquelles est tombée la tour de Siloé, et qu’elle a tuées : pensez-vous que leur dette fût plus grande que celle de tous les habitants de Jérusalem ? Non, je vous le dis ; mais, si vous ne faites pénitence, vous périrez tous pareillement » (Luc 13, 1-5)

La vénération cultuelle de l’idole païenne de la Pachamama à l’intérieur du Vatican, avec l’approbation du Pape, était à coup sûr un grand péché d’infidélité au Premier Commandement du Décalogue, c’était une abomination. Toute tentative de minimiser cet acte de vénération ne peut résister au barrage des preuves évidentes et de la raison. Je pense que ces actes d’idolâtrie ont été le point culminant d’une série d’autres actes d’infidélité par rapport à la sauvegarde du dépôt divin de la Foi par de nombreux membres de haut rang de la hiérarchie de l’Église au cours des décennies passées. Je n’ai pas la certitude absolue que l’apparition du coronavirus est une rétribution divine pour les événements de la Pachamama au Vatican, mais envisager une telle possibilité ne serait pas tiré par les cheveux. Déjà au début de l’Église, le Christ a réprimandé les évêques (les « anges ») des églises de Pergame et de Thyatire en raison de leur connivence avec l’idolâtrie et l’adultère. La figure de « Jézabel », qui séduisait l’Église pour l’amener à l’idolâtrie et à l’adultère (voir Apocalypse 2, 20), pourrait également être comprise comme un symbole du monde d’aujourd’hui – avec lequel flirtent de nombreuses personnes ayant des responsabilités au sein de l’Église.

Les paroles suivantes du Christ restent valables pour notre époque également : « Voici, je vais la jeter sur un lit de douleur, et ceux qui commettent l’adultère avec elle seront dans une très grande tribulation, s’ils ne font pénitence de leurs œuvres. Je frapperai de mort ses enfants, et toutes les Eglises sauront que je suis celui qui sonde les reins et les cœurs, et je rendrai à chacun de vous selon ses œuvres » (Apocalypse 2, 22-23). Le Christ a menacé de châtiment, et Il a appelé les églises à la pénitence : « Mais j’ai quelque peu de chose contre toi : c’est que tu as là des hommes qui tiennent à l’enseignement… pour les faire manger la nourriture sacrifiée aux idoles et les faire tomber dans la fornication… Fais pareillement pénitence ; sinon je viendrai bientôt à toi, et je combattrai contre eux avec l’épée de ma bouche. » Je suis convaincu que le Christ répéterait les mêmes paroles au pape François et aux autres évêques qui ont permis la vénération idolâtre de la Pachamama et qui ont implicitement approuvé les relations sexuelles en dehors d’un mariage valide, en permettant aux personnes dites « divorcées et remariées » qui sont sexuellement actives de recevoir la sainte communion.

Vous avez cité les Évangiles et le Livre de l’Apocalypse. La façon dont Dieu a traité son peuple élu dans l’Ancien Testament nous permet-elle de mieux comprendre la situation actuelle ?

L’épidémie de coronavirus a provoqué une situation au sein de l’Église qui, à ma connaissance, est unique, c’est-à-dire une interdiction quasi mondiale de toutes les messes publiques. Cette situation est en partie analogue à l’interdiction du culte chrétien dans la quasi totalité de l’Empire romain au cours des trois premiers siècles. La situation actuelle est cependant sans précédent, car dans notre cas, l’interdiction du culte public a été prononcée par des évêques catholiques, devançant même les ordres gouvernementaux correspondants.

D’une certaine manière, la situation actuelle peut également être comparée à la cessation du culte sacrificiel du Temple de Jérusalem pendant la captivité babylonienne du peuple élu de Dieu. Dans la Bible, le châtiment divin était considéré comme une grâce, par exemple : « Heureux l’homme qui est châtié par Dieu. Ne rejette donc pas la correction du Seigneur. Car c’est lui qui blesse et qui donne le remède ; il frappe, et ses mains guérissent » (Job 5, 17-18), et : « Ceux que j’aime, je les reprends et les châtie ; aie donc du zèle, et fais pénitence. » (Ap. 3, 19). La seule réaction adéquate face à la tribulation, aux catastrophes, aux épidémies et autres situations similaires – qui sont autant d’instruments entre les mains de la Providence divine pour réveiller les gens du sommeil du péché et de l’indifférence envers les commandements de Dieu et la vie éternelle – est la pénitence et la conversion sincère à Dieu. Dans la prière suivante, le prophète Daniel donne aux fidèles de tous les temps un exemple du juste état esprit qu’ils doivent avoir, et de la façon dont ils doivent se comporter et prier en temps de tribulation : « Tout Israël a transgressé votre loi et s’est détourné pour ne pas entendre votre voix… Abaissez, mon Dieu, votre oreille et écoutez ; ouvrez vos yeux, et voyez notre désolation et cette ville sur laquelle votre nom a été invoqué ; car ce n’est pas à cause de notre justice que nous vous présentons humblement nos prières, mais à cause de vos abondantes miséricordes. Exaucez-nous, Seigneur ; apaisez-vous, Seigneur ; soyez attentif et agissez ; ne tardez pas, mon Dieu, pour vous-même, parce que votre nom a été invoqué sur cette ville et sur votre peuple » (Dan 9, 11,18-19).

Saint Robert Bellarmin a écrit : « Signes sûrs concernant la venue de l’Antéchrist… la plus grande et la dernière persécution ; et le sacrifice public (de la Messe) cessera complètement » (La prophétie de Daniel, pages 37-38).

Pensez-vous que ce qu’il évoque là est ce à quoi nous assistons actuellement ? Est-ce le début du grand châtiment prophétisé dans le livre de l’Apocalypse ?

La situation actuelle offre suffisamment de motifs raisonnables pour penser que nous sommes au début d’un temps apocalyptique, qui comprend des châtiments divins. Notre Seigneur s’est référé à la prophétie de Daniel : « Quand donc vous verrez l’abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel, établie dans le lieu saint, que celui qui lit comprenne » (Mt 24,15). Le livre de l’Apocalypse dit que l’Église devra pendant un certain temps fuir dans le désert (voir Ap 12, 14). L’arrêt presque total du Sacrifice public de la Messe pourrait être interprété comme une fuite dans un désert spirituel. Ce qui est regrettable dans notre situation est le fait que de nombreux membres de la hiérarchie de l’Église ne voient pas la situation actuelle comme une tribulation, comme un châtiment divin, c’est-à-dire comme une « visitation divine » au sens biblique. Ces paroles du Seigneur s’appliquent également à de nombreux membres du clergé au milieu de l’épidémie physique et spirituelle actuelle : « Tu n’as pas connu le temps où tu as été visitée » (Luc 19, 44). La situation actuelle de cette « épreuve du feu » (cf 1 Pierre 4:12) doit être prise au sérieux par le pape et les évêques afin de conduire à une profonde conversion de l’Eglise entière. Si cela ne se produit pas, alors le message de cette histoire de Søren Kierkegaard sera également applicable à notre situation actuelle : « Un incendie éclate dans les coulisses d’un cirque. Le clown apparaît et tente d’avertir le public. Chacun croit à une blague et rit. Il répète, on rigole encore plus fort. Ainsi la fin du monde se produira au milieu des vivats et chacun pensera : Quelle bonne blague ! »

Excellence, quel est le sens profond de tout cela ?

La situation de la cessation de la célébration publique de la messe et de la sainte communion sacramentelle est si unique et si grave que l’on peut découvrir derrière tout cela une signification plus profonde. Cet événement survient près de cinquante ans après l’introduction de la communion dans la main (en 1969) et une réforme radicale du rite de la Messe (en 1969/1970) avec ses éléments protestants (prière de l’Offertoire) et son style de célébration horizontal et axé sur l’instruction (moments de liberté, célébration en cercle fermé et vers le peuple). La pratique de la communion dans la main au cours des cinquante dernières années a conduit à des profanations involontaires et volontaires du Corps eucharistique du Christ à une échelle sans précédent. Pendant plus de cinquante ans, le Corps du Christ a été (la plupart du temps involontairement) piétiné par les pieds du clergé et des laïcs dans les églises catholiques du monde entier. Le vol des Hosties consacrées a également augmenté à un rythme alarmant. La pratique consistant à communier directement avec ses propres mains et doigts ressemble de plus en plus au geste par lequel on prend la nourriture ordinaire. Chez de nombreux catholiques, la pratique de recevoir la communion dans la main a affaibli la foi en la Présence réelle et en la transsubstantiation, la foi au caractère divin et sublime de la sainte Hostie. La présence eucharistique du Christ est devenue, au fil du temps, inconsciemment, pour ces fidèles une sorte de pain ou de symbole sacré. Maintenant, le Seigneur est intervenu et a privé presque tous les fidèles d’assister à la sainte messe et de recevoir sacramentellement la Sainte Communion.

Les innocents et les coupables endurent ensemble cette tribulation, puisque dans le mystère de l’Église, tous sont mutuellement unis en tant que membres : « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Co 12, 26). La cessation actuelle de la sainte messe publique et de la sainte communion pourrait être comprise par le pape et les évêques comme une réprimande divine pour les cinquante dernières années de profanations et de banalisations de l’Eucharistie et, en même temps, comme un appel miséricordieux à une authentique conversion eucharistique de toute l’Église. Que l’Esprit Saint touche le cœur du Pape et des évêques et les pousse à édicter des normes liturgiques concrètes afin que le culte eucharistique de toute l’Église soit purifié et orienté à nouveau vers le Seigneur.

On pourrait suggérer que le Pape, avec les cardinaux et les évêques, réalise un acte public de réparation à Rome pour les péchés contre la sainte Eucharistie, et pour le péché des actes de vénération religieuse des statuettes de la Pachamama. Une fois la tribulation actuelle terminée, le pape devrait édicter des normes liturgiques concrètes, dans lesquelles il invitera toute l’Église à se tourner à nouveau vers le Seigneur dans la manière de célébrer, c’est-à-dire que célébrants et fidèles soient tournés dans la même direction pendant la prière eucharistique. Le Pape devrait également interdire la pratique de la communion dans la main, car l’Église ne peut pas continuer à traiter le Saint des Saints dans la petite Hostie consacrée de manière aussi minimaliste et l’exposant ainsi au danger.

La prière suivante d’Azariah dans la fournaise ardente, que chaque prêtre dit pendant le rite de l’Offertoire de la Messe, pourrait inspirer le Pape et les évêques à des actions concrètes de réparation et de restauration de la gloire du sacrifice eucharistique et du Corps eucharistique du Seigneur : « En esprit d’humilité et le cœur contrit, puissions-nous être accueillis par vous, Seigneur : et que notre sacrifice ait lieu aujourd’hui devant vous de telle manière qu’il vous soit agréable, Seigneur Dieu. Car ceux qui ont confiance en vous ne seront jamais confondus. Et maintenant, nous nous consacrons à vous de tout notre cœur, nous vous craignons, et nous cherchons votre visage. Ne nous couvrez pas de honte ; mais traitez-nous selon votre mansuétude et selon l’abondance de voire miséricorde. Délivrez-nous par un de vos prodiges, et donnez la gloire à votre nom, ô Seigneur ! » (Dn 3, 39-43, Septante).

Le texte original de l'entretien est ici, sur The Remnant.

© leblogdejeannesmits pour la traduction.


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