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12 février, 2013

Mexico : l'avortement ne suffit pas


A l'occasion d'une exposition intitulée « Nos corps, nos vies, quatre décennies pour le droit de choisir au Mexique », la commission des droits de l'homme du District fédéral de Mexico a fait savoir, par la voix de son président, que la légalisation de l'avortement ne suffit pas. Il faut aussi en finir avec la « stigmatisation » de l'avortement qui empêche des femmes d'y avoir recours.

Luis Gonzales Placencia assure aussi la fonction de médiateur dans la capitale mexicaine, et à ce titre, au cours d'une table ronde sur la « discrimination, les droits humains et  l'avortement », il a souligné qu'une personne sur deux dans le pays pense qu'une femme qui avorte devrait être punie.

Remarque révélatrice à plus d'un titre. Si l'avortement tue, et il est difficile de le nier, la justice exige en théorie du moins une réparation. Hélas, pour bien des femmes qui aujourd'hui sont assurées d'échapper à la peine pénale lorsqu'elles avortent (ce qui peut s'admettre vu les pressions qu'elles subissent et bien d'autres facteurs qui rendent la femme vulnérable pendant la grossesse), la vraie punition est ailleurs : dans la conscience d'avoir mis fin à la vie de celui ou de celle pour qui elle aurait assurément voulu déposer sa vie, si elle l'avait connu : son enfant.

L'idée de la « discrimination » montre également ici son efficacité et son extraordinaire versatilité. Le simple fait de le prononcer met les bonnes consciences de votre côté, annihilant toute pensée rationnelle – on le voit aussi dans l'affaire du « mariage » gay, où l'on est prêt à tout plutôt que de s'en voir taxé.

Enfin, dans ces affaires, la majorité n'a pas raison, à en croire le promoteur des droits humains. Peu importe qu'un Mexicain sur deux pense que l'avortement est un mal : la démocratie n'a d'intérêt que lorsqu'elle donne raison au progressistes, défenseurs de valeurs absolues.

Gonzales Placencia s'est d'ailleurs félicité de l'intelligence politique de ceux et surtout celles qui, en 2007, ont fini par obtenir la dépénalisation de l'avortement dans le District fédéral de Mexico, en « passant outre aux divisions partisanes », en se mettant d'accord sur « un agenda commun qu'elles ont su faire avancer ».

Une autre intervenante, Jacqueline L'Hoist Tapia, responsable du Conseil de prévention  d'élimination de la discrimination dans la Ville de Mexico, a attribué à la « discrimination » le fait que bien des femmes n'exercent pas leur droit d'avorter ou le font en cachette malgré les « avancées législatives ». Il faut plus de centres d'avortement, plus de fonds publics pour les faire fonctionner.

Une responsable du Conseil national pour la prévention de la discrimination, cette fois, Hilda Tellez Lino, a plaidé quant à elle pour la légalisation nationale de l'avortement, qui se cantonne pour l'instant à la capitale fédérale, afin d'en finir avec la stigmatisation, estimant que la réforme constitutionnelle en cours en matière de droits  humains oblige l'Etat à « harmoniser » le droit et assurer l'égalité des femmes à cet égard.

Sans trop de surprise, on apprend que les « Catholiques pour le droit de choisir » étaient aux premier rang des organisatrices de cette table ronde et de l'exposition qui se tient – cela ne s'invente pas – dans le musée Mémoire et Tolérance de Mexico, dans le centre historique.

Présentée sous forme d'installations d'art contemporain, l'exposition présente depuis fin novembre une apologie de l'avortement, avec des panneaux explicatifs visant à rejeter les « mythes » à propos de cette pratique. Où l'on s'attache à affirmer « scientifiquement » que l'avortement ne fait pas de mal à la femme, qu'il n'y a pas de syndrome post-abortif, qu'il y a moins de dépressions après un avortement qu'après une naissance, que l'avortement fait baisser le taux de délinquance à moyen terme en évitant la venue au monde d'enfants non désirés… Propagande à hautes doses : on explique qu'affirmer que l'ovule fécondé est une personne revient à dire qu'un œuf de poule est un poulet (alors que l'œuf fécondé de poule contient bel et bien un poulet en devenir, et qu'un poulet se tue et se mange, un être humain, non !).

Mieux, on explique aux femmes qu'être mère implique d'aimer son enfant plus que soi-même, et qu'il faut donc avoir le courage de dire qu'on n'est pas prête à le faire, quitte à supprimer cet enfant porté…

Et pour couronner le tout, on va jusqu'à expliquer que la loi de l'Eglise, le droit canon, autorise les femmes à avorter lorsqu'elles le font à la suite d'un viol ou parce qu'elles sont en danger de mort, puisqu'il ne prévoit pas d'excommunication en ce cas. D'autant que la « dignité des personnes est fondées sur l'exercice de la liberté de conscience », assure la directrice de « Catholiques pour le droit de décider » au Mexique.

C'est bien la différenciation du bien et du mal et la préoccupation morale qui sont ici montrées du doigt comme facteurs de discrimination. Une rhétorique que nous allons connaître de mieux en mieux à l'occasion de la légalisation du « mariage » gay, qui a tristement passé sa première étape en France en ce mardi 12 février…

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09 février, 2011

Portugal : la loi d'avortement fait augmenter l'avortement

Et même l'avortement clandestin. Au Portugal, une infirmière de la petite ville provinciale de Matosinhos a été condamnée, mercredi, à trois ans de prison avec sursis pour avoir pratiqué neuf avortements clandestins alors que la loi d'avortement était en vigueur depuis six mois. Un an avec sursis supplémentaire a été infligé pour « usurpation de qualité », l'infirmière ayant laissé croire à ses victimes qu'elle était « spécialiste » en gynécologie et obstétrique.

Sa clinique clandestine – pour laquelle elle avait tout de même passé des annonces sur internet – a été fermée en janvier 2009 à la suite d'une descente de police. L'infirmière pratiquait des avortement dans les délais légaux (10 semaines, période pendant laquelle la femme est absolument libre de subir l'intervention, selon la loi portugaise) pour la somme de 450 euros ; au-delà, le tarif montait à 2.000 euros.

Aucune femme avortée n'a été sanctionnée et le procès s'est déroulé à huis-clos pour préserver l'intimité de ces femmes. Une femme de ménage qui donnait un coup de main pour le nettoyage était également poursuivie.

L'affaire démontre qu'avec une loi d'avortement, on ne met pas fin aux avortements clandestins : c'était pourtant la promesse de la loi qui, comme toujours, invoquait la sécurité des femmes et une stabilisation, voire une baisse des interventions grâce à une meilleure éducation à la santé sexuelle.

La Federação Portuguesa pela Vida (Fédération portugaise pour la vie, FPV) a fait remarquer cela en expliquant, par la voix d'Isilda Pegado :
« Lors de la campagne, beaucoup ont expliqué que grâce à la libéralisation, l'avortement allait devenir sûr, rare et légal. Quatre ans plus tard, nous constatons qu'il n'est pas sûr, puisque les complications en relation avec l'avortement sont en hausse ces dernières années. Il n'est pas légal puisque l'avortement illégal continue de proliférer dans le pays, et il n'est pas rare puisque contrairement à ce qui était soutenu, l'avortement progressé de manière exponentielle. »
En remettant ce jeudi au président de l'Assemblée nationale portugaise une pétition de plus de 5.700 signataires demandant une révision de la loi d'avortement, la FPV fait part de sa « préoccupation » face au manque de « conseil » proposé aux femmes qui ont l'intention d'avorter, et rappelle que plus de 100 millions d'euros ont été dépensés depuis l'entrée en vigueur de la loi pour financer cet acte. « Il n'y a pas de consentement éclairé », a fait valoir Isilda Pegado, puisque les femmes se contentent de remplir un formulaire avant de se voir remettre un plan pour rejoindre la clinique où elles subiront l'intervention. La loi prévoit un délai de réflexion et la remise d'informations, auxquels devrait s'ajouter un entretien de soutien psychologique et social pour faire connaître les aides pour garder l'enfant, a déclaré Mme Pegado.

Elle a dénoncé les coupes sombres dans les allocations familiales et souligné que l'Assemblée devrait se pencher sur le réalité du « fléau de l'avortement, qui du nord au sud, blesse le pays depuis quatre ans, détruisant des enfants, des femmes, des familles, et l'économie, en provoquant chômage et dépression ».

Et dans le système portugais, l'Assemblée n'aura pas le choix : il suffit qu'une pétition populaire recueille au moins 4.000 signatures pour qu'elle soit obligée d'en examiner l'objet en séance plénière.

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08 décembre, 2009

Juan Carlos d'Espagne et l'avortement : les évêques discrets, les laïcs montent à l'assaut

Comme en 1983  - année de vote de la première loi sur l'avortement, où un seul prélat avait fait exception - les évêques d'Espagne n'ont pas directement entrepris le roi Juan Carlos sur la responsabilité qu'il portera en signant l'actuel projet socialiste s'il est adopté, comme c'est probable. Les hommes politiques catholiques ont été avertis : en votant un texte qui fait de l'avortement un droit jusqu'à 14 semaines de grossesse, ils commettent un faute grave qui les empêchera d'approcher de la communion tant qu'il n'auront pas confessé leur faute et qu'il ne se seront pas publiquement rétractés. Rien de tel n'a été officiellement déclaré à l'égard de Juan Carlos.

Mais la presse catholique et pro-vie espagnole - le laïcat qui  su si bien rassembler un million et demi de personnes à Madrid en octobre - prend moins de précautions oratoires. Bien des journalistes et responsables ont interpellé le roi, tel Alex Rosal qui dans COPE supplie le roi d'Espagne de suivre l'exemple de Baudouin de Belgique, d'Henri de Luxembourg, du président Vazquez d'Uruguay en l'apportant pas la caution de sa signature à cette « loi atroce » :

« D'aucuns diront qu'il n'appartient pas au roi de “débattre” de la bonté ou de l'absence de bonté de cette future loi et que, quoi qu'il en soit, il est obligé de la signer sans rechigner. Je ne suis pas d'accord. Il appartient aussi au rou de “garder et de faire garder la Constitution” et cette loi porte atteinte au droit humain le plus fondamental qu'est la vie. Majesté, ne signez pas. Un petit geste de votre part aidera à sauver beaucoup de vies. »

De fait, la presse pro-avortement, accusant l'« ultradroite ecclésiastique » de s'attaquer au roi à travers ses « appendices médiatiques »,  fait observer que celui-ci, du fait de la Constitution espagnole, ne peut refuser de signer. Periodista Digital assure même qu'en 1983 le roi avait consulté le Saint-Siège qui avait bien compris que « l'ordonnancement juridique espagnol ne rend pas le roi responsale des lois émanant du Parlement où réside la souveraineté dans une monarchie parlementaire ».

Le journal cite ironiquement des militants pro-vie comme Ignacio Arsuaga, Gonzalo Altozano, José Javier Esparza, Manuel Morillo, Paco Segarra, Josep Miró i Ardevol et Eulogio López, entre autres, ces « apôtres de l'orthodoxie » qui en arrivent à « prophétiser que la Couronne, l'Etat, le gouvernement et l'Espagne tout entière se déferont plutôt à brève qu'à longue échéance dans un bain de sang innocent ».

On a trouvé des spécialistes en droit canonique pour expliquer que le roi n'a aucune possibilité de « sanctionner » une loi émanant du Parlement, qu'il ne porte aucune responsabilité à signer une loi puisque la Constitution l'y oblige en précisant qu'il n'a aucun « pouvoir de jugement, d'opinion ou de responsabilité » sur les lois tandis que le président du gouvernement, la plus haute autorité législative en l'occurrence, doit viser tous les actes du roi.

Voilà donc un roi qui ne peut même pas intervenir pour le bien de son peuple. Un figurant de luxe, bouche cousue et stylo tout prêt dans la main ? Et moi qui croyais qu'il était vertueux de s'opposer aux dictatures... Il est vrai que la dictature du relativisme fait exception : c'est la pire tyrannie de toutes, puisqu'elle réduit à rien le bien et le vrai.

© leblogdejeannesmits.

Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...