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24 novembre, 2010

Le Pape et le préservatif : “L'Osservatore Romano” sous le feu roulant des critiques

Je vois avec satisfaction sur LifeSiteNews que d'autres journalistes que moi, et des figures du monde pro-vie, ont vivement critiqué le rôle de L'Osservatore Romano dans l'affaire des courts extraits du nouveau livre de Benoît XVI publiés avant l'heure de manière à causer la plus grande confusion médiatique possible.

Il n'est pas normal en effet qu'une parole du Pape exige une longue mise au point de la salle de presse du Vatican, et des analyses nourries de centaines de commentateurs à travers le monde, du cardinal Burke au psychanalyste Mgr Tony Anatrella en passant par des bloggeurs catholiques de bonne foi.

A la lecture du contexte plus large du court extrait sur le préservatif publié, avec une faute de traduction sur le mot « prostitué », en compagnie d'autres courts extraits sur des points médiatiquement controversés, on se dit que si les journalistes les avaient découverts à la lecture du livre, il n'y aurait pas eu la tempête que nous avons vécue ce week-end. J'écrivais donc lundi matin dans Présent, et reprenais ici sur ce blog :

« Se pose aussi la question de l’irresponsabilité (calculée ?) de L’Osservatore Romano qui a extrait des 284 pages de La Lumière du Monde, pour les jeter en pâture au public, une vingtaine de paragraphes tirés de leur contexte et portant, pour nombre d’entre eux, sur des points médiatiquement « chauds ». C’est cela qui a déclenché la tempête. »
Hilary White, correspondante à Rome de LifeSiteNews, souligne que cette mauvaise manière de L'Osservatore Romano, doublée d'une rupture de l'embargo imposé par le Vatican sur le livre du Pape en attendant sa présentation à la presse, mardi, a conduit non seulement des catholiques mais aussi des journalistes des gros médias a suggérer le débarquement du directeur du journal, Gian Maria Vian.

L'Osservatore Romano a « trahi » le Pape et la déontologie journalistique, sont les critiques qui reviennent. Hilary White cite Frank Rocca, correspondant du Wall Street Journal, USA Today, Time et quelques autres titres de grande envergure qui, mardi matin, a posé la question de la responsabilité de L'Osservatore Romano en demandant si la publication d'extraits du livre « sans consultation préalable avec la Salle de Presse  » n'était pas le signe de la nécessité d'une « meilleure coordination » au sein des communications vaticanes. Les responsables de la conférence de presse ont préféré ne pas répondre…

Paolo Rodari d'Il Foglio s'est montré encore plus direct en parlant de l'affaire comme d'une « débâcle ».

Le journaliste Vitorio Messori – bien connu – a souligné de son côté que L'Osservatore Romano n'avait même pas respecté une « exigence minimale de prudence » en publiant précisément le très court passage sur le préservatif qui allait sans l'ombre d'un doute provoquer un déferlement médiatique : « Un nouvel échec de la communication nous conduit à noter une fois encore que le Pape n'est pas aidé du tout par ceux qui devraient l'aider. »

Et une fois de plus, dans la confusion qui s'en est suivie – comme pour la « lettre » de Mgr Fisichella dans L'Osservatore Romano dans l'affaire de l'avortement approuvé sur la petite fille de Recife – ce qui restera  c'est l'idée d'un relativisme moral de l'Eglise qui serait prête à réviser sa position dans des cas jugés « limites », pour le plus grand plaisir des médias qui s'y engouffrent comme dans une « brèche » dans la doctrine (comme le titrait Le Figaro).

Hilary White rapporte le commentaire cinglant de Christine Vollmer, l'un des membres fondateurs de l'Acadamie pontificale pour la vie (APV) et président de l'Alliance latino-américaine pour la vie, qui a réclamé le licenciement immédiat de Gian Maria Vian :
« La faute majeure, pour laquelle Vian aurait été débarqué de n'importe quel emploi normal, c'est que, sachant que ces phrases se trouvaient dans le livre, il n'y ait eu aucune réponse toute prête. »
Cette impréparation face aux assauts prévisibles, sans l'ombre d'un doute, de la part des médias, est « totalement inexcusable », estime Mme Vollmer.
C'est si vrai que l'incompétence ordinaire n'est pas crédible. Il semblerait que, de même qu'avec l'article de Fisichella, la ligne éditoriale consiste à provoquer au doute sur les affaires morales. (…) Ils pensent, à ce que l'on peut voir, que cela stimule l'intérêt pour la publication et cela semble être le but. Si le journal devait publier des articles qui jetteraient le doute sur l'Assomption de Notre Dame, que se passerait-il ? Mais il n'ont aucun scrupule à provoquer le doute dans les matières morales. »
 © leblogdejeannesmits.

18 septembre, 2009

Une ahurissante interview de Tony Blair

Lu sur Le blog de Jeanne Smits

“L’Osservatore romano” en « service commandé » ?

Deux pleines pages d’un journal qui n’est pas petit : c’est la place accordée par le quotidien quasi officiel du Vatican à un entretien avec l’ancien Premier ministre anglais Tony Blair, dans son édition du 15 septembre. L’entretien, mené par la journaliste Giulia Galeotti, est si dégoulinant de complaisance qu’un bloggueur catholique anglais, curé de la paroisse Notre-Dame du Rosaire à Londres – où l’on trouve une messe « extraordinaire » –, a suggéré de le renommer : L’Ossequioso Romano.

Après le http://leblogdejeannesmits.blogspot.com/2009/09/tony-blair-simpose-rimini.html ovationné de Tony Blair à Rimini fin août, c’est un nouveau pas vers l’installation de ce partisan de l’avortement et des autres aberrations de la culture de mort dans le rôle de porte-parole de l’Eglise catholique dans le concert des nations. Même l’agence Zenit, plutôt conservatrice, a donné un écho totalement positif à cette interview : voilà un bon demi-million d’abonnés à son service quotidien qui garderont l’impression d’un Tony Blair, homme politique à suivre dans tous les sens du terme.

Visiblement sous le charme, Giulia Galeotti annonce que ce « probable protagoniste sur la scène internationale des années à venir » est un « gentleman » : « Bien élevé, souriant, courtois comme peu savent encore l’être désormais », il est celui que le Guardian de Londres présente comme le « probable futur président de l’Union européenne ». C’est dire que l’enjeu d’une telle publication est de taille.

Le scandale… est précisément que la journaliste n’en fait aucun. Il n’y a pas de question gênante. Pas de rappels de ses votes personnels ni des décisions prises sous sa responsabilité, alors que Tony Blair présente un palmarès systématiquement pro-mort. Richard Marsden, journaliste catholique anglais, en rappelle un bref catalogue dont nous retiendrons quelques exemples : légalisation de l’euthanasie par omission, légalisation de l’adoption homosexuelle qui a abouti au sabordage d’agences catholiques d’adoption sous peine d’être poursuivies pour « discrimination », légalisation des unions homosexuelles, accès à la pilule du lendemain pour les jeunes filles dès 11 ans, légalisation de l’expérimentation sur l’embryon humain… Tony Blair a personnellement voté contre la réduction des délais de l’avortement légal de 28 à 18 semaines ; pour l’expérimentation sur l’embryon jusqu’à 14 semaines, etc.

Dans son interview comme à Rimini, le président de la Tony Blair Faith Foundation, après avoir encensé la Chine contemporaine, se recommande chaleureusement de Caritas in veritate. L’Osservatore Romano a laissé passer, sans la moindre réaction sur le fait que cette encyclique place au cœur de la doctrine sociale de l’Eglise le respect de toute vie humaine depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle, et qu’il est difficile d’être plus éloigné de cette exigence que Tony Blair…

Soyons précis. Il y a bien une question, en passant, sur l’avortement. La journaliste demande si dans les « démocraties modernes, un homme politique a le droit de parler au nom de sa foi – en se déclarant par exemple contre l’avortement parce que celui-ci viole le cinquième commandement – ou s’il a au contraire le devoir de se taire à propos de son credo personnel ».

Réponse de Tony Blair : « J’ai toujours soutenu que les gens ont le droit de parler. J’ai beaucoup insisté là-dessus en Grande-Bretagne. Surtout parce qu’il s’agit de thèmes à propos desquels les gens ont des sentiments forts, qui sont importants pour eux. Les gens ont des avis très différents sur ces questions, et si une personne croit quelque chose qui pour elle, est absolument centrale, elle a le droit de parler. »

A lire cela, on pourrait bien le croire un défenseur de la vie. Le problème, c’est qu’il a toujours parlé pour l’avortement. Et que L’Osservatore Romano tait cela.

John Smeaton, président de la SPUC (Association britannique pour la protection des enfants à naître) en est venu à demander, en commentant l’affaire pour LifeSiteNews.com : « Y a-t-il des éléments subversifs au travail au Vatican qui veulent une politique de conciliation avec Barack Obama et Tony Blair, et leurs politiques anti-vie ? »

L’Osservatore Romano est contrôlé par la Secrétairerie d’Etat qui a multiplié les signes en ce sens depuis l’élection de Barack Obama. C’est pourquoi un Mgr Michel Schooyans, de l’Académie pontificale pour la Vie, a multiplié les mises en garde depuis plusieurs mois, parlant de « service commandé » à propos du quotidien, soulignant avant la lettre les manœuvres entreprises pour propulser Tony Blair sur le devant de la scène de l’Union européenne, du dialogue interreligieux et du Vatican. On peut dire que les affaires du « catholique » Blair progressent…

P.S. Il va de soi qu’il ne m’appartient pas de juger de la sincérité de la conversion de Tony Blair. Mais il faut souligner qu’il est un « catholique » qui n’accepte pas les enseignements de l’Eglise et du Pape. Sans commentaire.

Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...