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06 mai, 2021

Le message du pape pour la prochaine Journée des migrants: “Vers un nous toujours plus grand"

Le pape François vient de faire publier son message pour la 107e Journée mondiale du migrant et du réfugié, célébrée le 26 septembre prochain, pour inviter le monde à aller « vers un nous toujours plus grand ».

Il y décrit le projet de Dieu pour l’humanité, faisant référence à la Genèse : « Dieu nous a créés homme et femme, des êtres différents et complémentaires pour former ensemble un nous destiné à devenir toujours plus grand avec la multiplication des générations. Dieu nous a créés à son image, à l’image de son Être Un et Trine, communion dans la diversité. »

Et d’ajouter : « … lorsque, à cause de sa désobéissance, l’être humain s’est détourné de Dieu, celui-ci, dans sa miséricorde, a voulu offrir un chemin de réconciliation non pas à des individus, mais à un peuple, à un nous destiné à inclure toute la famille humaine, tous les peuples : “Voici la demeure de Dieu avec les hommes ! Il habitera avec eux, et ils seront ses peuples, et lui-même, Dieu avec eux, sera leur Dieu.”

Voilà qui renvoie à un leit-motiv récent dans les déclarations pontificales : « personne ne se sauve tout seul, (…) il n’est possible de se sauver qu’ensemble », et ce serait la leçon de la « récente pandémie » pour atteindre « la paix, le bien, la sécurité et le bonheur ». 

C’est une vision horizontale du salut, et un oubli, au mieux, et une contradiction, au pire, de cette vérité : la Rédemption et le salut éternel sont offerts aux personnes, individuellement, le Christ meurt en Croix pour chacun d’entre nous, pour vous et pour moi, donnant la dernière goutte de son Précieux Sang pour que vous, pour que moi, puissions accéder personnellement à la vie éternelle à condition d’accueillir et de répondre à sa grâce.

Et voilà donc le rêve du pape exprimé dans ce message :

« En réalité, nous sommes tous dans le même bateau, et nous sommes appelés à nous engager pour qu’il n’y ait plus de murs qui nous séparent, qu’il n’y ait plus les autres, mais un seul nous, aussi grand que toute l’humanité. C’est pourquoi je profite de cette journée pour lancer un double appel à marcher ensemble vers un nous toujours plus grand, m’adressant d’abord aux fidèles catholiques puis à tous les hommes et femmes du monde. »

C’est une utopie et comme toutes les utopies, elle est dangereuse.

Dangereuse et trompeuse, lorsque le pape en fait la condition pour accéder à une « Eglise toujours plus catholique », confondant les plans de la « fraternité humaine » sur le plan matériel, et celui de l’incorporation dans le Christ par le baptême et la pratique de la foi en vue de figurer au nombre des élus dans l’autre vie. Une telle confusion répond fondamentalement à l’idée qu’on ira tous au paradis

Comment faire pour répondre au souhait de François ?

« Les fidèles catholiques sont appelés à s’engager, chacun à partir de la communauté dans laquelle il vit, pour que l’Église devienne toujours plus inclusive, poursuivant ainsi la mission confiée par Jésus-Christ aux Apôtres : “Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement.” » (C’est moi qui souligne.)

« Inclusive » : outre que le mot relève de la Novlangue politiquement correcte, avec ses tonalités antiracistes dont on connaît la charge idéologique, il faut noter qu’elle fait de l’Eglise l’agent de l’inclusion, alors que c’est dans un premier temps la personne qui demande le baptême, la foi, la grâce de devenir enfant de Dieu, que l’Eglise alors lui procure en communiquant la grâce du trésor qui lui est confié par le Christ.

Heureusement le pape ajoute : « Aujourd’hui, l’Église est appelée à sortir dans les rues des périphéries existentielles pour soigner les blessés et chercher les perdus, sans préjugés ni peur, sans prosélytisme, mais prête à élargir sa tente pour accueillir tout le monde. Parmi les habitants des périphéries, nous trouverons de nombreux migrants et réfugiés, des personnes déplacées et des victimes de la traite, auxquels le Seigneur veut que Son amour soit manifesté et Son salut proclamé. » Passons sur le prosélytisme pour retenir que le pape veut voir le salut du Christ proclamé aux migrants.

Cependant la question demeure, au vu du contexte : quel est ce « salut » que l’on proclame ?

Le pape poursuit un peu plus loin :

« L’avenir de nos sociétés est un avenir “en couleurs”, enrichi par la diversité et les relations interculturelles. C’est pourquoi nous devons apprendre aujourd’hui à vivre ensemble en harmonie et dans la paix. (…) C’est l’idéal de la nouvelle Jérusalem (cf. Is 60 ; Ap 21,3), où tous les peuples se rassemblent dans la paix et l’harmonie, célébrant la bonté de Dieu et les merveilles de la création. Mais pour atteindre cet idéal, nous devons tous nous efforcer de faire tomber les murs qui nous séparent et de construire des ponts qui favorisent la culture de la rencontre, conscients de l’interconnexion intime qui existe entre nous. Dans cette perspective, les migrations contemporaines nous offrent l’opportunité de surmonter nos peurs pour nous laisser enrichir par la diversité du don de chacun. Ensuite, si nous le voulons, nous pouvons transformer les frontières en lieux de rencontre privilégiés, où le miracle d’un nous de plus en plus grand peut s’épanouir. »

Et cela se double, en conclusion d’un message écolo-politique bien plus que d’un appel à la conversion en vue du salut éternel :

« Je demande à tous les hommes et à toutes les femmes du monde de faire bon usage des dons que le Seigneur nous a confiés, afin de préserver sa création et de la rendre encore plus belle. “Un homme de la noblesse partit dans un pays lointain pour se faire donner la royauté et revenir ensuite. Il appela dix de ses serviteurs, et remit à chacun une somme de la valeur d’une mine ; puis il leur dit : ‘Faites-les valoir jusqu’à ce que je revienne’” (Lc 19,12-13). Le Seigneur nous demandera de rendre compte de nos actes ! Mais pour garantir que notre maison commune soit correctement entretenue, nous devons nous constituer en un “nous” toujours plus grand, toujours plus coresponsable, avec la ferme conviction que tout bien fait au monde l’est pour les générations actuelles et futures. Il s’agit d’un engagement personnel et collectif, qui prend en charge tous les frères et sœurs qui continueront à souffrir tandis que nous cherchons à atteindre un développement plus durable, équilibré et inclusif. Il s’agit d’un engagement qui ne fait aucune distinction entre autochtones et étrangers, entre résidents et hôtes, car il s’agit d’un trésor commun, et personne ne doit être exclu de ses soins et bénéfices. »

Décidément, la confusion entre le spirituel et le temporel a encore de beaux jours devant lui.

Samedi 8 mai. Je reçois cet intéressant commentaire de Roland Hureaux, que je publie ici avec son aimable accord :

J’ai lu votre commentaire de la déclaration du pape au sujet de la Journée des migrants, par ailleurs passée inaperçue.

A côté de positions connues sur les migrations , je regrette que ce genre de déclaration très  générale occulte deux aspects essentiels :
 
Le premier est la cause de l’afflux de réfugiés. S’il y a des réfugiés, c’est qu’il y a des guerres.  Et s’il y a des guerres en Afrique du Nord , au Proche-et au Moyen  Orient, c’est pour l’essentiel en raison des ingérences occidentales , voire américaines ; or ces ingérences, le pape François, à ma connaissance , ne les condamne jamais. Pas plus qu’il ne condamne les sanctions inhumaines qui frappent un pays comme la Syrie et qui empêchent les réfugiés de rentrer chez eux. Et pour cause : dans la guerre civile  larvée qui divise l’Occident en deux vcamp , il est du côté des mondialistes qui sont les mêmes qui déclenchent ces guerres.
 
Le second est le  mauvais accueil fait trop souvent aux musulmans qui demandent le baptême. Une Eglise  inclusive, ce n’est pas seulement une Eglise qui veut que les frontières soient ouvertes ; c’est aussi une Eglise qui ouvre ses propres portes. Or vous connaissez le mauvais accueil qui est fait trop souvent   aux musulmans candidats au baptême . 60 % des baptisés issus de l’islam estiment avoir été mal accueillis. 
 
Cela en raison d’un relativisme ambiant qui considère qu’un musulman  qui pratique sa foi n’a finalement  pas besoin du baptême. 
 
Mais aussi en raison de la bureaucratisation de l’Eglise qui inflige aux candidats   une préparation de 3 ans ; cette préparation est souvent faite de réunions ennuyeuses.  Des exigences de formation qui pourraient être valables pour un sauvage vivant à demi nu en   brousse  ne  devraient  pas s’appliquer à un musulman qui a déjà fait un énorme effort  en venant au baptême car il se coupe de sa communauté, prend des risques etc.

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01 janvier, 2021

Les vœux de Macron pour 2021

Non, je n’ai pas regardé, le 31 décembre, les vœux d’Emmanuel Macron. Il y a de meilleures façons de passer la dernière soirée de l’année, et de toute façon, il ne s’agissait que d’un exercice de communication. Nous sortons d’une année désastreuse, marquée par des choix politiques qui s’en sont simultanément pris à nos libertés, à notre santé, à l’économie réelle. Qu’allait faire Macron, sinon que la crise a été gérée de main de maître et que sous sa bienveillante conduite, tout irait mieux en 2021 ?

Ça n’a pas loupé. Un rapide coup d’œil à la version écrite des vœux du Président confirme que son rédacteur n’a pas innové – mais à l’autocongratulation convenue s’ajoutent des perspectives qui devraient nous alerter.

On s’attendait à ce qu’il dise : « Je suis sincèrement convaincu que nous avons fait les bons choix aux bons moments et je veux vous remercier de votre civisme. De cet esprit de responsabilité collective par lequel nous avons sauvé tant de vies et qui nous permet aujourd’hui de tenir mieux que beaucoup face à l’épidémie. »

C’est ça. Traitements interdits, soignants muselés, grands spécialistes poursuivis, masques idiots, confinements destructeurs… Et pourtant « la » COVID-19 a peiné à tuer, même si la France est dans le peloton de tête des pays affichant la plus forte mortalité attribuée au SARS-COV-2 par million d’habitants. Sur l’ensemble de l’année 2020, on n’enregistre néanmoins aucune surmortalité globale par rapport à l’année précédente. Comme si le virus avait surtout fauché des personnes malades ou fragiles qui seraient mortes de toute façon au cours de l’année…

En attendant, toute la casse qu’il y a eu, et qui se poursuit, continue d’offrir au pouvoir (et là il ne s’agit pas de Macron, mais d’une orientation mondiale exprimée sans détours par l’ONU et le Forum économique mondial, entre autres) la possibilité de mettre en place une véritable révolution, bénéficiant d’une certaine tabula rasa fabriquée de toutes pièces.

Cela, Emmanuel Macron l’a clairement signifié. Sur fond de construction européenne renforcée (il paraît que la « souveraineté » française « passe aussi par une Europe plus forte, plus autonome, plus unie), nous allons nous s’endetter de concert « pour mieux préparer notre avenir en nous engageant dans la transition écologique et numérique ».

Ecologique : renoncer à l’énergie bon marché, facteur de progrès ; numérique : accentuer la domination de la machine, du virtuel, des robots, de l’intelligence artificielle. Cette année 2020 nous y aura bien préparés…

Et comme les lendemains qui chantent, il y aura un printemps. Il sera « vert », puisque Macron entend que « nous » sachions « relever les défis à venir » : « la transition écologique et la protection de la biodiversité, avec la mise en œuvre des propositions de la convention citoyenne, et d’autres réformes ». De nouvelles obligations tatillonnes s’imposeront, sur le mode usine à gaz bien sûr !

« L’espoir est là, et l’espoir grandit chaque jour dans cette relance qui déjà frémit en France plus qu’ailleurs et qui va nous permettre, dès le printemps, d’inventer une économie plus forte, tout à la fois créatrice d’emplois, plus innovante, plus respectueuse du climat et de la biodiversité et plus solidaire. Et je sais le Premier ministre et le gouvernement pleinement mobilisés », a déclaré Emmanuel Macron.

Le dernier point est franchement inquiétant, mais je frémis aussi à l’idée de ce « printemps » avec son économie « inventée ». Comment ne pas y voir les prémices de la « Grande réinitialisation », ce Great Reset dont rêvent ouvertement les mondialistes ? Un nouveau départ rendu possible par l’anéantissement de pans entiers de l’économie… Mais décidé par une minuscule minorité qui veut imposer sa vision du monde. Cette « transformation » tous azimuts annoncée par Klaus Schwab du Forum économique mondial et soutenue par Antonio Guterres, le Prince Charles et quelques autres affiche ouvertement ses objectifs globalistes et son soutien à la « quatrième révolution industrielle » avec ses « capacités totalement inédites pour les hommes et les machines », la technologie pouvant être « incorporée » jusque dans nos corps.

Le Great Reset sera lancé officiellement ce mois-ci, lors d’une conférence du 25 au 29 janvier à Singapour, sous le titre Davos Agenda : une « semaine entière de programmation globale ». Ce sommet préparera la rencontre annuelle spéciale qui se tiendra au printemps.

C’est à cette lumière qu’il faut comprendre ces autres engagements d’Emmanuel Macron pour 2021 : « La lutte pour la République et pour nos valeurs, la laïcité, la fraternité, pour plus de sécurité ; la poursuite de notre engagement pour le mérite, le travail, l’égalité des chances et la lutte contre toutes les inégalités et les discriminations. »

Laïcité, égalitarisme, lutte contre les discriminations… Traduisez : socialisme accru, athéisme d’Etat, promotion des nouveaux avatars de la lutte des classes au profit de toutes les minorités agréées, des non-Blancs aux LGBT.

Tout cela correspond fondamentalement aux objectifs du Great Reset tel qu'il se présente lui-même, notamment pour ce qui est de l’égalisation des revenus (ou absence de revenus) et de la promotion de l’idéologie du genre.

Une marche forcée vers le néant de l’interchangeable et de l’indéfini ?

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...