A son ordre officiel le juge a choisi d’ajouter quelques mots, comme cela est possible dans la procédure anglo-saxonne, pour rendre hommage au « dévouement » et à « l’amour » dont les parents de « RB » avaient fait preuve à l’égard de leur fils depuis sa naissance :
« Ils ont mis leurs propres vies d’adultes entre parenthèses. Ils ont subi un stress immense, qui a signé la fin de leur propre relation, mais ils parviennent toujours à travailler ensemble et ils font ce qu’ils peuvent pour soutenir leur fils. Lorsqu’ils ont dû faire face aux affres de la situation où ils se sont trouvés, ces jeunes gens ont été totalement à la hauteur et ont fait face à la responsabilité que la vie leur avait imposée en faisant preuve, chacun, d’un engagement à 100 % qui ne peut que commander un profond respect et autant d’admiration. »
Il semble que le père de « RB » ait été ébranlé par les témoignages de médecins et d’infirmières à propos des souffrances de son garçon, l’argument principal étant que celui-ci n’était pas en mesure de montrer sa douleur par l’expression de son visage ou par des mouvements musculaires. L’un d’entre eux, un professeur qui a ausculté l’enfant ces derniers jours, a recommandé le débranchement parce que, dans le cas d’une trachéotomie réussie, il continuerait d’être malade tout en connaissant un développement neurologique et cérébral normal, et connaîtrait « une frustration croissante » du fait de ne pas pouvoir communiquer. Maintenir « RB » en vie ne serait donc pas dans l’intérêt de l’enfant dans la mesure où celui-ci ne pourrait espérer une quelconque « qualité de vie ». C’est précisément le fait que « RB » avait un développement normal et réagissait à la vue de ses parents qui avait poussé son père à se battre pour sa vie.
La Société britannique pour la protection des enfants naître (SPUC) avait déclaré, au début du procès : « Chaque fois qu’il y a un doute à propos d’un traitement médical indispensable à la survie, tous devraient agir en fonction d’une présomption en faveur de la vie. »
De fait ici un choix thérapeutique moins lourd a été écarté pour des motifs directement puisés dans l’argumentaire des partisans de l’euthanasie.
Sources : ici, ici, ici...
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