18 avril, 2009

Ce qu'avait dit le Père Euteneuer de “Human Life International” à propos de Recife...

Daniel Hamiche publie sur son blog sa traduction de l'intéressant commentaire du P. Thomas Euteneuer sur l'affaire de la petite fille de Recife, dénonçant les dégâts causés par la note de Mgr Fisichella. Je l'avais moi aussi gardé sous le coude, manquant de temps pour faire le travail de traduction. C'est une pièce qui éclaire bien le dossier, à lire ici.

17 avril, 2009

Affaire de Recife : « Human Life International » récompense l’archevêque

Dom Cardoso Sobrinho, l’archevêque d’Olinda et Recife qui s’était tant battu pour essayer de sauver la vie des petits jumeaux dont était enceinte une fillette de neuf ans, après avoir subi pendant trois ans les viols de l’amant de sa mère, a reçu jeudi soir le prix « Cardinal von Galen » attribué par l’organisation « Human Life International ».

Ce prix porte le nom du prélat allemand qui s’opposa héroïquement au national-socialisme, portant notamment un coup d’arrêt au projet d’Hitler d’exterminer les handicapés par ses prises de parole publiques contre la persécution des juifs. Le cardinal von Galen subit l’internement en camp pendant plusieurs années, mais le « Lion de Münster » devait survivre à cette épreuve et faire un retour triomphal dans son diocèse en 1946. Il fut béatifié en 2005.

« Human Life International » est un organisme catholique de défense de la vie, présent dans de nombreux pays, dont le responsable actuel, le père Euteneuer, s’est élevé contre la campagne médiatique quasi mondiale qui a frappé l’archevêque brésilien. Mgr Cardoso a été flétri pour avoir déclaré, en réponse à des questions de journalistes, que la mère de la petite fille avortée ainsi que les médecins responsables de l’intervention s’étaient excommuniés en méprisant ainsi la vie de deux tout-petits de 15 semaines.

On se rappellera que ce constat, assorti de la précision que l’Eglise n’allait pas « notifier » cette excommunication aux intéressés parce qu’elle « n’a pas l’habitude de procéder ainsi », qu’il s’agissait simplement de faire « réfléchir » ceux qui ont choisi l’avortement volontaire, a été violemment critiqué comme une erreur de « communication » et le signe d’une grave insensibilité aux souffrances de la petite victime.

L’affaire s’est compliquée par la publication d’une « note » (avec tout ce que ce genre de publication a de solennel et d’officiel) par Mgr Rino Fisichella, président de l’Académie pontificale pour la Vie, désavouant l’archevêque de Recife et affirmant son respect pour les médecins qui avaient pris cette décision « difficile », à la « une » de L’Osservatore Romano. On sait depuis, comme l’a affirmé Daniel Hamiche dans L’Homme nouveau et comme le confirment pleinement mes sources, que Mgr Fisichella « enrage » d’avoir été amené à publier cette mise au point sur la base d’informations trompeuses.

Le Père Euteneuer faisait partie de ceux qui avaient d’emblée manifesté leur incompréhension et leur indignation devant cette mise au point qui a eu pour effet de laisser croire qu’il est des circonstances où l’Eglise catholique légitime pleinement l’avortement, la mise à mort directe et volontaire d’innocents, comme moyen justifié par la fin de sauver une autre vie.

L’initiative de « Human Life International » apparaît ainsi comme une sorte de réparation de ce désordre. C’est le directeur de l’organisation pour les pays de langue portugaise, Raymond de Sousa, ainsi que le chef du bureau de HLI à Rome, Mgr Ignacio Barreiro-Carambula, qui se sont déplacés à Recife pour remettre officiellement le prix à Mgr Cardoso, soulignant lors de la cérémonie que celui-ci avait « osé affronter les médias du monde entier, il n’a pas eu peur de l’impopularité ».

Mgr Cardoso Sobrinho, se disant très « surpris » par cette gratification, a souligné qu’il ne la recevait pas à titre personnel mais au nom de l’Eglise catholique. Rappelant que Benoît XVI avait tenu, en février, en recevant les lettres de créance du nouvel ambassadeur du Brésil près le Saint-Siège, à redire qu’il faut défendre la vie humaine « dès la conception », Mgr Cardoso a expliqué qu’il s’était « borné à suivre les principes de l’Eglise et du Droit canon ». Et de déclarer que s’il était resté silencieux après la réalisation de l’avortement, il se serait senti « complice », « quasiment en connivence ». « J’ai fait mon devoir ! »

Le prix lui a été remis en ces termes : « “Human Life International” a l’honneur de remettre à Dom José Cardoso Sobrinho archevêque d’Olinda et Recife, le prix Cardinal von Galen en reconnaissance de son atttidude héroïque dans l’accomplissement de son ministère épiscopal, pour la défense de la vie humaine, en affrontant l’hostilité de tous ceux qui font la promotion de la culture de mort. » A commencer par le président Lula, partisant du « droit » à l’avortement.

Doit-on pour autant parler d’héroïsme ? Mais oui. Il eût été bien plus facile de ne rien dire. Avoir aujourd’hui le souci des âmes et de leur salut éternel, et le dire, est considéré comme une faute de goût, une faute tout court, et même un empêchement à l’évangélisation. Ce sont des accusations très graves, et elles méritent d’être lavées.

07 avril, 2009

Avant l'affaire de Recife, celle de la petite "Rosa"

L'affaire de la petite fille d'Alagoinha, enceinte de jumeaux à 9 ans à la suite de vols répétés et avortée contre la volonté de son père légitime, a déclenché la tempête médiatique que l'on sait.

Il se trouve qu'un cas très similaire, à ceci près qu'il n'y eut ni séquestration de la jeune fille, ni opposition familiale à l'avortement, eut lieu en 2003 au Nicaragua, sans déclencher comme aujourd'hui une tempête médiatique ni la furieuse hostilité anti-papale que nous vivons actuellement.

Une petite jeune fille de huit ans était tombée enceinte à la suite d'un viol. Elle vivait avec ses parents au Costa Rica, où ses parents, nicaraguayens, souhaitaient qu'elle subisse un avortement. Devant le refus des médecins hospitaliers, la famille retourna au Nicaragua où une clinique privée accepta de pratiquer l'opération, après que les parents eurent fait sortir leur petite fille de l'hôpital public qui refusait l'avortement en raison de sa dangerosité. L'avortement fut annoncé par une organisation féministe, Women's Network. Si le ministre de la Santé, Lucia Salvo, affirma que celle-ci constituait un acte criminel, le procureur général Maria del Carmen Solorzano décida que l'avortement n'avait pas contrevenu à la loi dans la mesure où il avait été pratiqué pour préserver la vie de la petite Rosa.

L'archevêque de Managua, Mgr Miguel Obando y Bravo (jadis « sandiniste », puis, voyant la haine anti-catholique des révolutionnaires communistes, soutien de la Contra) déclara à la presse que les parents de la fillette et ceux qui avaient pratiqué l'avortement s'étaient excommuniés de l'Eglise catholique.

Il y eut quelque remue-ménage international, mais rien comparé à ce qui s'est produit dans le cas de Recife ; feu le cardinal Alfonso Lopez Trujillo, président du Conseil pontifical pour la famille, apporta son soutien à ce geste en s'exprimant ainsi dans la revue Panorama :

« J'ai suivi ces événements personnellement. J'ai écrit personnellement au Cardinal pour lui exprimer mon soutien, en toute sincérité, parce que l'opinion publique était assez désorientée à propos de ce cas.

« Celle-ci n'a pas eu une seule pensée pour les droits des enfants à naître, qui sont des personnes ayant le droit de vivre. L'Eglise voulait aider cette jeune fille, qui aurait dû être secourue jusqu'à la naissance de son enfant, mais l'Eglise s'est également levée pour dire la vérité.

« Et la vérité, c'est que la vie humaine est inviolable. »

De leur côté, les évêques du Nicaragua publièrent une lettre ouverte assimilant l'avortement aux attentats terroristes à la bombe.

Si quelque 26.000 signatures furent récoltées par des organisations féministres pour dénoncer l'attitude de l'Eglise, on resta tout de même très loin du tapage médiatique actuel. Pourquoi ? Voilà une question qui mérite d'être réfléchie.

02 avril, 2009

Pour adoucir les mœurs...



Les Petits Chanteurs de Saint-Louis de Paris
Ensemble Opalescences dir. Saskia Salembier Direction : Marina Lobaton

Antonio VIVALDI 1678-1741
Magnificat
Beatus Vir

Jan-Dismas ZELENKA 1679-1745
Missa Dei Filii

Eglise Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux
Jeudi 2 avril 2009 à 20 heures 30

12 rue des Blancs-Manteaux, 75004 Paris
Ouverture des portes à 20 heures

Basilique Sainte-Clotilde
Samedi 4 avril 2009 à 20 heures 45

23bis, rue Las Cases - 75007 PARIS
Ouverture des portes à 20 heures 15

Réservation : 09 50 29 87 14
Tarif normal : 15 Euros
Tarif réduit (enfants, étudiants, chom.) : 10 Euros
Places numérotées (6 premiers rangs) : 25 Euros
Places réservées : 20 Euros

01 avril, 2009

Encore des questions sur Recife

Patrice de Plunkett, sur son blog, s'en prend de nouveau violemment aux « catholiques plus papistes que le pape » qu'il accuse de faire circuler un dossier anonyme et mensonger sur l'affaire de la petite fille d'Alagoinha, en vue de discréditer Mgr Fisichella de l'Académie pontificale pour la vie qui avait désavoué Mgr Cardoso Sobrinho.

Sur ce blog, j'ai fait paraître sous mon nom, en toute loyauté, plusieurs analyses que j'ai voulues aussi précises et honnêtes que possible, en donnant nombre de mes sources. Je ne sais s'il en a pris connaissance au-delà d'une ou deux citations qu'un lecteur a pu lui envoyer. Je sais que l'article principal, paru dans Présent du 19 mars, m'a valu des félicitations assez inattendues de la part de personnalités que nul ne suspectera d'intégrisme ni même de traditionnalisme.

Le noeud de la question est bien le pronostic vital de la petite fille. J'invite Patrice de Plunkett à se réinformer à ce propos. Je n'ai pas encore noté, mais le fais donc ici, le fait que les assistantes sociales qui demandaient l'avortement immédiat insistaient pour qu'il soit fait au plus vite pour des raisons psychologiques, au motif que le traumatisme serait d'autant moins grand que l'intervention aurait lieu tôt pendant la grossesse. Il ne s'agissait pas de prendre une décision devant un risque mortel immédiat, bien au contraire : le directeur de l'IMIP où elle fut hospitalisée à Recife dans un premier temps a même déclaré devant témoins que, correctement suivie, la petite fille pouvait mener sa grossesse à bien, c'est-à-dire au moins jusqu'à un stade où on aurait pu donner une chance de survie aux deux petits enfants qui sont les grands oubliés de cette affaire.

Ce témoignage-là me paraît capital. Je n'ai jamais cru que Mgr Fisichella en avait été informé avant d'écrire pour la simple raison qu'il parle de ces cas de conscience que l'on rencontre quotidiennement dans les « salles de réanimation » : le regard porté changerait en effet si des médecins connus et respectés (et donc non habituellement avorteurs) s'étaient trouvés devant une fillette risquant de mourir au bout de son sang et avaient dû prendre une décision immédiate. L'acte d'avortement resterait alors objectivement mauvais (voir ici) mais les circonstances changeraient le degré de responsabilité.

Patrice de Plunkett parle de « sophisme » à propos du fait que la fillette n'aurait pas pu quitter l'IMIP (institut maternel et infantile de Pernambuco) si elle avait été en danger de mort. Il se trouve que le personnel de l'IMIP aurait été prêt à réaliser lui-même l'avortement si elle avait été dans une situation d'urgence, il y a renoncé explicitement parce qu'elle n'était pas en danger de mort. Il a été dit aussi explicitement que l'IMIP n'aurait pu la garder dans ses murs que dans le cas où elle aurait été en danger de mort, et que son transfert l'aurait mise en péril. Et il est encore établi qu'elle a été transférée pour aller dans l'établissement CISAM qui lui, était prêt à réaliser l'intervention bien qu'elle ne fût pas en danger immédiat.

Il ne s'agit pas, une fois de plus, de n'avoir pas de compassion pour cette petite jeune fille, mais de raisonner en vérité. Il s'agit aussi de dire que la miséricorde de Dieu est pour tous. Pour le père légitime, l'amant violeur, la mère abusée ou complice, les médecins avorteurs et le curé d'Alagoinha, Mgr Cardoso Sobrinho - jadis professeur de droit canonique à Rome, pour Patrice de Plunkett et même, je l'espère, pour moi.

Patrice de Plunkett note que le père légitime, hostile à l'avortement, était évangélique, comme si ceci expliquait cela et prouvait son manque d'humanité. J'ai trouvé trace de cette assertion dans certains journaux nationaux brésiliens présentant très brièvement l'affaire ; mais rien de plus. Au contraire il a été positivement affirmé lors d'une interview (du curé de la paroisse, semble-t-il) que toute la famille concernée était catholique. Chose que semble corroborer le fait que le père légitime, M. Erivaldo, s'est fait assister du curé et qu'il a tenté de faire interdire l'avortement en s'appuyant sur les services diocésains d'Olinda et Recife, se faisant accompagner par leurs représentants médicaux, psychologiques et religieux. La question reste pour le moins ouverte.

Je n'ai nulle part dans la presse brésilienne trouvé trace de manifestations évangéliques près de l'hôpital où la fillette était suivie et où, selon plusieurs témoins, elle se trouvait bien et jouait tranquillement lorsqu'ils l'avaient vue.
Nulle part, même pas sur des sites évangéliques. Est-ce à dire qu'il n'y en eut point ? Peut-être pourrait-on connaître quelques sources à ce propos ; les miennes, je les ai données sur mon blog...

Plunkett écrit que la fillette était « rachitique » et dénutrie et que ses « organes étaient à peine formés ». Que « ses souffrances étaient insupportables ». Le pronostic vital était engagé sans l'ombre d'un doute.
Où est-il allé chercher cela ?

Rachitique ? Les photos de la fillette parues dans la presse brésilienne ne le laissent pas deviner, et je ne trouve pas cette mention dans les relations de l'affaire dans la presse régionale de Recife ou d'Alagoinha, même s'il en est fait état sur des sites ouvertement anti-chrétiens.

Dénutrie ? A 9 ans, elle mesure 1m30 et pèse 36 kilos. La courbe de croissance moyenne des petites filles françaises indique pour cet âge 1m28 et 27 kilos.

Ses organes étaient-ils à peine formés ? Une conversation avec un médecin gynécologue m'a permis de comprendre que, son cycle menstruel ayant commencé, il n'y avait pas d'insuffisance en soi à ce niveau-là. Une autre conversation avec un prêtre que j'aime bien, absolument pas suspect de traditionnalisme, tournait autour du cas d'une fillette de 6 ans (!) dont son père médecin avait eu connaissance : la petite fille avait mené à bien une grossesse à cet âge-là...

Défendre la vie, c'est essayer de défendre toutes les vies innocentes. Il ne s'agit pas là d'une quelconque hérésie « vitaliste » : ce que nous dit l'Eglise, c'est qie nous devons être prêts à donner notre vie pour ceux que nous aimons. Mais pas de prendre celle des autres...

C'est bien pour cela que cette question a créé une telle polémique. Elle se résume essentiellement en cette question : doit-on admettre que l'avortement est permis et même recommandé dans un cas comme celui-ci ? Je suis certaine, à lire la lettre de Mgr Fisichella, que ce n'est pas ce qu'il dit, ni ce qu'il a voulu dire, puisqu'il parle de situation d'urgence absolue et dit son respect de médecins dont il a pu ignorer au moment d'écrire qu'ils mettent leur point d'honneur à pratiquer des avortements. Mais c'est en ce sens que sa lettre a été interprétée par une presse trop contente de voir l'Eglise, comme cette presse voulait le croire, justifier l'avortement en lui-même.

On peut dire que l'affaire de Recife a eu pour conséquence un grand désordre, et pour cause la circulation d'informations fausses.

Elle aura été aussi l'occasion d'une invraisemblable attaque contre le milieu pro-vie, accusé de « religion de la vie biologique substituée à la religion chrétienne », selon un théologien orthodoxe cité par Plunkett : et même une « obsession raciale identitaire » qui caractérise selon Plunkett ces gens piqués d'un « virus néo-païen ».

Ce ne sont pas des accusations anodines, que ces dénonciations pour haine, pour pharisianisme, etc. Je cherche en vain la charité et la douceur dans ces propos. Pour ma part je ne crois pas avoir manifesté de haine, en tout cas je l'espère. Vu l'enjeu, je crois à l'importance de la recherche de la vérité. Pourquoi interdire son expression ? Pourquoi ne pas engager le débat loyalement ?

 
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