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23 février, 2016

Le moyen le plus rapide de freiner les émissions carbone ? La contraception !

« Comment les nations pourront-elles réduire leurs émissions carbone si rien n’empêche les individus d’avoir autant de bébés qu’ils le désirent ? » Voilà ce que demande Alisha Graves dans une revue très sérieuse, le Bulletin of the Atomic Scientists, magazine universitaire non technique fondée au lendemain de Nagasaki et Hiroshima pour poser les questions de fond liées aux progrès scientifique. Elle est bien connue pour sa « Doomsday Clock », l’horloge du jugement dernier qui prétend afficher la proximité de la catastrophe finale qui peut anéantir l’humanité. La bombe nucléaire fait partie des dangers évalués, mais aussi le changement climatique. Puisque les rédacteurs souscrivent à l’idée que celui-ci est d’origine humaine, c’est donc l’homme, le problème. Comment prévenir la naissance de nouveaux hommes ? Par la contraception bien sûr !
L’idée de réduire d’autorité le nombre d’enfants que les êtres humains sont autorisés à engendrer est évidemment extrême, comme le reconnaît l’auteur après avoir posé que « dans tant de domaines de la politique nationale, les intérêts de la population dans son ensemble doivent être mis dans la balance contre les droits des individus ».
Notez que cela se fait en Chine depuis des décennies, et que la Chine est un honorable partenaire commercial et un pays respecté dans le concert des nations »…
Mais ce que veut montrer Alisha Graves, c’est que de nombreux individus ont davantage de bébés qu’ils n’en auraient voulu. L’urgence serait donc de leur donner le moyen de planifier leurs familles, « et cela peut aider les nations à contenir leurs émissions carbone totales ».
Elle accuse particulièrement les Américains avec leurs « émissions par tête » de 17 tonnes métriques (avec un peu plus de la moyenne pour Al Gore, Bill Gates et autres globe-trotters richissimes…). « La moitié des grossesses aux Etats-Unis ne sont pas planifiées – et depuis 2008, 60 % d’entre elles s’achèvent par une naissance. Vu les circonstances, les Etats-Unis devraient faire preuve d’un engagement politique bien plus important en faveur du planning familial – et ils devraient faire du planning familial un élément explicite de la politique climatique nationale. »
Pour cela il ne faut pas parler de « limitation de la population » (trop voyant ?) mais remplacer ce concept par un « paradigme de liberté et de choix personnel » : prêcher à la femme son « droit individuel à déterminer la taille de sa famille ». Il en résultera des avantages pour elle, pour ses enfants, et à travers « l’allégement de la pression sur l’environnement ».
D’ailleurs, les pays les plus pauvres, les plus mal gouvernés, les plus corrompus sont aussi ceux qui affichent la fertilité la plus forte, assure Alisha Graves, qui plaide pour la diffusion de la contraception précisément dans ces pays où « la capacité d’une femme à séparer le sexe de la procréation peut être une question s vie et de mort ».
« Lorsque le programmes de santé publique donnent cette capacité aux femmes, ils ne se bornent pas à donner aux femmes le pouvoir d’exercer leur droit de déterminer la taille de leur famille – ils apportent également une contribution significative en vue d’alléger les émissions dans un avenir proche. Et que signifie pour moi “l’avenir proche” ? Eh bien, si la contraception permet d’éviter une naissance non désirée aujourd’hui, le monde aura un émetteur de carbone en moins dans 40 semaines à peine – environ le temps qu’il faut pour mener une grossesse à terme », écrit-elle.
Résumons. Au nom de la planète, on proclame que la femme est totalement autonome par rapport à la procréation. Que toute grossesse non planifiée est une grossesse de trop qu’il aurait fallu éviter. Que la limitation des naissances est la clef de la richesse, de la santé, du bonheur. Que le sexe doit être dissocié de la procréation. Que le nouveau-né est avant tout un producteur de carbone. Et de manière subliminale, l’article suggère même que les pays qui se soucient du planning familial sont ceux qui rompent avec la mauvaise gouvernance, la gabegie, la corruption.

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