Le moyen le plus rapide de freiner les émissions carbone ? La contraception !
« Comment les nations
pourront-elles réduire leurs émissions carbone si rien n’empêche les individus
d’avoir autant de bébés qu’ils le désirent ? » Voilà ce que demande
Alisha Graves dans une revue très sérieuse, le Bulletin
of the Atomic Scientists, magazine universitaire non technique fondée au
lendemain de Nagasaki et Hiroshima pour poser les questions de fond liées aux
progrès scientifique. Elle est bien connue pour sa « Doomsday
Clock », l’horloge du jugement dernier qui prétend afficher la proximité
de la catastrophe finale qui peut anéantir l’humanité. La bombe nucléaire fait
partie des dangers évalués, mais aussi le changement climatique. Puisque les
rédacteurs souscrivent à l’idée que celui-ci est d’origine humaine, c’est donc
l’homme, le problème. Comment prévenir la naissance de nouveaux hommes ?
Par la contraception bien sûr !
L’idée de réduire d’autorité le
nombre d’enfants que les êtres humains sont autorisés à engendrer est
évidemment extrême, comme le reconnaît l’auteur après avoir posé que
« dans tant de domaines de la politique nationale, les intérêts de la
population dans son ensemble doivent être mis dans la balance contre les droits
des individus ».
Notez que cela se fait en Chine
depuis des décennies, et que la Chine est un honorable partenaire commercial et
un pays respecté dans le concert des nations »…
Mais ce que veut montrer Alisha
Graves, c’est que de nombreux individus ont davantage de bébés qu’ils n’en
auraient voulu. L’urgence serait donc de leur donner le moyen de planifier
leurs familles, « et cela peut aider les nations à contenir leurs
émissions carbone totales ».
Elle accuse particulièrement les
Américains avec leurs « émissions par tête » de 17 tonnes métriques
(avec un peu plus de la moyenne pour Al Gore, Bill Gates et autres
globe-trotters richissimes…). « La moitié des grossesses aux Etats-Unis ne
sont pas planifiées – et depuis 2008, 60 % d’entre elles s’achèvent
par une naissance. Vu les circonstances, les Etats-Unis devraient faire preuve
d’un engagement politique bien plus important en faveur du planning familial –
et ils devraient faire du planning familial un élément explicite de la
politique climatique nationale. »
Pour cela il ne faut pas parler de
« limitation de la population » (trop voyant ?) mais remplacer
ce concept par un « paradigme de liberté et de choix
personnel » : prêcher à la femme son « droit individuel à
déterminer la taille de sa famille ». Il en résultera des avantages pour
elle, pour ses enfants, et à travers « l’allégement de la pression sur
l’environnement ».
D’ailleurs, les pays les plus
pauvres, les plus mal gouvernés, les plus corrompus sont aussi ceux qui
affichent la fertilité la plus forte, assure Alisha Graves, qui plaide pour la
diffusion de la contraception précisément dans ces pays où « la capacité
d’une femme à séparer le sexe de la procréation peut être une question s vie et
de mort ».
« Lorsque le programmes de
santé publique donnent cette capacité aux femmes, ils ne se bornent pas à
donner aux femmes le pouvoir d’exercer leur droit de déterminer la taille de
leur famille – ils apportent également une contribution significative en
vue d’alléger les émissions dans un avenir proche. Et que signifie pour moi
“l’avenir proche” ? Eh bien, si la contraception permet d’éviter une
naissance non désirée aujourd’hui, le monde aura un émetteur de carbone en
moins dans 40 semaines à peine – environ le temps qu’il faut pour mener
une grossesse à terme », écrit-elle.
Résumons. Au nom de la planète, on
proclame que la femme est totalement autonome par rapport à la procréation. Que
toute grossesse non planifiée est une grossesse de trop qu’il aurait fallu
éviter. Que la limitation des naissances est la clef de la richesse, de la
santé, du bonheur. Que le sexe doit être dissocié de la procréation. Que le
nouveau-né est avant tout un producteur de carbone. Et de manière subliminale,
l’article suggère même que les pays qui se soucient du planning familial sont
ceux qui rompent avec la mauvaise gouvernance, la gabegie, la corruption.
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