30 novembre, 2020

RIP Daniel Hamiche… A Dieu, camarade !

Daniel, c’était une bonne personne. Une très bonne personne. Que de là-haut, il me pardonne de lui emprunter l’expression qu’il utilisait souvent et volontiers, Daniel si bienveillant, pour évoquer son prochain. Cela ne l’empêchait pas d’être intraitable avec les démolisseurs de la foi, les destructeurs de l’innocence, les ennemis de Dieu, les malfaisants qui pullulent hélas sur la face de cette terre, à qui il réservait des « ils me dégoûtent » d’anthologie.

Daniel Hamiche n’est plus. C’est un combattant qui est parti, un confrère, un homme de talent, mais surtout un frère d’armes et de cœur. Il faisait partie de ces gens avec qui il faisait bon « être », tout simplement. Drôle, cultivé, profondément croyant et animé par sa foi : chaque rencontre avec lui était une fête. Sa gravité était légère. Il vous enveloppait de son affection et de sa générosité. Il laisse un vide immense.

Je l’ai connu dans sa petite boutique légitimiste, quelque part dans Paris : ça débordait des livres que Daniel éditait, toujours fidèle à la cause royaliste, cultivant la culture : la sienne et celle de ses auteurs. L’aventure ne dura pas. D’autres aventures l’appelaient…

Daniel l’anglophone a beaucoup œuvré pour exploser le mythe du rapport Kinsey (sur lequel reposent bien des aberrations morales aujourd’hui), pour faire connaître La Passion du Christ, ce film de Mel Gibson que les distributeurs français snobaient du haut de leur idéologie dans Dieu, pour répandre la prière contre l’avortement à travers les « Quarante jours pour la vie ». Et j’en passe. De l’Amérique, en quelque sorte, il importait le meilleur.

Puis ce fut, jusqu’à la fin, « l’Observatoire de la christianophobie », une mine d’informations et un outil d’action et de réaction en ligne.

Daniel, c’était aussi les émissions sur Radio Courtoisie : de sa voix chaude, il interrogeait ses invités, dans la bonne humeur mais toujours sur ce socle de foi et de culture qui rendait l’exercice profitable. C’est d’ailleurs sa voix qui me reste, des mots qui résonnent dans ma tête maintenant qu’il n’est plus, et des tournures de phrases, et des surnoms affectueux… Nul besoin pour cela d’écouter des enregistrements passés.

Non plus dans le rôle de l’animateur, mais du commentateur, on le retrouva ensuite sur TVLibertés, puis dans les vidéos du «  Club des hommes en noir » de L’Homme nouveau : Daniel, toujours de noir vêtu (mais pourquoi ? c’est sa part de mystère) tenait son rang de laïc averti et engagé face aux prêtres et religieux en soutane ou en habit.

Je me rappelle aussi les déjeuners en commun, sa prédilection pour la carafe de rouge bien frais, les occasions où nous eûmes le privilège de le recevoir chez nous, pour le grand bonheur de nos enfants.
Avec Daniel, tous les ans dernièrement, nous nous retrouvions dans le train du matin du Lundi de Pentecôte pour aller assister à l’arrivée du pèlerinage de Chartres. Nous faisions l’étape la plus difficile, plaisantant rituellement sur les derniers mètres qui sont les plus durs, d’autant plus que de la gare à la cathédrale c’est 100 % de montée ! Daniel refusait toujours l’invitation des organisateurs à ce « VIP » d’entrer dans la cathédrale. « C’est pour les pèlerins ; je n’ai pas marché », disait-il.

Quand je prenais de ses nouvelles par téléphone, la réponse était, presque invariablement : « On se cramponne ! » Daniel tenait bon. Il travaillait inlassablement, pour les chrétiens méprisés et outragés, pour l’enfant à naître, pour sa paroisse, pour la liturgie. Ces derniers temps, le ton était plus éteint. Les soucis de santé plus envahissants. Nous l’avons vu partir, doucement, mais sans se plaindre.

La nouvelle de son transfert en soins palliatifs fut un choc. Il y a été, je crois, très entouré, et il a reçu l’extrême onction, sacrement si émouvant qui apaise et console en donnant au mourant les provisions surnaturelles pour son dernier voyage.

On espère toujours. On imagine trop que nos parents, nos amis, tous ceux que nous aimons sont indestructibles. Immortels. Mais la réalité est plus belle que ce rêve trop accroché à cette vallée de larmes. Après ses souffrances, Daniel Hamiche est parti rejoindre le Père. Ce ne sont pas de vains mots.

© Photo : Olivier Figueras, 2008

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