Dans un passionnant article publié en exclusivité il y a quelques minutes par Marco Tosatti sur son blog Stilum curiae, Mgr Crepaldi souligne comment le COVID-19 met à mal les grandes erreurs du temps : le naturalisme qui enseigne la bonté de la nature et notre devoir de « connexion » avec elle, le panthéisme, mais aussi le rejet de la doctrine sociale de l'Eglise et son principe de subsidiarité nié par le mondialisme supranational.
Et de rappeler aussi que le mot latin « Salus » signifie certes santé, mais aussi salut, et que le salut n'est pas forcément la santé ici-bas comme le savaient bien les martyrs.
Il est vrai que Mgr Crepaldi fait partie des évêques qui sont sortis de leurs cathédrales pour bénir leurs villes avec le Saint Sacrement alors que les fidèles ne peuvent plus venir à la messe.
Le texte est revigorant. Je vous en propose ci-desssous, avec l'aimable autorisation de Marco Tosatti, ma traduction. – J.S.
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Plus rien ne sera comme avant
L'épidémie liée à la propagation de la "COVID-19" a un fort impact sur de nombreux aspects de la coexistence entre les hommes et pour cette raison, elle nécessite également une analyse du point de vue de la Doctrine Sociale de l'Eglise. La contagion est avant tout un événement sanitaire et cela suffit à relie directement à l'objectif du bien commun. La santé en fait certainement partie. En même temps, elle pose le problème de la relation entre l'homme et la nature et nous invite à surmonter le naturalisme qui est répandu aujourd'hui et je rappelle que, en l'absence de gouvernement de la part de l'homme, la nature produit aussi des catastrophes et qu'une nature uniquement bonne et d'emblée exempte de contamination n'existe pas.
Tel semble donc être le tableau complexe des problèmes posés par l'épidémie du coronavirus. Ce sont des sujets qui interpellent la doctrine sociale de l'Église, c'est pourquoi notre Observatoire se sent appelé à proposer une réflexion, en sollicitant d'autres contributions dans ce sens. L'encyclique Caritas in Veritate de Benoît XVI, écrite en 2009 au moment d'une autre crise, affirme : « La crise nous oblige à reconsidérer notre itinéraire, à nous donner de nouvelles règles et à trouver de nouvelles formes d’engagement, à miser sur les expériences positives et à rejeter celles qui sont négatives. La crise devient ainsi une occasion de discernement et elle met en capacité d’élaborer de nouveaux projets. » (n. 21).
La fin du naturalisme idéologique
La Révélation nous enseigne que la création est confiée à la garde et à la gouvernance de l'homme en vue du but ultime qui est Dieu. L'homme a le droit, parce qu'il en a le devoir, de gérer la création matérielle, de la régir et d'en tirer ce qui est nécessaire et utile pour le bien commun. La création est confiée par Dieu à l'homme, à son intervention selon la raison et à sa capacité de sage domination. L'homme est le régulateur de la création, et non l'inverse.
Les deux sens du mot “Salus”
Participation au bien commun
Cette expérience du coronavirus va-t-elle être portée au point d'approfondir et d'élargir cette notion de bien commun ? Alors que nous nous battons pour sauver la vie de tant de personnes, les procédures d'avortement procurés ne cessent pas, ni la vente de pilules abortives, ni les pratiques euthanasiques, ni les sacrifices d'embryons humains et bien d'autres pratiques contre la vie et la famille. Si l'on redécouvre le bien commun et la nécessité d'une participation commune et concertée en sa faveur dans la lutte contre l'épidémie, il faut avoir le courage intellectuel et la volonté d'étendre le concept aussi loin qu'il doit naturellement l'être.
La subsidiarité dans la lutte pour la santé
Un point important maintenant mis en évidence par la crise coronavirus est le rôle subsidiaire du crédit. Le blocage de grands secteurs de l'économie pour assurer une plus grande sécurité sanitaire et réduire la propagation du virus provoque une crise économique, notamment en termes de liquidités, pour les entreprises et les ménages. Si la crise dure longtemps, on s'attend à une crise de la circularité de la production et de la consommation, avec le spectre du chômage. Face à ces besoins, le rôle du crédit peut être fondamental et le système financier pourrait se racheter des nombreuses délabrements condamnables du passé récent.
Souveraineté et mondialisation
Mort par coronavirus de l'Union européenne
Le coronavirus a définitivement démontré le caractère artificiel de l'Union européenne, incapable de faire coopérer entre eux les États auxquels elle a été superposée par l'acquisition de la souveraineté. Le manque de liant moral n'a pas été compensé par un liant institutionnel et politique. Il faut prendre acte de cette fin peu glorieuse, par coronavirus, de l'Union européenne et penser qu'une collaboration entre les Etats européens dans la lutte pour la santé est également possible en dehors des institutions politiques supranationales.
L'État et l'Église
Le bien commun est de nature morale et, comme nous l'avons dit plus haut, cette crise devrait conduire à la redécouverte de cette dimension, mais la morale ne vit pas de sa vie propre, car elle est incapable en dernière analyse d'être son propre fondement. Se pose ici le problème de la relation essentielle que la vie politique entretient avec la religion, celle qui garantit le mieux la vérité de la vie politique. L'autorité politique affaiblit la lutte contre le mal, comme c'est le cas également avec l'épidémie actuelle, lorsqu'elle assimile les saintes messes à des initiatives récréatives, pensant qu'elles devraient être suspendues, peut-être même avant de suspendre d'autres formes de rassemblement qui sont certainement moins importantes. Même l'Église peut se tromper lorsqu'elle n'affirme pas, pour le même bien commun authentique et complet, la nécessité publique des saintes messes et de l'ouverture des églises. L'Église apporte sa contribution à la lutte contre l'épidémie sous les différentes formes d'assistance, d'aide et de solidarité qu'elle sait mettre en œuvre, comme elle l'a toujours fait par le passé dans des cas similaires. Il convient toutefois de rester très attentif à la dimension religieuse de sa contribution, afin qu'elle ne soit pas considérée comme une simple expression de la société civile. C'est la raison de l'importance ce que le pape François a dit lorsqu'il a prié le Saint-Esprit de donner aux « pasteurs la capacité pastorale et le discernement nécessaires pour prendre des mesures qui ne laissent pas seul le peuple fidèle de Dieu. Que le peuple de Dieu se sente accompagné par les pasteurs et le réconfort de la Parole de Dieu, des sacrements et de la prière », naturellement avec le bon sens et la prudence que la situation exige.
Cette urgence du coronavirus peut être vécue par tous « comme si Dieu n'existait pas » et en ce cas, la phase suivante, lorsque l'urgence prendra fin, appliquera également une telle vision des choses comme une suite logique. De cette façon, cependant, le lien entre la santé physique et la santé morale et religieuse que cette douloureuse urgence a mis au jour aura été oublié. Si, au contraire, on ressent le besoin de revenir à la reconnaissance de la place de Dieu dans le monde, alors les relations entre la politique et la religion catholique et entre l'État et l'Église pourront également prendre le bon chemin.
L'urgence de l'épidémie actuelle interpelle profondément la doctrine sociale de l'Église. Il s'agit d'un patrimoine de foi et de raison qui, à l'heure actuelle, peut apporter une grande aide dans la lutte contre l'infection, lutte qui doit concerner tous les niveaux de la vie sociale et politique. Surtout, il peut apporter une aide en vue du post-coronavirus. Nous avons besoin d'une vue d'ensemble qui n'exclut aucune perspective vraiment importante. La vie sociale exige cohérence et synthèse, surtout en cas de difficultés. C'est pourquoi, dans les difficultés, les hommes qui savent regarder en profondeur et vers le haut peuvent trouver des solutions et même des occasions d'améliorer les choses par rapport au passé.
+ Giancarlo Crepaldi
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1 commentaire:
Et pourtant la Genèse nous dit que la création est bonne.... Avant l'apparition du péché originel.
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