La campagne d'information lancée par le gouvernement socialiste d'Andalousie vise plus précisément les médecins de familles qui sont les premiers interlocuteurs des femmes qui désirent avorter et qui à ce titre font partie du « processus thérapeutique » : les voilà donc obligés de donner des informations et lancer la procédure.
En France le généraliste a un droit d'objection de conscience limité puisqu'il est obligé, en cas de refus personnel, d'en tenir sa patiente informée et de lui indiquer un médecin plus accommodant, mais il semble que dans la pratique l'exécution de cette obligation ne fasse pas l'objet d'un contrôle. En Andalousie, on va plus loin, déniant le droit d'objection lui-même à tous les médecins qui travaillent pour le Système andalou de santé « puisque les IVG se pratiquent dans des cliniques agréées ». Ils n'auront même plus le choix de renvoyer leurs patientes vers un autre médecin. Sur place, le syndicat médical et le Collège des médecins lui-même ont manifesté leur opposition. Le président de ce dernier, Cesareo Garcia Poyatos, estime la mesure « anticonstitutionnelle » et ajoute que tout médecin doit pouvoir jouir du droit d'objection de conscience qui a rapport avec « des principes religieux, idéologiques et moraux de la personne et dans ce domaine, nul ne peut intervenir pour dire qui a le droit d'objecter et qui n'a pas le droit ».
La Junte d'Andalousie, elle, considère (elle le dit) le médecin de famille comme un simple « transmetteur d'information ». Belle négation de la responsabilité morale personnelle !
L'opposition des médecins connaît, cela dit, des limités, puisque Garcia Poyatos estime qu'ils sont de toute façon obligés de permettre aux femmes d'exercer leur « droit » (d'avorter) en lui facilitant l'accès à un collègue ou une autre personne disposée à pratiquer l'acte. On touche là les limites de l'objection de conscience qui est obligée de composer avec un « droit » qui pourtant n'existe pas.
© leblogdejeannesmits.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire