Lors d’une homélie improvisée, jeudi matin, à l’occasion de la messe qu’il célébrait dans la chapelle Pauline pour la Commission biblique, il a appelé tous les catholiques à la « pénitence », mot qu’ont retenu les gros médias comme preuve d’un mea culpaindividuel et collectif. Ce qui reste à démontrer.
Ils ont prêté moins d’attention à ces mots qui pour être partis du cœur n’en sont pas moins profondément réfléchis et terriblement éclairants sur les temps que nous vivons : parlant des « agressions contre l’Eglise » il y a vu la preuve d’un « conformisme » qui a remplacé « les dictatures nazie comme marxiste ».
« Ce conformisme peut réellement être une vraie dictature » a répété Benoît XVI, conformisme qui rend « obligatoire de penser comme tout le monde, d’agir comme tout le monde ».
Il avait préparé ces affirmations fortes en rappelant qu’il nous faut « obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes », et en dénonçant « l’autonomie » que revendique l’homme par rapport au Créateur : « C’est un mensonge, un mensonge ontologique, parce que l’homme n’existe pas par lui-même et pour lui-même, parce que la collaboration et les distinctions des libertés sont nécessaires et que si Dieu n’existe pas, si Dieu n’est pas une entité accessible à l’homme, ne subsiste comme entité suprême que le consensus de la majorité. Après quoi le consensus de la majorité devient la parole ultime à laquelle nous devons l’obéissance et ce consensus – l’histoire du siècle passé nous l’apprend – peut être un consensus dans le mal. Ainsi nous voyons que la soi-disant autonomie ne libère pas l’homme. »
Il poursuivait : « Les dictatures ont toujours été opposées à cette obéissance à Dieu », rappelant dans ce contexte le nazisme et le marxisme : les dictatures prennent aujourd’hui des formes plus « subtiles », a-t-il relevé. Aussi voit-il dans ce conformisme comme dans « les attaques subtiles, ou moins subtiles, contre l’Eglise » la preuve de cette « vraie dictature ». Et d’appeler les catholiques à obéir à Dieu, à vouloir lui obéir« jusqu’au martyre ».
Oui, le Pape a appelé à la pénitence – ce mot que l’on avait tendance à éviter ces derniers temps –, chacun pour soi mais aussi chacun pour tous les pécheurs. Mais a-t-il battu la coulpe de l’Eglise ? Ce serait grandement réduire la portée de paroles qui parlent plutôt de la persécution de l’Eglise.
« Aujourd’hui nous avons même un peu peur de parler de la vie éternelle. Nous parlons des choses qui sont utiles au monde, nous montrons que le christianisme aide même à améliorer le monde, mais que son but, c’est la vie éternelle et que de ce but se déduisent les critères de la vie, cela, nous n’osons pas le dire. »
Alors nous devrions avoir « le courage, la joie, la grande espérance » que donne cette « vie éternelle qui est réelle, et d’elle vient la lumière qui illumine même ce monde ».
Article paru dans Présent daté du 17 avril 2010.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire