02 juin, 2010

L'avortement direct pour sauver la vie de la mère ? Questions et réponses (II)

Voici la suite et la fin du document du diocèse de Phoenix, Arizona, sur les avortements « thérapeutiques » en cas de danger de mort pour la mère. (Première partie : ici.) J'apprends par CNN que sœur Margaret McBride, sous le coup d'une excommunication automatique pour avoir donné son feu vert « éthique »  un avortement direct à 11 semaines pour sauver la vie de la mère (on ne sait si celle-ci était immédiatement menacée), aurait exprimé son repentir auprès de l'évêque ; elle a de fait intégré d'autres fonctions dans l'hôpital catholique où elle travaille et conserve son état religieux.


Questions et réponses
à propos de la situation à Saint-Joseph (suite et fin)

Cela veut-il dire que toutes les femmes qui ont avorté sont excommuniées ?
— Oui, toute femme ayant avorté est automatiquement excommuniée. Mais le sont aussi tous ceux qui ont encouragé à avorter, qui ont contribué à payer l'avortement, ou pratiqué l'avortement, y compris ceux qui ont directement contribué à sa réalisation.

Que signifie l'excommunication ?
— La personne excommuniée ne peut pas participer aux Sacrements, y compris la célébration de l'Eucharistie ou les autres actes du culte public. Elle ne peut détenir une fonction ministérielle dans l'Eglise ou exercer une quelconque autorité. Pour le dire en quelques mots : sa propre action l'a placée en dehors de l'Eglise.

— Quel est le but de l'excommunication ?
— Son but est de réparer un scandale, de restaurer la justice et d'obtenir l'amendement du pécheur. C'est un scandale pour l'Eglise entière qu'une religieuse puisse consentir à un avortement et encourager à sa commission. C'est un autre scandale qu'un hôpital catholique puisse procéder à un acte aussi répréhensible. Il s'agit en outre d'une grave injustice à l'égard de l'enfant qui a été tué, et à l'égard de la mère à qui il a été dit que cela était licite. Pour finir, une personne qui a été excommuniée sait clairement que par sa propre action mauvaise, elle s'est coupée de la communion avec l'Eglise. L'action d'excommunier constitue un appel à la repentance et à conversion.

— Comment une personne excommuniée peut-elle revenir à la pleine communion avec l'Eglise catholique ?
— Puisque c'est la loi (le droit canonique) qui a imposé la peine par la vertu du crime commis, il faut une procédure canonique pour lever la peine. Cela s'accomplit par la confession sacramentelle auprès d'un prêtre. Outre l'absolution du péché confessé, le prêtre doit aussi lever l'excommunication au cours du rite de la Pénitence. Historiquement, l'avortement est un « péché réservé » dont l'absolution et la résolution de la peine sont réservées à un évêque diocésain. Cependant, la plupart des évêques diocésains accordent aux prêtres de leurs diocèses la faculté de lever l'excommunication. Tous les prêtres du diocèse de Phoenix ont reçu cette faculté de lever l'excommunication en cas d'avortement.
    Une deuxième étape, cruciale, pour la résolution de l'excommunication existe parce que souvent, un grave scandale a été créé par les actes de la personne excommuniée. Dans ces situations il peut être nécessaire que celle-ci participe aux efforts pour réparer le scandale qu'elle a contribué à créer. Cela s'accomplirait alors après consultation avec l'évêque diocésain.

— Attend-on encore autre chose de la part d'une religieuse qui a participé à un avortement ?
— Oui. Le Droit canonique exige que le membre d'une communauté religieuse soit démis de la vie religieuse à moins que son supérieur ne décide que ce renvoi n'est pas absolument nécessaire et que l'amendement de la personne, le rétablissement  de la justice et la réparation du scandale puisse être suffisamment obtenus d'une autre manière.

— L'hôpital Saint-Joseph court-il le risque de perdre l'agrément de la part de Mgr Olmsted ,
— Mgr Olmsted tente de travailler avec l'hôpital Saint-Joseph et Catholic Healthcare West pour essayer d'accomplir ce que est requis de la part de n'importe quelle institution qui revendique d'être catholique. Il est hélas clair en ce cas que Saint-Joseph n'a pas été fidèle à l'enseignement moral catholique (tel qu'il est décrit dans les Directives éthiques et religieuses). En outre, Catholic Healthcare West n'a pas suivi les Directives éthiques et religieuses de l'Eglise dans l'une au moins de ses institutions, Chandler Regional Hospital. Ces faits constituent un scandale pour les fidèles et doivent cesser si CHW veut conserver sa reconnaissance en tant qu'institution catholique dans le diocèse de Phoenix.
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4 commentaires:

Hans-Georg Lundahl a dit…

Mgr Olmsted, série de messages:

La déclaration de Mgr Thomas Olmsted sur un cas d'avortement thérapeutique

Avortement à Phoenix, Arizona : précisions médicales

L'avortement direct pour sauver la vie de la mère ? Questions et réponses (I)

L'avortement direct pour sauver la vie de la mère ? Questions et réponses (II)

Pépin a dit…

Je voudrais bien savoir: si une personne a suggéré à une femme de se faire avorter, mais que finalement l'avortement n'a pas eu lieu, est-ce que la personne qui a conseillé l'avortement est excommuniée quand même?

Patricia a dit…

Et un prêtre pédophile, il est également automatiquement excommunié? on dirait bien que non, vu les scandales récents sur la planète entière! Faut dire qu'ils ne font que souffrir et détruire la vie d'enfants réels, avec une existence propre! Or les seuls "enfants" importants à vos yeux, c'est les foetus, à ce que je vois!

Jeanne Smits a dit…

Les prêtres pédophiles sont coupables d'actes pour lesquels le Christ a les mots les plus durs qui soient, à propos de ceux qui "scandalisent" les enfants en les poussant au crime : ils méritent d'être jetés au fond de la mer avec une meule autour du cou. C'est plutôt violent et l'Eglise considère le péché si grave qu'il faut en référer à Rome, alors que pour l'excommunication, c'est l'évêque local qui est compétent et que celui-ci donne en pratique souvent le pouvoir à tous ses prêtres diocésains de pardonner et de lever l'excommunication dans le cadre de la confession.

Vouloir le respect de la vie de l'enfant à naître n'équivaut pas à vouloir l'impunité pour les pédophiles !

 
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