20 mars, 2020

Comment Taïwan a stoppé l’invasion du coronavirus : Steve Mosher explique

« Le monde a beaucoup à apprendre de la réponse extrêmement efficace de Taïwan face au coronavirus chinois » : c’est sous ce titre que LifeSite a publié hier une chronique de Steve Mosher, spécialiste de la Chine et président du Population Research Institute, un organisme qui dénonce l’idéologie malthusienne qui a cours dans le monde aujourd’hui.

Steve Mosher souligne que Taïwan a réagi vite et bien parce que la belle île, Formose, connaît la réalité de la menace communiste et des mensonges des autorités chinoises. Fermeture des vols vers les zones d’infection, distribution de masques et de gel hydroalcoolique à grande échelle dans les lieux communautaires comme les entreprises, les écoles et les immeubles, identification des personnes montrant des signes de fièvre, tout cela a été fait, et vite, parce que toute « tergiversation » aggrave la situation et que donc les stocks étaient prêts.

A comparer avec la « réponse » du pouvoir en France…

Taïwan, lieu d’échanges incessants avec la Chine voisine, 25 millions d’habitants, connaissait au 16 mars soixante-sept (67) cas de coronavirus, et un (1) mort.

Voici ma traduction de cette chronique de Steve Mosher. Bonne lecture ! – J.S.

*

Dans le nord de l’Italie, des centaines de personnes âgées, privées de lits de soins intensifs et de ventilateurs, sont en train de mourir. En Iran, les mollahs creusent des fosses communes de la longueur d’un terrain de football. Selon toute vraisemblance, ils en auront bientôt besoin de plus.

On peut dire que c’était inévitable, puisque les deux pays entretiennent des relations étroites avec la Chine, l’épicentre initial de l’épidémie. Et il est vrai qu’ils ont tous deux choisi d’être des étapes clés de la nouvelle route de la soie chinoise, que Pékin présente comme une route vers la richesse.

À l’heure actuelle, elle ressemble davantage à un aller simple vers une mort prématurée.

Mais il existe un autre pays, bien plus proche de la Chine, dont l’économie est encore plus étroitement liée à celle du géant communiste. Depuis la capitale de ce pays, vous pouvez prendre un vol direct vers toutes les grandes villes chinoises, y compris Wuhan. Jusqu’à une date récente, des milliers de personnes faisaient cela chaque jour.

Pourtant, malgré cet énorme trafic transfrontalier avec la Chine voisine, les 25 millions d’habitants de cette nation insulaire sont pour ainsi dire préservés de la grippe de Wuhan.

Le pays en question est Taïwan, qui, au 16 mars, ne faisait état que de 67 cas et d’un décès. La plupart des personnes précédemment infectées se sont rétablies depuis, et il y a eu peu de nouveaux cas. En d’autres termes, l’envahisseur mortel a été stoppé dans son élan.

L’une des raisons en est que le gouvernement démocratiquement élu de Taiwan a réagi en temps réel à l’aggravation de l’épidémie.

Le premier aveu de la Chine à l’Organisation mondiale de la santé de ce qu’elle avait « plusieurs » cas d’une nouvelle pneumonie a été fait le 31 décembre. Dès ce même jour, les Centres de contrôle des maladies de Taïwan ont commencé à surveiller les passagers arrivant de Wuhan.

La Chine ayant dissimulé des informations sur la nature de la nouvelle pneumonie, Taïwan a péché par excès de prudence, en contrôlant les passagers pour 36 virus connus, pas moins.

Lorsque la Chine a choqué le monde entier en mettant  l’une de ses principales villes en quarantaine, Taïwan a réagi immédiatement, interdisant les vols en provenance de Wuhan dès le 26 janvier. Ce fut le premier pays au monde à le faire.

A mesure que la maladie atteignait des proportions épidémiques en Chine et commençait à se propager dans le monde entier, Taïwan a mis en place pas moins de 124 protocoles de sécurité face au virus.

Pour empêcher la propagation communautaire, le gouvernement a distribué 6,5 millions de masques aux écoles primaires et secondaires, ainsi que 84 000 litres de désinfectant pour les mains et 25 000 thermomètres frontaux. Il a exigé que les immeubles de bureaux et les complexes résidentiels fassent dépister les signes de fièvre pour chaque entrant, et que des désinfectants pour les mains soient placés à côté des ascenseurs.

Elle a pris ces mesures alors même qu’elle n’était pas autorisée – en raison de l’opposition de la Chine – à assister aux réunions d’urgence de l’Organisation mondiale de la santé sur le coronavirus chinois. (Ce fut peut-être été une bonne chose, puisque l’OMS a couvert la Chine dès le départ).

Comme chacun le sait maintenant, la rapidité est essentielle lorsqu’il s’agit de contrôler les épidémies.    Même une semaine de tergiversations peut conduire à une propagation incontrôlée du virus au sein de la communauté. Un mois de retard peut être fatal pour un grand nombre.

Si Taïwan est aujourd’hui largement débarrassée du coronavirus chinois, ce n’est pas seulement parce qu’elle a tout fait correctement, mais aussi parce qu’elle a tout fait très tôt. Pourquoi ?

Les autorités de Taïwan, dirigées par le président Tsai Ing-wen, savent par expérience que le régime de Pékin est dirigé par des menteurs pathologiques qui feront toujours passer leur propre survie politique avant toute autre considération, y compris la vie de ceux qu’ils dirigent. Ils ont vu dans le virus de Wuhan une répétition de l’épidémie de SRAS de 2003, à propos de laquelle les dirigeants chinois ont également menti jusqu’à ce que le nombre croissant de morts rende la chose impossible.

Cette expérience a amené la nation insulaire à créer des stocks stratégiques d’articles qui seraient utiles quand (et non pas si) une future épidémie émergerait de Chine. Et quand cela s’est produit, ils n’ont pas hésité. Ils ont agi.

La méfiance de Taïwan à l’égard de la Chine est fondée sur bien plus que le comportement irresponsable de Pékin lors des épidémies passées. Le Parti communiste chinois reste, comme il l’a toujours été, une menace existentielle pour la survie de Taïwan en tant que nation distincte.

Les dirigeants communistes, dont le président à vie Xi Jinping, menacent régulièrement d’utiliser la force militaire pour annexer l’île. De fait, il y a quelques jours à peine, il a une fois de plus envoyé des bombardiers pour faire le tour de l’île dans un pathétique effort d’intimidation de la population.

C’est pourquoi la côte ouest de Taïwan est parsemée de tours de guet. Le continent n’est qu’à une centaine de kilomètres et les observateurs sont toujours à l’affût d’une éventuelle invasion de l’armée chinoise.

Dans le cas présent, l’invasion a pris la forme d’un minuscule virus transporté dans le corps des passagers entrants. Mais il s’agissait néanmoins d’une invasion et le président Tsai a agi immédiatement et avec succès pour la repousser.

Le reste du monde peut tirer une leçon importante à la fois de la prudence de Taïwan et de sa réaction.

La leçon est la suivante : La Chine est une menace pour son propre peuple et pour le monde. Cette menace prend de nombreuses formes différentes, du vol de la propriété intellectuelle par la Chine à la tricherie commerciale, de ses cyberattaques effrénées à la propagation imprudente des épidémies. Mais quelle que soit sa forme au quotidien, elle est toujours hostile à la liberté, et souvent mortelle.

Taïwan le comprend. Et, le comprenant, elle a repoussé la dernière menace en date qui pèsait sur sa nation et son peuple.

L’Amérique doit le comprendre aussi.

Steven W. Mosher est le président du Population Research Institute et l’auteur de Bully of Asia : Pourquoi le rêve de la Chine est la nouvelle menace pour l’ordre mondial.
© leblogdejeannesmits pour la traduction.

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