Le voici donc,
là où on ne l'attendait pas forcément, le moment crucial, le point névralgique
du synode sur l'Amazonie, en un événement qui a certainement été préparé bien
avant l'arrivée des pères synodaux à Rome. Une quarantained’évêques se sont réunis ce dimanche matin 20
octobre dans les Catacombes de Sainte Domitille, pour signer ensemble un
nouveau serment pour un nouveau « Pacte des Catacombes ». Il y avait
deux cardinaux : le cardinal Claudio Hummes et le cardinal Pedro Barreto, le
premier ayant présidé la messe concélébrée et prononcé l'homélie.
L'importance
symbolique de cet événement est immense, et elle est multiforme. Le plus
spectaculaire réside dans la présence d’évêques et de nombreux pères synodaux,
mais aussi d’auditeurs et auditrices,
experts au synode, ainsi que de représentants d’« Amazonia Casa Comun »,
l'organisme et qui organise des cérémonies païennes depuis les jardins du
Vatican jusqu’à Santa Maria in Traspontina et ailleurs en promenant des
statuettes de femmes indigènes nues et enceintes vénérées comme des idoles
puisque les célébrants se prosternent devant elles, face contre terre.
Mais le plus
inquiétant est le texte du pacte, qui reprend de nombreux éléments de l’Instrumentum Laboris du synode dont
plusieurs cardinaux ont relevé le caractère hérétique et apostat, réclamant non
seulement une attention préférentielle pour les pauvres, désormais représentés
par les peuples autochtones d'Amazonie, mais leur droit à leur spiritualité
traditionnelle et leur implication dans toutes les décisions ecclésiales de
leur région.
L'élément
panthéiste est présent dans l'affirmation d'une « écologie intégrale, dans
laquelle tout est interconnecté, la race humaine et toute la création, car tous
les êtres sont filles et fils de la terre ».
Bien entendu,
ils réclament comme au synode la reconnaissance de nouvelles formes de
ministères, en particulier le diaconat des femmes qui doivent être reconnues
comme leaders religieux de leur communautés le cas échéant.
Mais la
symbolique va beaucoup plus loin. Les 40 évêques d'aujourd'hui font écho aux 40
évêques qui en 1965, à l'appel du théologien de la libération Dom Helder
Câmara, signaient le Pacte des Catacombes à l'issue d'une messe célébrée dans
le même lieu, une chapelle des Catacombes de Domitille.
La source
hispanophone d'informations religieuses, média
progressiste qui a eu la primeur de cette information, Religion Digital,
affirme que ce 20 octobre 2019 pourrait devenir, à l'instar du 16 novembre
1965, une « date historique » de la construction d'une « Eglise
pauvre pour les pauvres », une Eglise désormais dotée d’un « visage
amazonien, pauvres et servantes, prophétique et samaritaine ».
Le cardinal
Hummes a d'ailleurs célébré avec l’étole de Dom Helder Câmara, tandis que Mgr
Adriano Ciocca portait son aube. Mgr Ciocca est évêque de São Felix do Araguaia,
ancien siège épiscopal de Mgr Pedro Casaldaliga « qui fut l'un de ceux qui
mirent en œuvre le Pacte de la manière la plus extrême ». Il est aussi
celui auquel on fait référence à
propos de l'anneau noir de tucum qui apparaît encore et encore autour de ce
synode.
À propos de la
« mafia de l’anneau » j'écrivais
sur ce blog il y a deux jours qu'on le voyait au doigt non seulement de
Leonardo Boff mais aussi d'un laïc qui, accompagné de sa guitare et d'un chœur
de dames chevrotantes chantait, sans doute le 14 octobre, en honneur des
« martyrs » de l'Amazonie, à Santa Maria in Traspontina, devant
l’image d’une Indienne d’Amazonie allaitant un petit cochon sauvage. Au début
du clip mis en ligne sur YouTube, on voyait précisément des images des
Catacombes de Sainte Domitille. Et les paroles annonçaient en réalité la
couleur :
« Je me suis
souvenu de toi, Domitille… Après le Concile, on se retrouva
pour marcher
avec les pauvres et Jésus… Nous revenons ici pour nous racheter en Amazonie…
« Nous
faisons tous le Pacte sur ces tombes à la lumière des martyrs de la Foi. »
Ce même chant a été chanté au moment de la signature du Pacte sur l'autel où la messe venait d'être célébrée : video mise en ligne ici par les Jésuites de Bolivie.
Tout était donc
prévu.
Je répète ce
que j'écrivais vendredi : le Pacte des Catacombes, c'était la théologie de la
Libération, le serment d'en finir avec les signes extérieurs de richesse, les
métaux précieux, les honneurs accordés aux prélats (et l'ouverture aux
ornements en polyester). Bergoglio était trop jeune pour faire partie des
signataires d'origine, mais le Pacte le définit et c'est ce Pacte qui est à
l'œuvre aujourd'hui à Rome avec ce synode dont le lien codé semble bien être
l'anneau tucum.
Il vient
simplement d'être mis à jour.
Voici le texte
intégral du Pacte des Catacombes pour la Maison commune, dont je vous propose
ma traduction non officielle. – J.S.
*
Pacte
des Catacombes pour la Maison Commune
Pour une Église
au visage amazonien, pauvre et servante, prophétique et samaritaine
Nous,
participants au Synode pan-amazonien, partageons la joie de vivre parmi de
nombreux peuples indigènes, quilombolas, riverains, migrants, communautés à la
périphérie des villes de cet immense territoire de la planète. Avec eux, nous
avons fait l'expérience de la puissance de l'Evangile qui agit dans les petits.
La rencontre avec ces peuples nous interpelle et nous invite à une vie plus
simple, faite de partage et de gratuité. Inspirés par l'écoute de leurs cris et
de leurs larmes, nous accueillons chaleureusement les paroles du Pape François
:
« Beaucoup
de frères et sœurs en Amazonie portent de lourdes croix et attendent la
consolation libératrice de l'Evangile, la caresse aimante de l'Eglise. Pour
eux, avec eux, marchons ensemble. »
Nous nous
souvenons avec gratitude des évêques qui, dans les Catacombes de Saine
Domitille, à la fin du Concile Vatican II, ont signé l'Alliance pour une Église
servante et pauvre. Nous nous souvenons avec révérence de tous les martyrs,
membres des communautés ecclésiales de base, des mouvements pastoraux et
populaires, leaders indigènes, missionnaires, laïcs, prêtres et évêques, qui
ont versé leur sang à cause de cette option pour les pauvres, pour défendre la
vie et lutter pour la sauvegarde de notre Maison commune. À notre gratitude
pour leur héroïsme, nous joignons notre détermination à poursuivre leur lutte
avec fermeté et courage. C'est un sentiment d'urgence qui s'impose face aux
agressions qui dévastent aujourd'hui le territoire amazonien, menacé par la
violence d'un système économique prédateur et consumériste.
Devant la Très
Sainte Trinité, nos Églises particulières, les Églises particulières, les
Églises d'Amérique latine et des Caraïbes et celles qui sont solidaires en
Afrique, en Asie, en Océanie, en Europe et dans le Nord du continent américain,
aux pieds des apôtres Pierre et Paul et de la multitude des martyrs de Rome,
d'Amérique latine et surtout de notre Amazonie, en profonde communion avec le
successeur de Pierre, nous invoquons le Saint Esprit et engageons-nous
personnellement et collectivement à ce qui suit :
1. Assumer,
face à la menace extrême du réchauffement climatique et de l'épuisement des
ressources naturelles, l'engagement de défendre la forêt amazonienne sur nos
territoires et dans nos attitudes. C'est d'elle que provient la largesse de
l'eau pour une grande partie du territoire sud-américain, la contribution au
cycle du carbone et la régulation du climat mondial, une biodiversité
inestimable et une riche diversité sociale pour l'humanité et toute la Terre.
2. Reconnaître
que nous ne sommes pas maîtres de la terre mère, mais ses fils et ses filles,
formés de la poussière de la terre (Gn 2, 7-8), hôtes et pèlerins (1 P 1, 17b
et 1 P 2, 11), appelés à être ses gardiens zélés (Gn 1, 26). C'est pourquoi
nous nous engageons en faveur d'une écologie intégrale, dans laquelle tout est
interconnecté, la race humaine et toute la création, car tous les êtres sont
filles et fils de la terre et l'Esprit de Dieu flotte sur eux (Genèse 1:2).
3. Accepter et renouveler chaque jour
l'alliance de Dieu avec toute la création : « Et moi, je vais établir mon
alliance avec vous et avec votre postérité après vous, avec tous les êtres
vivants qui sont avec vous, oiseaux, animaux domestiques et toutes les bêtes de
la terre avec vous, depuis tous ceux qui sont sortis de l'arche Jusqu'à toute
bête de la terre. » (Gen 9, 9-10 ; Gen 9, 12-17).
4. Renouveler dans nos Églises l'option
préférentielle pour les pauvres, en particulier pour les peuples autochtones,
et garantir avec eux leur droit d'être protagonistes dans la société et dans
l'Église. À les aider à préserver leurs terres, leurs cultures, leurs langues,
leurs histoires, leurs identités et leurs spiritualités. Prendre conscience
qu'ils doivent être respectés localement et globalement et, par conséquent,
encourager, par tous les moyens à notre disposition, à ce qu'ils soient
accueillis sur un pied d'égalité dans le concert mondial des autres peuples et
cultures.
5. Abandonner, par conséquent, dans nos
paroisses, diocèses et groupes, toutes sortes de mentalités et de positions
colonialistes, accueillant et valorisant la diversité culturelle, ethnique et
linguistique dans un dialogue respectueux avec toutes les traditions
spirituelles.
6. Dénoncer toutes les formes de violence et
d'agression contre l'autonomie et les droits des peuples autochtones, leur
identité, leurs territoires et leurs modes de vie.
7. Annoncer la nouveauté libératrice de
l'Évangile de Jésus-Christ, en accueillant l'autre, le différent, comme ce fut
le cas avec Pierre dans la maison de Corneille : « Vous savez combien il
est illicite pour un Juif d'avoir contact avec un étranger ou de l'approcher;
mais Dieu m'a montré qu'il ne faut dire d'aucun homme qu'il est souillé ou
impur. »(Actes 10:28).
8. Marcher de manière œcuménique avec
d'autres communautés chrétiennes par l'annonce inculturée et libératrice de
l'Evangile, et avec d'autres religions et personnes de bonne volonté, en
solidarité avec les peuples autochtones, les pauvres et les petits, pour la
défense de leurs droits et la préservation de la Maison commune.
9. Etablir dans nos Eglises particulières une
forme de vie synodale où les représentants des peuples autochtones,
missionnaires, laïcs, en raison de leur baptême et en communion avec leurs
pasteurs, ont une voix et votent dans les assemblées diocésaines, dans les
conseils pastoraux et paroissiaux, bref, dans tout ce qui les concerne dans le
gouvernement des communautés.
10. Nous engager à la reconnaissance urgente
des ministères ecclésiaux déjà existants dans les communautés, réalisés par des
agents pastoraux, des catéchistes indigènes, des femmes et des hommes ministres
de la Parole, en valorisant particulièrement leur attention aux plus
vulnérables et aux exclus.
11. Rendre effectif dans les communautés qui
nous ont été confiées le passage d'une pastorale de la visite à une pastorale
de la présence, en assurant que le droit à la Table de la Parole et à la Table
de l'Eucharistie soit rendu effectif dans toutes les communautés.
12. Reconnaître les services et la diaconie
véritable du grand nombre de femmes qui dirigent aujourd'hui des communautés en
Amazonie et chercher à les consolider avec un ministère propre des femmes
dirigeant des communautés.
13. Rechercher de nouvelles formes d'action
pastorale dans les villes où nous opérons, avec le protagonisme des laïcs et
des jeunes, en prêtant attention à leurs périphéries et aux migrants,
travailleurs et chômeurs, étudiants, éducateurs, chercheurs, et au monde de la
culture et de la communication.
14. Adopter face à l'avalanche du consumérisme
avec un style de vie joyeusement sobre, simple et solidaire de ceux qui n'ont
que peu ou rien ; réduire la production de déchets et l'utilisation des
plastiques, favoriser la production et la commercialisation de produits
agro-écologiques et utiliser les transports publics autant que possible.
15. Soutenir ceux qui sont persécutés à cause
de leur service prophétique de dénonciation et de réparation des injustices, de
défense de la terre et des droits des petits, d'accueil et de soutien aux
migrants et aux réfugiés. Cultiver de vraies amitiés avec les pauvres, visiter
les plus simples et les plus malades, exercer le ministère de l'écoute, de la
consolation et du soutien qui encouragent et renouvellent l'espérance.
Conscients de nos faiblesses, de notre
pauvreté et de notre petitesse face à de si grands et si graves défis, nous
nous confions à la prière de l'Église. Que nos communautés ecclésiales, avant
tout, nous aident par leur intercession, leur affection dans le Seigneur et, si
nécessaire, par la charité de la correction fraternelle.
Nous accueillons
avec un cœur ouvert l'invitation du Cardinal Hummes à nous laisser guider par
l'Esprit Saint en ces jours du Synode et lors de notre retour dans nos églises
:
« Laissez-vous
envelopper dans le manteau de la Mère de Dieu et de la Reine de l'Amazonie. Ne
nous laissons pas vaincre par l'autoréférencialité, mais par la miséricorde
face au cri des pauvres et de la terre. Il faudra beaucoup de prière, de
méditation et de discernement, ainsi qu'une pratique concrète de la communion
ecclésiale et de l'esprit synodal. Ce synode est comme une table que Dieu a
préparée pour ses pauvres et il nous demande d'être ceux qui servent à
table. »
Nous célébrons
cette Eucharistie d'alliance comme « un acte d'amour cosmique ».
« Oui, cosmique ! Car même lorsqu'elle a lieu sur le petit autel d'une
église de village, l'Eucharistie est toujours célébrée, d'une certaine manière,
sur l'autel du monde. » L'Eucharistie unit le ciel et la terre, embrasse
et pénètre toute la création. Le monde qui sort des mains de Dieu Lui revient
dans une adoration heureuse et pleine : dans le Pain eucharistique « la
création tend à la divinisation, aux saints noces, à l'unification avec le même
Créateur ». « C'est pourquoi l'Eucharistie est aussi une source de
lumière et de motivation pour nos préoccupations environnementales, et nous
conduit à être les gardiens de toute la création. »
Voulez-vous soutenir matériellement ce blog ? C'est désormais possible !
Ce blog est d'accès gratuit ; son objectif est de toucher le plus grand nombre de personnes possible. La très grande majorité des textes et traductions publiés ici le sont de manière bénévole. Pour pouvoir maintenir, voire améliorer le rythme des parutions – puisqu'écrire est mon métier, et que je fais ici un travail non rémunéré de « bloggeur professionnel » – votre aide financière serait précieuse. D'avance grand merci à ceux d'entre vous qui verseront une libre participation via ce lien (facture adressée par mail sur simple demande ; contactez-moi via les commentaires si vous souhaitez contribuer et ne disposez pas de PayPal) :
• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner
Voici la traduction intégrale par mes soins (d'après traduction anglaise faite par Maike Hickson pour LifeSiteNews) d'une récente déclaration du cardinal Walter Brandmüller, l'un des deux survivants des quatre signataires des Dubia adressés au pape François à propos d'Amoris laetitia, toujours restées sans réponse. Le cardinal accuse le synode de manipulation en vue de mettre en place une nouvelle conception de la religion, visant à l'Eglise catholique par une « religion naturelle panthéiste de l'homme », variante du modernisme du début du XXe siècle, dit-il. Et laisse entendre son effroi devant une telle apostasie qui fait penser aux « temps eschatologiques ». De manière somme toute amusante, le cardinal en veut notamment pour preuve l'absence quasi totale du Concile Vatican II dans l'Instrumentum laboris qui se borne quasiment à citer l'assemblée d'Aparecida de 2007, au mépris bien plus large de l'ensemble de la doctrine de l'Eglise… Cela montre en tout cas qu'on n'est jamais allé aussi loin dans la promotion de la religion de l'homme. La dernière ligne de sa déclaration fait allusion a ce qu'a dit le pape François à l'orée du synode, lorsqu'il a affirmé que l'Instrumentum Laboris était un « texte martyr », destiné à être détruit. En attendant, les Circuli minores ont clairement et majoritairement abouti à l'affirmation que l'on devait envisager l'ordination des viri probati et la possibilité d'un ministère ordonné pour les femmes. Voici donc ma traduction intégrale non officielle de la déclaration du cardinal Brandmüller. – J.S.
Ce n’est pas l’Amazonie qui est
en jeu : tout est en jeu.
Par le Cardinal Walter
Brandmüller
On commettrait une erreur fatale
à penser que les promoteurs de l’actuel Synode des évêques ne se préoccupent
vraiment que du bien-être des tribus indigènes des forêts amazoniennes. De
toute évidence, Ils sont plutôt instrumentalisés au service d’un programme qui
concerne l’Église universelle et qui plonge en grande partie ses racines dans
le XIXe siècle.
Ce qui est en jeu ici, c’est la
foi catholique, ni plus ni moins, la foi judéo-chrétienne pure et simple. Mais
il faut d’abord se poser ici cette question décisive et fondamentale :
« Qu’est-ce donc que la religion ? »
On ne conteste guère que la
« religion » constitue un élément essentiel de l’existence humaine.
Cependant, la signification de cela n’est pas du tout claire – ou connue par le
grand nombre. Il existe même des réponses contradictoires à cette question.
Essentiellement, la question est de savoir si la religion est le résultat de
tentatives de l’homme en vue de préserver et de gérer sa propre existence – c’est-à-dire,
si elle est un produit humain et culturel – ou bien, si elle doit être comprise
autrement.
Dans le premier cas, la religion
trouve sa source dans la réflexion sur l’expérience des profondeurs
existentielles de la personne, c’est-à-dire de sa finalité. Mais alors la
religion n’est rien d’autre que la rencontre de l’homme avec lui-même. Il s’agirait
alors aussi de la conséquence du culte de la raison tel qu’il a été promu par
les Lumières. Apparaît dès lors – souvenons-nous de Rousseau – l’idéal du
« bon sauvage », par opposition au penseur autonome européen éclairé.
La religion en tant que rencontre
avec soi-même propose une conception de la religion qui a en effet des
conséquences considérables, dans la mesure où l’évolution de la vie d’une
personne peut de soi entraîner des changements, voire des contradictions, quant
à ces expériences "religieuses". C’est également ici qu’intervient la
notion d’évolution, ce qui signifie que, parallèlement à la progression du
développement humain, il se produit aussi un développement de la conscience (de
soi) religieuse. Dès lors, les nouvelles idées changeantes peuvent alors
dépasser et remplacer celles qui avaient été acquises précédemment. Ainsi, cela
peut conduire à un pas en arrière – mais celui-ci sera considéré comme un
progrès – un recul par rapport à la culture de l’Europe, comme dans le cas de l’Amazonie.
L’histoire de la religion
judéo-chrétienne est en fort contraste avec cette conception de la religion
comme autoréalisation de l’homme.
Quand juifs et chrétiens parlent
de la religion – avec ses formes d’expression propres quant à la doctrine, la
morale et le culte – ils désignent la manière dont l’homme répond à une réalité
extra ou supra-mondaine qui lui vient de l’extérieur. En langage clair, il s’agit
de la réponse de l’homme à la révélation de l’auto-communication du Créateur à
Sa créature, l’homme. C’est un véritable événement dialogique entre Dieu et l’homme.
Dieu parle – sous quelque forme
que ce soit – et l’homme donne une réponse. C’est un dialogue. La conception
religieuse du Modernisme, au contraire, revient à un monologue : l’homme reste
seul avec lui-même.
Cet événement dialogique a
commencé par l’appel de Dieu à l’homme, comme en témoigne l’histoire du peuple
d’Israël.
Le discours de Dieu à son peuple
élu s’est déroulé au cours d’une histoire mouvementée qui, à chaque étape, a
conduit à un niveau supérieur. La Lettre aux Hébreux commence par ces mots :
« Après avoir, à bien des reprises et de bien des manières, parlé
autrefois à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a
parlé par le Fils. » L’Évangile de saint Jean appelle ce Fils le Verbe
incarné du Dieu éternel. Il est et Il apporte la Révélation finale, qui peut
être trouvée sous forme écrite dans les livres bibliques et dans la tradition
orale authentique de la communauté des disciples choisis par Jésus-Christ, d’où
l’Église est issue. Tout cela s’est produit une fois pour toutes et vaut
universellement, qu’il s’agisse de l’espace ou du temps.
Mais cela signifie, en ce qui
concerne notre problème concret du « Synode sur l’Amazonie », que les
faits décrits ci-dessus excluent une conception de la religion soumise à des
limites géographiques ou dans le temps. Mais cela signifie aussi qu’une Église
amazonienne est impensable d’un point de vue théologique. C’est l’Église Une,
Sainte, Catholique et Apostolique (et donc Romaine) à qui la transmission de l’Évangile
et la transmission de la Grâce du Christ à tous les peuples de tous les temps
ont été confiées, et à laquelle est promise la lumière et la puissance de l’Esprit
Saint pour l’accomplissement de sa mission.
L’Église s’acquitte de cette
mission – avec l’aide de l’Esprit Saint – en accomplissant son ministère
magistériel et pastoral à travers l’histoire.
Cela étant clairement posé d’emblée,
il convient maintenant de relever un constat presque alarmant. L’Instrumentum Laboris du Synode ne
contient – hormis cinq citations plutôt marginales – aucune référence aux
Conciles et au Magistère pontifical. L’absence totale de Vatican II est
particulièrement spectaculaire (à l’exception de deux références plutôt
marginales). Le fait que des documents aussi importants et pertinents sur le plan
thématique que le Décret sur l’activité missionnaire de l’Église, Ad Gentes – sans même parler des
Constitutions majeures sur la liturgie, la Révélation et l’Église – ne soient à
aucun moment cités, est tout simplement incompréhensible. Il en va de même pour
le Magistère post-conciliaire et les encycliques importantes.
Cette méconnaissance de la
tradition doctrinale de l’Église – et le fait que, à sa place, on cite presque
exclusivement le Synode latino-américain d’Aparecida de l’année 2007 – ne peut être
comprise que comme une rupture spectaculaire avec l’histoire antérieure. De
plus, la quasi absolutisation de cette assemblée d’Aparecida soulève aussi la
question de la compréhension latino-américaine de la Communio ecclésiale au niveau universel.
Considérons enfin, au passage,
une contradiction ouverte dans l’Instrumentum
Laboris par rapport au Décret sur l’activité missionnaire de l’Église, Ad Gentes. Ce décret stipule (n° 12) que
l’Église ne veut en aucun cas (nullo modo
!) s’immiscer dans la politique (c’est-à-dire la politique des pays de mission)
et ne revendique donc aucune autorité matérielle. Il s’agit là d’une
affirmation claire d’un document conciliaire qui, cependant, est diamétralement
contredite par une grande partie de l’Instrumentum
Laboris.
Bref, les auteurs de l’Instrumentum Laboris ignorent le Concile
Vatican II et – comme mentionné plus haut – tous les documents du Magistère
post-conciliaire qui interprètent le Concile. Mais cela constitue – comme cela
a déjà été mentionné également – une rupture avec la tradition dogmatique. Et
en fait aussi avec l’universalité de l’Église. Le fait que cette rupture soit,
pour ainsi dire, mise en œuvre de manière « sournoise », c’est-à-dire de
manière cachée et secrète, est d’autant plus inquiétant.
La méthode pratiquée ici,
cependant, suit le modèle d’Amoris
Laetitia"-, où la tentative de faire disparaître la doctrine de l’Église
se trouve dans la note 351, dont on a tant parlé.
En considérant ce qui a été dit,
il est peut-être devenu évident que les différends au sujet du Synode de l’Amazonie
ne concernent que très superficiellement la population indigène de l’Amazonie,
qui est elle-même très peu nombreuse.
C’est plutôt cette question,
effrayante, qui surgit : celle de savoir si les protagonistes de ce synode
ne sont pas davantage préoccupés par la tentative secrète de remplacer la
religion comme réponse de l’homme à l’appel de son Créateur par une religion
naturelle panthéiste de l’homme, c’est-à-dire par une nouvelle variante du
modernisme du début du XXe siècle. Il est difficile de ne pas penser aux textes
eschatologiques du Nouveau Testament !
Il appartient maintenant aux
évêques réunis du Synode sur l’Amazonie – et en dernière analyse au Pape
François lui-même – de décider si une telle rupture avec la tradition
constitutive de l’Église doit survenir malgré les conséquences inévitables et
dramatiques.
Les remarques du Pape François
sur le sort attendu de l’Instrumentum
Laboris – peuvent-elles éveiller l’espoir ?
• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner
Vous rappelez-vous l'anneau noir qu'une femme indigène a remis au pape François à l'occasion de la cérémonie païenne à la veille du synode sur l'Amazonie, le 4 octobre dernier ? J'en parlais ici. Eh bien, l'anneau « tucum » n'en finit pas de faire surface au synode et à sa marge, au point qu'on est tenté d'y voir le signe d'appartenance à une véritable mafia.
Cet anneau tucum, historiquement associée à l’engagement au service de la théologie de la libération, doit sa renommée au la promotion de celle-ci par Mgr Casaldaliga. Faite en bois de palmier d’Amazonie, elle était du temps de l’esclavage le signe de la lutte pour la libération, et aujourd’hui est associée aux notions d’égalité et de justice sociale.
En voici quelques occurrences ces derniers jours (la photo en tête d'article, de la rencontre du pape François avec des indigènes d'Amazonie, en fait partie).
Sœur Birgit Weiler à un point presse du synode. Elle plaide pour l'écologisme avec son anneau noir à l'annulaire gauche.
Mgr Roque Paloschi de Porto Velho mis en difficulté au point presse de jeudi par Edward Pentin qui l'interrogeait sur le généreux financement de CIMI(Conseil missionnaire des peuples indigènes) par la Ford Foundation, pro-avortement et pro-idéologie du genre. Paloschi, arborant son anneau tucum, a tourné autour du pot. A lire ici.
Celui-là, il est prêtre et militant REPAM. Il signe des films de 45 secondes sur YouTube pour évoquer le déroulement du synode. On n'apprend pas grand-chose, mais l'anneau est bien présent.
Lisant le dernier message blog de Leonardo Boff qui réclame pour le “biome” amazonien un statut de sanctuaire international “intangible”, sous la protection des institutions internationales, je me suis dit qu'il avait forcément un anneau tucum. Bingo ! La recherche fut des plus courtes…
Et le meilleur pour la fin. Sans doute enregistré le 14 octobre, c'est un chant aux « martyrs » de l'Amazonie. Au début, des images des catacombes de Sainte Domitille, où Don Helder Camara prêta avec quelques autres le 16 novembre 1965 le « Pacte des Catacombes » sur l'option préférentielle pour les pauvres. « Je me suis souvenu de toi, Domitille… » Le lien est fait avec Vatican II : “Après le Concile, on se retrouva pour marcher avec les pauvres et Jésus” (voir l'image ci-dessus). « Nous revenons ici pour nous racheter en Amazonie… Nous faisons tous le Pacte sur ces tombes à la lumière des martyrs de la Foi ».
Le Pacte des Catacombes, c'était la théologie de la Libération, le serment d'en finir avec les signes extérieurs de richesse, les métaux précieux, les honneurs accordés aux prélats (et l'ouverture aux ornements en polyester). Bergoglio était trop jeune pour faire partie des signataires d'origine, mais le Pacte le définit et c'est lui qui est à l'œuvre aujourd'hui à Rome avec ce synode dont le lien codé semble bien être l'anneau tucum.
Pour une information plus ample sur l'anneau tucum (et l'origine de l'expression « mafia de l'anneau »), les lusophones peuvent lire l'article très documenté publié par José Antonio Ureta sur PanAmazon Synod Watch, tandis que les italophones le trouveront en date du 6 août dernier sur Stilum Curiae, le blog de Marco Tosatti.
• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner
Jean-Pierre Maugendre m'a aimablement invitée à participer à Terres de Mission sur TVLibertés pour évoquer le synode sur l'Amazonie qui se déroule actuellement à Rome. L'émission a été diffusée dimanche, on peut la voir ci-dessous.
Les deux autres invités de l'émission son Yann Raison du Clézio pour son récent ouvrage sur les origines de La Manif pour tous, et Cécile, qui évoque la prochaine université pour jeunes de Renaissance catholique.
Pour regarder l'émission, cliquez sur l'image ci-dessous :
• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner
Bon, je veux bien qu'on me dise que je suis devenue hypersensible aux informations inquiétantes qui nous arrivent de Rome. Mais enfin, comment ne pas être frappée par la tenue de l'avant-première européenne du dernier Disney, Maléfique, le pouvoir du mal sur la Via della Conciliazione à l'ombre de Saint-Pierre de Rome, le lundi 7 octobre, au lendemain de l'ouverture du Synode sur l'Amazonie ?
Et ce d'autant que la suite de Maléfique, une relecture de La Belle au bois dormant du point de vue de la méchante sorcière sortie en 2014, devait à l'origine sortir au printemps 2020… Le film a été étrenné avec six mois d'avance, en un lieu et un temps on ne peut plus symboliques, à l'auditorium de la Conciliazione, en présence d'Angelina Jolie – Maléfique –, et de Michelle Pfeiffer, la reine Ingrith mère de la princesse Aurore dont le mariage à venir avec le prince Philippe suscite des remous.
La foule se pressait pour voir les deux stars, de nombreux badauds s'étant coiffés des cornes caractéristiques de la méchante marraine, incarnation du mal mais dont Maléfique 1 racontait qu'elle avait beaucoup souffert et qu'elle avait de bons côtés…
Jolie et Pfeiffer… La vidéo de leur arrivée à l'avant-première romaine est par ici : clic !
Film « féministe », soucieux de la « diversité » et de l'environnement, selon la critique, Maléfique 2 met en scène à la fois l'opposition entre les deux femmes qui s'allient pourtant, comme l'expliquent les revues cinématographiques. Le long-métrage « continue d’explorer les relations complexes entre la sorcière et la future reine, alors qu’elles nouent d’autres alliances et affrontent de nouveaux adversaires dans leur combat pour protéger leurs terres et les créatures magiques qui les peuplent. »
Le bien et le mal ne s'affrontent plus, ils coopèrent « pour la planète ».
Est-ce un signe alors que l'on se prosternait non loin de là devant des statuettes païennes ?
• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner
Excellentes, vraiment excellentes, les deux « Lettres de Rome » parues à ce jour sous la plume de Justin Petipeu sur Le Forum catholique pour anéantir le Synode dans un immense éclat de rire !
On se demandait l'autre soir à Rome avec les participants à la table ronde du 4 octobre si la meilleure manière de contrer les abominables projets et actions liés au synode de tous les dangers sur l'Amazonie n'était pas de le moquer autant qu'il le mérite.
Cela ne suffit sans doute pas – il va nous falloir la puissante intervention de Dieu – mais en attendant ça fait vraiment du bien !
Jugez-en vous-même !
Lettre de Rome 1
« Mon cher cousin,
« Comme vous le savez, grâce à mon oncle qui est évêque de ce beau diocèse de France, je peux assister sur un petit strapontin, à côté des journalistes, au synode sur l’Amazonie qui se déroule actuellement à Rome. Je vous écris ces quelques lignes pour vous montrer à quel point notre Eglise semble enfin prendre conscience de l’étendue du monde et des peuples au dehors de son vieux carcan européen ! Ce n’est que du bonheur.
« Il faut bien le dire ; tout cela, c’est grâce au pape François qui ne mesure pas sa peine. Après avoir enfilé un couvre-chef fait de plumes, regardé une femme dansant pieds-nus avec l’Evangile dans la basilique St Pierre, processionné suivi d’une pirogue et précédé d’un filet arc-en-ciel, s’être recueilli devant l’adoration des divinités aztèques (ou incas, je ne sais plus), il mène maintenant les débats d’une main de maître. Pour promouvoir l’écologie intégrale et libérée de toute idéologie, il a été décidé de recevoir hier au synode le chef Ranoï Kapakaye du Liberdas de Grosso Bouto ; quel grand moment ce fut ! Le chef est arrivé en costume traditionnel, particulièrement emplumé, suivi de quelques-unes de ses femmes, qui marchaient seins nus. L’une d’elles allaitait un petit chimpanzé et tout le monde fut touché… » Lire la suite ici. Lettre de Rome 2
« Bien cher cousin,
« Quelle vie trépidante, ici ! Le synode ressemble à une fourmilière ; chacun va et vient avec de nouvelles idées et de nouvelles découvertes et l’on se prend à penser que ces vieilles pierres et statues vaticanes vont d’un coup s’écrouler pour laisser place à une jungle verdoyante et foisonnante...Pourtant, les nouvelles de cette lettre commenceront cette fois-ci à Sainte Marthe, où j’ai pu assister à la messe du Saint-Père l’autre matin.
« Vous avez sans doute entendu parler, mon cousin, de ces quelques prélats conservateurs et bornés, qui critiquent sans cesse le bon pape François et veulent que l’Église s’arc-boute sur la prédication de l’Evangile, l’annonce de Jésus-Christ et le salut des âmes...C’est vraiment un nuage noir dans notre beau ciel amazonien. Il faut voir ce que le pape leur a mis dans la figure lors de cette messe ! C’était un régal… » La suite est ici.
Bonnes lectures. En espérant que Justin Petipeu nous régalera encore pendant les jours qui viennent !
• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner
Vendredi dernier, peu après la cérémonie païenne du « Pago à la tierra » dans les jardins du Vatican sous les yeux du pape, parfaitement assumée par VaticanNews qui en diffusa la video, tout ce petit monde s'est rendu à l'église Santa Maria in Traspontina pour une veillée de prières pour le synode.
On embarqua la couverture pour le rite à la Pachamama, les objets qui l'avaient jonché, et dans un modèle réduit de barque en bois, l'une des deux figurines en bois de femme nue enceinte accroupie, qui n'est pas paraît-il un fétiche de la fécondité mais une « Notre Dame de l'Amazonie » (dixit une femme qui la présenta au pape, selon la Catholic News Agency). Il est vrai qu'un évêque de la région interrogé lors du point presse à la Sala Stampa du Vatican a dit ne pas savoir mais que c'était plus probablement un symbole de fertilité. Dans un sens comme dans l'autre, c'est scandaleux (au sens propre) et d'autant plus que l'équipe d'agitateurs amazoniens (dont un franciscain en habit) s'est prosternée devant les images à plusieurs reprises.
Dans une chapelle latérale, une image pour montrer que « Tout est lié » (Laudato sì), ici c'est un petit mammifère accroché au sein d'une indigène façon Margot, mais sans corsage :
Attention aux flèches, elles sont importantes : on part de « Yo » (« moi ») pour aller vers « Otro-Yo » (« autre moi », les indigènes sont des êtres communautaires ce qui justifie d'oublier la différence entre « je » et « tu ») ; puis, par la flèche 3, on rejoint « Otro Naturaleza Cosmos » (« Autre Nature Cosmos ») représenté par cet allaitement trans-spéciste.
Dans une église ornée d'objets amazoniens mais aussi de filets arc-en-ciel et de portraits de « martyrs », tel par exemple Xicão Xukuru, chef des Xukuru do Ororubá au Pernambuco qui cherchait à raviver les anciens rituels disparus par la faute de l'homme blanc.
Normal : on a appris que lors du premier jour de discussions du synode, le lundi 7 octobre, des propositions ont été faites pour créer une nouvelle liturgie de rite amazonien, ad experimentum, parce que « de même qu'il existe un écosystème environnemental, il existe un écosystème ecclésial ». (Pour les anglophones, mon article pour LifeSite est par ici).
Il faut croire que la cérémonie à la Pachamama dans les jardins du Vatican en est un avant-goût. A Santa Maria in Traspontina, on en a remis une louche. Avec des femmes au premier plan, bien sûr.
On a également chanté le « Notre Père des martyrs » (martyrisés par les hommes blancs en Amazonie, cela va de soi) :
Le “Pai nosso dos mártires” se veut révolutionnaire.
En voici la traduction :
Notre Père, des pauvres marginalisés
Notre Père, des martyrs, des torturés....
Ton nom est sanctifié chez ceux qui meurent en défendant la vie.
Ton nom est glorifié, quand la justice est notre mesure.
Ton royaume est un royaume de liberté, de fraternité, de paix et de communion.
Maudite soit la violence qui dévore la vie par la répression....
O, o, o, o, o, o, o, o, o, o, o, o
Nous voulons faire ta volonté, tu es le vrai Dieu de délivrance....
Nous ne suivrons pas les doctrines corrompues par la puissance oppressive....
Nous te demandons le pain de vie, le pain de sécurité, le pain des multitudes....
Le pain qui apporte l'humanité, qui construit l'homme plutôt que des canons....
O, o, o, o, o, o, o, o, o, o, o, o
Pardonne-nous quand, par peur, nous restons silencieux face à la mort....
Pardonne et détruis les royaumes où la corruption est la loi la plus forte.
Protège-nous de la cruauté, de l'escadron de la mort, de l'empire....
Notre Père révolutionnaire, compagnon des pauvres, Dieu des opprimés
Notre Père, révolutionnaire, compagnon des pauvres, Dieu des opprimés
O, o, o, o, o, o, o, o, o, o, o, o
Notre Père, des pauvres marginalisés
Notre Père, des martyrs, des torturés....
• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner
Ils ont l’air de trouver ça normal, mais franchement, il n’y a pas de quoi rire. La presse catholique convenable annonce gentiment que le pape François a planté un chêne dans les jardins du Vaticans avec des Indiens d’Amazonie à l’orée du synode pan-amazonien. La réalité ? Les dits indigènes ont célébré une « liturgie » qui ressemble à s’y méprendre à une cérémonie de sacrifice à la « Terre-Mère », la Pachamama.
Voir à partir de la 8e minute
Organisée par le Global Catholic Climate Network, REPAM et l’ordre des Franciscains, la série de danses et d’incantations rituelles a fait évoluer sous les yeux du pape et de cardinaux impassibles des laïcs, des indigènes en costume rituel et un frère franciscain dans une effarante démonstration de syncrétisme. Posés au milieu d’offrandes traditionnelles, deux statuettes de femme indigènes nues et enceintes recevaient les incantations.
Le rituel ressemblait au « Pago a la tierra », selon Catholic News Agency : l’offrande traditionnelle faite à la Terre Mère parmi de nombreux peuples indigènes d’Amérique du Sud.
Un représentant du dicastère pour la promotion du développement humain intégral a fait savoir à l’issue de l’événement que ses représentants avaient été invités mais ne l’avaient ni organisé, ni promu. Mais c’était dans les jardins du Vatican, sous le regard du pape, et personne n’a demandé que cela cesse.
Après s’être prosternés autour d’une couverture recouverte de fruits, de bougies et d’objets sculptés, rapporte CNA, l’une des femmes a offert au pape François une bague noire identique à celle qu’elle portait, et qu’il a aussitôt enfilée.
Il s’agit d’une bague tucum, associée à l’engagement pour certaines causes sociales, souvent associée à Mgr Casaldaliga, promoteur bien connu de la théologie de la libération. Faite en bois de palmier d’Amazonie, elle était du temps de l’esclavage le signe de la lutte pour la libération, et aujourd’hui est associée aux notions d’égalité et de justice sociale.
« Les dieux des nations sont des démons ; mais le Seigneur à fait les cieux », dit le psaume 95.
Les rituels païens les appellent ; le pape et les évêques ne les ont pas chassés. Le pape a laissé de côté le petit discours qu’il devait faire et s’est contenté de dire le Notre Père.
Seigneur, jusques à quand ?
• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner
Voulez-vous soutenir matériellement ce blog ? C'est désormais possible !
Ce blog est d'accès gratuit ; son objectif est de toucher le plus grand nombre de personnes possible. La très grande majorité des textes et traductions publiés ici le sont de manière bénévole. Pour pouvoir maintenir, voire améliorer le rythme des parutions – puisqu'écrire est mon métier, et que je fais ici un travail non rémunéré de « bloggeur professionnel » – votre aide financière serait précieuse. D'avance grand merci à ceux d'entre vous qui verseront une libre participation via ce lien (facture adressée par mail sur simple demande ; contactez-moi via les commentaires si vous souhaitez contribuer et ne disposez pas de PayPal) :