26 septembre, 2019

Le 4 octobre prochain, je participerai à une table-ronde sur l'Eglise à la veille du synode sur l'Amazonie

J'aurai le plaisir et l'honneur de participer à une table-ronde à Rome, le 4 octobre prochain de 15:00 à 18:00, sur l'avenir de l'Eglise à l'orée du synode sur l'Amazonie.

J'y serai aux côtés de John-Henry Westen (LifeSite), Taylor Marshall, Roberto de Mattei, Michael Matt (The Remnant), Marco Tosatti, José Antonio Ureta, Michael Voris (Church Militant) et John Smeaton (SPUC).

Si vous êtes anglophone, vous pourrez bien sûr suivre l'événement sur place à Rome à l'Hôtel Massimo d'Azeglio près de Termini. La traduction simultanée vers l'italien sera assurée.

Il est également possible de s'inscrire gratuitement au « live-stream » (mais un don aiderait à couvrir les frais de l'événement).

Pour la diffusion en anglais, on peut s'inscrire ici : https://events.lifesitenews.com/

Ce sera passionnant !






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Venez nous retrouver au colloque de Chrétienté-Solidarité sur la bioéthique le 5 octobre à Paris 8e

J'aurai le plaisir de faire une conférence à l'occasion du colloque de Chrétienté-Solidarité le 5 octobre prochain à Paris, aux côtés de Jacques Larmande, l'abbé Raffray et Jérôme Triomphe.

Venez nombreux, mais pensez à vous inscrire au préalable en écrivant à :

conference.bioethique@gmail.com,

ou en téléphonant au 07 56 95 63 94.

Attention, au vu du nombre d'inscriptions déjà reçues, qui dépasse les capacités d'accueil des locaux de Chrétienté-Solidarité dans le 5e, le colloque se déroulera dans le 8e arrondissement dans une salle plus vaste:


Notre Dame de Consolation,
23 rue Jean Goujon, 75008 PARIS






















Et voici le programme :






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Maison de la Famille d'Abraham : Un lieu de culte égalitaire illustrera le Document d'Abou Dhabi



david adjaye abrahamic familyLe « Haut Comité pour la mise en œuvre du Document surla fraternité humaine », signé à Abou Dhabi en février dernier par le pape François et Cheikh Ahmed el-Tayeb de l’Université Al-Azhar du Caire, s’est réuni à New York la semaine dernière dans l’ombre de l’Assemblée nationale annuelle des Nations Unies. C’est sa deuxième réunion en deux semaines. Son acte le plus spectaculaire aura été le dévoilement du projet de « La Maison de la famille d’Abraham » qui sera construite sur l’île de Saadiyat à Abu Dhabi, capitale des Emirats Arabes Unis, en tant que complexe multiconfessionnel comprenant une synagogue, une église et une mosquée, à égalité de tous points de vue.

Voilà qui répond à l'assertion de ce document selon laquelle la diversité des religions a été « voulue » par Dieu…

Parler des soi-disant « religions abrahamiques » comme de variations sur un thème unique  constitue la première tromperie. Les Hébreux, qui adoraient le vrai Dieu, ont reçu la vraie promesse du Messie, mais ne l’ont pas reconnu. Jésus-Christ a apporté la pleine Révélation de la vérité, révélant que le Dieu de la Bible est Père, Fils et Saint-Esprit – et cette Révélation est complète, de telle sorte que rien ne peut être ajouté sur terre au dépôt de la foi. L’islam, lui, rejette violemment la vérité sur la Sainte Trinité et réécrit et corrompt les Saintes Écritures inspirées, donnant à la lettre du Coran une forme de statut divin puisqu’il est considéré comme étant « incréée ».

Cependant, l’initiative a été largement couverte par le service officiel anglophone de VaticanNews et a été bénie, pour ainsi dire, par l’Église catholique grâce à la présence non seulement du secrétaire personnel du pape François, Monseigneur Yoannis Lahzi Gaid, membre du Haut comité » mais aussi du président du Comité, le cardinal-élu Miguel Ayuso Guixot.

Des centaines de personnes de multiples traditions religieuses se sont rassemblées pour l’événement qui s’est tenu à la New York Public Library le vendredi 20 septembre.

Alors que la première réunion du Haut Comité a eu lieu le 11 septembre à Rome pour marquer le 18e anniversaire de l’attaque terroriste contre les tours jumelles du WTC à New York, la deuxième réunion a été organisée délibérément en vue de coïncider avec la 74e session des Nations Unies pour « souligner » la « portée mondiale » du document d’Abu Dhabi, selon le juge Mohamed Mahmoud Abdel Salam, membre du Comité, cité par sœur Bernadette Mary Reis sur Vatican News.

« Le Comité, a dit le juge, est disposé à travailler avec toute nation ouverte aux idéaux exprimés dans le Document. Il a ajouté que les premières mesures ont été prises avec le Secrétaire général de l’ONU en vue d’une éventuelle adoption du Document par les Nations Unies. Le Secrétaire Général “va demander aux Etats membres d’inclure les principes contenus dans ce document historique dans leur législation locale”, a déclaré le juge », écrit Sœur Bernadette.

De nombreuses initiatives inter-confessionnelles ont vu le jour à la suite des attentats du 11 septembre, notamment l’Alliance des civilisations créée en 2005 par l’ancien Premier ministre socialiste espagnol Zapatero et coparrainée par le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, et lancée cette même année par les Nations unies. Au Kazakhstan, le Congrès des dirigeants des religions mondiales et traditionnelles se réunit tous les trois ans depuis 2003 avec des objectifs similaires : le rapprochement des cultures et des civilisations, le tout illustré par un lourd symbolisme maçonnique. Le Cardinal Coccopalmerio était le représentant officiel du Vatican lors de la dernière rencontre à Astana en 2018.

Mais le Document d’Abou Dhabi marque un pas en avant en impliquant l’Eglise catholique à la tête d’initiatives inter-religieuses tout en s’efforçant de donner à l’ONU l’autorité nécessaire pour obtenir un alignement mondial sur les religions au nom de la paix mondiale. Comme le montrent de nombreux documents de l’ONU, la diversité des religions et des traditions a longtemps été accusée d’être la principale menace pour la fraternité humaine et la paix mondiale (analyse qui « oublie » de manière spectaculaire le massacre de plusieurs centaines de millions de personnes au XXe siècle au nom du communisme athée).

Le pape François a récemment déclaré lors de son retour d’Antananarivo qu’il est de notre devoir, en tant qu’« humains », d’« obéir »aux Nations unies :

« Je voudrais répéter ce que la Doctrine de l’Église dit à ce sujet : Lorsque nous reconnaissons les organisations internationales et que nous reconnaissons leur capacité de rendre des jugements à l’échelle mondiale – par exemple le tribunal international de La Haye ou les Nations Unies. Si nous nous considérons comme des êtres humains, lorsqu’ils font des déclarations, notre devoir est d’obéir. Il est vrai que tout ce qui apparaît juste pour l’humanité tout entière ne le sera pas forcément pour notre poche, mais nous devons obéir aux institutions internationales. C’est pour cela que les Nations unies ont été créées. »


La Déclaration sur la fraternité humaine fait clairement écho à cette manière de penser et elle doit certainement son poids au fait d’avoir été signée par le Pape. Quelle que soit l’opposition rencontrée l’Église catholique, notamment à cause de la crise des abus sexuels, le pape François est décidément une autorité morale reconnue à l’échelle internationale dès lors qu’il proclame la pensée mondialiste.
La construction d’un lieu de culte égalitaire pour les juifs, les chrétiens et les musulmans en est un exemple. Il n’est pas clairement dit que l’édifice chrétien sera catholique : il est qualifié de « chrétien » sur le site de Vatican News.

Le modèle de la future « Maison de la famille d’Abraham» – notez le singulier, c’est un signe que les trois religions sont considérées comme des éléments sous un seul et même Dieu – est particulièrement révélateur. Présentée sous forme d’un modèle 3D et décrit dans un court métrage qui a été projeté aux participants de la réunion de New York vendredi dernier, elle sera riche de trois « temples »  cubiques construits exactement sur le même modèle en termes de volume et d’orientation, avec des décorations abstraites et une décoration intérieure différentes afin de les rendre aptes aux différents types d’offices qu’ils vont accueillir.

On note que le film montre que le « cube » chrétien ou catholique n’est pas destiné à recevoir des images du Christ et des saints, mais seulement une croix très simple – pas un Crucifix – suspendue au-dessus d’un autel. Les Emirats Arabes Unis sont musulmans, après tout… Et l’initiative de la construction est venue du Prince héritier d’Abu Dhabi, Mohammed bin Zayed Al Nahyan, qui l’a annoncée en février peu après la signature du Document.

Les trois cubes seront placés en triangle, créant une figure qui rappelle les trois points maçonniques. La mosquée, ornée d’arcs, l’église de lignes droites et la synagogue de triangles n’auront aucune caractéristique extérieure indiquant leur identité religieuse. Seule la synagogue a une ouverture sur le toit : un triangle bien défini, selon les plans dévoilés vendredi dernier.

Selon le compte-rendu de Vatican News, le message que l’on cherche à transmettre vise à « simplifier la foi pour la ramener à sa forme la plus simple », comme l’a déclaré Mohamed Khalifa Al Moubarak, membre du Comité, à New York. « Pour simplifier la vie afin d’en faire ce que nos livres religieux disent fondamentalement : sois bon envers ton prochain, aime ton prochain, aide ton prochain. Dans un monde qui est si connecté, en réalité, nous sommes devenus si déconnectés. Des projets et des initiatives comme la Maison de la famille d’Abraham – et il y en aura beaucoup d’autres dans l’avenir – rapprocheront les gens. C’est un rêve devenu réalité que les gens des Émirats arabes unis, un peuple qui favorise la tolérance, ont l’occasion de partager avec le monde entier. »

C’est la foi ramenée à sa forme la plus simple signifie la religion naturelle, sans dogme (un prérequis du point de vue maçonnique) et bien sûr sans Révélation. Ce n’est rien de moins qu’une mise à l’écart de la Vérité, une manière de tourner le dos à la Vérité en vue d’une « fraternité » horizontale.
L’égalité est également représentée par le projet architectural. A New York, rapporte Vatican News, « Mgr Yoannes Gaid, membre du Comité, a expliqué que l’essentiel du Document est que nous sommes tous frères. L’égalité est fondée sur cette vérité, a-t-il ajouté, une égalité qui s’étend donc aussi aux devoirs et aux droits. La liberté, a souligné Mgr Gaid, est en fait fondée sur la non-violence. “La violence, dit-il, est contre la foi et la citoyenneté.” »

Mais ici, il y a clairement confusion entre la fraternité des hommes et la prétendue égalité des religions, qui ne peut être affirmée que si la vérité est niée.

L’architecte choisi pour construire la Maison de la Famille d’Abraham est un citoyen britannique d’origine ghanéenne, David Adjaye, 51 ans, qui a déjà signé de nombreux bâtiments modernes de Washington (Musée national d’histoire et de culture afro-américaine) à Moscou. Fait chevalier par la reine Elizabeth, cet architecte contemporain très tendance a été influencé par « l’esthétique soviétique » selon JeuneAfrique. Il est le globe-trotter par excellence, avec des bureaux à New York, Londres, Doha et Accra. Tant pis pour l’empreinte carbone.

A propos de la Maison de la Famille d’Abraham, Adjaye Associates écrit sur son site le 23 septembre : « Adjaye Associates est le gagnant annoncé du concours en vue du projet phare, The Abrahamic Family House sur l’île de Saadiyat à Abu Dhabi. La Maison de la Famille d’Abraham, commandée par le Haut Comité pour la Fraternité humaine, est un ensemble de trois espaces religieux, une mosquée, une synagogue et une église, qui se trouvent placés sur un pavillon laïque pour les visiteurs. Le projet est l’une des premières initiatives prises par le Haut Comité, un nouvel organe qui supervise la mise en œuvre du “Document de la Fraternité humaine” aux niveaux régional et international. Ce projet historique espère incarner la relation entre les trois religions abrahamiques tout en offrant une plate-forme pour le dialogue, la compréhension et la coexistence entre leurs religions. »


Qu’est-ce que cela nous apprend ? Que ce qui relie les religions du point de vue de l’architecte, et qui est même à leur base, c’est « un pavillon laïque ».

Le communiqué officiel du Haut Comité de la Fraternité humaine l’exprime ainsi :

« Située sur l’île de Saadiyat Isand à Abu Dhabi, la Maison de la famille d’Abraham constituera une communauté pour le dialogue et l’échange inter-religieux, nourrissant les valeurs de coexistence pacifique et d’acceptation entre différentes croyances, nationalités et cultures. 
« Cette initiative historique sera un lieu d’apprentissage, de compréhension et de culte ouvert à tous et reflétera fidèlement les valeurs de tolérance et d’hospitalité des Emirats arabes unis. 
« Dans chacun des lieux de culte, les visiteurs auront l’occasion de suivre des offices religieux, d’écouter les Saintes Écritures et de vivre les rites sacrés. Un quatrième espace – non relié à une religion spécifique – servira de centre pour que toutes les personnes de bonne volonté s’unissent. »
Ici, l’unité de l’humanité ne se fait certainement pas « dans le Christ », en qui, nous le savons, les baptisés deviennent membres les uns des autres.

Mgr Gaid, à New York, a expliqué clairement que la philosophie du projet est fondée sur la création d’un nouveau mode de pensée. Il a dit (cité indirectement par Sr Bernadette dans Vatican News) que le nouveau point de repère signifiera « une transformation dans l’histoire humaine parce que (...) il transformera ce qui a été utilisé dans le passé comme un moyen de division entre les peuples en un point de contact ».

Transformer l’histoire humaine est en effet un objectif pour le moins ambitieux, surtout pour un prélat catholique qui sait que l’histoire a été définitivement transformée par l’Incarnation, la Passion et la Résurrection de Notre Seigneur.

Dans le même ordre d’idées, Mohamed Khalifa Al Moubarak, membre du Comité, a qualifié le Document de « déclaration la plus importante signée dans les temps modernes », selon Vatican News.
Le juge Mohamed Mahmoud Abdel Salam a vu dans cette initiative la preuve de la détermination du pape François et du cheikh Ahmed el-Tayeb « à atteindre le bonheur pour toute l’humanité, quelle que soit sa religion ou sa nationalité . »

Le bonheur ici-bas. Oubliée, la vie éternelle…



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13 septembre, 2019

L'Institut Jean-Paul II “purgé” proposera des cours favorables à la contraception et aux relations homosexuelles

Featured ImageL'Institut Jean-Paul II (devenu Institut théologique des sciences du mariage et de la famille) proposera cette année des cours dispensés par des professeurs ouvertement favorables à la contraception dans certaines circonstances, ainsi qu'à la valorisation des actes homosexuels. Le P. Maurizio Chiodi et le P. Pier Davide Guenzi se sont tous deux exprimés en ce sens. Le dévoiement de l'institution voulue par Jean-Paul II se poursuit de manière spectaculaire, confirmant à sa manière ce dont sœur Lucie de Fatima avait averti feu Mgr Carlo Caffarra : la dernière bataille de Satan contre l'Eglise porterait sur le mariage et la famille. Elle écrivait cela au futur cardinal en réponse à la demande de prières que ce dernier lui avait adressée au moment de la création de l'Institut.

Je vous propose ici ma traduction intégrale de l'article publié hier sur LifeSiteNews à ce propos par Diane Montagna. – J.S.

Photo ci-dessus : Maurizio Chiodi, © Diane Montagna.

C'est une nouvelle incursion de la culture de mort ecclésiastique dans les institutions fondées par saint Jean Paul II : un prêtre connu pour avoir approuvé la contraception artificielle et les unions homosexuelles vient d'être officiellement engagé comme professeur à l'Institut pontifical Jean-Paul II à Rome.

Le nouveau programme de de cours pour l'année académique 2019-2020, publié le 11 septembre, indique que le Père Maurizio Chiodi, spécialiste italien de théologie morale, donnera un cours de licence intitulé « L'éthique théologique de la vie » et animera également un séminaire de doctorat intitulé « Conscience et discernement : texte et contexte du chapitre 8 d'Amoris Laetitia. »

Le P. Chiodi a déjà par le passé invoqué le controversé chapitre 8 du document de synthèse du Pape François sur la famille pour justifier le recours à la contraception artificielle et pour faire valoir la bonté morale des relations homosexuelles.

En 2016, le P. Chiodi a donné une conférence dans une université pontificale de Rome au cours de laquelle il affirmait qu'il y existe « des circonstances – je me réfère à Amoris Laetitia, chapitre 8 – qui, précisément pour des raisons de responsabilité, exigent la contraception. »

Lorsque « les méthodes naturelles sont impossibles ou difficiles à mettre en œuvre, d'autres formes de responsabilité doivent être trouvées », avait-il affirmé. Dans de telles circonstances, disait Chiodi, « le recours à une méthode artificielle de régulation des naissances pourrait être reconnue comme l'accomplissement d'un acte de responsabilité, non pas pour rejeter radicalement le don d'un enfant, mais parce que dans ces situations la responsabilité appelle le couple et la famille à d'autres formes d'accueil et d'hospitalité ».

Plus récemment, dans une interview accordée en juillet 2019 à Avvenire, publiée après la « purge » de l'Institut Jean-Paul II à Rome au cœur de l'été, Chiodi a suggéré sur la base d'Amoris Laetitia que les actes sexuels dans une relation homosexuelle peuvent être bons, du moins dans certaines circonstances.

« Comme l'a rappelé le Pape François, même s'il s'agit d'une autre question, celle des “divorcés et des remariés”, il est clair que, dans une perspective historique, on demande à chacun non seulement ce qui est possible pour lui, mais aussi ce qui est possible pour lui à un moment particulier de sa vie », a-t-il dit.

Le P. Chiodi poursuivait : « Il est clair que, dans une perspective historique, on demande à chacun non seulement ce qui lui est possible, mais aussi ce qui lui est possible à un moment donné de sa vie. De ce point de vue, il me semble qu'il est difficile – voire impossible – de donner des réponses préfabriquées, comme si toutes les réponses pratiques pouvaient être déduites immédiatement d'une théorie anthropologique. »

Le théologien moral italien ajoutait : « Je crois que les relations des couples homosexuels présentent des lacunes et des différences indéniables qui empêchent ces derniers d'être assimilés aux couples hétérosexuels, parce qu'elles en annulent la diversité. Néanmoins, la fonction morale concerne les possibilités réelles, c'est-à-dire le bien possible, qui considère l'histoire réelle d'un sujet. »

« C'est pourquoi, concluait le P. Chiodi, je n'exclus pas que, sous certaines conditions, la relation d'un couple homosexuel puisse être, pour tel sujet, la manière la plus fructueuse de vivre de bonnes relations, compte tenu de leur signification symbolique, qui est à la fois personnelle, relationnelle et sociale. C'est le cas, par exemple, lorsque la relation stable est le seul moyen d'éviter le vagabondage sexuel ou d'autres formes de relations érotiques humiliantes et dégradantes ou lorsque elle est une aide et un stimulant pour s'engager sur le chemin des bonnes relations. »

Au lendemain de l'interview, LifeSiteNews confirmait que le P. Chiodi avait été invité par le nouveau Chancelier de l'Institut nouvelle manière, Mgr Vincenzo Paglia, à y donner des cours.

Puis, le 4 septembre, après la pause estivale traditionnellement observée à Rome, l'Osservatore Romano, journal du Vatican, a présenté un article du P. Chiodi sur le « renouveau » de l'Institut Jean-Paul II, intitulé : « La tradition réinterprétée dans le temps présent. »

Le P. Chiodi n'est pas le seul professeur controversé à avoir été engagé par le nouvel Institut Jean-Paul II. Le nouveau programme de cour indique que le P. Pier Davide Guenzi, un autre prêtre partisan des unions homosexuelles, donnera un cours de doctorat sur « L'idée du droit naturel dans la Bible » et un cours intitulé « Anthropologie et éthique de la naissance ». La bibliographie de ce dernier cours comprend un texte du P. Maurizio Chiodi.

Dans une interview accordée en février 2019 à Avvenire, le P. Guenzi, président de l'Association des Théologiens Moraux et collègue de Chiodi à l'Université du Nord de l'Italie à Milan, avait soutenu, sur la base d'Amoris Laetitia, que les relations homosexuelles peuvent être moralement bonnes.

« Poussés par l'expérience des croyants homosexuels, nous sommes invités aujourd'hui à comprendre comment… le lien entre l'homme et la femme n'épuise pas toutes les formes de l'expression humaine, même du point de vue affectif » " avait-il déclaré.

Alors que le programme académique de 2019-2020 accorde une large place aux cours et aux séminaires animés par Chiodi et Guenzi, des cours fondamentaux comme celui de théologie morale fondamentale que dispensait Mgr Livio Melina, spécialiste de théologie morale respecté et ancien président de l'Institut Jean-Paul II, ainsi que plusieurs cours de théologie morale spéciale, ont été supprimés.

Benoît XVI a ouvertement exprimé sa « solidarité » avec Mgr Melina en lui promettant de prier pour lui ; le pape François a pour sa part choisi de garder le silence alors que Mgr Paglia continue de « nettoyer » l'Institut fondé par Jean-Paul II.

© leblogdejeannesmits pour la traduction




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40 jours de jeûne et de prière pour contrer les menaces du synode sur l'Amazonie : le cardinal Burke et Mgr Schneider appellent à la mobilisation

Synode sur l'Amazonie : des erreurs et des hérésies <br>dénoncées par le cardinal Burke et Mgr SchneiderL'Homme nouveau publie un texte co-signé par le cardinal Burke et Mgr Schneider qui dénoncent les erreurs et les hérésies contenues dans l'Instrumentum laboris en vue du prochain synode sur l'Amazonie. Ils appellent par cette occasion tous les catholiques à observer une période de prière et de jeûne de 40 jours du 17 septembre au 26 octobre, date de fin du synode qui doit ouvrir ses portes à Rome le 7 octobre prochain.


Les modalités en sont simples : dire une dizaine de chapelet chaque jour et jeûner un jour par semaine selon les règles habituelles, en une « croisade de prière » dont le but est d'implorer Notre Seigneur pour que les erreurs contenues dans l'Instrumentum laboris ne soient pas approuvées par les pères synodaux et pour que le pape François confirme ses frères dans la foi en rejetant « sans ambiguïté » ces erreurs.

Le document signé par le cardinal Burke et Mgr Schneider dénonce l'esprit et énumère les erreurs les plus graves de l'Instrumentum laboris de manière très étayée : son « panthéisme implicite », sa valorisation des « superstitions païennes », le remplacement de l'évangélisation par le « dialogue interculturel », la proposition d'ordonner des ministres du culte des deux sexes pour accomplir « des rites même chamaniques », sa promotion d'une « “écologie intégrale” qui dévalorise la dignité humaine » et d'un « collectivisme tribal qui amoindrit le caractère propre de la personne et de la liberté ».

Le texte du cardinal Burke et de Mgr Schneider a été publié pour la fête du Très Saint Nom de Marie (celle-ci avait disparu du calendrier liturgique du Novus Ordo en 1970 mais avait été rétablie en 2002 par Jean-Paul II.

Il contient un terrible florilège de quelques-unes des assertions les plus ahurissantes de l'Instrumentum laboris et des réfutations de ces erreurs à l'aide de textes du magistères.

Il est à lire, d'urgence, ici sur le site de L'Homme nouveau.

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05 septembre, 2019

Synode amazonien : Brandmüller et Burke alertent tous les cardinaux sur les dangers de l’“Instrumentum laboris” pour le dépôt de la foi

Les cardinaux Walter Brandmüller et Raymond Burke ont décidé de prendre les devants face aux prévisibles attaques contre la foi et la doctrine de l’Eglise lors du synode sur l’Amazonie qui se tiendra à partir du 6 octobre prochain en interpellant directement à l’ensemble de leurs confrères du collège cardinalice – en fait pour les rappeler à leur devoir de princes de l’Eglise. Chacun de son côté a pris la plume pour écrire une lettre, en italien,  adressée à chacun des autres cardinaux, pour les alerter quant à la « dissonance », voire le caractère « contraire » au dépôt de la foi de certaines affirmations contenues dans l'Instrumentum laboris du Synode sur l'Amazonie.

Leurs lettres, dont la Catholic News Agency a eu connaissance, dénoncent avec gravité le « flou » du document, qui « semble » même en certains points, « au regard de l’enseignement authentique de l’Eglise, lui être contraire », a ainsi écrit le cardinal Brandmüller. Faut-il rappeler que celui-ci était également signataire, avec le cardinal Burke et les défunts cardinaux Caffarra et Meisner, des Dubia sur la l’exhortation apostolique Amoris laetitia – leurs questions n’ayant pas reçu de réponses à ce jour ?

Le cardinal Brandmüller n’a pas hésité à faire référence à la manière dont les récents synodes sur la famille et la jeunesse ont déjà été l’occasion de manœuvres peu catholiques :

« Comme le montre l’expérience de ces derniers synodes, il faut craindre que l’on tente non seulement de manipuler la session mais aussi d'exercer une forte pression sur elle », a-t-il averti.
« Les formulations nébuleuses de l’Instrumentum, tout comme la proposition de créer de nouveaux ministères ecclésiastiques pour les femmes, et, surtout, la proposition de conférer l’ordination sacerdotale à des viri probati font surgir le fort soupçon de voir le célibat sacerdotal remis en question », selon le cardinal Brandmüller.

Et d’invoquer comme preuve la participation au synode du cardinal brésilien Claudio Hummes, qui préside le Réseau ecclésial pan-amazonien (REPAM), institution qui, selon Mgr José Luis Azcona, évêque émérite de Marajó (Brésil), a joué un rôle majeur dans la rédaction du texte. REPAM fait depuis sa création à la suite de la publication de Laudato si’ la promotion de l’indigénisme au sein de l’Eglise, chantant les louanges du style de vie et des vertus des tribus primitives vivant dans leur milieu naturel dans la forêt amazonienne.

« Le fait même que le Cardinal Hummes en soit le président et qu’il exerce ainsi une influence sérieuse dans un sens négatif est suffisant pour que notre préoccupation soit fondée et réaliste, comme dans le cas des évêques (Erwin) Kräutler, (Franz-Josef) Overbeck, etc », a écrit Brandmüller, mettent en évidence les noms des prélats qui font pression en vue de l’abolition au moins locale du célibat sacerdotal, à la manière de Mgr Overbeck qui a pu dire que le sommet sur l’Amazonie « pourrait changer l’Eglise pour toujours » en la menant  vers « un point de non-retour ».

Le même Overbeck s’était manifesté en mai de cette année en faveur de la « grève des femmes » contre l'Eglise en Allemagne, pour protester contre le refus du Pape François d'ordonner des diaconesses : une grève de la pratique religieuse, rien de moins. Il met également en cause la morale sexuelle traditionnelle de l’Eglise.

Mgr Kräutler est un évêque austro-brésilien, vice-président du très radical REPAM.

Le Cardinal Brandmüller, expert de l’histoire de l'Eglise et professeur d'université, a également écrit à l’ensemble des cardinaux : « Nous devrons faire face à de graves attaques contre l'intégrité du dépôt de la foi, contre la structure hiérarchico-sacramentelle de l’Eglise et contre sa Tradition apostolique. Tout cela a créé une situation inédite dans l'histoire de l'Église, telle qu’on n’en a  même pas connu lors de la crise arienne des IVe et Ve siècles. »

Si les menaces évoquées sont déjà clairement visibles dans l’Instrumentum laboris, le cardinal Brandmüller  ne semble pas exclure qu’elles se concrétisent dans le document qui fera suite au synode. Il a appelé ses confrères à prendre leurs responsabilités en affirmant que « se pose alors la grave question de savoir comment nous, cardinaux, dans cette situation historiquement inédite, pouvons agir à la hauteur de notre serment solennel de cardinaux, et comment nous pouvons réagir aux déclarations ou décisions éventuelles du Synode ».

Il évoque ici le document final qui pourrait en sortir par la volonté des pères synodaux, sans parler d’une éventuelle exhortation qui pourrait suivre des mains du pape.

Mais c’est sans langue de bois. Il a rappelé que l’ensemble des cardinaux doivent d’ores et déjà considérer de quelle manière ils réagiront « à toute déclaration ou décision hérétique de la part du synode. »

Le cardinal Brandmüller a poursuivi : « Certes, en tant que Cardinal, vous avez déjà réfléchi à la situation et même aux mesures qui pourraient être prises en commun. C'est pourquoi j'espère que Son Eminence, pour sa part, en profitera pour corriger, selon l'enseignement de l'Église, certaines positions exprimées dans l'Instrumentum Laboris du Synode de l'Amazonie, en utilisant aussi les réseaux sociaux », a-t-il conclu.

Un véritable appel à la mobilisation pour mettre fin à la confusion régnante ! En effet, les catholiques seraient extrêmement nombreux à être reconnaissants à l’égard des cardinaux qui s’acquitteraient ainsi du grave devoir de leur charge…

Pour sa part, le cardinal Raymond Burke a noté dans sa lettre également datée du 28 août qu’il « partage pleinement la profonde préoccupation du cardinal Brandmüller concernant le prochain Synode sur l’Amazonie, sur le fondement de ce qui est contenu dans l’Instrumentum laboris.

Il a qualifié celui-ci de « long document marqué par un langage qui n’a pas une signification claire, spécialement en ce qui concerne le dépôt de la foi ».

Outre les points mentionnés par le cardinal Brandmüller, le cardinal Burke a plus précisément épinglé la manière dont l’Instrumentum laboris envisage les relations au monde de la nature qui est au cœur du discours écologiste et indigéniste que celui-ci adopte sans ambages (et qui relève en réalité d’un paganisme panthéiste, comme je l’ai déjà indiqué à plusieurs reprises sur ce blog).

L’Instrumentum « contredit l’enseignement constant de l’Eglise sur la relation entre le monde créé et Dieu, Créateur incréé, et l’homme, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu pour coopérer avec lui en tant que gardien du monde créé », écrit le cardinal Burke.

Il a également souligné que dans le document de travail du Synode « la vérité selon laquelle Dieu s’est révélé pleinement et parfaitement à travers le mystère de l’Incarnation du Rédempteur, le Fils de Dieu, est obscurcie, sinon niée. »

« La conséquence logique de cela est que la mission de l'Eglise, sa mission d'évangélisation, est niée au profit d’un “enrichissement réciproque des cultures en dialogue” », comme l’affirme le paragraphe 122 du document.

De cette façon, « le rôle juste de l'inculturation dans la mission d'évangélisation est contredit, à tel point que la culture en vient à conditionner la vérité révélée, au lieu que la vérité révélée purifie et élève toute culture », poursuit le cardinal Burke dans sa lettre.

De plus, a-t-il averti, certains points soulevés par le cardinal Brandmüller « laissent présager une apostasie de la foi catholique ».

Le cardinal Burke a achevé sa lettre sur une prière :

« Que notre enseignement, par la grâce de Dieu, soit efficace dans la lutte contre la grande menace qui pèse actuellement sur l'Eglise. Que la Vierge Mère de Dieu, saint Joseph, protecteur de l'Église universelle, les saints Pierre et Paul et les grands saints cardinaux intercèdent avec force pour le Collège des Cardinaux en ces temps agités et troublants », a-t-il conclu.

Quelle sera la réponse des cardinaux ? Ils ne pourront pas dire qu'ils ne savaient pas…


Sources :

• Catholic News Agency : Burke and Brandmüller say Amazon synod challenges deposit of faith

• Infocatolica : Brandmüller y Burke alertan al resto de cardenales de la ruptura del depósito de la fe en el Instrumentum Laboris del Sínodo para la Amazonia


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14 août, 2019

Le cardinal Burke dénonce l’« apostasie » véhiculée par l’“Instrumentum laboris” en vue du synode sur l’Amazonie

Le cardinal Raymond Burke a rejoint les cardinaux Walter Brandmüller, Gerhard Müller (également ici) et George Pell pour condamner vigoureusement l’Instrumentum laboris en vue du prochain synode sur l’Amazonie qui doit se dérouler à Rome du 6 au 27 octobre. Pire qu’hérétique, le cardinal américain a taxé ce document d’« apostasie » lors d’un entretien audio avec le journaliste Patrick Coffin, publié en anglais ici sur YouTube le 13 août.
A la question de savoir si l’Instrumentum laboris pourrait « devenir définitif » pour l’Eglise catholique, le cardinal Burke a répondu :
« C’est impossible. Le document est une apostasie. Cela ne peut pas devenir l'enseignement de l'Eglise, et si Dieu le veut, on mettra fin à toute cette affaire. »
Si les initiatives des responsables de la préparation du synode visent notamment à promouvoir le diaconat des femmes et la possibilité d’ordonner prêtres des hommes mariés dans l’Eglise latine, éléments en quelque sorte les plus voyants, c’est dans son ensemble que le document de travail s’éloigne de manière spectaculaire de la doctrine catholique.
L’éclairage apporté par le cardinal Burke sur la définition de l’hérésie et de l’apostasie permet de mieux saisir ce qui est en train de se tramer.
« L'hérésie est le déni, le déni conscient et volontaire d'une vérité de foi. Il s’agit, par exemple, du prêtre Arius qui a renié les deux natures pour une seule personne de Notre Seigneur Jésus Christ. Ainsi, l'hérésie vise une vérité particulière niée par une personne déterminée, alors que l'apostasie est un rejet d’ensemble de la foi, un éloignement du Christ d’une manière générale, et des nombreuses vérités de la foi », a-t-il déclaré.
Cela rejoint l’analyse du cardinal Brandmüller qui a qualifié l’Instrumentum laboris d’à la fois hérétique et apostat, tandis que le cardinal Müller a dénoncé le « faux enseignement » de ce document qui a été approuvé par les autorités synodales en vue d’être soumis à la discussion des évêques à l’automne prochain. Le cardinal George Pell, dans une lettre publiée par Sandro Magister, écrivait quant à lui depuis sa prison australienne :
« Je suis d’accord pour dire que nous avons des raisons d’être préoccupés par l’Instrumentum laboris du synode sur l’Amazonie. Ce n’est pas le premier document de mauvaise qualité issu du secrétariat du synode. Le cardinal G. Müller, l’ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a rédigé une excellente critique. Je ne suis pas un expert de la région mais j’ai été à Iquitos dans le Pérou amazonien où un prêtre de Sydney, le P. John Anderson dirige une paroisse d’une piété, d’une activité pastorale et d’une orthodoxie exemplaires. Comme dans le fleuve Amazone, beaucoup d’eau coulera encore sous les ponts avant le synode.
« Mais un point est fondamental. La Tradition Apostolique, les enseignements de Jésus et des apôtres, tirés du Nouveau Testament et enseignés par le Magistère des Papes et des Conciles, constituent l’unique critère doctrinal en matière doctrinale et pratique. Amazonie ou pas, en tout lieu de la terre, l’Eglise ne peut permettre qu’une confusion, et encore moins un enseignement contraire, n’abîme la Tradition Apostolique. »
Au cours de son entretien avec Patrick Coffin, le cardinal Burke a également dénoncé les médias qui se « glorifient » de ce qu’ils appellent les options « révolutionnaires » du pape François. Rappelant que la fonction pontificale n'est pas révolutionnaire, Burke a affirmé que la fonction première du pape est de « sauvegarder la doctrine de la Foi et la discipline de l'Eglise afin d'être le principe et le fondement de l'unité dans l'Eglise ».
Et d’ajouter : « Si vous me disiez que le Pape est un révolutionnaire, je serais très inquiet parce que cela n'a rien à voir avec la papauté. »
Commentant l’entretien du cardinal Burke du 13 août, Martin Barillas de LifeSiteNews a rappelé la satisfaction de Leonardo Boff, théologien de la libération, devant l’élection du pape François.
Boff a ainsi déclaré qu'il considère l'élection du pape François comme marquant un « printemps » de l’Église catholique. Dans son livre François de Rome et François d'Assise, il se dit convaincu de ce que le Pape François incarne la théologie de la libération en raison de son « dévouement » aux pauvres. Il a déclaré par ailleurs que l'ordination des hommes mariés pourrait être un résultat du synode. Dans une interview accordée à Deutsche Welt citée par Barillas, Boff attribue au pape le mérite d’avoir déclenché une « révolution » dans l'Eglise.
« La théologie de la libération a été explicitement condamnée par Jean-Paul II en1985 pour avoir cherché à réconcilier les préceptes marxistes avec les enseignements catholiques dans le but a d'aider les pauvres, surtout en Amérique latine », rappelle Barillas.
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Leonardo Boff, qui aurait participé selon ses propres dires à la rédaction de l’encyclique Laudato si’, est également considéré comme le « théologien de référence » du synode sur l’Amazonie.


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01 août, 2019

Stanisław Grygiel, philosophe ami de Jean-Paul II, dénonce la destruction de l'Institut Jean-Paul II

Le grand vaticaniste Aldo Maria Valli vient d’interviewer le Pr Stanisław Grygiel, grand ami de Jean-Paul II, sur la destruction de l’Institut Jean-Paul II sur la famille et le mariage. Je vous propose ici une traduction de travail intégrale de cet entretien paru sur le blog d’Aldo Maria Valli, Duc in altum. – J.S.







***

Entretien avec de Stanisław Grygiel :
« On ne rénove pas sa maison en la détruisant. »

Chers amis de Duc in altum, je suis particulièrement heureux de vous offrir aujourd'hui une interview exclusive du Professeur Stanisław Grygiel, philosophe polonais, grand ami de Saint Jean Paul II et jusqu'à récemment, avant son éloignement, professeur à l'Institut Théologique Pontifical fondé par le Pape Wojtyła lui-même. Une vaste interview, dans laquelle le professeur Griygiel évoque les événements dans lesquels il a été impliqué, mais où il explique surtout ce qui constitue, selon lui, la nature de la crise actuelle de l'Eglise. Il prononce des paroles très claires : « L'Eglise d'aujourd'hui a besoin d'un Moïse qui, porté par la colère du Dieu miséricordieux, à qui il parle dans la montagne, va passer par le feu et par l'épée tous ces veaux d'or adorés par le peuple –  avec l'autorisation de tant de pasteurs – pour y chercher le bonheur. »

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Professeur Gygiel, vous avez parlé de « pragmatisme théologique » par rapport à la théologie dominante actuelle. Qu'entendez-vous par cette expression et quels sont les objectifs d'un tel pragmatisme ?

Le principe marxiste de la pensée est le suivant : la praxis précède et détermine le logos, c'est-à-dire de la vérité. Elle a ainsi bouleversé non seulement la vie intellectuelle du monde occidental, mais aussi la vie de l'Église catholique. Je me souviens des années 1966-67 passées à l'Université Catholique de Louvain en Belgique et de nombreuses leçons de théologie et de philosophie faites selon ce principe. Il en est résulté une théologie pragmatique et une pastorale tout aussi pragmatique, qui ont commencé non pas avec la Personne du Christ, mais avec la description sociologique des différents comportements des hommes. Si la majorité divorce, alors… Beaucoup de théologiens et, malheureusement, beaucoup de pasteurs de l'Église catholique  également, oublient de parler avec le Fils du Dieu vivant. Ils manquent de foi, dans le sens où ils manquent de confiance en la Personne du Christ et, par conséquent, de foi en l'homme.

L'Union soviétique, ne parvenant pas à conquérir l'Europe occidentale par des moyens militaires, a essayé de pénétrer la mentalité des intellectuels, afin de pouvoir la soumettre aux ordres des seigneurs de ce monde. Elle a parfaitement réussi, comme on le voit aujourd'hui, alors que nous vivons les conséquences désastreuses de cette action astucieuse des agents communistes et de leurs « idiots utiles » occidentaux.

Nous savons que vous avez été exclu, avec d'autres enseignants, de l'Institut Jean-Paul II sur le mariage et la famille. Au-delà de votre cas particulier, qu'enseigne cette affaire ? Pourquoi cette révolution ?

Je ne peux pas cacher la douleur que m'a provoqué le fait que l'Institut fondé par Saint Jean Paul II ait été démantelé il y a deux ans. Le licenciement des professeurs est un acte conforme à cette décision. Donc cela ne me surprend pas. Je regrette seulement la confusion dans laquelle sont tombés les élèves et dans laquelle ils se sentent perdus. Quelqu'un s'en rendra compte un jour. Saint Jean Paul II a préparé avec ferveur et passion les premiers professeurs pour cette grande mission. Quelques mois avant la fondation de l'Institut, il nous a invités dans son appartement pour méditer avec nous sur la situation dans laquelle se trouvait non seulement l'Église mais aussi le monde. Il voulait créer un Institut dans lequel la théologie naîtrait de l'expérience morale de la personne humaine et du Verbe divin où la vérité de l'homme a été pleinement révélée. Il n'est donc pas étonnant qu'à cette époque, nous ayons médité en priant et prié en méditant. Devant Dieu et devant l'homme qui brûle de lui, comme le buisson sur la montagne dans le pays de Moriah, nous devons nous agenouiller. Sinon, nous ne comprendrons pas « l'univers et l'histoire » (cf. Redemptor hominis, 1).

J'avoue que je ne comprends pas pourquoi les exécuteurs de la décision du pape d'abolir l'Institut fondé par saint Jean Paul II parlent d'approfondir, d'élargir et d'élargir l'enseignement de Jean Paul II. On ne rénove pas une maison en la détruisant, y compris ses fondations. Il vaudrait mieux parler clairement et sans ambages selon le commandement de l'Évangile : « Mais que votre parole soit: Oui, oui; non, non. Ce qui est en plus de cela vient du Malin. » (Mt 5, 37).

Vous me demandez : pourquoi cette révolution ? Peut-être que les spécialistes de l'histoire en révéleront les raisons et les raisons. C'est Dieu, cependant, qui les jugera. Chaque révolution part de zéro et atteint son point de départ. Toujours et partout le révolutionnaire finit comme il commence : tel est le commencement, telle est la fin. Je vois la situation qui s'est créée aujourd'hui comme un moment du conflit permanent entre les deux visions de l'homme. Karol Wojtyła part de la Parole de Dieu et de l'expérience morale de la personne humaine. Pour lui, donc, les « catégories » fondamentales sont la vérité qui jaillit de l'acte de création et du mensonge que l'homme commet quand il « crée » ses propres vérités. C'est précisément pour cette raison que l'expérience de la personne humaine a un caractère moral, c'est-à-dire qu'elle consiste à vivre les actions comme bonnes ou mauvaises. Le « pragmatisme » est un déni total du « centre de l'univers et de l'histoire », c'est-à-dire le Fils du Dieu vivant.

L'Église catholique vit une période de confusion, marquée par de profondes divisions. Comment jugez-vous la situation ?

L'Église catholique, en s'ouvrant au monde, s'est trouvée dans la situation dans laquelle se trouve le monde postmoderne, marqué par le « pragmatisme ». La théologie et la philosophie postmodernes sont réduites à un jeu d'opinions (prédicats) et ne considèrent plus l'homme comme la magna quaestio de saint Augustin. La question du sens de la vie disparaît et sa place est prise par la question du bonheur comprise horizontalement.

Théologiens et philosophes pour qui la théologie et la philosophie ne sont rien de plus que des jeux d'opinion s'agenouillent non pas devant Dieu, mais devant leurs propres produits. En jouant leurs cartes, ils s'adorent eux-mêmes. Mais de cette façon, ils risquent de devenir victimes des tricheurs.

L'Église a aujourd'hui besoin d'un Moïse qui, porté par la colère du Dieu miséricordieux avec lequel il parle sur la montagne, mettra tous les "veaux d'or" au feu et à l'épée dans l'adoration desquels le peuple, avec la permission de tant de pasteurs, cherche le bonheur. L'Eglise d'aujourd'hui a besoin d'un Moïse qui, porté par la colère du Dieu miséricordieux, à qui il parle dans la montagne, va passer par le feu et par l'épée tous ces veaux d'or adorés par le peuple –  avec l'autorisation de tant de pasteurs – pour y chercher le bonheur.

A la lumière de ce qui se passe à l'Institut Jean-Paul II, beaucoup ont l'impression que le magistère du Pape Wojtyła, surtout en ce qui concerne les questions de morale familiale, a fini au grenier, là où on met les choses dont on n'a plus besoin. Partagez-vous ce jugement ?

Je ne le partage pas, même si, humainement, cela semble être le cas. L'Église vit de la foi du peuple, dont chaque Pierre est le gardien. Les théologiens peuvent l'aider ou non à mieux comprendre cette foi, mais c'est lui qui est le garant de la fidélité de l'Église à la Parole du Fils du Dieu vivant. Les théologiens peuvent interrompre la Tradition et essayer de tout recommencer. Loin du principe sur lequel repose l'Évangile, ils peuvent inventer de nouvelles interprétations de l'Évangile lui-même pour le rendre acceptable dans le monde postmoderne. Mais tôt ou tard, le cœur de l'homme orienté vers l'Amour qui est Dieu se réveillera en criant qu'il ne peut plus vivre loin de la maison du Père.

La sagesse qui vient de Dieu demeure pour toujours. La stupidité qui vient de l'homme passe, laissant l'homme dépendre non pas de la vérité mais des vents. Un soir, le saint pape Jean-Paul II m'a remis entre les mains la lettre qu'un théologien moral mondialement connu, lui a écrite. Le théologien a demandé au Pape de changer l'éthique de la vie conjugale, sinon, selon ce théologien, l'Église perdrait ses fidèles. « Qu'en penses-tu ? » me demanda le Pape. J'ai répondu peut-être trop brusquement : "Il a écrit une chose stupide". Le Pape m'a regardé et après quelques secondes il m'a dit : « C'est vrai, mais qui le lui dira ? »

Il est largement admis qu'Amoris laetitia représente une véritable rupture par rapport à l'enseignement précédent. Le professeur Seifert a même parlé d'une « bombe atomique » qui risque de détruire tout l'édifice moral catholique. Qu'en pensez-vous ?

N'étant pas théologien, je n'ai pas envie de juger. Je suis un simple croyant et en tant que tel, je peux et dois avouer que je ne me trouve dans ce texte qu'en partie. Mon expérience de l'amour est plus évangélique que sociologique et psychologique. Celui qui veut connaître la nature de la personne humaine, c'est-à-dire son être orienté vers Dieu, doit contempler les saints et surtout le Fils du Dieu vivant, devenu homme dans le sein de la Vierge Mère, Marie. Décrire les maladies matrimoniales et sexuelles n'est pas la réalisation du commandement qui dit « Allez dans le monde et prêchez l'Evangile ! »

En ces temps, je me rappelle souvent les paroles du Christ, selon lesquelles « quiconque » abandonne sa femme et prend une autre femme commet l'adultère (cf. Jn 2, 25). Il le dit de tout homme, sans exception. Il le dit parce qu'il sait ce qu'il y a à l'intérieur de l'homme. S'il est vrai qu'aujourd'hui, dans certains cas, il ne s'agit pas d'adultère, comme le disent certains théologiens, cela signifie que le Christ ne sait pas ce qui est à l'intérieur de l'homme. Il n'est donc pas Dieu. « Mais le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? » (Lc 18,8).

Ce document, s'il était plus court, serait plus expressif et peut-être plus clair et plus conforme aux paroles de l'Evangile : « Oui, oui - oui - non, non. » Au lieu de cela, une note de bas de page obscurcit tout son contenu.

Si vous deviez parler de Jean-Paul II à un jeune homme d'aujourd'hui, comment présenteriez-vous, en quelques mots, le saint pape ?

Jean-Paul II dirait à un jeune homme d'aujourd'hui les mêmes paroles qu'il a dites aux gens sur la place Saint-Pierre le jour de son intronisation : « N'ayez pas peur ! »  Elle le conduirait à l'acte de création et à l'acte du Jugement dernier, car ce n'est qu'à la lumière du Principe et de la Fin que l'homme aperçoit la vérité, à laquelle il est orienté. Ensemble avec le jeune homme d'aujourd'hui, il contemplerait la beauté de l'Amour qu'est Dieu et chercherait à éveiller en lui l'amour pour que le jeune homme puisse croire en Dieu. Je pense que l'expérience de la beauté de la personne humaine, de la beauté de son amour, montre le chemin qui peut conduire un jeune aujourd'hui à Dieu. C'est peut-être pour cela que le malin essaie de porter un coup mortel à l'amour humain et à tous ceux qui, fascinés par lui, courageusement, sans crainte, révèlent sa vérité. Le malin espère (c'est son seul espoir) qu'en frappant l'amour divin-humain, il détruira le fondement du mariage et de la famille et, à la fin, celui de l'Église. La lettre de Sœur Lucie au Cardinal Carlo Caffarra en parle clairement et sans ambages.

Professeur, la famille chrétienne, fondée sur le mariage, a-t-elle un avenir ?

Tout homme, tout mariage, toute famille ont un avenir devant eux, à condition qu'ils soient attachés à la vérité. « La vérité te rendra libre », dit le Christ. La liberté qui est le fruit de l'adhésion vérité représente l'avenir auquel aspire le cœur humain. Il n'est pas nécessaire de défendre la vérité. La vérité se défendra toute seule. Ceux qui comptent sur les jeux et les calculs humains perdront tout, même s'ils ont apparemment déjà tout gagné. Les succès de ce monde ne sont pas ceux que recherchent les gens attachés à la vérité. Ils visent la victoire éternelle. C'est pourquoi ils y participent déjà aujourd'hui. La personne humaine peut être tuée, la communion dans laquelle elle vit peut parfois être détruite, mais la vérité ne sera jamais totalement détruite, car elle est invincible.


© leblogdejeannesmits pour cette traduction de travail.



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George Weigel dénonce la destruction de l'Institut Jean-Paul II : “Le nouveau sac de Rome”

Ce qui arrive à l'Institut Jean-Paul II sur le mariage et la famille, en cours de saccage avec la montée en puissance de son nouveau Chancelier, Mgr Vincenzo Paglia (commanditaire d'une fresque homoérotique pour sa cathédrale de Terni), est un vrai reniement de l'héritage de Jean-Paul II. Le biographe du pape polonais en est convaincu. La tribune de George Weigel dans The Catholic World Report est à lire sur le site benoit-et-moi, qui en a réalisé la traduction intégrale :

Le nouveau sac de Rome par des vandales 

Un exercice de vandalisme intellectuel brut est en cours à Rome depuis le 23 juillet: ce qui s’appelait à l’origine l’Institut pontifical Jean-Paul II pour le mariage et la famille a été péremptoirement mais systématiquement dépouillé de ses plus éminents professeurs, et ses cours fondamentaux en théologie morale fondamentale ont été annulés. Parallèlement, des universitaires connus pour s’opposer à l’enseignement de Humanae Vitae sur les moyens appropriés de réguler la fertilité et à celui de Veritatis Splendor sur les actes intrinsèquement mauvais sont nommés… Lire la suite ici.


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