10 juin, 2019

“Déclaration sur les vérités concernant les erreurs les plus communes dans la vie de l´Église de notre temps” (cardinal Burke, Mgr Schneider…)

“Deux cardinaux et trois évêques rappellent le magistère… à la place du pape ?” L'abbé Claude Barthe commente sous ce titre le texte des cardinaux Burke et Pujats et de Mgr Athanasius Schneider et les deux autres évêques du Kazakhstan rappelant de nombreux textes exposant la doctrine sûre de l'Eglise sur des points aujourd'hui contestés jusqu'en son sein. Je vous propose ici la traduction de ce texte. Il s'accompagne d'un commentaire important que j'ai mis en ligne ici avec l'accord du cardinal Burke et de Mgr Schneider.

Erreurs les plus courantes dans la vie de l'Eglise de notre temps
« L’Eglise est la maison de Dieu, la colonne et la base de la vérité. » (1 Tim 3:15)


Déclaration des vérités relatives à certaines des erreurs les plus courantes dans la vie de l'Église de notre temps

Les fondamentaux de la foi

1. Le sens exact des expressions « tradition vivante », « magistère vivant », « herméneutique de la continuité » et « développement de la doctrine » comprend cette vérité : quelles que soient les nouvelles compréhensions qui peuvent être exprimées concernant le dépôt de la foi, elles ne peuvent cependant en aucun cas être contraires à ce que l'Eglise a toujours proposé dans le même dogme, dans le même sens et la même pensée (voir Concile Vatican I, Dei Filius, Sess. 3, c. 4 : « in eodem dogmate, eodem sensu, eademque sententia »).

2. « Quant au sens des formules dogmatiques, il demeure toujours vrai et identique à lui-même dans l’Église, même lorsqu’il est éclairci davantage et plus entièrement compris. Les fidèles doivent donc bien se garder d’accueillir l’opinion que l’on peut résumer ainsi : tout d’abord les formules dogmatiques ou certaines catégories d’entre elles seraient incapables de signifier d’une manière déterminée la vérité mais n’en signifieraient que des approximations changeantes, lui apportant une déformation, une altération, ensuite ces mêmes formules ne signifieraient la vérité que d’une manière indéterminée, comme un terme à chercher toujours au moyen des approximations susdites. Ceux qui adopteraient cette opinion n’échapperaient pas au relativisme dogmatique et ils corrompraient le concept de l’infaillibilité de l’Église, lequel se réfère à la vérité enseignée et tenue d’une manière déterminée. » (Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Déclaration Mysterium Ecclesiae  sur la doctrine catholique  concernant l’Eglise en vue de la protéger contre les erreurs d’aujourd’hui, 5).

Le Credo

3. « Nous confessons que le royaume de Dieu commencé ici-bas en l'Église du Christ n'est pas de ce monde, dont la figure passe, et que sa croissance propre ne peut se confondre avec le progrès de la civilisation, de la science ou de  la technique humaines, mais qu'elle consiste à connaître toujours plus profondément les insondables richesses du Christ, à espérer toujours plus fortement les biens éternels, à répondre toujours plus ardemment à l'amour de Dieu, à dispenser toujours plus largement la grâce et la sainteté parmi les hommes. Mais c'est ce même amour qui porte l'Église à se soucier constamment du vrai bien temporel des hommes.  Ne cessant de rappeler à ses enfants qu'ils n'ont pas ici-bas de demeure permanente, elle les presse aussi de contribuer, chacun selon sa vocation et ses moyens, au bien de leur cité terrestre, de promouvoir la justice, la paix et la fraternité entre les hommes, de prodiguer leur aide à leurs frères, surtout aux plus pauvres et aux plus malheureux.  L'intense sollicitude de l'Église, épouse du Christ, pour les nécessités des hommes, leurs joies et leurs espoirs, leurs peines et leurs efforts, n'est donc rien d'autre que son grand désir de leur être présente pour les illuminer de la lumière du Christ et les rassembler tous en lui, leur unique Sauveur.  Elle ne peut signifier jamais que l'Eglise se conforme elle-même aux choses de ce monde, ni que diminue l'ardeur de l'attente de son Seigneur et du royaume éternel. » (Paul VI, Lettre apostolique Solemni hac liturgia (Credo du peuple de Dieu), 27). Est donc erronée l’opinion affirmant que Dieu est glorifié principalement par le fait même du progrès dans les conditions temporelles et terrestres de la race humaine.

4. Après l'institution de l'Alliance nouvelle et éternelle en Jésus-Christ, nul ne peut être sauvé par l'obéissance à la loi de Moïse seule, sans la foi au Christ, vrai Dieu et unique Sauveur de l'humanité (voir Rom 3:28 ; Gal 2:16).

5. Les musulmans et autres qui n'ont pas la foi en Jésus-Christ, Dieu et homme, même les monothéistes, ne peuvent rendre à Dieu la même adoration que les chrétiens, c'est-à-dire le culte surnaturel en Esprit et en Vérité (voir Jn 4, 24 ; Ep 2, 8) de ceux qui ont reçu l'Esprit d'adoption filiale (voir Rom 8, 15).

6. Les spiritualités et les religions qui promeuvent n’importe quelle forme d'idolâtrie ou de panthéisme ne peuvent être considérées ni comme des « semences » ni comme des « fruits » du Verbe divin, car ce sont des tromperies qui empêchent l'évangélisation et le salut éternel de leurs fidèles, comme l'enseigne la Sainte Ecriture : «  Les infidèles dont le dieu de ce siècle a aveuglé les esprits, afin que ne brille pas pour eux la lumière du glorieux Evangile du Christ, qui est l'image de Dieu » (2 Co 4,4).

7. Le véritable œcuménisme vise à faire entrer les non-catholiques dans l'unité que l'Église catholique possède déjà indestructiblement en vertu de la prière du Christ, toujours entendue par son Père, « afin qu'ils soient un » (Jean 17,11), et qu'elle professe dans le Symbole de la foi, « Je crois en l’Église une » . L'œcuménisme ne peut donc avoir légitimement pour but l'établissement d'une Église qui n’existe pas encore.

8. L'enfer existe et ceux qui sont condamnés à l'enfer pour n’importe quel péché mortel dont ils ne se sont pas repentis y sont punis éternellement par la Justice divine (voir Mt 25, 46). Ce ne sont pas seulement les anges déchus qui sont damnés éternellement, mais aussi des âmes humaines (voir 2 Thess 1:9 ; 2 P 3:7). Les êtres humains éternellement damnés ne seront pas anéantis, puisque leur âme est immortelle selon l'enseignement infaillible de l'Église (voir le Ve Concile du Latran, sess. 8).

9. La religion née de la foi en Jésus-Christ, le Fils incarné de Dieu et le seul Sauveur de l'humanité, est la seule religion positivement voulue par Dieu. Est donc erronée l’opinion affirmant que de même que Dieu veut positivement la diversité des sexes masculin et féminin et la diversité des nations, de même Il voudrait aussi la diversité des religions.

10. « Notre religion [chrétienne] instaure effectivement avec Dieu un rapport authentique et vivant que les autres religions ne réussissent pas à établir, bien qu’elles tiennent pour ainsi dire leurs bras tendus vers le ciel » (Paul VI, Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, 53).

11. Le don du libre arbitre dont Dieu le Créateur a doté la personne humaine accorde à l'homme le droit naturel de choisir seulement ce qui est bien et vrai. Aucune personne humaine n'a donc le droit naturel d’offenser Dieu en choisissant le mal moral du péché, l'erreur religieuse de l'idolâtrie, le blasphème ou une fausse religion.

La loi de Dieu

12. Une personne justifiée a la force suffisante avec la grâce de Dieu pour accomplir les exigences objectives de la loi divine, puisque tous les commandements de Dieu sont possibles pour les justifiés. La grâce de Dieu, lorsqu'elle justifie le pécheur, produit par nature la conversion par rapport à tout péché grave (voir Concile de Trente, sess. 6, Décret sur la justification, c. 11 ; c. 13).

13. « Les fidèles sont tenus de reconnaître et de respecter les préceptes moraux spécifiques déclarés et enseignés par l'Eglise au nom de Dieu, Créateur et Seigneur. (…) L'amour de Dieu et l'amour du prochain sont inséparables de l'observance des commandements de l'Alliance, renouvelée dans le sang de Jésus Christ et dans le don de l'Esprit. » (Jean-Paul II, Encyclique Veritatis splendor, 76). Selon l'enseignement de la même encyclique, l'opinion de ceux qui « croient pouvoir justifier, comme moralement bons, des choix délibérés de comportements contraires aux commandements de la Loi divine et de la loi naturelle » est fausse. Ainsi, « ces théories ne peuvent se réclamer de la tradition morale catholique » (ibid.).

14. Tous les commandements de Dieu sont également justes et miséricordieux. Est donc fausse l’opinion affirmant qu'une personne peut, en obéissant à une interdiction divine – par exemple, le sixième commandement qui interdit l’adultère - pécher contre Dieu par cet acte d'obéissance, ou se nuire moralement, ou pécher contre autrui.

15. « Aucune circonstance, aucune finalité, aucune loi au monde ne pourra jamais rendre licite un acte qui est intrinsèquement illicite, parce que contraire à la Loi de Dieu, écrite dans le cœur de tout homme, discernable par la raison elle-même et proclamée par l'Eglise » (Jean-Paul II, Encyclique Evangelium Vitae, 62). Il y a dans la Révélation divine et dans la loi naturelle des principes moraux et des vérités morales contenus qui comportent des interdictions négatives interdisant absolument certains types d'actions, dans la mesure où ces types d'actions sont toujours gravement illicites en raison de leur objet. Par conséquent, l'opinion selon laquelle une bonne intention ou une bonne conséquence est (ou pourrait jamais être) suffisante pour justifier la commission d'un tel acte est fausse (voir Concile de Trente, sess. 6 de iustificatione, c. 15 ; Jean-Paul II, Exhortation apostolique, Reconciliatio et Paenitentia, 17 ; Encyclique Veritatis Splendor, 80).

16. La loi naturelle et divine interdit à une femme qui a conçu un enfant en son sein de tuer cette vie humaine qu’elle porte, qu’elle le fasse elle-même ou le fasse faire par d'autres, directement ou indirectement (voir Jean Paul II, Encyclique Evangelium Vitae, 62).

17. « Les procédures visant à réaliser la conception en dehors de l'utérus «  sont moralement inacceptables parce qu'elles séparent la procréation du contexte intégralement humain de l'acte conjugal » (Jean Paul II, Encyclique Evangelium Vitae, 14).

18. Aucun être humain ne peut jamais trouver une justification morale à se suicider ou à se faire mettre à mort par d'autres, même dans l’intention d'échapper à la souffrance. « L'euthanasie est une grave violation de la Loi de Dieu, en tant que meurtre délibéré moralement inacceptable d'une personne humaine. Cette doctrine est fondée sur la loi naturelle et sur la Parole de Dieu écrite; elle est transmise par la Tradition de l'Eglise et enseignée par le Magistère ordinaire et universel » (Jean-Paul II, Encyclique Evangelium Vitae, 65).

19. Le mariage, par ordonnance divine et de par la loi naturelle, est l’union indissoluble d'un homme et d'une femme (voir Gn 2, 24 ; Mc 10, 7-9 ; Ep 5, 31-32). « C’est par sa nature même que l’institution du mariage et l’amour conjugal sont ordonnés à la procréation et à l’éducation qui, tel un sommet, en constituent le couronnement » (Concile Vatican II, Gaudium et spes, 48).

20. Par la loi naturelle et divine, aucun être humain ne peut exercer volontairement et sans péché ses facultés sexuelles en dehors d'un mariage valide. Il est donc contraire aux Saintes Écritures et à la Tradition d'affirmer que la conscience peut vraiment et justement juger que les actes sexuels entre des personnes qui ont contracté un mariage civil peuvent parfois avoir moralement raison, voire répondre à une demande ou même à un commandement de Dieu, alors que l'une de ces personnes (ou les deux) soit sacramentellement mariée avec une autre personne (voir 1 Co 7, 11 ; Jean Paul II, Exhortation apostolique Familiaris consortio, 84).

21. La loi naturelle et divine interdit «  toute action qui, soit en prévision de l'acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation » (Paul VI, Encyclique Humanae Vitae, 14).

22. Quiconque, époux ou épouse, a obtenu un divorce civil du conjoint avec lequel il est validement marié et qui a contracté un mariage civil avec une autre personne du vivant de son conjoint légitime, et qui vit maritalement avec ce partenaire civil, et qui choisit de rester dans cet état en pleine connaissance  de la nature de l'acte, et avec plein consentement de la volonté à cet acte, est dans un état de péché mortel et ne peut donc recevoir la grâce sanctifiante et croître en charité. Par conséquent, ces chrétiens, à moins qu'ils ne vivent comme « frère et sœur », ne peuvent recevoir la Sainte Communion (voir Jean-Paul II, Exhortation apostolique Familiaris consortio, 84).

23. Deux personnes du même sexe commettent un grave péché lorsqu'elles recherchent un plaisir vénérien l'une auprès de l'autre (voir Lv 18,22 ; Lv 20,13 ; Rom 1,24-28 ; 1 Co 6,9-10 ; 1 Tim 1,10 ; Jude 7). Les actes homosexuels « ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas » (Catéchisme de l'Eglise catholique, 2357). Par conséquent, est contraire à la loi naturelle et à la Révélation divine l’opinion affirmant que, de même que le Dieu Créateur a donné à certains êtres humains une disposition naturelle à ressentir le désir sexuel pour les personnes du sexe opposé, de même Il aurait donné aux autres une disposition naturelle à ressentir un désir sexuel pour des personnes du même sexe, et que Dieu aurait l'intention que cette dernière disposition soit mise en pratique dans certaines circonstances.

24. Ni la loi humaine, ni quelque puissance humaine que ce soit, ne peut donner à deux personnes du même sexe le droit de se marier, ou déclarer mariés deux personnes du même sexe, car cela est contraire à la loi naturelle et divine. « Dans le projet du Créateur, la complémentarité sexuelle et la fécondité font partie de la nature même du mariage » (Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles, 3 juin 2003, 3).

25. Les unions qui portent le nom de mariage sans en avoir la réalité, étant contraires à la loi naturelle et divine, ne sont pas capables de recevoir la bénédiction de l'Eglise.

26. Le pouvoir civil ne peut pas établir des unions civiles ou légales entre deux personnes de même sexe qui imitent manifestement l'union du mariage, même si ces unions ne reçoivent pas le nom de mariage, puisque de telles unions encourageraient au péché grave personnes qui y vivent et seraient une cause de scandale grave pour les autres (voir Congrégation pour la doctrine de la foi, Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles, 3 juin 2003, 11).

27. Les sexes masculin et féminin, homme et femme, sont des réalités biologiques créées par la sage volonté de Dieu (voir Gen. 1, 27 ; Catéchisme de l'Église catholique, 369). Constitue donc une rébellion contre la loi naturelle et divine, et un péché grave, le fait pour un homme de tenter de devenir une femme en se mutilant lui-même, ou même en se déclarant simplement telle, ou le fait pour une femme de tenter de la même manière de devenir un homme, ou de soutenir que l'autorité civile a le devoir ou le droit de faire comme si ces choses étaient ou pouvaient être possibles et légitimes (voir Catéchisme de l'Eglise catholique, 2297).

28. Conformément à la Sainte Écriture et à la tradition constante du Magistère ordinaire et universel, l'Eglise n'a pas commis d'erreur en enseignant que le pouvoir civil peut légalement exécuter la peine capitale sur les malfaiteurs lorsque cela est véritablement nécessaire pour préserver l'existence ou l'ordre juste des sociétés (voir Gen 9:6 ; Jean 19:11 ; Rom 13:1-7 ; Innocent III, Professio fidei Waldensibus praescripta ; Catéchisme romain du concile de Trente, p. III, 5, n. 4 ; Pie XII, Discours aux juristes catholiques du 5 décembre 1954).

29. Toute autorité sur la terre comme au ciel appartient à Jésus-Christ ; par conséquent, les sociétés civiles et toutes les autres associations des hommes sont soumises à sa royauté de sorte que « le devoir de rendre à Dieu un culte authentique concerne l'homme individuellement et socialement » (Catéchisme de l'Église catholique, 2105 ; voir Pie XI, Encyclique Quas primas, 18-19, 32).

Les sacrements

30. Dans le très saint sacrement de l'Eucharistie, il se produit un changement merveilleux, à savoir celui de toute la substance du pain qui devient le corps du Christ et de toute la substance du vin qui devient son sang, changement que l'Église catholique appelle très justement transsubstantiation (voir le quatrième Concile du Latran, ch. 1 ; Concile de Trente, sess. 13, ch. 4). « Toute explication théologique qui cherche à comprendre quelque chose de ce mystère doit, pour être en accord avec la foi catholique, maintenir que dans la réalité même, indépendamment de notre esprit, le pain et le vin ont cessé d'exister après la Consécration, de sorte que c'est l'adorable Corps et Sang du Seigneur Jésus qui est désormais réellement devant nous sous les espèces sacramentelles du pain et du vin » (Paul VI, Lettre apostolique Solemni hac liturgia – Credo du peuple de Dieu – 25).

31. Les formulations par lesquelles le Concile de Trente a exprimé la foi de l'Église en la sainte Eucharistie conviennent aux hommes de tous les temps et de tous les lieux, car elles constituent une « doctrine toujours valable » (Jean-Paul II, Encyclique Ecclesia de Eucharistia, 15).

32. Dans la Sainte Messe, un sacrifice véritable et juste est offert à la Sainte Trinité et ce sacrifice est propitiatoire tant pour les hommes vivant sur terre que pour les âmes du Purgatoire. Est donc erronée l’opinion selon laquelle le sacrifice de la Messe consiste simplement dans le fait pour le peuple d’offrir un sacrifice spirituel de prières et de louange, ainsi que l'opinion selon laquelle la Messe peut ou doit être définie seulement comme le Christ se donnant aux fidèles comme leur nourriture spirituelle (voir Concile de Trente, sess. 22, c. 2).

33. « La messe, célébrée par le prêtre représentant la personne du Christ en vertu du pouvoir reçu par le sacrement de l'Ordre et offerte par lui au nom du Christ et des membres de son Corps mystique, est le sacrifice du Calvaire rendu sacramentellement présent sur nos autels. Nous croyons que, comme le pain et le vin consacrés par le Seigneur lors de la dernière Cène ont été changés en son Corps et son Sang qui allaient être offerts pour nous sur la croix, de même le pain et le vin consacrés par le prêtre sont changés en Corps et Sang du Christ glorieux intronisé au ciel, et nous croyons que la présence mystérieuse du Seigneur, sous l’apparence de ce qui continue de s’offrir à nos sens comme avant, est une présence vraie, réelle et substantielle" (Paul VI, Lettre apostolique Solemni hac liturgia (Crédo du peuple de Dieu), 24).

34. « L’immolation non sanglante par le moyen de laquelle, après les paroles de la consécration, le Christ est rendu présent sur l’autel en état de victime, est accomplie par le seul prêtre en tant qu’il représente la personne du Christ, non en tant qu’il représente la personne des fidèles. (…) 
Que les fidèles, par les mains du prêtre, offrent le sacrifice, cela ressort avec évidence du fait que le ministre de l’autel représente le Christ en tant que chef offrant au nom de tous ses membres ; c’est pourquoi l’Église universelle est dite, à bon droit, présenter par le Christ l’offrande de la victime. Si le peuple offre en même temps que le prêtre, ce n’est pas que les membres de l’Église accomplissent le rite liturgique visible de la même manière que le prêtre lui-même, ce qui revient au seul ministre délégué par Dieu pour cela, mais parce qu’il unit ses vœux de louange, d’impétration, d’expiation et d’action de grâces aux vœux ou intentions mentales du prêtre, et même du Souverain Prêtre, afin de les présenter à Dieu le Père dans le rite extérieur même du prêtre offrant la victime. » (Pie XII, Encyclique Mediator Dei, 92).

35. Le sacrement de pénitence est le seul moyen ordinaire par lequel les péchés graves commis après le baptême peuvent être remis, et de par la loi divine tous ces péchés doivent être confessés par nombre et par espèce (voir Concile de Trente, sess. 14, can. 7).

36. De par la loi divine, le confesseur ne peut violer le sceau du sacrement de pénitence pour quelque raison que ce soit ; aucune autorité ecclésiastique n'a le pouvoir de le dispenser du sceau du sacrement et le pouvoir civil est totalement incompétent pour l'y contraindre (voir Code de Droit Canonique 1983, can. 1388 § 1 ; Catéchisme de l'Église catholique, 1467).

37. En vertu de la volonté du Christ et de la Tradition immuable de l'Église, le sacrement de la Sainte Eucharistie ne peut être donné à ceux qui sont dans un état public de péché objectivement grave, et l'absolution sacramentelle ne peut être donnée à ceux qui expriment leur refus de se conformer à la loi divine, même si leur refus ne porte que sur une seule affaire grave (voir Concile de Trente, Sess. 14, ch. 4 ; Jean-Paul II, Message au Cardinal William W. Baum, le 22 mars 1996).

38. Selon la Tradition constante de l'Église, le sacrement de la Sainte Eucharistie ne peut être donné à ceux qui nient toute vérité de la foi catholique en professant formellement leur adhésion à une communauté chrétienne hérétique ou officiellement schismatique (voir Code de droit canonique 1983, can. 915 ; 1364).

39. La loi par laquelle les prêtres sont tenus d'observer la continence parfaite dans le célibat découle de l'exemple de Jésus-Christ et appartient à la tradition immémoriale et apostolique selon le témoignage constant des Pères de l'Église et des Pontifes Romains. Pour cette raison, cette loi ne devrait pas être abolie dans l'Église romaine par l'innovation d'un célibat sacerdotal facultatif, que ce soit au niveau régional ou universel. Le témoignage éternel et valide de l'Église affirme que la loi de la continence sacerdotale « ne commande pas de nouveaux préceptes ; ces préceptes doivent être observés, parce qu'ils ont été négligés par certains par ignorance et paresse. Ces préceptes, cependant, remontent aux apôtres et ont été établis par les Pères, comme il est écrit : “Restez donc fermes, frères, et gardez les traditions que nous vous avons enseignées, soit par la parole, soit par la lettre” (2 Thess. 2.15). Il y en a en effet beaucoup qui, ignorant les statuts de nos ancêtres, ont violé la chasteté de l'Église par leur présomption et ont suivi la volonté du peuple, sans craindre le jugement de Dieu" (Pape Siricius, Decretal Cum in unum de l'an 386).

40. Par la volonté du Christ et la constitution divine de l'Église, seuls les hommes baptisés (viri) peuvent recevoir le sacrement de l'Ordre, que ce soit dans l'épiscopat, le sacerdoce ou le diaconat (voir Jean-Paul II, Lettre apostolique, Ordinatio Sacerdotalis, 4). En outre, l'affirmation selon laquelle seul un Concile œcuménique peut définir cette question est fausse, car l'autorité pédagogique d'un Concile œcuménique n'est pas plus étendue que celle du Souverain Pontife romain (voir le 5e Concile du Latran, sess. 11 ; Concile Vatican I, sess. 4, c. 3, n. 8).

Le 31 mai 2019
Cardinal Raymond Leo Burke, Patron de l'Ordre Souverain Militaire de Malte
Cardinal Janis Pujats, archevêque émérite de Riga
Tomash Peta, archevêque de l'archidiocèse de Sainte Marie à Astana
Mgr Jan Pawel Lenga, archevêque-évêque émérite de Karaganda
Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de l'archidiocèse Sainte-Marie d'Astana

© leblogdejeannesmits pour la traduction

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08 juin, 2019

Cardinal George Pell : l'audience d'appel tourne à son avantage dans l'affaire des abus sexuels qui lui sont imputés



L'audience d’appel dans l’affaire des actes pédophiles imputés au cardinal George Pell s’est achevée jeudi avec une impression positive pour la défense. Le cardinal avait interjété appel contre sa condamnation pour abus sexuels sur mineurs à Melbourne, en Australie, au cours des années 1990.

La presse anglophone rapporte que le procureur Christopher Boyce a « bredouillé et bafouillé » au cours de son réquisitoire jeudi après-midi, tandis que les trois magistrats, Anne Ferguson, Chris Maxwell Mark Weinberg ont fait plusieurs remarques plutôt favorables à la version du Cardinal.

Les juges ont mis leur décision en délibéré et le cardinal Pell est retourné en prison, où il fêtait ce samedi son 78e anniversaire dans sa cellule où il est maintenu isolé 23 heures par jour. Il a déjà passé trois mois de sa peine de six ans dans une prison à sécurité maximale et ne pourra solliciter la libération conditionnelle avant d'avoir purgé trois ans et huit mois.

Si les juges d’appel lui donnent raison, il sera libéré immédiatement, à moins qu’ils n'ordonnent un nouveau procès. S'il est à nouveau reconnu coupable, le cardinal pourrait saisir la Haute Cour, mais contrairement à cette cour d'appel australienne, ne décide que très rarement d’approuver l'annulation de verdicts de jurés populaires réservés à la première instance.

La décision de la cour d'appel devrait en principe être rendue dans les deux prochaines semaines, mais aucune date n'a été fixée.

Des photos ont été diffusées dans les médias du monde entier montrant comment le cardinal Pell, l'ancien chef du conseil des conseillers du pape François, a été emmené menotté à la cour. Les manchettes les plus agressives l'ont qualifié de « pédophile condamné » ; les médias de gauche ont soutenu que les arguments en faveur de la poursuite ont été présentés de manière convaincante jeudi.

Pell lui-même n'a jamais cessé de proclamer son innocence ; sa défense était fondée sur le fait que le verdict était « déraisonnable » parce que le seul témoin survivant dans l'affaire n'était pas fiable, et parce qu'il y avait deux grandes irrégularités dans son procès, ce qui rendait le verdict de culpabilité du jury « douteux ».

La défense du Cardinal a été présentée mercredi par une équipe juridique renouvelée dirigée par l’avocat Bret Walker, basé à Sydney. Celu-ci a soutenu que le jury s'était gravement trompé en déclarant le Cardinal Pell coupable et qu'il y avait treize obstacles à sa condamnation qui auraient dû être pris en compte.

S'adressant aux juges qui, au cours des dernières semaines, ont étudié de très près le dossier et les vidéos de l'affaire, et qui se sont également rendus à la cathédrale où les abus allégués ont eu lieu, Walker a souligné toutes les « impossibilités » qui font selon lui que le témoignage de la victime n’est pas digne de foi.

L'un de ses principaux arguments était que le cardinal Pell, au moment où l'une des agressions aurait eu lieu, rencontrait des paroissiens à la porte ouest de la cathédrale St Patrick de Melbourne, à une distance de la sacristie qui aux yeux du droit était « aussi loin que l’autre rive du Tasman ».
« S'il était à la porte ouest, la loi de la physique signifie qu'il est littéralement et logiquement impossible que le délit se soit produit », a-t-il expliqué.

Walker a ajouté que le choriste qui a témoigné des faits était un menteur qui avait laissé libre cours à sa fantaisie.

Lors du premier interrogatoire de Pell, enregistré sur vidéo et diffusé au public, le cardinal disait d’emblée à la police que si les crimes allégués avaient eu lieu après la messe un grand jour de fête dans la sacristie (où les portes étaient toujours ouvertes et qui était toujours pleine de monde après les grand-messes) aux heures et aux endroits nommés par le témoin, il ne pouvait les avoir commis. Il avait même demandé à la police de répéter tous les détails, se montrant alors convaincu que toute accusation à son encontre tomberait d’elle-même.

En outre, il n'y avait pas d'autres témoins des abus allégués. Le deuxième choriste qui aurait subi des attouchements sexuels est mort, depuis, d'une overdose. Mais auparavant, il avait nié qu'il y ait eu des abus.

Il n'y a pas eu davantage de témoin d'un deuxième incident au cours duquel le cardinal Pell a été reconnu coupable d'avoir « tripoté » le premier enfant de chœur, alors même que le plaignant assurait que cela s'était produit au milieu d'une chorale de 50 personnes, dans un corridor bondé où se trouvaient les autres enfants, en présence d'au moins un autre prêtre.

Bien d'autres contradictions et divergences abondent. La victime principale a modifié son témoignage à plusieurs reprises, évoquant des moments et des détails différents et contradictoires au cours de déclarations successives.

Jeudi, le procureur Christopher Boyce a semblé secoué par les questions des juges et a aggravé sa situation en nommant presqu’immédiatement, par accident, le plaignant, dont le nom n'aurait pas dû être révélé, car il était mineur à l'époque des faits allégués.

Boyce a qualifié le témoignage de l'accusateur de « convaincant » en raison notamment de sa disposition à « concéder » certaines « erreurs » qu’il avait faites. Il affirma également d’une manière quelque peu incohérente que si l'accusation avait été si improbable, pourquoi l'accusateur l'aurait-il inventée ? « Vous répondez à votre propre question », répondit sèchement le juge Maxwell.

En fait, les arguments de Boyce en faveur de la culpabilité de Pell semblaient reposer sur le fait que l'ancien choriste avait décrit avec précision la sacristie où les premières agressions auraient eu lieu.
Boyce s’est trouvé bien embarrassé pour expliquer comment le prélat avait pu remonter l’aube qui lui arrivait à la cheville, vêtement sans ouverture attachée par un cordon, ainsi qu'une chasuble, et tenir ses vêtements tout en tenant la tête du garçon de ses deux mains, en réponse à une question que lui avait posée le juge Weinberg.

Les journalistes présents à l'audience ont également raconté que, lorsqu'on a demandé au maître de cérémonie Mgr Charles Portelli d'expliquer comment un prêtre portant l’ensemble de ses ornements rend aux toilettes, il a répondu : « On n’y va pas. »

Boyce a généralement fait mauvaise impression, allant même jusqu’à reconnaître que « répéter des platitudes n'est peut-être pas très utile ». Il a déjà été accusé par certains d'avoir à ce point raté son intervention que l'accusation va perdre l’affaire.

De fait, les juges n'ont pas hésité à souligner ses contradictions. Ils l'ont notamment réduit au silence en soulignant que, contrairement à ce qu'il affirmait, le témoignage de l’ancien choriste n'avait pas été si convaincant puisque, lors du premier procès, le jury n'avait pu s'entendre à l'unanimité sur la culpabilité du cardinal Pell. C’est bien pour cela que tout a été remis à plat et jugé en présence d’un nouveau jury.

Ils ont également souligné certaines faiblesses de la ligne de défense de l’avocat du Cardinal Pell appuyée sur l'« impossibilité » des agressions alléguées. Le juge Weinberg a fait remarquer que cela avait peut-être induit le jury en erreur en l'a amenant à répondre à une mauvaise question : l'abus sexuel était-il « possible » ? Telle ne devait pas être la question, a-t-il insisté. Le jury aurait dû prendre sa décision en tenant compte du fait que les procureurs doivent prouver leur cause « au-delà de tout doute raisonnable » et pas seulement démontrer que les événements étaient « tout à fait possibles » comme l'accusation l'avait soutenu.

Selon la Financial Review, le même juge a déclaré : « J'ai déjà dit dans des jugements que les jurys prennent presque toujours la décision qui convient, mais le mot important est “presque”. » Plus tard, il devait ajouter qu’« on a connu beaucoup de cas où le témoin avait semblé être véridique et crédible, mais où le verdict du jury avait été jugé douteux ».

D'autres sources ont fait remarquer que le cardinal Pell semblait s’être détendu au fur et à mesure des deux jours d'audience, prenant de nombreuses notes et « riant » à certaines plaisanteries des juges.
Le site pro-vie anglophone LifeSite a rapporté que des observateurs critiques du procès de Pell ont trouvé des similitudes frappantes entre le témoignage du principal plaignant et celui fait au cours d’une affaire qui avait été rapportée en détail par le magazine Rolling Stone il y a quelques années.

© Crédit photo : Steve Jalsevac, LifeSiteNews

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06 juin, 2019

Noa Pothoven, la jeune Néerlandaise violée qui s’est laissée mourir de soif (avec l’aide des médecins)


La mort de Noa Pothoven, 17 ans, a fait la une des journaux du monde entier au début de la semaine alors que la presse internationale décrivait l'« euthanasie » de la jeune Néerlandaise à Arnhem, Pays-Bas. Les réactions de choc ont été nombreuses, d'autant plus que sa mort, dimanche dernier, a été associée à de profondes souffrances psychologiques consécutives à des abus sexuels à 11 et 12 ans et à un double viol à l'âge de 14 ans. Il ne s'agissait pas d'une patiente atteinte d'un cancer en phase terminale qui ne supportait plus la douleur physique, mais d'une adolescente dynamique qui avait subi « un sort pire que la mort » quand elle n'était qu'une enfant, et dont la dépression l'avait finalement amenée à refuser la vie elle-même.
Ces réactions étaient saines. Mais l’histoire avait une faille : aucun « fact-checking », fût-il sommaire, n’avait été fait. Les médias « de référence »qui condamnent avec tant d'empressement les « fake news » ont répercuté l'information sans vérifier les sources néerlandaises qui étaient pourtant très claires sur la cause du décès de Noa : elle avait volontairement cessé de manger et de boire,  afin de mourir. Alors ? Il n'y a pas eu d'euthanasie...
Les gros médias ont rectifié leurs reportages, tandis que les agences de vérification ont évoqué des « reportages erronés ou exagérés » aussi bien dans les tabloïds ainsi que de « médias nationaux habituellement fiables », condamnant du même coup leur approche « sensationnaliste ». Certes, Noa Pothoven est morte, mais il n'était plus question d'euthanasie ni même de suicide assisté, donc, probablement, tout allait bien.
Ou non ?
Sa mort était-elle vraiment, au moins d'une certaine façon, « normale », et même « due à des causes naturelles » comme l'indique son certificat de décès ? Sa vie tragiquement abrégée ne soulève-t-elle pas les mêmes questions que l'euthanasie directe d'un mineur ? Mourir de faim avec l'aide de soignants médicaux vaudrait-il en quelque sorte « mieux » que de recevoir une injection mortelle ?
Jusqu'à l'âge de 11 ans, Noa Pothoven était une jeune fille joyeuse, intelligente et heureuse. Elève brillante, elle s'était intégrée sans effort au collège et avait un don pour l'écriture, son activité préférée.
Puis elle est allée à une fête à l'école, où elle a subi des attouchements de la part d’un homme. Un an plus tard, la même chose s'est produite lors d’une autre fête pour adolescents. Encore deux ans, et la jolie jeune fille blonde était violée par deux hommes quelque part à Arnhem. Elle ne l'a jamais dit à ses parents, « par peur et par honte ». Si elle a fini par signaler les faits à la police, plusieurs années plus tard, c’est sans déposer plainte, de peur d’avoir à reparler des actes qu’elle avait subis.

L'entretien de décembre 2018 est par là (en néerlandais)
« Je revis cette peur, cette douleur, tous les jours », a-t-elle dit à un intervieweur de télévision en décembre dernier, à l'âge de 16 ans. « J'ai toujours peur, je suis toujours sur mes gardes. Et encore aujourd'hui, mon corps est toujours sale. Ma maison, mon corps a été cambriolé, et cela ne pourra jamais être défait. »
Noa Pothoven est devenue déprimée et anorexique après les agressions. Elle avait des troubles du comportement et s'automutilait. Plusieurs tentatives de suicide ont suivi et, à un moment donné, elle a été hospitalisée dans un hôpital où elle a reçu une alimentation entérale pendant plusieurs mois et a même été placée dans le coma, en attendant une place dans un établissement psychiatrique spécialisé pour adolescents. Elle a été déplacée d'une clinique à l'autre, ne trouvant jamais le traitement qu'elle espérait pour la sauver de son désespoir.
Lisette et Frans Pothoven n'ont découvert le désir de mort de leur fille que lorsqu'ils sont tombés dans sa chambre sur une enveloppe remplie de lettres d'adieu à ses parents, sa famille et ses amis. Ils n’arrivaient pas à comprendre. « Noa est douce, belle, intelligente, sociable et toujours joyeuse. Comment peut-elle vouloir mourir ? », déclaré sa mère à un journaliste lors de cette même interview télévisée.
Ils n'ont appris les abus sexuels et les viols que leur fille avait subis que lorsque celle-ci avait 15 ans et avait déjà commencé à se priver de nourriture.
Entre-temps, les thérapeutes ont encouragé Noa à écrire sur ses pensées et ses sentiments. Ses écrits se sont transformés en livre, publié en décembre de l'année dernière, Gagner ou apprendre. Elle a expliqué qu'en écrivant, elle s’est rendu compte de plus en plus qu'elle ne voulait plus continuer à vivre. « Oui, l’idée s’est développée lentement », a-t-elle dit au journaliste : « Le sentiment que ce serait peut-être mieux si je n'étais plus là, parce qu'alors les autres ne seraient plus dérangés par moi et je ne le serais plus par moi-même. »
Lors de l'entretien, en décembre dernier, Noa Pothoven expliquait que tout cela l’avait conduite à une « trajectoire d'euthanasie ». On sait qu'elle s'est rendue à la Clinique de Fin de vie qui s'occupe des demandes d'euthanasie que les médecins ne veulent pas honorer ; elle a été refoulée parce qu'elle ne remplissait pas les conditions légales.
Elle s'est plainte de ce que l'euthanasie lui était refusée parce qu'elle était trop jeune : les médecins lui ont expliqué que le cerveau humain est encore en pleine maturation à l'adolescence et que ces demandes pour des raisons psychiatriques ne sont prises en compte qu'après les 21 ans du patient. « Ça m'a vraiment brisée : je ne peux pas attendre si longtemps », a-t-elle dit à la journaliste.
Son histoire se lit comme la chronique d'une mort annoncée. Non seulement Noa voulait mourir, mais le monde entier le savait grâce à son livre. Ce qu'elle avait omis ou craint de dire à sa famille, elle l'a finalement révélé à tous. Des journalistes et des lecteurs ont discuté de sa volonté de mourir. Elle n'a jamais obtenu l'aide et la guérison qu'elle avouait rechercher.
 Elle s'est plainte d'avoir été internée de force dans des établissements psychiatriques par des « personnes en robe de juge » qui lui donnaient l’impression d’être « presque comme une criminelle ».
Noa a-t-elle jamais bénéficié d'une aide spirituelle ? Elle ou ses parents croyaient-ils en une vie après la mort, ou en la justice ultime pour ceux qui souillent les jeunes ? Et ne faudrait-il pas parler d'une forme de complaisance malsaine de la part des médias à l'égard de sa souffrance tragique, suivie jusqu'à ce que, finalement, elle en meure ?
Sa mère, Lisette Pothoven, déclarait en décembre 2018 qu'elle espérait que le fait de rendre l'histoire publique aiderait à trouver une solution, se plaignant qu'il n'y ait pas une seule institution aux Pays-Bas où les besoins, tant psychologiques que physiques, de Noa seraient réellement pris en compte dans un milieu fermé. La jeune fille a été inscrite à plusieurs reprises sur des listes d'attente. Elle était prête à tout essayer, y compris le traitement par électrochocs, qui a finalement été refusé selon une source.
Ses parents espéraient que quelque chose changerait. Dans l'entretien télévisé de décembre 2018, Lisette Pothoven a reconnu avec tristesse que sa fille prenait la voie de choisir sa propre mort : « Nous sommes à son opposé à ce sujet. Nous, ses parents, voulons qu'elle choisisse le chemin de la vie. En réalité, Noa ne veut pas mourir du tout. Elle n'aspire qu'au repos. »
Noa était d'accord : « Oui, je veux me reposer. Je ne veux plus ressentir la douleur. »
On ne peut qu'imaginer comment, quand et pourquoi ses soignants et sa famille ont accepté quelques mois plus tard que la jeune fille « s'abstienne de manger et de boire pour accélérer la mort », comme on dit aux Pays-Bas. Les Pothoven, qui ont été submergés de demandes d'interviews et d'informations par les médias étrangers depuis la mort de leur fille dimanche dernier, ont supplié qu’on les laisse seuls pourqu’ils puissent vivre leur deuil dans la paix.
Ce qui est certain, c'est qu'elle est morte dans un lit d'hôpital installé dans le salon de ses parents, recevant des soins spécifiques pour ceux qui choisissent d'arrêter de vivre en s'abstenant de se nourrir pour mourir de soif et de dénutrition. Il s'agit d'une mort particulièrement horrible, mais elle est ouverte à tous ceux qui le souhaitent aux Pays-Bas, et les soignants sont tenus d'apporter leur aide pendant la procédure.
Remarquablement, cependant, les soignants qui ont des objections de conscience – qu’elles soient émotionnelles, morales ou religieuses – sont autorisés à prendre du recul pour laisser agir des personnes prêtes à « accompagner » une telle « mort choisie », à condition qu'elles donnent des soins en cas d'urgence quand personne d'autre n’est disponible.
Le fait même que l'objection de conscience soit possible dans cette situation montre qu'il ne s'agit pas d'une chose ordinaire et qu'elle soulève de graves questions morales.
En effet, selon les directives officielles de la KNMG (Association Royale des Médecins des Pays-Bas), « s'abstenir consciemment de manger et de boire » pour hâter la mort (ou dans le cas de Noa, pour la provoquer rapidement et directement) est « explicitement découragé » avant 60 ans lorsque le patient ne souffre pas d'une « maladie en phase terminale ».
Pour les personnes de plus de 60 ans, en revanche, cette exigence n'existe pas et toute personne peut demander de l'aide en vue de ce choix de fin de vie, sur le fondement de "l'autonomie du patient", l'idée étant que tout patients est en droit de refuser les traitement, les soins et les soins ordinaires comme ils le souhaitent. « C'est un choix que tout le monde a le droit de faire et peut faire », affirment les directives de la KNMG.
Ce document de 64 pages constitue une lecture intéressante et même terrifiante. Bien que les médecins et les autres soignants soient encouragés à dissuader les patients de choisir d'arrêter de recevoir nourriture et liquides et à rechercher des solutions qui les aideront à continuer à vivre, les directives suggèrent que la procédure peut être l’alternative proposée lorsque l'euthanasie est refusée.
Ils ajoutent que les patients souffrant de dépression ne devraient pas être empêchés, à ce titre, de choisir un tel décès parce qu'ils sont encore capables de prendre leurs propres décisions en connaissance de cause.
Aucune mention n'est toutefois faite des patients mineurs. Dans le cas de Noa Pothoven, il n'est pas clair si ses parents ont été amenés à signer les documents demandant la procédure pour leur fille mineure, mais ils étaient certainement d'accord avec elle. Sous quelle pression ? Et quel a été le rôle joué par la mentalité euthanasique qui s'est infiltrée si profondément dans la société néerlandaise ?
Les directives officielles prennent soin d'expliquer que le fait de « s'abstenir consciemment » de manger et de boire ne peut pas être considéré comme une euthanasie ou un suicide assisté, car le processus est lent et peut être arrêté si le patient décide que c'est trop difficile de tenir, ou qu'il décide de continuer à vivre malgré tout.
Mais ce sophisme est difficile à accepter. On est certainement face à une décision de mettre fin prématurément à une vie. Dans le cas d'une jeune fille anorexique et dépressive, le refus de manger est au cœur de sa maladie mentale et la responsabilité morale, si elle existe, est difficile à évaluer. Les proches peuvent être amenés à accepter la chose lorsqu'ils sont à bout de désespoir, à la recherche d'une aide qui n'arrive pas. Mais cela ne rend pas leur décision objectivement correcte.
D'autre part, la coopération active des médecins, des infirmières et des soignants est beaucoup plus discutable. Les directives de la KNMG les dégagent de toute responsabilité en assimilant la procédure au refus de la ventilation artificielle, de la chimiothérapie, des antibiotiques et d'autres types de traitement dont le retrait entraînerait finalement la mort. Cet argument repose sur la confusion entre traitement médical et soins ordinaires qui sont toujours dus au patient.
Un deuxième argument indique clairement que la procédure requiert de la part des soignants des actes qui ne sont pas en relation directe avec la « mort accélérée » du patient. C'est vrai. Soulager la douleur, prendre soin des symptômes si épouvantables de la mort par déshydratation, s'assurer que le patient n'est pas mal à l'aise et même de lui administrer une sédation palliative (aussi légèrement que possible quand cela devient nécessaire pour soulager la souffrance, affirment les directives) ne sont pas des actes qui provoquent le décès.
Mais il est difficile de ne pas les voir comme faisant partie du suicide, aussi lent soit-il. Cela revient certainement à ne pas aider une personne qui est en péril de mort. Mais l'idée est de tolérer une alternative à l'euthanasie et au suicide assisté, qui n'a pas tout à fait l’allure brutale de ces deux crimes objectifs.
Les directives de la KNMMG donnent de nombreux détails techniques sur les problèmes et les douleurs et souffrances spécifiques à le type de mort que Noa a choisi de provoquer. La soif terrible est l'un des symptômes, et plus le patient est jeune, plus elle est ressentie. L'insuffisance organique, la constipation, l'impossibilité d'uriner, l’affaiblissement des muscles ne sont que quelques-uns des effets de l'arrêt de boire et de manger.
Souvent, le délire s'installe. Les lignes directrices soulignent que dans leur confusion, les patients mourants commencent parfois à mendier de l'eau. Ils indiquent clairement qu'il est très important que les membres de la famille et les soignants ne cèdent pas à la supplication du patient, parce que celui-ci ne peut plus à ce moment-là exprimer valablement sa volonté consciente de boire et parce que le fait de donner des liquides empêcherait le décès que le patient souhaite.
 Les médecins sont encouragés à expliquer cela à leurs patients et à leur faire signer des formulaires précisant qu'à aucun moment ils ne doivent recevoir des liquides, même s'ils en font la demande lorsqu'ils sont jugés incapables d'exprimer leur volonté de façon valide.
Selon la même logique, la sédation palliative peut être appliquée sans le consentement du patient, bien que sa famille puisse être consultée à ce sujet.
Comment tout cela est-il censé être humain et « digne » ? En quoi une telle procédure n'est-elle pas une aide délibérée à mourir fournie à une personne vulnérable ?

Et qui donc pense à l'âme immortelle de Noa Pothoven ?




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Lu sur le blog de Bernard Antony : “Le grand mensonge de Poutine”

Voici un texte que je vous invite à découvrir à la suite des déclarations de Vladimir Poutine sur “le jour le plus long”, le Débarquement des Alliés sur les côtes normandes il y a 75 ans.


Le blog de Bernard Antony : Le grand mensonge de Poutine :

« Je comprends que bien des Russes soient de chaleureux partisans de la politique de Vladimir Poutine. Sur bien des plans, intérieurs et extérieurs, ce dernier a su redonner de la puissance, de l’ordre, de l’influence à son pays. Néanmoins, quand il rappelle hier à propos de la commémoration du débarquement allié en Normandie du 6 juin 1944 que le rôle essentiel dans la victoire sur le nazisme fut celui de l’URSS, cela relève de la désinformation historique qui constitue de plus en plus un des soubassements idéologiques du régime et du conditionnement non seulement de l’ensemble du peuple mais surtout de l’éducation de la jeunesse… »  Lire la suite ici.

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05 juin, 2019

Les évêques du Latium au secours de l'accueil des migrants

Le grand vaticaniste Aldo Maria Valli publie aujourd’hui sur son blog Duc in Altum la lettre des evêques du Latium donnée à lire publiquement à l’occasion des messes de la Pentecôte à tous les curés de leurs diocèses. Les dits évêques appellent à « l’accueil des migrants » en une démarche qui est objectivement à l’opposé de la politique migratoire du ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, et qui contredit le scepticisme d’une partie notable des Italiens face à la politique des portes ouvertes prônée notamment par le pape François.

Vous trouverez la traduction de cette lettre des évêques en dernière partie de cet article (ma traduction).

Aldo Maria Valli cite quelques commentaires de prêtres de Rome qu’il a interrogés à propos de cet appel : chez eux, constate-t-il, « le document suscite plus d’un motif de perplexité ». Et ce d’autant que l’un de ces prêtres affirme que le texte lui a été remis par son évêque avec la précision qu’il avait été reçu « l’approbation verbale » du pape.

Ce même prêtre a commenté : « En tant que prêtre ayant charge d’âmes, je trouve très difficile de le diffuser, car c'est un document à contenu politique et moi, le lisant devant les fidèles réunis pour la Sainte Messe, je me retrouverais au service d'un camp politique, alors que j’ai donné ma vie pour le Seigneur, non pour un parti. »

Un autre prêtre affirme ceci : « Pendant des années, nous avons été inondés de messages pontificaux et épiscopaux pour diverses journées nationales et internationales, semblables à celles proposées par l'ONU et assimilés. Que la Pentecôte soit réduite à une telle occasion, cela me semble inacceptable, d'autant plus que le message des évêques du Latium relève de l’instrumentalisation politique et qu’il est donc illégitime. »

Et voici l’avis d’un troisième : « La doctrine catholique a toujours enseigné qu'il existe un ordo amoris, un ordre à établir dans l'exercice de son propre amour. Un ordre que l’on peut résumer par l’expression “d'abord les voisins et ensuite les lointains”, comme tout père ou mère de famille le sait bien, appelés qu’ils sont à s'occuper d'abord de leurs enfants et ensuite, éventuellement, de ceux des autres. Le commandement évangélique de l'amour dit qu'il faut aimer tout le monde, mais comme il n'est pas possible d'aider tout le monde, il faut surtout pourvoir aux besoins de ceux qui nous sont le plus étroitement liés par Dieu, comme en témoigne la nature même de certaines relations, comme les relations familiales mais aussi celles qui relèvent de l’amitié, de la culture, de la nation. Le document des évêques du Latium apparaît au contraire comme vicié par une vision idéologique marquée par la démagogie. »

Et voici pour finir le texte intégral des évêques du Latium :
Chers fidèles des diocèses du Latium, nous voulons vous offrir quelques réflexions à l'occasion de la solennité de la Pentecôte qui nous montre l'icône de l'annonce à Jérusalem entendue en plusieurs langues ; voyons-la comme le signe de la rencontre pacifique et joyeuse entre les peuples qui rend actuelle l'invitation du Ressuscité à annoncer vie et amour.

Malheureusement, au cours des mois qui se sont écoulés, les tensions sociales sur nos territoires, liées à la croissance inquiétante de la pauvreté et des inégalités, ont atteint des niveaux préoccupants. Nous voulons être proches de tous ceux qui vivent dans la pauvreté : les jeunes, les personnes âgées, les familles, les handicapés, les handicapés mentaux, les chômeurs et les travailleurs précaires, victimes des nombreuses difficultés de notre temps.

 Nous savons bien qu’entre toutes ces formes de souffrance, il n'y a pas de différence : Italiens ou étrangers, tous souffrent de la même manière. C'est précisément à eux que va l'attention du cœur des croyants et – je vous en prie, croyez-le – de l'option fondamentale de nos préoccupations pastorales.

 Nous aimerions vous inviter à une prise de conscience renouvelée : chaque personne pauvre – de tout pays, culture, ethnie – est un enfant de Dieu. Les enfants, les jeunes, les familles, les personnes âgées à aider ne peuvent être distingués en vertu d'un « d’abord » ou d'un « ensuite » sur le fondement de leur appartenance nationale.

 A partir de certaines affirmations qui semblent être « à la mode », pourraient surgir des germes d'intolérance et de racisme que, en tant que disciples du Ressuscité, nous devons être capables de rejeter fermement. L’étranger est comme nous, il est un autre « nous » : l'autre est un don. Telle est la beauté de l'Evangile que Jésus nous a donné : ne laissons personne ébranler cette certitude de granit.

 Nous voulons donc vous inviter à continuer de suivre notre cheminement en communauté, comme croyants à la fois dans la prière et à travers le service, le témoignage d'une vertu qui a toujours caractérisé notre pays : l'accueil des autres, surtout quand ils sont dans le besoin. Essayons de vivre ainsi le défi de l'intégration que l'inéluctable phénomène de la migration place devant nos cœurs : ne nous laissons pas dominer par une « peur qui rend fou » comme le disait le Pape François, une peur qui ne saisit pas la réalité. Nous reconnaissons que le mal qui attaque notre sécurité vient en fait de toutes parts et doit être combattu par la collaboration de toutes les forces bonnes de la société, aussi bien italiennes qu’étrangères.

 Nos diocèses, à travers les centres d'écoute de Caritas, et bien d'autres réalisations concrètes de solidarité et de proximité, apportent leur contribution quotidienne pour soulager la situation des pauvres qui frappent à notre porte, en accueillant leurs difficultés. Tant de choses ont été faites, et il en est tant d'autres que nous voulons faire, pour que l'accueil soit vraiment la réponse à une situation complexe et non une solution de convenance (ou pire intéressée). Nous voulons que toutes nos communautés – dans un esprit de discernement –puissetn promouvoir une culture d'acceptation et d'intégration, rejetant les accents et les tons qui nient les droits fondamentaux de l'homme, reconnus par les accords internationaux et – surtout – issus de la Parole évangélique.

 Nous n'avons certainement pas l'intention de cacher la présence des nombreuses problématiques liées à la question de l'accueil des migrants, tout comme nous connaissons certaines institutions dont nous pensions qu’elles s'occupaient d'accueil, mais qui n'ont pas donné le témoignage qu’on était en droit d’espérer. Toutefois, nous tenons à souligner que lorsque les règles deviennent plus strictes et plus restrictives et que la reconnaissance des droits de l'homme est rendue plus complexe, on constate une augmentation exponentielle du nombre de situations difficiles, de la présence de clandestins, du nombre de personnes en détresse, a quoi s’ajoute le risque d'une augmentation des situations illégales et de l'insécurité sociale.

 C'est pourquoi, chers frères et sœurs, nous nous sentons le devoir de faire appel à vous tous pour que, dans nos communautés, la culture du déchet et du rejet n'ait aucun droit, mais qu'une « nouvelle » culture s'affirme, faite de rencontres, de recherche solidaire du bien commun, de sauvegarde des biens de la terre, de lutte partagée contre la pauvreté. Invoquons pour nous tous le don incessant de l'Esprit qui convertit nos cœurs pour les rendre soucieux de témoigner d'un accueil profondément évangélique et de la joie de la fraternité, fruit concret de la Pentecôte.

Les évêques du diocèse du Latium
9 juin 2019, solennité de la Pentecôte

Source : Accoglienza dei migranti. I vescovi del Lazio all’attacco – Aldo Maria Valli

© Jeanne Smits pour la traduction

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03 juin, 2019

Notre-Dame de Paris : la gargouille du démon mise en avant par la Monnaie de Paris


La Monnaie de Paris a mis en vente une médaille pour participer à l'effort de « Reconstruction de Notre Dame de Paris » : une mini-médaille de 34 mm vendue 8 €, dont 6 € seront reversés pour la restauration de la cathédrale frappée par un spectaculaire incendie le 15 avril, Lundi Saint.

A première vue, c'est le soulagement : Notre-Dame n'est pas affublée d'un toit porteur d'un « geste
d'art contemporain ». Et on peut même dire que de nombreux éléments de cette médaille d'argent sont particulièrement réussis, le revers notamment avec sa reproduction fidèle de la rosace nord.

Mais pourquoi cette gargouille à l'arrière-train léché par les flammes de l'enfer au premier plan, dominant l'édifice, la patte posée sur la tour nord, écrasant par sa taille le Christ en majesté du tympan ?

A vos interprétations !


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© leblogdejeannesmits



 
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