26 octobre, 2019

“La grande erreur a été d'amener les idoles dans l'église” : cardinal Gerhard Müller

Le cardinal Gerhard Müller a évoqué les « Pachamama » jetées dans le Tibre en les qualifiant d'« idoles ». S'exprimant vigoureusement lors d'un entretien avec Raymond Arroyo pour The World Over sur EWTN, il a déclaré que le fait d'« introduire ces idoles dans l'église était un péché grave, c'était un crime contre la loi divine  ».

Il s'agit des fameuses statuettes de femmes enceintes et nues qui ont été vues lors de diverses cérémonies organisées à Rome à l'occasion du synode sur l'Amazonie. D'aucuns – comme Austen Ivereigh, hagiographe du pape – ont soutenu qu'il s'agissait d'effigies de « Notre Dame de l'Amazonie ». Pour d'autres, comme Paolo Ruffini; préfet du dicastère de la communication, il s'agissait de symboles de la vie, de la maternité, de la Terre Mère – en gros, on avait fini par se mettre d'accord là-dessus à la table de la salle de presse du Vatican.

Cet après-midi, le pape François lui-même, en demandant « pardon » pour le jet des statuettes dans le Tibre par des catholiques excédés de voir les statuettes vénérés lors de cérémonies syncrétiques, les a clairement qualifiées de statues de Pachamama, l'effigie de la Terre Mère à laquelle des indigènes pré-colombiens vouaient un culte idolâtre.

Les propos du cardinal Müller ont été tenus avant cette intervention ahurissante du pape.

EWTN a en effet publié jeudi soir un court extrait du long entretien accordé par l'ancien Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi à son journaliste, qui lui demandait son sentiment à propos de l'enlèvement des statuettes païennes de l'église de Santa Maria del Traspontina, jetées par la suite dans le Tibre (et qui ont été repêchées depuis par la police romaine, aux dires de ses responsables).

« La grande erreur a été d'amener les idoles dans l'Église, et non pas de les en avoir ôtées,  car selon la Loi de Dieu lui-même – le Premier Commandement – l'idolâtrie est un péché grave, une violation criminelle de la loi divine, et on ne doit pas les mélanger avec la liturgie chrétienne. »

« Aller les prendre », a poursuivi le cardinal Müller, « peut être contraire à la loi humaine, mais amener les idoles dans l'Église était un péché grave, un crime contre la loi divine. Il y a une très profonde différence. »

Les anglophones pourront écouter l'échange ici :



Deux jours plus tôt, le cardinal avait fait une déclaration à Maike Hickson de LifeSiteNews (traduite ici sur ce blog). Il y déclarait sans ambages : « Dans quelle situation sommes-nous pour que même les évêques ne se rendent pas compte de ce que la frontière du vieux paganisme a été franchie ? »

Il ajoutait :

La distinction claire que fait saint Paul entre la foi en Dieu et le paganisme ne doit pas être contournée : parce que les gens « échangeaient la gloire du Dieu immortel contre des images ressemblant à un être humain mortel ou à des oiseaux ou à des animaux à quatre pieds ou à des reptiles....ils échangeaient la vérité sur Dieu contre un mensonge et adoraient et servaient la créature plutôt que le Créateur. » (Rom. 1:23 seq.)  
L’adoration de Dieu est la véritable théologie de la libération:  la libération de la peur, de l’effroi et de l’insécurité qui nous viennent du monde matériel et de nos frères les hommes. Et ce n’est qu’avec l’aide de l’Évangile et de la grâce du Christ qu’une culture peut développer son influence positive et se libérer de la puissance du mal.  
Objectivement, l’idolâtrie et la superstition sont les plus grands péchés de tous, basés sur une confusion entre le Créateur et la créature (Thomas d’Aquin, S. Th. II-II q. 94 a. 3.), qui ne peut être dépassés que par l’hérésie de ceux qui ont déjà reçu la vraie foi par la proclamation de l’Église, contrairement aux païens qui, sans leur propre faute, ne connaissent pas encore l’Evangile. 


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



25 octobre, 2019

« Dans ces rituels, il y a le diable, il y a de la magie. Notre Dame n'est pas la Pachamama » (Mgr Azcona, émérite de Marajó au Brésil)



C'est un évêque brézilien qui a mis en garde contre la vénération de la Pachamama, avant le synode sur l'Amazonie et pendant. Voici la traduction de ses propos répercutés par Infocatolica (d'après La Nuova Bussola Quotidiana). On ne savait pas encore que le pape François allait demander pardon pour le jet des Pachamama dans le Tibre…



« Dans ces rituels, il y a le diable, il y a de la magie. Notre Dame n'est pas la Pachamama, elle est la Vierge de Nazareth. C'est ce que Mgr José Luis Azcona Hermoso, évêque émérite de la Prélature de Marajó (Brésil), a dit dans une homélie prêchée dans la cathédrale de Belém. »

 Mgr Azcona a expliqué ce qui suit à propos des rites indigènes réalisés pendant le Synode :

« Ce qui se passe reflète négativement les principes théologiques et pastoraux présents dans l'Instrumentum laboris. Je veux parler de ce qui s'est passé et que beaucoup de frères ont vu et connaissent, mais pour lequel le discernement de l'Esprit Saint est nécessaire, celui que notre bien-aimé Pape François mentionne tant. Et nous devons distinguer qui vient du diable ou de l'esprit humain, de ce qui vient de l'Esprit Saint. Ce discernement est fondamental à l'appartenance à l'Église et beaucoup plus encore pour l'évangélisation. »

Mgr Azcona a fait allusion à une rencontre tenue à Brasilia par le REPAM [réseau ecclésial pan-amazonien], avant le Synode, en juin dernier, au cours de laquelle plusieurs « rituels indigènes avec invocations et prières, auxquels certains évêques ont également participé » ont eu lieu. Puis il a mentionné la cérémonie qui s'est tenue au Vatican.

« Ce sont des questions fondamentales et ici, en Amazonie, nous connaissons la signification de Macumba ou Candomblé,  des rites et des malédictions magiques, venant du nord-est du Brésil et de l'État de Bahia, qui sont fréquentes ici », a-t-il dit à la fin de son sermon, qui a duré plus de 45 minutes.

Dans son homélie, Mgr Azcona a affirmé que « ces célébrations dépendent des esprits qui y sont évoqués et il est évident qu'il s'agit de sorcellerie, dont la lettre de saint Paul aux Galates, au chapitre V, verset 29, nous avertit quand il dénonce le péché d'idolâtrie qui est incompatible avec l'Evangile et la mission ».

Mgr Azcona a également mis en garde contre le culte de la Pachamama et de la Terre Mère « qui a été vénérée au Vatican ». «  Ce sont des déesses comme Cybèle (dans l'Antiquité classique) ou comme la déesse Astarté adorée à Babylone : toutes deux expriment la fertilité des femmes. L'invocation des statuettes devant lesquelles même certains religieux se sont inclinés au Vatican (et je ne dis pas la congrégation à laquelle ils appartiennent...) est l'invocation d'une puissance mythique, la Terre Mère, à laquelle on demande des bénédictions pour l'humanité ou à qui on adresse des gestes de gratitude. Ce sont des sacrilèges démoniaques scandaleux, surtout pour les petits qui ne savent pas discerner », a-t-il ajouté.

Puis, en guise de conclusion, il a proclamé :

« La Terre Mère ne doit pas être adorée parce que tout, même la terre, est sous la domination de Jésus-Christ. Il n'est pas possible qu'il existe des esprits avec une puissance égale ou supérieure à celle de Notre Seigneur ou à celle de la Vierge Marie. »

Et, sous les applaudissements des fidèles, il a réitéré que « la Pachamama n'est pas et ne sera jamais la Vierge Marie. Dire que cette statue représente la Vierge est un mensonge. Elle n'est pas la dame de l'Amazonie parce que la seule dame de l'Amazonie est Marie de Nazareth. Ne faisons pas de mélanges syncrétiques. Tout cela est impossible : la Mère de Dieu est la Reine du Ciel et de la terre. »

© leblogdejeannesmits pour la traduction.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner


© leblogdejeannesmits



Paolo Ruffini, préfet du dicastère pour la communication, nie qu'il y ait eu “prosternation” devant les statuettes de Pachamama



Et voilà qu'ils nient ce qui est visible, ce qu'ils ont eux-mêmes diffusé !

Cet après-midi, Sandro Magister posait une question lors de la conférence de presse quotidienne pour les journalistes couvrant le synode sur l'Amazonie. S'adressant au panel réuni autour de Paolo Ruffini, préfet du dicastère pour la communication, il visait plus précisément Nicolau Nascimento de Paiva, de l'Eglise évangélique luthérienne du Brésil, l'interrogeant sur les accusations d'« idôlatrie » de la part de représentants des pentecôtistes et évangéliques de son pays à l'égard de l'Eglise catholique, après la diffusion des videos montrant comment des catholiques se sont prosternés devant des statuettes de femmes nues enceintes lors d'un rituel dans les jardins du Vatican.

Avant même que Nicolau Nascimento de Paiva ne pût répondre, Paolo Ruffini s'interposa :

« Il n'y a pas eu de rituel. Il n'y a pas eu de prosternation. Nous avons répété cela ici-même. Il nous faut être rigoureux lorsque nous évoquons ce qui s'est effectivement passé devant des caméras. Nous affirmons que cela n'a pas eu lieu. »
Nombre de journalistes présents ont applaudi.

Mais comme le montre la photo ci-dessus, et comme le montre le film entier de la cérémonie qui a eu lieu le 4 octobre dans les jardins du Vatican sous les yeux du pape François, il y a bien eu rituel, et il y a bien eu prosternation devant les figurines que le pape François lui-même qualifie désormais de « Pachamama » (comme on peut l'entendre dans la vidéo que j'ai mise en ligne ici).

A moins que, comme le remarque un internaute facétieux, tous les participants n'aient perdu leurs lentilles de contact en même temps ?

Sauf, hélas, qu'il n'y a pas de quoi rire. La cérémonie idolâtre est maintenant suivi d'un mensonge, un mensonge puéril, minable et en même temps énorme puisqu'il suffit de regarder et de voir ce que le service de presse du Vatican a lui-même mis en ligne !

Le geste s'est d'ailleurs reproduit, le samedi 5 octobre, lors de la veillée de prières pour le synode à Santa Maria in Traspontina, non plus dans un jardin, mais dans une église catholique en présence du Saint-Sacrement, comme on le voit ci-dessous :



Cette image est tirée du film de l'événement tourné par REPAM (réseau ecclésial pour la Pan-Amazonie), qui tire les ficelles du synode. Je l'ai mise en ligne le 10 octobre ici en racontant cette folle veillée. On voit bien, en visionnant cette vidéo, que la scène se passe exactement devant l'autel ; la prosternation a lieu vers la seconde 37.


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner


© leblogdejeannesmits



Le pape François demande pardon pour le vol des statuettes jetées dans le Tibre et annonce leur présence à la messe de clôture du synode sur l'Amazonie




Le pape François a pris la parole cet après-midi lors de la session de l'après-midi du synode sur l'Amazonie pour annoncer aux pères synodaux que la gendarmerie a retrouvé les statuettes de femmes nues enceintes jetées dans le Tibre. Il a demandé « pardon », non point aux catholiques choqués par leur présence dans un sanctuaire, une église où le sacrifice rédempteur du Christ est renouvelé à chaque messe, où elles n'ont évidemment rien à faire, mais à ceux qui avaient pu être offensés par le geste des catholiques qui les ont pris à Santa Maria in Traspontina.

Il a précisé qu'elles étaient sous la garde des « Carabinieri » romains. Et il l'a fait « en tant qu'évêque de Rome ».

« Dimanche, ces images seront dans la Basilique Saint-Pierre pour la messe de clôture du synode », a-t-il ajouté, rapporte Infovaticana.

L'information a été diffusée à l'origine par Xavier LN ﻥ
@LN_Xavier, directeur éditorial de l'agence I-media. Il écrit :



“Je demande pardon” à ceux qui ont été offensés par le vol et le jet dans le Tibre de statuettes amazoniennes, a déclaré le pape François dans l'aula du synode pour l'Amazonie le 25 octobre 2019, a constaté I.MEDIA. Ce vol étant survenu dans une église de Rome, il s'est exprimé “en tant qu'évêque de ce diocèse”.

Si les échanges du synode se déroulent à huis clos, les journalistes accrédités peuvent assister à la prière introduisant les séances. Ainsi, I.MEDIA était présent dans l’aula pour la prière du 25 octobre après-midi. A la fin de celle-ci, le pape François a pris la parole avant que les journalistes ne soient ressortis. 
Le successeur de Pierre a expliqué vouloir revenir sur le vol de statuettes amazoniennes survenu le 21 octobre dans une église de Rome proche du Vatican. Les statuettes ont ensuite été jetées dans le Tibre. “En tant qu’évêque de ce diocèse“, a déclaré le chef de l’Eglise catholique, “je demande pardon aux personnes qui ont été offensées“ par cet acte. 
Dans ses quelques mots, le Souverain pontife a tenu à souligner que ces statuettes de la Pachamama – nommée par le pape ­– avaient été exposées “sans intentions idolâtriques” dans l’église de Santa Maria in Traspontina – à seulement quelques dizaines de mètres du Vatican. Cet événement, a-t-il encore déploré, a causé une “clameur médiatique”. XLN

Où l'on voit que le pape François s'est arrangé pour prononcer ces paroles publiquement, c'est-à-dire avant que les journalistes ne quittent la salle.


On voit ci-dessus une vidéo du journaliste Joshua McElwee qui a filmé au moment de la demande de pardon; où l'on entend assez bien les propos du pape François qui en effet utilise le terme « Pachamama », sans pour autant s'en distancer me semble-t-il. A vérifier.

Que dire ?…

Mise à jour. Le P. Spadaro a confirmé : le pape a bien parlé de statuettes de Pachamama. Il a cité lez paroles du pape sur Twitter.


Autre mise à jour à 20:30 : On a un peu anticipé sur la présence des statuettes à Saint-Pierre de Rome, car selon la retranscription des propos du pape, il appartiendra au secrétaire d'Etat Piero Parolin de décider ce qui sera fait à la suite de cette demande formulée par le commandeur de la gendarmerie romaine. Lire (en anglais) ici.


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



24 octobre, 2019

Statuettes dans le Tibre, Pachamama et souvenirs de Lourdes




Une de perdue, dix de retrouvées. Les statuettes de femmes nues enceintes jetées dans le Tibre par des jeunes Romains qui leur reprochaient d'être des idoles placées de manière sacrilège et vénérées dans une église catholique, Santa Maria in Traspontina se vendent à la chaîne à Manaus. LifeSite a retrouvé et publié l'image ci-dessus qui en dit plus qu'un long discours. C'est de l'attrape-touristes, de l'artisanat local de même niveau que les masques de sorcier, les toucans et les perroquets multicolores et les cendriers décorés qui se bousculent sur les étals de la plus grosse ville de l'Amazonie brézilienne.

Un peu comme les statuettes de Vierges et de bidons en plastique « made in China » qui alimentent l'industrie du tourisme à Lourdes. A un détail près : ceux-ci sont dépourvus de valeur artistique, mais du moins n'ont-ils pas de connotation idolâtre.


On constate que pour le synode sur l'Amazonie, les statuettes ont été retouchées, agrémentées d'un fœtus bien visible, couleur sang. Pour le reste, tout est pareil, de la face prognathe aux peintures (rituelles ?), et à la position accroupie.

Voyez plutôt :



Cette position accroupie est celle de l'accouchement.

Je vous ai trouvé une belle image de symbole de la fertilité africain, certes contemporaine mais d'une autre qualité artistique que la Pachamama de pacotille ci-dessus. Vous allez voir l'idée : 



Vous en trouverez d'autres sur le site des galeries d'art primitif africain de Bruno Mignot.

Symbole de fertilité des religions primitives païennes, qui idôlatrent « les esprits ». Quels esprits ? Les démons (voir le Psaume 95 et les écrits de saint Paul).

Il y a aussi le symbolisme du canoë chez les peuplades amazoniennes – canoë utilisé pour le rite païen à Santa Maria in Traspontina et omniprésent dans les cérémonies indigènes organisées à Rome à l'occasion du synode sur l'Amazonie. Je vous le raconterai peut-être un jour. Ou peut-être pas. Il faut savoir rester décent.

Enfin, je réitère ma question : pourquoi n'a-t-on pas eu droit aussi à un symbole de la fertilité masculine – Pachapapa ?

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



23 octobre, 2019

Statuettes jetées dans le Tibre : mais où est donc Pachapapa ?

Il paraît que le fait de jeter des statuettes de femmes nues enceintes dans le Tibre après les avoir subtilisées à Santa Maria in Traspontina près de Saint-Pierre de Rome est un acte « raciste », « iconoclaste », témoignant d’un « abominable manque de respect » – comme l’ont dit le père LGBT-friendly James Martin, SJ, Andrea Tornielli et Austen Ivereigh, ces deux derniers étant respectivement directeur éditorial du nouveau dicastère pour la communication créé par le pape François et un journaliste britannique hagiographe d’icelui.
Quant à Paolo Ruffini, préfet du dicastère pour la communication, il avait déclaré la veille que les statuettes représentaient « la vie, la fertilité, la Terre mère. »
Sur les réseaux sociaux, on a même pu lire qu’il s’était agi d’une profanation.
Andrea Tornielli, dans son article publié par le site d’information officiel du Vatican, VaticanNews, ne va pas aussi loin, mais il pointe le caractère « intolérant » du geste, parlant d’une « effigie de la maternité et du caractère sacré de la vie ». Dénonçant donc les « nouveaux iconoclastes », il déplore le traitement réservé à « un symbole traditionnel pour les peuples indigènes qui représentent le lien avec notre “mère Terre”, telle que définie par saint François d’Assise dans son Cantique des créatures. »
Indigne télescopage : saint François s’adressait à une population chrétienne convaincue, dans un contexte parfaitement catholique, à une époque où le culte idolâtrique rendu à la Terre Mère par des indigènes d’Amérique du Sud n’était pas connu, et pour cause. La « Terre mère » des indigènes est une idole, et l’Eglise catholique a toujours déployé le plus grand soin à ne pas laisser s’installer la confusion entre les réalités catholiques et les pratiques des païens, ne gardant de celles-ci que ce qui pouvait être christianisé sans ambiguïté.
Cependant, je trouve que Martin, Tornielli, Ivereigh et les autres s’arrêtent vraiment trop vite en bon chemin. S’ils considèrent normal et salutaire d’avoir cette sorte de vénération pour une « effigie de la maternité et du caractère sacré de la vie », une représentation de la « fertilité » et de la « Terre mère », un égard qui justifie le fait de l'introduire dans un sanctuaire habité par la Présence réelle du Christ, quel est donc ce racisme, ce sexisme qui exclut la moitié de l’humanité : les hommes ?
Pourquoi ne penser qu’à Pachamama ? Pourquoi ne défendre que la présence de ces statuettes nues, symboles primitifs de fertilité, dans une église catholique ? Pourquoi n’a-t-on trouvé, à jeter dans le Tibre, que des statuettes de femmes à Santa Maria in Traspontina ? Comment se fait-il qu’il n’y ait pas eu aussi des effigies de la paternité et de la fertilité masculine ? Elles ne manquent pourtant pas dans les cultures primitives…
En un mot comme en cent : où est donc Pachapapa ?
-->


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner


© leblogdejeannesmits



Cardinal Müller : ils ne perçoivent plus qu'ils ont franchi la frontière du vieux paganisme au synode sur l'Amazonie

Le cardinal Gerhard Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, vient de déclarer que « la frontière du vieux paganisme » a été franchie lors du synode sur l'Amazonie. En un texte extrêmement vigoureux confié à LifeSiteNews, le cardinal allemand a justifié une forme de résistance à l'autorité en dénonçant les pressions qui s'exercent aujourd'hui contre ceux « qui pensent d'une manière orthodoxe et catholique ».

Le cardinal Müller réagit dans ce texte de manière très positive à un article publié récemment dans First Things par le Pr Douglas Farrow, Le synode sur l'Amazonie est un signe des temps (en anglais), qui dénonçait le 17 octobre dernier le « christianisme biodégradable » de notre temps. Il évoquait les « marxistes et les gramsciens qui gèrent ce synode », et, reprenant les critiques du cardinal Müller à propos de l'Instrumentum laboris, allait aussi plus loin en parlant de la maxime « la grâce suppose la culture » (et non : « la grâce présuppose la nature ») qui est selon lui à l'œuvre.

Douglas Farrow écrit : « Le kairos, la culture de la rencontre acclamés lors du synode pan-amazonien sont un kairos et une culture bergogliens. L'Eglise “appelée à être toujours plus synodale”, à “devenir chair” et à “s'incarner” dans les cultures existantes, est une église bergoglienne. Et cette église, sans vouloir trop insister, n'est pas l'Eglise catholique. C'est une fausse église. C'est une église qui s'auto-divinise. C'est une église anti-christique, un succédané du Verbe incarné à qui l'Eglise catholique appartient en réalité et à qui elle doit toujours, comme l'affirme fortement le cardinal Müller, si elle doit être l'Eglise. »

Il poursuit : « Alors, où en sommes-nous? Cela nous place, pour parler très franchement, devant la question de savoir comment la vraie Eglise et la fausse peuvent avoir le même pontife, et ce qu'il faut faire à ce propos. D'autres soulèvent cette question à leur propre façon. C'est une question très inconfortable, que ce soit pour l'humble laïc ou pour le clerc exalté, contre lesquels l'Instrumentum laboris tire à vue s'ils donnent le moindre signe de pétrification. J'ai tendance à croire que la question est très inconfortable pour le pontife lui-même, qui détient la charge de Pierre tout en l'utilisant pour attaquer la “pétrification”. Mais c'est bien la question soulevée par le synode sur l'Amazonie, qui est bien en effet un signe des temps. »

D'aucuns en ont conclu que Farrow est devenu « anti-papiste » ou « sédévacantiste », ce qui est contredit par ce dernier paragraphe. Cet écueil-là, il faut l'éviter tout en restant fermement accroché à la vérité.

C'est, me semble-t-il, le sens de la forte déclaration du cardinal Müller à Maike Hickson pour LifeSiteNews. Je vous en propose ci-dessous ma traduction non-officielle.

*

Déclaration du cardinal Gerhard Müller à LifeSite, le 22 octobre 2019


C’est un article très pertinent. Ici [à Rome], on n’entend rien. Rien ne filtre, si ce n’est qu’une pression immense s’exerce sur ceux qui pensent d’une manière orthodoxe et catholique. Dans quelle situation sommes-nous pour que même les évêques ne se rendent pas compte de ce que la frontière du vieux paganisme a été franchie. C’est là que l’on retrouve les vrais « conservateurs » ou les « archi-réactionnaires », ceux qui interprètent ces termes dans le sens exact du Christ qui est la fraîche nouveauté de Dieu, celle qui ne peut être dépassée. 
Par exemple, du temps de saint Irénée de Lyon et aussi avant – saint Irénée qui nous a donné ses cinq livres Contre les hérésies qui sont aujourd’hui encore très pertinents – certains se sont laissés « à tort captiver par la soi-disant Gnose. Ceux qui l’ont professé se sont égarés et se sont éloignés du chemin de la foi » (1 Tm 6, 21). Irénée avait auparavant passé quelque temps à Rome et y avait combattu les hérésies gnostiques chrétiennes. Au IIe siècle, il est le plus important défenseur de la primauté romaine, mais cela ne l’a pas empêché d’appeler personnellement les papes Eleuthère et Victor Ier à choisir des approches plus sages et plus justes. 
L’homme est tenu d’obéir intérieurement et extérieurement à Dieu seul, alors que l’obéissance aux supérieurs ecclésiaux et civils est conditionnée par rapport à leur propre autorité sur la communauté qu’ils dirigent et dont ils seront tenus responsables devant Dieu. C’est pourquoi il peut être nécessaire en conscience de refuser d’obéir à un ordre concret, sans remettre en cause l’institution des supérieurs ecclésiaux (Thomas d’Aquin, S. Th. II-II q. 104 a. 5). Quand saint Paul a frontalement résisté à Saint-Pierre – qui était clairement son supérieur hiérarchique –  il ne s’agissait pas d’une correction fraternelle relevant du domaine privé, mais plutôt d’une défense publique de la foi dans sa plénitude et à la lumière de ses conséquences intérieures et extérieures. Puisque, en matière de défense de la foi, tous les apôtres et les évêques ont les mêmes responsabilités, saint Paul lui-même pouvait, en tant qu’apôtre, corriger publiquement l’apôtre saint Pierre sur un pied d’égalité, sans remettre en question la charge qui lui avait été confiée par Christ. (Thomas d’Aquin, S. Th. II-II q. 33 a. 4) 
« Se croire en tout point meilleur que son supérieur semble bien venir d’un orgueil présomptueux. Mais penser qu’on l’emporte sur un point n’a rien de présomptueux, parce qu’en cette vie personne n’est sans défauts. Et il faut bien remarquer aussi que celui qui avertit charitablement son supérieur ne s’estime pas pour autant meilleur que lui ; mais il rend service à celui qui “court un péril d’autant plus grand qu’il occupe un rang plus élevé ”, comme le dit S. Augustin (Epître 211) » (voir Ibid, II-II q.33 a.4 ad 4). 
Disons seulement cela de la mode actuelle chez les ignorants qui consiste à diviser l’Église en deux camps – les ennemis du Pape et les amis du Pape – comme si la relation personnelle-privée avec un Pape particulier était le fondement de la primauté romaine quant à la doctrine de la foi et de la morale, et étant donnée la communiun hiérarchique des évêques avec le Pape. 
La papauté est de droit divin et n’est donc pas fondée sur le nombre de followers sur Facebook ni sur l’approbation inconstante des journalistes et opportunistes. 
La distinction claire que fait saint Paul entre la foi en Dieu et le paganisme ne doit pas être contournée : parce que les gens "échangeaient la gloire du Dieu immortel contre des images ressemblant à un être humain mortel ou à des oiseaux ou à des animaux à quatre pieds ou à des reptiles....ils échangeaient la vérité sur Dieu contre un mensonge et adoraient et servaient la créature plutôt que le Créateur." (Rom. 1:23 seq.) 
L’adoration de Dieu est la véritable théologie de la libération:: la libération de la peur, de l’effroi et de l’insécurité qui nous viennent du monde matériel et de nos frères les hommes. Et ce n’est qu’avec l’aide de l’Évangile et de la grâce du Christ qu’une culture peut développer son influence positive et se libérer de la puissance du mal. 
Objectivement, l’idolâtrie et la superstition sont les plus grands péchés de tous, basés sur une confusion entre le Créateur et la créature (Thomas d’Aquin, S. Th. II-II q. 94 a. 3.), qui ne peut être dépassés que par l’hérésie de ceux qui ont déjà reçu la vraie foi par la proclamation de l’Église, contrairement aux païens qui, sans leur propre faute, ne connaissent pas encore l’Evangile. 
Sur la tombe de saint Pierre, la religion catholique doit toujours rayonner la vérité et la clarté, car cet apôtre [Pierre], en ses disciples (ensemble avec tous les évêques et les fidèles), répond à la question : « Qui pense-tu-que je suis ? » : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » (Mt 16, 16). Et cela ne lui a pas été donné à partir d’un dialogue avec des gens du même avis, ou avec lui-même, mais plutôt par la Révélation du Père par le Fils. La Fides Petri [la Foi de Pierre] est le fondement de l’Église catholique. La Profession de Foi ne doit pas être sans cesse réinventée, adaptée à souhait ou réinterprétée comme cela semble nécessaire. La foi est la puissance de la Parole de Dieu dans le cœur de l’Église et n’est donc pas le fossile d’une pensée humaine obsolète. La Révélation est éternellement présente dans le Christ dans toute sa plénitude dans la Foi de l’Église. Nous ne pouvons pas épuiser cette source, jusqu’à ce qu’Il revienne à la fin des temps. Mais nous ne devons pas non plus vouloir l’améliorer par des corrections humaines supposées nécessaires. Ce serait la pire pollution environnementale, qui rendrait notre planète inhabitable. Si le Verbe incarné, qui était avec Dieu et est Dieu, n’habitait plus parmi nous et en nous, où y aurait-il encore de la place pour nous ?
© leblogdejeannesmits pour la traduction.
© Olivier Figueras pour la photo.





• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner





© leblogdejeannesmits



22 octobre, 2019

A propos du Pacte des catacombes, un texte à lire chez benoit-et-moi et les commentaires de Roberto de Mattei



























Benoit-et-moi republie fort opportunément sa traduction d'un excellent texte du P. Scalese qui en 2016 commentait le premier Pacte des catacombes et l'idéologie marxiste qui le sous-tend ; c'est à lire ici.

De son côté Roberto de Mattei fait le lien entre Vatican II, le premier Pacte des catacombes et le nouveau qui vient d'être signé à Rome. Pour les italianophones, l'analyse du Pr de Mattei est par ici. Pour les anglophones, elle est par là.


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



21 octobre, 2019

Les idoles Pachamama du synode sur l'Amazonie jetées dans le Tibre !



Des personnes non identifiées ont pénétré ce matin dans l'église Santa Maria in Traspontina pour y récupérer plusieurs exemplaires de la statuette d'une femme nue enceinte au centre de cérémonies païennes aussi bien dans ce sanctuaire que dans les jardins du Vatican le 4 octobre (voir ici et ici).

Elles se sont ensuite rendues à pied au Pont Sant'Angelo pour y jeter les statuettes dans le Tibre.

A ce jour, personne n'a été capable à la Salle de Presse du Vatican de donner des explications sur ces figurines, dont certains affirment qu'elles représentent « Notre Dame de l'Amazonie », d'autres déclarant qu'ils pensent à titre personnel qu'il s'agit simplement d'une représentation de la femme donneuse de vie. A première vue, et compte tenu du rituel indigène clairement identifiable du « Pago a la tierra » (paiement à la terre) dont elles ont été honorées à plusieurs reprises, il s'agit de représentations de la Pachamama, la « Terre Mère » dont on parle sans détour au Synode sur l'Amazonie.

L'objectif affiché des personnes qui ont jeté les statuettes dans le Tibre était de mettre fin au scandale de la présence d'idoles et du culte qui leur a été rendu.

Car même si les statuettes représentaient, fort laidement et de manière scandaleuse, la Vierge Marie, celle-ci n'est pas Dieu et un catholique ne se prosterne pas devant elle.

Le film des événements est ci-dessous :




• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner


© leblogdejeannesmits



20 octobre, 2019

Un nouveau Pacte des Catacombes au Synode sur l’Amazonie, pour la reconnaissance des spiritualités indigènes et la “Maison Commune”



Le voici donc, là où on ne l'attendait pas forcément, le moment crucial, le point névralgique du synode sur l'Amazonie, en un événement qui a certainement été préparé bien avant l'arrivée des pères synodaux à Rome. Une quarantaine  d’évêques se sont réunis ce dimanche matin 20 octobre dans les Catacombes de Sainte Domitille, pour signer ensemble un nouveau serment pour un nouveau « Pacte des Catacombes ». Il y avait deux cardinaux : le cardinal Claudio Hummes et le cardinal Pedro Barreto, le premier ayant présidé la messe concélébrée et prononcé l'homélie.
L'importance symbolique de cet événement est immense, et elle est multiforme. Le plus spectaculaire réside dans la présence d’évêques et de nombreux pères synodaux, mais aussi  d’auditeurs et auditrices, experts au synode, ainsi que de représentants d’« Amazonia Casa Comun », l'organisme et qui organise des cérémonies païennes depuis les jardins du Vatican jusqu’à Santa Maria in Traspontina et ailleurs en promenant des statuettes de femmes indigènes nues et enceintes vénérées comme des idoles puisque les célébrants se prosternent devant elles, face contre terre.
Mais le plus inquiétant est le texte du pacte, qui reprend de nombreux éléments de l’Instrumentum Laboris du synode dont plusieurs cardinaux ont relevé le caractère hérétique et apostat, réclamant non seulement une attention préférentielle pour les pauvres, désormais représentés par les peuples autochtones d'Amazonie, mais leur droit à leur spiritualité traditionnelle et leur implication dans toutes les décisions ecclésiales de leur région.
L'élément panthéiste est présent dans l'affirmation d'une « écologie intégrale, dans laquelle tout est interconnecté, la race humaine et toute la création, car tous les êtres sont filles et fils de la terre ».
Bien entendu, ils réclament comme au synode la reconnaissance de nouvelles formes de ministères, en particulier le diaconat des femmes qui doivent être reconnues comme leaders religieux de leur communautés le cas échéant.
Mais la symbolique va beaucoup plus loin. Les 40 évêques d'aujourd'hui font écho aux 40 évêques qui en 1965, à l'appel du théologien de la libération Dom Helder Câmara, signaient le Pacte des Catacombes à l'issue d'une messe célébrée dans le même lieu, une chapelle des Catacombes de Domitille.
La source hispanophone d'informations religieuses, média progressiste qui a eu la primeur de cette information, Religion Digital, affirme que ce 20 octobre 2019 pourrait devenir, à l'instar du 16 novembre 1965, une « date historique » de la construction d'une « Eglise pauvre pour les pauvres », une Eglise désormais dotée d’un « visage amazonien, pauvres et servantes, prophétique et samaritaine ».
Le cardinal Hummes a d'ailleurs célébré avec l’étole de Dom Helder Câmara, tandis que Mgr Adriano Ciocca portait son aube. Mgr Ciocca est évêque de São Felix do Araguaia, ancien siège épiscopal de Mgr Pedro Casaldaliga « qui fut l'un de ceux qui mirent en œuvre le Pacte de la manière la plus extrême ». Il est aussi celui auquel on fait référence à propos de l'anneau noir de tucum qui apparaît encore et encore autour de ce synode.
À propos de la « mafia de l’anneau » j'écrivais sur ce blog il y a deux jours qu'on le voyait au doigt non seulement de Leonardo Boff mais aussi d'un laïc qui, accompagné de sa guitare et d'un chœur de dames chevrotantes chantait, sans doute le 14 octobre, en honneur des « martyrs » de l'Amazonie, à Santa Maria in Traspontina, devant l’image d’une Indienne d’Amazonie allaitant un petit cochon sauvage. Au début du clip mis en ligne sur YouTube, on voyait précisément des images des Catacombes de Sainte Domitille. Et les paroles annonçaient en réalité la couleur :
« Je me suis souvenu de toi, Domitille… Après le Concile, on se retrouva
pour marcher avec les pauvres et Jésus… Nous revenons ici pour nous racheter en Amazonie…
« Nous faisons tous le Pacte sur ces tombes à la lumière des martyrs de la Foi. »

Ce même chant a été chanté au moment de la signature du Pacte sur l'autel où la messe venait d'être célébrée : video mise en ligne ici par les Jésuites de Bolivie.
Tout était donc prévu.
Je répète ce que j'écrivais vendredi : le Pacte des Catacombes, c'était la théologie de la Libération, le serment d'en finir avec les signes extérieurs de richesse, les métaux précieux, les honneurs accordés aux prélats (et l'ouverture aux ornements en polyester). Bergoglio était trop jeune pour faire partie des signataires d'origine, mais le Pacte le définit et c'est ce Pacte qui est à l'œuvre aujourd'hui à Rome avec ce synode dont le lien codé semble bien être l'anneau tucum.
Il vient simplement d'être mis à jour.
Voici le texte intégral du Pacte des Catacombes pour la Maison commune, dont je vous propose ma traduction non officielle. – J.S.
*

 Pacte des Catacombes pour la Maison Commune

Pour une Église au visage amazonien, pauvre et servante, prophétique et samaritaine
 Nous, participants au Synode pan-amazonien, partageons la joie de vivre parmi de nombreux peuples indigènes, quilombolas, riverains, migrants, communautés à la périphérie des villes de cet immense territoire de la planète. Avec eux, nous avons fait l'expérience de la puissance de l'Evangile qui agit dans les petits. La rencontre avec ces peuples nous interpelle et nous invite à une vie plus simple, faite de partage et de gratuité. Inspirés par l'écoute de leurs cris et de leurs larmes, nous accueillons chaleureusement les paroles du Pape François :
« Beaucoup de frères et sœurs en Amazonie portent de lourdes croix et attendent la consolation libératrice de l'Evangile, la caresse aimante de l'Eglise. Pour eux, avec eux, marchons ensemble. »
Nous nous souvenons avec gratitude des évêques qui, dans les Catacombes de Saine Domitille, à la fin du Concile Vatican II, ont signé l'Alliance pour une Église servante et pauvre. Nous nous souvenons avec révérence de tous les martyrs, membres des communautés ecclésiales de base, des mouvements pastoraux et populaires, leaders indigènes, missionnaires, laïcs, prêtres et évêques, qui ont versé leur sang à cause de cette option pour les pauvres, pour défendre la vie et lutter pour la sauvegarde de notre Maison commune. À notre gratitude pour leur héroïsme, nous joignons notre détermination à poursuivre leur lutte avec fermeté et courage. C'est un sentiment d'urgence qui s'impose face aux agressions qui dévastent aujourd'hui le territoire amazonien, menacé par la violence d'un système économique prédateur et consumériste.
Devant la Très Sainte Trinité, nos Églises particulières, les Églises particulières, les Églises d'Amérique latine et des Caraïbes et celles qui sont solidaires en Afrique, en Asie, en Océanie, en Europe et dans le Nord du continent américain, aux pieds des apôtres Pierre et Paul et de la multitude des martyrs de Rome, d'Amérique latine et surtout de notre Amazonie, en profonde communion avec le successeur de Pierre, nous invoquons le Saint Esprit et engageons-nous personnellement et collectivement à ce qui suit :

1. Assumer, face à la menace extrême du réchauffement climatique et de l'épuisement des ressources naturelles, l'engagement de défendre la forêt amazonienne sur nos territoires et dans nos attitudes. C'est d'elle que provient la largesse de l'eau pour une grande partie du territoire sud-américain, la contribution au cycle du carbone et la régulation du climat mondial, une biodiversité inestimable et une riche diversité sociale pour l'humanité et toute la Terre.
2. Reconnaître que nous ne sommes pas maîtres de la terre mère, mais ses fils et ses filles, formés de la poussière de la terre (Gn 2, 7-8), hôtes et pèlerins (1 P 1, 17b et 1 P 2, 11), appelés à être ses gardiens zélés (Gn 1, 26). C'est pourquoi nous nous engageons en faveur d'une écologie intégrale, dans laquelle tout est interconnecté, la race humaine et toute la création, car tous les êtres sont filles et fils de la terre et l'Esprit de Dieu flotte sur eux (Genèse 1:2).
3.      Accepter et renouveler chaque jour l'alliance de Dieu avec toute la création : « Et moi, je vais établir mon alliance avec vous et avec votre postérité après vous, avec tous les êtres vivants qui sont avec vous, oiseaux, animaux domestiques et toutes les bêtes de la terre avec vous, depuis tous ceux qui sont sortis de l'arche Jusqu'à toute bête de la terre. » (Gen 9, 9-10 ; Gen 9, 12-17).
4.      Renouveler dans nos Églises l'option préférentielle pour les pauvres, en particulier pour les peuples autochtones, et garantir avec eux leur droit d'être protagonistes dans la société et dans l'Église. À les aider à préserver leurs terres, leurs cultures, leurs langues, leurs histoires, leurs identités et leurs spiritualités. Prendre conscience qu'ils doivent être respectés localement et globalement et, par conséquent, encourager, par tous les moyens à notre disposition, à ce qu'ils soient accueillis sur un pied d'égalité dans le concert mondial des autres peuples et cultures.
5.      Abandonner, par conséquent, dans nos paroisses, diocèses et groupes, toutes sortes de mentalités et de positions colonialistes, accueillant et valorisant la diversité culturelle, ethnique et linguistique dans un dialogue respectueux avec toutes les traditions spirituelles.
6.      Dénoncer toutes les formes de violence et d'agression contre l'autonomie et les droits des peuples autochtones, leur identité, leurs territoires et leurs modes de vie.
7.      Annoncer la nouveauté libératrice de l'Évangile de Jésus-Christ, en accueillant l'autre, le différent, comme ce fut le cas avec Pierre dans la maison de Corneille : «  Vous savez combien il est illicite pour un Juif d'avoir contact avec un étranger ou de l'approcher; mais Dieu m'a montré qu'il ne faut dire d'aucun homme qu'il est souillé ou impur. »(Actes 10:28).
8.      Marcher de manière œcuménique avec d'autres communautés chrétiennes par l'annonce inculturée et libératrice de l'Evangile, et avec d'autres religions et personnes de bonne volonté, en solidarité avec les peuples autochtones, les pauvres et les petits, pour la défense de leurs droits et la préservation de la Maison commune.
9.      Etablir dans nos Eglises particulières une forme de vie synodale où les représentants des peuples autochtones, missionnaires, laïcs, en raison de leur baptême et en communion avec leurs pasteurs, ont une voix et votent dans les assemblées diocésaines, dans les conseils pastoraux et paroissiaux, bref, dans tout ce qui les concerne dans le gouvernement des communautés.
10.     Nous engager à la reconnaissance urgente des ministères ecclésiaux déjà existants dans les communautés, réalisés par des agents pastoraux, des catéchistes indigènes, des femmes et des hommes ministres de la Parole, en valorisant particulièrement leur attention aux plus vulnérables et aux exclus.
11.     Rendre effectif dans les communautés qui nous ont été confiées le passage d'une pastorale de la visite à une pastorale de la présence, en assurant que le droit à la Table de la Parole et à la Table de l'Eucharistie soit rendu effectif dans toutes les communautés.
12.     Reconnaître les services et la diaconie véritable du grand nombre de femmes qui dirigent aujourd'hui des communautés en Amazonie et chercher à les consolider avec un ministère propre des femmes dirigeant des communautés.
13.     Rechercher de nouvelles formes d'action pastorale dans les villes où nous opérons, avec le protagonisme des laïcs et des jeunes, en prêtant attention à leurs périphéries et aux migrants, travailleurs et chômeurs, étudiants, éducateurs, chercheurs, et au monde de la culture et de la communication.
14.     Adopter face à l'avalanche du consumérisme avec un style de vie joyeusement sobre, simple et solidaire de ceux qui n'ont que peu ou rien ; réduire la production de déchets et l'utilisation des plastiques, favoriser la production et la commercialisation de produits agro-écologiques et utiliser les transports publics autant que possible.
15.     Soutenir ceux qui sont persécutés à cause de leur service prophétique de dénonciation et de réparation des injustices, de défense de la terre et des droits des petits, d'accueil et de soutien aux migrants et aux réfugiés. Cultiver de vraies amitiés avec les pauvres, visiter les plus simples et les plus malades, exercer le ministère de l'écoute, de la consolation et du soutien qui encouragent et renouvellent l'espérance.
 Conscients de nos faiblesses, de notre pauvreté et de notre petitesse face à de si grands et si graves défis, nous nous confions à la prière de l'Église. Que nos communautés ecclésiales, avant tout, nous aident par leur intercession, leur affection dans le Seigneur et, si nécessaire, par la charité de la correction fraternelle.
Nous accueillons avec un cœur ouvert l'invitation du Cardinal Hummes à nous laisser guider par l'Esprit Saint en ces jours du Synode et lors de notre retour dans nos églises :
« Laissez-vous envelopper dans le manteau de la Mère de Dieu et de la Reine de l'Amazonie. Ne nous laissons pas vaincre par l'autoréférencialité, mais par la miséricorde face au cri des pauvres et de la terre. Il faudra beaucoup de prière, de méditation et de discernement, ainsi qu'une pratique concrète de la communion ecclésiale et de l'esprit synodal. Ce synode est comme une table que Dieu a préparée pour ses pauvres et il nous demande d'être ceux qui servent à table. »
Nous célébrons cette Eucharistie d'alliance comme « un acte d'amour cosmique ». « Oui, cosmique ! Car même lorsqu'elle a lieu sur le petit autel d'une église de village, l'Eucharistie est toujours célébrée, d'une certaine manière, sur l'autel du monde. » L'Eucharistie unit le ciel et la terre, embrasse et pénètre toute la création. Le monde qui sort des mains de Dieu Lui revient dans une adoration heureuse et pleine : dans le Pain eucharistique « la création tend à la divinisation, aux saints noces, à l'unification avec le même Créateur ». « C'est pourquoi l'Eucharistie est aussi une source de lumière et de motivation pour nos préoccupations environnementales, et nous conduit à être les gardiens de toute la création. »
Catacombes de Sainte Domitille
Rome, le 20 octobre 2019
©leblogdejeannesmits pour la traduction.
Le texte intégral du Pacte a été publié par Religion Digital ce matin, information aussitôt reprise et commentée par Infovaticana, qui a souligné le caractère « marxiste » du langage employé.


Voulez-vous soutenir matériellement ce blog ? C'est désormais possible !


Ce blog est d'accès gratuit ; son objectif est de toucher le plus grand nombre de personnes possible. La très grande majorité des textes et traductions publiés ici le sont de manière bénévole. Pour pouvoir maintenir, voire améliorer le rythme des parutions – puisqu'écrire est mon métier, et que je fais ici un travail non rémunéré de « bloggeur professionnel » – votre aide financière serait précieuse. D'avance grand merci à ceux d'entre vous qui verseront une libre participation via ce lien (facture adressée par mail sur simple demande ; contactez-moi via les commentaires si vous souhaitez contribuer et ne disposez pas de PayPal) :



• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



-->

 
[]