10 juillet, 2019

Vincent Lambert : les déplorables déclarations de Mgr Vincenzo Paglia de l'Académie pontificale pour la vie (sic)

Il aurait mieux fait de se taire. Mgr Vincenzo Paglia a choisi cette heure dramatique où Vincent Lambert agonise depuis huit jours dans son lit d'hôpital, sans eau et sans alimentation, avec la mort pour seul horizon puisque ses organes ont été irrémédiablement atteints par cet assoiffement délibéré, pour faire une déclaration des plus affligeantes. Lui, le président de l'Académie pontificale pour la vie nouvelle manière, ne trouve à déplorer que le « conflit ».

Voici ma traduction rapide des propos qu'il a publiés aujourd'hui dans Famiglia christiana. J'y ajoute quelques commentaires entre crochets, en gras et italique.


Vendredi 28 juin, la Cour de cassation française s'est prononcée contre l'interdiction de suspendre l'alimentation artificielle et l'hydratation de Vincent Lambert. Une interdiction décidée par la cour d'appel à la demande du Comité international des droits des personnes handicapées (CIDPH) des Nations unies, interrogé par les avocats des parents du patient. Les tracas liés aux ordres et contre-ordres des organes judiciaires faisant autorité indiquent clairement la difficulté de la situation.
[Comme si la situation était « difficile ». Comme s'il n'avait pas compris que Vincent Lambert n'est pas en fin de vie, sinon par la volonté de médecins qui veulent sa mort. Comme si les différentes décisions judiciaires.]
Le drame de Vincent Lambert a pris une résonance médiatique et une signification symbolique qui dépasse la singularité de sa situation. De multiples niveaux y sont entrelacés : familial, médical, juridique, politique et médiatique. Tout cela rend très délicate la formulation d'un jugement éthique, notamment parce que les données cliniques sont très complexes et ne sont pas directement accessibles dans tous leurs détails.
[Même remarque. Sur le plan éthique, l'affaire n'est justement pas complexe, du moins pour un moraliste catholique qui peut d'ailleurs se référer aux textes on ne peut plus clairs de Jean-Paul II sur l'alimentation et l'hydratation, soins ordinaires toujours dus aux malades sauf quand ils n'atteignent pas leur but et les font souffrir.] 
LES EVÊQUES FRANÇAIS
Pour sa part, la Conférence des évêques de France a souligné qu’elle n'avait pas compétence pour s'exprimer sur le cas concret, évitant de se substituer à la conscience de ceux qui sont responsables de la décision, mais apportant plutôt sa propre contribution pour éclairer la voie menant au jugement.
Elle s’est donc limitée à quelques considérations générales, sans prétendre s’impliquer dans l’appréciation du cas d'espèce, notamment en raison de l'impossibilité de disposer de toutes les informations nécessaires.
 [Oui, hormis de notables exceptions, on avait remarqué ce comportement cauteleux.]
Le douloureux conflit familial autour de l’hypothèse de la suspension de l’alimentation et de l’hydratation artificielles, puisque qu’il est exclu d’accéder à la connaissance de la volonté du patient est exclu – élément essentiel pour évaluer la proportionnalité du traitement – a conduit à une impasse qui dure depuis des années.
 [Scandaleux raccourci. La volonté du patient doit certes être prise en compte pour évaluer la proportionnalité d'un traitement, mais la nourriture et l'alimentation ne son pas un traitement, mais des soins ordinaires. Refuser consciemment et délibérément de manger et de boire en vue mourir est objectivement une manière de suicide, même si subjectivement il peut s'agir du résultat d'un tragique désordre mental.
La question éthique est dès lors imbriquée dans la sphère juridique. L’utilisation de moyens judiciaires a rendu le conflit plus rigide et l’a exacerbé. 
[Vous avez bien lu : les coupables sont ceux qui ont choisi les moyens judiciaires. A savoir, au départ, Viviane et Pierre Lambert qui ont été mis en 2013 devant le fait accompli de l'arrêt de l'alimentation et de l'essentiel de l'hydratation de leur fils cérébrolésé. Insupportable !]
Sans entrer dans les détails techniques de la sentence, on peut dire que la Cour suprême a examiné le choix de la suspension, qui, chez les médecins, était arrivé après une évaluation collégiale approfondie, compatible avec la loi en vigueur en France.
[Ah les merveilleux médecins, et la magnifique loi Leonetti !] 
Mais dans cette longue et fatigante controverse, l'opposition (entre les parties) a envahi la sphère publique, avec un large écho médiatique, prenant la forme d'une bataille entre ceux qui sont pour et ceux qui sont contre l'euthanasie. Les évêques ont tout d'abord clairement réaffirmé la négativité de cette pratique. Ils ont également attiré l'attention sur l'importance des plus faibles pour la construction de la convivialité sociale. Et ils ont souligné les retombées que le choix d'arrêter le traitement peut avoir sur ceux qui se trouvent dans des situations similaires (environ 1.700 personnes en France), pour leurs familles et pour les professionnels de santé. Cette observation est particulièrement pertinente.
 [Mais cette bonne note accordée aux évêques de France ne provoque nulle juste prise de conscience de ce qui se passe actuellement à Reims : l'exhibition publique, pour l'exemple, du caractère euthanasique des lois Leonetti 1 et 2.]
ENTRE MÉDECINE, DROIT ET CULTURE
  
En outre, d'autres événements récents, comme celui d'Alfie Evans en Angleterre et de Noa Pathoven aux Pays-Bas, ont également profondément perturbé et divisé l'opinion publique au-delà des frontières de leurs pays respectifs. Il faut souligner que ces situations sont très différentes et non comparables, pour des raisons cliniques et existentielles. Mais ils ont des points communs. D’une part, le fait que les décisions concernant la vie et la mort sont en jeu, ce qui rend conflictuelle la définition de qui a le droit de faire de tels choix : la personne malade, les membres de sa famille, les médecins, les juges. D’autre part, les moyens de plus en plus puissants dont dispose la médecine, posent de plus en plus la question de la limitation des traitements.
[Toujours cette confusion volontaire entre soins et traitements, qui est au fondement même des lois euthanasiques Leonetti 1 et 2.]
Ces événements nous obligent donc à clarifier et à approfondir le rôle et la signification des soins médicaux et les critères qui régissent leur utilisation. Le pape François nous a également rappelé qu'il est nécessaire d'éviter une prolongation aveugle des fonctions biologiques, en perdant de vue le bien intégral de la personne (Discours à la Convention sur le suicide assisté de l'Association Médicale Mondiale, 16 novembre 2017). 
[Répétons avec Paglia : « Le pape François nous a également rappelé qu'il est nécessaire d'éviter une prolongation aveugle des fonctions biologiques. » Vincent Lambert, une addition de fonctions biologiques ? Oui il faut clarifier, approfondir, mais la réflexion doit porter sur la vie humaine et sur un simple commandement, suranné quelque peu sans doute mais tellement limpide : Tu ne tueras point l'innocent.]
Face à ces déchirements dramatiques, il s’agit tout d’abord d’assumer une attitude de recueillement et de prière de proximité, afin que nous puissions trouver des moyens de communication qui favorisent la réconciliation plutôt que la controverse, au niveau familial et social. Nous devons également éviter de ne confier la solution qu’à un geste technique ou juridique afin de rechercher ensemble l’accord le plus large possible. C’est un cheminement qui exige un engagement, non seulement personnel mais aussi collectif, pour élaborer ce sens de la vie que la souffrance remet en question et pour affronter la limite radicale que représente la mort. Il s’agit d'éveiller les forces que la culture a toujours mobilisées dans l'histoire de l'humanité, dans toutes ses expressions symboliques, de l’artistique au religieux, offrant des raisons de vivre. Seule une formation plus étendue et plus profonde des consciences peut nous préparer à des décisions aussi dramatiques et complexes. En sachant que personne ne devrait jamais être abandonné. Que l’amour doit toujours l’accompagner. Cet amour qui vainc aussi la mort.
Mgr Vincenzo Paglia 

Je m'abstiens de commenter cette langue de buis ecclésiastique et très peu catholique. Il y a en effet une crise de la conscience dans certaines sphères haut placées de la hiérarchie de l'Eglise. La même qui a mené Vincent Lambert là où il est aujourd'hui.

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01 juillet, 2019

Le pape François offre inopinément des reliques de saint Pierre au patriarche Bartholomée de Constantinople

Personne n’avait vu venir cet événement ahurissant. Samedi, en la fête de Saint-Pierre et Saint-Paul, le métropolite Job de Telmessos était à Rome, à la basilique Saint-Pierre, pour se recueillir avec le pape François sur la tombe de saint Pierre. En sa qualité de représentant du patriarche œcuménique Bartholomée Ier de Constantinople, il accomplissait là une tradition aujourd’hui bien installée. Il ne s’attendait pas à se voir remettre dans la foulée et sans la moindre cérémonie un reliquaire contenant des fragments des ossements de Saint-Pierre, à remettre au Patriarche.

L’événement est totalement inédit : si l’Eglise latine a pu par le passé offrir de précieuses reliques aux orthodoxes, La Croix fait remarquer qu’il ne s’est jamais agi que de reliques volées par les Croisés, restituées en quelque sorte dans le cadre de l’amélioration des relations réciproques entre catholiques et orthodoxes.

Les reliques de saint Pierre, c’est tout autre chose. L’Eglise catholique est construite sur ce roc, on le sait, et si cela est vrai figurativement depuis que le Christ l’a dit au Premier des Apôtres, ce l’est aussi en un sens très matériel puisque la basilique Saint-Pierre de Rome, comme l’expertise des fouilles menées dans les grottes vaticanes l’a confirmé, est construite « sur » les restes mortels du premier pape.

Que les reliques de celui-ci, objet d’une vénération riche de symboles au cœur même de la chrétienté, soient expédiées vers une Eglise schismatique, est évidemment lourd de sens. On peut y voir, comme La Croix et des dignitaires orthodoxes eux-mêmes, le signe d’un rapprochement encore plus cordial entre l’Eglise de Rome et un patriarcat orthodoxe des plus importants.

Le métropolite Job lui-même y a vu « un pas gigantesque de plus vers l’unité concrète » lors d’une entretien avec Radio Vatican.

Mais c’est faire peu de cas de ce qui sépare l’Eglise catholique des nombreuses Eglises orthodoxes : des différences qui portent sur des éléments de foi, des points de dogme, certaines disciplines, et la question centrale de la primauté de l’évêque de Rome. Difficile de ne pas considérer le geste du pape François comme une manière de minimiser ces différences puisque quelque chose de saint Pierre est sorti de Rome pour aller en quelque sorte couronner une foi, une doctrine, une hiérarchie qui sont ailleurs.

L’événement a été brièvement évoqué par le service d’information du Vatican ;  le métropolite Job lui-même l’a décrit avec davantage de détails sur sa page Facebook.

L’intégralité de son message a été répercutée sur Facebook par le métropolite orthodoxe d’Hong Kong et d’Asie du Sud-Est, Nektarios Tsilis, qui le cite : 

« Aujourd’hui, après la messe pontificale pour la fête des saints apôtres Pierre et Paul à la basilique Saint-Pierre du Vatican, conformément au protocole, je suis descendu à la tombe de Saint-Pierre pour y prier avec Sa Sainteté le pape François. “Attendez moi après. J’ai un cadeau à vous faire pour l’Eglise de Constantinople. J’y ai pensé hier soir pendant la prière.” Après un arrêt à la sacristie, voilà qu’arrive le pape François qui me dit : “Allons-y.” Assis dans sa simple petite Ford, je pose la question : “Sainteté, où allons-nous ?” – “Au palais pontifical. Le cadeau est là-bas”, répond le pape François. Une fois arrivés dans les anciens appartements pontificaux, nous faisons halte à la chapelle. Je pensais que le Saint-Père voulait soit me la montrer, soit faire halte pour dire une prière… “Cette chapelle a été établie par feu le pape Paul VI. Il a amené ici quelques reliques de saint Pierre depuis la basilique. Je n’habite pas ici. Je n’utilise pas la chapelle. Pendant la prière la nuit dernière,  je me suis dit : ces saintes reliques seront mieux à Constantinople, au Phanar. Les voilà. Emportez-les avec vous. Donnez-les à mon frère Sa Toute-Sainteté Œcuménique le patriarche Bartholomée. Ce cadeau ne vient pas de moi, il vient de Dieu.” Ainsi, le jour de la Saint-Pierre et Saint-Paul, pour la première fois dans l’histoire, la translation des saintes reliques de saint Pierre à eu lieu pour aller de l’Ancienne à la Nouvelle Rome. Demain, lors de la synaxe des Saints Apôtres, les saintes reliques seront exposées à la vénération dans l’église des Saints Apôtres à Feriköy où Sa Toute-Sainteté le Patriarche œcuménique présidera la Divine Liturgie depuis le trône. Gloire à Dieu qui est merveilleux dans ses saints ! »

C’est ainsi, sans crier gare, sur un coup de tête, que le pape François a disposé comme si elles lui appartenaient des reliques gardées dans les appartements pontificaux qu’il a lui-même décidé d’abandonner.

Seront-elles mieux à Constantinople, comme il l’a dit ? Parce qu’elles y seront vénérées plutôt que d’être remisées dans le coin d’une chapelle dont personne ne se sert plus ? Le message reçu par Constantinople ne sera-t-il pas celui d’une supériorité de la « nouvelle Rome » sur l’ancienne ? En un mot comme en cent, à quoi pense le pape François ?

Aurait-il tort de s’étonner de voir certains le considérer à cause de ce geste comme un autocrate ?  Un autre souverain pontife que lui ne se fût-il pas renseigné sur la propriété des reliques et l’opportunité de la démarche ?

Les translations de reliques dans la chrétienté se sont toujours faites de la manière la plus solennelle. Ces neuf fragments d’os de saint Pierre font partie des plus vénérables d’entre elles. Elles ont été littéralement trimbalées dans une petite voiture, données comme un cadeau de la main à la main, arrachées au siège de l’apôtre Saint-Pierre pour être offertes un évêque chrétien certes, mais à un évêque qui est en dehors de l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique.

C’est en tout cas un acte d’une portée considérable et qui aurait pu passer quasiment inaperçu. Chose qui n’aura pas échappé non plus à « nos frères orthodoxes ».

Le patriarche Bartholomée a qualifié le geste de « courageux et audiacieux » lors de la réception solennelle et de la vénération des reliques à Istanbul le 30 juin à l'église des Douze Apôtres à Feriköy. Elles avaient été acheminées par avion la veille par le P. Andrea Palmieri, sous-secrétaire du Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens.



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26 juin, 2019

Bannon et Martel travailleraient sur l’adaptation au cinéma de “Sodoma” ; le cardinal Burke annonce sa rupture immédiate avec le “Dignitatis Humanae Institute”


Plusieurs informations croisées permettent de penser que Steve Bannon, ancien rédacteur en chef de Breitbart et ancien conseiller stratégique de Donald Trump a le projet de porter à l’écran une dénonciation de ce qu’il pense être l'homosexualité endémique dans les hautes sphères de l’Eglise catholique. Il s'alliera à cette fin avec Frédéric Martel, l’auteur de Sodoma,  dont il apprécie apparemment la charge violente contre l'Eglise catholique. Sodoma est dans son ensemble très favorable au pape François et ses principaux têtes de Turc sont cardinaux, prélats et prêtres qui affirment le plus clairement la doctrine  morale catholique en matière de sexualité : plus ils sont traditionnels, affirme en substance ce livre, plus ils ont de chances d’être des homosexuels cachés ou refoulés.

Le cardinal Raymond Leo Burke fait partie des personnes épinglées de manière particulièrement désinformatrice dans le livre  de Martel.

Steve Bannon et Frédéric Martel ont eu selon l'hebdomadaire Valeurs actuelles plusieurs conversations téléphoniques qui ont abouti à une rencontre à l'hôtel Bristol à Paris au mois de mai lors de la récente tournée européenne de l’Américain.

Dans un article brièvement mis en ligne lundi par LifeSite, mais retiré au bout d’une heure lorsque la rédaction du site provie s'est rendue compte de ce que certains points  étaient encore à vérifier, on apprenait que Bannon cherchait à acheter les droits cinématographiques de Sodoma. Il a en tout cas déclaré à LifeSite que c'était « le livre de l’année ».

Quoi qu’il en ait été de leur conversation, il est donc certain que Bannon en prend les thèses au sérieux.

L’hypothèse d'une adaptation filmée d'un livre aussi discutable dont l'objectif est à la fois de ridiculiser la quasi-totalité de la hiérarchie catholique et plus précisément ses éléments les plus conservateurs n’augure rien de bon.

Du côté de Martel, comme il l'écrit d'ailleurs dans Sodoma,  d'objectif est d'obtenir une modification des enseignements doctrinaux et de la discipline de l'église, par la reconnaissance des amours homosexuelles et l'abolition du célibat sacerdotal. Par la même occasion, la validation et la diffusion de ses thèses ne pourrait qu’aboutir à une désaffection, voire à une révolte des catholiques du rang contre la « classe » des cardinaux, des évêques, des prêtres qui prêchent ce qu’ils ne pratiquent pas.

Du côté de Bannon, son opposition aux options politiques du pape François peut expliquer le désir de ce baptisé catholique qui ne semble plus être un pratiquant de participer à une opération contre l’Eglise dans sa configuration actuelle. C'est-à-dire,  sans en considérer la dimension surnaturelle et la promesse qui lui a été faite : les portes de l'enfer ne prévaudront pas.

Nous sommes en effet dans la difficile position d'avoir à contester certaines options personnelles du pape François, qui n'engagent pas sa charge pontificale, et aussi ses déclarations et actes contraires à la doctrine traditionnelle, sans pour autant nous en prendre à l'Eglise elle-même, en tant qu'institution, car elle est notre Mère et qu’hors d’elle, il n'y a point de salut, et au pontificat puisqu’elle repose sur Pierre, le roc sur lequel elle est bâtie.

C’est sur cette ligne de crête qu'il faut tenir et il semble extrêmement peu probable que Bannon veuille s'en soucier. Quelles sont ses motivations exactes ? Il est certainement trop tôt pour le dire ou même pour le comprendre.

Le fait est que son alliance au moins apparente avec Martel ne le fait pas apparaître comme un ami du Christ, de la foi, des catholiques. Et qu’on peut craindre une entreprise de démolition.

L'article brièvement mis en ligne par LifeSite reprenait l'information de Valeurs actuelles selon laquelle la rencontre entre Bannon et Martel au Bristol à Paris le 19 mai avait été facilitée par Benjamin Harnwell, fondateur et animateur du Dignitatis Humanae Institute implanté au sud de Rome et qui a pour objectif la promotion de la culture de vie.

Incidemment, l’article de LifeSite rappelait que Harnwell travaille à la fois avec Bannon et avec le cardinal Raymond Burke. Aucun lien n'était fait avec la rencontre entre Bannon et Martel mais la formulation de l'incise pouvait être perçue comme suggérant qu'un tel lien pouvait exister, « maladresse » que LifeSite a regrettée dans un communiqué paru aujourd’hui.

Le cardinal Burke a publié à ce sujet un communiqué qu'il m'a autorisée à traduire et à publier ici.

Communiqué du cardinal Burke
«  J'ai eu connaissance d'un article de LifeSiteNews mis en ligne le 24 juin – et depuis retiré – sous le titre : “Steve Bannon laisse entendre qu'il veut faire un film pour révéler l'homosexualité au Vatican” comportant une insinuation selon laquelle, en raison de mon association avec M.  Benjamin Harnwell du Dignitatis Humanae Institute,  j’étais d’une façon ou d'une autre impliqué dans une rencontre entre M. Bannon et M. Frédéric Martel, auteur du livre Sodoma,  afin de promouvoir une version cinématographique du livre de M. Martel. LifeSiteNews n'a pas prit contact avec moi pour vérifier ma possible implicatiopn.  Vu l'ensemble du contenu de cet article  est vu certaine déclarations qui y sont faites par M. Bannon, je dois éclaircir les points suivants : 
«  Je ne suis d'aucune manière d'accord avec l'évaluation de ce livre par M. Bannon. En outre, je ne pense aucunement que ce livre doive être porté à l’écran. Je suis en total désaccord avec nombre de déclarations de M. Bannon concernant la doctrine de la discipline de l'Eglise catholique romaine. Par-dessus tout, j'estime hautement  critiquable sa déclaration qui remet en cause la discipline de l’Eglise concernant la continence perpétuelle pour le clergé, en accord avec l’exemple et le désir du Christ, Chef et Pasteur de l’Eglise. 
«  Je n'ai jamais travaillé avec M. Bannon au sein de son organisation et je ne le fais pas davantage aujourd’hui. Je l'ai rencontré, à l’occasion, afin de parler de l'enseignement social de l’église à l'égard de certaines questions politiques, mais je  n’ai aucun dans son organisation. En le rencontrant, comme c'est le cas lorsque je rencontre d’autres leaders politiques, j'ai essayé de remplir ma mission sacerdotale : enseigner la foi et la morale en vue du bien commun. 
« J'ai été impliqué pendant quelques années dans le Dignitatis Humanae Institute en raison de son travail de soutien aux chrétiens qui dans la vie publique agissent dans le respect de la loi morale et œuvre donc à la promotion du bien commun. Il y a quelques semaines, j'ai été nommé président honoraire de cet institut. Ces derniers temps, l’institut s'est trouvé identifié de plus en plus avec le programme politique de M. Bannon. Bien que j’aie exhorté l'institut à revenir à son objectif initial, celui-ci ne l'a pas fait, comme il apparaît clairement à travers son implication dans cette dernière initiative de M. Bannon. J’ai donc, à effet immédiat, mis fin à toute relation avec le Dignitatis humanae Institute.
Raymond Leo Cardinal Burke

25 juin 2019
*
Dans un communiqué, LifeSite a répondu à ces déclarations pour préciser que l’article en question avait rapidement été retiré et qu’il n’y avait nullement eu volonté d’impliquer le cardinal Burke.
« Cependant, l’article faisait également mention du travail du cardinal Burke avec Benjamin Harnwell, qui a mis sur pied la rencontre entre Bannon et Martel. Et une phrase rédigée de manière maladroite a pu être lue par certains comme indiquant que le cardinal Burke avait eu quelque chose à voir avec la rencontre entre Bannon et Martel.« Nous ne cherchions d’aucune façon à laisser penser cela et nous avons retiré l’article pour cause de soucis relatifs à son manque de clarté. Nous n’avons pas pensé à contacter le cardinal Burke pour vérifier ce papier car celui-ci n’avait rien à voir avec lui.« Nous regrettons les torts qui ont pu être faits à Son Emincence du fait de la mention par nous de son nom. 
« A LifeSite nous avons toujours été disposés à faire des corrections lorsque nous faisons erreur, ou même lorsque nous avons laissé s’installer le flou. Nous n’avons jamais prétendu être parfaits et nous ne le sommes pas. Nous faisons simplement de notre mieux pour apporter la vérité. 
« Nous avons servi la foi, la vie et les mouvements pro-famille depuis quelque 23 ans. Nous continuerons de le faire du mieux que nous le pouvons. Nous aimons la vérité parce que nous aimons l’Auteur de la Vérité. Notre objectif est au bout du compte de diriger chacun vers la Vérité avec un V majuscule. 
« C’est pourquoi nous présentons nous excuses au cardinal Burke et l’engagement à prier pour lui. »
*
On aura compris qu’il y a une part de malentendu dans cette affaire.

Elle a permis au moins de mettre au jour un projet qui me semble fort inquiétant du côté de Bannon et Martel, d’une part, et d’autre part de permettre au cardinal Burke de faire la clarté sur ses relations actuelles avec Benjamin Harnwell.

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25 juin, 2019

Synode pan-amazonien : réunion discrète de cardinaux et évêques pour promouvoir leurs idées progressistes

Je vous propose ici une traduction rapide de l'article publié aujourd'hui par Maike Hickson sur LifeSiteNews à propos des manœuvres en cours dans certains cercles romains pour faire accepter leurs projets progressistes. Entre autres : la fin du célibat sacerdotal, un régime indigéniste pour les prêtres d'Amazonie, l'ordination des femmes… Ci-contre, une photo de Mgr Erwin Kräutler, cité en fin d'article. – J.S.

Un groupe de cardinaux et d'évêques qui participent à la préparation du synode sur l'Amazonie et qui sont favorables à la suppression du célibat sacerdotal, et qui affichent d'autres positions progressistes contraires à l'enseignement catholique pérenne, se réunissent en toute tranquillité près de Rome en vue de préparer le prochain synode, a révélé aujourd'hui à LifeSiteNews une source bien informée.

Les principaux participants à cette rencontre sont les cardinaux Lorenzo Baldisseri, Claudio Hummes, Walter Kasper, Christoph Schönborn, ainsi que les évêques Franz-Josef Overbeck et Erwin Kräutler. Le professeur Wolf (Münster) et Josef Sayer, ami et conseiller du cardinal Oscar Maradiaga, sont également présents. Mme Doris Wagner-Reisinger - cette ancienne religieuse dont les accusations à l'encontre d'un fonctionnaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi ont récemment été rejetées par un tribunal du Vatican – est également présente.

Le vaticaniste Marco Tosatti vient de publier son propre article sur cette rencontre secrète, confirmant ainsi notre propre source indépendante. Edward Pentin, correspondant à Rome pour le National Catholic Register a également confirmé les informations concernant cette rencontre.

« Une réunion secrète pour discuter de la stratégie en vue du prochain synode amazonien et impliquant principalement des prélats et des intellectuels de langue allemande a eu lieu aujourd'hui dans un monastère à Rome. Cardinaux Hummes, Baldisseri, Kasper, Schoenborn, Schoenborn y ont participé, +Krautler, +Overbeck de Essen. D'autres infos bientôt », a-t-il tweeté aujourd'hui.

Les participants à la rencontre préparatoire sont en favorables à un plan progressiste au sein de l'Église.

• Le cardinal Baldisseri a joué un rôle clef dans la préparation des deux synodes sur la famille qui ont abouti à l'exhortation apostolique Amoris laetitia du Pape François qui a soulevé l'idée de donner accès aux sacrements à certains couples « remariés ». Baldisseri avait parlé au Dr Frédéric Martel des méthodes du synode : « Notre ligne était essentiellement celle de Kasper. »

• Le cardinal Claudio Hummes est en faveur des prêtres mariés pour la région amazonienne, et souhaite qu'ils soient indigènes. Il a déclaré en 2016 : « Il ne devrait y avoir que du clergé, des prêtres et des évêques indigènes, y compris certains sans formation académique. »

• Le cardinal Walter Kasper est l'homme qui avait promu l'idée de donner la Sainte Communion à certains divorcés « remariés » sans qu'ils aient à changer leur mode de vie.

• Le cardinal Schönborn a dit un jour qu'il pouvait imaginer des prêtres et des évêques de sexe féminin, et il y a quelques jours seulement, il a affirmé que la cause de la crise des abus sexuels n'était pas la révolution culturelle des années 1960 (comme le pape Benoît XVI l'a récemment affirmé), mais « la fixation excessive de l'Eglise sur le sixième commandement » ainsi que les « systèmes clos ».

• Le professeur Hubert Wolf a récemment affirmé que « le célibat sacerdotal est un facteur de risque en ce qui concerne les abus[sexuels] ». Face à la crise des abus, ce théologien appelle à des « changements fondamentaux », y compris en ce qui concerne « l'accès au sacerdoce »
.
• Mgr Franz-Josef Overbeck a récemment déclaré qu'après le Synode sur l'Amazonie, « rien ne sera plus pareil » dans l'Eglise. Il espère une remise en question de l'enseignement de l'Église sur la sexualité et l'accès au sacerdoce. Overbeck est l'expert des évêques allemands pour l'Amérique latine et responsable des dons destinés à cette région, via l'organisation caritative des évêques allemands Adveniat.

• Mgr Erwin Kräutler est favorable aux prêtres mariés et à l'ordination des femmes. Il va même jusqu'à prétendre que le pape François serait ouvert à la possibilité d'ordonner des femmes.

LifeSiteNews a contacté les cardinaux Kasper et Schönborn pour obtenir leurs commentaires. Nous mettrons à jour cet article au fur et à mesure que nous recevrons plus d'informations.

Maike Hickson


© leblogdejeannesmits pour la traduction.

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24 juin, 2019

Appel réussi contre l'avortement forcé d'une handicapée mentale au Royaume-Uni

Miracle… Une cour d'appel du Royaum-Uni a entendu l'appel de la mère de la jeune femme handicapée, enceinte de 22 semaines, qu'une juge de la soi-disant Court of Protection avait dédidé de contraindre à avorter malgré son propre désir de garder son enfant et l'accord sur ce point de sa propre mère, des services sociaux, et de l'avocat chargé de la défense des incapables majeurs.

C'est la NHS (service de santé socialisé britannique) qui réclamait l'avortement pour la patiente.

La juge, Justice Nathalie Lieven, avait estimé vendredi que la jeune handicapée mentale souffrirait davantage de devoir être séparée de son enfant si celui-ci devait être confié à l'adoption que de l'avortement tardif (l'avortement est légal jusqu'à 24 semaines en Grande-Bretagne).

On a appris grâce à une militante pro-vie nigériane que Lieven avait elle-même travaillé plusieurs années au service du lobby britannique de l'avortement, plaidant pour des associations de Planning familial et impliquée dans les affaires d'avortement les plus connues passées dans les cours britanniques. Elle a été nommée juge à la fin de 2018.

La mère, une Nigériane catholique, sage-femme à la retraite, était disposée à s'occuper de l'enfant de sa fille.

La décision des juges McCombe, King et Jackson a été rendue dans des délais très courts ; ils ont d'ailleurs indiqué qu'ils la motiveront plus tard.

C'est une nouvelle magnifique… une vie sauvée. A moins que, comme pour Vincent Lambert, cette affaire ne reçoive une suite judiciaire.

Les évêques catholiques d'Angleterre ont rompu leur silence à propos de l'affaire ce lundi matin seulement, avant la décision de la cour d'appel.

Voici l'essentiel de leur communiqué, signé par Mgr John Sherrington :

« Chaque avortement est une tragédie. Cette tragédie est aggravée par la récente décision judiciaire de la Cour de protection qui a statué qu'une mère, âgée d'une vingtaine d'années, ayant un trouble d'apprentissage “modérément grave” et qui souhaite garder son enfant à 22 semaines, doit subir un avortement.
« La mise au monde naturelle de son enfant est soutenue par sa mère – qui a dit qu'elle s'occuperait de l'enfant – son travailleur social et son équipe juridique.
« Obliger une femme à avorter contre sa volonté et contre celle de sa famille proche viole ses droits humains, sans parler du droit de son enfant à naître à vivre dans une famille qui s'est engagée à prendre soin de cet enfant. Dans une société libre comme la nôtre, il existe un équilibre délicat entre les droits de l'individu et les pouvoirs de l'Etat.
« C'est une décision triste et pénible pour toute la famille que nous gardons dans nos prières. Cette affaire, pour laquelle toute l'information n'est pas disponible, soulève de sérieuses questions quant à la signification de “l'intérêt supérieur”„ lorsqu'une patiente souffre d'un défaut de capacité mentale et qu'elle est assujettie à la décision du tribunal contre son gré. »
Voilà qui s'appelle protester mollement. « C'est le strict minimum. Pathétique », a déclaré le commentateur catholique Damian Thompson.

Dimanche, un évêque catholique d'Ecosse s'était davantage montré empli d'une sainte colère : « C'est une décision horrifique qui, ironie, réunit les pro-vie et les pro-choix », déclarait Mgr John Keenan, invitant chacun à pétitionner contre cette décision « mauvaise à tant de niveaux ».

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23 juin, 2019

Avortement forcé au Royaume-Uni pour une handicapée (et une anecdote personnelle)

Les spécialistes ont parlé : une jeune femme d'origine nigériane va être soumise à un avortement forcé au Royaume-Uni en raison de son handicap mental, et ce malgré l'opposition de sa propre mère, qui s'est pourtant engagée à s'occuper de l'enfant. La « cour de protection » de Londres chargée de prendre des décisions pour le compte ce qu'on appelle en France les « incapables majeurs » a suivi vendredi leur avis, passant outre les convictions catholiques des proches de la jeune femme et sa propre volonté de donner le jour à l'enfant qu'elle porte.
On ne sait pas bien comment la jeune femme s'est retrouvée enceinte ; une enquête policière est en cours.
La cour avait été saisie par des responsables de la NHS (National Health Service), le système de santé socialisé du Royaume-Uni, dans le but de faire ordonner l'avortement. Ils ont expliqué que la poursuite de la grossesse risquait de rendre la jeune femme psychotique et qu'elle vivrait très mal l'accouchement de la césarienne faute de bien comprendre ce qui lui arriverait.
Tous les détails sont terrifiants dans cette affaire caractéristique du véritable totalitarisme de la culture de mort : cette « tyrannie bienveillante » qui prétend œuvrer pour le bien de tous, y compris et surtout en donnant la mort.
Ainsi, le juge Lieven a-t-elle longuement justifié sa décision en reconnaissant ce qu'elle avait d’« intrusif » et de difficile : elle a suivi l'avis d'experts pour qui le fait de mettre un terme à cette grossesse traumatiserait moins la jeune femme que la décision de confier l'enfant à l'adoption.
Mais la proposition de la grand-mère du bébé de s'en occuper a été rejetée par la cour. Cette femme, catholique affirmée, sage-femme qui plus est, était prête à joindre les actes à ses convictions pro-vie solidement ancrées. Elle s'estimait parfaitement à même de prendre soin de l'enfant et de l'aimer, en se faisant évidemment aider de sa fille, âgée d'une vingtaine d'années, qui vit chez elle.
C'était d'ailleurs aussi l’avis d'une travailleuse sociale qui s'occupe de la jeune femme enceinte.
Les avocats de la grand-mère ont plaidé pour la vie de l'enfant à naître, et d'après ce que l'on sait malgré le huis clos qui protège l'identité de tous les acteurs de cette tragédie, l'intéressée elle-même souhaite mener sa grossesse à terme. La jeune fille était par ailleurs représentée par des avocats intervenant au titre du bureau de l’« Official Solicitor » chargé de défendre en justice les intérêts des personnes souffrant d'un handicap mental : Susanna Rickard, responsable de cette équipe de juristes, a estimé devant la cour qu'il était dans l'intérêt de la jeune femme de mener sa grossesse à terme.
Mme le juge Lieven a expliqué ne pas être sûre que les travailleurs sociaux qui s'occupent de la jeune femme soient d'accord pour « tolérer une telle situation » en raison de ses problèmes comportementaux.
Présentant un âge mental de six à neuf ans, souffrant également de troubles de l'apprentissage et de l'humeur, elle risquerait de se retrouver obligée par les services sociaux à quitter sa propre mère dans les intérêts de l'enfant, a insisté le juge. A l'inverse, le bébé pourrait devoir être placé dans une famille d'accueil ou confié à l'adoption.
Cela fait déjà beaucoup d'hypothèses mais la magistrate en a ajouté encore une relevant de son propre avis : elle pense que la jeune mère aurait davantage encore à souffrir si le bébé était éloigné que si on met un terme à la grossesse.
Elle a eu cette phrase d'anthologie : « Je pense qu'elle souffrirait un plus grand traumatisme de ce qu'on lui enlève le bébé : à ce stade là, ce serait un vrai bébé. »
Parce qu'à 22 semaines de grossesse, cet enfant ne serait donc pas un « vrai bébé » ?
Mais alors, qu'est-ce ?
La juge a ajouté : « Bien que la grossesse soit réelle pour elle, il n'y a pas de bébé en dehors de son corps qu'elle peut toucher. » Il faut croire que Mme Lieven n'a jamais attendu d'enfant…
« Je suis vivement consciente de ce que le fait pour l'Etat d'ordonner à une femme de subir un avortement lorsqu'il semblerait qu'elle n'en veut pas constitue une énorme intrusion. Je dois agir au service de ses intérêts bien compris et non en fonction de la manière dont la société considère l'avortement », a-t-elle également déclaré.
La jeune femme n'avait aucune idée de ce que « voulait dire » le fait d'avoir un bébé, a ajouté le juge dans sa décision, avec cette précision condescendante : « Je crois qu'elle aimerait avoir un bébé de la même manière qu'elle aimerait avoir une jolie poupée. »
Donc, on élimine, sur ordre de l'Etat…
Avant que la décision ne fut rendue vendredi,  SPUC britannique, la plus ancienne association de protection des enfants à naître face aux crimes de l'avortement, qualifiait ainsi la prétention des médecins de la NHS d'obtenir un avortement forcé pour cette patiente en raison de son handicap mental  :
« C'est un scandale qui devrait choquer n'importe quelle personne sensée. On atteint là un niveau de cruauté et de barbarie qui fait penser à la manière dont des personnes handicapées mentales étaient traitées dans les années 1930 en Allemagne nazie. Obliger quiconque à avorter est odieux ; le faire au nom de la médecine étend une méconnaissance totale des valeurs religieuses et culturelles de la mère remet en question les structures de la loi et de la justice dans notre société », a déclaré un porte-parole de l'association, John Deighan.
Cette affaire me rappelle le souvenir d'une histoire vraie que me racontait mon père.
En poste à l'ambassade des Pays-Bas à Londres au tout début des années 1960, il s'était trouvé confronté au cas d'une jeune fille Néerlandaise handicapée mentale, et, je crois, mineure, qui pour une raison pour une autre s'était retrouvée à Londres. On l'avait internée dans une institution – mixte – pour déficients mentaux, et c'est dans ce cadre supposément surveillé qu'elle était tombée enceinte.
Mon cher Papa, l'an dernier,
60 ans plus tard…
16-05-1919  -  12-08-2018
Déjà à cette époque-là, les autorités sanitaires et sociales n'avaient qu'une « solution » en tête : faire soumettre la jeune femme à l'avortement. Mais du fait de sa nationalité, il avait été fait appel à l'ambassade pour joindre sa famille et obtenir les autorisations. Mon père l'avait rencontrée, et avait pu parler avec elle de l'enfant qu'elle attendait.
Le hasard – ou la Providence – a voulu que mon père se rende rapidement compte qu'il avait été avant la guerre en classe avec le père de la jeune fille, un homme désormais assez connu du fait de sa réussite dans les affaires.
Outré par le projet d'avortement, mon père a remué ciel et terre pour entrer en contact avec ce vieux camarade perdu de vue. Ayant réussi, il a plaidé la cause de la jeune mère et de son enfant, expliquant qu'elle serait malheureuse pour le restant de ses jours si on lui faisait subir le traumatisme d'un avortement, mais ajoutant aussi que son père – le vieil ami – ne se le pardonnerait jamais.

Il avait, faut-il le préciser, des convictions solides et une foi contagieuse.
Et ainsi, l'enfant fut sauvé. 

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20 juin, 2019

Synode pan-amazonien : non, les tribus de l'Amazonie ne sont pas de « Bons Sauvages » corrompus par l'Occident (Steve Mosher)

Non, les tribus d'Amazonie ne sont pas les « bons sauvages » que dépeignent le Document préparatoire et l'Instrumentum Laboris pour le synode pan-amazonien qui se déroulera à Rome au mois d'octobre. Ces textes voudraient faire passer la colonisation pour responsable de la perte de l'équilibre et du « bien vivre » que ces peuples autochtones auraient trouvé dans leurs rapports avec la nature. Peu avant la parution de l'Instrumentum Laboris, lundi, LifeSiteNews publiait un commentaire du Document préparatoire paru en 2018 et dont la tonalité est très similaire.

Ce commentaire, nous le devons au sociologue américain Steve Mosher, qui a tenu à réduire à néant ce mythe des tribus « pacifiques » corrompues par l'Occident. Son texte est roboratif.

Steve Mosher est le premier sociologue américain à avoir pu se rendre en Chine pour constater l'œuvre de la révolution culturelle : il était alors athée et pro-avortement. L'assistance à un avortement forcé l'avait bouleversé ; il s'est converti à la religion catholique et, toujours spécialiste de la Chine, a également fondé le Population Research Institute qui lutte contre les entreprises malthusiennes de contrôle de la population à travers le monde.

Je vous propose ici ma traduction rapide de ce texte publié le 13 juin dernier. – J.S.



A l'approche du Synode pan-amazonien de 2019, prévu en octobre, les organisateurs révèlent de pus en plus ouvertement leurs objectifs. Au nom de ce qu'il faudrait apprendre des peuples tribaux d'Amazonie et de leur protection, le synode semble vouloir promouvoir un écologisme radical qui confine au culte de la nature, sans parler d’une présentation romantique des chasseurs-cueilleurs eux-même, promus au rang de Bons Sauvages.

Les peuples autochtones vivant dans le bassin amazonien offrent, selon le Document préparatoire, « modèle de développement alternatif, intégral et solidaire, basé sur une éthique qui inclut la responsabilité pour une authentique écologie naturelle et humaine ». Et surtout, poursuit le document, ils méritent d'être loués pour leur supposée « spiritualité et sagesse » :

« Pour les peuples autochtones d’Amazonie, le “bien vivre” existe lorsqu’ils sont en communion avec les autres personnes, avec le monde, avec les êtres qui les entourent, et avec le Créateur. Les peuples autochtones, en effet, vivent dans la maison que Dieu lui-même a créée et leur a donné en cadeau : la Terre. Leurs diverses spiritualités et croyances les incitent à vivre en communion avec la terre, avec l’eau, avec les arbres, avec les animaux, avec le jour et la nuit. Les anciens sages, appelées indifféremment payés, mestres, wayanga ou chamanes – entre autres – encouragent l’harmonie des personnes entre elles et avec le cosmos » [Pape François, Discours à Puerto Maldonado, NDT].

C’est du lourd.  On pourrait presque y voir la description d’une sorte de jardin d'Eden – avant la faute, bien sûr – un jardin peuplé exclusivement de nouveaux Adam et de nouvelles Eve.

Mais la forêt amazonienne est-elle vraiment une sorte de paradis sur terre ? Et les chasseurs-cueilleurs primitifs qui y vivent depuis des siècles – en harmonie avec le cosmos lui-même, nous dit-on – sont-ils réellement les êtres sages et spirituels qu’on nous décrit? Sont-ils plus purs, plus nobles ou tout simplement meilleurs que nous, Occidentaux enténébrés ?

En tant qu’anthropologue ayant vécu dans le monde moins développé pendant de nombreuses années et qui ai visité des peuples tribaux en Papouasie-Nouvelle-Guinée et ailleurs, je dis qu’il y a tricherie.

Certaines parties du Document préparatoire sont vraies ; d'autres sont nouvelles. Malheureusement, les parties qui sont vraies ne sont pas propres aux Amazoniens, alors que les parties qui leur attribuent des vertus nouvelles et uniques sont tout simplement fausses.

Prenons l’affirmation selon laquelle les habitants de la forêt tropicale vivent dans une sorte de « communion » avec le « sol, l’eau, les arbres et les animaux », qui serait unique parmi les peuples. Il est clair que cette attitude générale de respect de la nature n’est pas l’apanage des Amazoniens. Tous les chrétiens croyants sont conscients de vivre « dans la maison que Dieu lui-même a créée et leur a donné en cadeau ».

Je crois me rappeler que c'est un catholique italien, et non un « sage » amazonien, qui a le mieux exprimé cette attitude de louange et d'action de grâce pour les merveilles de la création de Dieu que nous admirons tous. On pourrait penser qu’un Vatican dirigé par un admirateur de saint François le comprenne.

L’affirmation selon laquelle les Amazoniens sont en quelque sorte en droit de revendiquer une vertu unique est tout aussi frauduleuse. Il se peut qu’il y ait d’« anciens sages » – il s’agit invariablement d’hommes, soit dit en passant – qui courent dans la forêt tropicale pour promouvoir l'harmonie des gens entre eux et avec le cosmos (quoi que cela veuille dire), mais l'histoire suggère le contraire.

Lors de leur première arrivée au XVIe siècle, les Européens ont trouvé les tribus amazoniennes dans un état de guerre constante. De « sages aînés » menaient des raids sur les colonies voisines, dans le but de capturer des femmes et des territoires. La pratique du cannibalisme n'était pas rare et fournissait un autre motif pour faire la guerre aux peuples voisins.

Selon une étude réalisée en 2012 par l'anthropologue Robert Walker de l’Université du Missouri, environ un tiers de tous les décès parmi les tribus amazoniennes avant l'arrivée des Européens étaient dus à des conflits violents. « Les mêmes raisons – la vengeance, l'honneur, le territoire et la jalousie à à propos des femmes – qui ont alimenté les conflits meurtriers en Amazonie continuent d’alimenter la violence dans le monde d'aujourd’hui », affirme Walker.

En d’autres termes, les peuples de l’Amazonie, plutôt que d’être des avatars représentant ce que notre nature a de meilleur, étaient frappés des mêmes insuffisances pécheresses que l'humanité en général. Ils n’étaient – et ne sont – ni meilleurs ni pires que nous tous.

Alors, qu’est-ce qui a mis fin à ce cycle mortel de violence et de mort ?

Selon Walker, ce n’est rien d'autre que « la propagation du christianisme et l'imposition de structures juridiques nationales ».

A mesure que les missionnaires européens commençaient à atteindre l’intérieur des terres, le niveau de violence a commencé à baisser, alors que bon nombre de ces tribus primitives ont appris le Cinquième Commandement et se sont converties au catholicisme. Le « tu ne tueras point » a été renforcé par la mise en place de gouvernements nationaux – Brésil, Pérou, Venezuela, etc. – qui fronçaient également les sourcils lorsque les peuples sous leur juridiction s’entretuaient et, dans certains cas, se dévoraient entre eux.

En d’autres termes, ce qui a mis fin à la violence, c’est l'arrivée de la civilisation chrétienne.
Aujourd'hui, les descendants actuels de ces mêmes missionnaires, des prélats comme le cardinal Pedro Barreto, veulent inverser ce processus. Au lieu de continuer à convertir les peuples amazoniens, ils veulent, sous des aspects importants, que le peuple amazonien nous convertisse.
Ce manque d’engagement pour l’évangélisation s’illustre le mieux dans le point de vue des organisateurs du Synode sur ce que l’on appelle « les peuples autochtones en isolement volontaire ». (PIAV). Ce sont des tribus qui se sont retirées dans les endroits les plus inaccessibles de la forêt tropicale afin d’éviter tout contact avec le monde extérieur. On estime à environ 150 le nombre de ces tribus, dont la plupart comptent quelques centaines de personnes.

Le Réseau ecclésial pan-amazonien (REPAM), qui organise le Synode amazonien, a consacré beaucoup de temps et d’énergie à promouvoir le droit de ces tribus à vivre dans un isolement total. De fait, le principal objectif de la réunion du REPAM l’an dernier à Puerto Maldonado, au Pérou, était précisément de discuter de la manière de faire en sorte que les tribus indigènes qui se coupent du reste du monde puissent être « protégées » des contacts avec la société, y compris l'Eglise catholique, afin de « vivre en liberté ».

C’est une prise de position qui me semble très étrange de la part d’un membre de l’Eglise catholique – une Eglise qui existe pour le salut des âmes. Le REPAM soutiendrait-il que saint François Xavier a eu tort d’essayer d'évangéliser la Chine, qui à l'époque préférait vivre dans l'isolement ?
La tâche d’évangélisation qu’impose le « grand envoi en mission » ne souffre pas qu’il y ait des exceptions à ce que l’on appelle à juste titre le « principe d »universalité ». Jésus-Christ n'a pas dit : « Faites de toutes les nations des disciples, mais laissez tomber les peuples qui choisissent de vivre dans l'isolement. »

Pourtant, les organisateurs du Synode amazonien croient apparemment qu’il vaut mieux laisser tranquilles les bons sauvages – pour reprendre l’expression de Rousseau – de la forêt amazonienne. L'idée semble être qu’il vaut mieux les aider à maintenir leur propre identité ethnique, culturelle et religieuse, les rites païens et tout le reste, plutôt que de leur enseigner, à eux et à leurs enfants, la grâce salvifique de l'Evangile.

Il n’est donc pas surprenant que l’aspect de l’Amazonie dont les organisateurs du synode sont particulièrement amoureux est que ses centaines de tribus et de langues différentes en font un paradis « multi-ethnique, multiculturel et multi-religieux ».

On pourrait imaginer que le fait d’être « multireligieux » ne soit pas le genre de chose que des cardinaux catholiques comme Barreto puissent applaudir, puisque l’Église existe pour proclamer « l’unique vraie foi ».

Mais ce n’est plus, apparemment, ce que certains dirigeants de l’Eglise croient aujourd'hui.  Si « toutes les religions sont voulues par Dieu », alors il est évidemment ethnocentrique de donner la primauté à la sienne.

Je suppose que nul parmi nous ne devrait en être surpris. Après tout, il est clair depuis longtemps que le principal centre d'intérêt du synode n’est pas du tout la foi catholique, mais plutôt l’élaboration de ce que l’on appelle « une éthique qui inclut la responsabilité pour une authentique écologie naturelle et humaine ».

A la lecture du Document préparatoire, un tel « code éthique » sonne presque comme une religion à part entière.

Pour beaucoup, bien sûr, c'est le cas.

Steve Mosher

© leblogdejeannesmits pour la traduction.

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L’Instrumentum Laboris du synode sur l’Amazonie : au service du néo-paganisme

Voici une passionnante critique synthétique de l’Instrumentum Laboris en vue du prochain synode pan-amazonien. J’en publie ma traduction avec l’aimable autorisation de son auteur, José Antonio Ureta de l’Institut Plinio Corrêa de Oliveira – de l’association Tradition, Famille, Propriété – dont l’implantation sud-américaine lui a permis de connaître et d’étudier de près la théologie du peuple et la théologie indienne.

Le commentaire de José Antonio Ureta a d’abord paru en anglais sur le blog du vaticaniste Edward Pentin.

C’est un véritable néo-paganisme qui est promu, à travers la glorification de la spiritualité indigène. De mon côté, j’ai commencé à traduire et commenter les éléments les plus significatifs de l’Instrumentum Laboris et poursuivrai ce travail dès que possible. – J.S.

*

Le Synode au service néo-paganisme 

Le journaliste Edward Pentin du National Catholic Register a eu la gentillesse de me demander mes premières impressions sur l'Instrumentum Laboris pour la prochaine Assemblée Extraordinaire du Synode des Évêques, rendu public lundi. Je suis heureux de le faire en tant qu'éditorial pour le site panamazonsynodwatch.org.

A mon avis, l'Instrumentum Laboris représente l'ouverture en grand des portes du Magistère à la théologie et à l'éco-théologie indiennes, toutes deux des dérivées latino-américaines de la Théologie de la Libération (TL). Les tenants de celle-ci, après la chute de l'URSS et l'échec du « socialisme réel », ont attribué aux peuples indigènes et à la nature, selon une clef de lecture marxiste, le rôle historique de la force révolutionnaire.

Comme la TL, l'Instrumentum Laboris prend comme base de ses élucubrations non pas la Révélation de Dieu contenue dans la Bible et dans la Tradition, mais la réalité de la prétendue « oppression » à laquelle l'Amazonie serait soumise. De simple zone géographique et culturelle, la voici transformée en « interlocutrice privilégié », en « lieu théologique », un « lieu épiphanique », en « source de la révélation divine » (n° 2, 18 et 19).

Du point de vue théologique, l'Instrumentum Laboris recommande non seulement l'enseignement de la théologie indienne « dans toutes les institutions éducatives » en vue d’« une meilleure et plus grande compréhension de la spiritualité indigène », et afin de « prendre en considération les mythes, traditions, symboles, rites et célébrations originels » (n° 98), mais il en reprend tous les principes dans le document. En d'autres termes, les « semences de la Parole » ne sont pas seulement présentes dans les croyances ancestrales des peuples autochtones, mais elles ont déjà « poussé et porté du fruit » (n° 120), de sorte que l'Eglise, au lieu d’accomplir l'évangélisation traditionnelle qui cherche leur conversion, doit se limiter au « dialogue » avec eux puisque « le sujet actif de l'inculturation, ce sont les peuples autochtones eux-mêmes » (n° 122).

Dans ce dialogue inter-culturel, l'Eglise doit aussi s'enrichir des éléments clairement païens et (ou) panthéistes de ces croyances, tels « la foi en Dieu Père-Mère créatrice », « les relations avec les ancêtres », « la communion et l'harmonie avec la terre » (n° 121) et la connexion avec « les différentes forces spirituelles » (n° 13). Même la sorcellerie n’est pas exclue de cet « enrichissement ». Selon le document, « la richesse de la flore et de la faune de la forêt contient de véritables “pharmacopées vivantes” et des principes génétiques inexplorés » (n° 86). Dans ce contexte, « les rituels et cérémonies indigènes sont essentiels pour la santé intégrale car ils intègrent les différents cycles de la vie humaine et de la nature. Ils créent l'harmonie et l'équilibre entre les êtres humains et le cosmos. Ils protègent la vie contre les maux qui peuvent être causés à la fois par les êtres humains et les autres êtres vivants. Ils aident à guérir les maladies qui nuisent à l'environnement, à la vie humaine et aux autres êtres vivants » (n° 87).

Sur le plan ecclésiologique, l'Instrumentum Laboris est un véritable tremblement de terre pour la structure hiérarchique donnée à l'Eglise par mandat divin. Au nom de l'« incarnation » dans la culture amazonienne, le document nous invite à reconsidérer « l'idée que l'exercice de la juridiction (pouvoir du gouvernement) doive être lié dans tous les domaines (sacramentel, judiciaire, administratif) et de manière permanente au sacrement de l'ordre » (n° 127). Il est inconcevable que le document de travail d'un Synode puisse remettre en question une doctrine de foi, telle que la distinction, dans la structure de l'Église, entre clercs et laïcs, affirmée dès le premier Concile de Nicée et fondée sur la différence essentielle entre le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel des religieux, qui a ses racines dans la succession apostolique, et qui est doté de pouvoirs sacrés.

L'appel à reconsidérer le caractère obligatoire du célibat (n° 129 § 2) et, en outre, la demande d'identifier quel type de « ministère officiel » peut être conféré aux femmes (§ 3), font partie de cette dilution du sacerdoce catholique pour en faire quelque chose de semblable au « sacerdoce » du pasteur protestant. Le cardinal Joseph-Albert Malula du Zaïre et l'évêque Samuel Ruiz du Chiapas ont dû se retourner dans leurs tombes en voyant que les projets qu'ils ont essayé de mettre en œuvre (et qui ont été vite stoppés par le Vatican) sont maintenant proposés dans un Synode qui, selon ses organisateurs, a une certaine valeur universelle.

D'un point de vue écologique, l'Instrumentum Laboris représente l'acceptation par l'Eglise de la divinisation de la nature promue par les conférences des Nations unies sur l'environnement.

En effet, dès 1972, à Stockholm, des documents officiels de l’ONU indiquaient que l'homme avait mal géré les ressources naturelles, principalement en raison d'une « certaine conception philosophique du monde ». Alors que les « théories panthéistes… attribuaient aux êtres vivants une partie de la divinité… les découvertes de la science ont conduit à… une sorte de désacralisation des êtres naturels », pour laquelle la meilleure justification a été trouvée « dans les conceptions judéo-chrétiennes selon lesquelles Dieu aurait créé l'homme à son image et lui aurait donné la terre à soumettre ». A l’inverse, selon l'ONU, les pratiques du culte des ancêtres « constituaient un rempart pour l'environnement, dans la mesure où les arbres, ou cours d'eau, étaient protégés et vénérés comme réincarnation des ancêtres » (Aspects éducatifs, sociaux et culturels des problèmes de l'environnement et questions de l'information, ONU, Assemblée générale, Stockholm, 5-6 juin 1972, A/CONF.48.9, p.8 et 9).

En outre, dans le discours de clôture de l'Eco92 de Rio de Janeiro, le Secrétaire général de l'ONU, Boutros Boutros-Ghali, a déclaré que « pour les anciens, le Nil était un Dieu à vénérer, ainsi que le Rhin, source infinie des mythes européens, ou la jungle amazonienne, mère des jungles. Partout, la nature était la demeure des dieux. Ils ont donné à la jungle, au désert, à la montagne, une personnalité qui imposait l'adoration et le respect. La Terre avait une âme. La trouver, la ressusciter, telle est l'essence même de [la Conférence inter-gouvernementale de Rio] » (A/CONF.151/26, vol. IV, p. 76).
Ce programme néo-païen de l'ONU est désormais proposé par une Assemblée synodale de l'Eglise catholique !

L'Instrumentum Laboris, citant un document bolivien, affirme que « la forêt n'est pas une ressource à exploiter, c'est un être ou plusieurs êtres avec lesquels se relier » (n° 23), et il poursuit en affirmant : « La vie des communautés amazoniennes non encore affectées par l'influence de la civilisation occidentale (sic !) se reflète dans la foi et dans les rites relatifs à l'action des esprits, de la divinité – à qui l’on donne tant de noms différents – avec et dans le territoire, avec la nature et dans la relation avec elle. Cette cosmovision est recueillie dans le “mantra” de François : “Tout est lié” (n° 25). »

Du point de vue économique et social, l'Instrumentum Laboris est une apologie du communisme, déguisé en « communautarisme ». C’est en outre la pire forme de communisme : le collectivisme des petites communautés. En effet, selon le document, le projet du « bien vivre » (sumak kawsay) des aborigènes suppose  qu'il y a « une intercommunication à l’intérieur de tout le cosmos, où il n'y a ni excluants ni exclus ». La note explicative à propos du mot indigène renvoie à une déclaration de plusieurs entités indigènes, intitulée « Le cri du sumak kawsay en Amazonie », qui affirme que ce mot « est la Parole la plus ancienne et la plus nouvelle » (avec un P majuscule dans le texte ; c'est-à-dire, une Révélation divine) qui nous propose « un style de vie communautaire avec un seul et même SENS, PENSER et AGIR » (ici également, les majuscules sont dans le texte).

Cette phrase nous rappelle la dénonciation par Plinio Corrêa de Oliveira, en 1976, du tribalisme indigène comme une nouvelle étape encore plus radicale de la Révolution anarchique : « Le structuralisme voit dans la vie tribale une synthèse illusoire entre l’apogée de la liberté individuelle et du collectivisme consensuel, dans lequel ce dernier finit par dévorer la liberté. Dans un tel collectivisme, les différents « moi » et personnes individuelles, avec leur pensée, leur volonté, leur sensibilité et manières d'être, caractéristiques et divergentes, se fondent et se dissolvent, selon eux, dans la personnalité collective de la tribu qui engendre une pensée, une volonté, et manière d’être intensément communes ».

Ce que propose l'Instrumentum Laboris n'est pas autre chose, en définitive, qu’une invitation à l'humanité à faire le dernier pas vers l'abîme final de la Révolution anti-chrétienne : l'anarcho-primitivisme de John Zerzan et du terroriste Unabomber.

José Antonio Ureta

© leblogdejeannesmits pour la traduction.



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19 juin, 2019

“Instrumentum Laboris” du synode pan-amazonien : une lecture critique

L’Instrumentum Laboris (instrument de travail) en vue du synode Pan amazonien qui se tiendra en octobre prochain à Rome a été publié en langue espagnole le 17 juin. Il tient (hélas) les promesses du document préparatoire, déjà imprégné de syncrétisme religieux que j'ai commenté ici : (« Le synode pour l'Amazonie sur un vecteur pour la théologie indienne ») et ici : (« anticolonialisme et prise en compte des spiritualités païennes »).

Dans ses premières parties que je vous propose de découvrir succinctement ici, l’Instrumentum Laboris adopte un langage de reconnaissance et d'appréciation systématique, jusqu'à l’absurde, des formes de vie indigènes en Amazonie. Le mythe du bon sauvage n'est pas loin, pas plus que celui de l'avènement ici-bas d'un monde idéal atteint grâce à l'harmonie avec la nature.

J'ai traduit quelques passages de ces premières parties : les citations ci-dessous ne constituent donc pas la traduction officielle du texte et elles sont choisies de manière à mettre en évidence certaine constantes. Arrivée à peu près à la moitié de l’Instrumentum – j'espère avoir le temps d'aller plus loin dans les jours qui viennent – je suis bien obligée de constater que les notions classiques de l'évangélisation sont spectaculairement absentes.

Première remarque : l'Amazonie devient ici une sorte de lieu idéal et idéalisé, victime d'indicibles injustices qu'il faut réparer en revenant le plus possible au statu quo antérieur, en même temps qu'elle est présentée comme une sorte d'idéal de la vie religieuse en tant que lien avec le Dieu créateur.

Dans la suite de cet article, je retiens la numérotation du document. Les citations traduites intégralement sont en caractères romains, les résumés sont en italique, mes éventuels commentaires sont en gras.

Enfin, la traduction n'est pas des plus élégantes, je suis allée vite pour aller à l'essentiel. Pardon pour les fautes de frappe !

*

2. Reconnaître l’irruption de l'Amazonie comme un sujet nouveau. Ce nouveau sujet, qui n'a pas été considéré suffisamment dans le contexte national ou mondial ni dans la vie de l’Eglise est aujourd'hui un interlocuteur privilégié.

Pardon pour le charabia : je restitue ce que je lis. L'Amazonie est donc devenu une entité avec laquelle on dialogue « en Eglise »

3. (…) Se laisser interpeller sérieusement par les périphéries géographiques existentielles. Ce processus doit se poursuivre pendant et après le synode comme un élément central de la vie future de l’Eglise. (…)

Central, vous avez bien lu. Si l'Eglise est désorientée,  serait-ce parce qu'elle se tourne insuffisamment vers l’Amazonie ?

5. L'Eglise toujours plus synodale est en contact avec « la réalité contrastée d'une Amazonie pleine de vie et de sagesse »; il faut voir et écouter dans la logique d’Evangelii Gaudium,  juger et agir à travers la conversion écologique de Laudato si’;  juger et agir à travers la conversion à la synodalité ecclésiale exposée dans Episcopalis communio.

 Tout cela constituait-il donc un plan dont on espère nous faire vivre l'aboutissement à l'automne prochain ?

6.  Ce paragraphe reconnaît le don de la Providence que fut l’évangélisation de l’Amérique latine malgré la colonisation militaire, politique et culturelle et au-delà de l’avarice et de l’ambition des colons. Rappel du don de leur vie par de nombreux missionnaires. Mais : « Fréquemment, l'annonce du Christ s’est réalisée en connivence avec les pouvoirs qui exploitaient les ressources et opprimer les populations. »

7. Aujourd’hui l'Eglise a l'occasion historique de se différencier nettement des nouveaux pouvoirs colonisateurs en écoutant les peuples d'Amazonie pour pouvoir exercer avec transparence son rôle prophétique. La crise socio-environnementale ouvre de nouvelles opportunités pour présenter le Christ dans toute sa potentialité libératrice et humaine. (…)

Heureuse faute, acte II ? Amazonie est ensuite présentée comme « source de vie ».

8. La vie en Amazonie s’identifie entre autres choses avec l’eau. L'Amazonie est comme l'artère du continent et du monde, elle coule comme les veines de la flore et de la faune du territoire, comme demeure de ses peuples, de ses cultures et de ses expressions spirituelles. Comme dans l'Eden, l'eau est source de vie, mais aussi connexion entre les différentes manifestations de la vie, où tout est lié.

On n'est pas loin de la divinisation des éléments de la nature, qui est d'ailleurs propre aux « expressions spirituelles » indigènes.

9. Elle régule les cycles de l'eau, de l'énergie et du carbone au niveau planétaire…  Selon des experts internationaux l'Amazonie est la deuxième zone la plus vulnérable de la planète après l'Arctique, relativement au changement climatique d'origine anthropogénique.

 On l’attendait, celui-là !

Vie en abondance

11. Jésus offre une vie en plénitude, une vie pleine de Dieu, vite salvifique (zoe) qui commence dans la création et qui se manifeste dans ce qu’il y a de plus élémental dans la vie (bios). En Amazonie, elle se reflète en son abondante biodiversité et les cultures. C'est-à-dire une vie pleine et intègre, une vie qui chante, un chant à la vie, comme le chant des rivières. C'est une vie qui danse et qui représente la divinité dans notre relation à elle. (…)

??? Je répète : ???

Le bien vivre

12. La recherche par les peuples indigènes d'Amazonie de la vie en abondance se concrétise dans ce qu'ils appellent le « bien vivre ». Il s'agit de vivres en « harmonie avec soi-même, avec la nature, avec les êtres humains et avec l'être suprême, puisqu'il y a une intercommunication entre tout le cosmos, où il n'y a ni excluant ni exclu, où nous puissions tous forger un projet de pleine vie.”

Une note précise qu’il s’agit là du « cri du sumak kawsay en Amazonie » : les enseignements ancestraux des peuples indigènes. Cette expression traduite par « bien vivre » signifie le rejet de la modernité capitaliste. S'il faut en croire ce site,  cette notion « associe des apports culturels occidentaux et modernes tels que le marxisme, anarchisme, féminisme et l'écologie ». Son langage est très présent dans l'ensemble du document.

13. Une telle compréhension de la vie se caractérise par la connectivité et l'harmonie des relations entre l'eau, le territoire et la nature, la vie communautaire et la culture, Dieu et les différentes forces spirituelles. Pour eux, « bien vivre » c'est comprendre la centralité du caractère relationnel transcendant des êtres humains et de la création, et cela suppose un « bien faire ».  On ne peut pas déconnecter les dimensions matérielles et spirituelles. Ce mode intégral s'exprime dans leurs propres manières de s'organiser, qui part de la famille et de la communauté, et qui embrasse un usage responsable de tous les biens de la création. Certains d'entre eux parlent de cheminer vers la « terre sans maux » ou à la recherche de « la colline sainte » ; des images qui reflètent le mouvement et la notion communautaire de l’existence.

« Dieu et les différentes forces spirituelles » ? Quelles sont-elles ? Quelle est cette marche vers un paradis communautaire ici-bas ? Je crois qu'il n'est pas nécessaire de faire un dessin.

Vie menacée

14 Tous les droits fondamentaux des peuples originels menacés. Responsables:  Les entreprises d'extraction, souvent en connivence avec les autorités locales nationales et même les autorités traditionnelles indiennes. “ Comme le dit le pape François, ceux qui suivent de tels intérêts paraîtraient être déconnectés ou indifférents par rapport aux cris des pauvres de la terre.

15  Parmi tous les malheurs causés par cette situation d’exploitation, la vie en Amazonie est menacée par « la perte de sa culture originelle et  de son identité ( langue, pratiques spirituelles et coutumes) ».

La perte des  pratiques spirituelles animistes, polythéistes, chamaniques, immanentistes, avec le culte de la terre serait donc un grand malheur…

Défendre la vie, confronter l’exploitation

17  Les communautés consultées ont aussi insisté sur le lien entre la menace contre la vie biologique et la vie spirituelle, c'est-à-dire menace intégrale. (…) Prendre soin de la vie s’oppose à la culture du déchet, du mensonge, de l'exploitation et de l’oppression. En même temps, cela suppose de s’opposer à une vision insatiable de la croissance sans limites, à l'idolâtrie de l’argent, un monde déconnecté ( de ses racines, de son environnement), à une culture de mort. Pour résumer, la défense de la vie suppose la défense du territoire, de ses ressources ou biens naturels, mais aussi de la vie et de la culture des peuples,  la fortification de son organisation, la pleine exigibilité de ces droits et la possibilité d’être écouté. Pour reprendre les paroles de ces mêmes indigènes : « Nous, indigènes de Guaviare (Colombie) sommes-faisons partie de la nature parce que nous sommes eau, air, terre et vie du milieu ambiant créé par Dieu. C'est pourquoi, nous demandons que cessent les mauvais traitements et l'extermination de la Terre Mère. La terre a du sang et elle se vide de son sang, les multinationales ont coupé les veines de notre Terre Mère. Nous voulons que notre clameur indigène soit écoutée par tout le monde. »

« Nous sommes-faisons partie de la nature parce que nous sommes eau, air, terre et vie du milieu ambiant créé par Dieu.  »Relisez encore cette phrase: bien plus que « tout est lié », il s'agit de dire que tout est dans tout et réciproquement, de rejoindre l'idée selon laquelle l'homme n'est qu'un élément de la vie intégrale, voire de la conscience universelle.

Une clameur pour vivre

18.  Les menaces et les agressions contre la vie entraînent des clameurs, aussi bien des peuples que de la terre. Partant de ces clameurs comme lieu théologique (un lieu d'où l'on pense la foi) on peut entreprendre des chemins de conversion, de communion et de dialogue, des chemins de l’Esprit, d’abondance et du « bien vivre ». L'image de la vie et du « bien vivre » comme « chemin vers la colline sainte » implique une communion avec les pèlerins et avec la nature dans son ensemble, c’est-à-dire, un chemin d’intégration avec l'abondance de la vie, avec histoire et avec l’avenir. Ces nouveaux chemins se font nécessaires, vu que les grandes distances géographiques et la méga-diversité culturelle de l'Amazonie sont des réalités qui n'ont pas encore été résolues dans le domaine pastoral. (…)

Encore le charabia. Mais notez la qualification des « clameurs » comme « lieux théologiques » d'où part la conversion. La conversion écologique, cela va de soi.

Chapitre II. Territoire

Territoire,  Vie et révélation de Dieu

19. (…) Nous pouvons dire que l’Amazonie – ou tout autre espace territorial indigène ou communautaire –  n'est pas seulement un ubi (un espace géographique), mais que c'est aussi un quid,  c’est-à-dire, un lieu de sens pour la foi ou l'expérience de Dieu dans l'histoire. Le territoire est un lieu théologique depuis lequel on vit la foi, c'est aussi une source singulière de révélation de Dieu. Ces espaces sont des épiphanies où se manifeste la réserve de vie et de sagesse pour la planète, une vie et une sagesse qui parle de Dieu. En Amazonie se manifestent les « caresses de Dieu » qui s'incarne dans l’histoire.

« Epiphanie », la jungle amazonienne et ses dangers terrifiants, ses tribus soumises aux sorciers (qui ne sont décidément pas des enfants de chœur) ?

Un territoire où tout est lié

21. (…) Dans le territoire amazonien il n'existe pas de partie qui puisse subsister par elle-même avec seulement des relations extérieures, il s'agit plutôt de dimensions qui existent constitutivement en relation, formant un tout vital. D’où vient que le territoire amazonien offre un enseignement vital pour comprendre intégralement nos relations avec les autres, avec la nature et avec Dieu, comme l'affirme le pape François.

Enfoncés, Aristote et saint Thomas – et toute l'indicible richesse de notre héritage chrétien !

Territoire d'espérance et du « bien vivre »

24.  L’Amazonie est le lieu de la proposition du « bien vivre », de promesses et d'espérance pour de nouveaux chemins de vie. La vie en Amazonie est intégrée et unie au territoire, il n'y a ni séparation ni division entre les parties. Cette unité englobe toute l'existence : le travail, le repos, les relations humaines, les rites et les célébrations. Tous se partage, les espaces privés – typiques de la modernité – sont minimes. La vie est un chemin communautaire où les tâches et les responsabilités se divisent et se  partage en fonction du bien commun. Il n'y a pas de place pour l'idée de l’individu détaché de la communauté ou de son territoire.

Relisez bien : le mirage communiste n'est pas loin.

25. La vie des communautés amazoniennes qui n'ont pas encore été affectées par l'influence de la civilisation occidentale, se reflète dans la croyance et dans les rites concernant l'action des esprits, de la divinité –  que l'on nomme de nombreuses manières – avec et dans le territoire, avec la nature et en relation avec elle. Cette cosmovision se résume dans le mantra de François : « Tout est lié. »

Le vocabulaire est ici intéressant, puisque le pape François est crédité d'un « mantra » quasi panthéiste et que les croyances en l’action des esprits que l'on obtient grâce à des rites ne sont pas critiquées. Est-il nécessaire de dire qu'elles sont pourtant très gravement contraires à notre foi et que ces rites d'appel des esprits sont tout aussi gravement interdits comme relevant du commerce avec les démons ?

26. L'intégration de la création, de la vie considérée comme une totalité qui embarque toute l’existence, est au fondement de la culture traditionnelle qui se transmet de génération en génération à travers l'écoute de la sagesse ancestrale, réserves vives de la spiritualité et de la culture indigène. Cette sagesse inspire le soin et le respect de la création, avec une conscience claire de ses limites, interdisant qu’on en abuse. Abuser de la nature, c'est abuser des ancêtres, des frères et des sœurs, la création et du créateur, en hypothéquant l’avenir.

Bons sauvages… Mais attention, plus loin on dénonce justement ce nom de « sauvages ».

27.  Les cosmovisions  amazoniennes et chrétiennes sont toutes les deux en crise…

CHAPITRE III Le temps (Kairos)

Temps de grâce

28.  L’Amazonie vit un moment de grâce, un Kairos. Le synode d'Amazonie est ainsi le temps où l’Esprit Saint ouvre de nouveaux chemins…

29.  Les peuples amazoniens originels ont beaucoup à nous apprendre. Reconnaissons que depuis des milliers d’années ils prennent soin de leur terre, de l'eau et de la forêt, et qu'ils ont réussi jusqu'à aujourd'hui à les préserver pour que l'humanité puisse bénéficier de la jouissance des dons gratuits de la création de Dieu. Les nouveaux chemins d'évangélisation doivent se construire en dialogue avec ces sagesses ancestrales où se manifestent les semences du Verbe.

J’ai acheté il n'y a pas si longtemps un livre sur les us et coutumes de certaines tribus d’Amazonie. Les sagesses ancestrales laissent, je vous l'assure, pas mal de choses à désirer.

Temps d’inculturation et d’interculturalité

30. L'Eglise s'est faite chair en montant sa boutique – son “tapiri” (?) – en Amazonie. Se confirme ainsi un cheminement qui a commencé avec le concile Vatican II pour toute l’Eglise…  ( dialogue interculturel)  La diversité originelle qu'offre la région de l’Amazonie – biologique, religieux et culturel – évoque une nouvelle Pentecôte.

Le ton de ce paragraphe est étrange mais aboutit bien à la  glorification d'une nouvelle approche de l’évangélisation. On y voit surtout la contradiction entre la Pentecôte qui est la venue du Saint Esprit après la mort et la résurrection du Christ et son  assimilation à la « diversité originelle » qui serait en quelque sorte constitutive d’un bien en soi.

Temps d’espérance

33.  Le synode d'Amazonie se convertit ainsi en un signe d'espérance pour le peuple d'Amazonie et pour toute l'humanité. C'est une grande occasion pour que l'Eglise puisse découvrir la présence incarnée et active de Dieu : dans les manifestations les plus diverses de la création, dans la spiritualité des peuples originels ; dans les expressions de la religiosité populaire ; dans les différentes organisations populaires qui résistent aux grands projets ; dans la proposition d'une économie productive, durable et solidaire qui respecte la nature. Ces dernières années la mission de l'Eglise est réalisée dans l'alliance avec les aspirations et les luttes pour la vie et pour le respect de la nature des peuples amazoniens et de leurs propres organisations.

La présence incarnée et active de Dieu n'est plus ici le Christ vrai Dieu et vrai homme avec nous jusqu'à la fin des temps : elle se manifeste à travers la matière de la création et la « spiritualité des peuples originels ». Nous nageons ici, ce me semble, en pleine hérésie relativiste.

34.  Par la force du Saint Esprit, l'Eglise, identifiée avec cette histoire de croix et de résurrection, veut apprendre, dialoguer et répondre avec espérance et allégresse au signe des temps, ensemble avec les peuples d’Amazonie. Nous espérons qu’un tel apprentissage, que ce dialogue et cette co-responsabilité, puissent aussi s'étendre à tous les coins de la planète qui aspire à la plénitude intégrale de la vie dans tous les sens du mot. Nous croyons que ce Kairos de l’Amazonie, comme temps de Dieu, convoque et provoque, c'est un temps de grâce de libération, de mémoire et de conversion, de défis et d’espérance.

Tous en pagne !
Et puis, quelle étrange manière de parler de l'histoire du salut (« cette histoire de croix et de résurrection »)… 

Chapitre IV. Dialogue.

36. Comme l'Amazonie est un monde pluriethnique, pluriculturel et pluri-religieux, la communication, et par tant l’évangélisation exigent des rencontres et des convivialités qui favorisent le dialogue. …

37.  Le dialogue pour tous.  Le dialogue de recherche l’échange, le consensus et la communication, les accords et les alliances, « mais sans perdre la question de fond », c’est-à-dire la « préoccupation pour une société juste, capable de mémoire et sans exclusion”.  Pacte social et culturel : Pour ce pacte, l'Amazonie représente un pars pro toto,  un paradigme, une espérance pour le monde.

Depuis quand la question de fond est-elle la préoccupation pour une société juste, capable de mémoire et sans exclusion ? La grande question n'est-elle pas celle de notre salut individuel dans le bonheur éternel auprès de Dieu ?

Dialogue avec les peuples amazoniens.

38. Il faut un dialogue à propos des blessures infligées par les longues périodes de colonisation aux peuples amazoniens.  De nombreux obstacles à une évangélisation dialogique et ouverte à l'altérité culturelle sont de caractère historique et se cachent derrière certaines doctrines pétrifiées.

L’important, c’est de bouger, ensemble et différents mais toujours en mouvement ! C'est la dimension hégélienne qui se cache derrière cette Novlangue.

Dialogue et apprentissage

39.  De nombreux peuples amazoniens sont constitutivement dialogiques et communicatifs. Il existe un ample et nécessaire champ de dialogue entre les spiritualités, les credos et les religions amazoniennes qui exigent un rapprochement cordial des diverses cultures. Le respect de cet espace ne signifie pas relativiser ses propres convictions, mais consiste à reconnaître d'autres chemins qui cherchent à élucider le mystère inépuisable de Dieu. L’ouverture non sincère à l’autre, ainsi qu'une attitude corporatiste, qui réserve le salut exclusivement à son propre credo, sont destructrices de ce même credo. C'est ce qu'a expliqué Jésus au docteur de la loi dans la parabole du bon samaritain. L'amour vécu dans n'importe quelle religion est agréable à Dieu. (…)

Je vous renvoie ici à la déclaration d'Abu Dhabi, on n'en est pas si loin.
Notons aussi que la mention d'une « attitude corporatiste » pour rejeter, sans la nommer, la vérité « Hors de l'Eglise, point de salut », confine au génie. Marxiste, bien sûr.

40.  Le dialogue en faveur de l’avenir de la Planète et de la vie relève de la Pentecôte…  Nous découvrons notre identité à partir de la rencontre avec l’autre, à partir des différences et des coïncidences qui nous montrent l'opacité de la réalité et du mystère de la présence de Dieu.


En clair : la vérité est bien trop complexe et multiforme pour que nous n'ayons pas besoin des trésors de la sagesse primitive, y compris pour comprendre nos propres croyances.

PARTIE II  la clameur de la terre et des pauvres

57  Voici les “PIAV”, peuples indigènes volontairement isolés du monde qui  résistent au modèle actuel de développement économique prédateur, génocide, écocide.


Et combien juste est leur résistance aux influences occidentales, comprend-on à travers ce paragraphe et les suivants.

61 Dénonce le défaut de reconnaissance des droits territoriaux des indigènes et des PIAV

62 Il faut défendre leurs droits et leurs territoires et prévoir une pastorale d’ensemble pour les grandes zones frontalières.

Les familles amazoniennes

75.  C’est dans les familles que palpite la cosmovivance. Il s'agit de diverses connaissances et pratiques millénaires dans des domaines variés comme l'agriculture, la médecine, la chasse et la pêche, en harmonie avec Dieu, la nature et la communauté. C'est aussi dans la famille que se transmettent les valeurs culturelles, comme l'amour de la terre, la réciprocité, la solidarité, le vécu du présent, le sens de la famille, la simplicité, le travail communautaire, l’organisation propre, la médecine et l'éducation ancestrale. En outre la culture orale (histoire, croyance et chant), avec ses couleurs, ses habits, son alimentation, ses langues et ses rites font partie de cet héritage qui se transmet en famille. En définitive, c'est dans la famille qu’on apprend à vivre en harmonie : entre peuples, entre générations, avec la nature, en dialogue avec les esprits.

Le « dialogue avec les esprits » est vraiment de trop, à moins qu'il ne s'agisse aux yeux des rédacteurs de l’essentiel. Je vous renvoie aux remarques ci-dessus sur le commerce avec les démons.

76.  Dénonciation du fait qu'on ait appelé des indigènes « sauvages » ou « primitifs ».
Parmi les recommandations de ce chapitre, il faut :

– écouter le chant qui s'apprend famille comme mode d'expression de la prophétie dans le monde amazonien.


Quelle prophétie ? Venant d'où ?

  Promouvoir le rôle de la femme en reconnaissant son rôle fondamental dans la formation et la continuité des cultures, dans la spiritualité, dans les communautés et les familles. Il est nécessaire d'assumer le rôle de leadership féminin au sein de l’Eglise.

Cela était déjà esquissé dans le document préparatoire : la spiritualité et la culture indigènes ne conçoivent pas l'homme sans la femme ni la femme sans l'homme ; c'est une dualité que l'Eglise devrait donc respecter, y compris sur le plan liturgique. Un point à creuser.

— Affirmer une pastorale familiale suivant les indications de l'exhortation apostolique Amoris laetitia… qui accompagne, intègre et n'exclut pas la famille blessée.  Une pastorale sacramentelle qui fortifie et console chacun sans exclure personne. Une formation permanente des agents pastoraux tenant compte des récents synodes et de la réalité familiale en Amazonie.


 La communion pour tous ?
*** 

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