12 avril, 2016

Réaction du cardinal Burke à “Amoris laetitia”

Je vous propose ci-dessous des extraits de la réflexion publiée cet après-midi dans le “New Catholic Register” par le cardinal Raymond Burke à propos d'Amoris laetitia. Il y exhorte à une lecture conforme au magistère constant de l'Eglise, rappelant que le document « n'est pas un acte du magistère ». La traduction a été faite par mes soins, sans relecture de la part du cardinal Burke. Le texte français complet et autorisé sera publié très prochainement par l'Homme nouveau. Il est très important de le lire dans son intégralité : je signalerai bien évidemment la parution sur ce blog.– J.S.


Les médias séculiers et même certains médias catholiques ont décrit la récente exhortation apostolique post-synodale Amoris laetitia, sur l'amour dans la famille, comme une révolution au sein de l'Église, comme un changement radical de l'enseignement et de la pratique de l'Eglise sur le mariage et la famille tels qu'ils ont existé jusqu’à présent.
Une telle vision du document est à la fois source d'étonnement et de confusion pour les fidèles, et constitue potentiellement une source de scandale non seulement pour les fidèles mais pour d’autres personnes de bonne volonté qui attendent du Christ et son Eglise qu’ils enseignent et reflètent dans la pratique la vérité concernant le mariage et son fruit, la vie de famille, la première cellule de la vie de l'Eglise et de toute société. (…)

Le cardinal Burke à Rome en janvier 2015
© photo Olivier Figueras
La seule clef d’interprétation correcte d’Amoris laetitia est l'enseignement constant de l'Eglise, et sa discipline qui conserve et promeut cet enseignement. Le pape François dit très clairement, d’emblée, que l'exhortation apostolique post-synodale n'est pas un acte du magistère (No 3). La forme même du document le confirme. Il est écrit comme une réflexion du Saint-Père sur les travaux des deux dernières sessions du Synode des évêques. (…)

Comment donc faut-il recevoir le document ? Avant tout, il doit être reçu avec le profond respect dû Pontife romain en tant que Vicaire du Christ, ainsi que le définit le Concile oecuménique Vatican II : « le principe perpétuel et visible et le fondement de l'unité qui lie entre eux soit les évêques, soit la multitude des fidèles » (Lumen Gentium, 23). Certains commentateurs font la confusion entre ce respect et une obligation supposée de devoir « croire de foi divine et catholique » (canon 750 § 1) tout ce que contient le document. Mais l'Église catholique, tout en insistant sur le respect dû à l'office pétrinien institué par Notre Seigneur lui-même, n'a jamais tenu que chaque déclaration du successeur de Saint-Pierre doive être reçue comme faisant partie de son magistère infaillible. (…)

Tout au long de son histoire, l’Eglise a été très sensible à cette tendance erronée à interpréter chaque parole du pape comme liant la conscience, ce qui est évidemment absurde. Selon la définition traditionnelle, le pape a deux corps, le corps qui est le sien en tant que membre individuel des fidèles, et qui est sujet à la mortalité, et le corps qui est le sien en tant que Vicaire du Christ sur terre qui, selon la promesse de notre Seigneur, perdure jusqu'à son retour dans la gloire. Le premier corps est son corps mortel, le deuxième corps est l'institution divine de l'office de saint Pierre et de ses successeurs. (…)

Avec la publication d’Amoris laetitia, la tâche des pasteurs et autres enseignants de la foi est de la présenter à l'intérieur du contexte de l'enseignement et de la discipline de l'Eglise, afin qu'elle serve à édifier le Corps du Christ dans la première cellule de la vie, qui est le mariage et la famille. En d'autres termes, l'Exhortation apostolique post-synodale ne peut être correctement interprétée, en tant que document non magistériel, qu’en utilisant la clef du magistère telle qu'elle est décrite dans le catéchisme de l'Église catholique (85-87). (…)

La nature pastorale de la doctrine se voit de manière éloquente dans l'enseignement de l'Eglise sur le mariage et la famille. Le Christ lui-même montre la nature profondément pastorale de la vérité de la foi dans son enseignement sur le saint mariage dans l'Évangile (Matthieu, 19, 3-12), où Il enseigne à nouveau la vérité du plan de Dieu sur le mariage « depuis l'origine ». (…)

Au cours de plus de 40 ans de vie et de ministère sacerdotal, au cours desquels j'ai servi 21 ans comme évêque, j'ai connu de nombreux autres couples engagés dans une union irrégulière, dont moi-même ou l’un de mes confrères prêtres avions la charge pastorale. Alors même que leur souffrance devait être évidente pour n'importe quelle âme douée de compassion, j'ai vu toujours plus clairement au fil des ans que le premier signe de respect et d'amour pour eux est de leur dire la vérité avec amour. De cette manière, l'enseignement de l'Eglise n'est pas quelque chose qui les blesse davantage mais qui, en vérité, les libère pour l'amour de Dieu et de leur prochain. (…)

Au cours des ans, et d'une manière particulière au cours de ces deux dernières années, j'ai rencontré beaucoup d'hommes et de femmes qui pour une raison quelconque, sont séparés ou divorcés de leur époux ou de leur épouse, mais qui vivent dans la fidélité à la vérité de leur mariage en continuant de prier quotidiennement pour le salut éternel de leur époux ou de leur épouse, même si celui-ci ou celle-ci là les a abandonnés. Au cours de nos conversations, ils reconnaisse les souffrances que cela entraîne, mais par dessus tout ils évoquent la paix profonde qui est la leur en restant fidèles à leur mariage. (…)

Cardinal Raymond Burke



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09 avril, 2016

“Voice of the Family” publie une première analyse critique d'“Amoris Laetitia”

“Voice of the Family”, une coalition d'associations provie et pro-famille a publié cet hier soir une analyse critique de l'Exhortation apostolique “Amoris Laetitia”. Je vous en propose ici ma traduction. On notera particulièrement la citation tronquée et hors contexte de “Gaudium et Spes”. – J.S.



La promulgation de l'Exhortation apostolique Amoris Laetitia par le pape François marque la conclusion d'un processus synodal qui a été dominé par des tentatives visant à saper la doctrine catholique sur les questions relatives à la vie humaine, au mariage et à la famille ; sur des questions qui comprennent, mais qui ne se limitent pas à l’indissolubilité du mariage, la contraception, les méthodes artificielles de reproduction, homosexualité, l'idéologie du genre et les droits des parents et des enfants. Ces tentatives en vue d'altérer la doctrine catholique affaiblissent le témoignage de l'Eglise en faveur des vérités d’ordre naturel et surnaturel et ont menacé le bien-être de la famille, spécialement les plus faibles ou les plus vulnérables.

L'Exhortation apostolique Amoris Laetitia est un document très long, qui aborde une vaste quantité de sujets relatifs à la famille. De nombreux passages reflètent fidèlement l'enseignement catholique mais cela ne peut en aucun cas atténuer la gravité des passages qui sapent l'enseignement et la pratique de l'Eglise catholique. Voice of the Family a l'intention de présenter des analyses complètes des problèmes sérieux que pose le texte au cours des jours et des semaines à venir.
Voice of the Family exprime d'emblée un certain nombre d'inquiétudes, avec le plus grand respect pour l'office pontifical ; et ce uniquement en raison d’un désir sincère d'assister la hiérarchie dans la proclamation de la doctrine catholique sur la vie, le mariage et la famille, et pour promouvoir le bien authentique de la famille et de ses membres les plus vulnérables.
Nous considérons qu’en soulevant les problèmes suivants nous remplissons notre devoir tel que l’expose clairement le code de droit canonique :
« Selon le savoir, la compétence et le prestige dont ils jouissent, ils ont le droit et parfois le devoir de donner aux Pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l’Église et de la faire connaître aux autres fidèles, restant sauvent l’intégrité de la foi et des mœurs et la révérence due aux Pasteurs, et en tenant compte de l’utilité commune et de la dignité des personnes » (canon 212 §3).
Permettre au « divorcés remariés » d'accéder à la communion
Amoris Laetitia, au cours du chapitre 8, paragraphes 291 à 312, propose nombre d'approches qui préparent la voie à l'accès des catholiques « divorcés remariés » à la communion sans véritable repentance ni changement de vie. Ces paragraphes présentent :
1. Un exposé confus de l'enseignement de l'Eglise sur la nature et les effets du péché mortel, sur l'imputabilité du péché, et sur la nature de la conscience.
2. L'utilisation d'un langage idéologique au lieu de la terminologie traditionnelle de l'Eglise.
 3. Le recours à des citations isolées et trompeuses de documents ecclésiaux antérieurs.
Un exemple particulièrement troublant d'une citation inexacte de l'enseignement antérieure se trouve au paragraphe 298 dans la déclaration du pape Jean-Paul II dans Familiaris Consortio, selon laquelle il existe des situations où, « pour de graves motifs – par l'exemple l'éducation des enfants –, remplir l'obligation de la séparation ». Cependant dans Amoris Laetitia la deuxième moitié de la phrase du pape Jean-Paul II, qui affirme que de tels couples « prennent l'engagement de vivre en complète continence, c'est-à-dire en s'abstenant des actes réservés aux époux » (FC 84), est omise.
En outre, dans la note de bas de page qui accompagne cette citation trompeuse, nous lisons :
« Dans de telles situations, de nombreuses personnes, connaissant et acceptant la possibilité de vivre “comme frères et sœurs” que l’Eglise leur offre, soulignent que si certaines expressions d’intimité font défaut, “il arrive souvent que la fidélité coure des risques et le bien des enfants être compromis” (Concile œcuménique Vatican II, Constitution pastorale sur l’Eglise dans le monde moderne Gaudium et Spes 51. » 
Le document se réfère en effet à cette opinion erronée mais n'explique pas pourquoi il s'agit d'une approche fausse qui consiste en ceci :
1.  Tous les actes sexuels en dehors d'un mariage valide intrinsèquement mauvais et il n'est jamais possible de justifier un acte intrinsèquement mauvais, fût-ce en vue d'obtenir une bonne fin.
2. « La fidélité est mise en péril » par des actes d'intimité sexuelle en dehors du mariage mais la fidélité se vit lorsque deux individus au sein d’une union invalides s'abstiennent de l'intimité sexuelle par fidélité à leur union originelle, qui demeure valide.
 3. La citation implique que les enfants vont souffrir parce que leurs parents, avec l'aide de la divine grâce, vivent chastement. Au contraire, de tels parents donnent à leurs enfants un exemple de fidélité, de chasteté et de confiance en la puissance de la grâce de Dieu.

Le document cite Gaudium et Spes mais le passage est cité hors contexte et ne soutient pas l'argument avancé. Le contexte dit clairement que Gaudium et Spes parle de catholiques mariés, dans le contexte de la procréation, et non pas de ceux qui cohabitent au sein d'une union invalides. La phrase complète est celle-ci :
« Là où l’intimité conjugale est interrompue, la fidélité peut courir des risques et le bien des enfants être compromis : car en ce cas sont mis en péril et l’éducation des enfants et le courage nécessaire pour en accepter d’autres ultérieurement. »
Il est donc difficile de ne pas en conclure que l'exhortation apostolique est en train au moins de soulever l'éventualité selon laquelle des actes sexuels adultères pourrait dans certains cas être justifiés et qu'il a mal cité Gaudium et Spes dans l'objectif apparent de donner un fondement à cela.
D’autres approches qui sapent la doctrine catholique sur la réception des sacrements seront soulevés par Voice of the Family prochainement.

Les droits parentaux et l'éducation sexuelle
Amoris Laetitia comprend une section intitulée « Oui à l’éducation sexuelle »  (paragraphes 280 à 286).  Cette section recouvre plus de 5 pages sans même nommer les parents une seule fois. A l’inverse on y fait référence aux « institutions éducatives ». Mais l'éducation sexuelle, « droit et devoir fondamentaux des parents doit toujours se réaliser sous leur conduite attentive, tant à la maison que dans les centres d'éducation choisis et contrôlés par eux » (Jean-Paul II, Familiaris Consortio n° 37).
L'omission de cet enseignement fait gravement défaut aux parents au moment où les droits parentaux concernant l'éducation sexuelle sont sous le coup d’attaques graves et répétées dans de nombreuses nations du monde et dans le cadre des institutions internationales. Dans ce chapitre, Amoris Laetitia ne cite aucun des documents antérieurs de l'Eglise qui affirment clairement ce droit ; mais il cite un psychanalyste, Erich Fromm, associé à l'École de Francfort. Les références antérieures du document aux droits parentaux au paragraphe 84, quoique bienvenues, ne compensent pas le fait que les parents aient été exclus de ce chapitre.

 Les unions homosexuelles
Amoris Laetitia, dans la continuité d'une approche adoptée dans les documents synodaux antérieurs, implique que les unions de couples de même sexe peuvent présenter une certaine stabilité et peuvent avoir une sorte de similarité voire de relation au mariage. L’Exhortation déclare :
« Nous devons reconnaître la grande variété des situations familiales qui peuvent offrir une certaine protection, mais les unions de fait, ou entre personnes du même sexe, par exemple, ne peuvent pas être placidement comparées au mariage » (§ 52).
Il y a de forte pression dans les institutions internationales en vue de faire abolir le concept traditionnel de la famille à travers l'adoption d'un langage qui fait référence à la variété ou à la diversité des formes familiales. L'idée selon laquelle les unions de même sexe font partie d'une de la grande variété des situations familiales est précisément ce contre quoi les groupes pro-famille se battent. En ayant recours à ce langage l'exhortation apostolique sape le travail du mouvement pro-famille en vue de protéger la véritable définition de la famille et ainsi de protéger les enfants qui dépendent de la structure familiale voulu par Dieu pour leur bien-être et pour leur sain développement.
Il faut noter que dans le paragraphe 251 l'enseignement authentique de l'Eglise, selon lequel « il n’y a aucun fondement pour assimiler ou établir des analogies, même lointaines, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille », est réaffirmé.

Idéologie du genre
Amoris Laetitia avalise un aspect central de l'idéologie du genre en affirmant qu'il est nécessaire d'insister sur le fait que le sexe biologique et le genre socioculturel peuvent être « distingués mais non séparés » (paragraphe 56). Cette acceptation du principe sous-jacent de la théorie du genre sape la critique, par ailleurs bienvenue dans le document, de l'idéologie et de ses effets. La notion fausse selon laquelle le sexe biologique peut être distingué de ce qu'on appelle le genre a d'abord été proposée au cours des années 1950 et elle constitue le fondement de l'idéologie du genre. L'opposition aux conséquences de « l'idéologie du genre » sera impossible si son premier principe erroné est accepté.

Les atteintes à la vie humaine innocente
Amoris Laetitia échoue à prendre la mesure de la menace contre les enfants à naître, les vieillards et les handicapés. Selon des estimations prudentes plus d'un milliard d’enfants à naître ont été détruits par l'avortement au cours du siècle dernier. Mais dans un document qui veut relever les défis auxquels la famille fait face – un document de 264 pages – il n'y a que quelques mentions, en passant, de l'avortement. La destruction causée par les méthodes artificielles de reproduction n’est pas non plus mentionnée alors que celles-ci ont causé la perte de millions de vies humaines. L'absence d’une prise en compte sérieuse des atteintes à la vie à naître dans ce contexte constitue une grave omission.
Il y a également très peu de références à l'euthanasie et au suicide assisté malgré les pressions croissantes en vue de les faire légaliser dans le monde entier. Le fait de n'avoir pas évoqué cette menace de manière adéquate constitue également une omission très regrettable.

Contraception
Amoris Laetitia échoue à reformuler de manière adéquate l'enseignement catholique sur le recours à la contraception. Il s'agit d'une omission troublante vu que la séparation des fins procréative et unitive de l'acte sexuel est un catalyseur de premier plan pour la culture de mort, et qu'il y a une désobéissance massive ainsi qu'une ignorance à l’égard de l'enseignement de l'Église dans ce domaine précisément parce que la hiérarchie à manqué à son devoir de communiquer cette vérité. La manière dont le document aborde la conscience souffre également de défauts à la fois dans le paragraphe 222 qui parle de la paternité responsable, et dans le chapitre 8 qui évoque l'accès au sacrement de ceux qui se trouve en situation d'adultère public. Le paragraphe 303 est particulièrement inquiétant, notamment lorsqu'il affirme :
« Mais cette conscience peut reconnaître non seulement qu’une situation ne répond pas objectivement aux exigences géné­rales de l’Évangile. De même, elle peut recon­naître sincèrement et honnêtement que c’est, pour le moment, la réponse généreuse qu’on peut donner à Dieu, et découvrir avec une certaine as­surance morale que cette réponse est le don de soi que Dieu lui-même demande au milieu de la complexité concrète des limitations, même si elle n’atteint pas encore pleinement l’idéal objectif. De toute manière, souvenons-nous que ce discernement est dynamique et doit demeurer toujours ouvert à de nouvelles étapes de croissance et à de nouvelles décisions qui permettront de réaliser l’idéal plus pleinement. »
Cette assertion semble faire sien une mauvaise interprétation de la loi de la gradualité et elle suggère que dans certaines occasions le péché n'est pas seulement impossible à éviter mais même activement voulu par Dieu pour telle personne. Cela serait clairement inacceptable.

Conclusion
Ce texte ne constitue qu'une brève introduction aux très nombreux problèmes que l'on rencontre dans Amoris Laetitia. Il va falloir l’étudier de manière plus approfondie afin de mettre au jour toutes les implications du texte mais il est déjà extrêmement clair que le document ne parvient pas à fournir un exposé clair et fidèle de la doctrine catholique et qu'il conduit immanquablement vers des conclusions qui auraient pour résultat des violations de l'enseignement immuable de l'Eglise catholique, et des disciplines qui sont fondés sur lui. Notre analyse initiale  soulève suffisamment de raisons pour considérer ce document comme une menace pour l'intégrité de la foi catholique et pour le bien authentique de la famille.
Nous réitérons une nouvelle fois que nous exprimons ces critiques avec une grand respect envers la charge pontificale, tout en ayant conscience de nos devoirs en tant que laïcs catholiques vis-à-vis du bien de l'Eglise, et de nos devoirs en tant que militants provie et pro-famille, qui devons travailler à protéger la famille et ses membres les plus vulnérables.

Voice of the family est une coalition internationale de 26 organisations provie et pro-famille, qui était présente à Rome à la fois au cours du Synode extraordinaire en 2014 et du Synode ordinaire sur la famille en 2015. Contact : enquiry@voiceofthefamily.com.


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08 avril, 2016

Exhortation “Amoris laetitia” : premières impressions

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Un texte très long, très bavard, et recelant beaucoup ambiguïtés par la multiplication de considérations casuistiques : voilà ma première impression de l’exhortation post-synodalesur la famille rendue publique ce vendredi à 12 heures. Une analyse approfondie – qui prendra du temps vu les 246 pages que compte la version française d’Amoris laetitia – permettra me semble-t-il de constater que bien des aspects inquiétants du rapport final y sont maintenus. Celui-ci est d’ailleurs largement cité. Mais des pans entiers de la question de la crise de la famille semble tragiquement absents.
Il en va ainsi de la contraception, évoquée surtout en tant que pratique imposée par les pouvoirs publics et non dans sa dimension omniprésente dans le monde occidental et ailleurs, y compris parmi la majorité des époux catholiques. Humanae vitae, trop brièvement cité, avait pourtant prophétiquement annoncé la destruction de la famille et l’effondrement de l’ordre social et du respect de la femme par cette pratique contraire aux lois de Dieu… mais peut-on encore parler des lois de Dieu ? Ne serait-il pas temps de dire le lien qui existe entre contraception et divorce ?
C’est particulièrement sur la question des divorcés « remariés » et de leur « intégration » dans l’Eglise, comme sur celle des éléments positifs à chercher dans les unions de fait, que le document suit, mais de manière ambiguë, les recommandations sur une plus grande ouverture. Le chapitre 8 sème la confusion et disqualifie au moins en apparence le discours trop « doctrinal ».
La question se pose même : va-t-on pouvoir se contenter de réclamer une lecture conforme à la tradition, comme l’a déjà fait le cardinal Brandmuller ? Ou se battre pied à pied contre le texte lui-même ? C’est une question dont il serait imprudent de faire l’économie.
Dès le paragraphe 3 le ton est donné :
« Bien entendu, dans l’Église une unité de doctrine et de praxis est nécessaire, mais cela n’empêche pas que subsistent différentes interprétations de certains aspects de la doctrine ou certaines conclusions qui en dérivent. »
C’est ce dont rêvaient les partisans de la communion pour les divorcés « remariés » après avoir constaté que la doctrine ne serait pas changée.
Le pape François « ne recommande pas une lecture générale hâtive » du document. La journaliste que je suis – et non la théologienne, je ne veux parler qu’à mon modeste niveau de compétence – se permettra tout de même de livrer des impressions immédiates. Il y a de belles choses, forcément. Des citations magnifiques. Des considérations patelines auxquelles le pape nous a habitués. Par moments on a davantage l’impression de la prédication d’une retraite avec de nombreuses considérations concrètes ?
Quelques tartes à la crème sur la « société patriarcale » et les « discriminations à l’égard des femmes » ; il y a aussi l’appel à ne pas tomber « dans le piège de nous épuiser en lamentations auto-défensives, au lieu de réveiller une créativité missionnaire » ;  rejet clair en revanche de l’idéologie du genre, mais enfin Jean-Paul II l’a fait définitivement, et de quelle façon !
Le 8e chapitre est le plus contestable. Il présente des considérations qui relèvent de l’accompagnement spirituel personnel et se situe dans cette logique présentée de manière ambiguë. « La route de l’Église est celle de ne condamner personne éternellement ; de répandre la miséricorde de Dieu sur toutes les personnes qui la demandent d’un cœur sincère » : rien à dire. Mais plus loin François écrit : « Personne ne peut être condamné pour toujours, parce que ce n’est pas la logique de l’Évangile ! » J’ai dû mal le lire.
Il est indirectement suggéré (§297) que les personnes en situation matrimoniale irrégulière puissent faire le catéchisme, voire « prêcher » pourvu qu’elles ne fassent pas « ostentation d’un péché objectif comme si ce péché faisait partie de l’idéal chrétien ».
Le pape met en garde contre « les affirmations trop rigides » de la doctrine : alors qu’il est là pour enseigner la doctrine et que le confesseur est là pour l’appliquer avec discernement. Pas de « recettes simples », dit le pape. Demander à des divorcés remariés de vivre comme frère et sœur ? « Risqué », répond la note 329 citant Gaudium et spes.
Il faut « discerner » si les exclusions liturgiques, pastorales, éducatives « peuvent être dépassées ».
La question de la communion des divorcés remaries est clairement ouverte et laissée à l’interprétation subjective dans la note 336. On retrouve dans le §300 la question du for interne, avec un appel à éviter la « double morale » mais un manque d’affirmation des règles d’accès à l’Eucharistie considérée comme médicament et non comme incorporation au Christ avec tout ce que cela suppose.
D’où l’insistance sur les « circonstances atténuantes » dans le paragraphe suivant :
« Il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite “irrégulière” vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante. Les limites n’ont pas à voir unique­ment avec une éventuelle méconnaissance de la norme. Un sujet, même connaissant bien la norme, peut avoir une grande difficulté à saisir les “valeurs comprises dans la norme”. »
Et § 305 : « Par conséquent, un Pasteur ne peut se sentir satisfait en appliquant seulement les lois morales à ceux qui vivent des situations ‘‘irrégulières’’, comme si elles étaient des pierres qui sont lancées à la vie des personnes. C’est le cas des cœurs fermés, qui se cachent ordinairement derrière les enseignements de l’Église « pour s’asseoir sur la cathèdre de Moïse et juger, quelquefois avec supériorité et superficialité, les cas difficiles et les familles blessées ».
Le souci pastoral du pape François ne fait pas de doute. Il est question du salut certes, mais ici tout semble devenir acceptable comme chemin de salut.
Le Christ n’a pas appelé Marie-Magdeleine, comme l’écrit François, à une « vie plus digne », mais à une conversion radicale !

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07 avril, 2016

Le cardinal Walter Brandmüller invite à interpréter l'exhortation post-synodale selon Catéchisme de l'Eglise catholique

C’est vendredi que sera présentée l’exhortation post-synodale Amoris Laetitia (on est loin des titres Casti Connubii ou Familiaris consortio des temps jadis) ; on ne sait encore la place et la teneur de ce qui y portera sur les amours illicites ou les amours dont la joie est devenue absente au point de provoquer des divorces. Mais une déclaration du cardinal Walter Brandmüller publiée ce mercredi sur le site catholique autrichien kath.net laisse songeur.
Le cardinal allemand de curie, aujourd’hui à la retraite – il a 87 ans qu’il ne fait pas – a cru devoir déclarer que le pape est lié par les dogmes de l’Eglise tels qu’ils sont notamment exposés dans le Catéchisme de l’Eglise catholique.
Maike Hickson a traduit ses propos vers l’anglais pour The Wanderer, c’est à partir de cette traduction que je les restitue ici.
Le cardinal Brandmüller dit : « L’enseignement magistériel de l’Eglise (le dogme) est qu’un mariage validement contracté et consommé ne peut être dissous par aucun pouvoir au  monde – pas même par l’Eglise. » Et il cite de récents rappels de cette vérité qui a été enseignée par le Christ Lui-même, par Familiaris Consortio et le Catéchisme de l’Eglise catholique.
Tout aussi clairement, le cardinal Brandmüller rappelle que « celui qui, en dépit d’un lien matrimonial déjà existant, entre dans une nouvelle union civile après un divorce, commet l’adultère » et que, tant qu’un catholique « ne veut pas mettre fin à cette situation », « ne peut recevoir ni l’absolution dans la confession, ni l’Eucharistie (la communion) ». Tout autre chemin serait « voué à l’échec » en raison de son « absence de vérité intrinsèque ».
Il poursuit : « Cela vaut aussi pour la tentative d’intégrer dans l’Eglise ceux qui vivent au sein d’un “second mariage” invalide en leur permettant d’exercer des fonctions liturgiques, catéchétiques et autres ». » Cela conduirait l’intéressé à se trouver dans une situation de « conflit » et d’« embarras » tout en « nuisant à la crédibilité de ce que l’Eglise proclame ».
De telles propositions « se révèlent être des tentatives – à l’aide de la tactique du salami – en vue d’admettre ces couples à recevoir les sacrements ». Chercher une « voie de sortie », pour permettre des exceptions, est une « impasse », ajoute le cardinal. « Ce qui est fondamentalement impossible pour des raisons de foi est également impossible dans les cas individuels ».
Il appartient dès lors aux évêques et aux prêtres de faire preuve de « compréhension et de compassion » à l’égard des fidèles à qui ils apporteront une « assistance pastorale », dit le cardinal.
Il conclut par une phrase qui a déjà fait couler beaucoup d’encre : « L’exhortation post-synodale est donc à interpréter à la lumière des principes énoncés ci-dessus ; spécialement parce qu’une contradiction entre un document pontifical et le Catéchisme de l’Eglise catholique est inconcevable. »
Pourquoi se donner la peine d’écrire cette évidence ? Et d’ailleurs, pourquoi faire les rappels qui précèdent, simple énoncé de la doctrine traditionnelle, s’il n’y a de toute façon ni contradiction ni ambiguïté dans l’Exhortation ? Peut-être est-ce pour prévenir les fausses interprétations médiatiques. On peut aussi y voir un contre-feu. Une prise en compte de la confusion que pourrait susciter le document.
S’il est nécessaire de préciser qu’il faut l’interpréter à la lumière de la doctrine de l’Eglise, cela semble vouloir dire que celle-ci n’est pas forcément visible de prime abord, voire qu’elle semble être contredite mais ne l’est pas au fond, ou qu’il faut se garder de l’interpréter selon les apparences.

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05 avril, 2016

L’avortement a poussé une mère abandonnée au suicide : Jade Rees, 21 ans, est morte à cause de son chagrin

Jade Rees
C’était une mère seule. Jade Rees avait 21 ans, un enfant de deux ans, et une énorme peine au cœur. Une de ces femmes ballottées par la vie telle qu’on nous la prêche aujourd’hui, déjà abîmée par des épisodes d’anorexie et de dépression. Elle avait trouvé un nouveau petit ami. S’était retrouvée enceinte de nouveau. Après avoir appris la nouvelle de la grossesse, le jeune homme était parti avec une autre. Jade choisit d’avorter. Trois semaines plus tard, c’est en écoutant une chanson d’Ed Sheeran, Small Bump (« petite bosse ») qui raconte la douleur d’un père après une fausse couche, qu’elle s’est pendue. Son avortement l’a tellement fait souffrir qu’elle en a été poussée au suicide.
Jade Rees n’a pas supporté la pensée de cet avortement qui la hantait tous les jours. Quelques semaines plus tard, elle a pris une surdose de médicaments : emmenée à temps aux urgences par son père, elle a eu la vie sauve. Elle a vu une psychiatre en formation, qui n’a pas pensé qu’elle repasserait à l’acte, tant Jade avait insisté sur le fait qu’elle voulait être près de son fils aîné dont elle s’occupait, de l’avis de tous, fort bien. Le Dr Dr Easodhavidhya Elangomo, frappée par l’impulsivité de la jeune femme, avait toutefois demandé au père de Jade de la « surveiller ».
C’est au retour d’un feu de joie traditionnellement organisé en Angleterre pour marquer le souvenir d’un attentat manqué contre le Parlement au XVIIe siècle, le 3 novembre dernier – quelques jours après cet épisode, que Jade a parlé avec ses parents de son désarroi à propos du départ de son petit ami. Elle devait se pendre le lendemain matin.
Jade laissait des lettres à ses parents et à son petit garçon pour dire qu’elle les aimait. Où elle se disait aussi « dévastée », détruite par l’avortement qu’elle avait subi.
Ce geste, ce « droit », cette « liberté » pour les femmes lui a fait plus de mal encore que la rupture. Elle qui aimait tant son fils, qui était « tout pour elle » comme elle l’écrivait dans sa lettre, n’a pas supporté d’avoir été à l’origine de la mort de son deuxième enfant. C’est en tout cas celui-ci qui était dans ses pensées au moment de mourir.
L’avortement fait deux victimes : l’enfant et la mère… Et toutes celles qui vivront avec la peine de ces morts violentes. 

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02 avril, 2016

Photo : des feux de passages piétons au goût des LGBT. C'est à Utrecht, aux Pays-Bas



Le 9 mars, la ville néerlandaise d'Utrecht inaugurait son premier feu piéton LGBT-compatible,
dans le centre historique de la ville.

Utrecht rejoint ainsi les pionniers de ces passages piétons « gay-friendly », Vienne et Lisbonne.

Chaque feu coûte la bagatelle de 2.000 euros.


 

La revue pour enfants Kidsweek a jugé l'information adaptée à son lectorat,elle publie un article qui montre les feux de Vienne (ci-dessus).

Vert, c'est pour les lesbiennes, elles peuvent marcher.Rouge, c'est pour les gays, ils n'ont qu'à rester sur place.
Pour les daltoniens, c'est toujours la confusion.
Les hétéros doivent sans doute traverser ailleurs. 


Mais pas ici :





Ça, c'est le passage piéton arc-en-ciel qui est déjà installé depuis l'année dernière
à Utrecht. Tant pis s'il est moins visible pour les automobilistes, surtout la nuit.

Aux Pays-Bas, il est plus important de traverser dans les clous
que de respecter la loi morale.



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Les évêques, le Premier ministre Beata Szydlo et de nombreux hommes politiques pour l’interdiction totale de l’avortement en Pologne

Beata Szydlo soutient ouvertement l'initiative provie
Une proposition de loi qui fait actuellement l’objet d’une récolte de signatures en vie d’être présentée au Parlement par voie de pétition populaire recueille une adhésion de plus en plus large. La loi polonaise sur l’avortement est déjà l’une des plus restrictives d’Europe, mais l’arrivée au pouvoir du PiS, Parti de la loi et de la justice, constitue une occasion inédite pour mettre fin aux trois exceptions qui aujourd’hui permettent d’avorter sans suites pénales. Le  Premier ministre, la catholique Beata Szydło, a déjà fait savoir qu’elle soutenait la réforme, tout comme nombre d’élus et de responsables politiques ; et aussi l’Eglise de Pologne. Ce dimanche, un court communiqué des évêques devra être lu à toutes les messes dans toutes les paroisses pour rappeler l’importance de la défense de la vie.
Les trois exceptions qui permettent depuis 1993 d’avorter dans un cadre légal en Pologne – tout ce qui reste de la loi très libérale de l’époque communiste – sont les suivantes : en cas de danger pour la vie ou la santé de la mère, quand la grossesse résulte d’un viol ou que l’enfant est porteur d’un handicap grave et irréversible ou une maladie incurable qui constitue une menace pour sa vie.
L’annonce de l’initiative a évidemment provoqué une levée de boucliers en Europe et parmi les féministes du monde entier, dont la presse s’est emparée avec enthousiasme. La proposition polonaise est dénoncée comme rétrograde, régressive voire criminelle.
Avant toute chose il faut donc rappeler quelques points précis. La nouvelle loi – rédigée par l’Institut Ordo Iuris – affirme la protection de tous les enfants dès l’instant de la conception. Mais elle précise explicitement que le médecin qui provoque la mort d’un enfant à naître en tentant de sauver la vie de la mère ne sera pas puni : c’est le cas par exemple lorsque une hystérectomie pratiquée sur une femme enceinte pour empêcher un cancer de se répande cause sans la rechercher la mort de l’enfant qu’elle porte.
La proposition ne se focalise pas non plus sur les éventuelles sanctions contre la femme qui avorte : elles sont laissées à la discrétion des juges. En revanche, elle augmente la peine pour ceux qui pratiquent l’avortement et pour ceux qui font du mal aux femmes enceintes ou qui les forcent à avorter par la ruse ou par la menace. Elle affirme aussi le devoir de l’Etat de venir en aide aux parents d’enfants handicapés ou ayant des besoins particuliers.
Il ne s’agit donc nullement d’une loi inhumaine qui ne prendrait pas en compte la détresse des femmes ou les pressions dont elles font souvent l’objet.
Le soutien de Beata Szydło a été exprimé à titre personnel : elle n’a pas voulu commenter le texte de loi proposé « parce qu’il n’existe pas encore ». Mais elle a déclaré sans hésitation : « Quant à mon opinion, celle de Beata Szydło  – oui, je soutiens cette initiative. »
C’est aussi le cas Jarosław Kaczyński, leader du PiS, qui a ajouté à propos des élus de son parti : « Si je devais faire une prédiction, je dirais que l’écrasante majorité, sinon tous, voteront pour le texte. » A la grande satisfaction de Mariusz Dzierżawski de la Fondation Droit à la Vie qui a, la première, proposé d’amender la loi en vigueur.
Du côté d’Ordo Iuris, qui a traduit cette volonté en termes législatifs, on met l’accent sur la nécessité de ce changement. « J’espère que les politiques présenteront un front moral uni », a déclaré l’un de ses juristes, Jerzy Kwaśniewski : « Si nous voulons rétablir l’ordre en Pologne, nous devons commencer par la chose la plus fondamentale : la protection de la vie humaine. »
Les Polonais y sont sensibles : la Fondation Droit à la Vie n’a pas hésiter à placarder des affiches montrant la réalité de l’avortement à travers le pays, faisant prendre conscience qu’il met violemment fin à une vie humaine.
La décision des évêques de faire lire en chaire dans toutes les paroisses, le dimanche 3 avril, une déclaration favorable au changement législatif vient agrandir les chances de l’initiative qui doit réunir 100.000 signatures pour pouvoir figurer à l’ordre du jour du Parlement.
La date de cette lecture n’a pas été choisie au hasard : la fête de l’Annonciation, Journée du caractère sacré de la vie, est solennisée cette année le lundi 4 avril, à l’issue de l’Octave de Pâques, du fait que le 25 mars coïncidait avec le Vendredi Saint.
Les évêques de Pologne soulignent qu’« en ce qui concerne la protection de la vie à naître, on ne peut pas accepter le compromis actuel ».
« La vie de chaque personne est protégée par le cinquième commandement du Décalogue : “Tu ne tueras pas !” Par conséquent, la position des catholiques à cet égard est claire et immuable : la vie de chaque être humain doit être protégée de la conception à la mort naturelle », affirme leur communiqué.
Rappelant que la Pologne fête en 2016 une année jubilaire, le 1050e anniversaire  de son baptême, les évêques demandent « à tous les hommes de bonne volonté, aux croyants et non-croyants, de prendre des mesures visant à la protection juridique complète de l'enfant à naître. Nous demandons aux parlementaires et à tous ceux qui exercent le pouvoir de prendre des initiatives et de mettre en place des programmes qui accorderaient une aide pratique aux parents d'enfants malades et d’enfants handicapés, et aussi à ceux conçus à la suite d'un viol. Que tous les Polonais prient pour la pleine protection de la vie humaine de la conception à la mort naturelle, à la fois dans notre pays et au-delà de ses frontières », conclut le texte, court et clair.
Il porte la signature de Mgr Stanisław Gądecki, archevêque métropolitain de Posnan, président de la Conférence des évêques de Pologne, de Mgr Marek Jędraszewski, archevêque métropolitain de Lodz, vice-présent de la Conférence des évêques, et de Mgr Artur G. Miziński, son secrétaire général.
Les médias occidentaux voient là une intolérable ingérence du religieux dans le politique, mais les évêques, s’ils s’expriment en tant que membres de la hiérarchie catholique, se fondent sur la loi naturelle et font appel à tous les hommes de bonne volonté. Seraient-ils les seuls à ne pas avoir le droit de s’exprimer en tant qu’hommes ?

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Avortement : et maintenant, Trump est pour ! Il veut le “statu quo”…

Dans une nouvelle volte-face, Donald Trump vient de dire à CBS qu'à la réflexion, il est pour le maintien du « statu quo » de la loi, c'est-à-dire pour le régime d'avortement libre introduit par Roe v. Wade. Tout au plus souhaiterait-il que les Etats fixent la loi en la matière.

Provie, Donald Trump ? Non, un candidat spécialiste du marketing qui varie au gré du vent.

En l'occurrence, c'était une tempête : dans un premier temps, cette semaine, Trump avait souhaité des peines pénales pour les femmes qui avortent, déclenchant une vague d'hostilité contre le mouvement pro-vie.

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Donald Trump a proposé de « punir » les femmes qui ont avorté : le monde provie américain est furieux

Comment Donald Trump a desservi la cause de la vie
(Source photo : LifeSiteNews)
Voilà la preuve que Donald Trump, qui proteste aujourd’hui si âprement de ses sentiments provie, n’a jamais réfléchi à tous les tenants et aboutissants de la réalité de l’avortement. Le spectaculaire candidat à l’investiture républicaine pour les prochaines élections présidentielles aux Etats-Unis a déclenché un torrent de critiques en déclarant, la semaine dernière, que l’avortement devait être interdit et qu’il faudrait imposer « une certaine forme de sanction » sur les femmes qui y ont recours.
Le tollé médiatique s’est instantanément déclenché. Non seulement la presse trouvait un nouveau motif pour décrier le candidat multimilliardaire, mais en outre celui déconsidérait en quelque secondes l’ensemble du mouvement provie, assimilable avec lui au plus inhumains des moralistes qui « veulent jeter les femmes en prison » selon l’expression consacrée.
A gauche, Trump et au-delà, tous les opposants à l’avortement, devenait le symbole de la répression. Les provie montraient enfin leur vrai visage.
Du côté des défenseurs de la vie, c’était la tristesse et la colère. Donald Trump risquait de réduire à néant des décennies d’expérience, de réflexion, de recherche d’une juste réponse au drame de l’avortement dont on ne sait que trop bien qu’il fait (au moins) deux victimes : l’enfant à naître et sa mère qui vit avec la conscience de l’avoir éliminé ; souvent aussi les proches – mari, frères et sœurs, famille. L’avortement, on le sait aussi, est souvent le résultat de pressions abominables sur la femme enceinte qui du fait de sa grossesse même est en état de fragilité. Lui promettre la prison, c’est lui signifier la double peine. C’est nier sa détresse – laissons cela aux partisans du « droit à l’avortement » qui rêvent de faire d’une tragédie un acte banal et un droit.
Nombreux sont donc les mouvements provie qui ont réagi vivement pour condamner la proposition de Donald Trump. « Priests for Life » a publié une tribune déplorant qu’il ait donné des allures de vérité aux caricatures du monde provie qui servent précisément à faire taire sa voix en faveur de la vie de l’enfant à naître ; les voilà assimilés à des fondamentalistes, de gens qui jugent  avec colère, et qui haïssent les femmes. Le titre dit tout : « Merci, Donald Trump, d’avoir donné un coup de pied dans les dents des provie qui se dévouent dans les ministère de guérison après l’avortement. »
L’association s’occupe précisément de venir en aide aux femmes qui ont avorté, en toute vérité et charité : pour qu’elles prennent conscience de leur acte, pour qu’elles puissent obtenir pardon et réconciliation, pour qu’elles trouvent une écoute bienveillante qui les aide à dépasser leur culpabilité, pour que leur souffrance soit prise en compte.
Plusieurs autres mouvements provie américains se sont insurgés contre les propos de Trump : Concerned Women for America, National Right to Life, March for Life ont dénoncé les paroles qui ne peuvent que blesser « les femmes qui choisissent l’avortement souvent sous le coup du désespoir, et qui ensuite regrettent profondément cette décision ».
Pain bénit pour ses adversaires de gauche, preuve du « charlatanisme » de Trump selon le président de campagne de Ted Cruz, puisque Trump a démontré qu’il n’y connaissait rien, le propos a été rapidement retiré par l’intéressé lui-même, peut-être après avoir été briefé par son équipe… « Le médecin ou toute autre personne accomplissant cet acte (devenu) illégal serait tenu pour légalement responsable, et non la femme. La femme est une victime dans cette situation, comme l’est la vie qui était en son sein… »
Tant mieux, mais trop tard pour faire cesser le flot de propos haineux qui se déversent désormais non seulement sur Trump, mais sur tous les provie des Etats-Unis.
Rappelons que le Centre Charlier et l’AGRIF ont publié il y a plusieurs années un le fruit d’un travail (auquel j’ai eu l’honneur de participer) sur la législation qui pourrait remplacer la loi Veil, « une loi pour la vie ». Celle-ci disposait que les responsables de la commission de l’acte pouvaient faire l’objet de poursuites et de sanctions, et non la femme qui s’y soumet.
Cette loi pour la vie, assortie de commentaires notamment sur la « dispense de peine » pour les femmes et ses raisons, peut être consultée ici.

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Intéressante analyse du symbole théologique de l’arc-en-ciel – et de son utilisation par la communauté LGBT

Je ne résiste pas au plaisir de vous soumettre cette thèse fort intéressante sur le signe de l’alliance de Dieu avec Noé – l’arc-en-ciel. Elle émane du professeur de théologie thomiste américain Taylor Marshall, créateur du New Saint Thomas Institute en ligne où il propose des formations de théologie aux internautes. Qu’il soit bien catholique ne semble pas être disputé. Qu’en diront les prêtres catholiques qui me font l’amitié de lire ce blog ? Cela m’intéresserait de connaître leur avis – et celui des fins connaisseurs de la Bible qui ne sont pas nécessairement des religieux – sur cette interprétation autour du symbole biblique qui aujourd’hui sert de drapeau à la communauté LGBT : le Rainbow Flag.
En hébreu, explique Taylor Marshall, l’arc-en-ciel dont parle la Bibile est désigné par le seul mot qui signifie « arc », comme dans « arc et flèches ». C’est l’arc, arme de combat. A l’époque, l’une des principales armes de chasse et de guerre.
« Ce signe d’alliance scelle la paix entre Dieu et l’humanité, mais bizarrement c’est une arme qui a pour finalité de donner la mort. C’est vraiment un signe étrange, quand on y pense », écrit Taylor Marshall.
Mais il fait observer que cela a un sens dès lors qu’on constate que cet « arc » est tendu non contre l’homme, mais contre Dieu. « Dieu a établi une arme symbolique dans le ciel qui prophétise sa mort en raison des péchés de l’humanité », précise-t-il. On peut objecter que Dieu ne meurt pas ; mais il est clair que la prophétie annonce le Christ, Fils du Père, vrai Dieu et vrai homme.
L’arc pointe vers Dieu :


Et donc la flèche qu’il va lâcher est dirigée vers le ciel, vers le Créateur. « Alors que la génération humaine de Noé avait péché et s’était rebellée contre Dieu, Dieu à son tour s’est engagé par alliance à ne plus jamais détruire l’humanité. Il a sauvé le petit reste avec Noé, puis Il a établi un signe selon lequel Dieu lui-même serait frappé par la flèche – et non l’homme. Dieu allait mourir. L’homme serait sauvé. Voilà l’alliance de Noé. »
Il est facile dès lors d’imaginer pourquoi les groupes homosexuels militants ont choisi l’arc-en-ciel comme leur logo, affirme Taylor Marshall. « L’arc-en-ciel renvoie à la promesse de Dieu de ne plus jamais engloutir les habitants de la terre par un déluge du fait de leurs perversion sexuelle (comme celle qui avait cours avant le Déluge). L’arc-en-ciel est la promesse de protection faite par le Seigneur, et l’humble bonne volonté par laquelle Dieu est prêt à assumer la mort qui punit le péché de l’homme. »
Vu sous cet angle, le choix du Rainbow Flag est une manière de tancer Dieu, de moquer sa bienveillance et sa miséricorde, et surtout son sacrifice. « L’arc-en-ciel, Satan le sait bien, est leur armure contre la colère de Dieu. »
C’est aussi le signe du Salut que Dieu offre à l’homme par la mort du Christ sur la croix et sa résurrection. Ce Salut sur lequel Dieu nous donne de compter – à condition cependant d’obtenir son pardon et d’invoquer sa grâce pour ne pas rester esclaves du péché.
Que le démon veuille détourner le symbole pour faire croire à l’homme que tout lui ai permis n’aurait en définitive rien d’étonnant.

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