29 janvier, 2016

L'Exhortation post-synodale contiendrait des éléments « profondément troublants »

Edward Pentin, vaticaniste très sérieux, a appris d'une source « fiable et bien informée » que le texte de l'exhortation apostolique post-synodale du pape François contient des éléments « profondément troublants » au regard de l'enseignement traditionnel de l'Eglise. Elle « remettrait en question la loi morale naturelle », selon un théologien moral du Vatican, qui a souhaité rester anonyme.

LifeSite rapporte que selon Pentin, la date prévue pour la publication du document est le 19 mars, fête de saint Joseph et 3e anniversaire de la messe inaugurale du pape. Participant à une session de formation sur la famille au Portugal, Mgr Paglia, président du Conseil pontifical pour la famille, vient d'annoncer que l'exhortation qui fait suite aux synodes sur la famille sera publiée avant la fin du mois prochain, comme je l'indiquais ici hier soir.

Plusieurs sources vaticanes ont indiqué à Edward Pentin que le principal rédacteur du texte est l'un des plus proches conseillers du pape, l'archevêque argentin Victor Manuel Fernandez, recteur de l'Université Pontificale Catholique d'Argentine, à Buenos Aires, et que le texte en serait à sa troisième mouture.

Une autre source, « haut responsable au Vatican », a dit à Pentin qu'il avait entendu dire « que le projet de texte était bon, mais que cela faisait “quelque temps” » : le responsable pensait que l'exhortation serait dans la ligne du rapport final du synode ordinaire. Le cardinal Burke a souligné les graves faiblesses de ce document. Je l'avais analysé ici à chaud.

On sait en tout cas quelle est la méthode de Mgr Fernandez, puisqu'il s'est exprimé sur la manière dont le pape procède pour obtenir « le changement ».

LifeSite rappelle également ses propos : « Le pape va lentement parce qu'il veut s'assurer de ce que que les changements produisent un effet profond. L'allure lente est nécessaire pour assurer l'efficacité des changements. Il sait qu'il y a des gens qui espèrent que le prochain pape reviendront sur tout. En allant lentement, c'est plus difficile de revenir en arrière… Il faut prendre conscience de ce qu'il vise une réforme qui soit irréversible », disait-il alors. LifeSite commentait cet entretien donné par Mgr Victor Manuel Fernandez en mai 2015 en rapportant a que, selon le conseiller du pape François, celui-ci « est convaincu que les choses qu'il a déjà écrites ou dites ne peuvent pas être condamnées en tant qu'erreurs. Donc, à l'avenir, n'importe qui peut répéter ces choses sans craindre de sanctions », disait-il.

Dans un autre entretien, Mgr Fernandez a évoqué l'un des paragraphes controversés du rapport final du synode extraordinaire, sur l'homosexualité, qui n'a pas reçu la majorité requise. « Il y a probablement eu un manque de volonté de dire, avec le pape François, « Qui sommes-nous pour juger les gays ? »

Andrea Gagliarducci, vaticaniste de la Catholic News Agency, a pour sa part rapporté en début de semaine que selon ses sources, le projet d'exhortation avait déjà été revu par trois fois par le pape François, et qu'il a fait l'objet d'un long commentaire – 40 pages ! –  assorti de remarques doctrinales de la part de la Congrégation pour la Doctrine de la foi.

Tout ne serait donc pas joué mais même si le pire n'est pas certain, le refus fréquent du pape de parler de manière claire et nette, ainsi que ses gestes controversés risquent de se retrouver dans ce document si attendu.

La neuvaine à Saint-Joseph ne sera pas de trop dans la perspective de sa publication.


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Mgr Paglia : l’exhortation post-synodale sur la famille sera publiée en mars par le pape François

ADDENDUM : Edward Pentin fait état de la présence d'« éléments profondément troublants », selon une source bien informée.

L’exhortation apostolique du pape François à la suite des synodes des évêques sur la famille sera publiée en mars, a indiqué le  président du Conseil pontifical pour la famille, Mgr Vicenzo Paglia. Le prélat a fait cette annonce lors des journées de formation du clergé de la province ecclésiastique du sud du Portugal, à Albufeira, rapporte l’agence catholique officielle du pays, Ecclesia. Mgr Paglia s’est dit « convaincu » que ce texte montrerait une Eglise « en sortie » (selon l’expression chère au pape François), proche des familles à tous les moments de la vie.
« Je suis convaincu que l’exhortation sera un hymne à l’amour, à un amour rempli de zèle pour le bien des enfants, qui sache être proche des familles blessées pour leur donner de la force, qui veut être proche des pus âgés, à un amour dont toute l’humanité a besoin », a-t-il dit.
C’est à titre personnel, en tant que responsable du Conseil pontifical pour la famille, que Mgr Paglia a poursuivi son intervention.
« Aujourd’hui, hélas, nous voyons un grand fossé entre la famille et la paroisse : les familles sont très peu ecclésiales, elles se tournent facilement vers elles-mêmes, tandis que les paroisses sont peu familiales, car elles se trouvent étouffées par le poids de la bureaucratie ou vieillies par le fonctionnarisme. Il y a peu de chaleur, peu d’accueil, peu d’accompagnement », a-t-il déclaré.
Et pan sur les prêtres qui se retrouvent à la tête de dix ou vingt clochers, devant des assemblées vieillissantes, et une jeunesse qui ne sait plus rien de sa foi – mais est-ce la faute à la « bureaucratie » ? Quelle est la « chaleur » qui attirera les jeunes familles ? L’embrasement du sacré, le feu d’une foi vive et d’une liturgie digne et belle ? Ou autre chose ?
Mgr Paglia s’est également exprimé sur les « divorcés remariés » et le couples vivant dans des unions de fait :
« Le défi pour les chrétiens est d’être à leurs côtés, sans leur mettre d’étiquette, sans les critiquer… l’Eglise doit parler pour changer. C’eût été dramatique si Jésus n’avait pas parlé avec la Samaritaine. Voilà quelle est l’attitude du pape François : être à côté, chercher le côté positif de la question et le faire croître. »
On se rappellera cependant que le « côté positif » recherché par le Christ lorsqu’il posa son regard d’amour et de bienveillance sur la Samaritaine consista à lui dire d’aller chercher son mari, puis : « Tu as raison de dire que tu n'as pas de mari, car tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n'est pas ton mari : là, tu dis vrai. » Voilà des paroles qui ne cherchent pas précisément à maintenir le statu quo, mais à mettre en lumière la vérité d’une situation, pour permettre à cette femme d’en sortir – pour aller vers le vrai bien, cette eau vive qui étanche toute soif d’amour…
Il ne lui a pas parlé de son dévouement à son cinquième mari.

On trouvera ici les informations données par Edward Pentin sur le projet d'Exhortation et ses « éléments profondément troublants ».

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26 janvier, 2016

« Ne poursuivez pas David Daleiden ! » La pétition de soutien à celui qui a révélé le trafic d'organes de fœtus de “Planned Parenthood”

Mardi, un « grand jury » du Texas saisi d'une enquête à l'encontre du Planning familial à la suite des vidéos cachées qui ont révélé un infâme trafic d'organes de bébés avortés, a décidé de classer sans suite les accusations. Dans le même mouvement, il a décidé de l'inculpation, de la mise en examen de deux militants du Center for Medical Progress, David Daleiden et Sandra, pour avoir proposé d'acheter des organes fœtaux alors que la loi du Texas l'interdit. Leur but était pourtant de révéler et de dénoncer ce trafic auquel le Planning semblait vouloir consentir avec empressement dans la dizaine de vidéos mises en ligne l'an dernier.


LifeSiteNews a mis en ligne une pétition de soutien à David Daleiden : c'est par là

Soulignant l'horreur des pratiques mises au jour par Daleiden et son équipe, la pétition dénonce la décision de faire passer le jeune homme devant le tribunal alors qu'il s'est contenté d'avoir recours « aux méthodes acceptées du journalisme d'investigation infiltré ».

Les signataires demandent au grand jury de Harris County de retirer les « accusations absurdes » à l'encontre de David Daleiden et de porter leur attention sur « les pratiques inhumaines de Planned Parenthood, qui utilise les corps des bébés qu'ils ont tués pour en tirer du profit ».

David Daleiden a rendu un insigne service aux enfants à naître : il ne faut pas le laisser seul face à une justice aberrante.


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15 janvier, 2016

Contre la confusion dans l’Eglise : le cardinal Burke encourage les catholiques à « prendre le ciel d’assaut » par un rosaire mensuel

HeavenByStorm-1026x233.jpgLe cardinal Raymond Burke a demandé aux catholiques fidèles de « prendre le ciel d’assaut » en se joignant d’intention à lui pour une messe qu'il célébrera chaque mois et en récitant le chapelet ce jour-là. Il a lancé cet appel à l’association de laïcs catholiques Catholic Action for Faith and Family, lors d’une messe qu’il a célébrée le 8 décembre dernier, affirmant la nécessité de prier pour obtenir espérance et conseil pour sortir de la situation actuelle de confusion dans l’Eglise.
L’association a créé un site internet pour soutenir cette initiative « Storm Heaven » afin que les « soldats du rosaire » puisse s’y joindre nommément à ce qui ressemble à un effort de guerre : une guerre qui ne peut être gagnée sans le secours divin. Objectif : un million !
Le porte-parole de l’association, Thomas McKenna, a présenté l’initiative à LifeSiteNews il y a quelques jours :
« En tant que catholiques nous nous trouvons au cœur d’une crise générale de la culture. Nous semblons perdre la bataille contre le mariage homosexuel, nous voyons le Planned Parenthood tuer des bébés et vendre leurs corps par morceaux, et personne ne fait rien pour y mettre fin ; et l’euthanasie arrive par la petite porte », a-t-il souligné, à quoi s’ajoute le fait que la « confusion » au sein de l’Eglise elle-même trouve sa source dans des déclarations publiques faites par des hautes figures de sa propre hiérarchie.
« Le cardinal Burke reçoit les confidences de catholiques du monde entier et il croit qu’ils sont en danger de se décourager et de se laisser abattre. Il leur dit que la réponse réside dans la prière emplie d’espérance. Alors nous proposons un moyen pour se battre, en s’unissant dans la prière », a poursuivi McKenna.
Le cardinal Burke s’est engagé à célébrer la messe du 1er de chaque mois aux intentions générales et personnelles des « soldats du rosaire », chacun d’entre eux promettant à son tour de prier aux intentions de tous.
Les fidèles qui s’inscrivent sur le site s’engagent de leur côté à dire le chapelet le 1er de chaque mois pour « prendre le ciel d’assaut », répondant en cela à une exhortation déjà ancienne – le bienheureux Pie IX disait dans hésiter : « Je ferai la conquête du monde si j'avais une armée qui dise le chapelet. »
Parmi les intentions personnelles et générales proposées par Storm Heaven : la famille, institution si attaquée à travers le monde, la conversion des pécheurs à la vraie Foi, la rédemption de chaque âme, la sanctification de chaque catholique, la grâce d’être un soldat fidèle du Christ dans le combat contre le monde, la chair et le démon, les grâces nécessaires pour mettre fin à l’avortement, pour faire cesser l’offensive de la révolution homosexuelle, pour revenir sur la légalisation du mariage homosexuel, pour arrêter l’avancée du suicide assisté et de l’euthanasie, pour mettre fin à la culture de mort sous toutes ses formes et pour établir la culture de vie dans toutes les âmes, dans tous les esprits et dans tous les cœurs, et pour chaque nation sur terre.
S’y ajoutent des prières pour l’Eglise elle-même : « Pour notre sainte Mère l’Eglise, afin que Notre Seigneur guide le pape, les évêques et tous les membres du clergé vers la sainteté en toutes choses, qu’ils soient de fidèles pasteurs, des phares de vérité, les défenseurs du bien… Que toute confusion soit chassée des cœurs et des esprits de tous et que la lumière de la vérité les éclaire. »
Pour s’inscrire – en anglais pour l’heure – c’est par là.

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Le Planning familial américain porte plainte contre les vidéos clandestines qui ont révélé son trafic d’organes de bébés avortés

C’est ce jeudi que le Planned Parenthood américain a porté plainte contre le Center for Medical Progress (CMP) responsable de la mise en ligne de vidéos clandestines mettant au jour le trafic d’organes d’enfants à naître auquel se sont livrés de multiples établissements du principal pourvoyeur d’avortements aux Etats-Unis. Le Planning familial américain s’appuie notamment que la loi RICO, une loi fédérale sanctionnant le racket et la corruption et dont la cible est la mafia…
Le mémoire déposé par le Planning accuse le CMP, une « entreprise criminelle complexe conçue et mise en œuvre par des extrémistes anti-avortement » d’avoir utilisé des « enregistrements illégaux pratiqués à grande échelle » pour « diaboliser le Planned Parenthood, pour harceler et intimider son personnel dévoué, pour interrompre ses opérations et, au bout du compte, pour entraver l’accès des femmes à l’avortement légal ».
La plainte a été déposée à Irvine en Californie, et vise à obtenir des indemnités civiles de la part du CMP en tant qu’organisation mais aussi, de la part plusieurs de ses responsables pris individuellement, parmi lesquels son enquêteur principal, David Daleiden.
Ils accusent le CMP et ses responsables d’avoir utilisé des faux moyens d’identification et d’avoir trompé le Planning sur la véritable nature de l’entreprise « BioMax » qui proposait l’achat des organes et des tisses des bébés avortés afin d’obtenir des rendez-vous avec les responsables et enregistrer les conversations subséquentes en vue de leur publication.
La publication de ces vidéos, largement relayée par les sites d’information libres tels LifeSiteNews, a révélé des pratiques horrifiantes dont des responsables du Planning parlaient sur un ton patelin, en avalant un verre de vin ou une salade ; par la parole ou par les images, les manœuvres pratiquées pour obtenir des organes voir des fœtus intacts ont été montrées au grand jour.
Parmi la dizaine de vidéos publiées, plusieurs montrent comment des responsables du Planning discutent les prix pour obtenir le plus possible de la fourniture des organes, des tissus ou des fœtus entiers.
Le Planned Parenthood a riposté en avançant l’intérêt de ces prélèvements pour la recherche médicale, le fait qu’il se serait contenté d’obtenir un simple « dédommagement », et la « manipulation » des vidéos qui aurait permis de lui donner le mauvais rôle. Mais un groupe d’experts lié au parti démocrate n’a pas confirmé ce dernier point, assurant que les séquences coupées n’avaient probablement « pas d’intérêt » – pour certaines vidéos, l’ensemble des images tournées a d’ailleurs été rendue publique.
Le visionnage de ces vidéos ne laisse pas croire que le Planning se serait contenté de rentrer dans ses frais et montre au contraire de nombreuses pratiques « barbares » selon le CMP.
Celui-ci a réagi en qualifiant la poursuite de « frivole », visant uniquement à lancer une contre-offensive contre le journalisme d’investigation qui « n’a rien fait d’autres que de dire la vérité sur les opérations illégales du Planning » américain. « C’est une manœuvre désespérée… Ils sont confrontés à une vérité horrifiante qu’ils ne peuvent justifier », a souligné Diane Black, élue au Congrès.
Le Planning n’a en effet aucun moyen qui lui permette de prétendre que les vidéos ne sont pas authentiques et ne disent pas la vérité sur ses pratiques.

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01 janvier, 2016

Chers lecteurs, bonne et sainte année 2016 !

En ce début de l’an de grâce 2016, les vœux que je formule pour vous tous, chers lecteurs, ne se contenteront pas des formules classiques : bonheur, prospérité, santé… et le paradis à la fin de vos jours, encore que je ne puisse rien vous souhaiter de meilleur. L’année qui vient de s’écouler exige davantage de gravité. Courage, lucidité, force, persévérance, obstination même dans la fidélité à des vérités de plus en plus battues en brèche, voilà sans doute ce qu’il nous faudra à tous dans les mois qui viennent.
Annus horribilis entre tous pour ceux de notre génération qui n’avons pas connu de guerre ni de crise grave dans l’Eglise, 2015 aura été celle d’une succession incessante d’événements majeurs que nul n’aurait pu prévoir il y a quelques années seulement.
Sur le plan humain, la déferlante migratoire, manifestement lâchée sur l’Europe de manière délibérée, a frappé le plus durement les anciens pays de l’Est, les pays alémaniques et scandinaves, et dans une mesure moindre mais réelle les pays de culture latine. Sans l’invitation clairement lancée par Angela Merkel, sans ce qui apparaît comme une forme de complicité de toutes les grandes puissances, cela ne se serait sans doute pas produit, ou en tout cas pas aussi vite. Dans l’Europe des berceaux vides les migrants islamiques remplacent une population vieillissante.
L’histoire nous apprend que la faiblesse démographique et la décadence morale sont un mélange explosif. On peut construire des murs mais à quoi serviront-ils s’ils protègent un espace qui se vide et qui s’affaiblit ? La réponse à cette menace – qui n’est pas sans précédent dans l’histoire européenne – ne saurait être uniquement politique, même si elle doit aussi l’être. Elle requiert un redressement intellectuel et moral, comme nous l’apprenait Jean Madiran ; elle exigera sans doute aussi rien moins qu’un miracle. C’est en nom Dieu qu’il faut mener bataille, sans oublier jamais qu’Il est le maître de l’histoire et attend que les hommes se tournent vers lui…
Toute initiative politique qui passe délibérément à côté de cette réalité est vouée à l’échec. Tant qu’il n’y aura pas de mouvement qui affirme explicitement l’importance du respect de toute vie naissante, la défense du mariage naturel et le droit éducatif des parents et de l’enseignement libre et conforme à la morale naturelle, les combats resteront vains parce que la déliquescence progressera. C’est pourquoi je ne m’étendrai pas sur la politique partisane en France, si ce n’est pour souligner que les circonstances actuelles en Europe favorisent partout des recompositions, et que dans bien des pays, ces recompositions laissent la part belle à de nouvelles formations de gauche radicale et antireligieuse.
Sur le plan spirituel, nous avons vécu tout au long de cette année sous l’ombre d’un « synode sur la famille » qui a surgi comme une sorte de force révolutionnaire au sein de l’Eglise, avec des poussées qui menacent jusqu’aux fondations de la foi et de l’enseignement de l’Eglise sur les sacrements, et sa morale. Nous vivons quelque chose d’analogue à ce qui s’est passé à la faveur de Vatican II. La confusion est grande. J’ai essayé sur ce blog de rendre compte de ces événements inquiétants et je continuerai de suivre cette actualité qui est au cœur des préoccupations des catholiques.
On peut en effet savoir et croire que l’Eglise a les promesses de la vie éternelle sans verser dans l’illusion selon laquelle tout va pour le mieux. La résistance dans la défense de la foi et des vérités naturelles est de la responsabilité de chacun. Donner ces informations relève de mon devoir de journaliste catholique !
Il y a eu aussi la COP21, dont il ne faut pas sous-estimer l’importance et la signification. Au nom d’une relecture de la réalité de la création, et par le prétexte du « climat », c’est une manœuvre sans précédent pour créer un « consensus » de tous les grands de ce monde autour de mesures qui s’imposeront à chaque nation pour redistribuer les cartes financières, le pouvoir, l’industrie, et surtout pour reconstruire la morale assise désormais sur la « conscience écologique ». Le bien et le mal se définissent désormais par les répercussions de chaque acte sur « le climat ». C’est une nouvelle religion (mais elle est aussi fort ancienne…) qui exige foi, sacrifices, bonnes actions, respect des commandements, sous peine d’enfer sur terre et au service d’une « Planète » conçue comme une cruelle divinité.
A côté de ces événements majeurs il y en a eu d’autres, innombrables, dont ce blog n’a pu vous parler autant que je l’aurais voulu au cours de l’année 2015.
Fut un temps où il m’arrivait, tel ou tel jour, de ne pas trouver d’information percutante à faire figurer dans ce blog. Aujourd’hui, il ne se passe guère de jour où il n’en « tombe » cinq, ou dix, ou vingt. La culture de mort progresse à une allure incroyable dans toutes les régions du monde. La pression sur ceux qui veulent rester fidèles – et ils sont nombreux, et ils enregistrent des victoires ! – progresse aussi.
Face à cette accélération de l’histoire j’aimerais proposer davantage d’informations et d’analyses sur ce blog. Vous savez les bouleversements qui m'ont frappée après la fin de l'aventure de Présent… Je suis heureuse de vous trouver régulièrement dans Monde & Vie, L'Homme nouveau, Reconquête, L'AGRIF et (en anglais) sur LifeSiteNews, mais aussi sur ce blog que j'anime de manière bénévole et que j'alimenterais volontiers plus souvent, parce que votre fidélité et votre nombre m’y encouragent.
En attendant de vous retrouver, un peu plus souvent que ces derniers mois je l’espère, je vous souhaite une bonne, heureuse et sainte année 2016, sous le signe de l'Enfant de la crèche. Oui, elle est un an de grâce malgré les vicissitudes. Parce que la victoire finale a été acquise il y a 2000 ans.
Mais au plan des personnes, des familles et des nations, il nous faut y travailler chaque jour. Que Dieu nous y aide, et nous garde !

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Etats-Unis : ACLU poursuit un groupement d’hôpitaux catholiques pour refus de stérilisation volontaire

L’ACLU, American Civil Liberties Union, a porté plainte mardi dernier contre le groupement d’hôpitaux Dignity health pour refus illégal de stérilisation volontaire. L’association de gauche représente le groupe Physicians for Reproductive Health (médecins pour la santé reproductive) ainsi qu’une femme de Redding, en Californie, qui s’est vu refuser sa demande de ligature des trompes lors d’une césarienne programmée pour la fin de janvier. Rebecca Chamorro a déjà deux enfants et elle a demandé, avec son médecin, à obtenir une stérilisation en tant que « contraception permanente ».
L’hôpital catholique  Mercy Medical Center a réagi par un communiqué à l’annonce de la plainte qui vise également deux autres refus de stérilisations : « En général nous n’avons pas pour habitude de fournir des services de stérilisation dans les établissements catholiques de Dignity Health », assure-t-il, invoquant les directives de la Conférence des évêques catholiques qui qualifient ces actes de stérilisation volontaires des hommes et des femmes d’« intrinsèquement immorales ».
Signalant que les hôpitaux non catholiques du groupe Dignity Health consent à pratiquer des stérilisations dans des circonstances plus larges, Mercy Medical Center précise qu’il n’accepte de pratiquer ces opérations qu’en cas de nécessité médicale correspondant à une pathologie grave pour laquelle aucun moyen de traitement plus simple n’existe.
Dans une affaire précédente, le Centre avait clairement signifié à une autre femme demandant une ligature des trompes, Rachel Miller, son refus fondé sur des convictions religieuses et éthiques. Il avait fini par opérer la jeune femme en septembre dernier sous la menace d’une procédure d’ACLU.
S’exprimant au nom des Médecins pour la santé reproductive, le Dr Pratima Grupta s’est dite « à la foi étonnée et déçue » de voir l’établissement refuser aux femmes «  traitement lié à la grossesse » : « C’est le signe d’une discrimination sexuelle et d’une offre de soins de piètre qualité. »
Rebecca Chamorro souhaite profiter du moment de sa césarienne, où elle sera sous anesthésie générale et où elle aura « l’abdomen ouvert » pour se faire stériliser à moindre coût et efficacement.
Selon le Congrès américain des obstétriciens et des gynécologues, la stérilisation tubaire est utilisée par environ un tiers des femmes désirant utiliser une forme de contraception – que la stérilisation n’est pas, puisqu’elle cherche à mettre fin définitivement à la fertilité de la femme.
Une audience est programmée dans l’affaire ACLU contre Dignity Health le 5 janvier. Elle témoigne d’une accélération de la dictature du relativisme qui cherche à éliminer non seulement le respect de la loi naturelle dans les lois mais aussi toute possibilité d’objection de conscience contre les mesures qui vont à son encontre.

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30 décembre, 2015

New York poursuivra pour discrimination et harcèlement les employeurs qui méconnaissent les transsexuels

Des droits des LGBT jusqu’à la censure, puis à la persécution de ceux qui ne les reconnaissent pas assez au goût de leurs lobbies, il y a un chemin tout tracé. La commission des droits de l’homme de New York City vient de publier de nouvelles directives concernant les transsexuels. Désormais, les employeurs qui feront référence à ces personnes en utilisant le pronom ou le nom correspondant à leur sexe d’origine s’exposeront à des amendes qui pourront atteindre 250.000 dollars.
Même le fait d’utiliser l’abréviation « Mrs » pour Madame, pour une femme qui préfère la forme neutre « Ms » qui ne donne aucune indication sur sa situation maritale pourra « constituer un harcèlement illégal » à raison du genre, indique le « NYC Pronoun Ban ».
Pour assurer le respect de sa très bavarde directive, NYC Pronoun Ban demande aux employeurs et responsables d’établissements désignés de se renseigner auprès de leurs employés, clients ou utilisateurs sur le pronom que ceux-ci préfèrent se voir appliquer.
Cette directive émise par une commission qui a pouvoir de sanction – et qui s’est donné les moyens d’avoir la main lourde – s’inscrit de manière extrémiste dans le cadre de l’idéologie du genre : « Le genre se définit comme le “sexe actuel ou perçu et il inclura également l’identité de genre de la personne, son apparence, son comportement ou son expression”, que cette identité de genre, cette image de soi, apparence, ce comportement ou cette expression soient différents de ce qui est traditionnellement associé au sexe légal assigné à cette personne à la naissance. »
Désolée pour le charabia. Dans… le genre, il est difficile de l’éviter.
Donc, dire « il » d’un homme qui se sent femme exposera les employeurs aux poursuites ; dire « elle » d’une fille qui veut qu’on la traite comme un garçon aussi. Et ce qu’il y ait eu, ou non, changement de nom.
La même directive de New York City impose aux établissements accueillant du public d’interdire les toilettes ou les vestiaires des femmes ou des hommes – y compris ceux sans boxes individuels – aux utilisateurs qui font visiblement partie du sexe opposé. Cette mesure s’impose elle aussi sous peine d’amende, « indépendamment du sexe qui leur a été assigné à la naissance, de leur anatomie, de leur histoire médicale, de leur apparence, ou du sexe indiqué sur leur documents d’identification ».
Autrement dit, quiconque se présente comme se sentant du sexe opposé à celui auquel il appartient visiblement pourra exiger de se rendre dans les vestiaires communs opposés : même le fait de lui proposer des vestiaires isolés constituera une « discrimination ».
Même les abris pour femmes victimes de violence seront soumis à ces règles absurdes (mais peut-on encore en dénoncer l’absurdité sans se voir convaincu de harcèlement ?) : un homme qui s’y présente et annonce qu’il se sent femme devra être accueilli. Et réciproquement pour les abris réservés aux hommes.
Les femmes battues seront-elles encore à l’abri dans ces lieux jusqu’ici défendus aux hommes pour des raisons évidentes ? La Ville de New York s’en moque…
Elle est toute occupée à la mise en place d’autres règles de traque des « stéréotypes de genre » : les employeurs se voient ainsi interdire de mettre en place des règles vestimentaires différentes selon les hommes et les femmes, relatives par exemple à la longueur des cheveux ou à l’interdiction de porter des bijoux qui ne saurait être spécifiquement dirigée vers les hommes. « Le simple fait d’établir une différence fondée sur le genre suffit à le désigner comme discriminatoire », dit la directive.
Discrimination, donc, que le fait de demander aux hommes de ne pas porter de talons hauts, ou de leur imposer le port de la cravate pour dîner dans un restaurant chic.
Le comble de ces règlements qui dépasse tout ce que Kafka aurait pu imaginer, c’est le fait de considérer comme discriminatoire une proposition d’assurance maladie obligatoire excluant la couverture du cancer de la prostate pour les femmes transgenre alors que les hommes transgenre en bénéficient…
On peut lire ici (mais il faut s’armer de courage) l’ensemble du texte de loi local promulgué par la Ville de New York par amendement de sa loi d’anti-discrimination de 2002.
La leçon de cette affaire est à méditer. Dans les combats actuels, la bataille des mots, la lutte sémantique est au cœur des offensives. Plus encore que d’obtenir des droits, voire une indifférence pour leurs choix, ceux qui contestent la loi naturelle ont pour objectif de changer le langage pour qu’ils paraissent conformes à la normalité. C’est ainsi qu’on a commencé à parler de « divorcés remariés », parce que cela vous pose un couple – alors même qu’il a démontré par ses choix son mépris à l’égard du mariage. C’est ainsi qu’on parle de « mariage gay » alors qu’il est impossible. C’est ainsi qu’on ne doit plus dire Pierre, Paul ou Jacques à l’homme qui a décidé qu’il s’appellerait Valentine. Les mots ne désignent plus la réalité : ils font pire que la déconstruire, ils créent un monde parallèle pour ceux qui refusent les règles de celui où nous vivons.

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29 décembre, 2015

Sara « Winter » Giromin, Femen repentie au Brésil, dénonce le féminisme et l’avortement et s’excuse auprès des chrétiens

C’est un retournement total. Sara Fernanda Giromin, dite « Sara Winter », est la fondatrice des Femen au Brésil où elle a lancé le mouvement féministe en 2012. Avec une poignée d’autres jeunes femmes, elle menait les opérations « seins nus » pour protester contre l’exploitation des femme. En octobre, elle a publiquement renié son engagement en dénonçant les abus dont elle a fait l’objet de la part d’un mouvement qui lui a fait beaucoup de mal. Elle a surtout dit son regret d’avoir avorté jadis, et elle est allée jusqu’à présenter ses excuses aux chrétiens.
Ce qui a provoqué ce qu’il faut bien appeler une conversion, c’est la naissance de son deuxième enfant, qui lui a fait prendre conscience de la signification de la vie.
Au mois d’octobre, Sara Giromin a fait paraître ce message sur sa page Facebook : « Je me suis repentie d’avoir eu un avortement et aujourd’hui je demande pardon. Il y a un mois hier que mon bébé est né et ma vie a un sens nouveau. J’écris ceci pendant qu’il dort sereinement sur mes genoux. C’est la sensation la plus extraordinaire du monde entier. »
« S’il vous plaît, vous ces femmes qui cherchez désespérément à avorter, réfléchissez-y, faites attention. Je regrette énormément de l’avoir fait. Je ne veux pas qu’il vous arrive la même chose », écrit-elle.
Depuis lors Sara Giromin a raconté à ses lecteurs ses déceptions par rapport au féminisme et à l’idéologie du genre, rejetant à titre personnel son orientation « bisexuelle ». Mieux, elle s’est excusée auprès des chrétiens pour avoir échangé un baiser lesbien avec une autre jeune femme seins nus sur fond de crucifix et d’église – celle de Notre Dame de Candelaria à Rio de Janeiro. La photo était devenue un symbole du mépris des LGBT à l’égard du christianisme au Brésil.
Aujourd’hui Sara Giromin regrette d’avoir délibérément offensé les chrétiens, reconnaissant qu’elle était allée « beaucoup trop loin » au risque de blesser de nombreuses personnes religieuses ou non : le geste avait été organisé comme un « blasphème ». Elle-même annonce avoir fait des « progrès » dans sa vie spirituelle.
Comme bien d’autres Femen, Sara Giromin a quitté le mouvement assez tôt après l’avoir intégré, en 2013, dénonçant le « business » qui en était à la base. Elle a alors créé un autre mouvement féministe composé de femmes et d’hommes, cette fois : les Bastardxs qui continuaient sur la lancée des manifestations seins nus.
Mais aujourd’hui « Sara Winter » a totalement rompu avec le féminisme, qu’elle dénonce comme une « secte » qui utilise les femmes comme des objets, fait la promotion du lesbianisme et couvre même la pédophilie parmi ses rangs.
« J’ai vu le mouvement féministe couvrir des faits de PEDOPHILIE. J’ai vu le mouvement féministe PERSECUTER DES FEMMES… Je suis témoin du fait qu’aujourd’hui, dans le mouvement féministes, les femmes n’ont aucune importance mais ne servent que de carburant pour alimenter la haine que la secte féministe ne peut pas se permettre de laisser mourir », écrit-elle.
Elle explique ainsi comment elle s’était sentie sous pression pour se dire bisexuelle afin d’être mieux respectée. Les lesbiennes et les « bi » sont les mieux vues au sein du mouvement : « A mesure que les jours passaient, je déconstruisais mon hétérosexualité et j’y substituais une bisexualité artificielle », explique Sara Giromin, qui par la même occasion a rejeté l’idéologie du genre, « obligatoire » au sein du mouvement.
La jeune femme publie un livre de témoignage sous le titre Vadia não ! Sete vezes que fui traída pelo feminismo (« Je ne suis pas une catin ! Sept fois trahie par le féminisme »). Elle y explique qu’elle a été poussée à consommer des drogues et à avoir des rapports sexuels avec des inconnus : elle a même été molestée par une lesbienne, tout cela dans un milieu de féministes qui prétendaient se battre pour le droit des femmes.
Sara Giromin espérait trouver dans ce milieu une aide après être entrer dans la prostitution à l’adolescence. S’en étant ouverte à une universitaire féministe, celle-ci l’avait félicitée pour cette activité au lieu de lui trouver les moyens d’en sortir. Ce n’est qu’auprès d’une femme plus âgée, réputée « conservatrice », « antiféministe », qu’elle a trouvé une oreille compatissante : cette femme l’avait traitée comme si elle avait été sa propre fille.
L’ex-Femen donne aujourd’hui des conférences pour dénoncer le féminisme, l’idéologie du genre et le marxisme culturel, en compagnie d’une psychologue évangélique, Maria Lobo.

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20 décembre, 2015

Mgr Marcelo Sánchez Sorondo affirme que l’enseignement de Laudato si’ a la même autorité magistérielle que la condamnation de l’avortement

Les déclarations du pape François sur les dangers du « réchauffement climatique » ont la même autorité magistérielle que l’enseignement de l’Eglise catholique sur le caractère peccamineux de l’avortement, vient de déclarer un évêque de la Curie, Mgr Marcelo Sánchez Sorondo. Une déclaration proprement ahurissante à plus d’un titre, et en premier lieu parce que Mgr Sorondo est un proche du pape François, chancelier à la fois de l’Académie pontificale des sciences et de l’Académie pontificale des sciences sociales. A ce titre, il a été en première ligne lors de la présentation de l’encyclique Laudato si’ qu’il évoquait en faisant sa déclaration sur le « magistère ».
Mgr Sorondo s’exprimait en ces termes lors d’un colloque de l’Acton Institute « pour l’étude de la religion et de la liberté » à Rome le 3 décembre dernier à l’université de la Sainte-Croix, sur le thème : « En dialogue avec Laudato si’ : les marchés libres peuvent-ils nous aider à prendre soin de notre Maison commune ? »
Précisons d’abord que le prélat parlait en son nom propre, et qu’il n’engage nullement le pape.
Mais ajoutons aussi qu’il ne semble pas que Mgr Sorondo ait été publiquement rappelé à l’ordre pour cette divagation publique.
Les déclarations de Mgr Sorondo ont suscité de vives réactions parmi les intervenants et les quelque 200 participants au colloque dès lors qu’il a dit : « Pour la premier fois dans le magistère, (le pape François) a dénoncé les causes scientifiquement identifiables de ce mal, en affirmant que “de nombreuses études scientifiques signalent que la plus grande partie du réchauffement global des dernières décennies est due à la grande concentration de gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, méthane, oxyde de nitrogène et autres) émis surtout à cause de l'activité humaine.” »
Il devait préciser un peu plus tard : « Foi et raison, la connaissance philosophique et la connaissance scientifique sont réunies pour la première fois dans le magistère pontifical dans Laudato si’. »
Aussitôt, le président-fondateur de l’Acton Institute, le P. Robert Sirico, a rétorqué qu’il est « important de souligner la distinction entre la dimension théologique de Laudato si’ et ses assertions empiriques, scientifiques et économiques. (…) L’Eglise ne prétend pas parler avec la même autorité en matière d’économie et de sciences (…) que lorsqu’elle se prononce en matière de foi et de morale. »
Le P. Sirico a rappelé, citant le Compendium de la doctrine sociale catholique : « Le Christ n’a pas laissé à l’Eglise une mission dans l’ordre politique, économique ou social ; le but qu’il lui a assigné est religieux… Cela signifie que l’Eglise n’intervient pas dans les questions techniques avec sa doctrine sociale, pas plus qu’elle ne propose ni n’établit des systèmes ou des modèles d’organisation sociale. Cela ne fait pas partie de la mission qui lui a été confiée par le Christ. »
Cela fait partie, en fin de compte, de la distinction entre le spirituel et le temporel. Cela ne veut pas dire qu’un prêtre ou un religieux, ou l’Eglise ne saurait s’intéresser aux sciences naturelles, mais dans ces domaines elle n’a pas une autorité différente de celle des scientifiques laïques. Domaine de l’hypothèse, de l’expérimentation et de la vérification, les sciences sont ouvertes à la contestation et l’histoire est truffée de cas où ce qui faisait « consensus » à telle époque se révèle totalement erroné à la suivante, à mesure que la connaissance du monde sensible progresse.
Ce qu’enseigne l’Eglise en matière de foi et de morale, en revanche, protégé par l’infaillibilité pontificale, est incontestable, s’impose à chaque catholique et ne saurait varier.
Interrogé sur le poids des opinions du pape sur le réchauffement climatique exprimée dans Laudato si’, Mgr Sorondo a distingué entre les déclarations infaillibles, et celles relevant de son « magistère ordinaire » qui ne requièrent pas l’adhésion inconditionnelle des fidèles, même si ceux-ci doivent s’y soumettre selon un « assentiment religieux de la volonté et de l’esprit ».
L’assimilation entre l’enseignement du pape François sur le réchauffement et celui sur le caractère peccamineux de l’avortement pose pourtant la question. Le pape Jean-Paul II s’était exprimé en ces termes dans Evangelium vitæ : « C’est pourquoi, avec l'autorité conférée par le Christ à Pierre et à ses successeurs, en communion avec les Evêques – qui ont condamné l'avortement à différentes reprises et qui, en réponse à la consultation précédemment mentionnée, même dispersés dans le monde, ont exprimé unanimement leur accord avec cette doctrine –, je déclare que l'avortement direct, c'est-à-dire voulu comme fin ou comme moyen, constitue toujours un désordre moral grave, en tant que meurtre délibéré d'un être humain innocent. Cette doctrine est fondée sur la loi naturelle et sur la Parole de Dieu écrite ; elle est transmise par la Tradition de l'Eglise et enseignée par le Magistère ordinaire et universel. »
Bien des commentateurs ont souligné le caractère particulièrement solennel de cette condamnation qui s’appuie explicitement sur l’autorité apostolique pour porter un jugement moral sur l’avortement.
Il va de soi que rien dans ce qui est dit dans Laudato si’ du réchauffement climatique ne présente une telle solennité – au contraire : le pape François rappelle que l’Eglise se doit généralement en matière scientifique de respecter la « diversité des opinions ». Mettre les deux types d’enseignement sur le même plan est déjà un abus du sens des mots.
Dans la discussion qui a suivi, Mgr Sorondo n’a pas hésité à renforcer encore sa comparaison entre gravité de l’avortement et celle du « réchauffement » : « Ce jugement doit être considéré comme faisant partie du magistère : ce n’est pas une opinion. » « C’est selon le magistère ordinaire que l’avortement est un péché grave – il s’agit du magistère ordinaire parce que cela ne résulte pas de la révélation. » Il y a une présomption de « doctrine morale » selon laquelle, même si l’opinion majoritaire va dans le sens contraire,  « l’avortement est un péché grave » et que cela relève magistère.
Le journaliste Riccardo Cascioli s’est publiquement rebellé, rappelant que les catholiques n’ont pas à se soumettre à des affirmations qui relèvent de « théories scientifiques » plutôt qu’a celles disant « la foi et la morale ».
Réponse de Sorondo : « Lorsque le pape a pris cela à son compte, il s’agit du magistère de l’Eglise que cela vous plaise ou non – c’est le magistère de l’Eglise tout comme l’avortement est un péché grave – égal (c’est la même chose)… C’est le magistère de l’Eglise… Que cela vous plaise ou non. »
Cascioli a alors souligné que les catholiques devaient pouvoir suivre leur conscience à propos de question scientifiques théoriques, pour s’attirer cette réponse de Sorondo : « Si vous étiez scientifique et que vous aviez une différence sérieuse d’opinion », alors oui, « mais puisque vous êtes journaliste il vaut mieux que vous suiviez l’opinion du pape » ! Et de souligner qu’il est lui-même « au sein de l’Académie des sciences du pape ».
C’est le grand retour de l’argument d’autorité dans le domaine où il a le moins de poids, celui des sciences…
Et s’il est vrai que la foi et la raison sont étroitement liées, et que l’une ne se détache pas de l’autre sans dommage, nous en arrivons ici au point où la théorie scientifique est confondue avec la vérité de foi. Foi et raison n’ont-elle jamais été réunies dans l’enseignement pontifical ? On croit rêver. Mais il est vrai que Veritatis splendor n’a pas bonne presse parmi les progressistes… Vrai encore que la philosophie réaliste, avec ses distinctions et ses précautions méthodologiques, est devenue ringarde.
Chacun aura noté la passion, pour ne pas dire la colère des réponses de Mgr Sorondo. L’important pour lui est de faire du réchauffement climatique une affaire morale : celle de la « conscience écologique » affirmée dans Laudato si’, avec un ensemble de croyances et de règles de conduite qui s’imposeraient à chaque catholique avec toute la force du Credo et des Dix commandements.
A en oublier presque le salut des âmes…

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02 décembre, 2015

Euthanasie par omission : une cour britannique autorise une femme de 50 ans à refuser la dialyse parce qu’elle craint de devenir laide et vieille

Une cour britannique vient d’accorder à une femme de 50 ans qui craint de perdre son « éclat » en vieillissant, le « droit de mourir ». Elle a peur de perdre sa jeunesse et sa beauté… Il ne s’agit pas, techniquement, d’une euthanasie, mais du droit de refuser un soin nécessaire à la survie. La presse néerlandaise – c’est parlant – évoque ce triste fait divers sous le titre « euthanasie ». Et aux Pays-Bas, on s’y connaît. En l’occurrence, il faudrait parler d’« euthanasie par omission »… Au Royaume-Uni, rappelons-le, l’euthanasie demeure hors-la-loi.
La femme, demeurée anonyme, n’est ni malade ni dans les affres d’une souffrance psychologique intolérable. Elle est également, selon le juge MacDonald de la Cour de Protection, capable de prendre des décisions, ne souffrant pas d’« incapacité mentale ».
Personnalité fantasque et égocentrique, « Mme C » a été mariée quatre fois, a multiplié les aventures et consacré sa vie à paraître jeune et à jouir d’un niveau de vie élevée qu’elle était en passe de perdre, faute d’accepter le moindre contrôle de ses dépenses. Apprenant à 49 ans qu’elle souffrait d’un cancer du sein, elle a récusé tout traitement qui puisse entraîner pour elle une impossibilité de porter un bikini ; elle a subi une chirurgie et une chimiothérapie qui l’ont ébranlée, et affirmait que de toute façon la maladie arrivait à la bonne heure…
C’est sa tentative de suicide au paracétamol qui a causé de graves lésions au foie et surtout aux reins : même si les médecins estiment qu’elle a des chances d’être guérie, moyennant une période de dialyses, Mme C ne veut plus de ce traitement actuellement indispensable à sa survie. De manière répétée, ces dernières semaines, elle a refusé les séances, semblant certaine contrairement à ce que pensaient ses médecins qu’elle restera toute sa vie dépendante de ce type de soins et répétant qu’elle préfère mourir.
Ce sont les médecins qui ont saisi la Cour, estimant que son attitude était irrationnelle, et plusieurs personnes, parmi lesquelles un professeur de médecine,  ont témoigné de son déséquilibre, de ses excès, de son « narcissisme » et de son désordre de la personnalité qui l’empêchaient selon elles de prendre une décision « bien pesée ».
Un autre médecin citée par la famille de Mme C, et notamment ses filles, a estimé qu’elle comprenait bien qu’elle sera en mesure de se passer de dialyse dans le courant de 2016 et que sa condition ne pourra, ensuite, que s’améliorer, mais il l’a tout de même jugée victime d’un désordre narcissique qui trouble son fonctionnement mental – sans toutefois l’empêcher de prendre une décision quant à la poursuite de son traitement.
Sa propre fille a soulignée que cette femme vivait pour s’amuser, et craint de devenir « pauvre » et « laide » – c’est-à-dire « vieillir » ; elle-même insiste pour dire que sa qualité de vie ne sera pas suffisante.
Toutes choses qui ont été acceptées par l’« Official Solicitor » – l’équivalent du procureur…
Le juge MacDonald a décidé de ce fait que Mme C a suffisamment de capacités mentales pour prendre une décision concernant les traitements qu’elle désire ou ne désire pas subir, même si celle de refuser la dialyse apparaît comme « manquant de sagesse ». Il reconnaît que le fait de prendre en compte non seulement les craintes plus ou moins fondées de la patiente quant à a durée de son traitement, mais aussi celles relatives à sa beauté, à la perspective de vieillir ou de perdre des biens, au fait de « perdre son éclat » pourront « alarmer et peut-être même horrifier grand nombre de personnes ». La volonté de Mme C pourra même paraître « immorale dans le contexte du caractère sacré revêtu par la vie selon la société en général » (on se demande en passant où vit ce juge…).
Mais il l’a déclarée « souveraine » en ce qui concerne son propre corps et son esprit puisqu’elle est assez lucide pour comprendre ce qu’elle demande.
Le juge précise toutefois que les médecins seront dans leur rôle et même accompliront leur devoir s’ils continuent d’insister auprès de cette femme pour qu’elle accepte les traitements qui peuvent la soigner : le juge MacDonald estime qu’il se borne à reconnaître le droit de Mme C de choisir pour elle-même.
Mais l’affaire consiste-t-elle simplement en un refus de soins ? La dialyse n’est pas aujourd’hui un traitement extraordinaire, surtout dans un pays comme le Royaume-Uni, et il est clair que le refus de soins opposé par cette patiente n’est pas tant dicté par la mise en balance des bénéfices à en attendre et de sa pénibilité mais d’une volonté affirmée d’en finir avec la vie pour des raisons qui n’ont rien à voir.
La peur de ne plus être belle, d’être vue comme une « grand-mère », d’être à charge, de ne plus correspondre à l’image très superficielle que cette femme avait d’elle-même a joué un rôle majeur que le juge, au fond, accepte même s’il ne semble pas l’approuver.
En ce sens la presse néerlandaise a raison : il s’agit bien d’un acte euthanasique qui est ici imposé par la justice britannique puisque Mme C demande une forme d’omission de traitement qui aura pour conséquence sa mort, recherchée en tant que telle.
Autonomie du patient ? Elle a des limites. Ici ces limites ne sont pas reconnues, et le désir de mort de cette femme est finalement considérée comme justifiant tout le reste.

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