12 octobre, 2015

Le cardinal Pell fait une mise au point sur la « lettre des 13 cardinaux »

Le cardinal George Pell
© Olivier Figueras
Le cardinal George Pell a fait une mise au point sur la « Lettre des 13 cardinaux » demandant une Instrumentum laboris publiée ce lundi matin par Sandro Magister avec les signatures, notamment, des cardinaux Vingt-Trois, Scola, Piacenza qui ont rapidement démenti avoir participé, ainsi qu'un quatrième. Sans confirmer le texte de la lettre, le cardinal Pell parle des inquiétudes des Pères synodaux à propos de la conduite du synode. Sa mise au point a été aussitôt publiée par Voice of the Family.
clarification sur l'

Du fait des démentis, des doutes ont surgi sur l'authenticité de la lettre qui est, il faut le dire, d'une grande force (traduction française ici sur Riposte catholique).

Le cardinal Pell a confirmé qu'une lettre existe bien, mais précisant que ni le texte, ni la liste des signataires publiés par Magister n'étaient exacts.

Le cardinal Wilfrid Napier a fait une déclaration semblable : il a souligné sur cruxnow.com qu'il a signé une lettre qui n'est pas celle publiée par Sandro Magister où il est question d'un « nouveau processus qui semble taillé sur mesure pour faciliter l'obtention de résultats prédéterminés sur des questions disputées importantes ». Le cardinal Napier explique avoir signé une lettre qui portait spécifiquement sur la commission de dix membres désignée pour préparer le document final du synode. Il a souligné au cours de cet entretien, évoquant le rapport d'étape de 2014, qu'il « n'aimerait pas voir le même genre de personnes dans ce comité que ceux qui en faisaient partie la dernière fois, et qui nous ont causé les soucis que nous avons eus ». Il a précisé qu'il s'inquiète de ce que l'Instrumentum laboris puisse avoir trop d'influence sur le résultat final, au détriment des discussions réelles qui ont lieu au synode.

« C'est presque comme si l'Instrumentum laboris était le texte de base, et non pas ce qui sort des discussions des groupes et qui constituent les vraies questions qui doivent être mises en avant en tant que propositions à porter au pape dans le document final », a-t-il encore précisé.

Le communiqué du cardinal Pell, présenté par un intermédiaire, fait état lui aussi de désaccords dans le cadre du synode. En voici la traduction complète.

« Lundi 12 octobre 2015 
Un porte-parole du cardinal Pell a déclaré qu'il y a un fort degré d'accord au synode sur la plupart des points mais qu'il existe à l'évidence quelque désaccord en raison d'éléments minoritaires qui veulent changer l'enseignement de l'Eglise sur les dispositions requises pour la réception de la communion. 
Il n'y a évidemment aucune possibilité de changement de cette doctrine. 
Une lettre privée doit demeurer privée mais il semble qu'il y ait des erreurs à la fois dans le contenu et dans la liste des signataires. 
Le cardinal est conscient qu'il subsiste des inquiétudes parmi de nombreux pères synodaux au sujet de la composition du comité chargé de la rédaction de la relatio finale et du processus aux termes desquels elle sera présentée aux pères synodaux et soumise au vote. »
Addendum : la liste des vrais signataires a été donnée par American Magazine.


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Synode : il y aura un rapport final et un vote, mais nul ne sait s'il sera publié

Lors du point presse sur le déroulement du synode sur la famille, le P. Lombardi a précisé qu'il y aura bien un rapport final dont la rédaction se fait à l'issue de la discussion de chacune des trois parties de l'Instrumentum laboris dans les circuli minores. Citant le cardinal Baldisseri, il a annoncé que le rapport sera présenté en réunion générale le samedi 24 octobre au matin, puis voté dans l'après-midi. Il sera ensuite présenté au pape François qui prendra ses décisions après en avoir pris connaissance.

Le P. Lombardi a déclaré qu'il appartiendrait au pape de décider si oui ou non la relatio synodi finale sera publiée ou non ; elle l'avait été l'an dernier.

Deux des présentateurs des travaux de samedi, à propos des divorcés « remariés », ont insisté sur le fait que le synode aboutira nécessairement à autre chose que les deux « extrêmes, ne rien faire ou tout changer ». « Les deux « extrêmes » ? Etre contre tout « au nom de la doctrine » et vouloir tout changer contre elle. « Il y a beaucoup de place pour la créativité pastorale », a cité le P. Rosica. « La vérité en public, la miséricorde » en privé ne fonctionne pas, a-t-il été dit en anglais.

Parmi les intervenants, on soulevé l'idée d'un « rite du mariage mixte », une « discipline ecclésiastique flexible », on a évoqué « les familles de couples de même sexe », le fait qu'il ne faut pas « aliéner les nouvelles familles de l'Eglise », profiter du « pouvoir des clefs en cette année du jubilé de la miséricorde pour pardonner les péchés à tous sur terre ».

Il faut encore avoir « le sens de la pastoralité de la doctrine » selon le mot de Vatican II, avec « la prise en compte du destinatiare ».

Et « faire appel à la conscience morale et non se limiter aux normes » : «  former et informer les consciences » mais en même temps « leur faire confiance ».

Il faut toujours associer miséricorde et vérité, sans quoi on « risque de tomber dans le binôme du permis-défendu ».

Notons que le point presse présente non pas l'ensemble de ce qui s'est passé au synode, mais ce que la salle de presse veut bien en dire. Le choix des phrases – autant de « petites phrases », en l'occurrence, va dans un sens bien précis. Avec une évidente priorité aux affirmations les moins orthodoxes.


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Synode : “La différenciation entre péché et pécheur ne fonctionne plus”

Au point presse de la mi-journée organisé par la salle de presse du Vatican, le P. Thomas Rosica a insisté sur cette affirmation faite par un Père synodal samedi lors de la discussion sur la 3e partie de l'Instrumentum laboris (alors que la 2e partie est en cours d'examen par les circuli minores depuis ce lundi matin) :

« La différenciation entre péché et pécheur ne fonctionne plus. »

Cette phrase avait déjà été mise en valeur par le rapporteur en italien qui rapportait en substance : La différenciation entre péché et pécheur ne fonctionne plus parce que la sexualité fait partie intégrante de la personne.

Le P. Rosica a ajouté : « Il faut exprimer ces choses d’une manière nouvelle pour que les gens puissent les comprendre. »

La distinction entre la personne et l'acte est en effet un grand classique de la théologie et de la morale catholiques ; nous sommes invités à « aimer la personne et à détester le péché ».

C'est une distinction de plus en plus contestée parce que détester le péché réviendrait à stigmatiser ceux qui le commettent, sans compter que les homosexuels affirment agir selon leur « nature » comme l'expliquait Mgr Charamsa.

Lors du point presse, qui a lourdement insisté sur les aspects les plus progressistes des interventions de samedi, l'affirmation selon laquelle la sexualité fait partie intégrante de la personne a été rapportée sans nuances. Elle s'inscrit totalement dans cette logique.

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Le cardinal Vingt-Trois a signé une lettre demandant une clarification de l'“Instrumentum laboris”, dit Sandro Magister, mais il a démenti…

C'est à lire sur le blog chiesa.espresso de Sandro Magister (la traduction française est dans le corps de l'article). Le vaticaniste souligne que les demandes des 13 cardinaux signatures, tous présents au Synode sur la famille, ont été rejetées par le pape François. Le cardinal Vingt-Trois et le cardinal Scola ont démenti avoir signé cette lettre selon le P. Lombardi.

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10 octobre, 2015

Pétition de l'AGRIF contre “Charlie-Hebdo”, qui méprise et insulte les handicapés




Les premiers signataires de la pétition de l'AGRIF contre la « une » de Charlie-Hebdo demandent la dissolution de l'hebdomadaire et à plus forte raison l'arrêt des subventions publiques à cette publication qui méprise et insulte les handicapés. En tant que vice-présidente de l'AGRIF, j'invite tous les lecteurs de ce blog à la signer à leur tour. Rendez-vous sur le site de l'AGRIF.

Les signataires,
- considérant l’ignoble couverture de Charlie-Hebdo du jeudi 8 octobre 2015 où Nadine Morano est caricaturée et présentée comme « la fille trisomique cachée de De Gaulle »,
considérant l’abjection du degré ultime de mépris ricanant que cela constitue pour tous les enfants trisomiques, comme la fille du Général de Gaulle, qui doivent être d’autant plus respectés et aimés qu’ils sont handicapés,
sachant la formidable affection particulière pour leur éducation et leur progrès que requiert leur infirmité,
manifestant la révolte non seulement des parents et des proches mais aussi de l’immense majorité des gens qui conservent tout simplement le sens humain du respect des plus faibles,
rappelant que la dérision, afin de les « déshumaniser », des enfants trisomiques et autres petits handicapés constitua la première étape de la propagande nazie pour justifier leur élimination eugéniste et euthanasique,
scandalisés par l’escalade dans le plus authentique racisme anti-humain constitué par cette couverture,
rappelant que le racisme, et de surcroît le plus fondamental, ne peut être accepté sous le prétexte d’une liberté de dérision qui ne saurait avoir de limite,
révoltés en outre par le fait que le torchon raciste Charlie est grassement subventionné par l’État et aussi d’autres collectivités telles que la mairie de Paris par le biais de nombreux abonnements offerts, et ce, avec les impôts de tous, y compris des parents des enfants trisomiques,

observent que les subventions à Charlie constituent un véritable détournement de l’argent public à des fins habituellement de vomissures scatologiques mais cette fois-ci d’une abjection dans le mépris raciste,
proposent que les sommes indûment versées au périodique raciste soient désormais consacrées aux associations d’aide aux enfants handicapés,
exigent la dissolution du périodique Charlie en application de la lutte contre la forme la plus achevée et la plus méprisable du racisme, le racisme anti-humain contre les handicapés.
PREMIERS SIGNATAIRES :
Bernard ANTONY, président de l’AGRIF
Jeanne SMITS, vice-présidente de l’AGRIF
Cécile MONTMIRAIL, vice-présidente de l’AGRIF
Guillaume de THIEULLOY, vice-président de l’AGRIF
Vivien HOCH, directeur de la communication de l’AGRIF
Pierre SOLEIL, secrétaire général de l’AGRIF
Anne COGNAC, secrétaire de l’AGRIF
Abbé Fabrice LOISEAU, Toulon
Abbé Christian GOUYAUD, Strasbourg
François FOUCART, journaliste  

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09 octobre, 2015

Le cardinal Ryłko sur l'Eglise, « hôpital de campagne ». Décapant…

Au synode sur la famille, l'intervention de trois minutes du cardinal Stanisław Ryłko vaut le détour :

Il est dit que l’Eglise devrait être comme « un hôpital de campagne », mais il n’y en a pas beaucoup dans cette situation qui veulent être obligés d’aller à l’hôpital. 
St. Augustin demande à ceux qui veulent de l’aide mais ne veulent pas se convertir : « Pourquoi nous cherchez-vous ? » 
C’est ainsi que se comportent certains baptisés qui sont en situation irrégulière, mais ne veulent pas recevoir le sacrement de la pénitence. 
Ainsi, nous avons non seulement une crise du mariage et de la famille, mais aussi une crise de la foi. 
2 Tm 4,2-5 dit : « Proclame la parole, insiste à temps et à contretemps, réfute, menace, exhorte, avec une patience inlassable et le souci d’instruire. Car un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais au contraire, au gré de leurs passions et l’oreille les démangeant, ils se donneront des maîtres en quantité et détourneront l’oreille de la vérité pour se tourner vers les fables. Pour toi, sois prudent en tout, supporte l’épreuve, fais oeuvre de prédicateur de l’Evangile, acquitte-toi à la perfection de ton ministère ! »

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Synode : ce matin, Mgr Gadecki a célébré la messe sur l'autel de Jean-Paul II


Ah, si je savais le polonais !

Bien sûr, il a parlé de Familiaris consortio.  Reportage vidéo ici.


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Pas de pitié pour les gays ? Un homosexuel converti dénonce les propos du P. Rosica

Joseph Sciambra
Trouvé ici : le lien vers la page Facebook d’un homme catholique qui au cours des « années sida » avait choisi le style de vie « gay ». Joseph Sciambra réagissait aux commentaires du père Rosica lors de la conférence de presse de la deuxième journée du synode sur la famille, demandant qu’on ne « parle pas mal » des gays et qu’on évite de leur montrer de la « pitié » :
« Je suis déjà agacé.
« Le P. Rosica s’est particulièrement focalisé sur les “homosexuels ou les personnes gays”, en disant : “Nous n’avons pas des personnes gays, nous les reconnaissons pour ce qu’ils sont – ils sont nos fils et nos filles, et nos frères, nos voisins, nos collègues.” MAIS SI ! Nous devons avoir pitié d’eux –parce que la vie “gay” est un enfer sur terre. La seule raison pour laquelle j’ai quitté ce cirque des horreurs, c’est parce que Jésus a eu PITIÉ de moi… Point à a ligne. »

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Synode sur la famille : l’appel de plus de 100 convertis aux pères synodaux

L'appel a paru sur Aleteia, ici.
Une centaine de convertis au catholicisme, qui ont en commun d’avoir rejoint l’Eglise à l’âge adulte, ont adressé fin septembre un appel aux pères synodaux afin de dire leur attachement à l’enseignement de l’Eglise sur la différence sexuelle, la sexualité, le mariage et la famille. Les 100 convertis disent leur « surprise » au sujet des propositions visant à permettre l’accès des divorcés « remariés » à l’Eucharistie, soulignant : « Nous ne voyons pas comment ces propositions peuvent faire autre chose que de contredire la doctrine catholique sur le mariage elle-même ».
Ils reconnaissent qu’ils auraient tous rejeté tout ou partie de cet enseignement au cours de leur vie antérieure, mais que c’est précisément en constatant les « dommages » causés par « les conceptions populaires autour de la sexualité humaine, et pendant que certaines de nos communautés commençaient à céder à la culture dominante… et ses tendances croissantes au gnosticisme » qu’ils ont commencer à se douter que l’Eglise pouvait bien avoir raison.
« Pour peu populaire qu’il fût souvent, l’enseignement de l’Eglise sur les réalités de la vie nous est devenu étrangement attirant. Et avec le temps, nous avons été convaincus qu’il exprime la vérité la plus profonde sur nous-mêmes, une vérité qui est à la fois bonne et belle, quel que soit son caractère exigeant.
Ce sont même la « certitude et la confiance » affichées par l’Eglise en ce domaine, malgré « l’opposition hostile » du monde, qui les ont persuadés qu’ils y « trouveraient la vie du Christ, tel qu’Il est réellement ». C’était le signe que « l’Eglise était le lien le plus sûr vers Jésus-Christ Incarné ».
« Spécialement en ce qui concerne le corps humain, nous avons compris que le caractère radical de ce qu’affirme le chrétien – que Dieu le Fils a assumé toute chair en Lui-même – était en jeu. » Il a révélé à l’humanité ce qu’elle signifie, et « Il a apporté quelque chose de nouveau à cette même humanité, en lui donnant, miséricordieusement, une part dans sa propre fidélité à l’Eglise ».
« Ce n’est donc pas par accident que les chrétiens des premiers temps ont été attirés par l’Eglise par l’humanité radieuse de ceux qui suivaient le Christ, par exemple à travers leurs attitudes spécifiques à l’égard des femmes, des enfants, de la sexualité humaine et du mariage. Et ce n’est pas un hasard si, pour les mêmes raisons, nous avons nous aussi été attirés par l’Eglise bien des siècles plus tard. »
Tout en affirmant le besoin d’une vraie pastorale à l’égard des divorcés – « Nous sommes reconnaissants de voir que l’on se penche sur un problème qui cause de tels graves dommages à des époux et des épouses, à leurs enfants, et à la culture en général » – les 100 signataires de l’appel font part de leur inquiétude face aux propositions de Kasper par rapport à l’accès à la communion.
« Selon notre jugement, ces propositions ne rendent pas justice à l’irrévocabilité du lien du mariage, soit en effaçant le “premier” mariage comme s’il était d’une certaine façon “mort”, soit – et c’est pire – en reconnaissant son existence mais en le violentant », écrivent-ils.
« Nous ne voyons pas non plus comment de telles innovations pourraient être pastorales ou miséricordieuses. Quelles que soient leurs bons sentiments, les réponses pastorales qui ne respectent pas la vérité ne peuvent qu’aggraver les souffrances qu’elles prétendent alléger. Nous ne pouvons nous empêcher de penser aux époux abandonnés et à leurs enfants. Si nous pensons aux générations à venir, comment de tels changements pourraient-ils promouvoir chez les jeunes une appréciation de la beauté de l’indissolubilité du mariage ? »
Plus encore, les signataires soulignent que les réponses proposées ne tiennent pas compte du « fondement de la crise de la famille, celui qui sous-tend le problème du divorce, de la contraception, de la cohabitation et de l’attraction homosexuelle ».
« Cette crise, comme l’observait Benoît XVI, relève d’une “fausse compréhension de la nature de la liberté humaine ». Et de ce fait nous sommes confrontés à une vision qui « remet en cause la notion même de l’être – de ce que signifie réellement le fait d’être humain ».
Et les signataires poursuivent : « Non seulement les changements de la discipline de l’Eglise souhaités par certains sont incapables de répondre au défi auquel nous sommes confrontés, mais ils nous semble qu’ils capitulent devant le problème qu’ils prétendent résoudre. »
C’est en pleine conscience de la « destruction » causée par le divorce que les plus de 100 signataires en appellent au pères du synode afin qu’ils « sauvegardent l’enseignement de l’Eglise sur l’indissolubilité du mariage, en témoignant avec joie et courage comme elle l’a fait tout au long de son histoire ». « Que l’Eglise rappelle une nouvelle fois au monde la beauté de la fidélité sponsale lorsqu’elle est vécue en unité avec le Christ ? » Pour leur part, ils apportent le témoignage de leur conversion.
La longue liste des signataires se trouve ici sur le site d’Aleteia en anglais. Beaucoup de noms seront peu connus des francophones, mais les parcours méritent un coup d’œil. On y trouve entre autres, mieux connus en France, John Finnis, professeur émérite d’Oxford, Scott Hahn et son épouse Kimberly (auteurs de Rome Sweet Home), Mark Regnerus, auteur d’études sociologiques sur les enfants au sein de foyers homosexuels, et Austin Ruse et son épouse (de C-Fam). Le texte a été présenté en français sur fr.aleteia.org.

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07 octobre, 2015

Synode sur la famille : les catholiques doivent cesser de mal parler des homosexuels et « embrasser la réalité telle qu’elle est »

Les catholiques doivent cesser de parler de manière condescendante aux homosexuels et éviter de leur montrer de la « pitié », et plutôt les accueillir comme des fils et des filles de l’Eglise : voilà ce qu’ont entendu en ce deuxième jour du synode sur la famille les pères synodaux pendant leur réunion à huis clos. Une demi douzaine d’évêques ont défendu ce point de vue qui a été ensuite rapporté à la presse lors du « briefing » du soir, notamment par le P. Tom Rosica, chargé de rendre compte du synode en présentant des synthèses à la presse anglophone.
Le P. Rosica a affirmant que ces évêques estiment qu’il faut « en finir avec le langage d’exclusion, et mettre fortement l’accent sur la nécessité d’embrasser la réalité telle qu’elle est. Nous ne devons pas avoir peur de situations nouvelles et complexes », a-t-il résumé. Il visait explicitement non seulement les homosexuels, mais encore les couples vivant en concubinage ou, pour ce qui concerne certaines nations africaines, les mariages polygames.
Ils ont appelé « à une nouvelle forme de langage, en particulier lorsqu’on parle des homosexuels… Nous n’avons pas pitié des personnes gay mais nous les reconnaissons pour ce qu’ils sont. Ils sont nos fils et nos filles, nos frères et nos sœurs, nos voisins et nos collègues. »
Le P. Rosica, qui suit les réunions du synode, a déclaré que ces évêques qui plaident pour une Eglise plus accueillante aux homosexuels ont soutenu que les gays ne doivent pas être considéré comme des « gens de l’extérieur » et que l’Eglise doit leur tendre « une main accueillante en tant qu’ils sont notre chair et notre sang ».
Le blog Rorate Cæli note aujourd’hui que c’est précisément ce moment qu’a choisi la presse espagnole pour publier la photo du transsexuel qui avait été accueilli en janvier par le pape à la Maison Sainte-Marthe avec sa « fiancée ».

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05 octobre, 2015

“Voice of the Family” publie un manifeste pour faire entendre la voix des laïcs lors du synode sur la famille

Formée d'une coalition de plusieurs dizaines de mouvements provie et pro-famille,  Voice of the Family, se prévalant des responsabilités propres des laïcs exposées par le canon 212.3 du code de droit canonique, a décidé d'accomplir son « devoir de donner aux Pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l'Eglise et de la faire connaître aux autres fidèles »… Le manifeste demande aux pères synodaux de « prendre toutes les mesures pour protéger l'intégrité de la doctrine catholique et ce faisant, de protéger nos familles contre les ravages de la culture de mort.

La grande confusion qui règne autour du synode, nonobstant les protestations selon lesquelles la doctrine ne sera pas changée, mais aussi les graves insuffisances de l'Instrumentum laboris, justifient l'inquiétude de ce mouvement de laïcs né avec le synode extraordinaire l'an dernier.

Que la doctrine ne puisse être changée, nous le savons tous : l'enseignement de l'Eglise est pérenne et elle a l'assistance du Saint-Esprit. Mais sa pratique peut ne pas être à la hauteur et même porter atteinte à cet enseignement jusque dans le cœur des fidèles : l'objectif du texte est de rappeler la doctrine claire et de souligner que la pastorale doit être en conformité avec la Vérité.

Il ne s'agit pas pour Voice of the Family de faire comme si tout allait bien : oui, la famille est face à des défis sans précédent. Mais : « Nous savons aussi qu'il n'y a rien de plus essentiel à notre travail que le témoignage courageux des évêques de l'Église catholique. L'absence de ces témoins a des conséquences dévastatrices pour la famille. »

Il s'agit de lutter contre tous les aspects de la culture de mort alors que le mariage, la famille et la vie elle-même subissent des assauts sans précédent, y compris à travers la pornographie et les attaques contre les droits des parents comme premiers éducateurs de leurs enfants.

Beaucoup de ces questions sont absentes, à peine effleurées ou présentées de manière ambiguë par l'Instrumentum laboris.

Le texte est disponible en ligne en français.

Faites-le connaître !

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04 octobre, 2015

A l'orée du synode sur la famille : une critique de fond sur l'Instrumentum Laboris

La critique théologique des abbés Barthe, Livi et Morselli


L'instrument de travail sur lequel vont travailler les pères synodaux a été publié fin juin, il est disponible ici sur le site du Vatican. Il a suscité une critique de fond de la part de défenseurs de l'enseignement de l'Eglise sur la sexualité humaine, le mariage et la procréation. Alors que le synode sur la famille ouvre ses portes aux débats ce lundi, je vous propose de découvrir le texte publié par l'abbé Claude Barthe, co-fondateur de la revue Catholica, l'abbé Antonio Livi,doyen émérite de la faculté de philosophie de l’Université Pontificale du Latran, et l'abbé Alfredo Morselli, curé de paroisse à Bologne et spécialiste de la Bible. Ils exposent avec beaucoup de clarté les confusions, omissions et lacunes qui font de l'Instrumentum laboris un document « inacceptable ».

L'ensemble du texte a été publié en quatre langues sur le blog du vaticaniste Sandro Magister et il est accessible en français ici. Il expose de manière précise plusieurs points litigieux de l'Instrumentum laboris : non point controversés parce que l'Eglise s'est prononcé à leur sujet depuis longtemps, mais mis en avant à l'occasion du synode extraordinaire de l'an dernier et toujours sous le feu des projecteurs.

Il s'agit bien sûr de proposition pour une pastorale des « divorcés remariés », coupée de la nécessité de la conversion de vie : les trois auteurs en proposent une analyse complète. Mais aussi de l'« attention aux personnes ayant des tendances homosexuelles » : « Nous considérons que, dans un synode consacré à la famille, traiter le problème de l’homosexualité en se bornant à dire qu’il ne faut pas traiter mal les homosexuels et qu’il ne faut pas laisser leurs familles seules, constitue un péché par omission », écrivent les trois auteurs, et ils s'en expliquent.


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03 octobre, 2015

Mgr Krzysztof Charamsa de la Congrégation pour la doctrine de la foi avoue son homosexualité : « Je suis heureux d’être gay et j’ai un partenaire »

C’est la dernière en date des folles nouvelles qui nous arrivent de Rome à l’orée du synode sur la famille. Comment imaginer que l’« outing » de Mgr Krzysztof Charamsa dans les colonnes du Corriere della Sera ce samedi matin, à quelques heures de l’ouverture du synode, n’ait pas été soigneusement programmé, et de longue date, par le lobby qui veut voir l’Eglise changer sa doctrine quant au caractère « intrinsèquement désordonné » de l’homosexualité et à la nature gravement peccamineuse des actes homosexuels ? La réponse du Vatican n’a pas tardé – sans tergiversations ni démentis, le P. Federico Lombardi a fait paraître un communiqué pour annoncer que Mgr Charamsa ne pourra continuer à travailler à son poste actuel.


On peut voir cette vidéo sur le site du Corriere, ici. 

Voici ma traduction de ce communiqué dont les traductions en anglais, espagnol et français mises en ligne à la hâte par la Salle de presse sont des « versions de travail » :
« A propos des déclarations et des interviews accordées par Mgr Krzysztof Charamsa il faut observer que – nonobstant le respect dû au vécu et aux situations personnelles, et les réflexions sur ceux-ci – le choix de se manifester de manière aussi bruyante à la veille de l’ouverture du synode apparaît comme très grave et irresponsable, parce qu’il vise à soumettre l’assemblée synodale à une pression médiatique indue. Certainement, Mgr Charamsa ne pourra pas continuer à assumer son service au près de la Congrégation pour la doctrine de la foi et des universités pontificales, tandis que les autres aspects relatifs à sa situations sont de la compétence de son ordinaire diocésain. »
Bref, voilà le Vatican obligé de réagir de manière « dure » face à une situation où l’intéressé réclame une « avancée » de l’Eglise dans sa compréhension de l’« amour ». Mgr Charamsa doit participer ce samedi soir à la réunion internationale des « Catholiques LGBT » organisée par le Global Network of Rainbow Catholics pour faire entendre ces revendications au moment du synode.
Théologien, professeur à la Grégorienne et à Regina Apostolorum à Rome, membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi depuis 2003, secrétaire assistant de la Commission théologique internationale, Krzysztof Charamsa est ce qu’on peut appeler un gros poisson. Il tient des rôles de premier plan – et jamais, à ce jour, un homme dans sa situation ne s’est exprimé ainsi. Même si, semble-t-il, il n’est pas seul dans son cas : Sandro Magister observait ce samedi matin qu’il fallait « s’attendre » à un tel coming out parce que « tant de prélats peuplent l’entourage du pape François, dans des postes importants et dans un nombre sans précédent ».
Voici quelques extraits de l’interview de Mgr Charamsa, qui dénonce les « stéréotypes » et le « manque de compréhension » de l’Eglise à l’égard des LGBTI :
« Je veux que l’Eglise et que ma communauté sachent qui je suis : un prêtre gay heureux, fier de son identité. Je suis prêt à payer les conséquences, mais il est temps que l’Eglise ouvre les yeux, et qu’elle accepte que le fait de proposer aux fidèles gays l’abstinence totale par rapport à une vie d’amour est inhumain. » 
« Si j’avais été seul, j’aurais vécu le cauchemar d’une homosexualité refoulée, mais Dieu ne nous laisse jamais seuls. Et je crois que c’est Lui qui m’a aidé à faire ce pas existentiel. C’est important eu égard aux conséquences, mais c’est aussi le préalable à une vie honnête, qui devrait être naturelle pour chaque homosexuel. L’Eglise a déjà pris du retard par rapport à ce problème, et il n’est pas possible d’attendre 50 ans de plus : c’est pourquoi j’ai décidé de dire à l’Eglise qui je suis. Je le fais pour moi, pour ma communauté, et pour l’Eglise. C’est aussi mon devoir à l’égard de la communauté des minorités sexuelles. »
Son objectif : révéler une réalité ignorée, selon lui.
« J’espère que mon expérience personnelle va aider à réveiller la conscience de l’Eglise d’une façon ou d’une autre. Je révélerai personnellement mon identité au Saint-Père par lettre. Et je dirai qui je suis aux universités de Rome où j’enseigne – à ma grande tristesse, je n’aurai probablement plus le droit de travailler au sein de l’éducation catholique. »
C’est délibérément qu’il a fait son coming out à la veille du synode :
« Oui, je voudrais dire au synode que l’amour homosexuel est un amour familial, qui a besoin de la famille. Toute personne, y compris les gays, les lesbiennes et les transsexuels, porte dans son cœur un désir d’amour et de “familialité”. Toute personne a droit à l’amour et cet amour doit être protégé par la société, par les lois. Mais il doit surtout être l’objet du soin de l’Eglise. Le christianisme est la religion de l’amour, et l’amour est central à la figure de Jésus que nous apportons au monde. Un couple lesbien ou gay doit pouvoir dire ouvertement à son Eglise : “Nous nous aimons selon notre nature, et nous offrons ce don de l’amour aux autres, parce que c’est une affaire publique et non seulement privée ; nous ne sommes pas simplement engagés dans quelque forme extrême de recherche du plaisir.” »
S’autorisant de prises de position en ce sens de la part de théologiens protestants et de quelques autres, catholiques, il poursuit :
« La Bible ne dit rien au sujet de l’homosexualité. Elle parle d’actes que je qualifierais d’“homogénitaux”. Même des hétérosexuels peuvent se livrer à de tels actes, comme cela arrive souvent dans bien des prisons, mais en ce cas ils agissent contre leur nature et commettent donc un péché. Lorsque des personnes gay s’engagent dans de tels actes, elles expriment au contraire leur nature. Le sodomite de la Bible n’a rien à voir avec deux gays qui s’aiment dans l’Italie d’aujourd’hui et qui veulent se marier. Je n’ai pas réussi à trouver un seul passage, y compris dans saint Paul, qui puisse être interprété comme relatif à des personnes homosexuelles qui demandent à être respectés en tant que tels, puisqu’à l’époque ce concept était inconnu. »
Le journaliste du Corriere ne pose pas la question qui saute aux yeux : quid des « bi » ? Ceux qui ne se reconnaissent ni « hétéros », ni « homos » ? A moins que cette catégorie-là, autoproclamée, ne puisse justement tout se permettre. On comprend a contrario que ce ne serait pas le cas des gays qui « pécheraient » en accomplissant un acte hétérosexuel.
Sans surprise, Mgr Charamsa se dit « choqué » par l’interdiction d’ordonner des homosexuels et explique que cette règle introduite en 2005 est ultérieure à sa propre ordination : « Je crois qu’il s’agit d’une erreur qui doit être corrigée. »
Il affirme avoir décidé d’assumer et de révéler son homosexualité après avoir « étudié, prié et réfléchi » : « En outre, j’ai aujourd’hui un partenaire qui m’a aidé à transformer mes peurs en force de l’amour », dit-il.
« Je sais que l’Eglise me verra comme quelqu’un qui n’a pas réussi à tenir une promesse, qui s’est perdu – et qui plus est, non avec une femme, mais avec un homme ! Je sais également que je vais devoir abandonner le ministère qui est toute ma vie. Mais je ne le fais pas pour pouvoir vivre avec mon compagnon. Il s’agit d’une décision beaucoup plus large, née de la réflexion sur la pensée de l’Eglise. »
« Si je n’étais pas transparent, si je ne m’acceptais pas, je ne pourrais de toute façon être un bon prêtre, car je ne pourrais agir en tant qu’intermédiaire vers la joie de Dieu. Je pense que sur ces thèmes l’Eglise est en retard par rapport aux connaissances où en est arrivée l’humanité. Ce n’est pas la première fois, bien sûr, mais lorsqu’on est lent à comprendre l’astronomie les conséquences ne sont pas aussi graves que lorsque le retard touche à l’être le plus intime des gens. L’Eglise doit se rendre compte qu’elle ne répond pas aux défis de notre temps. »

Lire aussi l'article de Yves Daoudal sur les propos de Mgr Charamsa dans une revue polonaise parue également ce matin.

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Homosexualité : le verset « oublié » dans “Laudato si’” pourrait intéresser le synode

Un père du synode resté anonyme relisait très récemment l’encyclique Laudato si’ pour mieux préparer les semaines qui s’annoncent. Le vaticaniste Sandro Magister raconte aujourd’hui sur son blog que ce père s’est alors rendu compte d’une curieuse omission. Il manque un verset de la Bible sur l’homosexualité.
Je laisse la parole à Sandro Magister :
Sandro Magister, vaticaniste
« Dans le deuxième chapitre de l’encyclique, celui qui s’intitule “L’Evangile de la création”, et qui s’ouvre sur une timide question au lecteur : “Pourquoi inclure dans ce texte, adressé à toutes les personnes de bonne volonté, un chapitre qui fait référence à des convictions de foi ?”, le pape François commence par rappeler la création de l’homme et de la femme “à l’image et à la ressemblance de Dieu” ; il continue avec la manière dont Dieu confie à l’homme la garde de tous les autres êtres créés, et un peu plus loin, au paragraphe 68, il écrit :
“Cette responsabilité vis-à-vis d’une terre qui est à Dieu implique que l’être humain, doué d’intelligence, respecte les lois de la nature et les délicats équilibres entre les êtres de ce monde, parce que ‘lui commanda, eux furent créés, il les posa pour toujours et à jamais sous une loi qui jamais ne passera’ (Ps 148, 5b-6). C’est pourquoi la législation biblique s’attarde à proposer à l’être humain diverses normes, non seulement en relation avec ses semblables, mais aussi en relation avec les autres êtres vivants.” »
C’est ici que le pape cite le Deutéronome : « Si tu vois tomber en chemin l’âne ou le bœuf de ton frère, tu ne te déroberas pas [...] Si tu rencontres en chemin un nid avec des oisillons ou des œufs, sur un arbre ou par terre, et que la mère soit posée sur les oisillons ou les œufs, tu ne prendras pas la mère sur les petits. » (Dt 22, 4.6)
Les points de suspension dans l’extrait cité signalent une omission : celle du verset 5. Magister note que le précepte « sauté » est très « politiquement incorrect » :
« Une femme ne prendra point un vêtement d’homme, et un homme ne prendra point un vêtement de femme, car celui qui le fait est abominable devant Dieu. »
Sandro Magister note que ledit père du synode à mis un marque-page dans sa Bible, et qu’il compte bien citer le verset lorsqu’on en viendra à discuter des relations homosexuelles.
S’il y a omission, on ne peut pas parler d’escamotage ; les deux versets que cite Laudato si’ ont un rapport évident avec le thème de la sauvegarde et du respect de la création… Le verset 5 eût été hors sujet…
Quoique. S’il se trouve là, entrecoupant une série de préceptes sur l’accueil de l’étranger et de respect de la vie et de la nature, ce n’est sans doute pas sans raison. Il s’agit de respecter l’ordre voulu par Dieu ; un ordre de charité et de justice. Cela suppose que tout soit à sa place.
Comme dit à de multiples reprises le pape François dans Laudato si’ : « Tout est lié ! »

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02 octobre, 2015

Le pape aux Etats-Unis : le Vatican minimise sa rencontre avec Kim Davis et met en avant celle avec l’homosexuel Yayo Grassi et son partenaire Iwan Bagus

« La seule audience accordée par le pape à la nonciature a été celle avec l’un de ses anciens élèves et sa famille » : c’est en ces termes que le P. Federico Lombardi a minimisé la rencontre entre le pape François et Kim Davis, la greffière américaine emprisonnée plusieurs jours pour son refus d’enregistrer des « mariages » de couples de même sexe. Dans le même temps, le P. Thomas Rosica, attaché de presse anglophone du Vatican, a parlé de l’« impact négatif » de cette rencontre à propo laquelle le pape n’avait peut-être pas été suffisamment « briefé ». Mais qui était donc cet « ancien élève » qui, lui, a été reçu par le pape ? Eh bien, il s’agit de Yayo Grassi, traiteur à Washington D.C., de sa mère, de plusieurs amies et de son partenaire depuis 19 ans, le photographe, Iwan Bagus. Oui, un couple homosexuel invité en tant que tel.
Revenons à Kim Davis. « Le pape François a rencontré plusieurs dizaines de personnes qui avaient été invitées par la nonciature pour le saluer alors qu’il se préparait à quitter Washington pour New York. De telles brèves salutations ont lieu lors de toutes les visites papales et elles s’expliquent par la gentillesse et la disponibilité caractéristiques du pape », a expliqué le P. Lombardi. C’est à ce moment-là qu’il a parlé de la « seule audience accordée par le pape » et qu’il a ajouté, à propos de la greffière : « Le pape n’est pas entré dans le détail de la situation de Mme Davis et sa rencontre avec elle ne doit pas être considérée comme une forme de soutien à sa position avec tous ses aspects particuliers et complexes. »
Mais alors, la rencontre chaleureuse avec Yayo Grassi et son ami Iwan Bagus doit-elle être considérée comme une forme de soutien à leur position avec tous leurs aspects publics et sans la moindre ambiguïté ? On ne se risquera pas à répondre à cette question de manière spontanée, mais il est permis de noter que la Salle de presse du Vatican a estimé important de mettre en avant cette rencontre. Et qu’elle l’a fait après les manifestations de déception de groupes LGBT, largement relayées par la presse. Reste à savoir si le P. Lombardi était au courant de la nature un peu particulière de cette audience.
On sait aussi que c’est à l’initiative du pape François que la rencontre privée avec Yayo Grassi et ses proches a eu lieu. L’ancien élève de Jorge Bergoglio pendant les années 1960 a déclaré à CNN que le coup de fil du pape est arrivé trois semaines avant son voyage aux Etats-Unis : « Il m’a dit qu’il serait heureux de m’embrasser. »
C’est Grassi qui après la conférence de presse donnée par le P. Lombardi s’est identifié comme l’« ancien élève » évoqué lors de celle-ci, et il a précisé à CNN qu’il était là accompagné de son partenaire de même sexe, de sa mère et de quelques amies. Ce que le Vatican a confirmé, par la voix du P. Rosica : celui-ci a précisé que Yayo Grassi a déjà plusieurs fois rencontré le pape à qui il a demandé de pouvoir lui présenter sa mère, cette fois, ainsi que plusieurs proches. Iwan Bagus avait déjà rencontré François ave Grassi lors d’un voyage en Italie.
« Il m’a rencontré avec mon petit ami – sachant que je suis son ami et que mon petit ami est mon petit ami. Nous n’avons pas parlé du “mariage” gay. Je sais ce qu’il pense », a précisé Grassi à CNN. Il a décidé de témoigner après qu’une vidéo de la rencontre à la nonciature a été mise en ligne sans qu’il soit au courant : une fois le fait devenu public, il a jugé important de « témoigner du fait qu’il n’est pas la personne homophobe pour laquelle on le prend ».
De fait, on voit dans la vidéo comment le pape embrasse Grassi, puis Bagus.
Selon National Geographic, Grassi a écrit au cardinal Bergoglio en 2010 à propos du « mariage » gay pour se plaindre de ses prises de position sur le sujet – il en avait parlé comme d’une entreprise du diable. « Vous avez été mon guide, vous n’avez jamais cessé de bouger mes horizons – vous avez formé ma vision du monde dans ce qu’elle a de plus progressif. Vous entendre dire ça, c’est tellement décevant. » Le cardinal Bergoglio avait répondu, selon le magazine, qu’il avait pris à cœur les remarques de Grassi mais que la position de l’Eglise sur le mariage gay était fixée. Mais il a ajouté qu’il n’y avait pas de place pour l’« homophobie » dans son travail pastoral.
Grassi a précisé à CNN : « Nous sommes amis depuis très longtemps. Il sait que je suis gay et il a beaucoup de respect pour le fait que je sois gay et qu’Iwan soit mon partenaire », a-t-il dit : « Il n’a jamais eu une attitude de jugement. Il n’a jamais rien dit de négatif. »

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