27 février, 2016

Trois jésuites du Chili font l’éloge des unions homosexuelles

Trois jésuites favorables aux unions homosexuelles
Les Pères Eduardo Silva, Pablo Walker et Juan Cristobal Beytia profitent de l’été austral, comme tous les ans – depuis 35 ans en ce qui concerne le P. Silva –, pour faire une petite retraite, à la Casa de Espiritualidad Loyola, dans la banlieue de Santiago de Chile. Mais cette année, ils ont décidé de s’exprimer dans la presse pour dire du bien des unions homosexuelles. L’éloge leur a valu un article élogieux et bienveillant dans La Tercera. Le journaliste s’émerveille : à la « Maison de spiritualité », pas de « silence sépulcral », on se raconte des blagues, on fait la conversation. « Les tenues sont ad hoc. Pantalons de toile ou jeans, polos, sandales. Des débats. Beaucoup de débats. »
La « conversation » officielle de la récollection se fait autour d’un thème par jour : cette année, dans la foulée du synode sur la famille, on a parlé de la famille, en attendant la retraite proprement dite, en silence celle-là, de huit jours.
Ayant observé que la vie moderne a modifié la physionomie des familles, les trois pères estiment que l’Eglise doit les prendre toutes en compte.
« Une paire d’homosexuels constitue-t-elle une famille ? », demande le journaliste.
Réponse : « Il n’y a aucun doute, c’est une famille, comme espace de croissance, évidemment, oui. La discussion publique qui a été menée porte en réalité sur le mot “mariage”, et non sur la famille. La famille est un espace affectif, de relations, de liens. Autre chose est de savoir si le mot “mariage” est réservé à la relation entre un homme et une femme, ou s’il peut être également étendu à d’autres réalités au sein de l’Accord d’union civile (AUC). »
Interrogés sur le fait que de nombreuses personnes jugent celui-ci « discriminatoire », ils répondent :
« Je crois que cela a été une bonne nouvelle pour les homosexuels, non seulement parce que cela établit la justice en termes patrimoniaux, mais aussi parce que cela signifie une reconnaissance de la société vis-à-vis d’une relation qui existe entre les personnes de même sexe. Mais la société doit encore faire de nombreux pas pour donner une validité culturelle à ce type d’unions. »
Le journaliste poursuit : « L’Eglise devrait-elle analyser la possibilité d’un mariage qui ne soit pas entre un homme et une femme ? »
Réponse du P. Juan Beytia : « Nous ne parlons pas de dogmes, mais, en tant que communauté chrétienne, nous percevons dans l’institution du mariage une stabilité du lien hétérosexuel permanent, en termes de complémentarité et d’ouverture à la vie. Et cela a été traditionnellement la manière dont on a compris le mariage et la famille qui naît en son sein. Mais il faut faire un effort énorme, et mener un dialogue très serein, afin que nous octroyions les niveaux de dignité, de valorisation, de soutien légal et d’inclusion citoyenne que requièrent les différents types de famille, sans que par là on signifie nécessairement que moi, pour revendiquer ma réalité, je doive utiliser les mêmes noms que ceux des autres entités. En tant qu’Eglise, nous devons prendre en charge la réalité des faits, l’existence d’une diversité des types de familles, et du fait qu’elles font autant partie de Dieu que ce curé qui est en train de parler. Le pas que doit accomplir l’Eglise – et toute la société – c’est de reconnaître que l’homosexualité n’est pas seulement une chose à tolérer, mais qu’il se trouve là une richesse de personnes. »
Le père jésuite a déclaré qu’à cet égard, ce que dira le pape François en mars, dans la foulée du synode sur la famille, sera très important sur toutes les « problématiques » actuelles.
On ne s’étonnera pas de ce que ce même père Beytia ait refusé de rejeter l’adoption homosexuelle, en affirmant « suspendre son jugement » dans la mesure où « nous n’avons pas de données » sur le bien des enfants dans cette situation.
Est-ce utile de préciser que la Casa de Espiritualidad Loyola était, jadis, un séminaire ? Aujourd’hui, c’est devenu une maison d’exercices spirituels, faute d’y former de nouveaux jésuites. Et c’est peut-être tant mieux…

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Abigail Kopf, victime de la tuerie de Michigan, adonné des signes de vie alors que son don d’organes s'organise

Abigail Kopf, 14 ans, faisait partie des victimes de la tuerie de Kalamazou au Michigan il y a une
Abigail Kopf, une adolescente pleine de vie !
semaine : frappée d’un coup de balle à la tête, elle était à bord d’une voiture dont les trois autres occupants ont été tués, apparemment par Jason Dalton, soupçonné d’être à l’origine du massacre de sept personnes. La petite Abigail était si mal en point que les premières informations qui ont circulé affirmaient qu’elle était en état de mort cérébrale. Les médecins avaient prévenu ses parents qu’il y avait « peu de chances qu’on puisse faire quoi que ce soit pour elle » et des démarches avaient été entreprises auprès d’un centre de don d’organes et de tissus. C’est alors que la jeune fille serra la main de sa mère qui était auprès d’elle : un évident signe de vie.
Avec la joie qu’on imagine, la maman a appelé les médecins qui ont commencé à poser des questions à la jeune fille, en lui demandant de lever le pouce en réponse à leurs questions. Elle leva les deux pouces…
La petite Abigail lutte toujours pour sa vie mais son état s’améliore, d’après un communiqué publié jeudi par ses parents. « Elle répond au personnel médical, lève les pouces et bouge les orteils. Nous nous attendons à des améliorations au cours des prochains jours », ont-ils affirmé.
La visibilité médiatique de ce réveil jette une lumière inopportune sur la pratique du prélèvement d’organes, qui se fait cœur battant sur des personnes décrétées en état de mort cérébrale – selon une définition qui varie d’un Etat et d’un pays à l’autre.
Les autorités de l’hôpital ont déclaré depuis que la jeune fille n’avait jamais été déclarée en état de « mort cérébrale » ; mais l’arrêt de son cœur avait été constaté et nul ne nie que contact avait été pris avec le programme de don d’organes « Gift of Life ».

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Naissance d’un bébé éprouvette en Chine douze ans après la congélation de l’embryon


Un nouveau-né de 12 ans en Chine ?
C’est une folie conjuguée de la politique communiste et des nouvelles possibilités techniques : un bébé éprouvette vient de naître dans la province de Shaanxi, au nord-ouest de la Chine, douze ans après la « fabrication » de l’embryon qui a été conservé pendant douze ans, puis implanté lors du relâchement de la politique de l’enfant unique par le gouvernement. C’est la plus longue durée de congélation d’embryon suivie d’une implantation réussie jamais enregistrée en Chine.
L’enfant est né mercredi d’une femme de 40 ans.
Celle-ci souffre de trompes de Fallope bloquées et d’un syndrome d’ovaires polykistiques. C’est en 2003 qu’elle a eu recours à une procédure de procréation artificielle au cours de laquelle 12 ovules ont été prélevés, tous fécondés in vitro avec le sperme de son mari. Deux embryons furent aussitôt implantés, sept autres considérés « viables » ont été congelés.
La femme devait donner naissance à un garçon sain en 2004 (l’histoire ne dit pas ce qu’il advint de l’autre embryon implanté).
Depuis lors, elle a versé 3 yuan (l’équivalent d’un peu moins de 50 centimes d’euro) par jour pour payer la conservation des embryons « surnuméraires » à l’hôpital, en cas d’« urgence ». Quelle urgence ? La mort du premier enfant, peut-être ?
Finalement, c’est au moment où les autorités du planning familial chinois ont remplacé, l’an dernier, la politique contraignante de l’enfant unique par la politique, non moins contraignante, des deux enfants, que la femme a décidé d’avoir un deuxième bébé en récupérant ses embryons congelés.
Seuls trois sur les neuf embryons congelés ont survécu au processus de décongélation. On choisit les deux « meilleurs » pour les implanter – l’autre partant au rebut – et finalement un seul devait survivre.
On connaît si bien ces taux importants de « pertes » au centre de médecine reproductive de Tangdu, où l’implantation eut lieu, que les implantations multiples sont la règles : « Le taux de succès d’embryons décongelés implantés est de plus de 40 % dans notre hôpital, c’est pourquoi les médecins placent généralement plus d’un embryon à la fois. »
La Chine compte environ 12,5 % de personnes en âge de procréer présentant un problème de fertilité et le recours à la fécondation in vitro y est fréquent. A l’hôpital de Tangdu, la congélation des embryons a démarré en 2003. A ce jour, elle en a conservé un total de 100.000 dans le grand froid, tout petits êtres bloqués entre la vie et la mort dans ce que le Pr Jérôme Lejeune appelait L’enceinte concentrationnaire. Sur ces 100.000 embryons, plus de 27.000 ont été décongelés à l’hôpital de Tangdu, qui se glorifie d’avoir obtenu ainsi 4.293 bébés éprouvette en bonne santé.
Faites vos comptes : c’est un massacre.

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25 février, 2016

Le don d’organes après l’euthanasie de mieux en mieux accepté aux Pays-Bas

Campagne pour le don d'organes au Brésil : “L'un ou l'autre
aura vos organes. A vous de choisir.”
Il y a quelques années à peine, on se demandait encore aux Pays-Bas si les candidats à l’euthanasie pouvaient aussi donner leurs organes : était-ce moralement acceptable ? Le dilemme éthique aura été de courte durée : la procédure est aujourd’hui de plus en plus fréquente : on compte quinze cas au total. Le premier exemple remonte à 2012 ; en 2015, on en était à huit « euthanasies suivies de dons d’organes », et les objections des médecins semblent s’être largement évaporées.
Le premier cas de 2016 s’est déroulé à l’hôpital Erasmus de Rotterdam qui naguère avait refusé pareille procédure sur un homme au motif que celui-ci n’était pas habituellement soigné par ses équipes et que son parcours ne leur était pas assez bien connu.
Cette fois, il s’agit d’un homme qui s’était adressé à la Clinique de fin de vie – la Levenseindekliniek – qui se charge d’évaluer les demandes d’euthanasie des personnes qui n’ont pas réussi à obtenir la procédure de leur médecin traitant, et qui les exécute le cas échéant. Cela peut permettre de contourner une objection de conscience ou un doute du médecin quant au respect des conditions posées par la loi pour ne pas encourir des poursuites pénales après une euthanasie.
La presse néerlandaise présente cette mort on ne peut plus « utile » sous un jour très positif. L’Algemeen Dagblad titre : « Unique : une seule euthanasie permet de sauver cinq vies par le biais du don d’organes. »
Au MC Erasmus de Rotterdam, tout était calculé au millimètre près. Le patient destiné à l’euthanasie était installé dans une chambre, les cinq receveurs attendaient sur cinq tables d’opérations, prêtes pour l’opération. Il ne restait plus qu’à passer à l’acte, transférer l’euthanasié dans une salle d’opération voisine, et zou, on pourrait récupérer son foie, ses reins, son pancréas et deux autres organes dont la nature n’a pas été précisée.
Il fallait pour cela que l’euthanasié fût en bonne forme physique, raison pour laquelle on ne peut guerre prendre en considération les propositions d’organes des cancéreux. En l’occurrence, s’agissant d’un homme qui ne supportait pas les conséquences d’une hémorragie cérébrale, la qualité des organes était bonne. Ne voulait-il plus vivre ? Autant que sa mort serve, comme il le désirait !
Entouré de sa famille, d’amis et du personnel de l’hôpital, l’homme a reçu la mort du médecin de la Clinique de fin de vie, autorisé pour l’occasion à pratiquer son « art » entre les murs de l’hôpital – chose unique dans les annales de l’euthanasie aux Pays-Bas. Les proches ont eu cinq petites minutes pour dire « à Dieu » (à supposer qu’ils y croient) avant que le « mort » parte en salle d’opération. Et hop…
Etait-il vraiment mort ? La question se pose : pour être réellement efficace, il importe de prélever les organes vitaux, cœur battant, et se contenter d’une « mort cérébrale ». Mais dans ce cas, les détails donnés à la presse ne permettent pas d’en avoir le cœur net. On sait seulement qu’un homme « a réussi à en sauver cinq autres ».
D’autres questions restent posées, comme celles mises en avant par un responsable éthique de l’hôpital Erasmus : que faire face à une personne qui demande l’euthanasie précisément pour pouvoir donner ses organes ? Comment le savoir ? Qu’en est-il de la pression qui pèse sur le futur euthanasié, qui théoriquement peut toujours se rétracter, jusqu’à la dernière seconde ? Mais ce même Gert van Dijk fait partie de l’équipe qui a rédigé un protocole régional informel et provisoire de l’euthanasie suivie par don d’organes pour l’hôpital universitaire de Maastricht. Mais la chose se fait maintenant un peu partout dans les Pays-Bas, sans qu’il y ait ni interdit ni autorisation formelle.
L’éthicien Gert van Dijk vient de cosigner un article dans l’American Journal of Transplantation pour vanter la « légalité et la possibilité médicale » du don d’organes associé à l’euthanasie que « beaucoup de médecins et de patients ignorent ».
Un petit coup de pub ?

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23 février, 2016

Le moyen le plus rapide de freiner les émissions carbone ? La contraception !

« Comment les nations pourront-elles réduire leurs émissions carbone si rien n’empêche les individus d’avoir autant de bébés qu’ils le désirent ? » Voilà ce que demande Alisha Graves dans une revue très sérieuse, le Bulletin of the Atomic Scientists, magazine universitaire non technique fondée au lendemain de Nagasaki et Hiroshima pour poser les questions de fond liées aux progrès scientifique. Elle est bien connue pour sa « Doomsday Clock », l’horloge du jugement dernier qui prétend afficher la proximité de la catastrophe finale qui peut anéantir l’humanité. La bombe nucléaire fait partie des dangers évalués, mais aussi le changement climatique. Puisque les rédacteurs souscrivent à l’idée que celui-ci est d’origine humaine, c’est donc l’homme, le problème. Comment prévenir la naissance de nouveaux hommes ? Par la contraception bien sûr !
L’idée de réduire d’autorité le nombre d’enfants que les êtres humains sont autorisés à engendrer est évidemment extrême, comme le reconnaît l’auteur après avoir posé que « dans tant de domaines de la politique nationale, les intérêts de la population dans son ensemble doivent être mis dans la balance contre les droits des individus ».
Notez que cela se fait en Chine depuis des décennies, et que la Chine est un honorable partenaire commercial et un pays respecté dans le concert des nations »…
Mais ce que veut montrer Alisha Graves, c’est que de nombreux individus ont davantage de bébés qu’ils n’en auraient voulu. L’urgence serait donc de leur donner le moyen de planifier leurs familles, « et cela peut aider les nations à contenir leurs émissions carbone totales ».
Elle accuse particulièrement les Américains avec leurs « émissions par tête » de 17 tonnes métriques (avec un peu plus de la moyenne pour Al Gore, Bill Gates et autres globe-trotters richissimes…). « La moitié des grossesses aux Etats-Unis ne sont pas planifiées – et depuis 2008, 60 % d’entre elles s’achèvent par une naissance. Vu les circonstances, les Etats-Unis devraient faire preuve d’un engagement politique bien plus important en faveur du planning familial – et ils devraient faire du planning familial un élément explicite de la politique climatique nationale. »
Pour cela il ne faut pas parler de « limitation de la population » (trop voyant ?) mais remplacer ce concept par un « paradigme de liberté et de choix personnel » : prêcher à la femme son « droit individuel à déterminer la taille de sa famille ». Il en résultera des avantages pour elle, pour ses enfants, et à travers « l’allégement de la pression sur l’environnement ».
D’ailleurs, les pays les plus pauvres, les plus mal gouvernés, les plus corrompus sont aussi ceux qui affichent la fertilité la plus forte, assure Alisha Graves, qui plaide pour la diffusion de la contraception précisément dans ces pays où « la capacité d’une femme à séparer le sexe de la procréation peut être une question s vie et de mort ».
« Lorsque le programmes de santé publique donnent cette capacité aux femmes, ils ne se bornent pas à donner aux femmes le pouvoir d’exercer leur droit de déterminer la taille de leur famille – ils apportent également une contribution significative en vue d’alléger les émissions dans un avenir proche. Et que signifie pour moi “l’avenir proche” ? Eh bien, si la contraception permet d’éviter une naissance non désirée aujourd’hui, le monde aura un émetteur de carbone en moins dans 40 semaines à peine – environ le temps qu’il faut pour mener une grossesse à terme », écrit-elle.
Résumons. Au nom de la planète, on proclame que la femme est totalement autonome par rapport à la procréation. Que toute grossesse non planifiée est une grossesse de trop qu’il aurait fallu éviter. Que la limitation des naissances est la clef de la richesse, de la santé, du bonheur. Que le sexe doit être dissocié de la procréation. Que le nouveau-né est avant tout un producteur de carbone. Et de manière subliminale, l’article suggère même que les pays qui se soucient du planning familial sont ceux qui rompent avec la mauvaise gouvernance, la gabegie, la corruption.

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21 février, 2016

Le pape François, le virus Zika et la contraception : analyse critique

Les propos du pape François sur le virus Zika et la contraception ont provoqué trois types de réactions. Pour la majorité – les grands médias du monde entier – le pape vient de lever la condamnation systématique de la contraception qui pourrait, dans certaines circonstances, constituer un « moindre mal ».
Je reproduis ici les propos du pape (vérifiés par rapport au verbatim en italien. C’est à partir de là qu’il faut en juger.
« L’avortement n’est pas un “moindre mal”. C’est un crime. C’est éliminer l’un pour sauver l’autre. C’est ce que fait la mafia, hein ? C’est un crime. C’est un mal absolu. Sur le “moindre mal” : éviter la grossesse est… nous parlons en termes de conflit entre le cinquième et le sixième commandement. Paul VI – le grand ! – lors d’une situation difficile, en Afrique, a permis aux religieuses d’utiliser des contraceptifs pour cause de violence. Il ne faut pas confondre le mal qui consiste à éviter la grossesse avec l’avortement. L’avortement n’est pas un problème théologique, c’est un problème humain, c’est un problème médical. On tue une personne pour sauver l’autre – dans le meilleur des cas. Ou pour pouvoir s’amuser, non ? Il est contraire au serment d’Hippocrate que les médecins doivent prononcer. C’est un mal en soi, mais ce n’est pas un mal religieux au départ : non, c’est un mal humain. Ensuite, évidemment, comme il s’agit d’un mal humain – comme chaque assassinat – il est condamné. En revanche, éviter la grossesse n’est pas un mal absolu ; dans certains cas comme celui-ci, comme celui-là que j’ai évoqué du bienheureux pape Paul VI, c’était clair. Moi j’exhorterais aussi les médecins à tout faire pour trouver des vaccins contre ces deux moustiques qui apportent ce mal ; c’est là-dessus qu’il faut travailler. »
Il y a une ambiguïté évidente : quand le pape parle de « certains cas comme celui-ci (questo), comme celui-là (quello) que j’ai évoqué, du bienheureux pape Paul VI ». Evoque-t-il deux cas : celui du risque (non définitivement confirmé à ce jour) de microcéphalie associé au virus Zika, et celui de l’affaire des religieuses du Congo ? Ou un seul, ce dernier ? Le langage est confus, comme souvent lorsque le pape tient des propos improvisés.
On peut dire au moins ceci : le pape répondait à une question sur le virus Zika, il avait cela très présent à l’esprit comme le prouvent ses remarques sur le fait qu’il voudrait voir « aussi » (anche) les médecins trouver des vaccins.
Voilà pourquoi nombre de catholiques font de ses propos une même lecture que les grands médias. Et ils soulignent qu’il s’agit là d’une rupture évidente et manifeste par rapport à l’enseignement traditionnel de l’Eglise. S’agissant de libres propos du pape, ils n’engagent pas son autorité et ne bénéficient pas de l’infaillibilité pontificale. Mais ils restent inquiétants et le risque existe que des catholiques en soient poussés à croire qu’ils peuvent librement avoir recours à la contraception chimique lorsque les circonstances le permettent, voire le recommandent.
Pour d’autres catholiques, il faut à tout prix justifier les paroles du pape. Ce qui peut se faire de deux manières.
Premièrement : en affirmant qu’il ne voulait pas du tout parler de la contraception artificielle. Le pape se serait contenté de dire que dans certaines circonstances, il est légitime de vouloir éviter une grossesse. C’est ce qu’a déclaré, par exemple, le P. Robert Gahl, professeur associé de philosophie morale à l’Université pontificale de la Sainte-Croix à Rome. Les médias ont mal compris parce qu’ils ignorent l’enseignement de l’Eglise sur la régulation naturelle des naissances. Il aurait également échappé aux auditeurs qu’en évoquant Paul VI le pape François voulait en réalité rendre hommage à l’auteur de Humanae Vitae et réitérer sa condamnation de la contraception.
Cela ne résiste pas à une analyse sans arrière-pensées des propos du pape François. C’est lui-même qui a placé la discussion sur le plan de la contraception ; ou si l’on veut de la « contraception artificielle », puisque dans le cas des religieuses congolaises, il s’agissait bien de leur permettre de prendre une pilule contraceptive.
Deuxièmement option : ces catholiques s’affirment hostiles à la contraception, mais avec un beau sens de la « nuance » et du « discernement ». Ainsi l’enseignement de l’Eglise qui rejette la contraception souffrirait-il des exceptions. C’est l’avis du P. Lombardi, porte-parole du Vatican, qui a trouvé les propos du pape « assez clairs » : « Peut-être il y a des cas très graves, exceptionnels, dans lesquels on peut voir s’il y a des interventions à faire pour prévenir une “gravidance” (une grossesse)… » Il a évoqué une « considération des cas exceptionnels pour voir ce qui est juste à faire dans ces cas exceptionnels. (Ce) n’est pas une ouverture sans réflexion, sans discernement de la gravité des cas. »
Et voilà la contraception hissée au rang de « moindre mal », éventuellement acceptable pour éviter une situation grave.
C’est même – à en croire des commentaires lus ici ou là – ce qui permet de distinguer la morale catholique des préceptes islamiques. Nous autres, nous ne raisonnons pas en termes de « halal » ou « haram » – permis, défendu, pur, impur… – n’est-ce pas ?
Que des catholiques veuillent défendre le pape à tout prix, c’est compréhensible ; mais cela ne dispense personne de raisonner en termes exacts ni de réaffirmer la vérité que l’Eglise nous enseigne, et dont chacun est à sa manière comptable. Le pape est un homme qui peut se tromper, faire preuve d’ignorance sur tel ou tel sujet ; il peut même mentir, ou encore induire en erreur volontairement ou involontairement. Cela ne change rien à sa dignité ou à sa primauté, au devoir du catholique de l’aimer et de prier pour lui et pour le bien de l’Eglise qu’il a la charge de conduire au Christ…
Revenons-donc sur l’opposition « halal-haram »… Il y a ici une confusion : la confusion entre la chose en elle-même et l’acte qui seule est susceptible d’analyse morale. La contraception, c’est toute manœuvre visant à empêcher la conception qui peut résulter d’un acte conjugal. Cette manœuvre est toujours un mal, puisqu’elle sépare les dimensions unitive et procréative de l’acte conjugal. Elles sont inséparables. Celui qui y a recours commet donc un mal moral. En revanche la pilule hormonale, moyen contraceptif, a par ailleurs un effet thérapeutique : une femme qui prend « la pilule » pour soulager une affection gynécologique ne commet en rien un mal moral puisque son objectif n’est pas d’empêcher la fécondité de l’acte conjugal. Elle ne commet pas un acte contraceptif.
En ce sens on pourrait dire que ce n’est pas la « chose » qui est « halal » ou non, c’est l’utilisation qui en est faite, en fonction de l’intention de celui ou de celle qui agit.
Il en va de même avec le fait de tuer un être humain, qui est un mal en soi. Mais c’est un acte qui peut ne pas constituer un mal moral : lorsqu’on tue en légitime défense (personnelle ou dans le cadre de la société – lorsqu’un pays se défend dans un état de guerre) on n’agit pas de manière répréhensible. Dans cette même logique, L’avortement délibéré est toujours un acte moralement mauvais puisqu’il ne vise pas un injuste agresseur, mais une vie humaine innocente.
Alors oui, la religion catholique nous dit qu’il y a des péchés graves ou moins graves, véniels ou mortels : elle tient compte de la matérialité des actions, de l’intention et de la responsabilité, mais elle enseigne avec clarté qu’il est interdit de tuer l’innocent, de voler, de tromper son conjoint, de violer… et, aussi d’avoir recours à la contraception.
Ces maux ne sauraient être utilisés comme des moyens pour obtenir un bien : voler pour nourrir les pauvres, sacrifier délibérément un innocent pour sauver d’autres innocents, tromper son conjoint pour « sauver » un mariage ennuyeux, avoir recours à la contraception pour éviter une grossesse encombrante pour le couple, voire dangereuse pour la femme.
Les déclarations du pape font de tout cela un beau salmigondis qu’il importe de débrouiller un peu.
Il y a d’abord la notion du « moindre mal ». Comme je l’écrivais déjà vendredi, cela supposerait qu’il y eût un mal grave à éviter grâce à la contraception. Quel mal ? Telle que la question est posée, il s’agirait de l’avortement ; utiliser la contraception comme seul autre choix possible par rapport à l’avortement – autrement dit, considérer celui-ci comme une fatalité dans le cas d’un diagnostic de microcéphalie. Or dans le cas d’un tel diagnostic, l’avortement n’est pas une option, et il existe un bien à choisir : accueillir l’enfant comme un don, quel qu’il soit.
Ou alors, la contraception, l’évitement de la grossesse, serait à considérer comme un moindre mal par rapport à la conception d’un enfant contaminé par Zika, et microcéphale (rappelons que le lien entre les deux n’est pas à ce jour établi). Mais la conception d’un enfant handicapé serait-il donc un « mal moral » ? En aucun cas ! Même si le handicap est un malheur, un mal si l’on veut. Ne pas confondre la chose et l’acte susceptible d’un jugement moral…
Un couple peut-il éviter la conception d’un enfant alors qu’il craint de donner le jour à un handicapé ? Oui, répond l’Eglise. Pie XII disait aux sages-femmes en 1951, affirmant que l’usage des périodes infécondes dans les rapports sexuels était licite pourvu que « des motifs sérieux comme ceux qu’il n’est pas rare de trouver dans ce qu’on appelle l’indication médicale, eugénique, économique et sociale » existent. Il y a une indication « eugénique ». Elle permet d’éviter les grossesses par des moyens licites – des moyens bons, non point un « moindre mal » –, et non par le recours à des moyens mauvais, fussent-ils utilisés pour cette bonne fin.
Si le pape voulait parler de l’abstinence pendant les périodes fertiles, il serait faux de la désigner comme un « moindre mal » ; ce serait un agir bon, correct, conforme à la loi divine…
Allons plus loin. Quel « conflit » y aurait-il entre le 6e et 5e commandement ? Si l’on comprend bien le pape François, il s’agit d’attenter au 6e commandement pour ne pas tuer, pour ne pas contrevenir au 5e commandement, présenté comme plus grave. En réalité, il s’agit alors de justifier une transgression en affirmant : « Si je ne fais pas ceci qui est interdit, je ferai cela qui est encore plus gravement interdit (et auquel rien ne me contraint). » Cela paraît absurde.
Passons à l’avortement, qui ne serait pas un « problème théologique », un « mal religieux » mais un « problème humain ». Sans doute est-ce une manière de dire que l’interdiction de l’avortement n’est pas un précepte religieux mais qu’elle relève de la naturelle. Soit. Le pape François ajoute que l’évitement de la grossesse n’est pas du même ordre, ce qui est juste, puisque éviter une grossesse peut constituer un acte moralement bon – c’est toute la logique de la régulation naturelle des naissances – mais en laissant planer plus que fortement l’idée que la contraception puisse être un mal, un mal relatif acceptable afin d’éviter des grossesses.
La finalité de l’acte conjugal ne serait-elle donc pas accessible à un jugement moral humain, fondé sur la nature même de cet acte ? Le refus de la contraception ne relèverait-il plus que d’un interdit religieux ? Comme le commandement de ne pas manger de la viande les vendredis de carême, ou de ne pas profaner les Saintes Espèces ? Voilà qui relativiserait fortement la réflexion sur la contraception, et sur plus d’un plan : d’abord parce que la contraception chimique possède une forme d’action abortive, et aussi parce qu’elle soulève des questions (et admet des réponses) de moralité humaine qui ne dépendent pas d’une vérité révélée.
A l’aune de la réflexion du pape, bien des portes s’ouvrent du coup : la contraception devient envisageable, sous condition de « discernement », dans bien des situations : le risque accru de donner naissance à un trisomique, lié à l’âge de la femme ; le risque de transmission du sida ; la liste est longue et l’inventivité de l’homme est sans bornes…

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19 février, 2016

Zika : le pape François envisage la possibilité de recourir à la contraception pour éviter un risque de maladie congénitale


Le pape François a donné une longue interview dans l’avion qui le ramenait du Mexique, comme il a coutume de le faire au retour de ses longs voyages. Ce sont en règle générale des propos qui derrière leur « spontanéité » peuvent avoir une valeur « programmatique », comme lorsque le pape avait laissé entendre au retour des JMJ de Rio son intention de modifier la procédure canonique de nullité des mariages. Cette fois, il s’est exprimé sur une douzaine de thèmes « chauds » en réponse à autant de questions. Les médias ont retenu sa réponse ambiguë suggérant une ouverture à la contraception pour éviter les naissances d’enfants porteurs d’anomalies congénitales alors que le virus Zika est présenté comme responsable de cas de microcéphalie au Brésil.
Autres sujets d’intérêt pour ce blog : sa réponse sur la légalisation des unions civiles pour les homosexuels en Italie, et sur les divorcés « remariés ».
Sur la contraception, je reproduis ici le texte complet de la question de Paloma Garcia Ovejero de la chaine espagnole COPE et la réponse du pape François, traduit par mes soins depuis l’espagnol, et l’anglais pour compléter :  
« Saint-Père, depuis quelques semaines on s’inquiète beaucoup dans de nombreux pays d’Amérique latine mais aussi en Europe en ce qui concerne le virus Zika. Le plus grand risque frapperait les femmes enceintes. Il y a de l’angoisse. Certaines autorités ont proposé l’avortement, ou alors d’éviter la grossesse. En ce qui concerne l’évitement de la grossesse, dans ce cas, l’Eglise peut-elle prendre en compte le concept de “moindre mal” ? », demande la journaliste. Elle ne nomme pas la contraception mais la réponse va confirmer que le pape a bien compris que son propos vise la contraception dite « artificielle ».
Le pape François répond :
« L’avortement n’est pas un “moindre mal”. C’est un crime. C’est éliminer l’un pour sauver l’autre. C’est ce que fait la mafia, hein ? C’est un crime. C’est un mal absolu. Sur le “moindre mal” : éviter la grossesse est… nous parlons en termes de conflit entre le cinquième et le sixième commandement. Paul VI – le grand ! – lors d’une situation difficile, en Afrique, a permis aux religieuses d’utiliser des contraceptifs pour cause de violence. Il ne faut pas confondre le mal qui consiste à éviter la grossesse avec l’avortement. L’avortement n’est pas un problème théologique, c’est un problème humain, c’est un problème médical. On tue une personne pour sauver l’autre – dans le meilleur des cas. Ou pour pouvoir s’amuser, non ? Il est contraire au serment d’Hippocrate que les médecins doivent prononcer. C’est un mal en soi, mais ce n’est pas un mal religieux au départ : non, c’est un mal humain. Ensuite, évidemment, comme il s’agit d’un mal humain – comme chaque assassinat – il est condamné. En revanche, éviter la grossesse n’est pas un mal absolu ; dans certains cas comme celui-ci, comme celui que j’ai évoqué du bienheureux pape Paul VI, c’était clair. Moi j’exhorterais aussi les médecins à tout faire pour trouver des vaccins contre ces deux moustiques qui apportent ce mal ; c’est là-dessus qu’il faut travailler. »
La réponse reste confuse : il n’y a pas d’approbation affirmée de la contraception pour l’affaire du virus Zika, encore qu’on puisse l’extrapoler depuis l’exemple des religieuses belges au Congo tel que le pape François la présente… et qui n’est pourtant pas si claire, puisqu’on ne dispose d’aucune approbation officielle de l’usage des contraceptifs par des religieuses sérieusement menacées de viol. Ni Paul VI, ni le Vatican ne s’étaient prononcés, même si le cardinal Palazzini avait personnellement approuvé ce recours aux contraceptifs non abortifs.
L’invocation du pape Paul VI semble très délibérée, puisque c’est lui qui par Humanae vitae a clairement énoncé l’enseignement de l’Eglise refusant la contraception qui sépare l’acte conjugal de sa finalité procréatrice.
Dans le cas évoqué par la journaliste espagnole, il ne s’agit pas de religieuses mais bien de couples chrétiens mariés auxquels le pape donne un discret feu vert : la contraception apparaît même ici comme un moyen d’éviter non la grossesse, mais plutôt l’avortement (d’où l’expression « moindre mal ») ! On n’imagine pas en effet que le pape considère la naissance d’un enfant microcéphale comme le « plus grand mal » à éviter par la contraception…
En cela, il y a une contradiction directe à l’égard de l’enseignement de l’Eglise sur la sexualité conjugale et sur la licéité d’actes objectivement mauvais en eux-mêmes, posés pour obtenir un effet mauvais comme  moyen d’éviter un plus grand mal.  C’est un principe moral de base : la fin ne justifie pas les moyens.
L’ouverture à la contraception pour le cas du virus Zika, qui crée (peut-être) un risque de microcéphalie, ouvre nécessairement la porte à d’autres recours à la contraception. Que faire dès lors qu’il y a un risque de maladie génétique, de contamination du fœtus par le sida, pourquoi pas de dangers particuliers qu’une grossesse ferait courir à la mère ? Pourquoi les exclure dans ces cas-là, si Zika justifie à lui seul ce recours ?
Pourquoi ne pas avoir tout simplement rappelé que l’abstinence, ou l’abstinence pendant les périodes fertiles, pouvait constituer une solution envisageable en cas de forte crainte d’une naissance handicapée ?
On peut dire à tout le moins que le pape n’a pas rappelé avec précision la loi de Dieu et de l’Eglise.
Nous parlerons plus tard des autres questions soulevées par l’entretien…


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18 février, 2016

Le cardinal Vincent Nichols, ouvert aux « unions homosexuelles », pressenti au nouveau dicastère pour les laïcs, la famille et la vie

Le cardinal Vincent Nichols a reçu son chapeau
des mains du pape François, début 2014
De source sérieuse, le cardinal-archevêque de Westminster, Vincent Nichols, aurait de bonnes chances de devenir le chef du nouveau dicastère du Vatican pour les laïcs, la famille et la vie. C'est une nouvelle pour le moins inquiétante, si elle devait s'avérer, dans la mesure où le cardinal Nichols surprend depuis longtemps par ses prises de positions progressistes sur les questions de la vie et de la famille. Qu'il s'agisse de l'avortement, de la contraception, des droits et du statut de l'embryon, de l'éducation sexuelle, des unions homosexuelles ou de l’accès à la communion des divorcés « remariés », ses déclarations publiques sont depuis longtemps critiqués par les mouvements britanniques pour le respect de la vie et les catholiques soucieux d'une interprétation correcte des enseignements de l'Eglise.
Voice of the Family a publié mardi un communiqué pour dire son inquiétude devant l'éventualité de la nomination du cardinal Nichols. Le nouveau dicastère pour lesquelles il serait pressenti remplace le Conseil pontifical pour les laïcs, le Conseil pontifical pour la famille et l'Académie pontificale pour la vie. Avec sa dimension nouvelle, le nouveau dicastère aura également un poids plus important au sein de l’Eglise. Dans la foulée du synode sur la famille, il sera certainement chargé d’en répandre les propositions et les recommandations.
Avec un évêque aussi controversée à sa tête, il conforterait certainement la position de ceux qui militent, comme ils le disent, pour une nouvelle discipline –mais en fait aussi et surtout pour une nouvelle doctrine à propos du mariage, de la famille et de la sexualité humaine.
Le fait que le nom du cardinal Nichols puisse circuler à propos de cette prochaine nomination, alors qu'on attend précisément aussi la parution du de l'exhortation apostolique sur la famille au mois de mars, laisse craindre que les options les plus libérales avancées lors des deux synodes aient peut l'emporter. Ce n’est pas une éventualité que l’on puisse écarter d’emblée puisque ce type de texte n’engage pas l'infaillibilité pontificals.
Le cardinal Nichols est connu pour son l'ouverture aux unions homosexuelles, dont il ne refuse pas qu’elles puissent obtenir une certaine forme de reconnaissance de la part de l'Eglise. Il a lui-même célébré une messe pour le groupe « Soho » des catholiques LGBT de Westminster en mai 2010. Ce groupe est connu pour sa contestation ouverte à l'égard de la morale enseignée par l'Église.
Voice of the family note : « Il paraît impossible que le cardinal puisse apporter au pape François le soutien dont il a besoin en ces heures ou où le sens véritable  du mariage est en crise dans le monde entier. Il est tout aussi inconcevable qu’une personne qui s'oppose aussi ouvertement à l'enseignement catholique puisse être une inspiration pour ses frères cardinaux, les évêques, les prêtres et les laïcs dans leur tâche de défense de la vie humaine, du mariage et de la famille. »
L'organisme exhorte les catholiques « à prier pour que le Saint-Père nomme un témoin courageux de la doctrine catholique sur la vie et la famille à ce nouveau poste ». « La famille subit aujourd'hui des attaques constantes. Les victimes de cette crise, les enfants à naître, les handicapés, les vieillards, les enfants qui risquent d'être exposés à une éducation sexuelle corruptrice, les parents qui se battent pour élever leurs  enfants conformément à la loi morale, ont besoin d'une voix forte qui puisse s'exprimer en leur nom. Cela ne pourra certes pas se faire à travers la nomination d'un opposant tenace à l’enseignement catholique orthodoxe », ajoute Voice of the Family.
Le cardinal Nichols, interrogé dans les médias britanniques, a multiplié les déclarations hétérodoxes. En 2010 il concédait sans la moindre réserve que l'Eglise anglicane avait dû se résoudre à ordonner des femmes prêtres et même dans certains endroits des femmes évêques, afin de refléter les valeurs contemporaines de la société. Interrogé sur le fait de savoir si l'Église catholique allait faire preuve du même genre de « flexibilité » que l'Église anglicane en sanctionnant des unions gay, le cardinal Nichols avait répondu : « Je ne sais pas. Qui sait ce qui se trouvera plus tard sur le chemin. »
 A propos de la reconnaissance des partenariats gay, il répondait mollement au Telegraph, le 11 septembre 2010 : « Je ne sais pas. Il y a dans le Livre de la nature un lien inhérent entre la sexualité humaine et la procréation, et ces deux choses ne peuvent au bout du compte jamais être totalement séparés. Les gens qui ont une orientation homosexuelle disent : “D'accord, mais attendez une minute. Comment le Livre de la nature est-il inscrit en moi ?” La chose la plus importante que dit la tradition chrétienne est celle-ci, ne vous considérez pas simplement comme un individu isolé mais comme faisant partie d'une plus grande famille. Les exigences morales que nous impose cette tradition sont difficiles. Cette tradition dit que la sexualité humaine est ordonnée à l'expression d'un don total de soi dans la fidélité, d'une manière ouverte à la création d'une nouvelle vie. Maintenant, c'est difficile, c'est un idéal élevé. Je ne suis pas sûr que beaucoup de gens l'aient jamais observé dans sa totalité, mais cela ne veut pas dire qu'il n'ait pas de sens. »
A la même époque – c'était juste avant la visite de Benoît XVI au Royaume –Unis, Mgr Nichols, toujours interrogé par la BBC, intervenait vivement pour contester le fait que l'Église soit hostile aux unions homosexuelles. « Ce n'est pas vrai, pas dans ce pays. Dans ce pays nous (la Conférence des évêques d'Angleterre et du Pays de Galles), avons été très nuancés. Nous ne nous sommes pas opposés aux partenariats civils homosexuels, nous avons reconnu que dans la loi britannique ceux-ci pouvaient se justifier. Nous avons de manière constante déclarée que ces partenariats ne sont pas la même chose que le mariage. » Un peu plus loin dans l'interview un autre intervenant note que l’Eglise catholique en Angleterre fait  preuve en la matière d’une certaine « indépendance » à l'égard du Vatican. Le cardinal Nichols ne se donne pas la peine de démentir…
 Le 26 novembre 2011, interrogé par The Tablet, Mgr Nichols vantait le partenariat civil comme offrant aux personnes de même sexe à la recherche d'une relation pour toute la vie une structure leur permettant de trouver leur place, une protection, et un cadre juridique, affirmant que l'Église est très soucieuse de la notion d'égalité afin que chacun puisse jouir du même type de traitement dans tous les domaines de la vie.
En octobre dernier, le télégraphe rendait compte de la déception du cardinal Nichols devant la mise à l'écart des formulations révolutionnaires de la Relatio post disceptationis du premier synode sur la famille à propos de l'homosexualité. Le rapport définitif du Synode extraordinaire sur la famille n’est pas allé assez loin, selon le cardinal. Il s’est dit attaché aux mots ont été biffés, à propos des couples homosexuels : « respect », « accueil », et « valeur ».
Le cardinal Nichols est également président du groupe Marriage Care qui apporte conseil et soutien à tous dans le cadre de la relation maritale. Le groupe est ouvert à chacun, quel que soit son genre, son âge, sa race, sa croyance ou son orientation sexuelle, il refuse un système de doctrine mais préfère exhorter ses membres à se faire reconnaître par leur comportement « inclusif et aimant ». Le groupe propose des préparations privées au mariage – y compris aux couples gay.

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13 février, 2016

Irlande du Nord : plus de 40 ans après un viol suivi d’un avortement, une femme raconte la réalité de son syndrome post-IVG

Anna témoigne de la réalite
du syndrome post-IVG
C’était la première fois qu’« Anna », 13 ans, « sortait » – avec un garçon de 18 ans. Elle vivait en Irlande du Nord – c’était il y a plus de 40 ans. La soirée se termina par un viol, et Anna se retrouva enceinte. Ce viol, elle devait longtemps se le reprocher… Elle s’en croyait coupable, parce qu’elle avait innocemment suivi ce jeune homme « populaire » à l’école et dans son quartier, fière d’avoir été remarquée par lui. Ses parents, presbytériens rigides qui laissaient pourtant Anna faire à peu près ce qu’elle voulait, ne voulaient pas vivre avec la honte d’avoir une « fille-mère ». Ce sont eux qui ont organisé le voyage à Liverpool. Anna n’a pas eu d’autre choix que cet avortement – particulièrement cruel, puisque l’infirmière, elle s’en souvient encore aujourd’hui, allait lui décrire dans le détail ce qui allait arriver au tout-petit qu’elle portait. Aujourd’hui, Anna témoigne de la réalité du syndrome post-IVG qui l’a poursuivi pendant plus de trente ans. Elle est contre l’avortement. Résolument contre. Même en cas de viol.
La conscience d’avoir laissé détruire violemment l’enfant qu’elle portait a aussi détruit Anna… Il était entendu que le sujet était tabou. Elle ne devait pas en parler. Encore moins parler de sa souffrance. Le secret devint vite beaucoup trop lourd à porter : la douleur ne la lâchait pas, elle se réfugia dans l’alcool.

Le syndrome post-avortement, une réalité –même quand l'IVG fait suite à un viol

Il lui a fallu attendre 36 ans avant de retrouver « le droit d’être heureuse ». Anna a participé alors, il y a six ans, à une session chrétienne de conseil post-avortement, « Surrendering the Secret » (« lâcher le secret »), qui lui a permis pour la première fois de se sentir réellement guérie.
Anna a longtemps vécu avec la douleur de son secret, avant de retrouver la paix intime du cœur. Pourquoi en parler en public aujourd’hui ? Les récentes discussions à l’Assemblée de l’Irlande-du-Nord sur la légalisation de l’avortement en cas d’anomalie fœtale fatale, de viol ou d’inceste, ont réveillé une nouvelle fois les souvenirs de celle qui est aujourd’hui femme d’affaires à Belfast. Sans révéler son vrai nom – elle est aujourd’hui mariée et heureuse, avec deux jeunes enfants qu’elle veut protéger – elle veut dire la vérité aux « milliers de femmes » qui souffrent, elle en est persuadée, d’un traumatisme similaire.
 Chose étonnante, le Belfast Telegraph a donné une large place à ses paroles…
La souffrance et le traumatisme sont liés à l’avortement lui-même, quelle qu’en soit la raison quelle que soit la manière dont il est procuré, assure Anna. « Au cours de ces 36 ans avant d’obtenir ma guérison le viol n’a joué aucun rôle, pas plus que le voyage en bateau vers l’Angleterre ne m’a traumatisée – c’était le fait que mon bébé m’avait été enlevé. J’étais hantée par le souvenir à chaque anniversaire de l’avortement – je pensais à l’âge qu’il aurait eu. Aujourd’hui, je suis persuadée que c’était un garçon, je l’ai appelé Michael. »
« Rien, pas même le fait d’avoir des enfants plus tard, ne pourra jamais remplacer ce bébé qu’on m’a enlevé », raconte-t-elle.
Telle est l’omerta autour de l’avortement et des souffrances qu’il engendre que les deux psyschologues consultées par Anna n’ont pas su identifier son traumatisme. Anne n’avait-elle pas tout pour être heureuse : une carrière brillante, une belle maison, une voiture de belle cylindrée, des vacances exotiques ?

L'Irlande du Nord a dit “non” à l'avortement pour viol :
“Les femmes n'ont pas besoin d'un autre acte de violence”

Il est intéressant de noter qu’Anna n’en veut nullement à l’infirmière qui lui a parlé de ce qui allait vraiment se passer. Embarquée par sa mère à quelques jours seulement de la découverte de sa grossesse, Anna ne savait pas ce qui allait lui arriver, ni pourquoi : elle avait seulement conscience qu’elle portait une personne vivante dans ses entrailles. Arrivée à la clinique, c’est au moment où elle attendait seule dans un couloir que cette infirmière est venue lui dire que son bébé allait être déchiqueté, aspiré, mis dans un sachet et jeté à la poubelle. « Avec le recul, je me rends compte maintenant qu’elle a été la seule à jamais avoir été honnête à mon égard. »
L’avortement passé, l’adolescente s’est trouvée dans un grand dortoir avec d’autres femmes. « Je me sentais très seule. Elles se racontaient leur deuxième, troisième ou quatrième avortement. L’une d’elles m’a dit : “Ne t’en fais pas, je viens d’avoir le quatrième.” C’était horrible », raconte Anna.
De retour à la maison, plus personne ne parla jamais à Anna de l’avortement. Très vite, ses résultats scolaires, jusque-là excellents, dégringolèrent. Elle commença à boire au cours de son adolescence – elle ne réussit à cesser d’abuser de l’alcool qu’après sa session biblique.
Ce qui a libéré Anna, c’est la vérité. C’est de comprendre pourquoi elle n’arrivait pas à souffrir avec sa famille et ses amis lors d’autres décès parce qu’elle n’avait pas pu porter le deuil de son propre enfant. « Cette tristesse ne me quitte jamais. Je n’avais pas pleuré la mort de mon bébé avorté et l’une des plus belles choses que j’ai vues lors de cette session, ce sont ces femmes qui pleuraient leur enfant. Je n’avais jamais pu pleurer mon fils. On ne me l’avait pas permis… C’est un grand soulagement de pouvoir pleurer cette mort. »
Aujourd’hui, on parle librement de l’avortement, note Anna. « C’est partout dans les médias, mais les femmes pleurent à l’intérieur. Elles souffrent gravement de ses conséquences qui ont des répercussions sur leur qualité de vie. Après la session, je me suis sentie de nouveau entière, libérée de mon secret. »
Mais l’avortement après un viol ? Ce n’est pas une « solution miracle », répond Anna. « L’expérience de l’avortement vous hantera toute votre vie. Si une femme se trouve enceinte à la suite d’un viol, elle a vraiment besoin d’être entourée. Elle a besoin de compassion, elle a besoin de conseils, elle a besoin d’être très soutenue. Elle n’a pas besoin d’un nouvel acte de violence : l’avortement. »
A propos du traumatisme post-avortement, ne manquez pas le très beau reportage d’Armel Joubert des Ouches sur reinformation.tv.

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