27 novembre, 2015
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A l'Institut catholique, Mgr Brunin et Mgr Bordeyne parlent du synode sur la famille, qu'ils ont vécu. Révélateur…
Mgr Brunin, évêque du Havre, et Mgr Philippe Bordeyne, recteur de l’Institut catholique, ont participé mercredi soir à l’Institut catholique à une conférence-débat sur le synode sur la famille, auquel ils ont tous deux assisté. La modératrice de la soirée était Isabelle de Gaulmyn, de La Croix, ce qui donnait déjà le ton. Une sorte de débriefing ou deux figures d’un « catholicisme de cheminement » sont venus expliquer ce qui a pu, et ce qui n’a pas pu se faire au synode.
Ils partaient en effet d’un présupposé que les faits n’allaient pas démentir : la salle attendait une évolution, des « avancées » au sein de l’Eglise.
Mode de travail, questions qui fâchent, que peut-on faire en attendant le document papal, probablement au mois de mars si la rumeur romaine se confirme : telle était la structure donnée à la soirée par Isabelle de Gaulmyn. Il s’agissait d’apprendre à la fois comment les choses s’étaient passées « à l’intérieur » et ce que cela pourra changer, « à l’extérieur ». Le public ? Nombre de jeunes, sans doute de nombreux étudiants à l’Institut catholique parmi lesquels beaucoup de Noirs, des religieuses en civil, mais majoritairement un public grisonnant qui a pu connaître des enthousiasmes de jeunesse pour la révolution liturgique.
Mgr Brunin était au synode en tant que père synodal élu par ses pairs, revêtu de l’autorité de président du conseil famille et société de la conférence des évêques de France. Mgr Bordeyne avait été appelé par le pape François en tant qu’expert théologique, sans droit de vote. Présent lors de toutes les sessions – notamment lors des circuli minores, affecté à celui présidé par le cardinal George Pell – il a notamment participé à la rédaction du rapport final qui est passé entre les mains d’une commission spécialisée. Ces groupes où « tout s’est joué », comme l’a dit l’évêque du Havre ?
Savez-vous pourquoi les évêques africains ont eu le sentiment de ne pas être pris en compte, ajoutant au sentiment de départ de « positions clivées » ? Mais c’est tout simplement parce que leur rapport « est arrivé hors délais », a expliqué Mgr Brunin ! (Serait-on un peu pélagien, à la secrétairerie du synode, faisant trop confiance aux structures et aux règles rigides ?)
Vous me permettrez de faire un compte-rendu linéaire, en soulignant typographiquement quelques moments-clefs de cette soirée peu encourageante… Il m'a paru utile de vous donner tous ces éléments très révélateur sur l'esprit de certains au synode et sur leur volonté de l'utiliser déjà dans un sens dynamique.
Brunin comme Bordeyne ont insisté
sur le consensus qui est arrivé non au terme d’affrontements et d’oppositions,
mais d’un « discernement » décidément omniprésent dans leur discours
et dans le document synodal.
Puis Bordeyne raconte les sessions
en aula, la salle plénière. Elles ont
participé, dit-il, à une dynamique constituée par l’interaction au sein des
groupes linguistiques et par l’interaction entre l’aula et le pape. Celui-ci restait immobile,
impassible. « Il y a eu quelques interventions marquantes où on
voyait le pape se déplier et écouter, surtout si c’était concret » :
d’où ce poids lié à sa présence, même s’il ne parlait pas.
Personnellement, Mgr Bordeyne
estime que la lecture par les 17 rapporteurs des textes issus des groupes
linguistiques a « fait bouger les lignes » ; l’idée était donc
bien de faire changer les choses.
On comprend mieux la logique de
l’ensemble lorsque Bordeyne raconte comment il a eu « la chair de
poule » en écoutant le
discours du pape à l’occasion du 50e anniversaire du l’institution du
synode des évêques que d’aucuns avaient « séché », pensant à leur
fatigue et au peu de rapport que cela semblait avoir avec le synode sur la
famille. En réalité on devine qu’il était absolument central, partie intégrante
de l’ensemble de par la volonté du pape François. A-t-il choisi la date du synode
pour coïncider – à quelques semaines près – avec cet anniversaire ?
Quoi qu’il en soit, Mgr Bordeyne a vu dans cette annonce d’une certaine
décentralisation et d’une accentuation de la synodalité un « grand texte
ecclésiologique ».
Cela veut sans doute dire que les
partisans du changement vont s’appuyer fortement sur lui.
Mgr Brunin a pris le relais pour
répondre à la question de savoir quel avait été le rôle du pape dans ce synode.
Important, à l’en croire : c’est François qui a voulu qu’il s’étale sur
une durée de deux ans, avec des consultations des fidèles, des
« remontées ».
Pour un texte aussi longuement
préparé les quidams que nous sommes peuvent être frappés par son manque de
souffle, de profondeur, de nouveauté dans le bon sens du terme, celle qu’on
aurait pu espérer pour trouver des réponses et des stratégies doctrinalement
solides face à l’apostasie immanente en Occident par exemple. Ce n’est pas ce
qui saute aux yeux dans le rapport final du synode qui n’a donc pas été fait
pour cela…
Mgr Brunin estime, lui, que le
synode aura été l’occasion de faire « travailler la collégialité, le
sensus fidei, le travail des théologiens ». Tout au long de la soirée à
l’Institut catholique, ces derniers étaient décidément à l’honneur, ce qui ne manquera
pas d’inquiéter. La lecture des réponses de 26 théologiens aux questions sur la
famille dans un ouvrage francophone paru quelques semaines avant l’ouverture du
synode à l’initiative de Mgr Brunin et de Mgr Bordeyne ne laisse aucun doute
quant à leur orientation. Je m’étais attelée au pensum : face à la
centaine de réponses à des questions posées de manière à valoriser les
positions progressistes, ou plus exactement hétérodoxes, la quasi totalité des
réponses que j’avais voulu classer, de manière optimiste, de -4 à +4, ont
récolté des -4. J’ai relevé deux +1.
Cette manière de « faire
synode », Mgr Brunin l’impute au pape et estime que la méthode a été
annoncée dès Evangelii Gaudium, le
« discours programmatique » de François. Où « le temps est
supérieur à l’espace » (il faut « sortir et rejoindre pour initier
des processus ») ; « l’unité prévaut sur le conflit »
(« le pape habite sereinement la pluralité, alors que souvent la pluralité
fait peur »). François « invite à ce que les différences et les
divergences soient exprimées : ce n’est pas du relativisme mais un acte de
foi ; l’unification sans le Christ, c’est Babel ».
Troisième ligne de force :
« La réalité est plus importante que l’idée » : c’est ce qui
explique le temps d’une semaine du synode donnée aux défis de la famille, que
de nombreux pères synodaux ont, soit dit en passant, dénoncée comme trop
sociologique. Et enfin : « Revisiter la tradition à partir des
réalités concrètes », ce qui constitue tout de même une inversion du
chemin où l’on cherche à transformer les réalités concrètes en trouvant le
moyen pour qu’y passe la grâce.
C’est ce qui aboutit à la
« parabole du polyèdre », plus riche avec ses facettes que la sphère
lisse, et à cette assertion qui est en effet, si l’on veut bien regarder les
choses en face, centrale dans le discours issu du synode : « Même les
personnes qui sont dans l’erreur ont quelque chose à apporter. » Ce n’est
pas faux, mais utilisé à l’envers : comme forme de justification.
Sur les théologiens, Mgr Bordeyne
est tout aussi enthousiaste, d’autant qu’il en fait partie.
La « réussite » du synode est « une mayonnaise qui a
pris », mettant en présence des gens très différents.
Il rapporte ainsi une anecdote
qu’il considère extraordinaire : il a rencontré parmi les auditeurs laïcs
du synode des personnes d’autres continents qui ont donné raison aux évêques
qui estiment avoir la mission d’enseigner » ; des laïcs qui ont
raconté comment cet enseignement avait provoqué et soutenu leur conversion.
Pour Mgr Bordeyne, cela est presque exotique…
Mais il a vu aussi des évêques
« accepter de changer d’avis », grâce au travail entre évêques et
théologiens pour faire passer des amendements.
Mgr Bordeyne a voulu mettre
l’auditoire sur une piste de recherche en soulignant qu’un élément du paragraphe
4 du rapport final est à son avis dû à un théologien qui n’était pas au
synode : Eberhard Schockenhoff. Il a cru en tout cas reconnaître ses
paroles dans les mots utilisés comme amendement par un père synodal :
« L’amour ne se réduit pas à l’illusion du moment. L’amour n’est pas une
fin en soi. L’amour cherche la fiabilité d’un “tu” donné
personnellement. Dans la promesse réciproque d’amour, pour le meilleur et pour
le pire, l’amour se veut continu pour toute la vie, jusqu’à la mort. »
Schockenhoff
fait justement partie de ceux qui veulent une « approche
différente » de l’Eglise à l’égard des divorcés remariés, comme il le
prêche depuis longtemps.
Bordeyne s’est également félicité
de la composition de la commission finale composée de théologiens et de cinq
évêques ou cardinaux : dont Baldisseri, Erdö, Forte (« très grand
théoligien », celui qui avait imposé la thématique de l’homosexualité au
premier synode) et « un petit nombre d’experts qui ont beaucoup apporté
dans la rédaction.
Il a salué également un « 5e
protagoniste » au terme d’un « raisonnement par
l’absurde » : le texte de l’Instrumentum
laboris, « suffisamment mauvais » et donc « formidable
puisque tout le monde pouvait crier dessus : cela a généré une
créativité, la logique de
fabriquer des amendements ».
Le processus de synodalité (on l’a
entendu plusieurs fois au cours de la réunion) devrait « inspirer les
relations internationales ».
Retour à Mgr Brunin. « Ce
synode a débloqué une situation présentée comme clivante, entre ceux venus pour
affirmer la doctrine et pour l’approuver, et ceux venus pour le
pastoral », a-t-il expliqué. C’est une « troisième voie » qui a
été choisie entre « la simple fourniture de repères normatifs,
doctrinaux », et celle d’un « accueil bienveillant », « un
peu niais », « aux évolutions sociétales ».
La voie choisie est celle de
« la vocation, du cheminement, de l’accompagnement ». Où le mariage
n’est pus un « modèle à suivre mais une vocation à laquelle il faut
répondre ». Relisez cela : ce ne sont que des mots…
Il parle du « contenu d’une
parole de miséricorde, une parole qui appelle, qui dévoile une vocation, qui
pose des exigences mais ne désespère jamais de la personne ». Mais où
a-t-on vu le catholicisme traditionnel désespérer de la personne ?
Il faut croire que Mgr Bordeyne
l’a rencontré ; pour lui, les oppositions aux perspectives de la
« pédagogie divine » (sa spécialité) sont le signe que, « hélas,
des chrétiens, des évêques, n’ont sans doute pas encore assimilé
Vatican II ».
Aujourd’hui, grâce au synode, on
affirme que « la mission des familles se fonde sur le baptême plus que sur
le sacrement de mariage ». C’est intéressant. C’est ainsi que le pape
François a parlé à la femme luthérienne d’un mari catholique qui regrettait de
ne pas communier avec lui à la même « Cène du Seigneur » :
« un seul baptême » les unit. Donc…
Dans la logique de Vatican II,
a-t-il poursuivi, il faut insister sur « l’acceuil pastoral », tout
rattacher au « mystère pascal » : « Ne pas s’étonner si un
homme et une femme qui adhèrent à cette folie d’amour, qu’il puisse leur
arriver des bricoles. »
Sur la question de la communion
pour les divorcés « engagés dans une nouvelle union civile »,
Isabelle de Gaulmyn observe dans sa transition vers la deuxième partie du débat
qu’on s’est peut-être arrêté en chemin au fameux paragraphe 86.
« Précisément parce que c’est
un chemin », répond Mgr Brunin. « Si on avait posé comme terme
l’accès à la réconciliation, à l’Eucharistie, ça aurait bloqué. » Il a
concédé que la raison en était « stratégique », « mais pas
seulement ».
Il estime que le passage d’un
« chemin pénitentiel » (proposé par Kasper) et un « chemin de
discernement » retenu au synode a permis d’aboutir à quelque chose de
« tout à fait différent ».
« On a posé quelques balises
sur ce chemin : l’anamnèse de l’échec, prendre la mesure de sa part de
responsabilité, (…). Un chemin pénitentiel, c’est trop réducteur, il y a aussi
la reconstruction, avoir pardonné, ne plus être dans la haine… »
« On n’a pas posé le terme
parce qu’on ne sait pas où cela va mener. Dans ce synode on a réintroduit la
conscience, c’est une référence à Gaudium
et spes », a-t-il dit. « On a réintroduit la dimension de la
conscience personnelle, éclairée avec un accompagnement spirituel » (comme
si la conscience avait disparu entre-temps).
Rien de tout cela n’est très
explicite et n’a pas voulu l’être : si la conscience éclairée doit aboutir
quelque part, c’est au discernement de la vérité et au constat de ses propres
manquements par rapport à une vérité donnée par Dieu – et c’est ce que Mgr
Brunin a évité de dire.
Il a ainsi parlé de la
responsabilité dans le cadre de la contraception et de la nécessité de
formation de la conscience qui est « le centre le plus secret de
l’homme », « sans liste d’interdits ». « Il y a eu un échec
de la réception d’Humanae vitae car
il n’y pas eu suffisamment de renvoi à la responsabilité de la
conscience », a-t-il dit de manière sibylline, et que c’était un peu la
même chose « pour les personnes divorcées engagées dans une deuxième union
civile ».
En tout cas, a répété Mgr Brunin,
« le terme du chemin, on n’a pas à le poser d’emblée ». Manière
prudente de dire que plusieurs solutions sont possibles.
A Mgr Bordeyne, Isabelle de
Gaulmyn demande : « Ya-t-il eu une inflexion de la morale
familiale ? »
Réponse : « Au fond, ce
n’était pas possible. Mais il faut voir ce qu’il y a à la place. » Le
paragraphe 84 parle du baptême comme « point de référence » pour les
divorcés, « rien sur la communion ». « Ce sont des baptisés. Ils
ont des dons et des charismes pour le bien de tous. » Et de se féliciter qu’on
ne parle plus de « situations irrégulières » mais de
« situations matrimoniale complexe »…
La référence au baptême ouvre
selon lui une « autres pistes qu’il faut creuser ».
Quant à la nouvelle unions
visible, « si elle n’a pas la possibilité d’être sacramentelle, elle a la
capacité de faire passer un message »…
Mgr Brunin renchérit. « Les
divorcés remariés ne sont pas dans une impasse. Ils sont toujours appelés à
avancer » (c’est vrai). Mais il ajoute que le regard sur eux est
modifié : « On cherche à découvrir ce qu’il y a de positif, dans ce
qu’il y a de complexe ou difficile – même chose pour la cohabitation. »
Sur celle-ci aussi, qui concerne
« 80 % des couples » qui demandent le mariage, il faut un
« regard positif » et « non un regard qui condamne, qui enferme,
qui rejette », qui sait regarder ce qui est déjà opéré « par la
grâce » : « C’est un acquis du synode », pense Mgr Brunin.
Un acquis effectif, selon Mgr
Bordeyne puisque pour lui, la relatio
synodii n’est pas un texte de propositions, mais un texte synodal adopté à
la majorité des deux tiers qui « fait partie du processus de
synodalité », le « produit d’une interaction »,
« l’attestation forte d’un travail synodal » qui devra entrer en
« interaction » avec l’exhortation post-synodale ou « autre
chose » que le pape choisira de publier.
Mgr Brunin est d’accord :
puisque le pape a choisi de faire publier le rapport final, « celui-ci
demande à être reçu dans les Eglises locales ». Et donc déjà mis en œuvre.
Tout cela est dans la logique du discours du 17 octobre sur le cinquantenaire du
synode des évêques. « L’attente de l’exhortation ne doit pas être passive,
l’Esprit continue de travailler ! »
La séance de questions subséquente
a porté sur le rôle des laïcs, la remontée de leurs prises de positions,
parfois un « défouloir » parce que c’était la première fois ;
elle a porté sur la « décentralisation » pour laquelle Mgr Bordeyne
« ne sen(t) pas les choses très mûres pour un pouvoir donné » ;
mais voit plutôt « une étape préalable à travers le discernement ». Qui
passe par « le mouvement anthropologique de l’écoute et de la parole »
qui correspond à la volonté du pape ».
On comprend mieux en écoutant
Brunin. Il pense que le pape parle de « conférences épiscopales
continentales », avec « la nécessité qu’il soit au service de l’unité,
mais avec des facettes différentes ». « Ce qui peut apparaître comme juste
dans un endroit comme décision pastorale peut paraître, ailleurs, inacceptable » :
voilà une manière de relativiser la vérité.
Le pape « est le garant de l’unité,
mais il nous dit de ne pas nous contenter d’entendre le peuple de Dieu, mais de
l’écouter » : ce qui veut dire, quelque part, le suivre.
(à suivre…)
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26 novembre, 2015
Affaire Annen : la CEDH condamne l’Allemagne pour un référé interdisant à un militant provie de distribuer des tracts près d’une clinique
![]() |
| Klaus Günter Annen |
Dans l’affaire Annen c. Allemagne, la Cour européenne
des droits de l’homme vient de donner raison à Klaus Günter Annen à qui la
justice allemande avait interdit de distribuer des tracts contre l’avortement à
proximité d’une clinique pratiquant l’« IVG ». C’est une belle
victoire pour la liberté d’expression – liberté d’exprimer la vérité, s’entend
– et elle a été obtenue précisément sur ce fondement, celui de l’article
10 de la Convention européenne des droits de l’homme qui affirme le respect de
cette liberté.
Les tracts que distribuait Klaus
Annen lors d’une campagne provie en 2005 à Weinheim mentionnaient pourtant les
noms et adresses de deux médecins travaillant dans la clinique, avec une
accusation qui paraissait en soi diffamatoire puisqu’ils étaient désignés comme
pratiquant des « avortements illégaux ». Notion morale et non
juridique : le même tract précisait, en plus petits caractères, que la loi
allemande permet l’avortement qui n’est pas sanctionné pénalement.
Le tract précisait ainsi : « Le certificat de consultation protège le
“médecin” et la mère des poursuites pénales mais ne les protège pas de leur
responsabilité devant Dieu. » Et il ajoutait, suprême injure surtout en
Allemagne : « L’assassinat
d’êtres humains à Auschwitz était illégal, or l’État nazi en déshérence morale
a permis le meurtre d’innocents sans le sanctionner pénalement. » Il était
fait mention ensuite d’un site internet administré par Klaus Annen,
www.babycaust.de, qui comportait une liste de « médecins avorteurs »,
parmi lesquels figuraient les deux médecins qui dirigeaient l’établissement.
![]() |
« Le site qui appelle l'injustice par son nom » |
Les deux médecins portèrent
plainte selon une procédure d’urgence qui ne devait aboutir qu’en janvier 2007
devant une cour régionale. Celle-ci leur donna raison en enjoignant à Klaus
Annen de cesser la distribution des tracts à proximité de la clinique et de
retirer les noms des deux intéressés de sa liste noire des « médecins
avorteurs » sur Internet. L’appel interjeté par Klaus Annen n’eut pas
davantage de succès et il n’obtint pas de la Cour constitutionnelle fédérale
que celle-ci se saisît de l’affaire.
Annen avait été condamné en
Allemagne au motif que ses tracts donnaient la fausse impression que les
avortements pratiqués dans la clinique étaient hors-la-loi, et que ses attaques
contre les médecins étaient particulièrement violentes en raison de la
référence à l’Holocauste.
La CEDH a refusé cette
argumentation pour une raison extrêmement intéressante : elle a noté que
le droit pénal allemand distingue entre les avortements jugés
« nécessaires » et donc légaux destinés à préserver la vie ou la
santé de la femme, et les avortements qui sont des délits simplement
dépénalisés lorsqu’ils sont pratiqués au cours des 12 premières semaines et que
la femme est passée par la consultation obligatoire, requise en Allemagne pour
échapper aux sanctions. « Dès lors,
il était juridiquement exact de dire dans les tracts que des avortements
“illégaux” étaient pratiqués dans la clinique », note le communiqué de
presse de la CEDH sur l’affaire. Les juges ont estimé que les précisions
données dans le tract, fussent-elles en petits caractères, étaient suffisamment
claires « même aux yeux du profane ».
Si Annen a donné le nom de
médecins avorteurs, « la Cour
estime cependant qu’il avait recouru à cette méthode d’exposition de ses
arguments axée sur la personnalisation de manière à mieux véhiculer le message
de sa campagne, laquelle contribuait manifestement à un débat d’intérêt public
particulièrement polémique », note le même communiqué. Autrement dit,
cela s’est justifié par la volonté de transmettre un message efficace.
Et la référence à
l’Holocauste ? On sait à quel point l’établissement d’un parallèle entre
le massacre de l’avortement et celui de l’Holocauste est décrié, et on aurait
pu penser que pour une affaire se déroulant en Allemagne, la CEDH aurait pu
aller dans le sens du vent. Mais tout en reconnaissant le contexte historique
particulier dans le pays où a sévi l’idéologie nazie, les juges ont refusé de
donner raison aux tribunaux allemands qui estimèrent Klaus Annen coupable
d’avoir comparé les médecins et leurs activités professionnelles au régime nazi.
Voici ce qu’en dit le service de
presse de la Cour : « On peut
plutôt y voir un moyen de
sensibiliser les gens au fait plus général que le droit peut diverger de la
morale. Si elle est consciente du message sous-jacent aux propos de M. Annen,
aggravé par le renvoi au site internet www.babycaust.de, la Cour constate qu’il
n’a pas explicitement assimilé l’avortement à l’Holocauste. Elle n’est donc pas
convaincue que l’interdiction de continuer à distribuer les tracts fût
justifiée par une violation des droits des médecins à la personnalité sur la
base d’une seule référence à l’Holocauste. »
Le droit peut diverger de la
morale ! C’est la grande leçon, la grande respiration de cet arrêt de la
Cour européenne. La loi civile ne prime pas la loi morale ! Sauf à justifier
tous les excès de tous les régimes totalitaires qui ont imposé le mal et
poursuivi ceux qui osaient – qui osent – toujours affirmer le bien.
La Cour n’a même pas cédé à la
requête de faire supprimer les noms des deux médecins du site internet de Klaus
Annen, affirmant que les tribunaux allemands n’avaient pas pris la peine de se
pencher sur le contenu du site, de définir les termes « médecins
avorteurs » alors qu’ils pratiquent effectivement des avortements, ni
moins encore de déterminer si la publication de leurs noms « risquait de
les exposer à des violences ou des agressions ». Les juges allemands
avaient donc condamné le militant pro-vie sans respecter les « exigences
procédurales » de l’article 10.
L’Allemagne devra verser 13.696,87
euros à Klaus Annen au titre des frais et dépenses.
L’arrêt a été rendu par une
chambre de la Cour européenne des droits de l’homme et à ce titre, il est
susceptible d’appel dans un délai de trois mois.
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Libellés : Allemagne, Annen, avortement, CEDH, clinique, Cour européenne des droits de l'homme, Holocauste, ivg, médecins, militant, provie, tracts
23 novembre, 2015
Avec Amnesty International, 838 médecins réclament la dépénalisation mondiale de l’avortement
Des médecins et des professionnels
de la santé de toutes les régions du monde ont cosigné une lettre ouverte aux
gouvernements réclamant la dépénalisation de l’avortement dans les pays qui le
sanctionnent encore. Les 838 médecins de 44 pays ont confié leur demande à
Amnesty International qui a publié leur lettre vendredi, au nom des
« droits de l’homme »…
Des médecins irlandais « de
premier plan », estimant insuffisante la récente réforme de la loi sur
l’avortement qui donne maintenant accès à l’avortement aux femmes dont la vie
est menacée, ont participé à l’initiative.
La lettre affirme que la
pénalisation de l’avortement met la vie des femmes et des jeunes filles en
danger en empêchant les soignants de procurer des soins opportuns et
médicalement indiqués en accord avec les souhaits de leurs patientes (rappelons
que l’Irlande, pour ne parler que d’elle, détient l’un des plus bas taux de
mortalité maternelle au monde).
Amnesty souligne que 40 % des
femmes en âge de procréer vivent dans des zones où l’avortement est interdit,
très sévèrement restreint ou inaccessible pour d’autres raisons.
L’ONG estime que l’avortement peu
sûr est cause de 13 % des morts maternelles, soit 47.000 par an.
Amnesty s’indigne également de ce
que dans certains pays les femmes soient obligées de mener à terme des
« grossesses non viables » – sans rappeler que le traumatisme de la
mise à mort d’un enfant est bien plus lourd que celui, terrible, de sa mort
naturelle.
Le directeur exécutif d’Amnesty
International Irlande, Colm O’Gorman, a déclaré : « La loi
internationale est très claire : à tout le moins les femmes doivent avoir
accès à l’avortement quand la grossesse représente un danger pour leur vie ou
pour leur santé, dans les cas de malformation fœtale sévère ou mortelle, et
dans le cas de viol ou d’inceste. »
Faux : aucune loi
internationale, aucun traité international ne l’affirme. Mais cela fait partie
des pressions exercées à l’ONU et ailleurs par des agences favorables à
l’avortement sur les pays qui protègent encore la vie de l’enfant à naître.
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Libellés : 838, amnesty international, avortement, dépénalisation, médecins, mondiale
Un juge britannique autorise la mort par déshydratation d’une femme en état de conscience minimale
Dans une décision destinée à faire
jurisprudence, un juge britannique a décidé qu’une femme totalement dépendante
et incapable de communiquer doit être privée
de nourriture et d’hydratation dans l’objectif de la faire mourir. La
patiente, âgée de 68 ans, est en dernière phase de sclérose en plaques. La Cour
de protection avait été saisie par la fille de la malade, dont le nom n’a pas
été divulgué, et il ne s’y est trouvé personne pour prendre la défense de sa
vie. C’est la première fois qu’un juge britannique ordonne l’arrêt de la
nourriture et de l’hydratation d’une personne diagnostiquée en « état de
conscience minimale ».
Cela veut dire que cette femme qui
a encore quelque conscience du monde qui l’entoure, qui ressent plaisir et
douleur, va mourir de soif.
Jusqu’ici, ce type de décision
était réservé aux personnes jugées en « état végétatif – ce qui n’est
d’ailleurs pas plus moral mais relève d’une autre logique. En tout état de
cause, il s’agit d’euthanasie lente.
La fille de cette patiente a saisi
la justice au motif que sa mère « n’aurait pas voulu vivre ainsi ».
Elle a rapporté la manière dont cette femme était toujours d’apparence
« immaculée », très soucieuse de sa dignité, vivant toujours sa vie
en plénitude : « C’est ce qui constituait son système de croyance,
c’est pour cela qu’elle vivait. Tout cela a disparu maintenant et
malheureusement ma maman a souffert durant tant d’années d’une profonde
humiliation et d’indignité », a-t-elle déclaré.
Le juge Hayden a souligné que sa
décision faisait évoluer le droit jurisprudentiel mais que la malade aurait
jugé « grotesques » les efforts consistant à lui procurer une
nutrition pour la maintenir en vie.
Des avocats avaient été désignés
pour représenter ses intérêts ; ils étaient du même avis.
Le juge s’est appuyé sur le Mental Capacity Act, une loi britannique
qui autorise explicitement le retrait de la nourriture et de l’hydratation aux
personnes ayant une lésion cérébrale mais qui ne sont pas en phase terminale,
avec l’objectif de mettre fin à leur vie, sur la base de leurs
« intérêts ».
Le Dr Peter Saunders, de Care not Killing a qualifié la décision
de « précédent dangereux » en ce qu’elle exploite la faille de la loi
de manière de plus en plus avancée, « ce qui pourrait mettre en danger la
vie de bien d’autres personnes vulnérables, malades et handicapées ».
« Les victimes de lésions
cérébrales qui ne sont pas en danger de mort imminente doivent être nourries,
hydratées, recevoir des anti-douleur et être traitées de la manière la plus
aimable, avec amour et respect, jusqu’au jour où elles meurent paisiblement de
leur mort naturelle. Nous ne devons pas les déshydrater délibérément jusqu’à ce
qu’elles meurent. »
Comme souvent, c’est une
progression de la culture de mort obtenue par la décision des juges, éléments clefs
du processus révolutionnaire.
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Libellés : autorise, britannique, déshydratation, état conscience minimale, femme, juge, mort
18 novembre, 2015
La COP peut-elle ignorer la question démographique ? Depuis les malthusiens jusqu'à Radio Notre Dame
Je garde Radio Notre Dame pour la fin. Parlons d'abord des malthusiens de Démographie Responsable.
« La COP21 peut-elle ignorer la question démographique ? » C'est le thème d'une conférence-débat organisée à Paris, ce 19 novembre, par l'association Démographie Responsable qui a pour objectif l'« autolimitation de la natalité » pour « Préserver la Vie sur la planète » pour défendre l'espèce humaine et les « autres espèces vivantes présentes à ses côtés ». Elle œuvre « pour la stabilisation, voire la diminution, de la population humaine ».
Chose amusante, pour adhérer, il faut prendre l'engagement suivant (fautes d'orthographe et de typographie comprises) :
« Notre action portant sur un sujet délicat et controversé, il est demandé aux adhérents de se reconnaître dans la charte suivante : « pour ne pas porter préjudice à la cause que je défend, lorsque je m’exprime dans un espace public en temps qu’adhérent, je m’engage à respecter mes interlocuteurs et à ne pas tenir de propos excessifs.»
On peut donc espérer que jeudi soir, les prises de paroles seront des plus correctes. Mais allez, notez tout de même que Démographie responsable prône la fin des allocations familiales supplémentaires au-delà de deux enfants, tout comme les parts pour le quotient familial au-delà du 2e enfant :
« Autre effet bénéfique de premier ordre, n’incitant plus à la surnatalité, c'est à dire ne faisant plus partie des "mauvais élèves de la classe", la France pourrait intervenir dans les organismes internationaux pour promouvoir une politique démographique planétaire responsable. »Les invités de jeudi ? Yves Cochet, Roger Martin de Population matters, Gérard Charollois (Convention vie et nature), Denis Garnier de Démographie Responsable et… Odon Vallet, professeur à Science-Po, « spécialiste des religions », chroniqueur occasionnel à La Croix.
Le logo de l'association ne laisse guère de doute quant à ses préoccupations et aux solutions proposées.
Le site distribue également des bons points, notamment à Hubert de Beaufort pour une chronique sur Radio Notre-Dame sur les réalités démographiques, le 24 octobre dernier. Plaidant in fine pour que la France maintienne les « valeurs de son passé », il s'en prend surtout à la démographie des pays pauvres et ses rapports avec la crise migratoire :
« Un des aveuglements les plus spectaculaires concerne l’écologie. Elle redoute à juste titre les conséquences du réchauffement climatique, mais n’évoque jamais, nous disons bien jamais sa raison principale : l’explosion démographique ayant fait passer en un siècle la population humaine de un à sept milliards d’habitants. Il est pourtant évident que la pollution s’est propagée au rythme de cette croissance, mais le mot démographie est un mot tabou et la fameuse conférence mondiale sur le climat qui va se tenir à Paris n’en dira pas un mot !
« En réalité, la plupart de mouvements écologistes sont des mouvements de gauche, ce qui est bien entendu leur droit, mais qui se parent du qualificatif pour se donner une éthique. Il est désolant que le débat écologique ne porte pas sur cette question vitale pour l’avenir de l’humanité : quelle population notre terre peut-elle nourrir ?
« Peut-on considérer comme viable de voir une population de l’Afrique doubler tous les vingt ans ? Un milliard et demi d’habitants aujourd’hui, deux milliards en 2050 ? Seule la Chine a compris le défi en imposant la politique de l’enfant unique. Quant à l’Europe elle stabiliserait sa population si elle n’avait pas à faire face aux migrations massives que nous constatons aujourd’hui. »
Vous avez bien lu, sur Radio Notre Dame on peut glorifier la politique de l'enfant unique de la Chine, avec son cortège de crimes, d'avortements forcés, de stérilisations, et son ingérence intolérable dans la vie des familles… On peut s'y réjouir de ce que l'Europe sache « stabiliser » sa population (hors migrants), mais c'est à coups de contraception quasi universelle, de génocide de l'avortement, de refus de la vie…
Qu'en pensent les responsables de Radio Notre Dame ?
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16 novembre, 2015
Le pape François répond à une luthérienne qui demande comment accéder à la communion eucharistique avec son mari catholique : conscience et unité de foi…
Tout serait-il question de
conscience ? Et donc de libre examen ? En soi ce blog n’a pas
vocation a accueillir le texte qui suit : la traduction de la réponse du
pape François à une femme luthérienne qui regrettait de ne pouvoir communier à
la même « Cène du Seigneur » que son mari, catholique. Il s’agit
d’une question religieuse. Mais des ballons d’essai ont été lâchés
dans l’Instrumentum laboris en
même temps que ceux sur la communion des divorcés « remariés », ce
qui nous rapproche du sujet, et par ailleurs, la réponse du pape qui invite son
interlocutrice à chercher elle-même la solution rappelle
les ambiguïtés sur le « for interne » dans le rapport final du
synode.
La vidéo a été mise en ligne ici sur le blog de Rocco Palma, chroniqueur catholique de Whispers in the Loggia. Il propose une traduction en anglais des propos du pape, par endroits erronée.
![]() |
Pour accéder à la vidéo, c'est par là. |
A cette femme, donc, qui dit sa
« douleur » de ne pas pouvoir communier en même temps que son mari,
le pape François a fait la réponse suivante. C’était lors de sa visite,
ce 15 novembre, à l’église évangélique luthérienne de Rome à l’occasion d’un
dialogue économique, en présence notamment du cardinal Kasper et du cardinal
Kurt Koch. « Que pouvons-nous faire pour atteindre enfin la communion sur
ce point ? », dit-elle.
Pape François : « La question sur le fait de partager la Cène du Seigneur, il n’est pas facile pour moi d’y répondre. Surtout [gloussement] devant un théologien comme le cardinal Kasper. J’ai peur ! » [Rires dans l’assistance, puis applaudissements.]
« Je pense que le Seigneur nous a dit, lorsqu’il nous a donné ce commandement, “Faites ceci en mémoire de moi”. Et lorsque nous partageons la Cène du Seigneur, nous rappelons et nous imitons, nous faisons la même chose que ce que le Seigneur Jésus-Christ a fait. La Cène du Seigneur y sera : le banquet final dans la Nouvelle Jérusalem. Il y sera. Mais ce sera le dernier. En attendant, je me demande et je ne sais comment répondre : votre question, je la fais mienne, et je me la pose. Partager la Cène du Seigneur : est-ce la fin d’un chemin ou est-ce le viatique pour cheminer ensemble ? Je laisse la question aux théologiens et à ceux qui comprennent.
« Il est vrai que dans un certain sens, partager signifier qu’il n’y a pas de différences entre nous, que nous avons la même doctrine – je souligne ce mot, un mot difficile à comprendre. Mais je me demande : mais n’avons-nous pas le même baptême ? Et si nous avons le même baptême, nous devons cheminer ensemble. Vous êtes vous-même le témoignage d’un chemin tout aussi profond, car c’est un chemin conjugal, un vrai chemin familial, d’amour humain et de foi partagée, non ? Nous avons le même baptême.
« Quand vous vous sentez pécheresse – et moi je me sens si pécheur –, que votre mari se sent pécheur, vous, vous allez devant le Seigneur, vous demandez pardon. Votre mari fait la même chose, et il va aussi devant le prêtre, et il demande l’absolution. Ce sont des remèdes pour maintenir vivant le baptême. Lorsque vous priez ensemble, ce baptême grandit, il devient fort. Lorsque vous enseignez à vos enfants qui est Jésus, pourquoi Jésus est venu, ce qu’a fait Jésus, vous faites la même chose, que ce soit dans la langue luthérienne ou dans la langue catholique. Mais c’est la même chose.
« La question ? [Ici le pape dessine un point d’interrogation dans l’air avec son index.] La Cène ? Ce sont des questions auxquelles, seulement si l’on est sincère avec soi-même, et avec le peu de lumières théologiques que j’ai, il faut répondre la même chose. Voyez, vous.
« “Ceci est mon corps, ceci est mon sang, a dit le Seigneur. Faites ceci en mémoire de moi.” Ceci est un viatique qui nous aide à cheminer.
« J’ai eu une grande amitié avec un évêque épiscopalien, 48 ans, marié, deux enfants. Il y avait en lui cette inquiétude. Une femme catholique, les enfants catholiques, lui, évêque. Le dimanche, il accompagnait sa femme et ses enfants à la messe. Et après il allait faire le culte avec sa communauté. C’est un pas de participation à la Cène du Seigneur. Puis il est allé de l’avant, puis le Seigneur l’a appelé, un homme juste.
« A votre question, je réponds seulement par une question. Comment puis-je faire avec mon mari pour que la Cène du Seigneur m’accompagne sur ma route ? C’est un problème auquel chacun doit répondre. Mais un pasteur, ami, me disait : “Mais nous croyons que le Seigneur est présent là. Il est présent. Vous, vous croyez que le Seigneur est présent. Quelle est la différence ?” – “Ce sont les explications, les interprétations…”
La vie est plus grande que les explications, les interprétations. Faites toujours référence au baptême. Une foi, un baptême, un Seigneur ! C’est ce que nous dit Paul ; et à partir de là, tirez les conséquences.
« Moi, je n’oserais jamais vous donner la permission de faire cette chose parce que ce n’est pas de ma compétence. Un baptême, un Seigneur, une foi : parlez avec le Seigneur, et allez de l’avant.
« Je n’ose pas, je n’ose pas dire davantage. » [Forts applaudissements.]
La réaction de la salle, les
sourires de la femme qui avait posé la question et d’un homme dans l’assistance
sur lesquels la caméra vaticane s’attarde semblent indiquer que les paroles du
pape ont été comprises comme une approbation.
Savoir ce qu’est l’Eucharistie,
selon la doctrine catholique, serait-ce donc une question à laquelle seuls les
théologiens sauraient répondre ? La « présence » est-elle la
même ? Alors que les luthériens professent la
« consubstantiation », et que pour eux le pain et le vin restent du
pain et du vin ?
Demander simplement pardon de ses
fautes à Dieu aurait-il la même valeur, la même efficacité que la confession au
prêtre, et l’absolution que celui-ci donne ?
Suffit-il de répondre à la
question de la communion en se fondant sur l’idée que catholiques et luthériens
ont « un même baptême, une même foi, un même Seigneur », et
enseignent « la même chose » dans des langues différentes ?
Subjectivisme de la conscience, confusion quant au contenu de la foi : il
est difficile de voir autre chose dans le discours du pape.
J’en ai délibérément gardé certaines expressions maladroites, car elle est caractéristique de la confusion de son
discours.
![]() |
| Tony Palmer (au centre) reçu à Sainte-Marthe en juillet dernier |
Quant à l’ami « évêque
épiscopalien » évoqué par le pape, il me semble impossible qu’il ne
s’agisse pas de Tony Palmer, mort accidentellement à l’âge de 48 ans l’an dernier. Celui-ci a été – comme en témoigne Michael Daly, membre de la communauté
franciscaine christiano-syncrétiste « non-dénominationnelle » Companions of Jesus – enterré le 6 août
2014 dans la ville anglaise de Bath en l’église catholique de St John the
Evangelist en présence « d’évêques et de prêtres [et prêtresses] de la
communion des Eglises épiscopaliennes » avec qui Daly a pu constater une
« similarité de vues » à propos de « l’unité dans le Corps du
Christ ».
Le curé (catholique) de l’église,
le chanoine David Ryan, a dit son regret de ne pas pouvoir concélébrer avec ces
évêques et pasteurs, expliquant qu’il avait dû demander la permission à son
évêque de célébrer la messe de requiem bien que la veuve et les enfants de Palmer
fussent catholiques. « L’évêque était d’accords mais il a dit que Tony ne
pouvait être enterré en tant qu’évêque parce qu’il n’était pas un évêque
catholique romain. Cependant, le pape François a dit qu’il devait et pouvait
être enterré en tant qu’évêque – et cela a donc mis fin à ce petit épisode de balivernes
ecclésiastiques. »
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Libellés : accéder, catholique, communion, conscience, demande, église, Eucharistie, foi, François, luthérienne, mari, pape, Tony Palmer, unité
14 novembre, 2015
Chronique d'une guerre annoncée
Ce n’était pas une question de
« si », mais de quand et comment. Depuis le « 13-11 » et
– à l’heure d’écrire – ses 128 victimes d’un terrorisme déterminé, et 99
blessés en « état d’urgence absolue », nous savons que la guerre est là.
Avec l’entrée de milliers et de milliers de jeunes hommes depuis des terres où
l’on prêche la conquête islamique, nous savons que cette guerre peut-être
terrible. Qu’elle peut s’organiser. Depuis hier, elle ne vise plus des ennemis
déclarés, comme l’attentat contre Charlie, mais un style de vie. L’homme de la
rue. Le jeune qui s’éclate, dans un macabre « retour à l’envoyeur ».
La réponse doit-elle être
politique ? Oui, certainement. Il appartient aux responsables des Etats d’y
assurer la sécurité en les défendant contre les attaques extérieures et
intérieures, et la paix, qui est « tranquillité de l’ordre ». Quel
« ordre » ? Dans un pays où l’« ordre moral » est
proscrit, où le désordre le plus fondamental est inscrit dans les lois et
prêché dans les écoles, la tâche prend une allure singulière. Il s’agit de
sauver et de protéger des vies, urgence vitale. Mais après ? Que
défendons-nous ? Un « vivre-ensemble » qui traîne d’année en
année son propre bilan de destruction, ce carnage propre, sûr et caché de plus
de 200.000 victimes par an, par avortement légal ?
Mère
Teresa le disait, en recevant son prix Nobel à Oslo en 1979 :
« Le plus grand destructeur
de la paix, aujourd'hui, est le crime commis contre l'innocent enfant à naître.
Si une mère peut tuer son propre enfant, dans son propre sein, qu'est-ce qui
nous empêche, à vous et à moi, de nous entretuer les uns les autres ? L'Écriture
déclare elle-même : “Même si une mère peut oublier son enfant, moi, je ne vous
oublierai pas. Je vous ai gardés dans la paume de ma main.” Même si une mère
pouvait oublier... Mais aujourd'hui on tue des millions d'enfants à naître. Et
nous ne disons rien. On lit dans les journaux le nombre de ceux-ci ou de
ceux-là qui sont tués, de tout ce qui est détruit, mais personne ne parle des
millions de petits êtres qui ont été conçus avec la même vie que vous et moi,
avec la vie de Dieu. Et nous ne disons rien. Nous l'admettons pour nous
conformer aux vues des pays qui ont légalisé l'avortement. Ces nations sont les
plus pauvres. Elles ont peur des petits, elles ont peur de l'enfant à naître et
cet enfant doit mourir ; parce qu'elles ne veulent pas nourrir un enfant de
plus, élever un enfant de plus, l'enfant doit mourir. »
Cela n’enlève rien à l’horreur du
massacre de vendredi qui résulte d’un attentat guerrier contre des innocents,
des gens paisibles, des gens comme vous et moi.
Mais comment nous défendre ?
Car c’est une guerre où l’ennemi
ne craint pas la mort. Il la recherche. C’est l’autre versant de cette culture
de mort où l’Occident s’est enfoncé, recherchant la mort comme solution à ses
problèmes, ses difficultés, ses ennuis, ses égoïsmes et même sa
« charité » mal ordonnée faite de compassion et son refus de la
souffrance. A l’Occident sans Dieu s’oppose sur son propre sol un
« Orient » avec son faux dieu qui n’offre pas la rédemption mais la
destruction, qui ne recherche pas l’amour librement donné mais la soumission.
L’islam. Les djihadistes sont insaisissables parce qu’ils sont déjà de l’autre
côté. Ils pensent gagner la vie en donnant la mort à autrui comme à eux-mêmes.
« Que votre règne arrive mais
je l’imposerai par ma volonté ; récompensez-moi parce que je n’ai pas
pardonné aux autres… »
Nous n’avons à opposer à cette
charte de la haine que l’oubli de ce que nous sommes et la recherche de
solutions trop humaines.
Les huit terroristes qui sont
morts – et d’autres peut-être, qui alors ne le sont pas, courent-ils
toujours ? – ont choisi pour cibles des lieux symboliques d’une vie
parisienne légère en un doux soir d’automne. Des restaurants où l’on se
retrouve, des terrasses de café, des lieux sans souci. C’est la banalité de la
vie quotidienne… le meilleur moyen de frapper les cœurs car chacun se
dit : « J’aurais pu être là. » Le symbolisme de l’absence de
symbolisme.
Mais le plus grand nombre de
morts, surtout des jeunes, sont tombés au Bataclan.
Le groupe qui s’y produisait s’appelle
Eagles of Death Metal. Dernier CD : « Zip down » –
comprendre : « Braguette ouverte ». Au moment de l’irruption des
trois ou quatre jeunes, très jeunes tueurs, ceints d’explosifs et lourdement
armés, au moment des premiers tirs – il interprétait son tube de 2004, Kiss the devil. Embrasser le diable…
Sans être un groupe de « métalleux » à strictement parler – on a plutôt
à faire à un groupe de rock – le groupe affectionne les paroles à connotation
sexuelle, noires, obscènes, avec des relents d’enfer.
« Qui aimera le diable, qui
chantera sa chanson ?… Qui embrassera sa langue ? »
Ce sont eux. Ils le proclament.
Assurément, ils jouent. Espérons qu’ils n’en pensent pas un mot. Mais il y a
des mots dangereux qui sont autant d’appels au Malin. Les chanteurs s’en sont
sortis. Les jeunes qui s’étaient massés dans la salle du Bataclan – ils étaient
1.500 – ont été frappés dans leur chair par ces appels à la mort, à celui qui
veut notre mort. « Ne prie pas pour moi maintenant, garde ça pour le
lendemain », dit une autre chanson récente du groupe.
Le lendemain triste, nous y
sommes. A nous demander que faire. A savoir que l’Occident s’est déjà couché
devant cette force qui arrive d’ailleurs en oubliant qu’il est chrétien, et qu’il
a reçu les paroles de la vie éternelle.
La solution est politique, mais
pas seulement, et ce sera si difficile, il est déjà tellement trop tard !
La vraie solution nous a été
donnée à Fatima. Pour la France, il s’agit de ne pas se laisser mettre à
genoux, mais s’y mettre soi-même en implorant celle qui est « forte comme
une armée rangée en bataille », et son divin Fils.
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12 novembre, 2015
Des nouvelles de « Laura », la jeune Belge en bonne santé physique qui avait obtenu le droit à l’euthanasie : un reportage vidéo sur Emily
La jeune
Belge, dite « Laura », qui avait obtenu au printemps l’autorisation
de se faire euthanasier en raison de « souffrances psychiatriques
intolérables », a fait l’objet d’un documentaire poignant tourné par The Economist pendant les mois et les
jours qui ont précédé le jour fixé pour son injection létale. Elle s’appelle en
réalité Emily, c’est une Flamande de la ville de Bruges. A 24 ans, en
excellente santé physique, elle avait derrière elle une vie de désespérance, de
dépression profonde et de fréquents épisodes d’automutilation. Le documentaire
sur sa marche vers l’euthanasie a été mis en ligne le 10 novembre. Arrêtez
votre lecture ici si vous voulez voir son histoire plutôt que je ne vous la
raconte…
En fait,
l’histoire se termine bien. Emily, à la dernière minute, a choisi de vivre.
C’est une
bonne nouvelle. C’est une jeune vie sauvée. On peut espérer que la jeune femme
va pouvoir vivre une nouvelle vie, sans ce mal qui la rongeait. Mais le
documentaire de The Economist est
avant tout un plaidoyer pour le droit à l’euthanasie, qui présente
complaisamment la demande de fin de vie de la jeune femme. A travers la
compassion suscitée, l’idée est de faire accepter que l’option de l’euthanasie,
du simple fait qu’elle existe, donne le courage de continuer. Tant qu’Emily
« Laura » a pensé qu’il n’y avait pas d’issue, elle a désiré la mort
plus que tout. Une fois la mort à portée de mains, elle a retrouvé une certaine
paix de l’esprit.
Il y a
dans ce récit une contre-vérité. Pourquoi Emily a-t-elle obtenu d’une équipe de
trois médecins l’autorisation d’être euthanasiée, si ce n’est au motif du
caractère totalement incurable et insupportable de son affection
psychiatrique ? C’est parce qu’il n’y avait pas d’espoir de guérison, ni
même d’amélioration, de l’avis des spécialistes, que ceux-ci ont donné le feu
vert.
En
définitive, c’est l’approche de la mort qui a déclenché quelque chose dans son
esprit. Elle a trouvé des raisons de vivre puisqu’elle est encore là. Si ces
choses ont un sens, elles montrent bien que le désespoir de la jeune femme
n’était pas si profondément enraciné qu’il ne puisse céder devant telle ou
telle forme d’aide ou de soutien. Emily avait des ressources dans son propre
esprit, et au cours de ses dernières semaines avant la date prévue de
l’euthanasie, cet été, elle a bénéficié de l’écoute et du soutien de sa mère,
de ses amies, qu’on voit dans le documentaire tour à tour résignées et
atterrées devant sa décision.
Ainsi
donc, la maladie d’Emily n’était pas totalement incurable, hors d’espoir.
On peut arguer
que les médecins qui la traitent depuis des années ont failli, non pas parce
qu’il n’y avait objectivement pas de solution, mais parce qu’ils n’ont pas
trouvé de moyen de lui rendre un peu d’espoir. Au cours du documentaire Emily
montre au journaliste un tiroir plein d’antidépresseurs et autres médicaments
qui n’arrivaient pas à juguler sa haine d’elle-même et ses crises
d’automutilation, en encore moins à la guérir. Sans aucun doute les médicaments
aident-ils à rendre l’équilibre aux personnes souffrant de maladies de
l’esprit, mais il est clair qu’ils ne parvenaient pas à leur fin dans le cas de
la jeune femme.
Le film
commence par des images qu’Emily avait tournées d’elle-même il y a quelques
années pour y exprimer pour la première fois aux yeux du monde son désir de
mort, tapie dans un coin, les bras lacérés. Elle se souvient : dès l’âge
de trois ans, elle aurait préféré « ne pas être là » et son désir de
se tuer s’est manifesté quand elle avait six ans.
Le film ne
dit pas que ses parents se sont séparés très tôt : la vie commune avait
été rendue impossible par la violence et l’alcoolisme de son père. Emily a
passé la plus grande partie de son enfance avec ses grands-parents maternels,
qui l’ont entourée de leur affection. Mais il y avait cette faille, dont Emily
se persuade aujourd’hui qu’elle n’a eu aucun rôle majeur dans son désir
d’autodestruction.
Le fait
est que ses séances d’automutilation ont commencé tôt et que personne n’a su en
comprendre la gravité. Après le lycée – le documentaire n’en parle pas non
plus – elle a choisi de faire du théâtre, elle a emménagé avec une amie avec
qui elle vivait une « passion amoureuse très agréable » comme elle
l’a raconté au printemps, avant que sa propre dépression ne conduise à leur
séparation.
C’est
alors qu’un psychiatre l’a convaincue de se faire interner – chose que le film
ne dit pas non plus – dans une institution psychiatrique où elle a fait la
connaissance d’une autre femme, Sarah, qui était en train d’organiser sa propre
euthanasie. Elles parlaient souvent de la mort et Emily, forcément fragile, a
eu l’idée de suivre son exemple. Dans le documentaire, elle qu’elle se serait
donné la mort, « mais c’eût été une mort affreuse, douloureuse, dans
l’isolement ». « Sans l’option de l’euthanasie, je me serais
suicidée », dit-elle. Vraiment ?
Cependant,
ses crises terribles se succédaient, faisant d’Emily « Laura » une
patiente si violente et agressive qu’on la renvoyait chez elle de temps en
temps pour que le personnel de la clinique psychiatrique puisse souffler. Elle
raconte dans le film comment elle avait l’impression d’abriter un
« monstre maléfique » dans sa cage thoracique : au pire de ses
crises, elle se scarifiait en imaginant qu’il pouvait alors sortir, s’éloigner,
mais la douleur pouvait revenir dans les cinq minutes. Elle se coupait et se
frappait la tête contre les murs, sans trouver la paix.
Le film
montre les trois médecins qui ont autorisé l’euthanasie d’Emily, et qui l’ont
suivie pendant plusieurs mois. Parmi eux, Lieve Thienpont, psychiatre spécialisée
dans l’évaluation des demandes d’euthanasie. Elle a écrit un livre sur le
sujet, Libera me, et pour elle on est
en plain dans la question de la « mort dans la dignité » : elle
conçoit l’euthanasie comme une solution possible. On peut sans risque d’être
injuste dire qu’elle est partisane de l’euthanasie.
Elle
paraît plusieurs fois dans le documentaire pour commenter sur le cas d’Emily.
On la voit même avec les deux autres médecins au moment où ils expliquent à la
jeune femme comment se passera concrètement l’euthanasie, en soulignant qu’elle
pourra refuser jusqu’à la dernière seconde, au dernier instant, sans craindre
que sa « crédibilité » n’en prenne un coup.
Lieve
Thienpont explique au cours d’un entretien filmé que les souffrances d’Emily
sont si graves qu’elles sont « incompatibles avec la vie » et en tout
cas avec une « qualité suffisante de vie » qui lui permettrait de
continuer.
Après des
échanges avec la mère, les amies de la jeune femme, le journaliste se rend dans
l’appartement d’Emily, apparemment le jour de l’euthanasie, programmée pour 17
heures. C’est à la fin, à l’arrivée du médecin, qu’elle dit ne pas vouloir de
l’injection létale. « Très rationnellement, j’ai dit : “Je ne peux
pas le faire.” Car les deux dernières semaines qui ont précédé ce fameux jeudi
où cela aurait dû se faire ont été relativement supportables. Il n’y a pas eu
de crises. Et je ne comprenais pas bien pourquoi il en était ainsi. Est-ce
parce que la sérénité de la mort était si proche ? Parce que nous nous
disions adieu et que je me sentais bien à cause de cela ? Ou bien quelque
chose a-t-il changé ? »
En
attendant, l’histoire d’Emily est bel et bien utilisée pour promouvoir
l’euthanasie, en tant qu’option possible pour tous ceux qui le désirent, voire
comme une solution qui au bout du compte, pourrait aider certains à continuer
de vivre. Mais aujourd’hui en Belgique, même si nombre de tels cas sont connus,
certains meurent des mains des médecins alors même qu’ils sont en bonne santé
physique, comme Emily.
Quel rôle
a joué le passé d’Emily dans sa dramatique histoire ? Le film n’en parle
pas. Il se contente de noter qu’elle n’est pas croyante, qu’elle n’a aucune
idée de l’existence ou non d’une vie après la vie.
On ne peut
s’empêcher de poser la question : n’avait-elle pas avant tout besoin d’un
soutien spirituel et
physique ? Son traitement psychiatrique était-il adapté ? A l’heure
où tant de jeunes ont des problèmes d’identité, induits notamment par des
méthodes pédagogiques qui déstructurent la pensée – à preuve, tous ces jeunes
qui ne comprennent pas la différence entre sujet et objet, qui ne savent pas
qui est « je » – le cas d’Emily devrait être un appel à une véritable
prise de conscience, au lieu d’être utilisé par le lobby de l’euthanasie.
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