19 octobre, 2015

Synode : un tweet d'Edward Pentin sur les unions homosexuelles



Un père du synode sur la 3e partie de l'Instrumentum laboris : « Ils ont de nouveaux tabous, par exemple le tabou (qui interdit) de critiquer les relations/unions homosexuelles »


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18 octobre, 2015

Intervention choc au synode : Anca-Maria Cernea supplie les pères synodaux de reconnaître qu’il s’agit d’une bataille spirituelle

A lire d’urgence : l’intervention d’une auditrice roumaine, le Dr Anca-Maria Cernea, au synode sur la famille vendredi. Elle est médecin du Centre de diagnostic et de traitement Victor-Babes à Bucarest. En quelque mots, elle a dressé le véritable cadre du synode et rappelé quelles doivent être les priorités catholiques dans ce monde en proie aux assauts des ennemis de Dieu et du salut des hommes. Elle a évoqué les « erreurs » que la Russie répand sur le monde. Elle parle en connaissance de cause : ses propres parents ont durement souffert du communisme, elle en a souffert elle-même. Elle montre la continuité entre l’oppression matérielle que celui-ci a imposée, et la nouvelle forme prise par la Révolution marxiste-léniniste.

Telle est la vérité de ce synode sur la famille.

Anca-Maria Cernea montre que la bataille est d’abord spirituelle. Ordonnée au salut des âmes. Et que se passe-t-il dans la salle du synode ?…

Je vous en prie, faites connaître ce texte. Il suffit de copier le lien :

http://leblogdejeannesmits.blogspot.fr/2015/10/intervention-choc--synode-anca-maria-cernea.html

et de le faire suivre à vos contacts.

Je vous en propose ici ma traduction depuis la traduction anglaise publiée sur LifeSiteNews, d'après le site du Vatican. – J.S.



Très Saint Père, Pères synodaux, Frères et Sœurs, je représente l'Association des médecins catholiques de Bucarest.
J'appartiens à l'Eglise catholique grecque romaine.
Mon père était un leader politique chrétien, emprisonné par les communistes pendant 17 ans. Mes parents étaient fiancés, mais leur mariage a eu lieu 17 ans plus tard. Ma mère a attendu mon père pendant toutes ces années, bien qu'elle ne sache même pas s'il était encore en vie. Ils ont été héroïquement fidèles à Dieu et à leurs fiançailles.
Leur exemple montre que la grâce de Dieu peut surmonter des circonstances sociales terribles, ainsi que la pauvreté matérielle.
Nous, en tant que médecins catholiques qui défendons la vie et la famille, nous voyons que tout ceci est avant tout une bataille spirituelle.
La pauvreté matérielle et le consumérisme ne sont pas la première cause de la crise de la famille.
La première cause de la révolution sexuelle et culturelle est idéologique.
Notre Dame de Fatima a dit que les erreurs de la Russie se répandraient à travers le monde entier. Cela s'est fait d'abord sous une forme violente, le marxisme classique, qui a tué des dizaines de millions de personnes.
Aujourd'hui cela se fait la plupart du temps à travers le marxisme culturel. Il y a continuité entre la révolution sexuelle de Lénine, à travers Gramsci et l'École de Francfort, et l'idéologie contemporaine des droits gay et du genre.
Le marxisme classique avait la prétention de redessiner la société, par le biais de la spoliation violente de la propriété. Aujourd'hui la Révolution va plus profond ; elle prétend redéfinir la famille, l'identité sexuelle et la nature humaine.
Cette idéologie se qualifie elle-même de progressiste. Mais elle n'est rien d'autre que la vieille proposition du serpent, pour que l’homme prenne le contrôle, que Dieu soit remplacé, que la rédemption soit organisée ici-bas, dans ce monde.
C'est une erreur de nature religieuse, c'est la gnose.
Il appartient aux pasteurs de la reconnaître, et de mettre le troupeau en garde contre ce danger. « Cherchez donc d'abord le royaume de Dieu et Sa justice, et toutes ces choses vous seront données par surcroît. »
La mission de l'Eglise est de sauver les âmes. Le mal dans ce monde vient du péché. Et non de la disparité des revenus ou du changement climatique.
La solution est celle-ci : l'évangélisation. La conversion.
Et non pas un contrôle gouvernemental sans cesse grandissant. Ni un gouvernement mondial. Ce sont eux, aujourd'hui, les agents principaux du marxisme culturel ; ce sont eux qui l'imposent à nos nations, sous la forme du contrôle de la population, de la santé reproductive, des droits gay, de l'éducation aux questions de genre, etc.
Ce dont le monde a besoin aujourd'hui, ce n'est pas d'une limitation de la liberté, mais de la vraie liberté, la libération du péché. La rédemption.
Notre Eglise a été opprimée par l’occupation soviétique. Mais aucun de nos douze évêques n’a trahi la communion avec le Saint-Père. Notre Eglise a survécu grâce à la détermination et à l'exemple de nos évêques qui ont tenu bon face aux prisons et à la terreur.
Nos évêques ont demandé à la communauté de ne pas suivre le monde. Et non de coopérer avec les communistes.
Aujourd'hui nous avons besoin que Rome dise au monde : « Repentez-vous et convertissez-vous, car le royaume de Dieu est proche. » 
Ce n'est pas seulement nous, le laïcat catholique, mais également nombre de chrétiens orthodoxes qui prions avec anxiété pour ce synode. Car, comme ils le disent, si l’Eglise catholique cède à l'esprit du monde, il va être très difficile pour tous les autres chrétiens d’y résister.

Dr Anca-Maria Cernea

Addendum : J'ai eu le plaisir d'interviewer longuement Anca-Maria Cernea pour “L'Homme nouveau”. Le numéro est en vente par là.




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L'intervention de Mgr Henryk Hoser au synode : revenir à Humanae vitae

Le site de la conférence des évêques de Pologne vient de publier en français l'intervention de Mgr Henryk Hoser au synode sur la famille, le 10 octobre. Il pointait les graves manques des discussions sur la base de l'Instrumentum laboris qui passe à côté de l'essentiel. A lire pour retrouver un peu de courage… _ J.S.

L’Instrumentum Laboris du présent Synode mentionne très brièvement la grave question et réalité infiniment complexe de la fécondité conjugale, toujours associée, depuis la création, à la sexualité humaine.
Très justement le document souligne la nécessite de “redécouvrir le message de l’Encyclique Humanae Vitae de Paul VI” et “sa richesse de sagesse”, mais n’avance pas dans le vif du sujet. Publiée en 1968, mal reçue, contestée et relativisée par des pasteurs et, à la suite, par des fidèles, l’encyclique véritablement prophétique a ouvert la crise postconciliaire. Elle se caractérise par la mise en doute systématique de l’enseignement du Magistère de l’Eglise.
Et pourtant l’encyclique prônait une vision intégrale de la personne humaine dans ses dimensions spirituelles et corporelles. Elle prédisait en outre les conséquences de la pratique de séparation de la sexualité et de la fertilité humaines aujourd’hui de plus en plus radicales, suite au recours toujours plus massif à la contraception. En voici les termes: “Les contraceptifs ouvriraient une voie large et facile à l’infidélité conjugale et à l’abaissement général de la moralité, la perte du respect de la femme  et,  sans plus se soucier de son équilibre physique et psychologique elle serait considérée comme un simple instrument de jouissance égoïste ; l’attitude des autorités publiques peu soucieuses des exigences morales; le fait de laisser à la merci de l’intervention des autorités publiques le secteur le plus personnel et le plus réservé de l’intimité conjugale” (Humanae vitae, 17). Ce pronostic s’est hélas, amplement réalisé.
La contraception et son complément sous forme de l’avortement provoqué, ne sont pas considérés et suffisamment soulignés dans le texte de l’Instrumentum laboris. Pourtant il s’agit d’un problème majeur qui déstabilise l’union conjugale et familiale. La fertilité humaine, une composante de la personne, systématiquement malmenée et détruite finit par la dissolution du couple.
Une alternative juste et valable réside dans la connaissance de la fertilité (fertility awareness) et la capacité de s’en servir conformément aux exigences de la parenté responsable.
La soit disant communauté internationale déverse annuellement 8,1 milliards de $ USA aux programmes de contraception visant 69 pays les moins développés. En revanche, les très rares organismes de promotion de méthodes dites naturelles Fédération Africaine de l’Action Familiale ou FAAF, Institut Européen d’Education Familiale ou IEEF) vivotent grâce à la perfusion financière offerte par de rares bienfaiteurs clairvoyants comme Aide à l’Eglise en Détresse (Aid to the Church in Need).
Le Pape Jean Paul II nous a donné une analyse perspicace et combien vraie de la différence anthropologique et en même temps morale, existant entre la contraception et le recours aux rythmes périodiques:
“A la lumière de l’expérience de tant de couples et des données des diverses sciences humaines, la réflexion théologique peut saisir – et elle est appelée à l’approfondir – la différence anthropologique et en même temps morale existant entre la contraception et le recours aux rythmes périodiques: il s’agit d’une différence beaucoup plus importante et plus profonde qu’on ne le pense habituellement et qui, en dernière analyse, implique deux conceptions de la personne et de la sexualité humaine irréductibles l’une à l’autre. Le choix des rythmes naturels comporte l’acceptation du temps de la personne, ici du cycle féminin, et aussi l’acceptation du dialogue, du respect réciproque, de la responsabilité commune, de la maîtrise de soi. Accueillir le temps et le dialogue signifie reconnaître le caractère à la fois spirituel et corporel de la communion conjugale, et également vivre l’amour personnel dans son exigence de fidélité. Dans ce contexte, le couple expérimente le fait que la communion conjugale est enrichie par les valeurs de tendresse et d’affectivité qui constituent la nature profonde de la sexualité humaine, jusque dans sa dimension physique. Ainsi, la sexualité est respectée et promue dans sa dimension vraiment et pleinement humaine, mais n’est jamais «utilisée» comme un «objet» qui, dissolvant l’unité personnelle de l’âme et du corps, atteint la création de Dieu dans les liens les plus intimes unissant nature et personne” (Familiaris consortio, 32).
C’est une constatation magistrale à la faire comprendre à tous les gens de bonne volonté. Et que la sagesse nous accompagne toujours et partout. 
+ Henryk Hoser SAC
Archevêque – Evêque de Warszawa Praga
Pologne

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17 octobre, 2015

Pour l'histoire : l'intervention du cardinal Reinhard Marx en faveur de la communion aux divorcés remariés au synode

Au synode, cette semaine, le cardinal allemand Reinhard Marx a porté plus loin que jamais la revendication de donner aux divorcés remariés l'accès à la communion. Le cardinal Kasper s'est lui tenu en retrait, prononçant un court texte sur la miséricorde. Le cardinal Marx est clair : la proposition vaut pour des personnes dont le mariage précédent n'a pas été déclaré nul et n'a pas à l'être ; elle doit être ouverte dans des cas particuliers à des personnes remariées civilement.

Dans le même temps il démonte l'enseignement de l'Eglise sur la contraception – une affaire de conscience lorsque l'ouverture à la vie est en « conflit » avec la sauvegarde de la famille ; sur le caractère peccamineux de l'acte sexuel en dehors du mariage légitime ; sur la réalité de l'adultère du second mariage civil ; sur la désignation d'une situation de péché grave qui « exclut » celui qui est ainsi montré du doigt.

J'ai traduit ce texte à partir de la traduction anglaise donnée ici par le bloggueur néerlandais Mark de Vries sur son blog In caelo et terra. Le texte allemand original est par là.

On notera dans le texte du cardinal Marx la référence au tristement célèbre synode de l'ombre qui s'est tenu en mai dernier et où les interventions prônaient l'ouverture aux divorcés « remariés » et même l'abandon de la notion subjective de péché pour les relations homosexuelles.

Le cardinal Reinhard Marx fait partie du « G9 » nommé par le pape François peu après son élection à la chaire de Pierre. – J.S.


Il y a 50 ans de deuxième Concile Vatican II a de nouveau fait de l'Évangile une source d'inspiration pour la vie des individus et de la société. Il en va de même pour l'Évangile de la famille du pape François. Dans la Constitution pastorale Gaudium et spes le Concile a développé une doctrine du mariage qui a été davantage approfondi par les papes après le Concile. Même s’il n’a pas répondu à toutes les questions qui nous préoccupent aujourd'hui il a posé des fondations théologiques qui nous aident à répondre à nos questions actuelles.
Mgr Reinhard Marx avait une réputation
de conservatisme avant d'être fait cardinal
Le Concile considère le mariage comme une « communauté profonde de vie et d’amour » (Gaudium et spes 48) et développe la doctrine du mariage dans le contexte d'une théologie de l'amour. L'amour entre un homme et une femme « va d’une personne vers une autre personne en vertu d’un sentiment volontaire, cet amour enveloppe le bien de la personne tout entière ; il peut donc enrichir d’une dignité particulière les expressions du corps et de la vie psychique et les valoriser comme les éléments et les signes spécifiques de l’amitié conjugale. » Cet amour « imprègne toute leur vie ; bien plus, il s’achève lui-même et grandit par son généreux exercice » (GS, 49). Le concile met l'accent sur le fait que cet amour entre l'homme et la femme requiert le cadre institutionnel et légal du mariage, afin de se développer et d’être gardé en permanence aussi bien dans les jours donc dans les jours mauvais. Ce n'est pas en dernier lieu que l'institution du mariage sert le bien-être des enfants (GS, 50). »
A l'aide de cette théologie de l'amour et aussi de la théologie de l'Alliance, dont on ne peut parler que très rapidement ici, le concile a réussi à rendre de nouveau compréhensible la sacramentalité du mariage. L'amour conjugal devient d'une image de l'amour du Christ pour son Eglise et le lieu où l'amour du Christ devient tangible. C'est aussi pour exprimer ce lien entre le divin et l'humain de manière verbale, que le Concile parle de l'alliance du mariage. Enfin, la fidélité indissoluble est un signe efficace de l'amour du Christ en ce monde.
A la fin, le Concile voit la sexualité humaine comme une expression d'amour et suggère qu'une nouvelle direction soit prise pour l'éthique sexuelle. « Cette affection a sa manière particulière de s’exprimer et de s’accomplir par l’œuvre propre du mariage. En conséquence, les actes qui réalisent l’union intime et chaste des époux sont des actes honnêtes et dignes. Vécus d’une manière vraiment humaine, ils signifient et favorisent le don réciproque par lequel les époux s’enrichissent tous les deux dans la joie et la reconnaissance (GS, 49). » A cette richesse appartiennent sans doute aussi, mais pas seulement, la conception et l'éducation des enfants. Car les Pères conciliaires mettent expressément l'accent sur le fait que le mariage sans enfant « comme communauté et communion de toute la vie, demeure, et il garde sa valeur et son indissolubilité (GS, 50). »
Il appartient à ce Synode des évêques d'approfondir et de développer cette théologie respectivement de l'amour et de l'Alliance, dont le concile a établi les aspects fondamentaux, mais qui n'est pas encore totalement reflétée dans le droit canonique, en tenant compte des défis actuels dans la pastorale du mariage et de la famille. J'aimerais m'arrêter sur deux défis : le conseil et le préparation au mariage, et la question d'une attitude raisonnable à l'égard des fidèles dont le mariage a échoué et de ceux, pas peu nombreux, qui ont divorcé et qui sont civilement remariés.
Ce n'est pas par hasard que le concile parle de la croissance dans l'amour. Cela est vrai en ce qui concerne la vie commune dans le mariage, mais ce l’est aussi pour le temps de préparation du mariage. Il faut développer un soin pastoral qui montre plus clairement qu’à ce jour, la dimension de cheminement propre au fait d’être chrétien, également en ce qui concerne le mariage et la famille. Nous sommes tous appelés à la sainteté (cf. Lumen gentium, 39), mais le chemin vers la sainteté ne finira qu’au Dernier jour, lorsque nous nous tiendrons devant le siège de jugement du Christ. Ce chemin n'est pas toujours droit et il ne conduit pas toujours directement vers le but recherché. En d'autres termes, le chemin de la vie des époux a des moments de sentiments intenses et des temps de déception, de projets communs réussi, et de plans qui échouent, des temps de rapprochement et des temps d'éloignement.
Souvent les difficultés et les crises, lorsqu'elles sont surmontées ensemble, sont celles qui renforcent et consolident le lien conjugal. Le conseil et la préparation au mariage offerts par l’Eglise ne peuvent pas être déterminés par un perfectionnisme moraliste. Il ne doit pas être un programme du « tout ou rien ». Ce qui est plus important, c’est que nous voyions les différentes situations de vie et les expériences des gens d'une manière différenciée. Nous devons moins regarder ce qui n'a pas encore été accompli dans la vie, ou peut-être ce qui a complètement échoué, et regarder davantage ce qui a déjà été accompli. Généralement les gens ne sont pas motivés à progresser sur le chemin vers la sainteté par le doigt accusateur, mais par la main tendue. Nous avons besoin d'un soin pastoral qui mette en valeur les expériences des gens qui se trouvent au sein de relations aimantes, et qui sache éveiller un désir spirituel. Le sacrement du mariage doit en premier lieu être proclamé en tant que don qui enrichit et affermit le mariage et la vie de famille, et moins comme un idéal qui ne peut être atteint par les moyens humains. Aussi indispensable qu’est la fidélité tout au long de la vie pour le développement de l'amour, ainsi la sacramentalité du mariage ne doit pas être réduite à son indissolubilité. C'est une relation globale qui se développe.
Le moment où l'on reçoit le sacrement du mariage est en effet le début du chemin. Le sacrement n’a pas seulement lieu au moment du mariage, où les deux époux expriment leur amour mutuel et leur fidélité, mais se développe dans le chemin qu'ils prennent ensemble. Il est de la responsabilité des époux de donner une forme à la vie commune dans le mariage. Le soin pastoral de l'Eglise peut et doit soutenir les époux, mais doit respecter leur responsabilité. Nous devons donner davantage de place aux consciences des époux dans la proclamation et dans le soin pastoral. Il est certainement du devoir de l'Eglise de former les consciences des fidèles, mais le jugement de la conscience des gens ne peut pas être remplacé. Cela est particulièrement vrai dans les situations où les époux doivent prendre des décisions dans un conflit de valeurs, par exemple lorsque l'ouverture à la conception d'enfants et la préservation du mariage et de la vie de famille sont en conflit.
Mais le soin pastoral positif et encourageant ne peut pas empêcher tous les mariages d'échouer, il ne peut pas empêcher que des époux mettent fin à leur alliance de vie et d'amour et se séparent. La nouvelle procédure de déclaration de nullité d'un mariage ne peut pas couvrir tous les cas convenablement. Souvent la fin d'un mariage n'est ni le résultat de l'immaturité humaine ni d'un manque de volonté de se marier. S'occuper des fidèles dans les mariages dont les mariages ont échoué et qui, bien souvent, se sont engagés dans un nouveau mariage civil après un divorce civil, demeure ainsi un problème pastoral aigu dans de nombreuses parties du monde. Pour de nombreux fidèles, y compris ceux dont les mariages sont intacts, c'est une question de crédibilité de l'Eglise. Je sais cela par le biais de beaucoup de conversation et de lettres.
Heureusement, les papes Jean-Paul II et Benoît XVI n'ont pas laissé de doute sur le fait que les fidèles divorcés et remarié civilement font aussi partie de l'Eglise, et ils les ont invités de manière répétée à prendre une part active dans la vie de l'Église. Il est donc de notre devoir de développer une pastorale accueillante en direction de ses fidèles et de les impliquer toujours davantage dans la vie des communautés. À leur égard l'Église doit témoigner de l'amour du Christ, qui s'applique en premier lieu à ceux qui ont failli dans leurs intentions et leurs efforts. Car ce ne sont pas ceux qui sont en bonne santé qui ont besoin du médecin, ce sont les malades. C'est la mission de l'Eglise de guérir les plaies causées par l'échec d'un mariage et la séparation des époux, et de montrer que Dieu est avec eux, également dans ces temps difficiles. Pouvons-nous vraiment guérir sans permettre le sacrement de la réconciliation ?
 En ce qui concerne les divorcés remariés civilement qui prennent une part active à la vie de la communauté, de nombreux fidèles demandent pourquoi l'Église leur refuse, sans exception, la participation à la communion sacramentelle. Ils sont nombreux dans nos communautés à ne pas comprendre comment l'on peut être en pleine communauté avec l'Eglise et en même temps exclu des sacrements de confession et de l'Eucharistie. Le fait que les divorcés remariés civilement vivent objectivement dans un état d'adultère et sont en tant que tels en contradiction avec ce qui est emblématiquement présent dans l’Eucharistie, la fidélité du Christ à son Eglise, est donné comme raison. Mais cette réponse fait-elle justice à la situation de ces personnes ? Et est-elle contraignante théologiquement-sacramentallement ? Des personnes qui sont considérées comme étant en situation de péché grave peuvent-elles vraiment avoir le sentiment de nous appartenir complètement ?
A la Conférence des évêques d'Allemagne nous nous sommes nous aussi occupés intensément ces dernières années de la théologie et du ministère pastoral du mariage et de la famille. Nous avons pris la demande du Saint-Père au sérieux ; nous avons réfléchi à ce thème, nous en avons discuté et nous l’avons approfondi pendant le temps qui a séparé les deux synodes. La Conférence des évêques d'Allemagne à organisé une journée d'étude à ce sujet, avec les conférences des évêques de France et de Suisse en mai 2015, dont les contributions ont également été publiées. Dans les facultés de théologie également, on s’est occupé de ces sujets et on en a débattu selon des perspectives bibliques, théologiques, exégétique, canoniques et théologiques-pastorales. En outre il y a eu des conversations avec des théologiens et des publications. Nous avons compris que le travail théologique à ce propos doit continuer à l'avenir.
Au sujet des fidèles divorcé et remariés civilement les évêques allemands ont eux-mêmes publié en juin de l'année dernière d'autres considérations et des questions que j'aimerais exposer brièvement.
Celui qui après l'échec d'un mariage est entré dans un nouveau mariage civil, où souvent des enfants naissent, a une responsabilité morale à légal à l'égard du nouveau partenaire et des enfants, à laquelle il ne peut renoncer sans encourir une nouvelle culpabilité. Même si le rétablissement de la relation antérieure est possible, ce qui n'est généralement pas le cas, la personne se trouve dans un dilemme moral objectif, sans issue théologiquement et morale claire. Le conseil de s'abstenir des actes sexuels dans la nouvelle relation paraît déraisonnable pour  beaucoup. Il y a aussi la question de savoir si les actes sexuels peuvent être jugés isolément du contexte de la vie. Pouvons-nous juger les actes sexuels d'un second mariage civil comme constituant sans aucune exception des adultères ? Indépendamment de la prise en compte de cette situation particulière ?
Du point de vue théologique sacramentel il faut considérer deux choses. Pouvons-nous dans tous les cas et avec une conscience tranquille, exclure les fidèles qui sont divorcés remariés civilement du sacrement de réconciliation ? Pouvons-nous leur refuser la réconciliation avec Dieu et l'expérience sacramentelle de la miséricorde de Dieu même lorsqu'ils regrettent sincèrement leur culpabilité par rapport à l'échec du mariage ? En ce qui concerne la question de permettre l'accès à la communion sacramentelle, il faut considérer que l’Eucharistie ne rend pas seulement présente l'alliance du Christ avec son église, mais qu'elle la renouvelle toujours et raffermit les fidèles sur leur chemin vers la sainteté. Les deux principes de l'accès à l'Eucharistie, à savoir le témoignage de l'unité de l'Eglise et la participation au moyen de la grâce, peuvent parfois être en conflit l’un avec l’autre. Dans la déclaration Unitatis redintegratio, le concile affirme : [la communicatio in sacris] « est, la plupart du temps, interdite du point de vue de l’expression de l’unité ; la grâce à procurer la recommande quelquefois. »
Au-delà de l’œcuménisme cette déclaration est également d'une importance pastorale fondamentale. Dans sa lettre apostolique Evangelii gaudium le Saint-Père ajoute, faisant référence aux enseignements des Pères de l'Église, ajoute : « L’Eucharistie, même si elle constitue la plénitude de la vie sacramentelle, n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles. Ces convictions ont aussi des conséquences pastorales que nous sommes appelés à considérer avec prudence et audace (N° 47). »
À partir des fondations théologiques établies par le Concile Vatican II nous devons sérieusement envisager la possibilité – fondée sur le cas individuels et non de manière générale – de permettre à des fidèles divorcés et remariés civilement de recevoir les sacrements de confession et de communion, lorsque la vie dans la dans le mariage canoniquement valide a définitivement échoué et que ce mariage ne peut pas être annulé, que tous les engagements à l'égard de ce mariage sont réglés, qu'il y a un regret par rapport à la culpabilité quant à la fin de cette vie commune conjugale et qu'il y a une volonté honnête de vivre le second mariage civil dans la foi et d'élever les enfants dans la foi.

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Confidences de pères synodaux : les tweets d’Edward Pentin

Edward Pentin, vaticaniste de premier plan, auteur d’un livre fort documenté sur la manipulation du synode (The Rigging of a Vatican Synod), livre sur son compte Twitter des confidences anonymes de pères synodaux.


• Un père anonyme : « Le sacrement du mariage est attaqué, c’est comme une course sur des lames de rasoirs. Le synode est organisé de manière chaotique.
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• Un père anonyme : « Des Allemands et quelques Français sont la force principale qui fait pression pour la réforme, essaient de changer la doctrine sur le divorce-remariage. »

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• Un autre père synodal anonyme : « Il y a des loups déguisés en agneaux dans la salle, qui parlent éloquemment mais veulent la réforme. »
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Synodalité, décentralisation, ministère pétrinien : l’important discours du pape François pour commémorer le 50e anniversaire de l’institution du synode des évêques

Le cardinal Reinhard Marx l’a réclamée pour confronter les questions de l’accueil des gays et des divorcés « remariés », plusieurs voix se sont élevées lors du synode de la famille pour en dire du bien : la « décentralisation » de l’Eglise est sans doute l’un des instruments que les plus progressistes veulent utiliser pour modifier la « pastorale » de l’Eglise sans avoir l’air de toucher à la doctrine. Pour commémorer le 50e anniversaire de l’institution du synode des évêques à Rome, ce samedi, le pape François est allé plutôt dans leur sens, tout en revendiquant sa charge de se prononcer comme « pasteur et docteur de tous les chrétiens ».
Extraits :
• « C’est justement le chemin de la synodalité qui est le chemin que Dieu attend de l’Eglise du troisième millénaire. » 
• « Ce que le Seigneur nous demande est en un sans tout entier contenu dans le mot “synode”. Marcher ensemble – laïcs, pasteurs, évêque de Rome – est une idée facile à exprimer en paroles, mais pas si facile à mettre en pratique. » 
 Faisant référence au « sens surnaturel de la foi de tout le Peuple » tel qu’il l’avait déjà exprimé dans Evangelii Gaudium (« Le Peuple de Dieu est saint à cause de cette onction que le rend infaillible “in credendo”), il a justifié la consultation des fidèles en vue de la préparation du double synode sur la famille :
• « Le sensus fidei empêche séparation entre rigidement docens Ecclesia et Ecclesia discens, puisque même le troupeau a un “flair” pour discerner les nouveaux chemins que le Seigneur révèle à l'Église. »
On notera que beaucoup, pour ne pas dire l’immense majorité de ces consultations ont été faites auprès de personnes qui sont, sinon éloignées de toute pratique religieuse, de cette génération qui n’a pas été catéchisée, qui ignore à un degré inédit les vérités de la foi et les raisons des commandements de Dieu et de l’Eglise, un « Peuple de Dieu » immergée dans le relativisme contemporain sans avoir été formé à y résister.
Soulignant avec saint Jean-Chrysostome, qu’« Eglise et synode sont synonymes », et rappelé sa dimension hiérarchique « sub Petro », le pape François a appelé à renforcer la collégialité d’abord au niveau local, puis à celui des provinces et des régions ecclésiastiques/
• « Nous devons réfléchir en vue de réaliser davantage, à travers ces organisations, les instances intermédiaires de la collégialité, peut-être en intégrant et en mettant à jour certains aspects de l’ancien ordonnancement de l’Eglise. L'espoir du Concile de voir de tels organismes aider à accroître l'esprit de la collégialité épiscopale n’est pas encore pleinement réalisé. Nous sommes à mi-chemin, nous avons fait une partie du voyage. Dans une Eglise synodale, comme je l’ai déjà affirmé, « il ne convient que le Pape se substitue aux épiscopats locaux dans le discernement de tous les problèmes qui se présentent dans leurs territoires. En ce sens, je ressens le besoin de procéder à une salutaire “décentralisation”. »
Le pape François a précisé que « l’engagement de construire une Eglise synodale » est « lourde de conséquences œcuméniques », soulignant qu’une délégation du Patriarcat de Constantinople avait récemment dis sa conviction que le « principe de la collégialité » pouvait offrir une « contribution significative à l’avancement des relations » entre les deux Eglises.
Toutes ces déclarations sont à lire dans le contexte actuel de fronde de certaines conférences épiscopales par rapport à la discipline, à la pastorale et partant à la doctrine traditionnelles. Si l’on revient à la question de la communion aux divorcés remariés, par exemple, qui n’est pas exclue dans l’Eglise orthodoxe, on peut imaginer celle-ci mieux disposée au rapprochement dès lors que certaines provinces ecclésiastiques auraient intégré quelque chose d’analogue dans leur pratique.
Ces déclarations sont également à tempérer par la manière d’agir du pape, qui a profondément et – de l’avis d’un très grand nombre de canonistes – imprudemment modifié la procédure de déclaration de nullité du mariage sans en référer au synode et en soulignant lui même qu’une « procédure raccourcie peut mettre en danger le principe de l’indissolubilité du mariage ».
On constate également la volonté du pape de décider, au bout du compte :
• « Enfin, la démarche synodale aboutit à l'écoute de l'évêque de Rome, appelé à se prononcer comme « Pasteur et Professeur de tous les chrétiens», non à partir de ses convictions personnelles, mais comme témoin suprême de la fides totius Ecclesiae, “garant de l'obéissance et de la conformité de l'Église à la volonté de  Dieu,  à l'Évangile du Christ et à la Tradition de l'Église”.
« Le fait que le synode agisse toujours cum Petro cum et sub Petro – donc pas seulement cum Petro, mais aussi sub Petro – n’est pas une restriction de la liberté, mais une garantie de l'unité. (…) Les évêques sont unis à l'évêque de Rome par le lien de communion épiscopale (cum Petro) et lui sont en même temps hiérarchiquement soumis en tant que chef du collège (sub Petro). »
Quelles que soient ses décisions à l’issue du synode, les voilà revêtues par le pape lui-même d’une manière évocatrice de l’infaillibilité.
Mais nul ne saurait dire aujourd'hui avec certitude – si décisions il y a – quelle en sera la teneur.

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Les déclarations de Mgr Cupich sur les gays saluées par “New Ways Ministry” – un "pont” entre les LGBT et l'Eglise

On peut voir ça comme une manière de tirer la couverture à soi. Mais il faut bien reconnaître lescandaleux surprenant de Mgr Blase Cupich, archevêque de Chicago, lors de sa rencontre avec la presse, vendredi. Le site New Ways Ministry, une association qui « construit des ponts entre la communauté LGBT et l'Eglise catholique » en militant pour la reconnaissance des unions homosexuelles, cite avidement les propos du prélat rapportés par LifeSiteNews.
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Il en ajoute quelques autres, ravi par la réponse de Mgr Cupich à une question de son directeur exécutif, Francis DeBernardo, qui assistait à la rencontre de presse impromptue.

« Lorsque j'en ai eu la possibilité, je lui ai demandé : 
« “Aurait-il été utile aux évêques et aux participants au synode d'entendre des couples de gays et lesbiennes, des couples divorcés, des gens qui ne sont pas en accord avec l'enseignement actuel ou à qui leur conscience dicte autre chose ?” 
« Cupich répondit rapidement et de manière très naturelle : 
“Oui, cela aurait pu être utile. Je sais que pour moi, lorsque j'ai mené les consultations dans mon diocèse, j'ai effectivement eu ces témoignages comme faisant partie de ma consultation, et je les ai évoqués dans mon rapport, et c'est peut-être ainsi qu'ils ont été représentés. Mais je pense en effet que nous pourrions tirer bénéfice de la voix-même des personnes qui se sentent marginalisées plutôt que de les avoir à travers le filtre d'autres représentants ou des évêques. Il y a la quelque chose d'important, c'est mon expérience personnelle.” 
 « Insistant sur le caractère “inadéquat” de la référence à la “doctrine comme s'il s'agissait de syllogismes”,  Mgr Cupich a souligné qu'« il faut cette intégration des circonstances personnelles, au cas par cas, par rapport à la vie de chacun », rapporte DeBernardo.

La morale catholique n'est pas un moralisme. Mais elle ne peut pas faire que ce qui est radicalement contraire à la volonté de Dieu soit un bien…

Commentaire de Francis DeBernardo : 
« Après 12 jours au synode, les propos de Cupich ont été pour moi la contribution pastorale la plus rafraîchissante que j'au vu jusqu'ici. Alors que ce  synode n'aboutira pas à l'issue que nous espérons, j'ai eu le sentiment aujourd'hui que si le pape François continue de nommer des évêques dans la veine de Cupich, le prochain synode, ou n'importe quelle discussion future à propos du mariage et de la famille, sera certainement très positif. »
Les propos de Mgr Cupich sont objectivement assez nets pour qu'il puisse le croire.

On notera que New Ways Ministry est violemment hostile à la Théologie du corps de Jean-Paul II. Et que cette réflexion, frontalement opposée à l'idéologie du genre et à la reconnaissance d'un quelconque amour « sponsal » dans les relations homosexuelles, n'est évoquée qu'en passant dans l'Instrumentum laboris.


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Synode : Mgr Blase Cupich veut ouvrir le chemin à l’accès des couples gays à la communion. Sacralisation de la conscience

Les journalistes de LifeSiteNews présents à Rome pour couvrir le synode sur la famille ont participé vendredi à une rencontre avec Mgr Blase Cupich, archevêque de Chicago, avec la presse. Il a chaleureusement salué la proposition du cardinal Kasper de faciliter l’accès à la communion des couples divorcés et « remariés ». Interpellé par LifeSite sur la question des couples gays, Mgr Cupich a envisagé qu’une même logique puisse s’appliquer. Dans tous les cas, les décisions seraient prises à l’aune de la conscience individuelle dont il s’agit, au fond, de promouvoir la sacralisation en dehors d’une affirmation objective du bien et du mal.
Mgr Cupich, en réponse à une question sur la proposition Kasper, a longuement expliqué que celle-ci s’inscrit à l’intérieur d’une riche analyse théologique et se comprend dans ce contexte. Dans son diocèse, affirme-t-il, il a distribué le livre du cardinal Walter Kasper, L’Evangile de la famille à l’ensemble de ses prêtres.


Et de livrer une anecdotes sur une femme divorcée remariée, très éloignée de l’Eglise, qu’un prêtre de paroisse a fait communier le jour de l’enterrement de son fils suicidé : la femme en question s’est par la suite réconciliée avec l’Eglise, a obtenu la déclaration de nullité de son mariage et recommencé à pratiquer. La miséricorde ne fait pas suite à la conversion, mais la précède, a affirmé l’archevêque de Chicago.
Mais qui a jamais dit le contraire ? Sans la miséricorde de Dieu, comment le pécheur trouverait-il le moyen de l’implorer ? Mais la miséricorde n’est pas le pardon sacramentel : celui qui est offert à chacun par les mérites de la Passion du Christ, et qui suppose la reconnaissance des fautes, la contrition, la pénitence et le ferme propos de ne pas recommencer.
A propos des divorcés « remariés » et de la réception des sacrements, Mgr Cupich a déclaré : « Si des gens arrivent à une décision en bonne conscience, alors notre travail est de les aider à avancer et à respecter cela. La conscience est inviolable et nous devons le respecter lorsqu’ils prennent des décisions, et c’est ce que j’ai toujours fait. »
John Henry Westen de LifeSite a alors demandé si l’idée d’accompagner les gens vers « le sacrement » dès lors qu’ils avaient clairement une indication de la conscience à cette fin s’appliquerait également aux couples gays au sein de l’Eglise, Mgr Cupich a indiqué, de manière affirmative :


« Je crois que les personnes gay sont eux aussi des êtres humains, et ils ont une conscience. Et mon rôle de pasteur est de les aider à discerner la volonté de Dieu en regardant l’enseignement moral objectif de l’Eglise, mais en même temps, à les aider à traverser une période de discernement afin de comprendre ce que Dieu les appelle à faire à ce moment précis. C’est pour tous. Je crois que nous devons nous assurer de ne pas catégoriser un groupe comme s’ils ne faisaient pas partie de la famille humaine, comme s’il y avait pour eux un ensemble de règles différent. Ce serait une grande erreur. »
Mgr Blase Cupich, connu pour ses prises de positions progressistes, fait partie des invités personnels du pape François au synode. Alors qu’il était encore évêque de Spokane, en 2011, il avait interdit à ses prêtres de prendre part aux veillées de prière bisannuelles « 40 Days for Life ».

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16 octobre, 2015

Le cardinal Burke parle du synode sur la famille : homosexualité, divorce, pastorale

Dans un entretien accordé jeudi à LifeSiteNews, le cardinal Burke fait part de ses graves inquiétudes à propos de certaines idées soulevées par des pères synodaux à l’occasion du synode sur la famille. Il invite les fidèles à rester fidèles à Notre Seigneur Jésus-Christ et à rester « sereins », parce que le magistère de l’Eglise est clair et constant. Je vous propose ici ma traduction de la retranscription de cet entretien, d’une grande force d’expression. – J.S.

LSN. — Que pensez-vous de l’idée d’une diversité régionale au sein de l’Eglise ? Les évêques locaux doivent-ils être investis d’une autorité pastorale pour régler les questions relatives à l’acceptation sociale de l’homosexualité et à aux « divorcé remariés » ?
Cardinal Burke. – Cela est tout simplement contraire à la foi catholique et à la vie. L’Eglise suit l’enseignement de Notre Seigneur Jésus-Christ tel qui nous a été d’abord enseigné par Dieu dans la création – ce que nous appelons la loi naturelle que chaque cœur humain comprend en tant qu’il a été créé par Dieu – mais également tel qu’il a été expliqué et illuminé par l’enseignement du Christ et par la tradition de l’Eglise.
Et l’Eglise est une dans le monde entier. Ces vérités ne changent pas d’un endroit à l’autre ou d’une époque à l’autre. Il est certain que l’enseignement de ces vérités prend en compte les besoins propres à chaque région. Mais cela ne change pas l’enseignement lui-même. Cet enseignement doit même parfois être plus vigoureux là où il a été davantage mis en cause.
Donc cela est inacceptable. Je ne sais pas d’où vient cette idée. Ce qu’elle signifie réellement, c’est que l’Église n’est plus catholique [universelle]. Elle signifie qu’elle n’est plus une dans son enseignement à travers le monde. Nous avons une seule foi. Nous avons un seul ensemble de sacrements. Nous avons une seule gouvernance à travers le monde entier. Voilà ce que signifie être « catholique ».
J’aimerais également commenter la question de ce qui est « pastoral ».
Dans une grande part de la discussion en cours, qui a commencé par la présentation tristement célèbre du cardinal Kasper au consistoire extraordinaire les 20 et 21 février 2014, on s’est focalisé sur cette idée selon laquelle, d’une certaine manière, la doctrine et la pratique pastorale seraient en conflit.
C’est absurde. La pratique pastorale existe afin de nous aider à vivre les vérités de la foi, à vivre la doctrine de la foi dans nos vies quotidiennes. Il ne peut pas y avoir de conflit. On ne peut pas avoir d’un côté, par exemple, l’enseignement de l’Eglise selon lequel le mariage est indissoluble, et en même temps voir quelqu’un prétendre que pour des raisons pastorales, une personne vivant au sein d’une union irrégulière serait capable de recevoir les sacrements, ce qui signifierait que le mariage n’est pas indissoluble. Ce ne sont que de fausses distinctions, de faux contrastes, qu’il nous faut réellement éliminer car ils sont responsables d’une immense confusion parmi les fidèles et évidemment, peuvent au bout du compte conduire les gens dans l’erreur grave, très dommageable pour leur vie spirituelle et pour leur salut éternel.
LSN. – Que doivent penser les fidèles et que doivent-ils faire lorsqu’ils voient des pères synodaux proposés proposer des positions hétérodoxes en ce qui concerne l’homosexualité et le divorce ?
Cardinal Burke. – Nous suivons Notre Seigneur Jésus-Christ. Il est notre Maître. Et nous sommes tous tenus de lui obéir et d’obéir à sa parole, à commencer par le Saint-Père et les évêques. Si un évêque, un prêtre, ou qui que ce soit, devait annoncer ou déclarer quelque chose qui soit contraire à la vérité de notre Seigneur Jésus-Christ, tel qu’elle nous a été communiquée à travers l’enseignement de l’Eglise, nous suivons le Christ.
Aux personnes très inquiètes – parce qu’il semble qu’à cette époque il y a tout simplement beaucoup de confusion et des déclarations véritablement stupéfiantes à propos de la foi – je dis que nous devons rester sereins. Car, dans l’Église catholique, nous avons l’autorité du magistère, qui est exprimée, par exemple, dans le Catéchisme de l’Église catholique, et il nous faut simplement étudier ces choses de manière plus profonde, y adhérer de manière plus ardente, et ne pas nous laisser détourner par des enseignements erronés, quelle qu’en soit la source.
LSN. – Certains laissent entendre qu’il y a vraiment très peu de désaccords au synode, et que les médias sont coupables d’avoir créé des conflits là où il n’en existe pas. Qu’en pensez-vous ?
Cardinal Burke. – Tout d’abord je dois nuancer mes remarques en disant que je ne fais pas partie du synode. Je ne suis aucunement impliqué dans le synode. J’ai lu, non seulement ce qui a été dit dans les médias, mais également les rapports officiels publiés par le Vatican. Et j’ai pu avoir des conversations avec l’un ou l’autre des pères synodaux. Au contraire, je me suis laissé dire qu’il y a de très grand désaccords au sein du synode. Étant donnée la discussion qui l’a précédée, étant donné également l’Instrumentum laboris et les très grandes difficultés que présente ce document, je trouverais difficile de croire qu’il n’y aurait pas un grand désaccord. Si ce n’est pas le cas, c’est que nous n’allons pas parvenir à la vérité des choses. Nous n’allons pas sauvegarder et promouvoir la foi catholique ainsi que nous devons le faire.
C’est donc ma simple impression : il y a en effet des désaccords.


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15 octobre, 2015

Un vaticaniste allemand, Paul Badde, confirme l’existence de la « mafia » de Sankt-Gallen autour de Kasper, Lehmann et Danneels

Le vaticaniste allemand Paul Badde.
L’édition allemande de Catholic News Agency a publié le 10 août un entretien avec le vaticaniste germanophone Paul Badde, qui y apporte notamment un nouvel éclairage sur le groupe de Saint-Gall – la « Mafia » des cardinaux, pour reprendre le mot du cardinal Godfried Danneels. Il affirme avoir eu connaissance de cette affaire en 2005 et apporte des précisions. Je traduis ci-dessous les extraits de l’entretien relatifs à l’ancien primat des Belges, en m’aidant de la traduction anglaise mise en ligne par The radical Catholic ce jeudi. Il fait état d’une réunion après la mort de Jean-Paul II en vue d’éviter l’élection du cardinal Ratzinger. Ce n’était pas à Sankt-Gallen, en Suisse, mais à Rome. — J.S.
CNA. – Un petit scandale mijote en fond de synode : le pape François a invité l’ancien archevêque de Bruxelles Godfried Danneels, qui a récemment avoué devant les caméras avoir appartenu à une sorte de « club-mafia » au sein de l’Eglise.
Paul Badde. — C’est exact. Je ne sais pas si c’est un petit scandale, ou un gros. C’est en tout cas une énigme. Il est en tout cas certain que le cardinal Danneels a totalement couvert un évêque qui avait abusé de son neveu. Il est également supposé avoir fait pression sur le roi Baudouin pour que celui-ci promulgue le projet de loi belge légalisant l’avortement, et qu’il soit moins mesquin dans cette affaire. Quel conseils ce cardinal est-il censé pouvoir donner à un synode catholique qui discute de « la vocation et la mission du mariage et de la famille » est pour beaucoup un mystère, pour parler légèrement. En ce qui concerne sa revendication du mois dernier d’avoir été membre d’une sorte de « mafia » dans le collège des cardinaux, je peux la confirmer par expérience personnelle.
CNA. – Que voulez-vous dire par là ? Aviez-vous déjà des indications là-dessus ?
Paul Badde. — Oui. En avril 2005, j’ai reçu d’une source fiable l’information selon laquelle, à peine trois jours après les funérailles de Jean-Paul II, les cardinaux Martini de Milan, Lehmann et Kasper d’Allemagne, Bačkis de Lituanie, Van Luyn des Pays-Bas, Danneels de Belgique et O’Connor de Londres se sont réunis dans ce qu’on appelle la Villa Nazareth avec celui qui n’était plus papabile, le cardinal Silvestrini, en vue de mettre secrètement au point une tactique qui permette d’éviter l’élection de Joseph Ratzinger. C’est alors que j’ai écrit un article pour Die Welt, publié le 17 avril 2005, évoquant cette rencontre en précisant qu’elle violait les directives dans l’instruction de 1996 du pape défunt, Universi Dominici Gregis, qui posait de nouvelles règles pour les modalités de la succession, avec notamment cette directive stricte : aucun accord ne devait être pris en vue d’influencer l’issue du conclave, que ce soit avant ou pendant celui-ci. Trois jours plus tard, Joseph Ratzinger fut élu pape à une large majorité. Le cardinal Meisner de Cologne, aujourd’hui à la retraite, pourrait vous dire exactement comment cela s’est passé– si n’était l’obligation du secret en ce qui concerne toutes les procédures d’un conclave. Mais ce n’est un secret pour personne que Meisner était, à cette époque, l’adversaire le plus ardent de ce groupe dans son ensemble et du cardinal Danneels en particulier. Pourtant ce n’est pas lui, le vieil ami de Joseph Ratzinger, qui a été personnellement invité au synode par le pape, mais plutôt le cardinal Danneels, lui aussi émérite, qui a même six mois de pus que l’archevêque de Cologne. C’est un fait.

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