11 mars, 2013

Regnerus : un nouvel article sur les enfants de parents homosexuels

Le précédent article s'achevait sur une double critique adressée à Regnerus : son emploi des termes « mère lesbienne » ou « père gay » et le fait qu'il n'avait pas écarté la variable de la stabilité familiale de ses études sur leurs enfants alors qu'elle joue un facteur déterminant dans la réussite future des enfants.

Regnerus a répondu à ces critiques et sa réponse a été publiée, de nouveau par Social Science Research, en novembrele responsable éditorial de cette revue scientifique ayant – au terme d'une enquête sur la publication du premier article, confiée à une autorité indépendante – renouvelé sa confiance au chercheur.

Matthew J. Franck résume la réponse ici.

Regnerus accepte de ne plus parler de « mère lesbienne » ou « père gay », même si dans son étude initiale il avait nettement précisé de quoi il s'agissait, mais plutôt de « relations » lesbiennes ou gays, et ajoute qu'il est très, très peu probable qu'il puisse s'agir de passades puisque ce sont les jeunes adultes interrogés qui se remémoraient une relation amoureuse de ce style observée chez leurs parents.

Quant à la stabilité, Regnerus rejette vigoureusement la critique. Pour lui, il ne faut pas « contrôler » la variable de l'instabilité en vue de l'écarter de la comparaison, puisqu'il s'agit plutôt du « chemin » parcouru de manière caractéristique par les familles comportant un père ou une mère ayant une relation homosexuelle.

Et ce pour deux raisons : si la stabilité importe pour les enfants, il est « sensé » de conserver cette variable pour évaluer leur réussite dans la vie. Par ailleurs, il ne pense pas qu'il aurait été en mesure de trouver un nombre plus important de « couples stables » gays ou lesbiens. Sur les 15.000 personnes initialement interrogées, 163 parlaient d'une relation homosexuelle chez leur mère, 73 chez leur père. Dans une douzaine de cas supplémentaires, il s'agissait à la fois du père et de la mère : Regnerus les a intégrés dans la catégorie des mères ayant eu des relations homosexuelles, soit 175 au total. Seuls 85 des enfants concernés ont vécu à un moment ou à un autre avec leur mère et sa partenaire de même sexe pendant l'enfance. Dont 31 enfants pendant 1 an au plus, 20 entre 1 et 2 ans, 5 jusqu'à 3 ans, et huit pendant quatre ans. Seuls 19 enfants ont passé au moins 5 ans consécutifs avec leur mère et sa partenaire, un total qui tombe à 6 pour 10 ans et plus. Seuls deux enfants ont été élevés depuis leur première année jusqu'à leur 18e anniversaire par deux femmes restées ensemble pendant toute cette période.

Chez les hommes, cette dernière catégorie tombe à 0 – sur une population initiale de 15.000.

Ainsi, note Matthew Franck, le fait qui saute aux yeux dans l'étude de Regnerus est que « l'instabilité familiale est une expérience caractéristique de ceux dont les parents ont des relations homosexuelles ». Il ajoute, donnant raison à Regnerus qui refuse de considérer la stabilité comme une variable de contrôle : « Partir à une recherche sans fin d'un échantillon suffisamment important et pris au hasard de couples stables de même sexe élevant des enfants, c'est rater la réalité sociale qui nous confronte : ils sont notablement absents de la vie des enfants dont les parents se trouvent au sein de relations homosexuelles. »

Regnerus a appliqué encore d'autres nouvelles méthodes d'évaluation aux données qu'il avait à sa disposition, prenant en compte la vie ou non avec le partenaire homosexuel, le divorce éventuel, le remariage, la monoparentalité, l'adoption…

« Malheureusement pour ceux qui le critiquent, cela ne fait que très peu de différence. Sur ce multiples critères, les enfants de mères s'étant trouvées dans une relation lesbienne ont mal réussi, que leurs mères aient eu un partenaire au foyer ou non, et ces deux catégories se ressemblaient davantage qu'elles ne ressemblaient à celle de la famille biologique intacte. »

Ce que Regnerus exprime ainsi :

« Les enfants adultes qui rendent compte d'une relation homosexuelle maternelle – indépendamment du fait que leur mère ait jamais résidé ou non avec sa partenaire de même sexe – ressemblent bien davantage aux enfants d'autres types de foyers qu'à ceux de familles biologiques stables et intactes. »

La question se pose de savoir si aujourd'hui, à un moment où l'acceptation sociale des couples de même sexe est devenue bien plus fréquente, les mauvais scores des enfants seraient aussi flagrants : ses interviewés étaient enfants il y a quelque vingt ans, compte tenu que Regnerus ne pouvait interroger que des adultes. Peut-être, dit Regnerus. Mais cela n'est « guère certain ». De multiples études montrent en effet que les couples de même sexe, particulièrement les couples de lesbiennes, ont un taux de divorce plus élevé quand elles peuvent se « marier », et qu'elles restent ensemble moins longtemps. Ce qui a forcément des effets sur les enfants.

On peut dire avec certitude que les enfants vont mieux et réussissent mieux dans couples stables formés de leurs parents biologiques ; aucune étude à ce jour ne permet de confirmer qu'il en va de même pour les enfants élevés au sein d'un couple homosexuel stable, faute de couples homosexuels stables avec enfants à étudier…



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Mark Regnerus : l'université du Texas justifie son étude dans “Social Science”, et il en a publié une autre

Désolée pour le retard. Les informations concernant Mark Regnerus – auteur d'une étude sur les enfants ayant un parent avec une expérience homosexuelle – que je rapporte ci-dessous sont connues depuis fin août et novembre de l'année dernière. J'aurais dû en parler avant, mais une chose chasse l'autre et moi, je cours après le temps… Cela dit, avec la perspective de la reprise des manifs et des discussions parlementaires à propos du « mariage » des homosexuels, je crois devoir enfin vous présenter ces faits, d'autant qu'à ma connaissance ils n'ont pas été répercutés dans la presse francophone.

Donc, en juin dernier, Mark Regnerus publie dans la revue américaine Social Science Research son article sur les enfants de parents ayant eu une expérience homosexuelle (article traduit intégralement par Famille et liberté, ici). Une campagne de dénigrement s'ensuit, lancée par des associations activistes homosexuelles (voir notamment ici) qui réclament des sanctions à l'égard du chercheur, professeur de sociologie à l'Université du Texas, des sanctions pour « inconduite scientifique ».

Il faut dire que Regnerus avait frappé fort en révélant les difficultés rencontrées par nombre d'enfants élevés dans des foyers où l'un des parents avaient eu une expérience homosexuelle – suffisamment importante et durable pour que l'enfant parvenu à l'âge adulte s'en souvienne précisément. L'étude reposait en effet sur l'interrogation de 3.000 de ces enfants devenus grands, après examen de 15.000 dossiers de jeunes adultes âgés de 18 à 39 ans.

Ses critiques l'accusaient d'avoir fait financer son étude par plusieurs institutions conservatrices, avec au premier rang le Witherspoon Institute – chose qui n'était un secret pour personne puisque le jeune chercheur avait rendu compte de tous les financements de son étude dans le cadre de son article initial. Et cela ne poserait un problème que si les conclusions de son études avaient été taillées pour satisfaire leurs « commanditaires ».

Or ce n'est pas le cas. L'Université du Texas, saisie du dossier, a mené une enquête serrée comme c'est son habitude dès lors que la probité ou la compétence scientifique d'un de ses membres est mise en cause. Et, le 29 août 2012, UT publie ce communiqué :

« L'Université du Texas à Austin a établi qu'aucune investigation officielle ne se justifie par rapport aux allégations d'inconduite scientifique exprimées à l'encontre du professeur associé Mark Regnerus en ce qui concerne son article de juillet dans le journal Social Science Research.

Ainsi que l'exige son Manuel Révisé des Procédures d'Action, l'université a mené une enquête afin de déterminer si les accusations faites par l'écrivain Scott Rose étaient défendables et méritaient la mise en œuvre d'une investigation formelle. Après avoir consulté un panel de quatre conseillers composé de membres éminents de la faculté, le bureau du Vice-Président pour la Recherche a conclu, dans un rapport daté du 24 août qu'il n'ya pas d'éléments suffisants pour justifier une investigation.

(…) L'affaire est close du point de vue de l'institution. »

Ayant confirmé la bonne foi de Mark Regnerus, le communiqué s'achève sur ces mots :

« Comme c'est souvent le cas pour la recherche universitaire, l'étude de Regnerus sur les Nouvelles structures familiales touche à une question controversée et très personnelle qui est actuellement en débat dans la société en général. L'université s'attend à ce que la communauté universitaire continue d'évaluer et de réagir aux conclusions de l'article de Regnerus, et soutient de tels débats. »

Voilà qui aurait dû réduire à néant les véritables tombereaux de haine qui se sont abattus sur le sociologue, remuant les communautés gays du monde entier mais avec elles les médias : en fait, celles-ci ne sont probablement même pas au courant de cette justification de son travail et de ses méthodes.

Il faut le savoir : toute étude concluant à l'existence de problèmes plus fréquents chez les enfants élevés par des homosexuels (et ici, il ne s'agissait pas de foyers homosexuels) sont immédiatement discréditées sur le plan médiatique. A l'inverse, on nous dit sur la foi d'autres études qu'il est indifférent, voire mieux de grandir dans un foyer homosexuel ou « hétérosexuel ». Il se trouve que le numéro auquel de Social Science Research avait contribué Mark Regnerus comportait justement un article critique du Pr Loren Marks de la Louisiana State University sur les études précédentes sur les foyers homosexuels et les enfants qui y grandissent : les 59 études, plus précisément, qui ont abouti en 2005 à la déclaration de l'American Psychologists Association selon laquelle les parents homosexuels ont autant de chances que les parents « hétérosexuels » de soutenir et faciliter la croissance psychologique des enfants. Loren Marks y montrait que lesdites études étaient profondément flouées, avec des problèmes d'échantillonnage, de conception, de rigueur statistique et des conclusions impossibles à appliquer à l'ensemble de la population.

C'est ce que rappelle Matthew J. Franck, auteur du Witherspoon Institute, ici.

Regnerus, poursuit-il, apportait quelque chose de totalement nouveau. Son étude est la première à avoir interroger un échantillon important, pris au hasard dans la population des jeunes adultes, ceux-ci étant interrogés sans intermédiaire sur leur vie d'enfant et sur leur vie présente, à travers de multiples critères comme le succès économique et scolaire, l'expérience amoureuse et sexuelle, le crime, la violence, etc. Soit 15.000 dossiers étudiés et près de 3.000 personnes interviewées.

Sur 25 des 40 critères, les enfants de mères ayant eu une relation lesbienne ont eu de mauvais résultats comparés à ceux des enfants élevés au sein de familles biologiques intactes. Pour les enfants avec un père ayant eu une relation avec un autre homme avaient 11 mauvais résultats sur 40. Regnerus n'a pas signalé la sexualité des parents comme responsable de cet état de fait, affirmant que d'autres forces pouvaient être à l'œuvre spécifiquement dans les familles gays et lesbiennes, mais il disait clairement : « l'affirmation empirique selon laquelle il n'y a pas de différences notables doit être rejetée. »

Massacré par la presse, Mark Regnerus était alors accusé de deux méfaits principaux : avoir trompé sur la réalité de son étude en utilisant des abréviations pour « mère lesbienne » et « père gay » alors que ces personnes ne s'identifiaient peut-être pas comme tels, s'étant peut-être contentées d'une passade d'une nuit, et, deuxièmement, avoir comparé leurs enfants avec des couples (« hétérosexuels ») mariés ayant élevé leur propre progéniture biologique et étant restés ensemble durant toute l'enfance de celle-ci, voire davantage : « C'est comparer des pommes et des oranges. » Il aurait dû, selon ses détracteurs, comparer ces enfants de couples « hétérosexuels » stables avec les enfants de paires gays ou lesbiennes durables, intactes et stables et s'identifiant ainsi. Il ne fallait donc pas accuser les relations homosexuelles mais l'instabilité.

Regnerus a répondu à ces critiques et sa réponse a été publiée, de nouveau par Social Science Research, en novembre : j'en parle dans le prochain message.


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10 mars, 2013

A Pâques, l'avortement et la contraception des mineures seront gratuits

Difficile de ne pas voir dans le choix de la date d'entrée en vigueur de la gratuité totale de l'« IVG » et de la contraception pour les mineures une provocation anti-chrétienne. Ce sera le 31 mars. Un dimanche de fin de mois, comme si c'était là un choix logique pour la mise en place d'un nouveau dispositif. Pire : ce sera le dimanche de Pâques.

L'avortement gratuit est à l'évidence une décision idéologique. C'est une des seules dépenses qui progressent dans le cadre de la « rigueur » socialiste – avec celles liées à l'Education nationale, visant à mettre les enfants de plus en plus entre les mains de l'Etat et de leur donner des professeurs issus de l'immigration – et elle se double d'une augmentation du tarif consenti aux hôpitaux et professionnels de la santé, alors même que ceux correspondant à de vrais soins sont gelés depuis des années.

La contraception des mineures, anonyme et gratuite, ne couvre pas tout le spectre des contraceptifs disponibles. Pour elles, ce seront les pilules de 1e et 2e génération, avec tous leurs effets secondaires, leur risque abortif (contragestif : en cas de non-réussite du blocage de l'ovulation, elles ont toutes un « filet de sécurité » constitué par un effet anti-nidatoire, spécialement pour celles de 2e génération), leur bombardement d'hormones sur des jeunes filles encore en phase de formation et leurs effets néfastes sur l'écosystème. Mais aussi, le stérilet, principalement contragestif et jusqu'à il y a peu contre-indiqué chez des femmes n'ayant jamais eu d'enfant, et l'implant contraceptif, qui assure une « protection » de longue durée, associé lui aussi à des effets secondaires non négligeables. (Voir par exemple ici.) Les implants ont eux aussi des effets contragestifs.

Le gouvernement a « vendu » cette mesure en assurant qu'une meilleure couverture contraceptive allair faire diminuer le taux de grossesses adolescentes.

Cela reste à voir. Le sentiment de sécurité donné par l'idée qu'on ne « risque rien » augmente la conduite à risques et la promiscuité, et par ailleurs deux tiers des grossesses non planifiées commencent alors que la femme est sous contraception.

A quoi s'ajoute le danger spécifique de la contraception hormonale pour les femmes qui fument – et beaucoup d'adolescentes fument. Alors ?

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09 mars, 2013

ONU : l'interdiction absolue de l'avortement, une torture ?

Le rapporteur spécial de l'ONU sur la « torture » et les autres peines « cruelles, inhumaines ou dégradantes » a déclaré lors de sa présentation annuelle devant le Conseil des droits de l'homme à Genève que le refus de services, les sanctions ou les représailles à l'encontre des femmes dans le cadre de l'avortement légal pourraient constituer une « torture ».

Juan E. Mendez a résumé son point de vue ainsi : « Les Etats dont la législation nationale autorise l'avortement dans diverses circonstances doivent veiller à ce que celui-ci soit réellement accessible sans conséquences négatives pour la femme ou pour le professionnel de santé. » Les femmes doivent également avoir accès au soins post-avortement dans tous les cas « sans craindre des sanctions pénales ou des représailles 7.

Selon le rapporteur, les organismes internationaux et régionaux de droits humains ont commencé à reconnaître que les mauvais traitements infligés à des femmes qui réclament des services de santé reproductive « peuvent causer des souffrances physiques et émotionnelles énormes et durables, provoqués pour des motifs de genre ».

Cela commence ainsi, avec un couplet sur les pressions exercées sur des femmes demandant des soins post-avortement – comme la condition de « se confesser » pour avoir accès – et un autre sur la difficulté d'obtenir un avortement à la suite d'un viol, mais la suite est bien plus révélatrice :

« Le Comité contre la torture a exprimé de manière répétée sa préoccupation devant le fait que les restrictions à l'accès à l'avortement et les interdictions absolues de celui-ci tombent sous le coup de l'interdiction de la torture et des mauvais traitements. »

Le rapporteur dénonce également le refus de soins aux personnes gays, lesbiennes et transgenre, ce qui peut mener loin dès lors que les « soins » en question relèvent non du simple devoir d'humanité mais de revendications concernant par exemple le changement de sexe.


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Irlande : l'avortement ne soigne pas les pulsions suicidaires

L'Irlande s'apprête à assouplir sa législation sur l'avortement en vue de rendre celui-ci légal au cas où la poursuite de la grossesse pourrait entraîner le suicide de la femme enceinte – un des motifs retenus par la Cour européenne des droits de l'homme pour pousser vers la légalisation.

La question se pose pourtant : la grossesse conduit-elle les femmes au suicide ? Et, surtout, l'avortement empêche-t-il le suicide en ce cas ?

Une vidéo mise en ligne par le Life Institute s'appuie sur l'audition de professionnels de la santé devant le Comité parlementaire sur la Santé et les Enfants pour répondre non : il en ressort qu'il n'y a strictement aucune raison de légaliser l'avortement pour ce motifs.


Ces experts ont établi les faits suivants :

1. Tous étaient d'accord pour dire que l'avortement ne constitue jamais une thérapie pour les pulsions suicidaires.

2. Aucun n'avait jamais rencontré un cas concret où l'avortement constituait le seul traitement possible pour une femme suicidaire.

3. Aucun n'avait jamais rencontré un cas concret où une femme était morte par suicide pour ne pas avoir eu accès à l'avortement.

4. Des psychiatres expérimentés ont attesté que l'avortement serait « totalement obsolète » dans le cas d'une personne ayant des pulsions suicidaires extrêmes.

5. On apporta des preuves attestant que l'avortement peut au contraire augmenter le risque de suicide.

6. Les experts ont confirmé que le suicide est très rare dans le cadre de la grossesse – et que les traitements pour les pulsions suicidaires comprennent l'apport de sécurité, des soins, un traitement pyschologique et médicamenteux.



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08 mars, 2013

Pays-Bas : la ministre de la Santé au secours de l'euthanasie des déments


La campagne d'agitation néerlandaise pour l'euthanasie des déments a abouti à une initiative parlementaire et ministérielle. Sur la demande de la commission permanente de la Santé publique, du Bien-être et des Sports, le ministre compétent vient d'adresser une lettre à la Deuxième Chambre pour exposer les données de la question et faire des propositions. Edith Schippers veut renforcer le dialogue entre médecins et patients et mettre en place des procédures permettant aux personnes déjà démentes de « bénéficier » d'une mise à mort demandée alors qu'elles étaient encore en état d'exprimer leur volonté, fût-ce de manière parcimonieuse…

La lettre, adressée au président de la Deuxième Chambre des états-généraux et datée du 6 mars, se réfère au récent rapport de l'association des médecins néerlandais KNMG qui exprimé leur refus général de pratiquer l'euthanasie sur des personnes déjà démentes, faute de savoir si au moment de l'acte ces patients souffrent réellement de manière intolérable.

« Porter un jugement sur une demande d'euthanasie ou d'aide au suicide émanant d'un patient en voie de devenir dément exige du médecin de faire une évaluation très complexe. Le processus de la démence, où la capacité d'exprimer la volonté et l'expérience de la souffrance changent au cours de la maladie, fait que l'évaluation des critères de minutie n'est pas simple. Il se peut cependant que, compte tenu des circonstances spécifiques d'un cas particulier, l'on puisse donner suite à une demande d'euthanasie concernant un patient dément. C'est ce qui ressort à la fois des avis des commissions régionales d'évaluations des euthanasies (RTE) que de l'évaluation de la loi sur l'euthanasie et du point de vue exprimé par la KNMG, Le rôle du médecin dans la fin de vie choisie. On y met l'accent sur le fait que les médecins, compte tenu de la complexité du sujet, doivent agir avec une très grande réserve et de manière particulièrement prudente. Cette prudence spéciale peut par exemple s'exprimer par la consultation de spécialistes supplémentaires de la matière considérée. 
Les cas présentés ces dernières années aux RTE montrent que les médecins confrontés à une demande d'euthanasie dans le cadre d'une démence (commençante) ont effectivement agi avec une prudence renforcée. En vue d'évaluer le caractère insupportable de la souffrance expérimentée par le patient ainsi que le degré de réflexion qui a conduit à sa demande d'euthanasie, le médecin devra avoir une image correcte de la personne, de ses opinions et des désirs qu'il a exprimés précédemment. Pour cela l'avis d'un spécialiste compétent et indépendant, comme un gérontologue, peut constituer une information complémentaire par rapport à l'avis donné par un consultant SCEN [médecin spécialisé dans l'évaluation des demandes d'euthanasie] indépendant. Les contributions des membres de la famille du patient peuvent apporter au médecin un éclairage supplémentaire sur l'image que celui-ci devra former à propos du patient et de sa demande. Les RTE ont signalé dans leur dernier rapport annuel qu'il ressort des cas signalés que les patients décrits atteints d'un début de démence souffraient de manière insupportable du fait de la dégradation déjà accomplie de leur personnalité, de leurs fonctions et de leurs aptitudes. La souffrance étant alors renforcée par la conscience encore présente du fait que ce processus ne pourrait que s'aggraver pour conduire à une dépendance fondamentale et une perte totale de soi. La peur de la souffrance future fait dès lors partie de la pression de la souffrance actuelle ressentie. Dans une évaluation individuelle le médecin peut alors arriver à la conclusion que la situation correspondant aux critères de minutie légaux. »

Le texte se poursuit avec plusieurs paragraphes sur les « testaments de vie », dont les médecins néerlandais ont fait savoir qu'ils ne les prennent pas en compte dans le cas des personnes devenues démentes. A quoi sert-il alors ? A confirmer, renforcer, éventuellement valider une demande orale, répond la ministre, même si la demande orale suffit.

Mais elle poursuit :

« Un testament de vie écrit peut cependant aussi remplacer la demande orale, ainsi qu'il appert de l'article 2, paragraphe 2 de la loi sur l'euthanasie. Celui-ci dispose que dans le cas où un patient n'est plus en mesure d'exprimer sa volonté, mais qu'avant de se trouver dans cette situation, alors qu'il était dans un état où l'on estime qu'il était en mesure d'avoir une appréciation raisonnable de ses propres intérêts, il avait établi un testament de vie écrit comprenant une demande de fin de vie, le médecin peut accéder à cette demande. Cet article peut être appliqué par exemple lorsqu'un patient ayant exprimé une demande d'euthanasie est devenu entre-temps incapable d'exprimer sa volonté. Pour pouvoir déterminer, dans le cas d'un patient présentant une telle problématique, s'il est question d'une demande faite de manière libre et bien considérée, un testament de vie écrit est essentiel. Outre cela le médecin peut conforter sa conviction si auparavant il y a eu une démarche conjointe, répétée et détaillée – alors que le patient était encore en état d'exprimer sa volonté – autour de cette déclaration et que le patient l'a régulièrement actualisée et signée. 
Il est important de noter que le testament de vie ne donne aucune certitude sur la mise en œuvre effective de la demande. En effet, dans tous les cas de fin de vie à la demande, le médecin doit avoir la conviction dans une situation donnée qu'il se situe dans le cadre des critères de minutie définis par la loi d'euthanasie. Et il faudra en juger dans chaque cas d'espèce si c'est le cas. »

Ainsi Mme Schippers balaie-t-elle en quelques lignes les réticences de médecins pour s'approcher davantage, sinon totalement, de ce qui est revendiqué par la NVVE (association nationale pour la fin de vie choisie) : la possibilité d'organiser par avance son euthanasie en cas de démence ou d'incapacité. Le but est bien de faire entrer cela dans les mœurs, à petits pas.

La ministre encourage également les médecins à soulever le sujet de l'euthanasie avec leurs patients, en s'obligeant le cas échéant à faire savoir qu'ils ne la pratiquent pas pour des raisons de principe ou d'autres raisons, afin que le patient puisse s'adresser alors qu'il est encore temps à un médecin plus coopératif.

Aussi Mme Schippers espère-t-elle qu'on fera largement usage d'un dépliant de la KNMG sur ces conversations autour de l'euthanasie, dont il existe une version pour le médecin, une autre pour les patients.
« Je considère comme allant dans le bon sens le fait que l'on stimule ces conversations sur la fin de vie (qui s'approche). En parlant ensemble de la fin de vie les désirs et les attentes sont mieux définis. C'est dans l'intérêt de chaque personne qui – de manière professionnelle ou personnelle – est impliqué dans cette problématique complexe et sensible. »

Bref, en parler, en parler vite pour permettre soit l'euthanasie pendant la phase de démence où le patient est encore en état de choisir librement et d'exprimer sa volonté, soit pour faciliter l'éventuel accès à l'euthanasie en dehors de cet état de conscience, et dans tous les cas assurer la présence d'un médecin complaisant. Mme Schippers entend par ailleurs rencontrer Els Borst, la ministre qui avait porté le projet de légalisation de l'euthanasie : celle-ci a exprimé sa « déception » devant les réticences du KNMG par rapport aux directives anticipées. Après avoir également parlé avec les médecins, elle viendra soutenir son point de vue devant la Deuxième Chambre.

C'est la version en blouse blanche de « secouons le cocotier » ou je n'y connais rien…



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Un ministre espagnol sommé de s'excuser ou de partir pour propos « homophobes »

Le ministre de l'Intérieur espagnol, Jorge Fernandez Diaz, est sous le feu roulant des organisations LGBT qui réclament sa « destitution » parce qu'il s'est exprimé contre le « mariage » des paires de même sexe, légalisé en Espagne depuis 2005. Premier résultat de la campagne : des personnalités du PP (Partido Popular) de Mariano Rajoy se sont déjà désolidarisées de ses déclarations et la pression monte dans les médias. On veut sa tête.

Qu'a-t-il donc dit de si affreux, de si « homophobe » ? Participant la semaine dernière à un colloque sur le thème « Religion et espace public » à l'ambassade d'Espagne près le Saint-Siège, à Rome, le ministre a déclaré, selon la presse : « Si nous nous opposons au mariage entre personnes du même sexe, nous ne pouvons pas utiliser des arguments confessionnels. Il existe des arguments rationnels qui disent que ce mariage ne doit pas jouir de la même protection de la part des pouvoirs publics que le mariage naturel. La survivance de l'espèce, par exemple, ne serait pas garantie. »

Cela ne va pas très loin, puisqu'il s'agit simplement de dire, si la retranscription est exacte, que le mariage naturel doit jouir d'une protection supérieure, et non de rejeter le principe d'une union homosexuelle assortie de droits.

Mais aussitôt la Federacion estatal de Lesbianas, Gays, Ttransexuales y Bisexuales a demandé que le ministre « abandonne son militantisme religieux ou qu'il démissionne » : « Essayer d'imposer le fanatisme religieux n'est pas le propre d'un gouvernant démocratique. » La présidente de la FELGBT, Boti Garcia, assure que les propos de Fernandez Dias reflètent son « peu d'intelligence », son « extrémisme religieux ».

Une autre association, la Confédération espagnole des LGBT, exige quant à elle des « excuses ou sa démission immédiate » : « Nous sommes horrifiés de voir qu'une personne qui a révélé sa face la plus conservatrice soit précisément chargé de la coordination et de la protection des minorités », affirme son communiqué.

Mais l'indignation ne s'arrête pas à quelques groupuscules dont les déclarations n'ont de poids que pour autant qu'elles sont répercutées sur le plan politique et médiatique. C'est le cas ici avec la cascade d'articles de presse qui présentent Fernandez Diaz comme « proche » de l'Opus Dei et insistent sur le fait qu'il « défend la présence de la religion dans l'espace public ». La vice-secrétaire du Parti socialiste, PSOE, Elena Valenciano, s'est empressée d'accuser le ministre de vouloir « plus de religion et moins d'égalité », et la secrétaire PSOE chargée de l'Egalité a mis Mariano Rajoy en demeure de dire s'il « soutient » l'opinion exprimée par son ministre.

Le PP lui-même compte plusieurs membres qui ont pris le parti des LGBT : ainsi le secrétaire chargé de la Justice, des Droits et des Libertés (sic !), Iñaki Oyarzabal a tweeté sa désapprobation en qualifient les propos de « malheureux », ne reflétant en rien ses opinions personnelles ni celles du PP. Un député PP, Agustin Conde, élu de Tolède, renchérit : « Le mariage gay ne garantit pas la survie de l'espère mais le célibat non  plus ». Il faisait explicitement référence aux vœux religieux.

(C'est en effet la faiblesse de l'argument de Fernandez Diaz, employé en son temps aussi  par Christian Vanneste, même si l'on en comprend la portée pratique et qu'il fait référence à une réalité plus profonde : les relations sexuelles ont pour finalité la procréation. Au bout du compte, il s'agit bien de savoir si le comportement homosexuel est bon ou mauvais sur le plan moral – ne poursuit-on pas pénalement le « racisme », ou le vol, ou l'abus de mineurs, pour des raisons morales ?)

La plate-forme civique HazteOir voit en Jorge Fernandez Dias la « nouvelle victime des autodafés de l'idéologie du genre ». Et demande au ministre de ne pas se dédire, de ne pas présenter d'excuses, de ne pas se taire devant cette « tentative totalitaire de changer la réalité et de faire passer toute la société par le trou d'une aiguille ». Elle lance une pétition en ligne où elle lui demande, au nom des droits de tous, de ne pas renoncer à sa liberté de conscience et d'opinion.


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07 mars, 2013

10 000 dollars pour avorter ? Une mère porteuse dit non

Voici une histoire qui montre où peuvent mener la gestation pour autrui, le don de gamètes et l'eugénisme. Elle se termine de manière étonnante…

Tout commence avec un couple du Connecticut désespéré à l'idée de ne pas pouvoir avoir un quatrième enfant après trois fécondations in vitro réussies. Trois petites filles, donc, mais aussi la conscience d'avoir quelque part dans l'« enceinte concentrationnaire » des embryons surgelés « surnuméraires ». Ils cherchaient une mère porteuse, la femme ne pouvant plus mener une grossesse à bien.

La mère porteuse, c'est Crystal Kelley, qui avait déjà deux filles mais aussi deux fausses couches à son actif, et le désir, à cause de ces dernières, d'« aider » un couple en détresse, moyennant finances bien sûr : c'était aussi une entreprise commerciale. Pour 22.000 $, elle était prête à porter deux embryons congelés.

L'un des embryons devait mourir après l'implantation, mais l'autre se développait bien… jusqu'au jour où, lors de l'échographie du 5e mois, on décela un bec-de-lièvre, un kyste au cerveau et une anomalie cardiaque complexe. Elle avait de bonnes chances de survivre après la naissance mais aurait environ 25 % de chances de mener une vie « normale », selon les médecins.

Les parents biologiques tentèrent alors de convaincre Crystal d'avorter, alors que celle-ci disait haut et fort vouloir « donner une chance au bébé » : une petite fille.

On proposa de faire une amniocentèse pour confirmer le diagnostic. Crystal était prête à l'accepter mais pour les parents du bébé, le résultat n'allait de toute façon rien changer : que Crystal avorte – « Qu'elle tente d'être comme Dieu, miséricordieuse pour l'enfant, et qu'elle la laisse partir. »

La jeune mère porteuse refusa : ils l'avaient choisie pour porter et protéger cette enfant, et c'était cela qu'elle entendait faire. Elle leur répondit qu'il ne leur appartenait pas de jouer à être Dieu. Pour autant elle ne voulait pas être la mère de l'enfant : elle portait bien le bébé pour une autre famille, non pour avoir un enfant à elle… Une représentante de Surrogacy International (une agence de mères porteuses), rRita Kron, venait de l'avertir : si elle choisissait de mener la grossesse à terme, les parents biologiques n'accepteraient pas d'être les parents légaux du bébé.

C'est alors que les parents biologiques lui proposèrent 10.000 $ supplémentaires si elle avortait. De quoi tenter cette jeune femme qui s'était toujours dite pro-vie mais qui avait besoin d'argent… D'autant que Rita Kron emmena Crystal déjeuner pour lui expliquer par le menu toutes les difficultés qu'elle rencontrerait avec un enfant handicapé et malade, sans compter le gouffre financier, et combien ses propres enfants allaient en souffrir.

« Dans un moment de faiblesse, raconte Crystal, je lui ai dit que j'avorterais pour 15.000 $. » Elle le regretta aussitôt remontée dans sa voiture… Mais les parents biologiques refusèrent le marché, et Crystal resta décidée à ne choisir l'avortement en aucun cas.

C'est alors que commença une nouvelle pression. Six jours s'étaient écoulés depuis l'échographie : le 22  février 2012, Crystal fut contactée par l'avocat de ses clients qui annonça qu'en refusant d'avorter, elle se rendait coupable d'une violation de ses obligations contractuelles, puisqu'elle s'était engagée à le faire  en cas de « grave anomalie fœtale ». On la menaça de procès pour récupérer les sommes déjà versées plus 8.000 $, sans compter les frais médicaux et légaux.

Crystal obtint alors l'assistance bénévole d'un avocat qui soutint l'impossibilité de la forcer à avorter, quels que soient les termes du contrat. Contre-offensive des parents : qu'elle poursuive la grossesse, ils accepteraient de prendre la responsabilité légale de l'enfant et l'abandonneraient aussitôt, faisant de la fillette une pupille de l'Etat. L'avocat de Crystal lui expliqua que malgré sa répugnance à voir l'enfant abandonné à une famille d'accueil elle devrait accepter cette solution faute de pouvoir obtenir autre chose d'un tribunal.

Mais Crystal choisit une autre option. Avec ses deux filles, enceinte de 6 mois, elle quitta le Connecticut pour l'Etat le plus proche où elle, en donnant le jour à l'enfant, serait considérée comme sa mère, et non les parents biologiques, mais aussi où les soins médicaux seraient les plus à même de venir au secours de l'enfant. Le meilleur service pédiatrique du pays se trouvait justement, d'après ses recherches, à l'université du Michigan. C'est là qu'elle s'installa, profitant d'une sous-location proposée par un étudiant ; MediAid allait lui donner la possibilité d'accéder à un suivi médical pour les grossesses à hauts risques.

Restait à savoir si elle garderait l'enfant alors que, mère célibataire de deux enfants, sans travail et sans domicile permanent, elle n'en avait pas les moyens. Mais elle s'était « attachée émotionnellement » à l'enfant qu'elle portait, et elle n'arrivait pas à se décider. Elle finit néanmoins par trouver un couple désirant adopter le bébé.

C'est alors, à un mois du terme prévu, que les parents biologiques intentèrent une action pour faire reconnaître leurs droits parentaux dans le Connecticut… Et c'est là qu'ils avouèrent que la « mère biologique » n'avait en réalité pas de lien génétique avec l'enfant, puisque les embryons avaient été fabriqués avec des ovules donnés par une femme restée anonyme.

A la naissance de l'enfant, le 25 juin, on ne savait toujours pas comment l'affaire allait être résolue. Trois semaines plus tard, on négocia un accord : le père acceptait d'abandonner ses droits parentaux contre l'assurance de pouvoir obtenir des nouvelles de la santé de l'enfant auprès de la famille adoptante. Depuis, le père biologique a pu rendre visite à la fillette et la tenir dans ses bras.

L'état de santé du bébé s'est révélé bien plus grave que ce que les échographies avaient laissé supposé. Un gros problème cérébral – les deux hémisphères mal séparés – des organes comme le foie et l'estomac mal placés, deux rates, un bec-de-lièvre et des défauts cardiaques importants ont conduit « Baby S » à subir plusieurs opérations et il lui en faudra d'autres. Ses parents adoptifs savent qu'elle mourra peut-être bientôt, et que si elle vit, elle ne marchera ni parlera normalement, mais ils voient en elle, avant tout, un bébé plein de joie de vivre, qui rit avec ses frères et sœurs, joue et se méfie des gens qu'elle ne connaît pas.

Le dernier mot à Crystal Kelley :

« Je ne peux vous dire combien de gens m'ont dit que j'étais mauvaise, que j'avais tort, que j'aurais dû me faire avorter, que je serais damnée en enfer. (…) Mais personne ne ressentait cette grossesse comme moi je le faisais. Personne d'autre ne la sentait bouger et donner des coups de pieds de l'intérieur. Je savais depuis le début que cette petite fille avait un esprit combatif étonnant, et que tous les défis qui lui étaient lancés seraient relevés par elle avec chaque once de courage dont elle dispose. Peu importe ce qu'on m'a dit, je suis devenue sa mère. »

En attendant, on pourrait s'économiser beaucoup d'imbroglios procréatifs en reconnaissant qu'un enfant devrait naître de l'acte d'amour de son père et de sa mère !



Photos : ici.


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Un aumônier volontaire de la police écossaise renvoyé pour avoir défendu le mariage

Brian Ross.                                Source photo : ici.
Il s'appelle Brian Ross – on dit le révérend Brian Ross, puisqu'il est ancien « ministre » de la Church of Scotland – et il donnait son temps à la police de Strathclyde en tant qu'aumônier bénévole. Il n'y retournera plus. Il a été remercié, écarté de son poste pour avoir exprimé sur son blog son hostilité au projet de légaliser le « mariage » gay. Il a exposé son aventure par écrit lors des auditions préparatoires devant la commission de la Chambre des communes chargée d'examiner le projet qui a déjà reçu plusieurs votes favorables de la part des élus.

L'affaire remonte à l'an dernier, avant l'été : un officier supérieur découvrait le blog personnel de Brian Ross et ses vues traditionnelles sur le mariage. Horreur ! Aussitôt, l'aumônier bénévole fut convoqué au motif que son point de vue n'était pas conforme à la « politique d'égalité et de diversité » des forces de l'ordre. « Au bout du compte, on s'est passé de mes services ».

Alors même que le « mariage » gay est encore en discussion…

« Dans ma situation de bénévole, c'est déjà bien grave, mais mon conseil juridique estime que si j'étais , par exemple, aumônier d'hôpital employé à plein temps je serais tout aussi bien exposé au renvoi en raison de ce que je pense sincèrement à propos de la sainteté du mariage », écrit-il.

Il expose ensuite ce qu'il avait exprimé sur son blog : une dénonciation de la « dévaluation du mot “mariage” », et un bref rappel de la manière dont les chrétiens définissent le mariage et du sens de la cérémonie du mariage telle qu'il l'avait connue en tant que ministre protestant. « Je suis triste d'entendre parler de projets en vue de mettre en place des “mariages” homosexuels, qui pourront être célébrés dans des édifices dédiés au culte du Dieu Tout-puissant », dit-il encore.

Pour Brian Ross, pas de doute : son renvoi est « typique du genre de situation qui pourrait se produire, et qui se produira » sous la loi en projet pour tous les croyants travaillant dans un lieu financé sur les fonds publics, comme les aumôneries d'hôpitaux.

Une porte-parole de la Strathclyde Police a déclaré que le renvoi de Brian Ross n'était pas lié à ses opinions sur le mariage comme il l'affirme : « Il a été décidé que l'on n'avait plus besoin de ses services », affirme-t-elle de manière sibylline. Mais elle a poursuivi : « Alors que cette force de police respecte pleinement les croyances politiques et religieuses personnelles du Rév. Ross tout comme de n'importe quel employé, de tels points de vue ne peuvent pas être exprimés publiquement dès lors que l'on représente cette force de police, qui est selon la loi une organisation apolitique avec une politique fermement affirmée embrassant la diversité et l'égalité. »

Il lui était également reproché, a-t-elle précisé, de n'avoir pas toujours porté l'uniforme correct et d'avoir visité des personnes sans les avoir averties par avance de sa venue. « Un certain nombre de paramètres ont été retenus pour qu'il puisse conserver sa positon. Parmi eux : adhérer à un “dress code” approprié et à certaines méthodes pour assurer son rôle de chaplain et, pour finir, se conformer aux politiques de diversité et d'égalité de la force de police. »

Ou comment noyer le principal dans l'accessoire…

Brian Ross, lui, n'a pas voulu plier.

Le Daily Telegraph rappelle que l'an dernier, un responsable de la commission du logement de Trafford (Grand Manchester) s'est vu ôter son rang et son salaire de directeur pour avoir écrit sur Facebook qu'il pensait que les « mariages » de même sexe à l'Eglise constitueraient « une égalité de trop ». Il a gagné le procès qu'il a engagé mais n'a pas pour autant retrouvé son poste.

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05 mars, 2013

L'ordonnance pro-LGBT de la mairesse de Lima

La capitale du Pérou conservera-t-elle son gouverneur élu il y a trois ans pour un mandat de cinq ans ? Un référendum local d'initiative publique en décidera le 17 mars, un groupe de citoyens plutôt conservateurs ayant obtenu le nombre nécessaire de signatures : ils recherchent la « révocation » de Susana Villaran, mairesse de gauche critiquée à la fois pour sa gestion dispendieuse et sa politique de promotion des droits LGBT. C'est elle qui a soutenu et promu la première « Gay Pride » à Lima. Et aujourd'hui, pour tenter de conserver son poste, elle s'est dite décidée à signer une ordonnance de reconnaissance des droits de l'« orientation sexuelle » si le « non » à la révocation l'emporte le 17 mars.

Ladite ordonnance avait, dans une première mouture, déjà connu un premier parcours en 2011 ; elle avait alors été rejetée.

Alors que les sondages donnent Susana Villaran perdante au référendum dans dix jours, une activiste gay a révélé sur sa page Facebook que Mme le maire s'est engagée, lors d'une récente réunion des « Jeunes pour le Non », à signer ladite ordonnance le 30 juin prochain, moyennant le soutien du « Movimiento Homosexual de Lima » (MHOL). Car, a-t-elle dit, selon l'activiste Lucero Cuba, elle « avait certainement cette dette à l'égard de notre communauté ».

Cette promesse intervient sur fond de désamour de la communauté gay de Lima à l'égard de la mairesse de gauche, qui lui en veut de ne pas la soutenir à bloc dans ses actions publiques, comme un « kiss-in » devant la cathédrale de la ville. Très proches des groupuscules de gauche et des militants homosexuels, Villaran est accusée de s'en éloigner par « calcul politique ».

L'ordonnance que Mme Villaran se propose de signer impose une série d'obligations afin de garantir le respect de l'orientation sexuelle : il s'agit de « promouvoir l'égalité de genre et éviter la discrimination pour orientation sexuelle » et plus encore de rendre cette politique visible dans tous les lieux publics de la capitale péruvienne. Parmi les 9 types de « pratiques discriminatoires » que l'ordonnance prévoit de traquer se trouve « l'interdiction des démonstrations publiques physiques d'affection dans les locaux commerciaux ouverts au public et (ou) dans les espaces publics ». Ecoles publiques comprises, puisque dès juillet prochain c'est la ville de Lima qui doit en assurer la gestion.

Cela veut dire que nul ne pourra s'opposer – pas même les parents – à ce que des enfants soient confrontés en ces lieux au spectacle de couples s'embrassant goulûment, quelle que soit leur composition.

Chaque établissement public se verrait contraint d'apposer une affiche annonçant que « dans cette ville et dans ce local, on assure la promotion de l'égalité pour l'identité de genre et l'orientation sexuelle » : de beaux panneaux de 25 sur 40 centimètres dont le défaut d'affichage pourra être sanctionnée par la licence de fonctionnement.

Le cardinal péruvien Cipriani Thorne s'était élevé avec force contre la première mouture de l'ordonnance.

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Mariage, famille, avortement, homosexualité : les évêques du Cameroun ne pratiquent pas la langue de bois

Depuis le Mercredi des Cendres, les évêques de Cameroun font prier lors de chaque messe pour le respect de la vie et de la famille humaine. Extraits :

« Père infiniment bon, pour fonder la famille humaine, tu as créé l’homme et la femme, Différents et complémentaires. A eux et à eux seuls,Tu as donné la grâce de s’unir par amour dans le mariage et de procréer naturellement. 
« Donne à chacun de nous et à notre monde, De respecter le sens sacré de la sexualité et du mariage Entre l’homme et la femme. 
« Dieu riche en miséricorde, pardonne les péchés commis contre la vie : l’avortement provoqué, l’inceste, la pédophilie, et l’homosexualité. Sauve de la destruction de la famille humaine que tu as créée par amour. Donne à chacun de nous et à notre pays le Cameroun, la grâce de respecter ton dessein concernant la famille et la vie humaine. » 
Voilà qui est inhabituel de clarté, par les temps qui courent… Cette prière n'est d'ailleurs possible que dans un contexte d'aussi grande franchise de la part des responsables de l'Eglise catholique au Cameroun.

Le 13 janvier dernier, s'exprimant au nom de tous ses confrères évêques, Mgr Atanga, président de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun a signé le texte que je reproduis in extenso ci-dessous pour que nous puissions prendre la mesure du glissement du langage sur ces questions dans les pays « développés » : y a-t-il beaucoup de prélats qui oseraient des termes aussi directs ? Ce texte est long, mais il mérité d'être lu car il donne un bon aperçu de ce que nous n'entendons plus guère, et de ce qui sous peu pourrait d'devenir une forme d'expression hors-la-loi. Jugez plutôt :

« L'église, mère et éducatrice enseigne la sacralité de l'identité sexuée de l'homme et de la femme créés à l'image de Dieu (Gn 1,26), celle de la dignité de leur sexualité et du mariage qui fonde leur famille. » 
Déclaration des évêques du Cameroun sur l'avortement, l'homosexualité,
l'inceste et les abus sexuels sur mineurs

« Nous, évêques de l'église catholique romaine qui est au Cameroun,
Réunis à Sangmélima, dans le cadre du 36e séminaire annuel des évêques du Cameroun du 5 au 12 janvier 2013,  
Conscients du climat général, « mondial », climat de permissivité, d'oubli de Dieu, de la création, de la nature telle que Dieu l'a créée et voulue pour notre bonheur, climat que subissent les familles et face auquel elles s'engagent à résister, à se protéger et à défendre avec courage les valeurs humaines et divines,  
Après avoir constaté notamment la prolifération et la banalisation des avortements provoqués dans notre pays, malgré la législation en vigueur,  
Notant aussi, avec souffrance, que sous le prétexte du respect des droits de l'homme et du principe de non-discrimination, des organisations internationales tendent à imposer aux pays africains et au monde, des législations pour la reconnaissance des orientations sexuelles contraires à la nature, à notre culture et à notre foi, telles que l'homosexualité, les mariages homosexuels avec possibilité d'adoption des enfants par ces « couples », 
Déploient par ailleurs, la multiplication dans nos métropoles, nos quartiers, nos villages et nos familles des victimes d'actes incestueux souvent en lien avec une mentalité permissive et la présence de réseaux qui imposent dés pratiques inhumaines, contre nature, abjectes et criminelles sans oublier les nombreux abus sur mœurs,  
Tenant compte du plan de Dieu sur la création tout entière, de l'humanisme qui en découle, de sa miséricorde infinie pour le pécheur et de notre mission de salut de tout homme et de tout l'homme en Jésus-Christ.  
Au nom de l'église, experte en humanité, nous évêques du Cameroun déclarons unanimement ce qui suit:

I - AU SUJET DE L'AVORTEMENT PROVOQUE  
• La vie humaine est sacrée et inviolable de sa conception à sa fin naturelles. Il faut la respecter de façon constante et inconditionnelle, (cf. catéchisme de l'église catholique (CEC) n°2270). 
• L'embryon humain jouit de la dignité de la personne humaine. Tuer un embryon, c'est tuer une personne et détruire une vie, (cf. CEC n° 2274).  
La grossesse n'est ni une maladie ni un malheur dont on doit se débarrasser, mais un don de vie à l'humanité à préserver avec grand soin
• Les familles, le corps médical et les organisations sociales, civiles et religieuses doivent soutenir les familles ou les couples perturbés par des grossesses non désirées, des grossesses précoces, illégitimes, à risque ou issues d'un viol, pour sauver ces enfants à naître et leur offrir la vie humaine. 
• Les communautés de croyants, les organisations sociales, les établissements scolaires et universitaires, les familles doivent organiser et assurer de façon constante, la prévention contre l'avortement provoqué par la formation et l'information des jeunes, des familles et de toute la société. 
• Aux chrétiens, nous demandons une relecture approfondie dans les communautés ecclésiales, les familles, les associations et les établissements scolaires et universitaires de notre lettre Pastorale sur l'avortement provoqué de 1979 qui garde toute son actualité : « respectons la vie de l'enfant qui n'est pas encore né. Soyons fidèles à Dieu le père de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui aime tous les hommes, et spécialement les plus faibles et les sans-défense. » (p. 20). 
Avorter ou faire avorter sont des crimes considérés comme des homicides directs et volontaires. Ce sont des péchés graves punis par l'excommunication dont l'absolution est réservée au pape, à l'évêque du lieu ou aux prêtres dûment mandatés. (cf. CEC n°1463), Ia porte de la miséricorde de Dieu étant toujours ouverte, les prêtres doivent accompagner dans la prière, le suivi spirituel et la compassion ceux qui viennent se réconcilier avec Dieu et l'église

II- AU SUJET DE L'HOMOSEXUALITE 
• L'homosexualité concerne les hommes et les femmes qui éprouvent une attirance sexuelle, exclusive ou prédominante envers des personnes du même sexe. Le débat sur l'homosexualité pose la question de la sexualité dans sa dignité, son sens, son langage et sa finalité
• Face aux revendications des droits multiformes des promoteurs de l'homosexualité – droit au mariage légal, à l'adoption des enfants, à la fondation d'une famille, à la procréation médicalement assistée etc., – revendications qui s'appuient sur plusieurs concepts dont le principal est l'idéologie du Genre qui s'oppose à la conception classique des notions de famille, de genre et de procréation,
• Face aux abus sémantiques destinés à fausser la valeur des réalités et le sens réel des notions de famille, de conjoint, de sexualité, de mariage de procréation, 
• Pour la dignité humaine et le salut de l'humanité tout entière en Jésus-Christ,

Nous, évêques du Cameroun, déclarons unanimement ce qui suit : 
• L'Eglise, mère et éducatrice enseigne la sacralité de l'identité sexuée de l'homme et de la femme créés à l'image de Dieu (Gn 1,26), celle de la dignité de leur sexualité et du mariage qui fonde leur famille. 
• La personne humaine est créée homme et femme : « Homme et femme, il les créa » (Gen, 1, 26). Cette différence invariable fonde leur relation et leur complémentarité et s'accomplit dans les liens du mariage
• L'homosexualité falsifie l'anthropologie humaine et banalise la sexualité, le mariage et la famille, fondement de la société. Dans la culture africaine, elle ne fait pas partie des valeurs familiales et sociales. Elle est une violation flagrante de l'héritage que nos ancêtres, fidèles à l'hétérosexualité et à la famille, nous ont légué. Dans l'histoire des peuples, les pratiques d'homosexualité n'ont jamais donné lieu à une évolution sociétale mais ont toujours été les signes évidents de la décadence outrageante des civilisations. De fait, l'homosexualité oppose l'humanité à elle-même et la détruit
• L'identité profonde de la sexualité est méconnue, détournée et pervertie en dehors des rapports de conjugalité de l'homme et de la femme. Par conséquent, les actes vécus dans le cadre de l'homosexualité ne sont pas « sexuels », mais « des rapports contre nature » (Rm 1,26). 
• Le mariage est une institution qui légitime les relations sexuelles et la filiation pour la fondation d'une nouvelle famille. C'est l'union d'un homme et d'une femme qui s'engagent à fonder une famille et à vivre unis dans l'amour. L'union homosexuelle n'est pas un mariage ; elle fausse le sens du mariage en le réduisant à un lien stérile, hédoniste et pervers, « l'infamie d'homme à homme » (Rm, 1, 26). 
• L'homme et la femme ont le droit naturel d'assumer chacun la spécificité de leur nature ; c'est un droit invariable, irréductible et structurant qui est à considérer seulement dans le cadre du couple, de la sexualité et de la famille comme la base de la paternité chez un homme et de la maternité chez une femme. L'orientation « libre » de la sexualité brandie par les promoteurs de l'homosexualité est une négation de cette loi. 
• Tout enfant, garçon ou fille, a le droit de vivre son identité en lien avec une mère, un père. Les promoteurs de l'homosexualité qui réclament le droit d'adoption veulent ignorer ce droit primordial nécessaire à l'équilibre de l'enfant. 
• En fait, l'homosexualité n'est pas un droit de l'homme mais une aliénation qui nuit gravement à l'humanité parce qu'elle n'est fondée sur aucune valeur propre à l'être humain ; «c'est une abomination » (Lev 18, 22) comme en atteste la tradition biblique. La rejeter n'est en rien une discrimination mais une légitime protection des valeurs constantes et millénaires de l'humanité face à des vices contre nature ; car le droit à la différence n'est justifié que s'il est fondé sur des valeurs humaines. 

Fidèles à cet enseignement constant du magistère qui déclare intrinsèquement désordonnés et contraires à la loi naturelle les actes d'homosexualité (cf CEC n°2357), 
Nous, évêques du Cameroun, réitérons notre désapprobation de l'homosexualité et des unions homosexuelles. Exhortons, à cet effet, tous les croyants et les personnes de bonne volonté à rejeter l'homosexualité et le soi-disant « mariage homosexuel » et à accompagner cependant ceux qui sont enclins à l'homosexualité et les homosexuels dans la prière, le suivi spirituel et la compassion en vue de leur conversion. 
III-AU SUJET DE L'INCESTE 
Des cas d'inceste signalés dans les familles sont des drames de grande souffrance et de désespoir profond. Ce fléau détériore les relations entre proches parents. 
Face à la malice morale de l’inceste, un vrai désarroi humain et social qui prend de plus en plus de l'ampleur dans notre société, 
Dans le souci pastoral de protéger et de promouvoir la famille et ses valeurs humaines et spirituelles, 
Nous, Evêques du Cameroun, rappelons unanimement ce qui suit : 
La consanguinité est sacrée, 
L'inceste « désigne des relations intimes entre parents ou alliés, à un degré qui interdit entre eux te mariage » (CEC n 2388). C'est la violation de l'interdit des relations sexuelles et donc de mariage entre deux personnes liées par la consanguinité c'est-à-dire par la parenté naturelle, la parenté légale et par l'affinité directe. 
• L'interdit d'inceste est universel. La société l'a prévu pour renforcer la cohésion familiale. 
• Yahvé Dieu interdit aux Israelites les unions entre consanguins, (cf. Lev 18,6-18). 
• Le code pénal camerounais punit l'inceste (art. 360), 
• L'interdit de l'inceste est de droit naturel, 
• L'inceste brise gravement la consanguinité et l'affinité directe et détruit l'équilibre de la famille. 
• Les enfants nés de rapports incestueux, souffrent d'une crise d'identité qui traumatise leur personnalité.

Nous condamnons énergiquement :
Cette affreuse abomination qui détruit le tissu familial, souille leurs auteurs (cf. 1Co 5, tee), entraîne la malédiction des personnes incestueuses (Dt 27,20) et peut provoquer des malheurs allant jusqu'à la mort des coupables s'ils ne sont pas purifiés (cf. Lv 20, 11).

Nous exhortons avec insistance : 
Toutes les familles, tribus, ethnies à respecter scrupuleusement la consanguinité et l'affinité et à faire connaître à leurs descendants les liens de parenté qui les unissent. 
Toute la société et les autorités dans leur diversité à protéger la consanguinité, fondement de la famille humaine. 
Tous les fidèles, les prêtres, religieux et religieuses k accompagner dans la prière, le suivi spirituel et la compassion les victimes et les auteurs des actes incestueux en vue d'une vie nouvelle dans le Seigneur.

IV - AU SUJET DES ABUS SUR MINEURS 
• Les abus sur mineurs sont variés et prolifèrent dans notre société. Nous dénonçons outre le vol et la vente d'enfants tous les abus sexuels notamment : la pédophilie, le viol, l'inceste, l'agression sexuelle, l'exhibitionnisme, le harcèlement sexuel, la pédopornographie, les attentats à la pudeur, la prostitution d'enfants. Ces outrages d'une personne mineure sont unanimement condamnés par les Saintes Ecritures et les nations, et punis par la loi.  
• Nous, Evêques du Cameroun,  
• Conformément à la législation en vigueur dans notre pays, la tradition africaine si attachée à la sacralité de l'enfant,  
• Suivant surtout l'exemple de Jésus-Christ qui a béni les enfants et nous a recommandé : « Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits » « (Mt 18,10) car « Ce qui vous avez fait au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous l'avez fait » (Mt 25,40), 
Condamnons unanimement les abus sur mineurs sous toutes les formes. 
• Exhortons la société à accentuer la protection des mineurs à tous les niveaux, à dénoncer et à combattre avec fermeté les auteurs de ces crimes tout en leur assurant un suivi médical, 
• Appelons les parents à couvrir leur enfant d'affectation et de respect, à leur garantir une bonne éducation et à les préserver de ces abus à l'intérieur comme à l'extérieur du milieu familial, 
• Demandons aux éducateurs de protéger les enfants, de les informer sur les abus qui les menacent et sur les conduites face à toute agression. 
Chers fidèles du Christ, hommes et femmes de bonne volonté, à la suite de Jésus-Christ qui déclare : « Je suis venu pour qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance » (Jn 10,10), unissons-nous dès ce Carême 2013 pour protéger et promouvoir la culture de la vie dans notre pays et dans le monde. » 
Fait à Sangmélima, le 12 janvier 2013 
Pour les évêques du Cameroun,

Mgr Joseph ATANGA Président de la CENC,
Archevêque de l’Archidiocèse de Bertoua. 




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03 mars, 2013

Effets du “mariage” gay sur le mariage et la famille : un rapport britannique

Une spécialiste britannique de la politique familiale, Patricia Morgan, a soumis à la commission de la Chambre des Communes chargée d'examiner la loi légalisant le « mariage » des homosexuels, actuellement en voie d'adoption outre-Manche, un rapport montrant les effets négatifs d'une telle loi sur le mariage et la famille. Le rapport a été commandé par la plus ancienne et importante association pro-vie britannique, SPUC, pour le compte de laquelle Mme Morgan, auteur de nombreux livres et études universitaires, a été chargé d'éclairer la commission qui reçoit actuellement les avis sur le projet de loi.

Patricia Morgan s'est fondée sur l'expérience d'Etats où le « mariage » des couples de même sexe est actuellement autorisé, c'est-à-dire la Suède, la Norvège, le Danemark, les Pays-Bas, l'Espagne, le Canada et les Etats-Unis.

On trouvera le rapport complet ici. Il mérite certainement une traduction complète mais en attendant, voici les conclusions auxquelles il aboutit, résumées en tête du papier.
« Affirmer que le « mariage homosexuel » amoindrit, voire abolit l'institution du mariage se heurte souvent à l'idée que l'ouverture du mariage aux couples de même sexe va au contraire renforcer l'institution. On assure que le mariage homosexuel servira le bien commun en même temps qu'il fera progresser l'égalité. Cet article examine les preuves invoquées à l'appui de ces affirmations. 
Patricia Morgan est une chercheuse de premier plan sur la politique familiale et elle a publié de nombreux ouvrages et articles universitaires sur le mariage et l'Etat. Elle a étudié quel est l'effet sur le mariage de la mise en place d'une législation autorisant le mariage homosexuel. (…). Elle conclut : 
• Lorsque le mariage est redéfini au bénéfice des couples de même sexe, cela renforce l'idée que le mariage n'a rien à voir avec la parentalité. 
• Le mariage homosexuel a pour conséquence la banalisation des unions hétérosexuelles et la séparation entre le mariage et la parentalité. 
• L'Espagne a vécu une accélération marquée du déclin du mariage après l'introduction du mariage homosexuel (le mariage homosexuel a été introduit en même temps que la loi du “divorce express”). 
• Dans l'ensemble des pays analysés, il n'a pas été possible d'établir un lien de causalité permettant de soutenir l'idée que le mariage homosexuel permettrait de prévenir le déclin du mariage. 
• Dans la marche vers le mariage homosexuel, les relations des couples de sexes opposés doivent se conformer au normes gay, plutôt que l'inverse. 
• Un partenariat publiquement annoncé, de manière légale, n'empêche pas les couples homosexuels de se briser plus fréquemment que les couples hétérosexuels mariés.
• L'expérience des lois de partenariats/ mariages tend à suggérer que la disponibilité est ce qu'il y a de plus important, tandis que la participation est plus ou moins sans intérêt pour les minorités sexuelles. 
• Le mariage homosexuel pourrait bien être l'aboutissement d'une politique anti-mariage et anti-famille au long cours, dont la Suède fournit l'exemple typique. 
• Le mariage homosexuel pourrait constituer l'étape initiale d'un processus séparant le mariage de la famille dans des pays qui par ailleurs sont favorables à la famille, comme l'Espagne ou les Pays-Bas. 
• Le mariage homosexuel déclenche le démembrement de structures familiales dans les sociétés favorables à la famille. »
Voilà qui mérite d'être approfondi : j'y reviendrai dès que possible.

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01 mars, 2013

Qu'est-ce que l'homophobie ? Tout ce qui critique le lobby gay…


Carlos Leon Moya est un homme de gauche, sympathisant du marxisme-léninisme, favorable à la cause gay. Il est aussi politologue à l'ex-Université pontificale catholique du Pérou (qui entre-temps a perdu son label catholique). Et il vient de s'offrir, dans les colonnes du quotidien péruvien Diario 16, une tribune qui accuse le Mouvement homosexuel de Lima (MHOL) de traiter « tout ce qui est critique à son égard d'homophobe ».

« Sa nécessaire agressivité frise un dangereux sectarisme. Ils considèrent leurs actions comme les seules appropriées, même lorsqu'elles sont assez osées », explique-t-il.

Le MHOL avait organisé samedi une manifestation près de la cathédrale, cette « Eglise catholique qui nie les droits » des homosexuels : ils n'avaient pu accéder à la place protégée par des barrières tandis que, regrette Moya, des catholiques conservateurs purent manifester librement sur la place.

En fait : échaudé par des débordements l'an dernier, des catholiques s'étaient retrouvés sur le parvis de la cathédrale pour prier pacifiquement et empêcher toute attaque contre l'édifice. Quant à la manif du MHOL, C'était un « kiss-in » avec des militantes déguisées en religieuses.

Moya regrette la répression qui a accueilli la manifestation du MHOL – mais il s'insurge. Leur manifestation était-elle opportune ? Politiquement payante ? De nature à les rendre sympathiques ? Et de souligner que certains sympathisants avaient demandé que l'événement fût remis à plus tard dans un contexte électoral où certaines actions des pro-gay pouvaient causer du tort à la mairesse de gauche de Lima.

Le MHOL sort alors la grosse artillerie. La gauche l'avait trahi. Le cynisme l'avait emporté au nom des intérêts électoralistes. Homophobie ! Les droits des homosexuels n'attendent pas, ne se remettent pas à plus tard : homophobie ! « Si quelqu'un souligne le prix que pourront coûter leurs actions, comme l'isolement ou l'éloignement d'une base qui peut être scandalisée par leur comportement, on les accuse encore d'homophobie. (…) Comme s'il fallait toujours les soutenir parce qu'ils ne se trompent jamais. Ils  traitent tous ceux qui les critiquent d'homophobes. C'est un évident et vulgaire abus du concept d'homophobie : tu me demandes de retarder un événement, c'est homophobe ; tu critiques ceux qui font scandale : homophobe ; les élections d'intéressent davantage, c'est homophobe ; tu es gay mais tu te caches : tu es encore homophobe. »

Nous n'allons pas nous intéresser davantage à cette querelle interne. Elle aura du moins le mérite de montrer que pour le lobby gay, le mot « homophobie » est une arme de destruction de l'adversaire, qu'il soit proche ou lointain, et quelles que soient ses motivations. « On tombe ainsi dans une victimisation excessive, quasi pathologique », assure Carlos Leon Moya.

Notez qu'en France toute critique et surtout toute action contre un événement « LGBT » est évidemment « homophobe » et forcément d'« extrême droite ». Il nous manque un politologue marxiste-léniniste pour dénoncer cette « victimisation excessive, quasi pathologique » !

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