21 septembre, 2012

« Mariage » homo : les cardinaux français parlent

Les évêques de France sont en visite ad limina à Rome, à commencer par ceux du Grand-Ouest. Et il semble qu’ils soient désormais en ordre de bataille pour contrer les projets insensés du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, à la suite de François Hollande, pour instaurer une révolution totale dans la société française, la légalisation du « mariage » homosexuel.

Le cardinal Ricard, évêque de Bordeaux, qui célébrait jeudi matin la messe sur le tombeau de saint Pierre, a parlé de « martyre ». Tout naturel, direz-vous, puisque la pourpre qu’il revêt a justement la couleur du sang du témoignage. Mais dans le contexte actuel, ses paroles résonnent de manière particulière. Un journaliste de Radio Notre-Dame les a « tweetées » : « Vous êtes appelés au martyre par le sang, le martyre médiatique ou de l’opinion publique. »

Le cardinal ajoutait : « La nouvelle évangélisation n’est pas qu’une joyeuse campagne de communication : nous sommes aussi envoyés pour affronter les forces du mal. »
C’est donc une guerre. Une guerre d’un type particulier puisqu’il ne s’agit pas de détruire nos ennemis, hommes comme nous sur cette terre, mais de les aimer et de les amener au bien, en nous opposant frontalement, là oui, au mal qu’ils veulent promouvoir.

Le cardinal Vingt-Trois était mercredi matin l’invité d’Europe 1. Dans un entretien avec Jean-Pierre Elkabbach, il a parlé à sa manière : circonspecte, prudente, précise, mais en l’occurrence sans ambiguïté aucune contre la légalisation du « mariage » des homosexuels qu’il a dénoncé comme une « transformation » du mariage aux conséquences graves pour tous.

Il entend tout faire, a-t-il dit, pour « empêcher la loi ».

Relatant son entretien « pas très long » avec Christiane Taubira la veille sur ce sujet brûlant, il a dit ne pas savoir s’il l’avait convaincue, mais qu’il lui avait en tout cas dit qu’il ne lui « semblait pas qu’il y avait une urgence telle qu’on oublie d’autres difficultés que traverse la France (…) plutôt que de faire un “mariage pour tous” qui ne sera pas pour tous, d’ailleurs, et s’empresser de dire que c’est un dossier prioritaire ».

« C’est un projet qui divise », a-t-il rappelé, notant que les sondages disant les Français favorables au « mariage » des homosexuels ne reflètent que « les réponses qu’on donne aux questions qu’on pose – mais un sondage ne fait pas la réalité ». « Ça ne veut pas dire que chacun est prêt à accepter que sa propre expérience conjugale et familiale soit transformée en profondeur alors qu’il n’a jamais pensé que ce serait ça. » Répondant à l’interpellation d’Elkabbach, il a déclaré : « C’est grave. » Et pas seulement du point de vue de l’Eglise.

« C’est grave pour tout le monde. Imaginez qu’il s’agit simplement d’ouvrir le mariage à des personnes de même sexe ; c’est une erreur profonde, car en ouvrant le mariage aux personnes de même sexe, on transforme le mariage. Ce n’est pas une réalité fixe qui va demeurer telle quelle, et à laquelle on donnerait accès. »

Il a clairement affirmé : « Je condamne l’adoption par des personnes de même sexe », rappelant que l’adoption est pour le bien des enfants et non pour le bien de ceux qui adoptent. Et il a désigné comme « danger le plus immédiat » la « déstabilisation de la structure de la vie sociale parce que cela transforme la famille dans sa construction originelle ».

Il a demandé aux catholiques de France « de prendre les moyens dont ils disposent pour faire exister le débat que le gouvernement ne veut pas organiser ». « Vous voulez peut-être même empêcher la loi ? », demande Elkabbach, un peu ahuri. « J’espère qu’on pourra empêcher la loi, mais pour l’empêcher, compte tenu des conditions qui sont posées par le gouvernement, cela suppose que les députés, les élus, les sénateurs, soient sensibilisés par leurs électeurs », dit le cardinal.

« Est-ce que dans cette bataille qui est politique, l’Eglise ne sort pas de son rôle ? », poursuit Elkabbach.

« Quel rôle ? », répond, combatif, le cardinal. « Son rôle… », reprend Elkabbach. Et le cardinal répond : « Son rôle est d’avertir, d’alerter les hommes, et de signaler qu’il y a un danger pour tout le monde. » « Le débat est lancé », croit conclure le journaliste. Mais le cardinal : « Le débat n’est pas lancé, il est appelé, il est demandé, mais il n’est pas reçu. »

De fait Christiane Taubira a dit au cardinal, en le recevant, que le « mariage » homosexuel étant dans le programme du président, et que le président étant élu, tout le monde est donc d’accord. « Je trouve que ce n’est pas une manière de concevoir les choses. » — « Donc, vous vous battrez. » — « Bien sûr ! »
Le cardinal, c’est visible, n’entend ni fuir ses responsabilités, ni édulcorer son message. Le « débat » qu’il appelle, qu’il attend, qu’il veut voir les catholiques exiger, n’est pas une confrontation où chacun met, sous forme de dialogue, un peu d’eau dans son vin : c’est un lieu ou un moyen, enfin, de faire réentendre des vérités interdites au pire, cachées et oubliées la plupart du temps, et en tout cas absentes des médias et de la place publique.

Le cardinal Barbarin a lui aussi appelé à un « débat national » sur le « mariage » homosexuel, évoquant la possibilité d’un référendum – que réclamait Mgr Rey – comme un possible « choix politique ».
Ces prises de position visibles, ces affirmations de la vérité face à un projet politique sont décidément encourageantes.


• Article extrait du n° 7691 de Présent, du Vendredi 21 septembre 2012


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19 septembre, 2012

Colombie : pétition pour le Procureur général menacé

Le Procureur général de la Colombie, Alejandro Ordoñez, par ailleurs en instance de réélection, a été sommé par la Cour constitutionnelle de se soumettre vite à sa sentence l'ordonnant de rétracter ses commentaires négatifs sur la pilule du lendemain et son interprétation selon laquelle le droit à l'objection de conscience face à l'avortement existe pour tous en Colombie, individus ou institutions. Le militantisme de la Cour est connu : c'est elle qui a introduit trois cas dans la jurisprudence où l'avortement est considéré comme un « droit » de la femme : aujourd'hui elle ne fait que tirer les conséquences les plus extrêmes de cette novation juridique.

Le parti conservateur de Colombie y voit plus que de l'idéologie : une soumission aux puissant lobby pharmaceutique, et notamment aux fabricants de la « contraception d'urgence ». « Vous savez que les laboratoires, ceux qui produisent des produis pharmaceutiques, sont de gros clients d'espaces publicitaires et ils brassent des millions et des millions, particulièrement pour ces produits qui circulent avec une si grande liberté, ces pilules qui conduisent à la suspension de la vie », a déclaré le porte-parole du parti conservateur à la Chambre des représentants de Colombie, Alfredo Bocanegra.

Il parle de « complot » contre le Procureur général qui a jusqu'à ce mercredi soir – heure de Colombie – pour se soumettre à la sentence de la Cour constitutionnelle.

Une campagne de soutien au Procureur a été ouverte ici.

J'ai exposé la scandaleuse affaire montée contre Alejandro Ordoñez ici.

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Justin Bieber a failli être victime d'une « IVG »

La maman du phénomène chantant qui fait pâmer toutes les filles, Justin Bieber, a avoué récemment dans un talk-show qu'elle avait failli avorter lorsqu'elle l'attendait. Pattie Mallette, la maman, parlait à Kathie Lee Gifford de NBC.

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L'histoire de Pattie était de celles dont n'importe quel partisan de l'avortement aurait fait un cas d'école pour justifier sa position. Elle avait subi des abus sexuels pendant son enfance – cela a commencé à quatre ans – on lui avait « volé sa pureté » dit-elle aujourd'hui. Elle a expliqué qu'elle savait ce que c'était de vivre avec la honte de ces abus, de s'en imaginer coupable, de se croire moins bien que les autres. Devenue adolescente, elle allait vite sombrer dans la dépression, l'alcoolisme et la drogue, et elle tenta même de se suicider en se jetant sous un camion. Mais à 17 ans, elle tomba enceinte. Toxicomane, seule au monde, même pas majeure : la solution « sage » – celle qu'on n'arrêtait pas de lui recommander en tout cas – était d'avorter. La pression était très forte. C'était en 1993 au Canada et cela faisait belle lurette que l'avortement était entré dans les mœurs. Mais pour Pattie, c'était hors de question :

« Je savais tout simplement que je ne pouvais pas faire ça. Je sais seulement que je devais le garder. Et, faire ce qui était le mieux. Je… Vous savez, je ne savais pas comment j'allais y arriver. Mais je savais simplement que je ne pouvais pas – je ne pouvais pas avorter. Je devais faire de mon mieux. Et j'étais décidée à faire tout ce qu'il faudrait. »
Cela s'appelle du courage. La jeune fille qui avait été victime du monde des adultes eut la force, toute seule, de laisser la vie à son fils – et de l'aimer. Pour elle, les premiers pleurs de Justin étaient de la « musique »… Et son père, Jeremy Bieber, à peine plus âgé, est toujours resté présent pour son fils. Récemment, Justin Bieber s'est à son tour attiré les critiques et la pression du monde des adultes quand il s'est dit opposé à l'avortement : que pouvait-il en savoir à 16 ans, disait-on ? Ben oui, à 16 ans, normalement, on va à l'école et on apprend que l'avortement est un droit… Sauf que lui, il s'en est sorti vivant.  

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Réseau Riposte catholique

18 septembre, 2012

Pour préserver la vie de la mère, l'avortement n'est jamais nécessaire

Un symposium international sur les soins aux mères a réuni quelque 140 professionnels de la santé le 8 septembre dernier à Dublin, qui se sont mis d'accord pour publier une déclaration confirmant que l'avortement volontaire – la mise à mort directe volontaire d'un enfant avant sa naissance – n'est jamais nécessaire pour sauver la vie d'une mère.

The Dublin Declaration veut donner une information claire et sûre aussi bien aux législateurs qu'aux médecins, sur la foi d'une expérience large du suivi de la grossesse.

Le choix du lieu de cette conférence est en soi tout un programme : alors qu'en Irlande, l'avortement est toujours interdit, ce pays se situe depuis des années dans le peloton de tête des pays présentant le plus bas taux de mortalité maternelle…

Voici le texte de la Déclaration :

« En tant que praticiens et chercheurs confirmés en gynécologie et en obstétrique, 
• Nous affirmons que l'avortement direct n'est pas médicalement nécessaire pour sauver la vie d'une femme.
• Nous proclamons qu'il existe une différence fondamentale entre l'avortement et les soins médicaux nécessaires pratiqués pour sauver la vie de la mère, même si de tels soins ont pour effet la perte de la vie de son enfant à naître. 
• Nous confirmons que l'interdiction de l'avortement n'affecte d'aucune façon la disponibilité des meilleurs soins possibles aux femmes enceintes. »
Les chercheurs, gynécologues, accoucheurs, spécialistes en biologie moléculaire ou de la santé mentale ont à cette même occasion publié une série d'articles scientifiques sur la santé maternelle, abordant la question des grossesses à hauts risques, les anomalies fœtales, la santé mentale et la mortalité maternelle.

L'un des objectifs principaux de la réunion était de montrer que les arguments mettant en avant la nécessité de légaliser l'avortement au moins pour permettre de sauver la vie des femmes repose sur une tromperie qui brouille les pistes entre le fait de courir le risque de provoquer la mort de l'enfant à naître sans la rechercher, et celui de le tuer purement et simplement « pour » sauver la mère, ce que l'avortement ne fait « absolument jamais », a souligné l'organisateur du symposium, le Dr Eoghan de Faoite.

On peut ajouter quelques exemples.

Le cas relativement fréquent de la grossesse ectopique (avec une nidation ailleurs que dans l'utérus) ne fait pas exception : dans cette configuration, il n'est pas question d'avortement (sauf si l'on donne à la mère un médicament qui a pour but et effet de provoquer la mort de l'embryon), mais d'intervenir chirurgicalement sur un organe malade, la trompe de Fallope, dans le cas où elle menace de rompre et de provoquer une hémorragie mortelle. La mort de l'embryon – si elle n'est pas intervenue déjà comme cela semble être fréquemment le cas – n'est alors ni voulue ni recherchée.

Le cas de la chimiothérapie ne se situe pas non plus dans la logique de l'avortement. La chimiothérapie peut léser et tuer l'enfant dans le cadre d'un effet indirect non voulu et non recherché. Si des mères choisissent de ne pas y avoir recours tant que leur enfant n'est pas né – et que certaines, héroïquement, y laissent la vie – après avoir donné le jour à leur bébé, ce n'est pas pour ne pas avorter, mais parce qu'elles prennent la décision délibérée de mettre la vie et la santé de celui-ci avant la leur. De lui donner le maximum de chances. Nul n'exige cela d'une mère, mais ce genre de décision n'est pas inouï.

Si la Dublin Declaration vaut pour le monde entier, elle revêt une importance particulière en Irlande qui est sous le coup d'une décision de la Cour européenne des droits de l'homme pointant ses déficiences en termes de respect des droits et de la santé des femmes. La CEDH y a reproché à l'Irlande de n'avoir pas mis une femme lituanienne en position de connaître facilement le moyen de savoir si son état devait lui permettre d'aller se faire avorter en Angleterre parce que sa santé serait menacée. Le lobby de l'avortement est en train d'instrumentaliser cet arrêt, qui ne dit rien de tel, pour faire reconnaître que l'Irlande méconnaît les droits de l'homme en ne prévoyant pas une dépénalisation claire en cas de « danger pour la vie de la mère ».

Dans de nombreux pays, ce critère du « danger pour la vie de la mère » est aujourd'hui utilisé pour justifier ou tenter de justifier le refus au droit à l'objection de conscience pour les médecins dans ce cas précis, et de créer une sorte d'obligation d'avortement.

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17 septembre, 2012

Royaume-Uni : huit ans de prison pour un avortement tardif

Cette photo de Sarah Catt était dans tous les journaux
Une femme de trente-cinq ans vient d'être condamnée à huit ans de prison par un juge britannique pour avoir pratiqué un auto-avortement qui a provoqué la mort de son bébé à 39 semaines de grossesse. Sarah Louise Catt, de Sherburn-in-Elmet, dans le Yorkshire, avait déjà deux enfants de son mari au moment où elle a découvert qu'elle était enceinte d'un collègue de travail qui était son amant depuis plusieurs années. Hors-délais pour un avortement légal – elle a découvert sa grossesse à 30 semaines lors d'une échographie, et l'avortement n'est autorisé « que » jusqu'à 24 semaines en Grande-Bretagne – elle s'est procuré du misoprostol par internet, et a donné naissance à un garçon mort-né qu'elle dit avoir enterré.

Le cadavre de l'enfant n'a jamais été retrouvé mais l'affaire a été prise au sérieux. On a en effet constaté que l'échographie n'avait jamais été suivie d'une inscription à l'état-civil, ce qui a éveillé les soupçons. Sarah Catt a soutenu qu'elle avait subi un avortement légal dans une clinique de Manchester.  Mais une enquête policière policière a permis de trouver trace dans son ordinateur de recherches sur l'avortement médicamenteux tardif ainsi que de sa commande de misoprostol en Inde. Elle a d'ailleurs plaidé coupable, tout en refusant de révéler où elle avait enterré le corps de son enfant.

Son mari n'était pas au courant de la grossesse et elle s'est éloignée de son amant pendant les mois autour de l'avortement.

Le juge a refusé de considérer l'affaire comme un homicide involontaire, jugeant que si le bébé avait été tué quelques jours plus tard à la naissance, Mme Catt aurait été accusée de meurtre. Il a donc prononcé une sentence assez lourde, précisant que celle-ci sanctionne le « choix délibéré, en pleine connaissance de la date du terme de la grossesse, d'avoir mis fin à celle-ci » alors qu'elle était parfaitement au courant que l'avortement était illégal :

« Ce que vous avez fait, c'est de voler à un enfant apparemment en bonne santé, vulnérable et sans défense, de la vie qu'il s'apprêtait à commencer. L'enfant encore dans le sein était si proche de la naissance, qu'à mon jugement toute personne qui pense droit estimerait ce délit plus grave que l'homicide involontaire », a dit le juge Cooke.

Au cours du procès Mme Catt a été présentée comme froide et calculatrice, quoique bonne mère de ses deux enfants… survivants.

Elle a en fait donné son premier enfant à l'adoption. D'un commun accord avec son mari, elle a fait avorter le second. Troisième grossesse : deuxième tentative d'avortement mais là aussi elle était hors-délais, et l'enfant est né. Elle a caché sa quatrième grossesse à son mari jusqu'à la naissance. Mais – a dit son avocat – elle est une excellente mère pour ces deux enfants gardés…

Le jugement de la cour de Leeds est à l'opposé de celui qui, en France, a abouti à l'acquittement d'une femme qui a tué son nouveau-né, par lequel l'infanticide est légalisé de fait, comme le souligne Yves Daoudal.

Et c'est en effet « une extension logique du droit à l'avortement », comme il le précise.

Dans le cas britannique, c'est la logique inverse qui est à l'œuvre, mais de manière bien bancale puisque la promesse de vie – guère plus – dont le juge a condamné la destruction ne commence à valoir qu'à 30 ou 39 semaines. Ou 24 semaines et un jour. Et encore : si l'enfant à naître n'est pas porteur d'un gros handicap « justifiant » son élimination.

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15 septembre, 2012

Colombie : démissions après la sentence obligeant des magistrats à se rétracter sur la pilule du lendemain et l'IVG

Ilva Myriam Hoyos, procureur déléguée à l'enfance et à l'adolescence, et Maria Eugenia Carreñon, procureur déléguée à la fonction publique, ont toutes deux présenté leur démission deux jours après que la presse a rendu publique une sentence de la Cour constitutionnelle les obligeant à revenir sur des démarches visant à empêcher l'accès des femmes colombiennes à leur « droit à l'avortement » et à ne plus mettre d'entrave à l'inscription du misoprostol – souvent utilisé comme abortif chimique – dans la liste des médicaments du Plan obligatoire de santé.

Plus généralement, elles ont été condamnées à rétracter tout ce qui de leur part, de près ou de loin, a apparu comme un refus de mettre en œuvre la sentence T-388 de la même Cour constitutionnelle visant à imposer l'éducation sexuelle, l'accès aux droits sexuels et reproductifs et la dépénalisation de l'avortement dans certains cas, bien que la Constitution affirme le respect de la vie.

Plutôt que de se soumettre, les deux femmes ont renoncé à leur charge tout en soulignant que la décision ne leur avait pas été notifiée et qu'elles n'étaient donc pas encore en mesure de se défendre. Des constitutionnalistes et des pénalistes se sont empressés d'expliquer à la presse que les décisions de la Cour constitutionnelle étant publiques elles sont d'application immédiate.

Maria Eugenia Carreño a souligné que si le Procureur n'accepte pas sa décision, elle devra s'en remettre à sa décision quant à la mise en œuvre de la décision de la Cour constitutionnelle, tout en précisant que celle-ci était « injuste » car en critiquant les « effets secondaires » du misoprostol elle s'était fondé sur des arguments juridiques et scientifiques valables.

De son côté Ilva Myriam Hoyos a elle aussi remis sa charge entre les mains du Procureur : « La Cour a affirmé que j'avais menti, que j'ai déformé le sens d'une sentence et que j'ai violé les droits fondamentaux des personnes. J'assume ma responsabilité et je dois laisser toute liberté au Procureur afin qu'il dispose de ma charge », a-t-elle déclaré à El Tiempo. La Cour lui reproche d'avoir refusé le recours à la pilule du lendemain au motif qu'elle peut avoir des effets abortifs et d'avoir déclaré que l'avortement n'est pas un droit.

Le Procureur général est précisément Alejandro Ordoñez, sous le coup de la même décision de la Cour constitutionnelle pour ses critiques de l'éducation sexuelle et du recours à la pilule du lendemain qu'i veut faire retirer du marché.  Un autre « expert » constitutionnaliste a expliqué aux médias qu'il ne pourra en aucun cas invoquer l'objection de conscience pour ne pas mettre en œuvre la décision de la Cour. Néstor Osuna a même expliqué qu'en faisant cela, Ordoñez se rendrait coupable de donner le « mauvais exemple » aux citoyens qui y verraient un « accommodement pour ne pas accomplir les décisions » de justice. Et de prévenir que le Procureur, s'il refuse d'obtempérer, s'expose non seulement à des sanctions mais à une éventuelle enquête disciplinaire.


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14 septembre, 2012

Argentine : une femme qui se dit violée a droit à l'avortement

La Province de Cordoba en Argentine a fait appel du jugement d'un tribunal local qui a exigé un constat médical de viol pour une femme qui demandait une « interruption volontaire de grossesse ». Les autorités publiques cherchent ainsi à rendre applicable sur leur territoire l'arrêt de la Cour suprême de Buenos Aires fixant en mars par voie jurisprudentielle les conditions de dépénalisation de l'avortement. Cet arrêt affirmait l'accès automatique à l'avortement, sans jugement préalable, pour les trois cas prévus par l'article 68 du code pénal argentin, et écartait a priori toute obligation d'apporter la preuve du viol qui est l'un d'eux.

La Cour suprême affirmait qu'un déclaration sous serment, de la part de la femme se disant violée, était suffisante, sans qu'il soit nécessaire ni de procéder à un examen médical ni même qu'une plainte ait été déposée. Lorsqu'un guide d'application avait été publié, dans la foulée, dans la province de Cordoba par les autorités sanitaires, une  organisation catholique, Portal de Belen, avait introduit une action pour empêcher sa mise en application et pour faire constater l'inconstitutionnalité de l'avortement dépénalisé.

Le juge Federico Ossola l'avait partiellement déboutée, jugeant que l'avortement dépénalisé n'était pas contraire à la constitution fédérale, y compris en cas de viol. Mais sur ce dernier point, il avait jugé « insuffisante » la déclaration sous serment pour « tenir pour vérifiée l'existence du viol », ajoutant la condition du constat du viol pour qu'une femme puisse se faire avorter. Dans le même temps, le juge avait suspendu l'application du guide d'application à propos des avortements non punissables.

La Province cherche à faire reconnaître la « nullité absolue » de ce jugement afin de lever au plus vite la suspension qui à l'heure actuelle touche les hôpitaux publics provinciaux. Dans le réseau national des hôpitaux et cliniques les critères de la Cour suprême sont déjà appliqués, y compris à Cordoba ; et dans les cliniques privées, liberté est laissée aux responsables.

Le discours est des plus convenus : exiger, comme l'a fait le juge Ossola, de la femme qu'elle se soumette à l'avis d'un comité interdisciplinaire pour faire constater la réalité du viol qu'elle allègue, c'est la « revictimiser », assure un porte-parole de la Province. Celle-ci accuse également le juge d'avoir outrepassé sa compétence en cherchant à légiférer – comme si la Cour suprême n'en avait pas fait autant. Elle pointe également le refus du juge Ossola de suivre la jurisprudence et le fondement « logico-légal » de celle-ci.

De telles bases logico-légales pourraient bien faire augmenter fortement le nombre des viols en Argentine, sans que l'on retrouve jamais ni les victimes, ni les agresseurs présumés devant la justice…

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13 septembre, 2012

Le procureur général de Colombie sommé de soutenir l'avortement, sous peine d'arrestation

On a parfois l'impression que l'histoire s'accélère. Si j'avais le temps je vous parlerais aujourd'hui de quantité de sujets allant de la pression pour faire euthanasier le prince Friso des Pays-Bas, victime d'une avalanche il y a six mois et depuis, dans un « état végétatif », aux mises en garde de scientfiques à la suite d'études en Ecosse sur les conséquences néfastes de la présence de déchets hormonaux, impossibles à éliminer, dans les eaux sales… Ou encore de cette communication scientifique en Irlande attestant que l'avortement direct n'est jamais nécessaire pour sauver la vie de la mère… Ou cette décision en Argentine de refuser que l'exception jurisprudentielle permettant à une femme violée d'accéder à l'avortement soit conditionnée par une attestation médicale ou judiciaire de la réalité du viol… Mais ce soir, je tombe sur ceci.


La Cour constitutionnelle de la Colombie vient d'ordonner au Procureur général de la nation, Alejandro Ordoñez, de rétracter ses critiques à propos des campagnes de défense des droits reproductifs et de promotion de l'« éducation sexuelle », ainsi que sa demande visant à faire retirer du marché la « pilule du lendemain », ou contraception d'urgence, qu'il présente comme abortive.

S'il ne se soumet pas aux injonctions de la Cour, il sera considéré comme ayant commis un « outrage » et pourra être arrêté.

Cette démarche de la Cour constitutionnelle, qui par sa jurisprudence a déjà imposé à la Colombie une dépénalisation de l'avortement dans les cas dits limites comme la malformation fœtale, le danger pour la vie de la mère ou la grossesse résultant d'un viol, répond à un recours formé en 2011 par 1.279 femmes au nom du « droit à l'information », à la suite de Monica Roa qui était à la tête de la campagne qui avait obtenu cette dépénalisation.

Ces 1.279 femmes avancent que le Procureur général Ordoñez, mais aussi le procureur pour la défense des droits de l'Enfance, de l'Adolescence et de la Famille, Mme Ilva Myriam Hoyos, et celui chargé de la Fonction publique, Mme Maria Eugenio Carreño, ont émis « de manière continue et systématique une série de déclarations qui contiennent des informations inexactes ou déformées en rapport avec les droits reproductifs des femmes colombiennes ». Il lui est ainsi reproché d'avoir dit que la sentence T-388 de la Cour sur les droits reproductifs, l'éducation sexuelle et la dépénalisation de l'avortement dans les cas sus-nommés allait donner lieu à des « campagnes massives de promotion de l'avortement comme un droit ».

La Cour – selon la presse – a donné 48 heures à Alejandro Ordoñez à compter de la notification de la sentence pour expliquer que ces campagnes visent à faire connaître aux femmes colombiennes leurs « droits sexuels et reproductifs, parmi lesquels se trouve l'interruption volontaire de la grossesse dans les hypothèses dépénalisées ».

Pour autant Mme Ilva Myriam Hoyos, est elle condamnée à faire savoir au Superintendant national de la santé qu'elle accepte que l'organisme dont il à la charge est obligé d'ôter tout obstacle à l'accès des femmes à leur « droit » à « l'interruption volontaire de grossesse » – droit qui leur est acquis dans les cas posés par la jurisprudence.

Alejandro Hoyos doit encore affirmer publiquement que la pilule du lendemain n'est jamais abortive. Il doit aussi affirmer que son interprétation de la Constitution selon laquelle l'objection de conscience par rapport à l'avortement ne peut être restreinte par aucune autorité judiciaire ou administrative est fausse : il devra établir une circulaire affirmant les limites jurisprudentielles apportées à l'objection de conscience dans le cadre des avortements dépénalisés. De même, éliminer d'une de ses circulaires l'affirmation selon laquelle des institutions peuvent invoquer l'objection de conscience, et selon laquelle celle-ci peut être exercée de manière collective.

Comme si cela ne suffisait pas il lui est enjoint de lever la suspension de la décision d'inclure le principe actif misoprostol (utilisé pour des avortements médicamenteux) dans le cadre du Plan obligatoire de santé, afin que le processus d'agrément puisse être mené à terme.

Mme Hoyos et Mme Carreño devront elles aussi s'abstenir de se mêler de manière injustifiée du processus d'inclusion du misoprostol dans le Plan obligatoire de santé. La première devra en outre avouer que les recours contre la sentence T-388 n'ont en rien suspendu ses effets, comme elle l'avait dit à la radio.

Devant une telle manifestation de totalitarisme – chercher à faire dire à ces magistrats le contraire de ce qu'ils pensent – je crois nécessaire de vous donner les noms des signataires de cette décision d'anthologie, une sentence-fleuve que vous pourrez découvrir sur le site de la Cour : Humberto Antonio Sierra Porto, Maria Victoria Calle Correa, Luis Ernesto Vargas Silva, magistrats, et Martha Victoria Sachicha Mendez, secrétaire générale.

La sentence porte la date du 10 août, mais l'information n'est sortie dans la presse colombienne qu'en ce jeudi, et Alejandro Ordoñez, interrogé par l'agence de presse Colprensa, a fait savoir qu'il n'avait pas encore lu la sentence : « Je n'en ai pas connaissance. On ne me l'a pas notifiée. Je n'ai que les informations données par la presse. »

Ce blog a parlé à plusieurs reprises d'Alejandro Ordoñez : iciici et ici.

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Japon : la vente de couches pour adultes dépasse celle pour bébés…

Comme le dit le site lci.tf.fr : « Les ventes de couches pour adultes ont décollé selon le fabricant nippon Unicharm. C'est le signe objectif du vieillissement constant de la population au Japon. »

Que dire de plus ?

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12 septembre, 2012

L'université fransiscaine de Steubenville sous le coup d'une enquête pour avoir enseigné que l'homosexualité est une déviance

L'université fransiscaine – et donc catholique – de Steubenville, dans l'Ohio, fait l'objet d'une enquête de la part de l'agence nationale de l'Administration américaine chargée d'agréer les cursus universaires de « travail social » au motif que l'un des cours dispensés dans cette université présente l'homosexualité au nombre des comportements déviants, rapporte LifeSite. C'est sur délation d'un groupe d'étudiants qui s'appellent eux-mêmes les « Fransiscan Gay Alumni and Allies » (Les Etudiants gay de Fransiscan et leurs alliés) que l'enquête a été lancée ; le groupe réclame une modification du cours afin que l'université « cesse de contribuer à la culture de la haine et de l'ignorance ».

Le cours en question est intitulé : « Comportements déviants » et se penche sur le meurtre, le viol, le vol, la prostitution, l'homosexualité, maladie mentale et usage de stupéfiants.

Au-delà, le groupe demande que l'université révise l'ensemble de ses intitulés de cours et « fasse un audit de tout son curriculum en vue d'en ôter toute information et enseignement sur ce sujet qui seraient dépassés et qui ne seraient pas établis sur des fondements scientifiques solides ».

Interrogés par LifeSite, des porte-parole de l'université ont souligné que le mot « déviant » est utilisé au sens sociologique, c'est-à-dire « différent de la norme », et précisent que, conformément à ce qu'enseigne l'Eglise, elle « traite les personnes homosexuelles avec “respect, compassion et délicatesse” (catéchisme de l'Eglise catholique, n° 2358) tout en considérant les actes homosexuels comme “intrinsèquement désordonnés” ». (En fait, le catéchisme parle d'une « propension objectivement désordonnée ».)

Les porte-parole ajoutent que l'intitulé du cours résume les têtes de chapitre telles qu'elles apparaissent dans le même cours de nombre d'autres universités, laïques ou confessionnelles.

LifeSite a également contacté le directeur de l'agence d'agrément de la Fransciscan University of Steubenville, Stephen Holloway, qui sous la pression des questions a quelque peu édulcoré l'affaire, indiquant que l'enquête a été lancée indépendamment de son contenu dans la mesure où chaque plainte d'étudiants est a priori prise au sérieux. Il a précisé que le titre du cours ne suffirait pas à faire retirer l'agrément mais que son contenu serait passée au crible pour juger de sa conformité avec les « critères de diversité » inclus dans les conditions d'agrément : il faut et il suffit d'« enseigner le respect pour les personnes gays et des contenus à propos des styles de vie gays », a-t-il précisé.

De son côté, l'université a fait cette déclaration :

« Nous comprenons que certains, ne comprenant pas le terme (déviant) ni son contexte, puissent se sentir offensés par cette description, et celle-ci est en cours d'évaluation. Cependant, changer les définitions sociologiques standardisées est au-delà du champ de notre travail. Comme l'est tout autant le fait de changer les enseignements de l'Eglise catholique. »

Il est difficile de ne pas voir dans cette attaque visant un établissement catholique un nouvel épisode de la guerre qui est faite à l'Eglise pour qu'elle cesse de dire ce qu'elle a toujours dit sur le comportement homosexuel.

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Canada : une “ministre” protestante doit choisir entre célébrer des “mariages” gay ou partir

Jay Brown
Une « ministre » de l'« Eglise du Christ » – l'église protestante Church of Christ – qui assure depuis quinze ans les cérémonies de mariage civil à la mairie de la ville de Cambridge, Ontario, a été priée de célébrer des « mariages » homosexuels, sans quoi elle ne pourra plus remplir sa fonction. Cela a été décidé par huit voix contre une lors du conseil municipal qui a eu lieu lundi soir.

En droit canadien, il est possible pour se marier de choisir entre une cérémonie religieuse et une cérémonie civile, cette dernière ne revêtant pas de forme particulière. La « révérende » Jay Brown a été engagée il y a quinze ans pour officier en ces occasions, et elle y met toujours beaucoup de cœur, allant jusqu'à payer de sa poche fleurs et musique pour donner un peu de solennité.

Mise devant ce choix impossible, elle a répondu que sa foi chrétienne ne lui permettait pas de célébrer des mariages homosexuels, et son église pas davantage.

Elle est pourtant accommodante. Les rares fois où, depuis la légalisation du « mariage » gay, on lui a demandé une telle cérémonie, elle s'est assurée que les candidats puissent se « marier » à Cambridge, en les aiguillant vers l'autre personne rémunérée par la municipalité pour célébrer les mariages civils et qui elle, n'y voit pas d'inconvénient. Et comme le souligne Jay Brown, elle n'est pas salariée de la Ville, mais engagée par contrat, tout comme l'autre célébrant à qui l'on pourrait tout simplement assigner la mission de s'occuper des « mariages » gays.

Le plus remarquable, c'est que hormis la conseillère municipale qui a lancé le pavé dans la mare, Donna Reid, tout le monde était satisfait de la situation et il semble même que lors du conseil de lundi soir, les uns et les autres ne comprenaient pas bien où était le problème. Mais telle est la pression de la pensée unique que seul un conseiller, Nicholas Ermeta, a fini par voter contre la motion mettant Jay Brown dans l'obligation de choisir, d'autant que tous ceux qui ont fait appel à ses services en ont toujours été tout à fait ravis.

Plusieurs activistes anti-sida et des communautés LGBT en ont fait pourtant une affaire de principe, qualifiant par exemple de « déplorable » le fait de vouloir confier la célébration des unions gays à un seul officiant.

Thaddeus Baklinski, de LifeSite, signale que cela va dans le sens de ce que pressentent bien des commentateurs. Cette volonté de contraindre des ministres ou pasteurs chrétiens à célébrer des unions homosexuelles dépasse une simple question de « normalisation » ou d'égalité de droits, note-t-il.

« Les activistes gays demandent souvent aux chrétiens en quoi le “mariage” gay peut bien leur faire du tort », commente Eric Metaxas de Breakpoint.org : pour lui, vouloir obtenir une reconnaissance totale du « mariage » gay est avant tout une tentative de détruire la liberté religieuse et la liberté d'expression. Et c'est un tort évident.

Et de fait de nombreuses procédures sont engagées au Canada contre des institutions chrétiennes, des responsables et de simples fidèles qui ont osé manifester leur opposition au “mariage” des homosexuels.

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11 septembre, 2012

Sauvées par un bracelet pro-vie

L'histoire se passe à Mankato, Minnesota. Et dans la morosité ambiante, elle me plaît mieux, ce soir, que les mauvaises nouvelles que je pourrais hélas vous donner des avancées de la culture de mort. Celle-ci – cette histoire – prouve que rien n'est jamais perdu. Que les solutions ne sont pas toujours là où nous les attendons. Que Dieu – « ami des hommes » comme le dit la liturgie orientale – répond à nos élans, et parfois de manière bien tangible !

Donc, Mankato, Minnesota, un parking de Walmart. Rachel vient de faire ses courses et de charger sa voiture. Arrivée chez elle, elle s'aperçoit qu'elle n'a plus le bracelet rouge avec l'inscription « VIE » – « LIFE » acheté quelque temps plus tôt, et qui lui rappelait son engagement de prier quotidiennement pour le respect de la vie. Elle cherche partout : dans sa chambre, dans sa voiture, se souvient qu'elle l'avait encore en sortant de faire ses courses au supermarché. Il n'y a qu'une solution : il a dû tomber lorsqu'elle traversait le parking. Tant pis ! Elle se contente d'espérer qu'il servira à la personne qui le trouvera.


Dix mois plus tard, la jeune femme, qui a décroché entre-temps un emploi comme serveuse dans l'établissement local d'une chaîne de restaurants italiens, aperçoit une cliente avec un bébé tout petit : la jeune maman a quelque 25 ans, un ravissant sourire, semble un peu timide. Rachel lui souhaite la bienvenue, lui dit que sa toute petite fille est très jolie et bien paisible dans son siège bébé. Puis elle voit que la cliente porte un bracelet « LIFE », exactement comme le sien. « Alors, vous portez un Life-Band ? », dit-elle. « Je l'ai trouvé sur un parking », répond la cliente.

La jeune maman semble vouloir en parler.

Car c'est le bracelet qui a sauvé la vie de son bébé.

Et bien sûr, le bracelet, elle l'avait trouvé dix mois plus tôt, sur le parking du Walmart où Rachel venait de perdre le sien…

Ce jour-là, elle était totalement désemparée. Elle venait d'apprendre qu'elle était enceinte. Son petit ami l'avait aussitôt abandonnée. L'avortement semblait être la seule solution, et il était programmé pour dans deux jours. Terrifiée à l'idée de le subir, la jeune femme en détresse était allée faire des courses juste pour se distraire, pour ne plus y penser. En voyant le bracelet avec le mot « LIFE » par terre, elle n'avait pu s'empêcher de le ramasser et de le fourrer dans son sac.

Mais elle n'y pensa plus avant de rentrer chez elle. Seule, assise sur son lit, pleurant à l'idée de l'avortement qu'elle allait subir, ne sachant pas quoi dire à ses parents, elle se souvint tout d'un coup du bracelet, et le prit dans ses mains. Et s'endormit. Au beau milieu de la nuit, elle se réveilla soudain. Un seul mot s'imposa à elle, « dans sa tête et dans son cœur » : « LIFE. » Le matin, elle annula son rendez-vous pour l'avortement. Le bébé qui était à côté d'elle était une rescapée. Elle aussi, d'ailleurs…

Bien sûr, les deux jeunes femmes – ne pensant ni au restaurant, ni à la commande, ni au service – pleuraient à chaudes et douces larmes. Rachel, entre deux sanglots, expliqua comment elle avait perdu son bracelet « LIFE » dix mois plus tôt, exactement où son interlocutrice l'avait trouvé. Et la jeune maman lui répondit :

« Merci. Si vous n'aviez pas perdu votre bracelet, je n'aurais pas ce beau bébé à côté de moi. »

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France : Christiane Taubira présente le projet de “mariage” homosexuel

Non à l'objection de conscience, prévient le ministre

Tout en annonçant un important « travail de réflexion et d’élaboration du projet de loi » de légalisation du « mariage » des couples homosexuels au cours d’« auditions conduites dans un esprit de grande franchise et de grande écoute », le garde des Sceaux a déjà une religion toute faite sur le sujet. L’égalité, l’égalité et encore l’égalité sera la seule notion déterminante dans ce pseudo-débat et au bout du compte elle fera taire toutes les oppositions, a en substance déclaré Christiane Taubira en présentant les intentions du gouvernement à La Croix :

« Nous sommes bien conscients de toutes les dimensions philosophiques et anthropologiques entourant le mariage. Mais nous estimons qu’elles ne peuvent venir percuter l’exigence d’égalité. C’est à cela, à cette exigence d’égalité, que nous satisfaisons avec ce projet de loi. »

Alors, qu’elle promette ou qu’elle ne promette pas de « discuter » avec les associations favorables ou hostiles au « mariage » gay – qu’elle appelle « le mariage pour tous » –, les « représentants des cultes », etc., le contenu du texte de loi qui sera déposé d’ici à la fin du mois d’octobre avec toute la force d’un projet de loi gouvernemental promis explicitement au cours de la campagne présidentielle, est déjà largement fixé.

Il s’inscrit profondément dans le refus de toute « discrimination » considérée comme un mal en soi, et rejoint un mouvement de fond qui progresse toujours davantage sur le plan international. D’ici à deux semaines, l’Assemblée générale de l’ONU, lors de sa 67e session annuelle, sera invitée à ajouter en droit international « l’orientation sexuelle » et « l’identité de genre » aux catégories contre lesquelles la « discrimination » est interdite, avertit Austin Ruse de l’organisme de veille catholique sur les institutions internationales, C-Fam. C’est cette notion qui est utilisée pour promouvoir le mariage homosexuel, pour imposer l’adoption homosexuelle. N’imaginons pas que l’affaire est marginale et ne concerne que les homosexuels entre eux : outre l’intérêt des enfants – que Mme Taubira prétend avoir pour première préoccupation – il y va des droits de ceux qui refusent ces aberrations pour des motifs éthiques et religieux. En Angleterre, les organismes d’adoption catholiques ont déjà été sommés de choisir entre fermer leurs portes ou fournir leur prestation à des demandeurs homosexuels.

Les prises de position de Mme Taubira laissent entrevoir un même radicalisme. Elle a d’ores et déjà averti, en termes impérieux, que la loi ne prévoirait aucune objection de conscience de la part des maires et officiers publics qui « représentent l’Etat lorsqu’ils célèbrent un mariage ». « Nous sommes dans un Etat de droit, le code civil va être modifié, il s’impose à tous, y compris aux maires », a-t-elle martelé.

Christiane Taubira est consciente de présider à « une révolution sociétale, mais aussi juridique ». En même temps, peut-être pour tenter de faire plus facilement avaler la pilule, elle a annoncé trois limites aux droits des homosexuels « mariés ». Ils ne bénéficieront pas d’une présomption de « parentalité » (la « paternité », ça ne colle plus !), devant passer par la procédure d’adoption pour obtenir des droits parentaux sur l’enfant biologique de leur « époux ». Le projet de loi, en l’état actuel, n’entend pas non plus leur ouvrir l’accès à la procréation médicalement assistée auquel ont droit, dans certaines conditions, les couples « hétérosexuels » : infertilité de l’un ou de l’autre ou existence d’une pathologie grave. Enfin, la légalisation de la « gestation pour autrui » – mères porteuses – n’est pas à l’ordre du jour.

Cependant, par une décision datant de mars 2012 (Valérie Gas contre la France), la Cour européenne des droits de l’homme a fait comprendre qu’à statut égal doivent correspondre des droits égaux. Ainsi entrevoit-on qu’un couple d’homosexuels « marié » satisfaisant à l’une des conditions actuellement en vigueur pour accéder à la procréation médicalement assistée ne pourrait se la voir refusée sous peine de voir le refus condamné par la Cour européenne. On pourrait même aller plus loin, en faisant de l’infertilité de nature des couples homosexuels un motif valable entrant dans le cadre actuel de la loi française. Quant à la « parentalité » présumée, elle existe de plein droit pour les couples mariés : pourra-t-on en exclure longtemps les « époux » gays ?

Pour ce qui est des mères porteuses, la France résiste encore. Mais l’expérience prouve – aux termes d’une enquête menée par le site australien d’informations pro-famille MercatorNet – que la légalisation de l’adoption homosexuelle dans un pays s’accompagne toujours d’un accroissement de la demande de ces services dans des pays plus accommodants avec des femmes suffisamment pauvres pour se laisser exploiter de la sorte.

Mme Taubira a choisi de s’exprimer dans La Croix, c’est tout un symbole. Elle sait que la résistance sera d’abord religieuse même si elle ne se fonde pas sur des exigences confessionnelles. L’éditorial de Dominique Greiner en dit long lui aussi : le journaliste demande à juste titre qu’on sorte du « domaine émotionnel » pour penser d’abord au « bien commun », à la « dimension sociale du mariage » et à la « différence sexuelle », mais il craint déjà que « certains catholiques » ne soient « tentés de faire valoir de manière plus démonstrative leur opposition, quitte à tomber dans la caricature ».

C’est vraiment ça, le danger qui guette la France ?

Cet article a paru dans Présent daté du 12 septembre.

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10 septembre, 2012

Fécondation “in vitro” : la pression monte sur le Costa Rica

Dans la procédure en cours pour tenter d'imposer au Costa Rica la légalisation de la fécondation in vitro, trois juges de la Cour interaméricaine des droits de l'homme – l'équivalent, en gros, de la Cour européenne des droits de l'homme – ont mené une audience publique où ils ont clairement, et même de manière goguenarde, affirmé leurs préjugés. Tout montrait que leur opinion était faite : la manière d'interroger les représentants du gouvernement costaricain, leurs commentaires, leurs mauvaises blagues. Pour Rita Chaves, secrétaire de l'Assemblée législative du Costa Rica, qui a assisté aux séances des 5 et 6 septembre, la partialité des juges ne fait pas de doute, ainsi qu'elle l'a fait savoir en publiant un communiqué à l'issue de  la dernière audience.

« A l'expert juridique, ils ont posé des questions scientifiques ; à l'expert juridique, des questions scientifiques : leur objectif évident était d'embrouiller et de décontextualiser leurs réponses », a-t-elle noté. Et en écoutant les représentants du Costa Rica parler, les juges ne se sont pas privés de gesticuler pour montrer leur désaccord ; quand ils ont évoqué le fait que la fécondation in vitro aboutit à la destruction de nombreux embryons, les juges se sont carrément moqués d'eux.

La même élue costaricaine a observé que la salle où se déroulaient les audiences et le salle contiguë où on pouvait les suivre étaient blindées par un public trié sur le volet – des membres d'associations favorables à la fécondation in vitro et toutes les personnes participant actuellement à une session de formation organisée par la Cour. Les personnes réclamant le droit à la fécondation artificielle étaient aussi présentes, entourées de nombreux proches selon les officiels de la Cour. La presse avait aussi été convoquée en grand nombre. En revanche, Rita Chaves a eu le plus grand mal à obtenir le droit d'entrer…

Tout cela pour voir le président de la Cour, Diego Garcia Sayan, la juge jamaïcaine Margarette May Macauly et l'Uruguayen Alberto Perez Perez manifester ostensiblement leur soutien à l'avortement et aux techniques de procréation artificielle…

Le directeur du Population Research Institute pour l'Amérique latin, Carlos Polo, a fait remarquer que si la Cour juge avec la partialité dont on fait preuve ces juges à l'audience, les lois et constitutions protégeant la vie qui restent en vigueur en Amérique latine seraient en grand danger  : « Ainsi, on laissera le champ libre aux organisations internationales abortistes et cette protection de l'enfant à naître risque d'être renversée », a-t-il observé.

Sans compter que la Cour interaméricaine, ce faisant, outrepasserait sa compétence, puisqu'il lui revient uniquement de se prononcer sur les droits que protège la convention américaine des droits de l'homme, la Pacto de San José. Ni celle-ci, ni aucun instrument international, a-t-il ajouté, ne peut être interprété de manière à imposer au Costa Rica d'autoriser et de réguler la fécondation in vitro.


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08 septembre, 2012

Espagne : l'Eglise continue de récuser une professeur de religion mariée à un homme divorcé

Resurreccion Galera, professeur de religion dans un collège de la ville andalouse d'Almeria, ne retournera pas devant les classes en cette rentrée 2012. Ainsi en a décidé l'évêché d'Almeria malgré un jugement du tribunal constitutionnel qui avait donné tort aux autorités diocésaines d'avoir remercié la jeune femme en 2002 alors qu'elle venait de se marier civilement avec un homme divorcé, Johannes Romes. C'est par communiqué que l'évêché a fait savoir à la presse que Mme Galera n'avait pas reçu de « mission canonique » lui permettant d'enseigner cette matière.

L'affaire se poursuit ainsi depuis dix ans sans être résolue. Fin avril dernier, la jeune femme avait bénéficié d'un jugement ordonnant sa réintégration, mais jusqu'au 31 août seulement : le diocèse a fait appel mais Resurreccion Galera aussi, ne s'estimant pas satisfaite par la mesure. Il faut cependant savoir que celle-ci n'était titulaire que d'un contrat temporaire d'un an lorsqu'elle avait été renvoyée initialement en 2002.

Si le tribunal avait donné raison à Mme Galera, fût-ce partiellement, c'est au nom de son droit de ne pas subir de « discrimination » du fait de sa situation, de sa liberté idéologique et de son droit à l'intimité de sa vie privée et familiale.

Le diocèse, lui, continue d'arguer « qu'il est parfaitement constitutionnel que ne puisse dispenser des cours de religion et de morale catholiques celui qui ne professe pas volontairement les dogmes de cette foi religieuse ». Il invoque également le fait que les accords Eglise-Etat conclus en Espagne en 1979 prévoient que le ministère de l'Education ne peut engager un professeur de religion si ce n'est sur proposition préalable de l'autorité ecclésiastique.

On attend maintenant le résultat des recours introduits.

Tout ça… pour ça :



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06 septembre, 2012

“Mariage” homo : discrimination, le mot qui tue

Prenant tout le monde de court, Jean-Marc Ayrault a annoncé à la sortie du premier Conseil des ministres de la rentrée, le 22 août, que le projet de loi visant à légaliser le « mariage » et l’adoption allait être déposé dès la fin du mois d’octobre. Une contre-proposition, par laquelle les Verts cherchent à s’imposer dans le débat en prenant à leur tour les socialistes de court, a été déposée sur le bureau du Sénat le 27 août (voir notre numéro de mardi). L’histoire s’accélère. Il ne reste au mieux qu’une cinquantaine de jours avant que la machinerie lourde du projet gouvernemental, assuré – a priori – de la majorité absolue au Parlement, soit mise en mouvement.

La mobilisation contre le « mariage » ouvert aux couples de même sexe, c’est ici et maintenant. Par tous les moyens. Tout ce qui ira contre, tout ce qui voudra empêcher cette loi folle, sera bon à prendre et à saluer.

Il faudra se méfier des mots. Le débat, tel qu’il doit se tenir, tel qu’il faudra l’exiger afin que l’on puisse parler en toute vérité d’une question que les gros médias, à la remorque de l’agitation mondiale en faveur de la reconnaissance des unions des couples de même sexe, ont réussi à confisquer, se jouera sur une notion clef : celle de la discrimination.

Et c’est une notion pipée, faussée, dangereuse à manier.

La non-discrimination est aujourd’hui, au cœur de la « morale laïque », une « valeur » qui ne se discute pas, qui s’est médiatiquement imposée, qui est à ce point chargée d’émotion et de bons sentiments que nul ou presque n’ose dire que la discrimination n’est pas toujours un mal. Qu’elle peut être un bien, une nécessité, une prudence.

Avec le refus de la « discrimination à raison de l’orientation sexuelle », aujourd’hui inscrite dans la loi française et aussi, de manière plus agressive encore, dans la Charte européenne des droits fondamentaux, un pas décisif a été accompli pour fausser et confisquer le débat. Celui-ci exige de clarifier d’abord les termes. Je vois avec inquiétude des initiatives et des déclarations contre le « mariage » gay qui s’empressent d’emblée d’affirmer qu’il faut combattre toute discrimination à l’égard des personnes en raison de leur orientation sexuelle. Non pas par mauvaise volonté : c’est une manière, bien entendu, de dire que l’on ne veut pas de mal aux homosexuels que nous respectons et que nous devons aimer en tant que personnes, et approcher avec bienveillance, en voulant leur bien. Mais par une sorte d’automatisme imposé par le langage ambiant : il a fait perdre le sens des mots.

Qu’est-ce que la discrimination ? Littré l’appelait « la faculté de discerner, de distinguer ». Et fait la citation d’un psychologue qui la décrit comme « le fondement de notre intelligence ». Une définition moderne, celle du Larousse, rend compte du glissement de sens actuel : « Fait de distinguer et de traiter différemment (le plus souvent plus mal), quelqu’un ou un groupe par rapport au reste de la collectivité ou par rapport à une autre personne. »

Le fait de s’interdire toute « discrimination », supposée mauvaise parce qu’elle traduit une différence de traitement, à l’égard des homosexuels, c’est déjà accepter de débattre selon les termes imposés, non par « les homosexuels », mais par le lobby qui veut ouvrir l’accès au mariage aux couples de même sexe. C’est le mythe égalitariste. Il a très bien fonctionné en Argentine, par exemple, où, contre la volonté d’une population largement attachée au mariage naturel, traditionnel, normal, le « mariage » gay a été imposé comme le « mariage égalitaire », accessible à tous au nom de la non-discrimination. C’est une logique de plus en plus acceptée dans le domaine juridique. Une notion dangereuse aux conséquences parfois insoupçonnées.

Peut-il être juste de discriminer à l’égard de personnes, de groupes de personnes, d’une religion ? Bien sûr que oui ! Une religion qui prône la mise à mort des apostats peut et doit être discutée ; une secte qui repose sur l’extorsion de fonds et les abus sexuels mérite d’être interdite ; le fait de réserver les postes de fonctionnaires ou de militaires aux nationaux d’un pays est légitime ; interdire l’embauche d’un pédophile condamné pour certains emplois est une mesure de prudence ; refuser l’ordination aux femmes est un droit de l’Eglise catholique ; tant que cela durera, évidemment. Préférer ne pas engager un homosexuel comme assistante maternelle est une liberté – mais à condition de ne pas le dire ainsi, car cela tombe déjà sous le coup de la loi sur la discrimination à l’embauche.

Une discrimination est toujours un choix, et ce choix peut être injuste, méchant, arbitraire. Mais elle est une opération normale et nécessaire de l’intelligence. La nouvelle loi « antiraciste » chilienne, par exemple, moins extrémiste que la nôtre, pénalise les « discriminations injustifiées ».

L’expérience de plusieurs pays plus avancés que la France sur le chemin de l’égalitarisme forcené devrait nous inciter à réfléchir.

Au Royaume-Uni, un couple de chrétiens propriétaires d’une pension de famille qui est aussi son domicile a été condamné pour avoir refusé une chambre à un couple d’homosexuels. Aux Etats-Unis, des procédures s’ouvrent contre des établissements louant des salles pour des mariages qui les ont refusées pour des « mariages » gays. Au Brésil, la loi antiraciste en cours de discussion veut punir de deux ans de prison toute réaction négative à une manifestation d’affectivité d’un couple homosexuel dans tout lieu « ouvert au public » (une église, c’est ouvert au public). Dans les pays scandinaves, en Espagne, des procès ont été intentés contre des prêtres ou des pasteurs qui ont condamné l’acte homosexuel comme moralement mauvais. En France, en application de la loi, il est possible d’être condamné si l’on refuse de louer un appartement à un couple homosexuel en raison de son orientation sexuelle.

Accepter le discours sur la discrimination, c’est se soumettre d’emblée à la dictature du relativisme. C’est ouvrir la porte, demain, à la persécution des religions qui ont un discours moral traditionnel sur le comportement homosexuel.

C’est un danger qu’il ne faut pas minimiser.

Cet article a été publié par le quotidien Présent daté du 7 septembre 2012. Vous a-t-il intéressé ? Faites-le suivre : utilisez l'option « share » ci-dessous.

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La Chine s'accroche à sa politique de l'enfant unique

Nonobstant la demande de plusieurs provinces, le déficit tragique de petites filles éliminées par avortement sélectif ou infanticide et les perspectives sombres d'une population vieillissante, le gouvernement central de la Chine a décidé de ne pas s'engager dans un quelconque assouplissement de la politique de l'enfant unique. Certains gouvernements provinciaux réclamaient la possibilité de permettre la naissance d'un deuxième enfant aux couples si l'un des époux est lui-même enfant unique.

Le directeur de la commission de la population et du planning familial de la province de Guangdong, Luo Wenzhi, a indiqué qu'on n'attendait guère de changement par rapport à cette politique pour le moment, d'autant que les gouvernements locaux n'ont pas le droit d'y toucher de leur propre autorité. Guangdong avait introduit une demande d'assouplissement, rappelle China Daily.

Selon le Center for Strategic and International Studies basé à Washington, la Chine comptera en 2040 27,9 % de personnes âgées de plus 60 ans contre 11,4 % en 2007, tandis que la proportion de personnes âgées de plus de 60 ans par rapport aux personnes actives y passera de 16 pour 100 actuellement à 61 pour 100 en 2050, dans un pays où une majorité de vieillards n'a pas de pension.

Pour autant la Chine continue d'imposer – par tous les moyens, y compris avortements et stérilisations forcés – sa politique de rétrécissement forcené de sa population, et de favoriser ceux qui s'y conforment. Je découvre à l'instant une information publiée début août par China Daily : la province d'Heilongjiang a décidé d'octroyer des aides publiques aux couples de parents qui se sont conformés à la politique de l'enfant unique et dont les deux membres ont plus de 60 ans. Ceux qui ont eu un emploi privé ou qui sont sans emploi y ont bénéficié d'une allocation unique de 3.000 yuan (375 euros).

Au niveau national, la Commission de la population et du planning familial a promis d'améliorer les allocations offertes aux familles rurales ayant adhéré à la politique de l'enfant unique, notamment à l'approche de la retraite : pour les familles urbaines, cela devra attendre puisqu'il est difficile au gouvernement d'allouer des fonds à un groupe aussi important en raison de « l'impératif de la croissance économique », a souligné Lu Jiehua, professeur de sociologie à l'université de Pékin.

Dans la province de Shaanxi, les parents urbains retraités capables de produire leur certificat d'enfant unique reçoivent une allocation mensuelle de 13,25 euros depuis 2011. « Nous ne nous y attendions pas mais sommes heureux de la recevoir comme une marque de respect », commente un fonctionnaire à la retraite.

D'autres allocations sont annoncées, notamment pour les parents dont l'enfant unique est mort ou handicapé de naissance ou par accident.

La population chinoise continue actuellement de croître du fait de son vieillissement.

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Veillées pour la vie naissante

Un groupe Facebook c'est créé en vue de renouveler la « veillée pour la vie » que Benoît XVI avait lancée pour le début de l'Avent 2010. Cette année, c'est le samedi 1er décembre. Le groupe est ici.

L'Evangile de la vie y fait écho. On peut y signaler les veillées et initiatives dont on a connaissance : clic.

Et comme en 2010 et 2011, une carte sera ouverte pour repérer la veillée la plus proche : celle de l'an dernier est ici.

Le site est .


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05 septembre, 2012

Implants contraceptifs : mais où sont-ils passés ?

Ce sont des forums et des blogs qui ont révélé un nouveau scandale autour des implants contraceptifs en Angleterre. Le Daily Mail d'aujourd'hui évoque le cas de « centaines » de femmes chez qui le contraceptif de longue durée « Implanon » du fabricant MSD, filiale des laboratoires Merck a été « perdu » : introuvable là où le médecin l'avait glissé sous la peau du bras, il se trouve quelque part dans le corps. Introuvable au moyen d'une radio ou d'une échographie.

Quelque 800.000 femmes britanniques utilisent l'Implanon, selon le département de la Santé : la barrette, grosse comme une allumette, diffuse du progestérone qui inhibe l'ovulation et qui rend l'implantation de l'œuf dans l'utérus plus difficile, ce qui signifie qu'elle peut avoir un effet abortif précoce. Sa durée normale d'efficacité est de trois ans, date à laquelle on le remplace. Mais ses effets contraceptifs (et contragestifs) peuvent se prolonger jusqu'à 5 ans.

Les femmes qui désirent avoir un enfant peuvent demander que l'implant soit enlevé : lors de sa mise en place, on leur explique que la procédure est simple. Mais elle semble connaître des ratés : une forumeuse, Claire T., explique comment cela fait 5 mois qu'elle attend l'enlèvement de son implant – peut-être le trouvera-t-on grâce à une IRM, raconte-t-elle. Mais elle s'inquiète à l'idée qu'on ne le repère jamais.

Nici Davies, elle, s'était fait poser l'implant en 2010. En avril dernier elle a décidé qu'elle voulait avoir un enfant et a pris rendez-vous pour faire ôter l'Implanon. Trois médecins successifs n'ont pas réussi à le trouver, et elle a été prévenue qu'on n'y réussirait peut-être jamais. A 37 ans, elle craint de ne plus avoir aucune chance d'avoir des enfants. « Pourquoi font-ils la promotion des implants chez les femmes plus âgées alors qu'ils savent que cela peut arriver ? », demande-t-elle.

25 % des femmes qui se rendent dans des cliniques de planning familial optent pour l'implant contraceptif en Angleterre, rapporte le Mail, et quelque 10 % des jeunes femmes de 16 à 19 ans le choisissent pour ne pas avoir à penser à prendre la pilule quotidiennement.

Au vu des problèmes de repérage de la barrette, MSD vient de modifier la formule de l'implant, qui dans sa nouvelle version, Nexplanon, est munie d'un applicateur plus adapté (on a connu de multiples cas de grossesse notamment en raison de mauvaises applications de la barrette) et contient du barium qui le rend visible aux rayons X. Mais l'Implanon est toujours distribué.

Pour ce qui est des effets secondaires, ils sont généralement minimisés par le corps médical mais internet fourmille de témoignages de femmes qui n'en peuvent plus.

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Intégristes, extrémistes, allumeurs de bûchers ?


Lue dans la livraison de septembre de Philosophie Magazine, cette « brève » dans la rubrique « Matière à penser » :

« En Europe, annonce Eric Kaufman, professeur de sciences politiques au Birkbeck College (Londres), le sécularisme devrait décliner à compter de 2050. Quant aux Etats-Unis, les Pro-Life (“anti-IVG”) y représenteront les trois quarts de la population avant la fin du siècle. »
C'est sous le titre :
« A quand les bûchers ? »
Quelle finesse !

Vu de plus près (ici par exemple), il s'agit de la part d'Eric Kaufman d'une réflexion sur la démographie (les conservateurs, les croyants ont plus d'enfants que les autres) et sur les réactions de radicalisation des populations religieuses confrontées à un laïcisme militant. Pour l'Europe, il fait référence au taux de fertilité des populations immigrées musulmanes, la plupart du temps « modérées », s'empresse-t-il de dire,  qui leur assurera un statut de « minorité significative » à l'horizon 2050, à leur radicalisation identitaire et donc religieuse en tant que population « assiégée », et aux alliances qui se forment sur certains thèmes entre eux et les chrétiens conservateurs.

Philosophie Magazine ne craint sûrement pas d'assimiler les pro-vie à des allumeurs de bûchers. La revue a-t-elle vraiment voulu en faire autant à propos des musulmans installés en Europe ?

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03 septembre, 2012

Un tribunal brésilien autorise un avortement en anticipant sur la réforme du code pénal

Une jeune fille enceinte de 16 semaines a obtenu vendredi du tribunal de justice de São Paulo, au Brésil, une décision l'autorisant à « interrompre » sa grossesse du fait de la malformation de son enfant. Une échographie avait permis d'établir que le bébé souffrait du syndrome d'Edwards (la trisomie 18). La presse brésilienne dans son ensemble répète que cette condition est incompatible avec la vie extra-utérine. S'il est vrai que la plupart des fœtus atteints meurent avant même de voir le jour, le diagnostic de survie de ceux qui naissent vivants est de plusieurs mois, voire, dans de très rares cas, de plusieurs années : jusqu'à 18 ou 19.

Tout cela fait de ce jugement une affaire évidemment idéologique. Le juge Ricardo Cardozo de Mello Tucunduva, de la 6e chambre criminelle du tribunal, a infirmé le refus du premier juge d'accéder à la demande de la jeune femme en faisant comme si le bébé n'avait strictement aucune chance de survie, et en ajoutant foi à l'allégation selon laquelle la mère risquait sa vie si elle poursuivait sa grossesse. Pourquoi ? Aucune source brésilienne ne confirme ce motif qu'elle a avancé en appel : garder le fœtus en son sein, disait-elle, était « potentiellement dangereux », car cela pouvait porter atteinte à sa santé voire la mettre en péril de mort.

A ce compte-là, en parlant de danger potentiel, on pourrait justifier de mettre fin à n'importe quelle grossesse…

Le juge avait manifestement envie de créer sa jurisprudence, après celle qui a autorisé l'avortement des anencéphales au Brésil au printemps. C'était déjà une entorse à la loi, l'article 128 du code pénal brésilien n'excusant l'avortement (depuis 1940 !) que dans deux cas : danger de mort pour la femme ou grossesse résultant d'un viol.

Le juge a expliqué que la loi ayant plus de 70 ans, elle doit être interprétée avec une certaine « élasticité » (pour lui faire dire ce qu'elle n'a pas dit), et il est allé plus loin, expliquant que la nouvelle rédaction de l'article 128, aujourd'hui en discussion devant le Sénat brésilien, crée de nouveaux cas d'avortement légal et qu'en somme il ne faisait qu'anticiper.

Anticiper sur un texte qui n'a pas été voté, qui n'a pas reçu sa « bénédiction » démocratique, c'est ça l'Etat de droit ? Réponse : oui, pourvu que cela aille dans le sens des progrès de la culture de mort…

Le juge Cardozo de Mello le dit clairement : le projet de loi comporte une incise qui correspond précisément à l'affaire, où, respectant les exigences d'une loi qui n'existe pas encore, on a pris soin de faire constater la malformation de l'enfant par deux médecins. « L'incise III décrit une hypothèse qui s'ajuste à ce cas comme un gant », écrit-il.

« Comme un gant »… pas tout à fait puisqu'en dehors de l'anencéphalie, le texte prévoit que les anomalies constatées rendent « la vie extra-utérine non viable » : ce n'était pas le cas ici.

On lit dans le projet de loi d'autres motifs d'avortement légal, qui à l'aune de cette jurisprudence pourraient être invoqués en dehors de tout vote ou promulgation du texte :

— Danger pour la vie ou pour la santé de la femme enceinte ;

— Si la grossesse « résulte d'une violation de la dignité sexuelle » (sic) ou de « l'emploi non consenti d'une technique de reproduction assistée » ;

— Anencéphalie ou anomalie incompatible avec la vie extra-utérine ;

— A le demande de la femme enceinte, jusqu'à la 12e semaine de gestation, si un médecin ou un psychologue atteste que la femme ne présente pas les conditions psychologiques lui permettant de faire face à la grossesse.

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01 septembre, 2012

France : une proposition de loi pour le mariage homosexuel

Esther Benbassa
Le lundi 27 août dernier a été déposé à la présidence du Sénat une proposition de loi visant à légaliser le mariage homosexuel. Elle porte la signature de tous sénateurs écologistes (EELV), emmenés par Esther Benbassa : Mmes Leila Aïchi, Kalliopi Ango Ela, Aline Archimbaud, Marie-Christine Blandin, Corinne Bouchoux, et MM. Ronan Dantec, Jean Dessessard, André Gattolin, Joël Labbé, Hélèbe Lipietz – celle-ci nommée, curieusement, parmi les messieurs signataires, ça doit faire genre – et Jean-Vincent Placé.

Ce texte sera-t-il le « bon » ? Celui qui sera discuté effectivement ? Ou le gouvernement Hollande lancera-t-il à son tour un projet ? Pour l'heure, la proposition, qui a été selon l'expression consacrée « envoyée à la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d'administration générale, sous réserve de la constitution éventuelle d'une commission spéciale dans les conditions prévues par le Règlement », mérite cependant d'être étudiée attentivement, car son exposé des motifs contient des arguments qui seront repris, c'est certain, au cours de la campagne pour le « mariage » gay qui s'annonce.

Voici les points importants de ce que la proposition entend faire légaliser.
  • Légalisation du mariage des personnes du même sexe par une modification explicite du code civil.
  • Elimination de toute référence au sexe dans les lois régissant le mariage, au profit de termes neutres : époux, beaux-parents etc.
  • Adoption plénière ouverte aux couples de même sexe, s'ils sont mariés, adoption simple par les pacsés ou concubins.
  • Révision des accords bilatéraux d'adoption à l'étranger pour éliminer les refus opposés aux couples homosexuels par certains pays.
  • Ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples de femmes, en reconnaissance de la « demande parentale d'un couple de femmes » ajoutée aux conditions exigées pour pouvoir y recourir.
  • Transcription à l'état-civil français des actes de naissance des enfants nés par « gestation pour autrui » (mère porteuse) à l'étranger.
La proposition de loi s'abstient volontairement d'introduire plusieurs changements souhaités par les sénateurs EELV, laissant aux « états généraux sur la famille en vue de la réforme du code civil » le soin de débattre de la notion de « parentalité », et de la présomption de paternité que « plusieurs associations LGBT voudraient voir remplacée par la présomption de parentalité » (pour que l'« époux » du même sexe soit présumé parent de l'enfant). Les mêmes états-généraux seraient l'occasion de faire légaliser la « gestation pour autrui » (et tant pis pour l'exploitation des femmes pauvres que cela suppose : la pire qui soit…).

Pour ce qui est des raisons avancées à l'appui de la proposition dans l'exposé des motifs, elles visent, sans surprise, les sondages dits favorables au « mariage » homosexuel, le principe de non-discrimination (dont il faut rappeler qu'il a été fortement affirmé par la Cour européenne des droits de l'homme disant qu'à partir du moment où les couples homosexuels avaient accès au mariage civil, ils devaient bénéficier de l'entièreté de ses droits), et l'évolution déjà largement entamée des droits des homosexuels avec un pacs qui s'est de plus en plus aligné sur le mariage, le pacs étant présenté comme « un des avatars du mariage ».

Sur le plan de la logique de l'interprétation du droit comme il va, il n'y a me semble-t-il pas grand chose à opposer à cela. Du moins si l'on admet que les intérêts de l'enfant ne sont pas lésés par le fait de grandir auprès d'un couple homosexuel…

Je lis avec intérêt ces paragraphes de l'exposé des motifs.
(1) Certes, le fait de réserver le mariage à des couples de sexes différents est clairement un dispositif de régulation sociale. En même temps, l'accorder aux personnes du même sexe n'apporte et ne retire rien aux couples de sexes différents. Il convient en ce cas de s'interroger sur la légitimité de ce refus, sauf à considérer que le mariage entre personnes du même sexe risque de mettre irrémédiablement en cause le contrôle social sur les couples et les familles. 
(2) Si l'objectif du mariage civil n'est pas la procréation comme l'entendait l'Église, il semble difficile de trouver une raison convaincante d'empêcher la réalisation du mariage souhaité par deux hommes ou deux femmes qui s'aiment. Il faudrait alors préconiser l'interdiction du mariage de couples stériles ou n'étant plus en âge de procréer. En outre, les nouvelles techniques d'aide à la procréation ont révolutionné le rapport des couples à cette dernière, rendant notamment possible à ceux qui le souhaitaient de réaliser un projet familial. 
(3) Si le mariage consacre l'amour entre deux personnes, croit-on que des personnes du même sexe ne sont pas en mesure d'éprouver l'une pour l'autre ce sentiment qui n'a pas de sexe ? Retenir cette hypothèse reviendrait à réduire à la sexualité seulement les relations amoureuses entre deux personnes du même sexe. 
Il y a là trois points auxquels il faut réfléchir. Le premier s'énonce à peu près ainsi : le mariage des homosexuels ne change rien à la situation des mariages hétérosexuels, l'interdiction n'indiquant qu'une (coupable) volonté de « contrôle social sur les couples et les familles » : ce serait donc une atteinte aux libertés dont les couples hétérosexuels sont victimes du fait même de leur statut privilégié.

Ici il faut répondre avec netteté – et ce ne sera pas facile – que la société, le bien commun exigent que ce contrôle social se fasse effectivement, dans le respect des libertés et des droits des familles qui contribuent à la pérennité de la société, en promouvant celles-ci, en évitant que les enfants deviennent objets de désir, en faisant le maximum pour que leur droit d'être élevés conjointement par leur vrai père et leur vraie mère soit sauvegardé de manière durable.

Le deuxième point, qui frappe, ma foi, très fort mais de manière incomplète, affirme que si le mariage a pour finalité la procréation « comme l'entendait l'Eglise », alors il serait logique d'en exclure les homosexuels.

C'est le point central. Présenté de manière injuste puisque ce n'est pas seulement l'« Eglise » qui affirme cela, mais la raison, et la sagesse multi-séculaire des religions et des peuples. Peu à peu la finalité première du mariage, la procréation, est passée au second plan dans beaucoup d'esprits, même des esprits d'Eglise. Jusqu'à disparaître psychologiquement au fur et à mesure que la contraception, le divorce, l'union libre sont venus dévaluer le mariage.

Il faut bien comprendre à cet égard que s'il est vrai que le « mariage » homosexuel dévaluera certainement le mariage que nous appelons normal, naturel, traditionnel – il faudra se mettre d'accord sur le terme –, le fait que les pouvoirs publics en soient aujourd'hui à l'envisager procède d'une dévaluation préalable. C'est la dévaluation du mariage lui-même : elle a déjà eu lieu et elle a fait du mariage instable, infécond par choix, fondé sur le seul sentiment, facile à rompre, une quasi norme sociale.

Autrement dit, le mariage, en oubliant sa finalité, s'ouvre forcément à tous vents. La bataille contre la légalisation du mariage homosexuel en sera singulièrement compliquée. C'est pourquoi, probablement, elle sera sur le bien et le droit des enfants. La réflexion devrait pourtant aller plus loin.

Passons sur le mariage qui devrait, aux dires des sénateurs, être aussi interdits aux couples stériles ou trop âgés pour procréer. C'est la différence entre la potentialité et l'impossibilité de nature qui compte ici, l'acte homosexuel étant par nature infécond et non par accident.

Troisième point : l'amour. Les adversaires du mariage homo disent-ils que deux partenaires homosexuels sont incapables d'amour l'un pour l'autre au-delà de la relation homosexuelle ? Il me semblerait injuste de dire les choses de façon aussi absolue. Mais il y a un véritable amour entre parent et enfant, entre deux amis proches, entre frère et frère ou frère et sœur, etc., et il n'ouvre aucun droit au mariage. Ce n'est pas l'amour, pour profond qu'il soit, qui fonde l'institution du mariage. Pas n'importe quel amour. Pas n'importe quelle union.

Il est important de comprendre que c'est bien sur l'existence de rapports physiques que les homosexuels qui demandent l'accès au mariage fondent celle-ci, rapports physiques dont on a préalablement exclu toute notion de finalité. On revient aussitôt au point numéro 2.

Non, le mariage ne consacre pas uniquement l'amour-sentiment entre deux personnes : il est un engagement, une alliance, une communion de personnes dans laquelle l'homme et la femme entrent librement en vue de plusieurs biens : il consacre et affirme la volonté de rechercher toujours le bien de l'autre – amour vrai –, quoi qu'il arrive, fidèlement et jusqu'à la mort, en vue de la procréation et de l'éducation des éventuels enfants qui naîtront et dont le bien sera alors l'œuvre commune de l'homme et de la femme qui leur auront donné le jour.

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