17 août, 2012

L'avortement pour sauver la vie de la mère ? En Irlande, on dit non. Avec des chiffres

Le département de la Santé au Royaume-Uni a publié des statistiques la semaine dernière indiquant que depuis la légalisation de l'avortement en 1967 en Angleterre et au Pays de Galles et jusqu'en 2011, 0,006 % des interventions ont eu pour but de « sauver la vie de la mère » ou d'empêcher qu'elle subisse un dommage grave et permanent sur le plan physique ou mental. 143, sur plus de 6 millions…

Lord David Alton
Sur ces effarants 6 millions, 23.778 autres avortements, soit 0,37 % du total, ont été pratiqués dans ces deux pays parce que la poursuite de la grossesse comportait un plus grand « risque » pour la vie de mère que la mise en œuvre de l'avortement, selon ces chiffres publiés par Lord David Alton, ancien député travailliste qui aujourd'hui à la chambre des Lords préside un comité parlementaire pro-vie. On n'est plus là dans le cas d'un danger de mort pour la mère, mais d'une appréciation nécessairement subjective du risque.

En Irlande du Nord, signale l'association pro-vie Precious Life, le département de la Santé, des Services sociaux et de la Sécurité publique avance une moyenne de 79 avortements par an sur cinq ans pour « sauver la vie de la mère ». En deux ans, le mouchoir de poche nord-irlandais totalise donc autant de ces opérations que l'Angleterre et le Pays de Galles réunis en 44 ans. Rien ne justifie cette extraordinaire disparité, signale la directrice de Precious Life, Bernadette Smyth, d'autant que l'Irlande du Nord affiche le plus bas taux de mortalité maternelle du Royaume-Uni : « Il n'y a pas de lieu plus sûr pour accoucher. »

Precious Life a donc réitéré la demande qu'elle renouvelle depuis que des statistiques d'avortement sont publiées en Irlande du Nord : comment les services de santé peuvent-ils justifier le recours au motif de la sauvegarde de la vie de la mère vingt fois plus souvent que dans les pays voisins qui ont une population autrement plus importante, et ce alors que le fait de mettre fin à a vie d'un enfant à naître constitue un délit très grave ? « Il y a une claire distinction entre l'avortement – la mise à mort délibérée d'un enfant à naître – et un traitement médical réellement nécessaire pour sauver la vie qui peut causer la mort de l'enfant à naître sans intention de la donner », rappelle Bernadette Smyth.

Pour ce qui est de l'Angleterre et du Pays de Galles, les chiffres de l'avortement posent aussi des questions graves. Ils indiquent que dans 99,5 % des cas, l'avortement a été pratiqué alors qu'il n'y avait pas de risque pour la santé de la mère à poursuivre la grossesse, alors même que la loi de 1967 n'autorise l'opération (jusqu'à 24 semaines de gestation) qu'en cas de danger de mort pour la mère, ou si le risque lié à la poursuite de la grossesse est estimé plus important que celui lié à l'avortement, ce risque étant évalué par rapport à la santé physique ou mentale de la femme enceinte ou des enfants déjà nés dans sa famille, ou encore si l'enfant court un « risque substantiel » de souffrir d'anomalies physiques ou mentale de nature à le handicaper gravement. Dans ce dernier cas de figure, comme en France, l'avortement est autorisé jusqu'au terme.

Les statistiques officielles de l'avortement en Angleterre et au Pays de Galles montrent que dans l'immense majorité des cas, ces conditions ne sont pas remplies. De telle sorte que les mouvements pro-vie britanniques estiment que l'avortement s'y pratique à la demande.

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16 août, 2012

La Haute Cour de Londres dit “non” à l'euthanasie – mais on la pratiquerait déjà…

Ce jeudi, la Haute Cour de Londres a rejeté la demande d'un homme paraplégique, Tony Nicklinson, 58 ans, qui réclamait le « droit de mourir » en obtenant une promesse d'impunité pour les médecins qui prendraient sur eux de le mettre à mort. Nicklinson assure vivre un cauchemar éveillé et a annoncé vouloir faire appel.

Le juge a qualifié son cas d'« émouvant » mais a refusé de prendre une décision qui modifierait de manière fondamentale le droit britannique : « Dans notre système de gouvernement, c'est au Parlement de décider  », écrit-il. La décision de rejet a été applaudie à la fois par SPUC (Association pour la protection de l'enfant à naître) et par la British Medical Association qui est opposée à toute légalisation de la « mort assistée », au motif qu'il n'est pas dans l'intérêt de la société qu'un médecin puisse légalement mettre fin à la vie de son patient.

Nicklinson ayant invoqué l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme (droit à la vie privé) on peut supposer qu'il entend mener cette affaire jusque devant la Cour de Strasbourg.

Arie K
En attendant le président de la KNMG (Association royale des médecins néerlandais), Arie Nieuwenhuijzen Kruseman, a déclaré que « l'euthanasie est pratiquée partout : en Angleterre ils le font aussi », rapporte BBC News. Il invoque les confidences personnelles de médecins britanniques qui disent, selon lui, utiliser du potassium IV, de l'insuline à hautes doses, de la morphine.

Des médecins néerlandais assurent pour leur part que l'affaire Nicklinson est un « cas d'école » prouvant que les patients doivent dans certains cas avoir le choix de décider de mourir, un avis partagé par le président de la KNMG qui affirme : « Si la seule possibilité est la mort par euthanasie, alors il est de la responsabilité du médecin de l'accepter alors que le patient est victime de souffrances insupportables ». Il regrette l'absence d'un débat public au Royaume-Uni, ce qui permet selon lui que l'on y pratique l'euthanasie de manière clandestine et non régulée.

Sans comprendre que l'euthanasie régulée n'est qu'une relativisation de la vie.

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14 août, 2012

Cette femme a fait supprimer ses jumelles…

Elle était enceinte de 20 semaines. Elle avait déjà des filles. Elle attendait des jumeaux. Des jumelles, en fait, et elle ne voulait pas d'autre petite fille. Alors elle a demandé – et obtenu – un avortement à 20 semaines. Parce qu'elle attendait deux bébés, sa grossesse était très visible. Voici la photo qui, en une semaine, a fait le tour de la Toile :



L'image était tellement choquante que beaucoup ont crié au « hoax », à la manipulation.

Hélas, non. Kelly Clinger, une femme américaine, chanteuse – elle chantait jadis dans le chœur de Britney Spears – l'a vue s'approcher de la clinique Women's Center d'Orlando, Floride, le jour réservé aux avortements tardifs. Kelly Clinger va y prier régulièrement. C'est un endroit qu'elle connaît bien : c'est là qu'elle avait elle-même, il y a douze ans, subi un avortement bien plus précoce, mais aussi traumatisant ; c'est là qu'elle revient pour dire sa souffrance aux femmes qui s'apprêtent à faire la même erreur. Kelly Clinger s'est convertie après avoir tout vécu : la dureté de l'industrie de la musique populaire, un divorce, la toxicomanie…

Elle atteste que cette jeune femme enceinte de jumelles est restée fermée à tous les appels des volontaires qui priaient près de la clinique, appels accompagnés d'offres d'aide concrète. Elle a tout simplement répondu qu'elle ne voulait plus de filles et qu'elle n'avait aucune compassion pour les filles qu'elle portait. Son avortement a duré deux jours ; elle a accouché de ses enfants morts dans les toilettes.

La condamner ? Certes non : il faut implorer l'infinie miséricorde de Dieu. Car c'est cette mère qui risque de souffrir le plus, un jour, de cette décision mortelle, peut-être au point de se croire impardonnable.

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Cardinal Cañizares : “Nous n’aurions pas de crise économique si ne s’était pas d’abord produite la crise de l’avortement et la crise de la famille dans les années 1970”


L’engagement des catholiques dans la société

Lors d’une conférence très remarquée donnée le 6 août dans le cadre des cours d’été organisés par l’Université catholique de Valence (Espagne) à Santander, le cardinal Cañizares a parlé de la « Nouvelle évangélisation » dans le contexte de la crise économique espagnole. Je vous propos ici ma traduction d’extraits significatifs tirés de la version audio de cette conférence décapante, disponible actuellement pour les hispanophones sur le site www.diocesisdesantander.com. La plus grande partie de cette traduction a été publiée dans le quotidien Présent daté du 14 août, disponible en ligne depuis le 13 à midi.

Laïcisme. « Dans la crise que nous vivons, et qui est tout sauf passagère – dire cela, c’est une erreur, c’est une crise d’humanité très profonde – nous sommes en face d’un changement évident de l’humanité : c’est une crise économique, certes, mais plus encore nous sommes face à une rupture d’humanité, et ce qui est en jeu, c’est l’homme. Nous sommes devant une sécularisation si terrible de notre société qu’elle est devenue un laïcisme. Et ce n’est pas seulement un laïcisme qui a pu être imposé par des partisans, mais un laïcisme au sein d’une société sécularisée, qui frappe même l’Eglise. Qui frappe l’Eglise en Espagne.

« Nous autres évêques avons dit il y a quelques années dans un document de la Conférence que nous devons prêter une attention spéciale à la sécularisation interne de l’Eglise. La question qu’elle soit affronter, disions-nous, ne se trouve pas tant dans la société ou dans l’environnement culturel, mais en son propre sein. » (…)

• Racines chrétiennes. « Il y une urgence très grande : raviver les racines chrétiennes de notre Espagne. Ce n’est pas seulement une question de culture ou un mimétisme de domination, bien au contraire : c’est simplement parce que l’avenir est là. Les racines chrétiennes, c’est la confession de la foi en Notre Seigneur Jésus-Christ, fils unique. Il n’y a pas d’autre avenir. Il n’y en a pas d’autre.

« Le document Dominus Iesus est de la plus haute actualité, d’une actualité maximale en ce moment. Seul Jésus-Christ sauve. Il est l’unique ; il n’y a pas d’autre rédemption. Il n’y a personne d’autre. Ce disant on ne rejette personne, bien au contraire : c’est incorporer tous et chacun là où ils peuvent rencontrer l’amour de Dieu (…) dont la gloire est que chaque homme le rencontre. Benoît XVI, commentant la première tentation de Jésus, demande : qu’est venu apporter le Christ ? Et il répond simplement : « Il est venu nous apporter Dieu. » Rien d’autre que Dieu. Et c’est cela, cette chose fondamentale, que l’Eglise doit apporter. L’Eglise n’a ni or ni argent, elle a seulement une Parole et une mission : annoncer Jésus-Christ. (…) Dieu seul. » (…)

• Importance de la liturgie. « Et pourtant Dieu n’est pas mis au-dessus de tout. Nous parlons d’évangélisation, mais nous sommes en train d’oublier l’endroit où Dieu est au-dessus de tout : dans la liturgie. (…) Sans la liturgie, nous ne pouvons pas avancer, sans l’Eucharistie, nous ne pouvons pas avancer ni apporter quoi que ce soit, véritablement, qui vaille la peine, car ce que nous avons à apporter, c’est la réalité de Dieu Lui-même. »

• Laïcité… « Nous sommes poussés, en définitive, à une nouvelle évangélisation, et c’est elle qui est la réponse au défi du futur. Ils ne manqueront pas, ceux qui, voyant cela, diront : « Bien, nous ne sommes quand même pas en train d’essayer de revenir à un régime de chrétienté, alors que nous vivons au sein d’une société plurielle, post-sécularisée, etc. Alors que nous avons la séparation nette entre le civil et le chrétien, l’Etat et l’Eglise – tout va très bien. » Mais je ne plaide pas pour la confusion entre l’Eglise et l’Etat, ni pour la confusion entre le civil et le chrétien. Ni pour une Eglise spiritualiste, désincarnée, qui se désintéresserait des grands problèmes qui affectent notre société. Précisément, parce qu’aux yeux de l’Eglises, les hommes importent plus que tout, parce que l’Eglise s’inquiète du pauvre, du dernier des derniers, celui qui n’a pas de défense, l’innocent, précisément pour cela elle est poussée en ces moments à une nouvelle évangélisation. » (…)

• « La confrérie des absents » « Il est nécessaire que nous promouvions et que nous encouragions la présence des catholiques dans la vie sociale et publique. (…) Beaucoup de fidèles chrétiens grossissent les rangs de ceux que j’appelle « la confrérie des absents ». C’est une confrérie qui a de nombreux membres qui ne veulent pas en sortir ; ce sont les absents de notre monde, les absents de la politique, les absents des moyens de communication, les absents du monde de la science : ils laissent de côté, dans le monde de la science, de la politique, de l’économie, de la culture, etc., ils laissent à la porte la réalité de la Foi.

« Nul dans l’Eglise, personne ou institution, ne devrait aller grossir ces rangs, où l’on établit quelque chose d’aussi antichrétien – d’aussi antichrétien ! – que la séparation de la Foi et de la vie, et la réduction de la Foi à la sphère privée. La plus grande tromperie qui puisse exister, c’est de croire que la Foi se cantonne à la vie privée : « Je suis croyant, mais au sein de mon parti je dois agir conformément à ses critères. » Non ! Non ! Je le dis clairement, non !

« Il est nécessaire d’impulser la présence des catholiques dans la société, et d’encourager le témoignage de la charité chrétienne dans notre monde. Chrétiens, nous sommes appelés à offrir et à rendre présent le grand signe de la charité dans les réalités du monde d’aujourd’hui, ou, ce qui est la même chose, montrer la force de transformation et de renouvellement qui est celle de l’Evangile, dans les réalités de notre monde et de notre histoire. »

• « Ecologie », avortement. « Je prends un exemple. La charité qui réclame la défense de l’écologie environnementale, bien comprise, ne parle pas d’écologie de l’environnement, mais réclame une écologie humaine. La charité qui réclame le bien commun véritable, le bien social, ne sera pas une charité véritable si elle n’affirme pas la reconnaissance et la dignité de l’être humain, de tout être humain. C’est pourquoi le chrétien qui, par exemple, demeure impassible devant l’avortement, qui se limite à l’action économique en disant que l’avortement est une question privée, celui-là dit que la charité n’atteint pas tous les domaines de la vie (…).

« Sur ce terrain, les appels à une présence chrétienne dans le monde sont abondantes et variées, ils dépassent une tendance et une manie à la privatisation de la foi à laquelle on voudrait nous réduire et où il est si facile de tomber. » (…)

• Culture et relativisme. « Les fidèles laïcs doivent être très présents dans le monde de la culture. Je ne sais pas si nous nous rendons compte que le monde ne se joue pas dans l’économie, mais dans la culture. Cela fait déjà bien des années que le monde actuel se joue dans la culture, une nouvelle culture qui tente de s’imposer, une culture sans Dieu. Où l’homme, par conséquent, ne compte pas. Une culture qui est terriblement marquée par le relativisme : une culture où la vérité ne compte pas. C’est la culture où la nature ne compte pas, où priment la décision et la liberté. »

• Idéologie de genre, avortement et crise. « Nous avons l’idéologie la plus perverse qui ait existé dans toute l’histoire de l’humanité qui est l’idéologie de genre. C’est la culture réduite à une création humaine : c’est l’homme en définitive ; Dieu, on ne le laisse pas agir, il n’existe pas, il n’y a pas de nature, pas de vérité, pas de « grammaire humaine » qui identifie tous les hommes, rien de tout cela. Il n’y a que la décision.

« Derrière l’avortement, il y a la décision.

« Derrière la crise économique, qu’y a-t-il ? Il y a la décision. Des messieurs ont voulu vivre, tous nous avons voulu vivre au-delà de nos moyens. Nous avons dépensé plus que nous ne pouvions dépenser, plus que nous n’avions, que ce soit à titre individuel, au sein des familles, dans le monde politique, les institutions. Mais c’est le fruit d’une décision, prise dans l’oubli de ce qu’est le bien commun total, il ne compte plus. La personne ne compte plus. Le relativisme entraîne comme conséquence que la personne n’existe plus.

« Bien plus : que dit l’avortement ? Il dit que l’homme, les pouvoirs de ce monde, les parlements, les gouvernements, etc. décident quand il y a une personne, la personne n’existe pas en elle-même.
« Qu’y a-t-il derrière l’économie que nous avons actuellement ? Un “économicisme” où la personne ne compte pas. C’est l’économie pour l’économie elle-même. Elle ne se fait pas en fonction de la personne, et surtout pas en fonction de la personne la plus faible, la plus indigente, celle qui est le plus dans le besoin en définitive.

« Les racines de l’avortement qui sont aussi celles de l’économie. Je vous le dis sincèrement : nous n’aurions pas de crise économique si ne s’était pas d’abord produite la crise de l’avortement et la crise de la famille dans les années 1970, les années 1960. Car si l’on ne tient pas compte de la personne, on ne tient pas compte de l’endroit où cette personne naît et grandit : dans la famille. »

• Agir selon le Christ. « C’est pourquoi il s’agit là d’un champ d’action où les laïcs doivent être très, très présents, pour rendre possible une nouvelle culture qui n’est possible qu’en pensant les choses en conformité avec cette pensée nouvelle, ce sentir nouveau, cette manière d’agir nouvelle, en la personne de Jésus-Christ.

« Nous avons aussi besoin d’une nouvelle évangélisation dans le monde de la pensée, et celui de la science. La science n’est pas contre la foi, bien au contraire. La science est une conséquence de la foi. Le développement de la science a été possible grâce à la foi catholique : c’est une réalité historique. En outre, la foi stimule en vue de la science, pour découvrir la réalité qui a été, qui a été donnée, il s’agit de pénétrer cette réalité en conformité avec la pensée de Dieu. »


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L’appel du cardinal Cañizares à prier pour l’Espagne

Le cardinal Antonio Cañizares Llovera, ancien archevêque de Tolède, aujourd’hui à Rome dans divers dicastères et Congrégations, profite de son passage en Espagne pour appeler tous les catholiques espagnols à prier pour leur patrie. Ce n’est pas une démarche publique et officielle au même titre que celle du cardinal Vingt-Trois en France ; le « petit Ratzinger » (comme on le surnomme) s’est exprimé dans le journal La Razon où il a signé deux chroniques sur le sujet à une semaine d’intervalle ; je vous propose ma traduction intégrale de la seconde, parue le 7 août.
La semaine précédente, il écrivait que dans la situation critique où se trouve l’Espagne, alors que chacun est appelé à contribuer au bien commun de toutes sortes de manière, « nous devrions prier, prier beaucoup », car c’est en la prière que « surgit l’espérance qui ne permet jamais de se croiser les bras ». « Catholiques, luttons avec “notre arme”, manifestons que nous sommes les disciples de Jésus, (…) comme des hommes qui reconnaissent que Dieu est la source de tout bien et que tout secours vient de Lui ».

Il poursuivait : « C’est pourquoi, ici, j’invite, je demande, à tous ceux qui voudront m’écouter, que nous lancions un mouvement large et vigoureux des catholiques pour prier pour l’Espagne, conscients et sûrs de ce qu’il s’agit de la première et de la principale chose que nous pouvons et devons faire comme engagement et comme service que nous devons à notre Patrie qui traverse une situation si difficile, avec des implications aussi nombreuses et aussi graves et avec des conséquences prévisibles pour son avenir. Familles, communautés de vie contemplative, priantes, communautés et fraternités religieuses dans la vie active, paroisses, associations et mouvements apostoliques, nouvelles réalités ecclésiales, enfants, jeunes, adultes, anciens, laïcs et prêtres, tous, nous devrions prier intensément et beaucoup, avec une foi véritable, en ces moments, pour l’Espagne. Dieu le veut. L’Espagne, dans tous ses lieux et dans toutes ses régions, en a besoin. »

Le ton, vous l’avez vu, est très différent de celui de la « prière universelle » proposée par le cardinal Vingt-Trois. Il nous dit clairement qu’en temps de crise – et celle de l’Espagne est actuellement sans commune mesure avec ce qui se passe en France – se tourner vers Dieu est la seule solution porteuse d’espérance. – J.S.

La semaine dernière, en cette même page, j’invitais, j’obligeais presque les catholiques espagnols à prier pour l’Espagne dans la situation si délicate où elle se trouve. Je reviens sur cette idée, conscient de ce qu’il s’agit d’un devoir et d’un service de charité qui trouve sa source dans la foi que nous professons en l’Eglise.

« La bienheureuse Teresa de Calcutta est un exemple particulièrement manifeste que le temps consacré à Dieu dans la prière non seulement ne nuit pas à l’efficacité ni à l’activité de l’amour envers le prochain, mais en est en réalité la source inépuisable. Dans sa lettre pour le Carême 1996, la bienheureuse écrivait à ses collaborateurs laïques: « Nous avons besoin de ce lien intime avec Dieu dans notre vie quotidienne. Et comment pouvons-nous l’obtenir ? À travers la prière. » (Benoît XVI, Deus Caritas est, n° 36.) 
Nous ne pouvons rien accomplir sans Dieu ; je suis témoin, et plus encore, ils sont très nombreux, innombrables tout au long de l’histoire, les témoins de ce que le psalmiste dit vrai : « Toutes nos entreprises, c’est toi qui les mènes à bien », en s’adressant à Dieu. Nous avons tous besoin de nous tourner vers le Seigneur, de le rencontrer, lui qui, nous le savons, nous aime sans mesure, de l’écouter, de parler avec lui, de nous familiariser avec son amour et ses « coutumes » toujours miséricordieusement favorables à l’homme, de le connaître davantage et mieux pour suivre sa lumière et ses pas, jouir de sa grâce, de sa providence, de son aide qui ne fait jamais défaut et qui nous soutient toujours, et de sa consolation, pour accueillir et faire sa volonté qui est, de loin, ce qu’il y a de mieux. Il est nécessaire, absolument nécessaire, comme nous l’enseigne Jésus, « de prier toujours et sans cesse », mais cela est encore plus nécessaire lorsque dans des situation assez extrêmes, comme celle que vit actuellement l’Espagne, nous demandons : « D’où viendra le secours, cette aide dont nous avons besoin ? » La réponse ne peut être différente, certainement, de celle donnée par l’un des psaumes devant une situation limite : « Mon secours est dans le Seigneur, qui a fait le ciel et la terre. » 
La situation que nous subissons n’est pas une pierre inexorable, impossible à soulever. « C'est un Dieu personnel qui gouverne les étoiles, à savoir l'univers » et même l’histoire : « ce ne sont pas les lois de la matière et de l'évolution qui sont l'instance ultime », celles des marchés ou des pouvoirs « économicistes », celles des rapports de forces ou des intérêts politiques, quelle que soit leur couleur, « mais la raison, la volonté, l'amour – une Personne. Et si nous connaissons cette Personne et si elle nous connaît, alors vraiment l'inexorable pouvoir des éléments matériels n'est plus l'instance ultime; alors nous ne sommes plus esclaves de l'univers » – ni d’autres puissances apparemment inexorables – « et de ses lois, maintenant nous sommes libres. (…) Le ciel n'est pas vide. La vie n'est pas un simple produit des lois et des causalités de la matière », ou d’autres forces inamovibles, comme ont pu sembler l’être les économies, « mais en tout, et en même temps au-dessus de tout, il y a une volonté personnelle, il y a un esprit qui en Jésus s’est révélé comme Amour » (cf. Benoît XVI, Spe Salvi, n°5). 
Par la prière, exprimée par exemple dans le psaume 22, nous reconnaissons cette volonté de l’amour : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien… Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains rien car il est avec moi. » « Le vrai pasteur est Celui qui connaît aussi la voie qui passe par les ravins de la mort; Celui qui marche également avec moi sur la voie de la solitude ultime, où personne ne peut m'accompagner, me guidant pour la traverser: Il a parcouru lui-même cette voie, il est descendu dans le royaume de la mort, il l'a vaincu et il est maintenant revenu pour nous accompagner et pour nous donner la certitude qu’avec Lui on trouve un passage. La conscience qu'existe Celui qui m'accompagne aussi dans la mort et qui, “avec son bâton, me guide et me rassure”, de sorte que “je ne crains aucun mal” (Ps 22 [23], 4), telle était la nouvelle “espérance” qui apparaissait dans la vie des croyants. » (cf. Benoît XVI, Spe Salvi, n° 5). Et l’espérance, comme nous le disions la semaine dernière, se ravive et de nourrit dans la prière. 
La situation que nous traversons est semblable à ce « ravin de la mort » du psaume ; avec l’espérance, qui se fortifie dans l’oraison, nous n’avons rien à craindre : le Seigneur que nous invoquons est le Berger qui, même en cette conjoncture difficile où nous nous trouvons, nous accompagne et nous guide. Par la prière, nous apprenons à voir et à vouloir ce que Dieu attend de nous en ces heures si cruciales, il nous offre sa lumière et nous conduit pour apprendre à traverser ce « ravin de la mort » par le chemin qu’il nous ouvre, celui que nous voyons en Jésus ; celui de la charité. La prière nous rend capables de Dieu et, précisément pour cela, capables des autres, capables de cheminer en liberté face aux esclavages et aux puissances du monde qui submergent et font mal aux hommes. 
En Espagne, peut-être que nous oublions trop et à des degrés inédits que Dieu est le fondement, le principe et la fin de tout. C’est pour cela que nous avons besoin de ce grand mouvement de prière dans toute l’Espagne ; parce que prier, c’est reconnaître la primauté de Dieu, sa présence active dans l’histoire ; prier, cela suppose de confesser et de reconnaître que Dieu nous aime, qu’il est avec les hommes et favorable aux hommes. Prier implique d’implorer à Dieu son aide sa puissante, efficace et miséricordieuse, sans laquelle nous ne pouvons rien faire, ni porter des fruits d’amour et de justice, sans laquelle est impossible le renouvellement de l’esprit et des cœurs dont nous avons tant besoin pour accueillir le Royaume de Dieu et le rendre présent au milieu des hommes et dans toutes les réalités humaines, y compris les réalités économiques. La prière exprime, comme rien d’autre, la primauté du spirituel dans la vie personnelle et sociale, et dit que c’est seulement à partir d’une forte spiritualité, qui s’appuie sur la prière et s’en nourrit, que nous pourrons mener à bien l’œuvre de rénovation de la société et de l’Eglise elle-même à laquelle nous poussent la foi, l’espérance et la charité chrétiennes. 
Cardinal Antonio Cañizares Llovera

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© leblogdejeannesmits pour la traduction.

13 août, 2012

Directives de l'OMS sur l'avortement médicalisé

Cette information m'avait échappée, elle est pourtant très importante à connaître et ne semble pas avoir été traitée sur l'internet francophone ailleurs que sur les sites spécialisés : l'Organisation mondiale de la Santé a publié, le 6 juillet, ses nouvelles « directives techniques et stratégiques à l'intention des systèmes de santé » à propos de l'avortement médicalisé. C'est un catalogue complet des différentes méthodes d'avortement légal aujourd'hui pratiquées dans le monde, avec les recommandations de l'OMS pour que tout cela se passe pour le mieux. Voici le résumé de presse tel qu'il a paru sur le site de l'OMS :

Pratiqué dans de mauvaises conditions, l'avortement tue. Beaucoup d'efforts ont été consentis pour améliorer les services abortifs dans la Région européenne, mais les avortements non médicalisés provoquent toujours jusqu'à 30 % des décès maternels dans certains pays d'Europe de l'Est et d'Asie centrale. L'OMS a publié la deuxième édition de « Safe abortion: technical and policy guidance for health systems » (Avortement médicalisé : directives techniques et stratégiques à l'intention des systèmes de santé).
En 2008, selon les estimations de l'OMS, quelque 360 000 avortements non médicalisés ont été pratiqués en Europe de l'Est. Les chiffres correspondants dans d'autres parties de la Région étaient négligeables. En Europe de l'Est, 11 % des décès maternels (en moyenne) peuvent être attribués à des avortements à risque.

Principes directeurs pour un avortement médicalisé 
Ces nouveaux principes directeurs, qui constituent une actualisation de la première édition de 2003, dispensent aux décideurs politiques, aux gestionnaires de programmes et aux pourvoyeurs de services de santé les plus récents préceptes sur les soins cliniques, basés sur des données probantes. Ils comprennent également des informations sur la manière de mettre en place et de renforcer des services de soins complets pour avortements médicalisés, et adoptent vis-à-vis des lois et politiques en la matière une attitude fondée sur les droits de l'homme.

Les recommandations actualisées de l'OMS reflètent les changements survenus dans les méthodes abortives et les soins apportés en cas d'avortement, ainsi que dans la façon de dispenser les services. En effet, elles s'appliquent à l'existence et à l'emploi de nouvelles méthodes. Elles comprennent aussi les informations les plus récentes sur l'ampleur du problème de l'avortement non médicalisé.
La réponse de l'OMS au « problème de l'avortement non médicalisé » est bien évidemment de prôner l'avortement médicalisé – les anglophones disent « avortement sûr » ou « avortement sans danger » – en balayant une à une toutes les objections à l'avortement. Le document s'achève d'ailleurs sur la manière de réagir face aux multiples « obstacles » à l'avortement et appelle discrètement à a mise en œuvre d'une « politique globale » jugée pour l'instant d'« application difficile »…

Sans omettre de faire la propagande pour l'avortement médicalisé, l'OMS ne va pas jusqu'à recommander de contourner la loi, puisqu'elle s'inscrit dans la logique de ce dont avaient convenu les gouvernements lors d'une séance extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations unies en 1999 :
« Dans les cas où il n’est pas interdit par la loi, les services de santé devraient former les prestataires de soins de santé et les équiper et devraient prendre d’autres mesures pour que l’avortement soit alors pratiqué dans de bonnes conditions de sécurité et soit accessible. Des mesures supplémentaires devraient être prises pour préserver la santé des femmes. »
Le texte complet des directives techniques se trouve ici.

On y apprend par exemple que, selon l'estimation de l'OMS, 22 % des grossesses sont « interrompues » chaque année, soit sur 210 millions de grossesses, 46 millions d'avortements, dont la moitié sont illégaux. Et que même, citant des chiffres de l'institut de recherche pro-avortement Allan Guttmacher, « dans le monde, la grande majorité des femmes auront vraisemblablement recours à au moins un avortement avant d’avoir atteint l’âge de 45 ans », ce qui est à la fois incroyablement fataliste et aussi trompeur car un tel chiffre suggère qu'il s'agit d'une conduite largement majoritaire et donc normale.

Le saviez-vous ? Il y aura toujours des avortements parce que même utilisée de façon optimale, les échecs de contraception donneraient lieu à « 6 millions de grossesses accidentelles par an » ; mieux, un « changement survenu dans la vie, tel qu'un divorce ou toute autre crise, peut transformer une grossesse désirée en grossesse non désirée » (sic), raison retenue notamment pour des avortements tardifs, après 12 semaines d'aménorrhée.

L'avortement médicalisé est « une des interventions médicales les plus sûres », il a une foule de qualités que l'OMS énumère, comme celle d'épargner le coût des soins à la suite d'avortements « pratiqués dans de mauvaises conditions de sécurité ».

Tout au long des directives, riches de plus de 100 pages, il n'est pour ainsi dire jamais question de l'embryon, du fœtus, de l'enfant à naître dans le cadre d'un avortement, mais des « produits de la conception » : Le fœtus est évoqué une fois comme produit d'un avortement chirurgical, le reste du temps il n'est question que de fœtus malformés qui peuvent ouvrir droit à l'avortement légal. Après « 6 semaines de grossesse complètes », l'OMS recommande ainsi de rechercher la présence de « villosités chorioniques » (tissus qui produiront le placenta) pour s'assurer que l'avortement a réussi et qu'il n'y a pas de grossesse ectopique.

Voici une photo d'embryon à sept semaines, entouré de ces fameuses « villosités » :


L'OMS recommande l'avortement chimique jusqu'à 9 semaines d'aménorrhée, l'aspiration jusqu'à 12, puis, jusqu'à 22 semaines, la dilatation-évacuation ou l'avortement chimique par mifépristone et utilisation répétée de misoprostol (Cytotec) alors même que l'utilisation tardive de cette molécule aux fins d'avortement est fréquemment déconseillée. Mais le Cytotec est facile à obtenir et la méthode est peu coûteuse, va donc pour les pays pauvres…

Bien sûr l'OMS ne reconnaît guère de séquelles à long terme de l'avortement (même si elle estime nécessaire un accompagnement psychologique pour les avortements de deuxième trimestre), et pour ce qui est des stress post-traumatique, des difficultés psychologiques largement documentés, l'OMS les balaie rapidement : « Des séquelles psychologiques négatives surviennent chez un très petit nombre de femmes, dans le cadre de ce qui semble être des affections préexistantes. »

Après de longs discours sur l'information, l'accessibilité et le bon accueil qui doit être fait aux femmes voulant subir un avortement légal, l'OMS évoque l'objection de conscience en termes bien restrictifs :
« Les agents de santé ont le droit d’objecter en conscience à la pratique de l’avortement, mais ils ont l’obligation de suivre les codes d’éthique professionnelle, qui exigent qu’ils orientent les patientes vers des collègues qualifiés qui ne sont pas, par principe, opposés à une interruption de grossesse autorisée par la loi. Si aucun opérateur ne peut le remplacer, l’agent de santé doit pratiquer l’avortement pour sauver la vie de la femme ou pour éviter de nuire durablement à sa santé, en accord avec les lois nationales. »
Tous les pays où l'avortement est autorisé sont invités à consacrer une part de leur budget à cette activité peu onéreuse :
« Le surcoût qu’implique la mise en place de ces services pour les femmes y ayant droit sera vraisemblablement modeste en regard des avantages qu’ils présentent pour la santé des femmes. La plupart des budgets de santé nationaux devraient pouvoir supporter cette dépense. »


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10 août, 2012

Euthanasie et assurance-vie : les solutions néerlandaises

J’avoue ne pas y avoir pensé : quid des assurances-vie en cas d’euthanasie ? Le suicide, commis rapidement après l’ouverture de la police, empêche ou affecte souvent le versement des indemnités dues en cas de décès, et l’euthanasie est après tout une manière de programmer soi-même sa mort.

Aux Pays-Bas, où l’on compte près de 3 000 euthanasies déclarées par an, un comparateur d’assurances s’est penché sur la question. Independer.nl encourage ceux qui recherchent une police d’assurance-vie à vérifier ce que les contrats proposent en cas de suicide ou d’euthanasie.

La plupart des assureurs, souligne le site, ne versent aucun capital en cas de suicide dans les deux ans qui suivent la signature du contrat ; la plupart le fait au-delà de ce délai mais il existe quelques assureurs qui ne versent rien en cas de suicide, quel que soit l’âge du contrat.

Le cas de l’euthanasie est un peu différent. S’agissant d’une pratique légale, la plupart des assureurs « vous » versent une somme si « vous » êtes euthanasié moins de deux ans après la signature du contrat, explique independer.nl, de manière un peu bizarre. A condition toutefois que l’euthanasie s’avère conforme aux exigences de la loi.

En cas d’euthanasie après ce délai de deux ans, tous les assureurs sans exception versent le capital prévu au contrat.

Et ça, c’est un « plus », estime le site. C’est pourquoi independer.nl en tient compte pour attribuer ses notes aux conditions générales des contrats d’assurance-vie existant sur le marché.

Encore une manière de « normaliser » la mise à mort des vieux…


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Allemagne : projet de loi de suicide assisté

A défaut de vouloir se doter d’une loi sur l’euthanasie – le souvenir de Hitler et du nazisme demeure trop présent – l’Allemagne tente actuellement de faire légaliser le suicide assisté. Pour ce faire on invoque un sondage assurant que « près de 50 % » des Allemands aimeraient voir des professionnels obtenir la possibilité d’aider des personnes qui souhaitent mourir.

Echaudé par l’exemple de la Suisse voisine où le suicide assisté a fait naître des entreprises commerciales, le ministère de la Justice a mis en garde contre le scénario où des compagnies professionnelles se verraient autorisées à aider à la fourniture d’une « forme de suicide rapide et efficace », en mettant à disposition locaux ou substances létales. Aussi le texte envisagé punit-il la fourniture « professionnelle » d’aide au suicide d’amendes et de prison.

En revanche, il prévoit l’absence de peine dès lors qu’un proche du candidat au suicide – un membre de la famille, un ami, médecins et soignants de longue date – aide celui-ci à faire aboutir son projet.

Le texte est activement combattu par un grand nombre de médecins, des représentants des Eglises et des élus conservateurs, tandis que la coalition de gouvernement reste divisée à son sujet.


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Uruguay : l'ex-président de gauche pour lutter contre l'avortement légalisé

Une nouvelle tentative pour faire légaliser l’avortement est en cours en Uruguay où le débat sur deux textes a commencé mardi à la chambre des députés. Ce pays où la franc-maçonnerie a toujours joué un rôle de premier plan a néanmoins résisté longtemps à la volonté de légaliser l’avortement à la demande. En 2008, la loi était pourtant votée par la chambre et par le sénat, mais le président d’alors, médecin de formation, Tabaré Vazquez, quoique de gauche, avait opposé son veto et refusé de signer pour qu’elle entre en vigueur.

Vazquez est parti ; il a été remplacé à la tête de la république uruguayenne par l’ancien guérillero tupamaro José Mujica, issu de la majorité « Frente Amplio ». Et Mujica a déjà fait savoir sur tous les tons qu’il entérinerait une légalisation de l’avortement.

Deux textes sont en présence : le premier, de la sénatrice socialiste Monica Xavier, vise à dépénaliser l’avortement au cours des trois premiers mois de la grossesse, dès lors qu’il existe des raisons économiques, que la grossesse est consécutive à un viol ou que la femme enceinte estime qu’elle n’est pas en âge d’être mère. Il autorise l’avortement après ce délai en cas de malformation ou de défaut génétique de l’enfant. Seuls les personnes (médecins ou fonctionnaires) s’y voient reconnaître un droit à l’objection de conscience et non les institutions qui peuvent être contraintes à fournir un avortement s’il leur est demandé.

Vazquez a eu le courage de tenir tête à son propre parti
L’autre, présenté par un député MPP, Alvaro Vega, lui aussi membre du Frente Amplio, demande carrément l’abrogation de l’article 38 du code pénal uruguayen qui pénalise l’avortement pour ne maintenir que le seul délit d’avortement sans le consentement de la mère.

Alors qu’on s’attend à une adoption assez rapide de l’un ou de l’autre texte – ce serait l’affaire de quelques semaines – l’un des députés « blancs » de l’opposition a réussi à faire inviter l’ex-président Tabaré Vazquez pour qu’il s’exprime devant la commission spéciale de la chambre des députés chargée du dossier. Gerardo Amarillo a justifié son choix par le fait que Vazquez est « un ferme défenseur de la vie » et qu’il pourrait bien convaincre ceux des élus du Frente Amplio, son propre parti, qui n’ont pas de position clairement affirmée pour l’instant, de suivre son exemple.

« Sa présence sera utile car il pourra apporter des arguments médicaux, juridiques et sociologiques » contre l’« interruption volontaire de grossesse », a déclaré Gerardo Amarillo.

La prochaine réunion de la commission sur le sujet est prévue pour le 21 août.


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08 août, 2012

“Choisir” son enfant ? “Choisir” un enfant gay ?

La vidéo est ici.
Une télévision néo-zélandaise a interviewé un bioéthicien en tournée donner une série de conférences sur les nouvelles possibilités de tri génétique des embryons et des enfants à naître. Le Pr Robert Klitzman, fondateur du Columbia University Centre for Bioethics, pose de nombreuses questions sur les nouveaux moyens de dépister de nombreuses caractéristiques de l'enfant à naître – défauts génétiques, prédisposition au cancer ou à Alzheimer, traits physiques – qui deviennent de plus en plus étendus et de plus en plus aisés à mettre en œuvre, et aussi moins onéreux.

La question se posera de plus en plus, à des « millions de parents », dit-il, de savoir s'ils veulent garder un enfant dont on saura dès la gestation qu'il est atteint d'une maladie quelconque, par exemple une maladie dont souffre l'un des parents, confronté dès lors à une question difficile : s'il décide d'éliminer l'enfant, qu'est-il en train de dire sur lui-même et sur sa propre vie ?

Le tri préimplantatoire prend lui aussi de l'ampleur, comme nous le savons déjà en France, où la recherche sur la lutte contre la myopathie consiste largement à favoriser l'élimination d'embryons atteints pour n'implanter que des enfants sains…

Avec les milliers de nouvelles conditions dépistables, on va évidemment vers un tri accru, et même, probablement, vers une commercialisation accrue de ces procédés : les riches, demande le Pr Klitzman, seront-ils avantagés par la possibilité de « mieux » choisir leur enfant que les pauvres ?

Pourra-t-on choisir un embryon présentant telle mutation plutôt que telle autre ?

Que dire de la situation aux Etats-Unis, la Russie et l'Inde, les seuls pays au monde où l'on peut aujourd'hui légalement acheter des ovules ou du sperme pour des fécondations artificielles ?

Dans son interview à la TVNZ, le Pr Klitzman ne fait que plaider pour le débat, n'apportant pas de réponses et encore moins de jugements sur le plan moral : interrogé sur le fait de savoir où il fallait fixer la limite, il a répondu qu'il s'agit d'« engager ces discussions et de penser au type d'homme que nous voulons ».

Sa réponse dit plusieurs choses : un, il n'y a pas de règle morale préétablie dictant une conduite conforme à la dignité de l'homme ; deux, l'éthique que l'on devrait s'imposer sur ce plan ne résultera que du débat et d'un choix pris collectivement (à la majorité politique ou à la faveur des avis des bioéthiciens, sans doute) ; trois, même ce débat essentiellement relativiste n'a pas lieu aujourd'hui, puisque Klitzman ne fait que plaider pour qu'il ait lieu.

Au cours de son interview, Robert Klitzman a affirmé : « Nous trouverons peut-être des tests permettant de dépister l'homosexualité. » Ce qui ouvrirait la route à la possibilité de choisir d'avoir un « enfant gay »… ou non.

Comme si l'homosexualité était nécessairement inscrite dans les gènes ou acquise in utero… Cette thèse de l'homosexualité innée est le plus souvent brandie pour affirmer que ce n'est ni une déviance, ni une condition liée à des raisons psychanalytiques, ni une affection née du contexte du l'enfance – rapport avec le père ou la mère, abus sexuels, etc… Elle est aussi à l'origine de l'idée qu'on ne « soigne » pas l'homosexualité et que le simple fait de proposer d'en « guérir » est déjà de l'homophobie – comme l'est alors, forcément, tout discours affirmant que le comportement homosexuel est un mal ou un péché. (Voir par exemple cet article du Monde. Il rappelait en 2010 – pour s'en démarquer discrètement – « la ligne du Vatican » : « “On ne naît pas homosexuel, mais on le devient. Pour différentes raisons, des questions d'éducation, parce qu'on n'a pas développé sa propre identité au cours de l'adolescence”, a ainsi affirmé en décembre le cardinal Javier Lozano Barragan, ancien ministre de la santé du pape. »


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07 août, 2012

Argentine : Mgr Aguer appelle les médecins à résister à l'avortement

Les Provinces argentines mettent peu à peu en place des directives pour rendre accessible dans les hôpitaux publics l'avortement non punissable, c'est-à-dire bénéficiant des exceptions décrites à l'article 68 du code pénal fédéral qui, du fait d'une décision de justice, ont été transformées en droit. A Buenos Aires, un nouveau protocole vient d'être publié, critiqué d'emblée par l'archevêque de La Plata. Mgr Hector Aguer – qui se signale souvent par des interventions brillantes et courageuses – est revenu sur le sujet lors de son émission télévisée hebdomadaire, samedi. Je vous propose ma traduction intégrale de son intervention – on pourrait en prendre de la graine… – J.S.

Les médecins et le protocole de la mort 
La semaine dernière j’ai commenté le Protocole pour la fourniture intégrale des avortements non punissables, publié par le ministère de la Santé de la province de Buenos Aires. Je l’ai qualifié d’immoral, illégitime, illégal et anticonstitutionnel. Aujourd’hui je voudrais aborder un aspect particulier : les conséquences de cette résolution du ministre de la Santé de la province entraîne sur l’exercice de la médecine, car tout le monde sait que les médecins sont là pour soigner, pour sauver des vies, ils ne sont pas là pour tuer. Mais ledit protocole leur impose la tâche d’éliminer des enfants à naître.
 Ici se joue quelque chose de très grave pour la conscience des médecins. Ils prêtent serment lorsqu’ils accèdent à la profession. C’est le célèbre serment d’Hippocrate. La formule établie par Hippocrate ne s’utiliser pas habituellement de nos jours : on la remplace par une nouvelle, appelée formule de Genève, qui parmi ses considérants contient cette obligation : « J’aurai un respect absolu pour la vie humaine depuis la conception. »
 D’autre part, l’Académie nationale de la médecine, par deux déclarations distinctes, l’une de 1994 et l’autre de 2010, a beaucoup insisté sur ce point, manifestant quelle est la mission du médecin. Elle dit que « mettre fin délibérément à une vie humaine à ses débuts est inacceptable. Cela correspond à un acte contre la vie puisque la seule mission de tout médecin est de protéger et de promouvoir la vie humaine, jamais de la détruire. Toute législation qui autorise l’avortement constitue une négation de ces droits et par conséquent de la médecine elle-même. »
 De cette définition il suit que dans la résolution du ministère de la Santé de la province il y a contradiction par rapport à l’essence et à la logique de la médecine.
 L’autre déclaration de l’Académie dit ceci : « La santé publique argentine a besoin de propositions qui protègent et qui prennent soin de la mère et de son enfant, de la vie de la femme et de l’enfant à naître. L’obligation médicale, c’est de les sauver tous les deux. Rien de bien ne peut en résulter pour la société lorsque l’on choisit la mort comme solution. Si l’avortement clandestin est un problème sanitaire, il revient aux autorités de prendre les meilleures mesures préventives et curatives sans porter atteinte au droit humain fondamental à la vie, et à celui des médecins de respecter leurs convictions. »
 Si maintenant l’Etat de Buenos Aires s’oblige par la loi à favoriser l’avortement et à le réaliser dans ses hôpitaux, il oblige par le fait les médecins à exécuter cette opération. Si l’un d’eux oppose son objection de conscience, le directeur de l’hôpital est tenu d’aller chercher quelqu’un qui veuille bien exécuter l’avortement. Des médecins avorteurs, il y en a toujours eu, peu fort heureusement, mais aujourd’hui ils sont pressurés par l’Etat pour le devenir.
 Il est vrai que le Protocole pour la fourniture intégrale d’avortements non punissables autorise l’objection de conscience, mais les médecins devront manifester leur objection de conscience à la publication de ce protocole, lorsqu’il sera connu ou lorsqu’ils prennent leur service dans une unité hospitalière. On composera alors une liste des médecins objecteurs de conscience qui manifestent qu’ils ne sont pas disposés à faire un avortement. Cette liste se convertira facilement en liste noire. Un objecteur de conscience pourra-t-il, par exemple, devenir directeur d’un centre médical ? Je propose une suggestion raisonnable : pourquoi ne fait-on pas plutôt une liste des médecins disposés à pratiquer des avortements ?
 Qui peut nous assurer que ces médecins qui respectent la vie depuis la conception ne vont pas subir de discrimination ? Car si ce protocole a été approuvé dans le contexte du domaine de la politique de genre, nous savons tous vers où conduit d’idéologie de genre et avec quelle puissance dominatrice elle tente de s’imposer.
 La présentation publique de ce malencontreux protocole n’a pas suscité de grandes réactions. Mais les médecins devraient protester à la fois personnellement et de manière collégiale, parce que dans cette mesure se trouve une pression indue de l’Etat qui va contre la nature de la médecine elle-même, et ce faisant contre les droits et devoirs des médecins de servir la vie.
Mgr Hector Aguer
Archevêque de  La Plata
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© leblogdejeannesmits pour la traduction.

05 août, 2012

Philippines : la contraception, c'est la vraie corruption – celle des âmes

Lors d'un grand rassemblement aux Philippines, des dizaines de milliers de personnes ont rallié le sanctuaire d'Edsa, bravant le mauvais temps pour dire leur soutien aux évêques contre le projet du gouvernement de Benigno Aquino de rembourser la contraception. A cette occasion l'ancien ambassadeur des Philippines près le Saint-Siège, Mme Henrietta de Villa, a lu un message de l'archevêque de Lingayen-Dagupan, Mgr Socrates Villegas, disant que la contraception, c'est la corruption. Un message au jeunes qui pointe le vrai sens du message contraceptif : c'est un refus de la jeunesse, une manière de dire que les jeunes ne sont pas les bienvenus, mais des gêneurs. Je n'ai pas résisté au plaisir de vous le traduire intégralement, pour l'originalité et le courage de son ton. Plusieurs phrases en tagalog émaillaient ce discours ; j'ai tenté ici ou là, où cela me paraissait faisable bien qu'ignorant tout de cette langue mais grâce aux services de lexilogos, une traduction. Sans garantie aucune, évidemment ! – J.S.

Message à mes chers jeunes 
Mes chers jeunes de Pangasinan 
Le plus jeune évêque des Philippines
 

Je sais combien cela vous attriste de voir vos parents se disputer devant vous : à table, en voiture ou bien où que ce soit dans la maison. Je sais combien ces querelles qui opposent vos parents vous désorientent, vous désillusionnent et vous découragent, en profondeur et dans le silence. 
Il en est dans la communauté, la société, le pays comme à la maison. Tandis que vos parents attachés à l'Eglise et ceux qui sont au gouvernement se « querellent » de nouveau en public à propos de questions de contraception, d'avortement et de contrôle des naissances, je m'inquiète de ce que vous puissiez être laissés au bord du chemin, une fois de plus, tels des spectateurs inutiles. Peut-être commencerez vous à dire : « Voilà, ils recommencent », et vous éloigner en colère, perplexes et trompés. Peur-être vous rebellerez-vous contre l'autorité, en devenant cyniques à l'égard de la société parce que nous, vos adultes, n'arrivons pas à nous mettre d'accord. 
Si nos rassemblements et nos échanges durs vous blessent, pardonnez-nous, nous, vos anciens. Ce n'est certainement pas notre propos de vous causer une quelconque détresse ni de vous inciter au découragement. Croyez-moi, mes chers fils et filles, nous vos anciens dans l'Eglise, nous prenons position contre la contraception et l'avortement parce que nous vous aimons, nous aimons Dieu et nous aimons ses commandements. Notre faute est peut-être de n'avoir pas dit très clairement, d'emblée, que nous ne nous battons pas pour l'emporter face à autrui. Cette querelle n'est pas pour nous. Elle est pour vous. Je me tiens debout pour vous défendre. Nous combattons l'erreur pour que vous ne soyez pas induits en erreur. Nous combattons la contraception parce que nous savons qu'elle peut endommager votre âme. Croyez-moi. La contraception, c'est la corruption. 
Vous avez entendu le candidat, aujourd'hui président, Noynoy Aquino, mener sa campagne. « Kung walang corrupt, walang mahirap ! » Il a été élu à une majorité écrasante parce qu'il disait ce que nous portions en nos cœurs. La corruption est le cancer des Philippines, qui nous empêche de grandir. Quand il se désignait comme notre Boss, nous l'acclamions. Lorsqu'il a proscrit le wang wang dans la rue et le wang wang moral dans la bureaucratie, nous avons cru en sa vision. 
Mes chers jeunes, la contraception, c'est la corruption. L'utilisation de fonds publics, l'argent du contribuable, pour distribuer des pilules contraceptives, c'est de la corruption. Les pilules contraceptives nous enseignent ceci :  « C'est bien d'avoir des relations sexuelles avec quelqu'un, pourvu que vous soyez à l'abri des bébés. Les bébés, c'est casse-pieds. » Une culture de contraception voit dans les bébés les raisons de notre pauvreté. Le contrôle des naissances, disent-ils, cela équivaut à davantage de nourriture, davantage de classes, plus de logements et une meilleure santé pour les femmes. Si les bébés sont la cause de la pauvreté, sommes nous-en train de dire : « Kung walang anak, walang marihap ? »  (Pas de bébé, pas de problème ?) Cela ne rime pas parce que ce n'est pas vrai. Nous pourrions avoir davantage de classes, de nourriture, de travail et d'hôpitaux, si nous étions moins corrompus. Renvoyez les fonctionnaires corrompus, pas les bébés ! Mes chers jeunes, votre naissance n'était pas une erreur. Votre naissance, c'était un don de Dieu à nous autres, vos anciens. Vous n'êtes pas le problème. Vous êtes notre bénédiction. Le problème, c'est la corruption de vos anciens, nous, vos anciens. Nous, vos anciens, nous devons changer afin que votre avenir soit meilleur. Pardonnez à ceux qui disent que les enfants sont casse-pieds. Non ! Non ! Non ! Vous êtes une bénédiction et je vous embrasse et je vous aime tous ! 
La contraception connaîtra toujours des échecs, comme toutes les inventions humaines. Lorsque la contraception ratera, une génération du contrôle des naissances donnera naissance à une génération de l'avortement. La pilule contraceptive est considérée comme un médicament essentiel. Si c'est un médicament, quelle maladie vient-il soigner ? La grossesse est-elle une maladie ? Si c'est un médicament qui est censé soigner, pourquoi des femmes en bonne santé tombent-elles malades du cancer après avoir pris des pilules contraceptives ? Mes chers jeunes, la contraception rend malades des gens bien portants. Les gens purs, il les rend corrompus. Elle nous pousse à regarder les bébés comme une nuisance, pas comme un don. Mes chers jeunes, quiconque vous traitera comme une nuisance, je le combattrai. Je suis contre la contraception parce que je suis pro-enfant. Je suis contre la contraception parce que je suis pro-mamans. Je vous aime, mes chers enfants. Merci à Dieu pour ces mères qui ont donné naissance à des joyaux comme vous ! 
Je sais que beaucoup d'entre vous, mes chers jeunes, ne croient plus en l'Eglise. Vous pensez que l'Eglise ne comprend pas. L'Eglise est autiste – « may sariling mundo ! Les évêques n'écoutent pas. Les évêques prêchent depuis leur tour d'ivoire. Les évêques ignorent ce que vit la majorité des gens. Ils sont distants et inatteignables. » 
En un sens, vous avez raison, mais pas complètement. 
Matanda na kami! Totoong matanda pero ang matanda ay tagapag paalala sa mga bata. Kung puro bata na lang tayong lahat, wala ng magtuturo at magpapaalala sa mga gintong aral ng kahapon. Il y a une sagesse que seuls le grand âge et l'expérience peuvent donner. Nous sommes vieux, mais Dieu nous a faits vieux afin que nous puissions vous rappeler qu'il ne faut pas oublier nos valeurs philippines, les commandements de Dieu et les règles du caractère moral. Vous m'avez dit en plaisantant de teindre mes cheveux pour que je puisse paraître jeune et beau. En plaisantant aussi, mais parlant vrai, je vous ai dit : je ne le ferai pas. Cela m'a pris 51 ans de devenir comme je suis. Je suis fier d'être grisonnant et vieux. Etre vieux, cela me rend différend de vous, mais cela me donne aussi l'occasion de vous rappeler les leçons d'argent du passé et des promesses d'or de la vie à venir.  Ang matanda ay tanda ! Ang matanda ay souvenir vivant. (L'adulte est un livre…) 
 Lorsque nous vous enseignons que la contraception, c'est la corruption, ce n'est pas que nous sommes insensibles au défi de la modernité ou sourds au enquêtes sur le comportement social. Bien au contraire, nous essayons de vous protéger parce que nous savons qu'elle peut vous détruire plus vite que vous ne le pensez. L'Europe est sur la pente descendante. Elle perd son âme parce qu'aujourd'hui elle compte sur l'afflux d'immigrants pour la garder à flot. Elle fait face à un hiver sévère des naissances. Elle perd son identité parce qu'elle n'a pas d'enfants, pas de jeunes pour porter la flamme. En Europe, ils ont commencé avec la contraception, ils ont embrassé la contraception et maintenant ils tuent leurs grands-parents faibles et malades. Paul VI l'a prophétisé : la contraception artificielle peut ouvrir grandes les portes de l'infidélité conjugale et une baisse générale de l'état moral. C'est ce qui se produit en Europe. Nous, vos anciens, nous plaidons pour que vous n'empruntiez pas ce chemin de la corruption morale. Osez être différents ! Osez être meilleurs ! 
Nous voudrions être une économie-tigre, comme les pays voisins. Qu'est-ce qu'un tigre sans dents ? Qu'est-ce que le progrès sans enfants qui rigolent ? Pour qui voulons-nous le progrès – seulement pour nous-mêmes ? Qu'est-ce qu'une victoire au détriment de nos âmes immortelles ? 
Matanda na kami. Kaya kami tumanda para mayroon kayong tanda sa buhay. (Si nous vieillissons c'est pour vous enseigner la vie.) 
Mga apo, mga anak, mga pamangkin at mahal sa buhay. (Le tout-petit, l'enfant, le beau-fils, cette chère vie…) Il n'y a pas de mot Tagalog ou Panganisan pour la contraception parce que non seulement cela va contre Dieu, en outre ce n'est pas philippin.
La contraception, c'est la corruption. La contraception est la mère de l'avortement. La contraception met le plaisir sexuel à bon marché, sans la responsabilité. La contraception dit que les bébés et les enfants sont casse-pieds. La contraception est contre la jeunesse. La contraception est contre les enfants. La contraception est contre nous. 
Combattez la contraception, ou bien nous périrons en tant que nation craignant Dieu. Jeunesse de Panganisan, je vous aime. Parce que je vous aime, je combattrai la contraception. Cette bataille est pour vous et je me bats pour amour de vous. 
Depuis la cathédrale de Saint-Jean l'Evangéliste, Dagupan City, 4 août 2012. 
+ Socrates B. Villegas

Archevêque de Lingayen Dagupan
Administrateur apostolique de San Fernando de la Union.


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04 août, 2012

Si le mariage conduit aux enfants, le “mariage” gay conduit aux mères porteuses et à l'exploitation

Le site MercatorNet a publié il y a deux semaines cet intéressant commentaire de Michael Cook sur l'une des conséquences inévitables de la légalisation du « mariage » homosexuel : une demande accrue de mères porteuses, ce qui conduira à encore plus d'exploitation des femmes les plus pauvres dans les pays où la technologie permet néanmoins d'accéder à des soins de pointe. Esclavage dont je vous ai parlé ici. Alors que la bataille contre le « mariage » gay s'annonce en France, cela fait partie des arguments de fait contre le « droit » à l'homoparentalité. Je vous propose donc ici ma traduction de ce texte à lire et surtout à diffuser, non sans toujours rappeler qu'il a paru dans un premier temps sous la signature du directeur de BioEdge, Michael Cook, dans The Sydney Morning Herald, et donner le lien vers MercatorNet qui publie de nombreux articles originaux sur la famille et la vie. – J.S.

Des mères porteuses attentant leur check-up (source : ici).
Une sitcom appelée The New Normal (« Le nouveau normal ») sera étrennée prochainement sur la chaine américaine NBC. Elle concerne un couple gay et la mère célibataire qu’ils engagent pour porter leur bébé.

« Elle est exactement comme un four multifonctions à part qu’elle n’a aucun droit légal sur le gâteau », explique l’agent de mères porteuses à Bryan et David. Voilà une description sans sentimentalité du rôle de la femme par rapport au mariage gay et à la progéniture, mais elle résume les faits de manière précise.

Chez les couples hétérosexuels, le taux de natalité augmente en cas de mariage. On s’attendrait à ce qu’une dynamique similaire se constate chez les couples de même sexe. Pour les couples de lesbiennes, il n’y a pas là de problème énorme : tout ce dont elles ont besoin, c’est d’un donneur de sperme. Mais les couples mâles ont besoin de mères porteuses.

D’où ces femmes viendront-elles ?

A moins d’abroger la loi de l’offre et de la demande, la réponse est celle-ci : là où les utérus sont les moins chers. En ce moment, il s’agit de l’Inde, où l’industrie des mères porteuses représente une industrie de 2,3 milliards de dollars, avec l’encouragement enthousiaste de certains gouvernements d’Etat. Une enquête récente du London Sunday Telegraph a constaté qu’il n’y avait eu que 100 gestations pour autrui en Grande-Bretagne l’an dernier, contre 1.000 en Inde au profit de clients britanniques. La proportion en Australie et ailleurs sera probablement similaire.

Il n’y a pas de statistiques officielles, mais il apparaît que les couples gays représentent une part substantielle du marché extérieur. Alors, la légalisation du mariage homosexuel conduira-t-elle à encore davantage de gestations pour autrui en Inde. BioEdge, la lettre d’informations bioéthiques que je dirige, a envoyé des courriels à des cliniques de fécondation in vitro en Inde et aux Etats-Unis pour leur demander s’ils se préparaient à une demande croissante de mères porteuses.

La réponse fut un oui retentissant. Notre enquête est loin d’être scientifique, et encore moins complète, mais elle suggère que des femmes pauvres dans des pays en voie de développement ou économiquement déprimés vont être recrutées pour être au service des couples gays.

« La raison principale pour laquelle les patients viennent depuis l’étranger en Inde se résume dans l’excellence des soins personnels, l’expertise, et de grosses économies sur le prix des traitements », explique le Dr Samundi Sankari, du Srushti Fertility Research Centre de Chennai. « Les sommes qu’ils déboursent ici pour une mère porteuse représente près du cinquième du coût d’une gestation aux Etats-Unis et en Europe. » Elle reçoit beaucoup de demandes d’information de la part de couples gays aux Etats-Unis et en Israël. Se prépare-t-elle à une augmentation de la demande ? « Certainement, oui. »

Le Dr Samit Sekhar, du Kiran Infertility Centre, d’Hyderabad, prévoit lui aussi une augmentation. Il a répondu qu’un « nombre considérable » des clients de la cliniques sont gays. « Nous avons constaté une augmentation du nombre des couples gays et des hommes célibataires qui s’approchent de notre clinique dès qu’ils obtiennent la légalisation de leur union publique dans leurs Etats ou leurs pays respectifs. »

Il y eut une voix discordante. Megan Sainsbury, porte-parole du Dr Shivani Sachdev Gour, du Surrogacy Centre India, a reproché à BioEdge la teneur de son enquête. « Nous ne nous préparons pas à une expansion des services aux couples gays ? Au nom de quoi posez-vous cette question ? » Cependant, la plupart des heureux parents mis en exergue sur le blog de Sachdev Gour le mois dernier sont gays.

Les cliniques de FIV indiennes assurent que les mères porteuses reçoivent une des indemnités adéquates. Mais le travail peut être dangereux, et les contrats qu’elles signent sont avantagent lourdement les parents mandants. Une mère porteuse d’Ahmedabad a eu un malaise mortel en mai, peu avant le terme de la grossesse. Son client emmena le bébé et sa famille ne reçut que 18.000 dollars.

La romancière et journaliste primée indo-britannique Kishwar Desai s’intéresse à l’industrie de la gestation pour autrui dans son dernier roman, Origins of Love  (Origines de l’amour). Elle a déclaré au Guardian : « Il y a des hôpitaux où l’on garde les femmes pendant la totalité des neuf mois pendant lesquelles elles portent l’enfant de quelqu’un d’autre. Il y a de bonnes histoires, où la mère porteuse est bien entourée, mais j’aimerais faire comprendre au gens qu’il s’agit de l’exploitation pure et dure, que ces femmes sont extrêmement pauvres. Elles portent l’enfant d’autrui pour  deux ou trois mille livres. Elles le font parfois jusqu’à trois ou quatre fois. On peut les contraindre de subir une césarienne. »

Un médecin d’infertilité américain de pointe, Jeffrey Steinberg, qui dirige les Fertilitu Institutes de Las Vegas et de Los Angeles, a répondu qu’il faisait face à une poussée de demandes de renseignement chaque fois qu’une juridiction légalise le mariage gay. Pour l’heure il n’utilise que des porteuses américaines soigneusement sélectionnées, mais il envisage de délocaliser leur travail au Mexique.

Les partisans du mariage homosexuel doivent reconnaître qu’ils se trouvent face à un grave dilemme moral. Des utérus bon marché peuvent apporter à des hommes gays le bonheur d’être père de leur propre enfant. Mais le coût de ce bonheur est souvent supporté par des femmes pauvres et sans éducation.


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03 août, 2012

“Homoparentalité” : un enfant sans mère en Argentine ?

Pour la première fois, fin juillet, un couple homosexuel argentin a inscrit à l’état civil un enfant né d’une mère porteuse en Inde comme ayant deux pères et pas de mère.

Tobias apparaît donc comme le fils de Carlos Dermgerd et d’Alejandro Grinblat, et ses papiers ont été exhibés à la presse par les deux pères en présence de représentants de la Fédération argentine des LGBT.

Tout cela démarre donc sur une fiction juridique puisque le petit garçon a bien un père et une mère…

L’histoire ne dit d’ailleurs pas qui est le vrai père puisque les deux hommes ont chacun laissé un échantillon de semence en Inde pour que les médecins utilisent celui de leur choix. Ils sont retournés en Inde pour y assister à l’accouchement, le tout avec l’aide de magistrates engagées, le gouvernement de Buenos Aires et de la Chancellerie.



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Espagne : un élu PP réclame « davantage de vie » plutôt que moins de morts

Alors que le gouvernement espagnol est sous le feu des gros médias en raison de son projet d’interdire l’avortement eugénique sur les enfants à naître malformés, un homme politique du PP (le parti de Rajoy) vient d’écrire sur son blog qu’il « devrait être obligatoire » pour les femmes candidates à l’avortement de « voir une échographie de leur enfant avant de décider », et qu’en outre « on leur propose différentes options et alternatives efficaces pour l’enfant qu’elles portent en leur sein ».

Juan Cotino, président des Cortes de Valence, plaide pour une « culture de davantage de vie » alors que le débat sur l’avortement s’est ouvert de nouveau et a donné lieu à des affirmations comme « c’est nous qui mettons au monde, c’est nous qui décidons ». « Il faut revenir à la question centrale, celle qui est vraiment importante : la vie » : aller donc au-delà d’une simple interdiction de l’avortement dit « médical » pour éliminer les fœtus défectueux, et choisir même de « créer un environnement social favorable à la femme enceinte en partant de la reconnaissance envers la mère ».

L'élu estime que « les femmes enceintes doivent se rendre compte de la valeur de la vie humaine qu’elles portent, de ce que la vie de leur fils ou de leur fille est digne d’être vécue ».

Ajoutant qu’il faut aider les femmes enceintes à sentir que « la grossesse est quelque chose de bon et de positif », Juan Cotino souligne qu’il est important d’aider la femme enceinte, « même si en ces temps de crise l’aide n’était que symbolique ».

Dans la province de Valence – la Comunitat Valenciana –, rappelle l'élu, une loi de protection de la maternité est déjà en vigueur qui part du principe qu’il faut reconnaître la vie depuis le moment de la conception et que « légalement, il s’agit déjà d’une personne avec tous ses droits en ce qui concerne les aspects sociaux, éducatifs, sanitaires ou économiques ».

Il propose d’en finir avec la « dialectique » et la « dispute » pour aider plutôt les femmes enceintes, suggérant que le gouvernement espagnol adopte à son tour une loi de protection de la maternité.

Seul bémol : il faut comprendre que l’aide aux futures mères, pour importante et nécessaire qu’elle soit, n’éliminera pas la dialectique et la dispute car le lobby de l’avortement n’a pas pour objectif d’éliminer la détresse des femmes.


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01 août, 2012

Contrat de “mère porteuse” : un nouvel esclavagisme

L'un des corollaires obligatoires du « mariage » homosexuel est l'« homoparentalité », puisque qui dit mariage dit famille et donc enfants, que ce soit par voie d'adoption, de fécondation artificielle pour les lesbiennes ou de mère porteuse pour les gays. La « gestation pour autrui » s'adresse aussi aux couples hétérosexuels, en principe pour pallier une incapacité de la femme à porter l'enfant, voire – des cas sont répertoriés – pour répondre à un simple désir de confort, celui de s'éviter les désagréments d'une grossesse.

Le Centro de Bioética basé à Buenos Aires vient d'analyser un contrat de « location de ventre » tel qu'il se pratique au Pulse Hospital à Ahmedabad en Inde, relevant qu'il s'agit bien d'une exploitation de la femme et d'une commercialisation du corps humain, alors que le débat en cours sur le nouveau code civil argentin porte notamment sur la « location de ventres » dont la légalisation est prévue en son article 562.

En France – pour l'instant du moins – la pratique de la mère porteuse demeure interdite et le principe d'indisponibilité du corps humain protège contre le risque d'en faire une activité rémunérée (mais pour combien de temps ?). Mais les abus ne sont pas constitués par les seuls aspects commerciaux, comme on le voit dans l'étude proposée par Milagros Berti Garcia, Bernadita Berti Garcia et Fernando Nasazzi.

Ils analysent le contrat le plus simple : celui où ceux qui apportent les gamètes sont le père et la mère génétiques de l'enfant « commandé », le père et la mère « porteurs » s'engagent à leur remettre l'enfant dès la naissance.

Voici – succinctement traduits – quelques-unes des clauses du contrat :
• La mère porteuse et son mari d'engagent à subir les examens médicaux et psychologiques demandés soit par leur médecin traitant soit par les parents génétiques et renoncent au secret médical y afférant ; ils peuvent intervenir avant, pendant ou après la grossesse. La filiation génétique de l'enfant conçu peut être établie. Les parents génétiques peuvent assister aux examens, comme ils peuvent assister à l'accouchement. 
• La mère porteuse s'engage à ne pas avoir de relations sexuelles avec qui que ce soit entre le premier jour de son cycle et la confirmation de la grossesse après le transfert de l'embryon. 
• La mère doit suivre pendant la grossesse toutes les prescriptions médicales du médecin agréé par les… appelons-les « clients » – ainsi que les échographies auxquelles ceux-ci peuvent assister, et elle doit accepter les tests vérifiant qu'elle n'a consommé ni drogues ni tabac, ou dépistant les MST et les maladies infectieuses. Elle doit subir tous les tests demandés, même invasifs, visant par exemple à dépister les défauts génétiques ou congénitaux du fœtus, et accepter les injonctions de repos prolongé, d'absence de relations sexuelles, les échographies fréquentes, etc… 
Sa conduite fait également l'objet d'un suivi serré et elle peut se voir interdire la pratique de certains sports, l'éloignement pour un voyage sans accord des clients ; on pourra lui interdire de se teinter les cheveux, de consommer de la caféine ou des édulcorants, d'être soignée par l'acupuncture, etc… 
• Si les parents génétiques meurent, une tierce personne désignée se charge de l'enfant. 
• Dès la naissance, l'enfant doit être remis aux clients et les parents porteurs renoncent à leur autorité parentale en s'interdisant tout type de réclamation à cet égard ; il s'engagent aussi à ne pas avoir ou rechercher de contact avec les parents génétiques ou à intervenir dans l'éducation du « mineur gestationné ». 
• Hormis quelques clauses spécifiques, la mère porteuse et son mari assument tous les risques médicaux, financiers et psychologiques possibles, les parents génétiques, le médecins et tous les professionnels intervenant dans l'affaire étant dégagés de toute responsabilité légale, sauf en cas de mauvaise pratique. 
• La mère porteuse s'engage à subir un avortement sur simple demande des parents génétiques en cas d'anomalie physique ou mentale du fœtus. Tout refus constitue un non accomplissement du contrat et entraîne pour la mère porteuse des conséquences économiques et légales. 
• Jusqu'à trois embryons peuvent être transférés : s'ils s'implantent tous le contrat prévoit que l'un d'eux peut être avorté. Le refus de cet avortement constitue là encore une violation du contrat sauf si le geste mettait, de l'avis du médecin, la santé de la mère porteuse en danger.
• En cas de mort de la mère porteuse, les parents génétiques versent une somme déterminée et fixée d'avance par le contrat. 
• En cas d'échec, la mère porteuse doit subir trois tentatives d'implantation en un délai maximum d'un an avant de pouvoir résilier le contrat. 
• Si la mère porteuse ne respecte pas le contrat ou adopte des conduites que celui-ci interdit, elle perd le droit à l'indemnisation de ses frais, qu'elle devra rembourser s'ils ont déjà été perçus, et elle est tenue pour responsable de tous les frais encourus par les parents génétiques, y compris les frais médicaux, de psychologie, de voyage et légaux, liste évidemment non limitative.
Les auteurs du Centro de Bioética observent que seule une forte motivation économique (pour ne pas dire détresse) peut conduire une femme à accepter une telle atteinte à des biens comme « son intimité, sa liberté, son affectivité ». « De même, l'enfant est privé d'une des composantes fondamentales de son identité, de la mère qui lui a donné le jour, il voit sa vie manipulée comme si c'était une chose qu'on remet contre une somme d'argent », poursuivent-ils – et aussi de l'allaitement maternel.

Ils ajoutent que le désir de maternité ou de paternité est lui aussi exploité par les centres de procréation assistée à des fins franchement commerciales. Non seulement on leur propose une « solution expéditive » mais on introduit une « logique productive dans la transmission de la vie humaine ».

Ils n'évoquent pas un autre risque, et pourtant il est dans la logique de ce qui précède : celui de voir un jour toute grossesse, toute « gestation » humaine soumise aux obligations, interdictions, examens et critères que celles imposées aujourd'hui aux pauvres femmes indiennes qui en sont réduites à louer leur corps pour « produire » des bébés…


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Démographie et état sanitaire de la Russie : une réaction

Un lecteur réagit à ce message intitulé « Russie, un pays malade et qui se meurt ».

Il nous propose ces images, suivies de son commentaire :



Il faut faire attention de ne pas trop crier haro sur la Russie, notamment celle de Poutine.
En Allemagne c'est beaucoup pire, mais là les langues se délient beaucoup plus difficilement. Pourquoi?
Bien cordialement,
W.Wuermeling
- UNEC

Et voici ma réponse :

Cher ami, bien d’accord avec vous sur ces faits évidemment.

J’évoque souvent la suicidaire démographie allemande sur mon blog et dans “Présent”.

Cela n’empêche pas qu'il existe une difficulté spécifique sanitaire en Russie, et en parler n’est pas crier haro sur la Russie : l’article que je cite est d’ailleurs écrit par une Russe.



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