Cet article a paru en octobre 2009 dans le quotidien Présent et a été mis en ligne ici par Jean-Jacques Viala que je remercie d'être ainsi ma « mémoire » !
Cela s'est passé en Angleterre, mais c'est l'image de ce qui nous attend
demain, l'image de ce qui se produit aux Pays-Bas où l'euthanasie légale
est officiellement "stabilisée", voire "en baisse", mais où la mise à
mort des personnes âgées et malades devient de plus en plus commune.
Un homme de 76 ans, Jack Jones, est mort en janvier 2006 à l'hospice (au
Royaume-Uni, il s'agit d'un centre de soins palliatifs) de Woolton
(Liverpool) au bout de quinze jours de retrait de toute nourriture et
hydratation. Sa veuve, Pat, vient de se voir octroyer une compensation
de 18 000 livres sterling par les autorités sanitaires qui, sans
reconnaître la responsabilité de la clinique Marie Curie, ont préféré
éviter ainsi la procédure judiciaire engagée par Mme Jones pour erreur
de diagnostic.
Après deux chimiothérapies et l'ablation de l'estomac, il avait été
déclaré "en rémission" en 2005. Des douleurs dues à une infection de la
poitrine à la suite de son opération, et des difficultés pour manger
l'avaient cependant conduit à consulter et il avait été hospitalisé pour
cette raison. Une fois à l'hospice, sa condition avait empiré et il
avait été placé sur le "chemin de mort" défini par un protocole
développé par des médecins de Liverpool et qui rencontre l'approbation
du National Health Service britannique. Appelé Liverpool Care Pathway
(LCP) - "chemin de soins de Liverpool" - ce protocole prévoit qu'un
patient en phase terminale peut, sur décision du médecin, se voir priver
de nourriture et d'hydratation, recevant seulement les "soins de confort"
au nombre desquels on compte la "sédation profonde permanente".
S'il paraît effectivement raisonnable de ne plus nourrir et hydrater une
personne qui est sur le point de mourir ou qui souffrirait exagérément
du fait de cette administration de nourriture, il faut bien comprendre
que la "sédation profonde" ne correspond pas à ces cas de figure. Elle
prend acte d'une situation jugée sans retour et met en place des
procédures qui ont pour issue nécessaire et prévisible la mort, qui est
recherchée pour elle-même. C'est ce que l'Eglise a qualifié d'euthanasie
par omission. Mais ces procédures n'entrent pas dans les statistiques
officielles de l'euthanasie, ce qui permet de la mettre en place sans
même la légaliser.
Jack Jones, assurait en l'occurrence Alison Coackley, médecin de la
clinique de Woolton et l'une des responsables du développent du LCP,
présentait une rechute de son cancer. Sans avoir été consultés, sans
même recevoir le moindre élément de diagnostic, sa femme et ses enfants
furent avisés que Jack allait être privé des soins élémentaires et
notamment la demande de Pat qui à l'époque avait demandé qu'on vérifie
si son mari ne souffrait pas d'une pneumonie. Une autopsie devait
révéler que Jack Jones ne souffrait en aucun cas d'un cancer mais bien
d'une pneumonie qui aurait cédé devant un traitement antibiotique; selon
des rapports d'expertise, il aurait pu vivre au moins deux ans encore.
Des médecins de tout premier plan au Royaume-Uni avaient protesté au
mois de septembre contre le recours de plus en plus fréquent à ces
euthanasies déguisées: le LCP est appliqué dans plus de 300 hôpitaux et
560 maisons de soins et l'on parle déjà de 20 000 cas par an, dont une
partie concerne des personnes démentes, souffrant d'infarctus ou de
pneumonie mais en aucun cas en phase terminale. Dans de nombreux cas,
les proches reçoivent comme seule information le fait que leur parent
est "entré dans la phase mortelle".
"Le risque, tandis que cette pratique s'étend à travers le pays, est que
des personnes âgées souffrant d'affections chroniques comme Parkinson ou
de désordres respiratoires puissent être congédiés alors qu'elles
pourraient encore vivre un certain temps"; il accusait le gouvernement
de gérer la question de manière économique puisque nombre de lits de
gériatrie ont été fermés, l'idée étant de laisser les personnes âgées
mourir chez elles.
C'est, me semble-t-il, la logique des lois actuelles en France. Aussi
bien la loi Leonetti qui permet le refus des soins ordinaires en cas
d'absence d'espoir d'amélioration d'un patient gravement mais pas
mortellement malade, que le congé de fin de vie, qui permet de prendre
un congé rémunéré pour s'occuper d'un proche mourant, s'y inscrivent
parfaitement. Le congé de fin de vie voté en février est ainsi
sévèrement limité à trois semaines. Cela laisse au "traitement" le temps
d'agir ...
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La presse argentine se passionne depuis la fin mai pour l'histoire d'une adolescente de 16 ans qui, soutenue par ses parents, demandait l'avortement à la suite d'un viol, dans la ville de Calafate (province de Santa Cruz). Une récente décision de la Cour suprême de justice a posé que désormais, le seul fait de se trouver dans l'un des cas visés à l'article 68 du code pénal fédéral, dont la grossesse à la suite d'un viol est estimée faire partie, ouvre droit à l'avortement sans qu'il soit nécessaire d'obtenir un ordre de la justice. Ainsi ce qui avait commencé comme une exception – dépénalisation dans un nombre de situations limité et sous le regard du juge – finit comme un droit que l'on peut revendiquer, dans le cadre d'une simple déclaration sur l'honneur.
Mais pour cette jeune fille, l'avortement n'aura pas lieu. Tout simplement parce qu'elle n'avait pas été violée. Cela a été constaté au cours de l'examen de sa plainte contre son supposé agresseur qui a, malgré tout, permis de judiciariser l'affaire : interrogée d'abord lors du dépôt de plainte, puis filmée derrière un miroir sans tain, on a pu constater des contradictions dans ses récits. Elle a vite avoué avoir menti sur le viol ; voyant qu'elle était enceinte, elle avait eu peur de tout avouer à ses parents et avait inventé le viol.
Dès qu'ils ont su que leur fille était enceinte à la suite de relations sexuelles consenties et suivies avec un adulte de son entourage familial avec lequel elle n'avait pas de liens de sang, les parents ont tout arrêté : les poursuites, et surtout la demande d'avortement.
S'il n'y avait pas eu de dépôt de plainte, ni d'investigation, l'avortement aurait été pratiqué sans autre formalité.
Quoique…
Alors qu'on raisonnait encore comme si la jeune fille avait été effectivement victime d'un viol, les sept gynécologues qui travaillent à l'hôpital local de Calafate ont tous fait connaître par écrit à leur direction qu'ils refusaient de pratiquer l'intervention, avançant leur objection de conscience à l'avortement. Tous motivèrent leur décision par des raisons religieuses ou de conscience, aucun n'avait soulevé un doute quant à la réalité du viol – de fait, si l'on se refuse à tuer l'innocent, la manière dont celui-ci apparaît sur la scène n'est pas ce qu'il y a de plus important.
Aussitôt connue l'opposition des médecins, le Bureau local de protection de l'enfance et de l'adolescence, en la personne de son responsable Norma Costa, avait demandé au juge déjà sollicité par l'hôpital pour s'assurer de l'impunité de celui qui pratiquerait finalement l'avortement, d'ordonner un passage à l'acte rapide. Pendant ce temps – nous étions le 31 mai – la Santé publique de la province étudiait la possibilité de dépêcher un gynécologue plus accommodant d'une autre localité pour pratiquer l'avortement.
Le juge d'instruction de Calafate allait se prononcer, lui, une petite semaine plus tard. C'est le 6 juin que le magistrat, Carlos Narvarte, ordonna au gouvernement de la province de Santa Cruz la mise en œuvre « urgente » d'un protocole hospitalier pour répondre aux « cas non punissables ». Dans le même temps il confirmait qu'il ne donnerait pas de suite judiciaire à l'avortement sur la jeune fille, enceinte alors de 9 semaines : pas de poursuites, mais pas d'accord préalable non plus car celui-ci n'est « pas nécessaire », selo lui, et « viole les droits » de la jeune fille. Et d'exhorter le directeur de l'hôpital d'agir de manière urgente pour respecter l'arrêt de la Cour suprême, en vue de proposer vite une « solution pour la santé » de la jeune fille. A aucun moment il n'a posé la question de la réalité du viol.
Par la suite, il devait reconnaître qu'à l'avenir, et bien que l'arrêt de la Cour se satisfasse d'une déclaration sur l'honneur sur l'existence d'un viol, il serait bon de faire au moins quelques recherches ou expertises préalables avant de passer à l'acte, tâche qui serait à confier aux autorités sanitaires, peut-être appuyés par un « cabinet de professionnels », pourvu qu'ils se décident vite pour que « leur intervention soit rapide et ne constitue pas un obstacle ». Un obstacle à l'élimination du tout petit, bien entendu.
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Le 15 juin dernier, les représentants des grands mouvements militants des « LGBT » (lesbiennes, gays, bi, trans) étaient reçus dans les salons de la Maison Blanche, en présence de Barack Obama qui a prononcé un discours de soutien à leurs revendications.
Animée par un orchestre militaire – le US Marine Band – la réception des « LGBT Pride » a été marquée d'un événement assez exceptionnel pour être rapporté dans la presse : la demande en mariage d'une des invitées, Liz Margolies, directrice exécutive du National LGBT Cancer Network (réseau de soutien aux cancéreux LGBT), par son « compagnon » depuis trois ans et demi. Sobrement nommé et prénommé « Scout » au titre de son nouvel état civil, ce personnage transgenre mûrissait son plan de faire sa demande dans le cadre de la Maison Blanche, mais il n'avait pas pensé à fixer l'endroit où il le ferait. Alors il s'est mis à genoux au beau milieu du grand hall de la résidence présidentielle.
Moment de gêne sur fond de petits fours et champagne. Non pas du public, ravi du spectacle, mais de la Dulcinée (si l'on peut dire) qui depuis longtemps s'oppose avec véhémence à l'institution du mariage. Pour finir, le romantisme a gagné et Liz Margolies s'est jetée dans les bras de son « amant », qu'elle épousera sans difficulté puisque, transgenre, il (elle) est considéré légalement comme un homme.
Il faut le voir pour le croire. D'autant que…
…Barack Obama, à cette occasion, à défaut de légaliser le « mariage » homosexuel, a clairement épousé la cause des LGBT. Il a rappelé qu'il était fidèle à ce rendez-vous de juin depuis son élection à la présidence : le rendez-vous de « l'égalité pour tous ».
« Je vous ai dit par le passé que je ne vous conseillerais jamais d'être patients ; qu'il n'était pas plus juste de vous dire d'être patients que pour d'autres de le conseiller aux femmes il y a un siècle, ou de dire aux Afro-Américains d'être patients il y a un demi-siècle. Après des décennies d'inertie et d'indifférence, vous avez pleinement raison de faire pression, bruyamment et fortement, pour l'égalité. Mais il y a trois ans, je vous promettais également ceci : j'ai dit que même si cela prenait plus de temps que nous ne le souhaitions, nous serions témoins de progrès, que nous verrions le succès, et un changement réel et durable. »
Et de détailler ces succès : contre les violences homophobes, la discrimination à l'égard des séropositifs, la tenue la conférence internationale sur le sida aux Etats-Unis pour la première fois en 20 ans, les soins aux malades du sida, l'interdiction de refuser l'assurance aux LGBT, l'égalité de droits fiscaux et sociaux…
« Nous avons soutenu les efforts au sein du Congrès pour mettre fin à la prétendue loi sur la défense du mariage (Defense of Marriage Act). Et tandis que nous attendons de voir cette loi rejetée, nous avons cessé de défendre sa constitutionnalité dans les cours. »
Tout cela en attendant de nouvelles loi d'anti-discrimination, notamment à l'embauche et dans l'emploi.
« Aussi longtemps que j'aurai le privilège d'être votre Président, a conclu Obama, vous n'aurez pas seulement un ami à la Maison Blanche, vous aurez un avocat fraternel… »
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Organisé par le département du Développement international du gouvernement britannique (DFID) et la Fondation Bill & Melinda Gates, un sommet international de très grande envergure sur le planning familial se tiendra le 11 juillet prochain à Londres, avec l’objectif d’injecter plusieurs milliards de dollars dans la diffusion mondiale de la contraception et de promouvoir une politique « globale » du planning familial. Le directeur exécutif du Fonds des nations unies pour la population (FNUAP), Babatunde Osotimehin, a décrit les propositions qui seront avancées lors du sommet comme « transformationnelles », en « changeant le cours de la vie des femmes ».
Au moins c’est clair : il s’agit de transformer la société au niveau mondial. De la révolutionner.
La première ambition du sommet est de fournir des contraceptifs, et notamment des contraceptifs réversibles de longue durée, à 120 millions de femmes dans le monde d’ici à 2020, pour un coût estimé de 4 milliards de dollars. Une urgence, estiment les organisateurs du sommet, alors que 250 millions de femmes à travers le monde n’ont pas accès à l’information et au contraceptifs dont elles ont besoin pour planifier leur famille. Il s’agit de donner une nouvelle impulsion à des programmes dont le financement international est en baisse depuis une quinzaine d’années.
Les 120 millions de femmes visées vivent dans 69 pays parmi les plus pauves du monde, dont les budgets santé seront mis à contribution pour couvrir une grande partie des frais, le reste devant être donné par la Fondation Gates, DFID et d’autres pays. Sachant que seuls 20 à 25 pays seront représentés à Londres on comprend que cette « politique globale » ne relève pas précisément de la politique démocratique…
Dans le document de présentation du sommet rendu public en avril dernier, les organisateurs soulignent que l’événement aboutira à un engagement sans précédent sur les plans de la politique et des ressources, au nom de la lutte contre la mortalité maternelle et infantile puisque les femmes qui ne donnent pas le jour et les enfants non conçus ne meurent pas des complications de la grossesse ni de maladies précoces… Fallait y penser.
Si les sommes à débloquer sont colossales on peut en attendre un joli retour sur investissements, ajoute le document préparatoire :
« A mesure que les taux de fécondité chutent, la pression se détend sur les services de santé, d’éduction, de l’eau, de l’assainissement ainsi que les services sociaux, et devient moins forte sur les ressources naturelles rares dans les pays concernés. On estime que chaque $ US dépensé en services de planning familial a un rendement estimé d’entre 2 et 6 $ en économies de dépenses futures dans le secteur social en Afrique sub-saharienne, un rendement qui peut atteindre 13 $ en Asie du Sud. »
On notera la prudence du document et des présentations du sommet qui n’évoquent à aucun moment la question de l’avortement, si ce n’est pour dire que la promotion de la contraception doit contribuer à faire baisser le nombre des avortements dans des pays où 40 % des grossesses ne sont pas « désirées ».
Plusieurs ONG, dont Amnesty International, font circuler une lettre ouverte aux organisateurs exigeant qu’en aucun cas les droits des femmes ne soient méconnus à la faveur de programmes de contraception coercitive, plaidant pour une information de qualité afin que les femmes puissent faire leurs propres choix contraceptifs en pleine connaissance de cause. En même temps ces ONG réclament que toute la gamme des contraceptifs soit offerte aux femmes partout dans le monde.
Silence sur l’avortement – alors que de nombreux participants annoncés au sommet de Londres sont partisans, voire fournisseurs d’avortements –, exigence du respect de la liberté des femmes, rejet de la notion de « contrôle de la population », le sommet a visiblement choisi une image « soft ». On oublie que la contraception, selon ses variantes, et sans même aborder les questions morales et sociétales qu’elle soulève, est en elle-même une violence faite au corps des femmes, souvent responsable d’avortements très précoces, et dangereuse pour la nature lorsqu’elle aboutit à répandre des hormones sexuelles dans les cours d’eau.
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Le bioéthicien australien Peter Singer a été honoré lundi dernier de la plus haute distinction civile existant dans son pays lorsque, à l’occasion de l’anniversaire de la reine d’Angleterre, il a été fait Compagnon de l’Order of Australia. Peter Singer est connu pour ses prises de position extrêmes au nom de l’utilitarisme de l’écologie et des droits des animaux. Ainsi il justifie l’infanticide sur les nouveau-nés défectueux, la bestialité pourvu que l’être humain et l’animal y trouvent une satisfaction, et même l’inceste : c’était l’an dernier à l’université de Sydney. Il n’y mettait que deux conditions : que les partenaires soient consentants et qu’ils utilisent un contraceptif.
Singer est ainsi décoré pour « éminents services rendus à la philosophie et à la bioéthique, en tant que leader du débat public et communicateur d’idées ». Pour obtenir ce hochet-là, on est supposé avoir « mérité au plus haut degré à travers les services rendus à l’Australie ou à l’humanité en général ».
Peter Singer peut paraître avoir des idées marginales ou extrêmes. Pour autant il est tout sauf marginalisé : il occupe une prestigieuse chaire de bioéthique à l’université américaine de Princeton depuis 1999, et il est professeur lauréat à Melbourne University, dans son pays d’origine. La reconnaissance dont il vient de faire l’objet ne constitue sans doute pas une approbation de toutes ses idées, mais elle les rend encore un peu plus acceptables, dignes d’être considérées dans le contexte d’un débat rationnel. On en fait rarement autant pour ceux qui affirment le respect de la vie – à part le prix Nobel pour Mère Teresa peut-être.
Dans un excellent commentaire sur le site australien The Punch http://www.thepunch.com.au/articles/peter-singer-doesnt-deserve-an-order-of-australia/, Xavier Symons dit sans ambages que Singer « ne mérite pas » sa décoration. Oui, il est connu, oui, il a contribué au débat philosophique, oui, il lui arrive même de se montrer préoccupé par le sort des plus pauvres, oui, il a une influence « réelle » dans le monde de la politique et de la bioéthique (rappelons qu’il a rédigé le premier programme des Verts australiens dont il était membre fondateur). « Mais l’influence qu’il a eue sur notre société est vraiment détestable. »
Dans la droite ligne de Darwin et de Locke, rappelle l’auteur, Singer rejette toute différence de nature entre l’homme et l’animal : à Locke, il emprunte sa définition de la personnalité en la définissant comme une « conscience de soi rationnelle ». Singer en tire les conclusions extrêmes : on peut envisager de tuer celui qui n’est pas conscient de soi : l’enfant à naître, l’enfant à peine né – « Tuer un enfant défectueux n’est pas équivalent, au plan moral, au fait de tuer une personne. Parfois il n’y a aucun mal à le faire. »
De même, une personne qui n’est plus consciente d’elle-même et qui n’a plus la capacité de communiquer devrait pouvoir être éliminée, c’est à faire régler par des commissions et des groupes qui s’exprimeraient « au nom » de ces handicapés.
A l’autre bout de l’échelle, Singer plaide pour les droits des animaux et la libération animale : son livre Animal rights est aujourd’hui la bible des militants de PETA qui luttent contre le « spécisme » qui discrimine contre les animaux non-humains, et ont déjà obtenu quelques succès législatifs, en Autriche, en Suisse et en Espagne notamment.
De nombreux groupes pro-vie australiens ont crié au scandale en apprenant la nouvelle de la décoration décernée à Singer : « folie », « déshonneur », aberration alors que le « politiquement correct » impose une chape de plomb sur tant de sujets.
Peter Singer a un vrai mérite pourtant : c’est celui de tirer logiquement et sans fausse pudeur toutes les conséquences des idées et des philosophies qui justifient les transgressions actuelles de la loi naturelle. Si l’on peut tuer un enfant dans le sein de sa mère, pourquoi se l’interdire lorsqu’il vient de naître ? S’il n’y a ni âme, ni nature humaine, pourquoi ne pas traiter l’animal comme un homme et l’homme comme un animal ? Si ce qui compte, c’est la satisfaction de ses propres désirs dans le respect de ceux des autres, pourquoi imposer une morale sexuelle ?
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Avec une telle unanimité que l'ensemble des sources que j'ai consultées jugent inutile de détailler leurs noms, « les 105 académies des sciences » reliées dans le réseau mondial IAP ont appelé à une action globale coordonnée sur la population et sur la consommation dans un rapport adressé aux chefs d'Etat qui se réuniront au sommet du « développement durable » à Rio de Janeiro, du 22 au 24 juin. Les dépêches rapportant cette information sont toutes datées de Paris.
Il faut en finir non seulement avec la sur-consommation des pays riches, assurent les académies des Etats-unis, du Japon, du Nicaragua ou de la Lituanie, mais réduire la « rapide croissance de la population » car cela peut « stimuler et faciliter la croissance économique ».
La population et la consommation sont les deux facteurs-clef dont personne ne parle, assure le rapport, alors qu'ils sont primordiaux par rapport à l'épuisement des ressources naturelles et aux atteintes à la biodiversité. Sans compter que la croissance rapide de la population est un obstacle à la « réduction de l'inégalité de genre », souligne leopoldina.org, le site de l'Académie des sciences allemande.
Le rapport note pourtant, selon le résumé de leopoldina.org, que « les changements dans la structure de l'âge de la population résultant du déclin des taux de natalité et de mortalité peuvent avoir des ramifications environnementales, sociales et économiques importantes, par exemple en faisant peser une demande croissante sur les systèmes de soins et de pensions de retraite ». (Alors, elle croît ou elle décroît, la population ? Et que faire lorsqu'il y a trop de vieux ?!)
Le rapport pointe la migration et l'urbanisation croissantes qui, dans la mesure où elles sont inattendues et non planifiées peuvent avoir des conséquences troublantes sur le plan politique et environnemental, empêchant la réalisation du potentiel de développement économique et social, poursuit le résumé.
Le rapport propose donc que des mesures soient prises :
— Prendre en compte la population et la consommation dans tout plan politique, y compris ceux relatifs à la réduction de la pauvreté et au développement économique, la gouvernance globale, l'éducation, la santé, l'égalité de genre, la biodiversité et l'environnement.
— Réduire les niveaux de consommation dangereux et développer des choix plus durables, ces mesures étant d'une urgence critique dans les pays plus riches. (Mais c'est la Chine qui est en tête des pollueurs…)
— Encourager des stratégies de développement qui aident à réduire la croissance démographique, en particulier celles qui promeuvent l'éducation des femmes et des filles.
— Fournir l'accès à la santé reproductive intégrale et aux programmes de planning familial pour tous. Cette question requiert des ressources supplémentaires substantielles et une attention politique de la part des gouvernement et des donateurs internationaux.
— Une poussée globale vers une nouvelle économie verte en réduisant des types de consommation néfastes, avec le développement de choix plus durables.
— Développer des politiques qui améliorent la qualité de vie des personnes plus âgées et créer de nouvelles possibilités pour qu'il puissent continuer d'apporter leur contribution à la société.
Le président du groupe de travail du réseau des Académies (IAP), Charles Godfrey, membre de la Royal Society britannique, a déclaré à la presse, à ce propos : « Pendant trop longtemps, la population et la consommation ont été écartées du débat en raison de leur caractère sensible sur le plan politique et éthique. Ce sont des questions qui touchent aussi bien les nations développées que celles en voie de développement, et nous devons en prendre la responsabilité ensemble », a-t-il déclaré.
Est clairement visé le planning familial – « volontaire » – qu'il s'agit de promouvoir politiquement : « Il faut actionner les leviers qui déterminent la taille des familles. A la base, vous ne pouvez pas sauver l'environnement sans une politique et des programmes de santé reproductive », a commenté Lori Hunter, une démographe déjà présente à Rio.
Benoît XVI a parlé une demi-heure lundi à Saint-Jean-de-Latran du baptême, de la vie de Dieu et du refus de la culture du mal. Texte inédit pour l'heure, y compris me semble-t-il en italien. Je vous en propose ma traduction d'après le prononcé – avec les erreurs ou inexactitudes qui peuvent se produire au fil de ce type d'exercice, mais que j'espère minimes. C'est un discours saisi au vif, témoin de la profondeur de la foi et de la pensée de notre Pape, prononcé dans le contexte des attaques contre sa personne à travers l'« affaire » Vatileaks. Merci de renvoyer à ce blog, et à ces précisions, si vous citez le texte. – J.S.
Nous savons que les dernières paroles du Christ sur cette terre à ses disciples étaient : Allez, faites des disciples de toutes les nations et baptisez au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Faites des disciples et baptisez. Car il n’est pas suffisant pour être disciple de connaître la doctrine de Jésus, de connaître les valeurs chrétiennes, il est nécessaire d’être baptisé. C’est sur cela que nous allons réfléchir, pour comprendre la réalité et la profondeur du sacrement du baptême.
Une première porte s’ouvre – si nous lisons attentivement ces paroles du Seigneur : c’est son choix des paroles « Au nom du Père », je crois que cela est très important : le Seigneur dit « eis » et non « en » : nom pas « au nom de la Trinité » comme le nous disons pour un porte-parole qui parle au nom du préfet, ou d’un ambassadeur qui parle au nom du gouvernement. Non : il dit « eis », c’est une immersion dans le Nom de la Trinité, c’est être inséré dans le Nom de la Trinité, c’est une interpénétration de l’être de Dieu et de notre être. Il s’agit d’être immergé dans la divinité trinitaire par le nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Comme dans le mariage ce sont toujours deux personnes deviennent une chair, une nouvelle et unique réalité avec un nouveau nom unique.
Le Seigneur nous a donné à comprendre encore mieux cette réalité dans son dialogue avec les Sadducéens à propos de la Résurrection. Les Sadducéens ne connaissaient du canon de l’Ancien Testament que les cinq livres de Moïse qui n’évoquent pas la résurrection, et en raison de cela ils niaient la résurrection. Le Seigneur, précisément à propos de ces cinq livres, démontre la réalité de la résurrection ; il dit : Vous savez que Dieu s’appelle le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Donc Dieu prend ces trois hommes dans son propre nom et ils deviennent ainsi dans le nom de Dieu, pour faire comprendre que Dieu a uni ces trois hommes à son nom, qui sont devenus le nom de Dieu, un nom de Dieu, ils sont immergés en Dieu. Et ainsi nous voyons que celui qui est dans le nom de Dieu, qui est immergé en Dieu, est vivant. Dieu n’est pas un dieu des morts, mais le Dieu des vivants, dit le Seigneur, il est le Dieu de ces hommes et ces hommes sont vivants parce qu’ils sont dans la mémoire et dans la vie de Dieu.
C’est précisément cela qui se passe lorsque nous sommes baptisés : nous sommes intégrés au nom de Dieu comme si nous appartenions à ce nom et jusqu’à ce que ce nom devienne notre nom. Nous pourrions, avec notre témoignage, comme ces trois hommes dans l’Ancien Testament, être nous aussi témoignage, signe de qui est ce Dieu, dans le nom de ce Dieu. Etre baptisé veut dire être uni à Dieu dans une nouvelle existence ; nous appartenons à Dieu, nous sommes immergés en Dieu même.
En pensant à cela, nous devons voir que cela entraîne immédiatement un certain nombre de conséquences. La première, c’est que Dieu n’est plus pour nous quelqu’un de très lointain, ce n’est pas une réalité dont on discute pour savoir si elle existe ou non : nous sommes en Dieu et Dieu est en nous. La priorité, la centralité de Dieu dans notre vie est la première conséquence de notre baptême. A la question : « Qui est Dieu ? », la réponse est : « Il est et Il est avec nous, Il est au centre de notre vie, cette proximité est en Dieu Lui-même qui n’est pas une étoile lointaine mais qui est le milieu même de ma vie. » La première conséquence de cela est que nous devons tenir compte de cette présence de Dieu et vivre réellement en sa présence.
Une deuxième conséquence de ce que nous venons de dire est que nous ne décidons pas de devenir chrétiens. Devenir chrétien n’est pas ma décision, je ne me fais pas moi-même chrétien. Certes ma décision est nécessaire, mais c’est surtout une action que Dieu fait pour moi : je ne me fais pas chrétien, je suis assumé par Dieu, pris dans sa main, et ainsi en disant oui à Dieu je deviens chrétien ; devenir chrétien est une action de Dieu. En un sens je suis passif : je ne me fais pas chrétien, mais Dieu fait de moi un homme à Lui, Dieu me prend dans sa main et réalise ma vie dans une nouvelle dimension. Cette réalité de la dimension passive de l’être chrétien est comme le fait que je ne me fais pas vivre, la vie est donnée. Je suis né non parce que je me suis fait homme, je suis né parce que l’être m’a été donné. De même le fait d’être chrétien m’est donné, cela m’est donné à moi, passif, pour devenir actif dans ma vie. Et de cette dimension passive, du fait que l’on ne se fait pas soi-même chrétien, que l’on est fait chrétien par Dieu implique déjà un peu le mystère de la Croix. Ce n’est qu’en mourant à mon égoïsme, en sortant de moi-même que je peux être chrétien.
Le troisième élément qui se révèle immédiatement dans ces paroles, c’est que naturellement, étant immergé en Dieu, je suis uni aux frères et aux sœurs car tous les autres sont en lui, je suis tiré de mon isolement, je suis immergé en Dieu, je suis immergé dans la communion avec les autres. Etre baptisé n’est jamais un acte solitaire qui ne concerne que moi ; mais c’est toujours et nécessairement être uni à tous les autres, une unité et une solidarité avec tout le Corps du Christ, avec toute la communauté de ses frères et sœurs. Le baptême m’établit dans la communauté, il rompt mon isolement. Cela devrait être présent dans notre manière d’être chrétien.
Revenons finalement aux paroles du Christ aux Sadducéens : « le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob » : s’ils sont de Dieu, ils ne sont par morts, ils sont vivants. Cela veut dire qu’avec le baptême, avec l’immersion dans le nom de Dieu, nous sommes nous aussi immergés dans la vie immortelle. Nous sommes vivants pour toujours. En d’autres mots, le baptême est une première étape de la résurrection : immergés en Dieu, nous sommes déjà immergés dans la vie indestructible, la résurrection commence comme elle commence pour Abraham, Isaac et Jacob dès lors qu’ils sont dans le nom de Dieu ; ils sont vivants. De même nous, insérés dans le nom de Dieu, nous sommes vivants dans la vie immortelle, le baptême est le premier pas de la résurrection, de l’entrée dans la vie indestructible de Dieu.
Nous avons vu ainsi dans un premier temps avec la formule baptismale de saint Matthieu, les ultimes paroles du Christ qui contiennent l’essentiel du baptême. Avec le rite baptismal nous allons mieux comprendre et plus précisément ce qu’est le baptême. Ce rite, de même que les rites de preque tous les sacrements, est composé de deux éléments : la matière, l’eau, et la parole. Cela est très important : le christianisme n’est pas une chose purement spirituelle, une chose qui ne suggère que des sentiments, une volonté, des idées, mais une réalité cosmique. Dieu est le créateur de toute la matière qui entre dans le christianisme, et c’est seulement dans ce grand ensemble de la matière et de l’esprit, ensemble, que nous sommes chrétiens. Il est donc très important de voir que la matière fait partie de notre foi, comme notre corps fait partie de notre foi; la foi n’est pas purement spirituelle mais Dieu en quelque sorte assume toute la réalité du cosmos et transforme le cosmos et l’attire à Lui.
Avec cet élément matériel, l’eau, on n’a pas seulement un élément fondamental du cosmos, une matière fondamentale créée par Dieu, mais même le symbolisme de toutes les religions, car dans toutes les religions, l’eau signifie quelque chose, c’est le chemin des religions, cette recherche de Dieu de diverses manières, même erronées mais toujours recherche de Dieu qui est assumée dans le sacrement. Les autres religions dans leur chemin vers Dieu sont présentes et assumées et ainsi se fait la synthèse du monde. Toute la recherche de Dieu qui s’exprime dans les symboles des religions renvoie au symbolisme de l’Ancien Testament avec son expérience de Dieu qui sauve, de la bonté de Dieu qui devient présent. Nous reviendrons sur ce point.
L’autre élément est la parole. Cette parole se présente en trois éléments : renoncements, promesses, invocation. Il est important de voir que ces paroles qui ne sont donc pas seulement des paroles mais un chemin de vie. Il s’y réalise une décision ; dans ces paroles est présent tout notre chemin baptismal : celui qui le précède, celui qui le suit. Donc avec ces paroles et avec ces symboles le baptême s’étend à notre vie. Cette réalité des renoncements, des promesses et de l’invocation dure toute notre vie, nous sommes toujours sur ce chemin baptismal, ce chemin catéchuménal tissé par ces paroles et qui les réalise. Le sacrement du baptême n’est pas seulement un acte d’un instant, mais une réalité de toute notre vie, un chemin de toute notre vie.
En réalité, la doctrine des deux voies, très fondamentale dans le christianisme des débuts, était celle d’une voie à laquelle on disait non, et d’une voie à laquelle on disait oui.
Commençons avec la première partie : les renoncements. Ils sont au nombre de trois ; je prends d’abord le deuxième. Renoncez-vous aux séductions du mal, pour ne pas vous laisser dominer par le péché ? Qu’est-ce donc que cette séduction du mal ?
Dans l’Église antique et encore à travers les siècles on prononçait les paroles : « Renoncez-vous aux pompes de Satan ? » Avez-vous déjà pensé à ce que cela signifie ? Les pompes du diable étaient surtout les grands spectacles sanglants où la cruauté devenait un divertissement, où le fait de tuer des hommes devenait un objet de spectacle, le spectacle de la vie et de la mort d’un homme. Ce spectacle sanglant, ce divertissement du mal est la pompe du diable avec son apparente beauté et la réalité de sa cruauté. Au-delà de cette signification immédiate des paroles « pompes du diable » on voulait parler d’un type de culture, d’une way of life, d’un mode de vie où compte non la vérité mais l’apparence, où l’on ne cherche pas la vérité, mais l’effet produit, la sensation. Sous prétexte de montrer la vérité on veut en réalité détruire des hommes, et seulement se créer soi-même en tant que vainqueur. Il s’agit de renoncer à ce type de culture qui est une anti-culture qui s’érige contre le Christ et contre Dieu. Renoncer à une culture qui dans l’évangile de saint Jean est appelée « ce monde ». A propos de ce monde, Jean et le Christ ne parlent pas de la création de l’homme par Dieu mais de la créature qui est dominante et s’impose comme s’il était le monde et du mode de vie qu’elle impose.
Je voudrais réfléchir avec vous sur cette pompe du diable, sur cette culture à laquelle nous devons dire non. Etre baptisé, s’est essentiellement s’émanciper, se libérer de cette culture. Aujourd’hui nous connaissons un type de culture où la vérité ne compte pas, même si en apparence on veut faire apparaître toute la vérité. Seuls comptent la sensation, l’esprit de calomnie et de destruction, c’est une culture qui ne recherche pas le bien, dont le moralisme est un masque pour semer la confusion et la destruction. A cette culture du mensonge qui se présente avec les habits de la vérité et de l’information, à cette culture recherche seulement le bien-être matériel et nie Dieu nous disons non.
Nous connaissons bien grâce aux Psaumes ce contraste entre la culture où l’on peut sembler intouchable par rapport à tous les maux du monde si l’on met Dieu par dessus tout, et une culture du mal, la domination du mal. Ainsi la décision du baptême, cette partie du chemin catéchuménal qui dure toute la vie est précisément ce non prononcé et réalisé de nouveau tous les jours de notre vie, avec les sacrifices que coûte le fait de s’opposer à la culture du mal qui en beaucoup de lieux, domine. Elle s’impose comme si elle était le monde : ce n’est pas vrai, ce n’est pas elle qui décide de ce qu’est la vérité.
Nous passons ainsi au premier renoncement : le renoncement au péché pour vivre dans la liberté d’enfants de Dieu. Aujourd’hui la liberté et la vie chrétienne et l’observance des commandements de Dieu sont présentées comme opposées, être chrétien est vu comme un esclavage, la liberté serait de s’émanciper de la vie chrétienne, s’émanciper en somme par rapport à Dieu. Le mot péché apparaît pour beaucoup quasi ridicule. Ils disent : comment pourrions nous offenser Dieu, Dieu est si grand, en quoi cela l’intéresse-t-il si je fais une petite erreur ? Nous ne pouvons pas offenser Dieu car il est trop grand pour être offensé par nous.
Cela semble vrai, mais ce n’est pas vrai. Dieu s’est fait vulnérable : le Christ crucifié nous dit que Dieu s’est fait vulnérable, vulnérable jusqu’à la mort, Dieu s’intéresse à nous parce qu’il nous aime. L’amour de Dieu est vulnérabilité, intérêt pour l’homme, l’amour de Dieu veut dire que notre première préoccupation doit être de ne pas blesser, de ne pas détruire son amour, ne rien faire contre son amour car ainsi nous agirions contre nous-mêmes et contre notre liberté. En réalité cette liberté apparente, cette émancipation vis-à-vis de Dieu devient immédiatement esclavage, celui de tant de dictatures que le Christ a dû voir depuis les hauteurs du Temple.
Pour finir, le renoncement à Satan. On dit que c’est un oui à Dieu et un non au pouvoir du Malin qui coordonne toute cette activité et qui veut se faire le dieu de ce monde comme le dit encore saint Jean. Mais il n’est pas Dieu ! il est seulement l’adversaire. Nous ne nous soumettons pas à son pouvoir, nous disons nous parce que nous disons oui, un oui fondamental à l’amour et à la vérité.
Dans l’Antiquité ces rites étaient accompagnés de trois immersions. Immersion dans l’eau comme symbole de la mort : réellement la mort d’un type de vie et la résurrection vers une autre vie ; nous y reviendrons.
Puis la confession en trois questions : croyez-vous au Père tout-puissant, créateur, au Christ et enfin au Saint-Esprit et à l’Eglise ? Cette formule, ces trois parties ont été développées à partir des paroles du Seigneur, baptisez au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ces paroles sont concrétisées et approfondies pour dire ce que veut dire le Père, ce que veut dire le Fils, toute la foi au Christ, en Dieu fait homme, ce que veut dire croire au baptême, au Saint-Esprit, en toute l’action de Dieu dans l’histoire, en l’Eglise, en la communion des saints.
Ainsi la formule positive du baptême est aussi un dialogue, ce n’est pas seulement une formule. Surtout, la confession de la foi n’est pas seulement une affaire à comprendre, une chose intellectuelle, quelque chose à mémoriser, même si cela touche l’intelligence, et surtout notre vie ; voilà ce qu’il faut retenir, ce n’est pas quelque chose d’intellectuel, une pure formule, mais un dialogue de Dieu avec nous, une action de Dieu par rapport à nous, et une réponse de notre part, un chemin. La vérité du Christ peut se comprendre seulement pour autant que l’on comprend son chemin ; ce n’est qu’en acceptant le Christ comme chemin, en étant dans le chemin du Christ que nous pouvons comprendre la vérité du Christ. La vérité qui n’est pas vécue ne s’ouvre pas ; seule la vérité vécue, la vérité acceptée comme un mode de vie, comme chemin s’ouvre comme vérité dans toute sa richesse et sa profondeur.
Donc cette formule est un chemin, c’est l’expression d’une conversion de notre part, d’une action de Dieu, et nous voulons réellement qu’elle soit présente dans toute notre vie, afin que nous soyons en communion en ce chemin avec Dieu, avec le Christ et être ainsi en communion avec la vérité. En vivant la vérité, la vérité devient vie et en vivant cette vie nous trouvons la vérité.
Passons maintenant à l’élément matériel, l’eau. Il est très important de voir deux significations de l’eau. D’une part l’eau fait penser à la mer, surtout à la Mer Rouge, à cette mort dans la Mer Rouge. La mer représente ici la force de la mort, la nécessité de mourir pour arriver à la nouvelle vie. Ce symbolisme est très important : le baptême n’est pas seulement une cérémonie, un rituel que l’on fait depuis longtemps, ce n’est pas seulement un lavage, quelque chose de cosmétique. Bien plus qu’un lavage, il est mort et vie. Il est la mort d’une certaine existence, et renaissance, résurrection à une nouvelle vie. Voilà la profondeur de l’être chrétien, ce n’est pas seulement quelque chose qui s’ajoute mais une nouvelle naissance.
Après avoir traversé la Mer Rouge nous sommes neufs. Ainsi la mer, selon toute l’expérience de l’Ancien Testament est devenue pour les chrétiens symbole de la Croix. C’est seulement par la mort, une renonciation radicale que l’on meurt à un certain type de vie et alors la renaissance peut se réaliser pour être réellement vie nouvelle.
Cela est une partie du symbolisme de l’eau, symbolisé surtout dans l’immersion de l’Antiquité : la mer, la Mer Rouge, la Croix. Ce n’est que par la Croix que l’on arrive à la nouvelle vie, et cela se réalise chaque jour. Sans cette mort toujours renouvelée, nous ne pouvons parvenir à la vraie vitalité de la nouvelle vie du Christ.
Mais l’autre symbole est celui de la source. L’eau est l’origine de toute vie. Outre le symbolisme de la mort et le symbolisme de la nouvelle vie, toute vie provient de l’eau, de l’eau qui vient du Christ comme la vraie vie nouvelle qui nous accompagne dans l’éternité.
A la fin reste une question à laquelle je ne consacrerai qu’une toute petite parole, celle du baptême des petits enfants. Il est juste de le faire, sans qu’il soit nécessaire de faire d’abord un chemin catéchumal pour arriver à un baptême réellement réalisé. L’autre question qui se pose toujours est celle-ci : pouvons-nous imposer à un enfant une chose religieuse qu’il voudra vivre ou non, nous devrions lui laisser le choix. Cette question montre qu’au bout du compte nous ne voyons plus finalement dans la foi chrétienne la vie nouvelle, la vraie vie ; nous voyons un choix après l’autre, et même un poids qu’il ne faudrait pas imposer sans que le sujet en sache le sens.
La réalité est autre. La vie elle-même nous a été donnée sans que nous puissions choisir – « si je veux vivre ou non ». Personne ne peut faire qu’il est né ou non. La vie est nécessairement donnée sans consentement préalable. Elle est donnée ainsi et nous ne pouvons pas décider d’abord – « si je veux vivre ou non ». En réalité la question est de savoir s’il est juste de donner la vie en ce monde sans avoir obtenu le consentement de celui qui vivre ou non. Si je peux réellement anticiper sur la vie, la donner sans que celui à qui on la donne ait eu la possibilité de se décider, je dirais que cela est possible et juste seulement pour autant qu’avec la vie l’on peut donner la garantie que la vie – avec tous les problèmes du monde – est bonne, qu’il est bon de vivre, qu’il existe une garantie que cette vie est bonne, qu’elle est protégée par Dieu, qu’elle est un vrai don, seule l’anticipation de son sens justifie cette anticipation de la vie.
Et alors le baptême, comme garantie du bien de Dieu, comme anticipation du sens du oui de Dieu qui protège cette vie, justifie cette anticipation par rapport à la vie. Donc le baptême des petits enfants n’est pas contre la liberté, il est même nécessaire de le donner pour justifier le don hautement discutable de la vie. Seule la vie entre les mains de Dieu, entre les mains du Christ, immergée dans le nom de la Trinité est certainement un bien que l’on peut donner sans scrupules.
Ainsi rendons grâce à Dieu qui nous a donné ce don, qui s’est donné Lui-même. Notre vie, c’est de vivre de ce don, vivre réellement dans un chemin d’après-baptême, renoncer à soi-même et vivre dans le grand oui de Dieu, et ainsi, bien vivre.
Benoît XVI
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Le Chili ayant été épinglé par une agence de l'ONU pour faire partie d'un des cinq pays au monde à interdire l'avortement « thérapeutique » (avec El Salvador, Malte, le Nicaragua et le Vatican), puis par Amnesty International, fin mai, pour la même raison, des Chiliens ont décidé d'agir. La Coordination universitaire de la dissidence sexuelle (CUDS) vient de lancer une vidéo sur internet avec « 42 phrases-type contre l'avortement ». Où une actrice, Irina La Loca (Irène la Folle) se livre à un jeu de petites phrases très apprécié au Chili pour parodier les arguments contre l'avortement.
La vidéo – bonne nouvelle – a été supprimée sur internet à la demande de l'artiste Pablo Müller dont la chanson a été utilisée et détournée dans le clip. Mais vous pouvez au moins voir la tête de l'actrice :
Tour à tour colère, compassion, fausse gentillesse, exaltation, dureté, sadisme, pruderie, méchanceté, sentimentalisme douceâtre et banalité se lisent sur le visage de l'interprète qui débite ses phrases : S'il te viole, donne l'enfant à l'adoption ! Tu aurais aimé qu'on t'avorte ? Dieu va te châtier ! Ce ne sont pas des cellules ! Il n'a pas de cerveau… mais il est vivant… Si tu ne veux pas de l'enfant, donne-le moi… Apprends à serrer les cuisses ! La vie commence à la conception… Mais si tu ne veux pas être enceinte, il ne faut pas avoir des rapports ! La vie est un cadeau de Dieu… L'avortement est un assassinat ! Etc.
On notera que tous les tons possibles sont ridiculisés. Celui des prophètes de malheur comme celui des bonnes âmes charismatiques qui préfèrent parler de la vie et de l'amour.
Cette vidéo que ses réalisateurs espèrent rendre « virale » a une histoire. Où l'on touche à peu près le fond de ce que peut faire le lobby de l'avortement.
Le CUDS, donc, estimant que les Chiliennes sont victimes d'une abominable injustice parce que l'avortement est interdit dans leur pays, ont lancé une campagne dans la rue : la campagne « Donne pour un avortement illégal » pour pallier l'absence de financement public de l'avortement. Des volontaires ont parcouru des rues des villes – ils organisaient même un atelier d'information aujourd'hui à l'université du Chili – pour demander des dons privés en vue de payer des avortements illégaux. Et surtout pas pour l'avortement des enfants atteints de malformation ou de ceux conçus à l'issue d'un viol : non, il s'agit de montrer l'avortement sous un jour « jovial et pacifique », montrer que l'avortement peut être « un thème joyeux, allègre, parce qu'il parle de la liberté des femmes de décider. »
Le clip de campagne a été retiré de youtube pour atteinte aux droits d'auteur de la chanson originale détournée, il est encore visible par là ; je ne vous encourage à y aller que pour des raisons d'étude sociologique du ridicule. Refrain : « L'avortement pour toi, l'avortement pour moi, l'avortement pour tous ceux qui sont ici ! », sur fond de femmes souriantes et de petites filles qui jouent au parc…
En recueillant des fonds pour cette cause « humanitaire », les volontaires ont été confrontés à beaucoup d'hostilité. Et ce sont les petites phrases entendues alors, et passées au crible, qui ont fourni la matière de la vidéo aux 42 arguments contre l'avortement tournés en dérision parce qu'ils sont à la fois « monstrueux » et « débiles », comme l'explique le site de « Dona por un aborto ilegal ».
Je ne sais pas pour vous, mais moi j'aurais du mal à faire la quête pour la suppression des enfants à naître dans un T-shirt comme ça :
Et voici le logo de la campagne :
« Pour une vie meilleure : donne pour un avortement illégal. »
Pour tout vous dire, j'ai cru au début que c'était un gag. Une campagne humoristique – et de très mauvais goût – pour la vie. Eh ben non, c'est bien une campagne pour la mort, et on ne s'étonnera pas de voir que ses organisateurs fassent aussi la promotion de la pornographie…
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La maltraitance et les violences au sein des couples gays est une réalité occultée, affirme la « plateforme citoyenne » HazteOir. On commence à s'interroger sur le sujet en Espagne alors que l'application de la loi sur la violence de genre, adoptée sous Zapatero, est de plus en plus perçue comme porteuse d'injustice puisque les méfaits sur les femmes sont davantage pénalisés que ceux commis sur les hommes. Ainsi El Pais, dans un article illustré par le transport de la dépouille d'un homme tué par son ex-amant dans un club de gym en 2011, affirme que 32 hommes sont morts au cours de ces dernières sous les coups de leur « pareja » – le mot espagnol signifiant la personne avec qui l'on vit en couple sans préciser s'il s'agit d'un homme ou d'une femme. Mais le journal, observe HazteOir, ne précise pas si ces violences sont homosexuelles ou hétérosexuelles.
Il y a pourtant de quoi se poser la question au vu d'une étude menée en 2010 par Elaine Zahnd du Centre de politique de la santé d'UCLA (université de Californie Los Angeles) tendant à établir que les gays et lesbiennes sont deux fois plus exposés aux violences domestiques que les adultes « hétérosexuels ». 27,9 % des gays et lesbiennes ont subi une forme de violence domestique au cours de leur vie, affirme l'étude, et même 40,6 % des bisexuels ; seuls 16,7 % des « hétéros » affirment avoir souffert des incidents violents. L'étude ne fournit pas d'explication sur la cause des violences entre membres de la communauté LGBT.
Et les hommes espagnols battus dans tout ça ? El Pais – journal de gauche – finit enfin par avouer que les hommes sont victimes de discrimination à cet égard par rapport aux femmes, puisque l'agression d'un homme contre une femme encourt une peine plus lourde que celle d'une femme sur un homme, discrimination justifiée en 2008 par le Tribunal constitutionnel. Celui-ci avançait alors des « raisons statistiques et historiques ».
Résultat : lorsqu'un homme battu appelle la ligne de secours aux personnes maltraitées mise en place par les pouvoirs publics, on peut lui répondre : « Désolé. Ici nous ne nous occupons que des femmes. Faites le 010 et demandez les services sociaux. »
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Avec l'arrivée de l'équipe de Mariano Rajoy en Espagne quelque espoir existe de voir un démantèlement ou au moins un début de démantèlement des pires aberrations zapatériennes, comme l'ont réclamé dans la rue et par des actions en justice de très nombreux Espagnols. Mais la question se pose : quels seront le courage et la volonté des « conservateurs » au pouvoir ? Pour ce qui est de la très contestée « Education à la citoyenneté », qui a mobilisé des centaines de milliers de parents à travers le pays, une refonte a été proposée. Mais elle est insuffisante, signale l'association « Profesionales por la Etica » qui l'a étudiée à la loupe.
L'association vient de présenter son rapport, dont la rédaction a été confiée à Mariano Bailly-Baillère Torres-Pardo : pour lui, malgré les modifications, le programme imposé aux écoles « conserve intactes son intention et sa profestructure laissant l'administration du moment former la conscience morale des élèves et d'évaluer leur comportement » selon des « principes moraux » imposés par l'Etat ; une « morale d'Etat » appuyée sur des « principes controversés ». Et ce en contradiction flagrante avec le droit premier des parents d'éduquer leurs enfants. Le Partido Popular ne fait en réalité que reprendre à son compte un droit qui leur appartient en propre.
Ainsi, souligne le rapport de « Profesionales por la Etica », malgré d'opportunes coupures dans le contenu le plus idéologique du programme, le fait que ses objectifs et sa structure soient maintenus « rend possible la manipulation des consciences des élèves en portant atteinte aux droits et devoirs de leurs parents en tant que premiers et principaux responsables de leur formation religieuse et morale ».
« Les contenus obligatoires des programmes incluent des thèmes comme “la condition humaine”, “l'identité personnelle”, “l'éducation affectivo-émotionnelle” ou “la construction de la conscience morale” que le curriculum aborde depuis le point de vue du relativisme moral et où la vérité, le bien et le mal n'apparaissent même pas comme des possibilités. L'Education à la citoyenneté prétend en outre évaluer les attitudes des élèves, empiétant ainsi sur leur intimité et celle de leurs familles », affirme le communiqué de l'association.
C'est ainsi que le Partido Popular perpétue l'idée que c'est au gouvernement, à l'administration de définir ce qui est bien et ce qui est mal.
« Il ne s'agit pas de ce que l'actuel gouvernement minimise les contenus de ces programmes ou qu'il assure ne pas vouloir faire de l'endoctrinement à l'école ; il s'agit de ce que l'Education à la citoyenneté du PP laisse la porte ouverte aux administrations – présentes ou futures – et aux professeurs pour qu'ils continuent de faire de l'école un terrain de semailles idéologiques », poursuit le communiqué.
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Une cour d'appel du Nouveau Mexique vient de juger qu'un photographe professionnel a violé les lois anti-discrimination de cet Etat américain en refusant de couvrir la cérémonie d'union d'un couple homosexuel. La cour a ainsi confirmé les décisions antérieures de la commission des droits de l'homme du Nouveau Mexique et d'un tribunal de district condamnant l'entreprise Elane Photography à près de 7.000 dollars de dommages pour le refus de prestation.
Les faits remontent à 2006. Vanessa Willock, l'une des deux futures « mariées », avait contacté le studio en annonçant qu'il s'agissait d'une union homosexuelle ; celui-ci avait refusé au motif qu'il ne couvrait que les mariages traditionnels. Sa partenaire avait par la suite appelé le studio sans préciser la nature homosexuelle de la cérémonie et avait obtenu des devis avant d'être recontactée par courriel.
Elane Photography a soutenu avoir refusé de fournir la prestation pour des motifs religieux. Sur un plan plus juridique, le studio ajoutait que le service qu'il proposait n'était pas à considérer comme une prestation publique au sens où le désigne la loi sur les droits de l'homme du Nouveau Mexique, s'agissant d'un service unique, de l'ordre de l'expression, fourni à sa discrétion. Il était défendu par l'Alliance Defense Fund qui regroupe des avocats chrétiens.
Le studio avait demandé entre autres si, dans l'hypothèse où un photographe Afro-Américain aurait été approché pour couvrir un meeting du Ku Klux Klan, ledit professionnel aurait pu être obligé de fournir la prestation.
Réponse de la cour : « Le Ku Klux Klan n'est pas une catégorie protégée. L'orientation sexuelle, au contraire, est protégée. »
Une fois qu'on le sait…
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Une équipe de chercheurs de l'Université de Washington et de Seattle ont réussi à développer une technique qui leur permet de séquencer plus facilement et à moindre coût le génome complet d'un fœtus sans avoir recours à des gestes invasifs sur l'enfant à naître. Bonne nouvelle ? Pas sûr, car il s'agit en réalité de faciliter le dépistage in utero des désordres génétiques dits « mendéliens », aisés à repérer car liés à un défaut sur un seul gène. Il en a été repertorié plus de 3.000 à ce jour.
Jacob Kitzman et Matthew Snyder et leurs collègues viennent de rendre compte de leur nouvelle approche dans Science Translational Magazine.
Jacob Kitzman
Compte tenu du fait que le plasma sanguin d'une femme enceinte contient de l'ADN sans cellule de son enfant à naître – environ 10 % du total de l'ADN sans cellule présent dans le sang – dès quelques semaines après le début de la gestation, les chercheurs ont prélevé du sang maternel sur des femmes enceintes à différentes étapes de la grosssesse : vers 18 semaines, puis plus tôt sur un autre couple. L'échantillon était analysé en le comparant avec l'ADN paternel recueilli dans la salive du père, et, en utilisant des données statistiques, en recherchant le distinguant de l'ADN maternel. La méthode permet alors de repérer les mutations nouvelles, qu'elles se soient produites dans les gamètes du père ou de la mère.
La méthode n'est pas nouvelle dans le principe mais l'équipe de Kitzman a réussi à l'affiner de manière à identifier d'infimes variations de l'ADN : une seule lettre du code. Ce qu'a permis de vérifier la comparaison du code obtenu avec celui effectivement constaté après la naissance en analysant le sang du cordon ombilical. La méthode aura permis d'établir les correspondances de l'ADN de l'enfant avec ceux de ses parents respectifs à 98,1 %.
Dans un des exemples étudiés par les chercheurs ceux-ci ont pu identifier 39 sur les 44 mutations de novo effectives de l'enfant alors qu'il était encore au stade fœtal.
L'idée est maintenant de standardiser et d'automatiser autant que possible la procédure pour permettre, à l'avenir, de dépister les quelque 3.000 désordres mendéliens de manière simple et rapide.
Ce qui posera fatalement le problème moral de l'utilisation de cette connaissance. Comment l'interpréter, comment évaluer la gravité des désordres génétiques constatés, comment en informer les parents – ou non ? Et sera-t-elle utiliser pour éliminer par l'avortement les malades de l'intelligence, les schizophrènes ou les autistes qu'on pensera avoir identifiés ?
Aujourd'hui, le dépistage de la trisomie 21 aboutit, on le sait, à 96 % d'avortements en cas de test positif, le test demeurant bien plus lourd et invasif, d'ailleurs non dénué de risques, qu'un simple examen de sang et de salive, puisqu'il faut prélever de l'ADN dans le liquide amniotique dans lequel baigne l'enfant à naître.
Demain les données dont disposeront les praticiens seront incroyablement plus nombreuses – et potentiellement plus dangereuses pour les tout-petits.
L'affaire est révélatrice. Craig Jaret Hutchinson a été condamné pour « agression sexuelle » l'an dernier au cours d'une procédure qui l'a déjà mené devant la Cour suprême du Nova Scotia pour avoir percé les préservatifs qu'il a utilisé lors de rapports avec sa petite amie. Lors d'un deuxième procédure devant une cour d'appel l'avocat du jeune homme a plaidé lundi qu'une telle condamnation aurait des conséquences incalculables, notamment au bénéfice d'hommes qui chercheraient à échapper à leurs responsabilités vis-à-vis des enfants qu'ils engendrent.
Les faits remontent à 2006. Hutchinson pensait pouvoir sauver sa relation chancelante avec sa petite amie si elle tombait enceinte, d'où ses manœuvres. Une grossesse était effectivement survenue mais la jeune femme avait avorté ; une infection utérine s'en était suivie.
Une première procédure devant la Cour suprême du Nova Scotia pour « agression sexuelle aggravée », avait abouti à la relaxe de Hutchinson même si ses actes ont été qualifiés de frauduleuses et de lâches. La cour d'appel devait exiger alors que l'affaire soit rejugée au motif que la jeune femme n'était pas consentante pour un « acte sexuel non protégé ». La condamnation – à 18 mois de prison ! – tomba le 28 septembre dernier. Sans toutefois aller aussi loin que ce qu'avait réclamé le procureur : celui-ci avait accusé Hutchinson d'avoir mis la vie de sa fiancée en danger en « sabotant » les préservatifs. Le juge Richard Coughlan estima que le lien entre la grossesse et le percement des préservatifs n'avait pas été prouvé, et il précisa que la grossesse ne constitue par une menace pour la vie.
Hutchinson a évité la prison grâce à une caution de 5.000 $. Et a fait appel de nouveau.
Son avocat essaie désormais de faire accepter le fait que la tromperie à laquelle s'est livrée son client est certes « immorale » mais non « criminelle ». Luke Craggs a souligné lundi qu'une condamnation serait la porte ouverte à la procédure à l'encontre de toute personne qui ne serait pas honnête par rapport à son utilisation de moyens anticonceptionnels et pourrait conduire au refus d'hommes de payer une pension alimentaire pour un enfant parce que leur partenaire leur aurait fait croire qu'il n'y avait pas de risque de grossesse.
Le procureur a reconnu que la logique voudrait en effet qu'on puisse aussi poursuivre une femme qui aurait menti à son partenaire en lui faisant croire qu'elle prenait la pilule.
Pour une histoire compliquée, c'est une histoire compliquée. Mais elle est somme toute dans la logique des choses à partir du moment où l'on considère que la grossesse, au même titre qu'une maladie sexuellement transmissible, est une conséquence généralement indésirable de l'acte sexuel, et qui ne devient acceptable qu'en cas d'accord des deux partenaires.
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Cinq transsexuels ont obtenu la modification de leur état civil en Argentine en application de la loi d'identité de genre entrée en vigueur dans ce pays depuis un mois. Ils sont les premiers à profiter des nouvelles dispositions qui permettent d'inscrire le « genre » selon l'identité ressentie et non d'après des critères objectifs ; la modification se fait par une reformulation du certificat de naissance. Les cinq intéressés ont fait savoir qu'ils avaient vécu l'événement comme « une nouvelle naissance ».
Les cinq certificats ont été délivrés à Buenos Aires, quatre à des hommes qui se sentent femmes et un à une femme qui se sent homme. La démarche ne requiert que l'expression de la volonté du demandeur et s'applique donc aussi bien aux transsexuels qu'aux travestis, et leur ouvre tous les droits, notamment matrimoniaux, selon le nouveau genre inscrit à leur état civil.
Aucune autre démarche ou formalité n'est exigée : pas de procédure médicale, pas de passage obligé devant le psychologue, pas de complications juridiques…
Les asssociations LGBT argentines se réjouissent bien entendu en soulignant que la loi de leur pays est la plus « avancée » du monde entier, appelant à ce qu'elle soit désormais imitée dans le reste du monde. La procédure étant ouverte aux migrants, elles appellent les « trans » des autres pays à venir changer d'identité en Argentine.
Le Salon beige, bloc d'actualité par des laïcs catholiques, vous propose de signer la lettre ouverte aux candidats aux élections qui a déjà obtenu près de 10.000 signatures lors des présidentielles. Si ce n'est pas encore fait, c'est ici.
Allez aussi voir l'évaluation et les commentaires relatifs à nombre de candidatures explicitement pro-vie : un important travail, c'est là.
De manière générale, dans un contexte d'inflation de candidats où les prises de position de tel ou tel sur les principes non négociables restent dans le flou – professions de foi uniformisées, absence d'information facilement accessibles sur tous les candidats présentés pour certains partis – le Salon beige fait travail utile au quotidien. A suivre…
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Le maire adjoint de Salford, Angleterre, a justifié la décision des autorités sanitaires et scolaires de sa ville d'aider une jeune fille de quinze ans à avorter à l'insu de ses parents. Une histoire qui remue la presse locale et montre où en est arrivé la confiscation de l'autorité des parents au Royaume-Uni.
La jeune fille, paniquée et honteuse à l'idée d'être enceinte, s'était rendue dans un hôpital de Manchester où sa grossesse avait été confirmée. Conformément à sa demande, les responsables médicaux ne prirent pas contact avec ses parents mais avec son école. Et c'est au sein de l'école que ses professeurs l'ont « aidée » à prendre la décision d'avorter, vérifiant qu'elle était bien « à l'aise » (le mot anglais est confortable) avec cette idée.
Puis la jeune fille eut la possibilité de subir l'intervention pendant les heures de classe, afin que ses parents ne se doutent de rien. Elle reçut, tout au long de la procédure, le « soutien » de ses professeurs.
Ce n'est qu'une fois le fait accompli que la jeune fille en a parlé à ses parents.
Il faut croire que ce sont ceux-ci qui ont rendu l'affaire publique, puisque dorénavant la presse en parle et que les autorités locales affirment unanimement que cette affaire a été conduite exactement selon les règles et directives nationales de 2004. C'est donc l'adjoint John Merry, adjoint au maire à l'enfance et à la jeunesse, qui a officiellement approuvé les mensonges et les subterfuges, affirmant que « ces directives sont dans l'intérêt de l'enfant et ont été correctement suivies en ces circonstances ».
Les responsables de l'école de la jeune fille ont refusé de commenter le cas. Ils peuvent s'abriter derrière les textes qui autorisent aussi bien les professeurs, les médecins et les infirmières à fournir des « conseils et des traitements sexuels », y compris l'avortement aux enfants et aux mineurs ; rien ne les oblige à avertir les parents s'ils estiment l'enfant « assez mûr » pour prendre une décision. La loi protège ce droit ainsi que le droit à la confidentialité des mineurs dès lors que l'enfant reste « en sécurité ».
Commentant l'affaire, la porte-parole du groupe pro-vie britannique Life, Michaela Aston accuse les directives qui permettent à l'école de devenir « complice de l'occultation, et même complice tout court d'un événement majeur, controversé et potentiellement dommageable dans la vie de la fille de quelqu'un ».
Elle rappelle que les enfants ont besoin d'une autorisation écrite de leurs parents pour avaler ne serait-ce qu'une aspirine…
Pour ce qui est de l'efficacité de la politique publique concernant les grossesses adolescentes, on rappellera qu'en 2009, 2.366 mineures de la région du Grand Manchester sont tombées enceintes. La moitié d'entre elles ont subi un avortement.
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La petite fille sur la photo aura bientôt un an. Elle n'aurait pas dû naître. Enfin, si l'on avait fait confiance aux féministes qui se mobilisent toujours dans ces cas-là. Et si sa maman, une adolescente, avait profité de l'article 68 du code pénal argentin, qui « justifie » l'avortement quand l'enfant à naître est le fruit d'un viol. Condition qui vient d'être assouplie par la Cour suprême argentine qui affirme superflue toute décision de justice pour autoriser l'avortement dans ces circonstances.
La petite fille sur la photo s'appelle Luz Maria, et elle est aujourd'hui la joie de sa famille. Sur la photo, elle dans les bras de sa tante. C'est une petite rescapée : tant de personnes, tant d'organismes s'étaient liguées pour qu'elle ne voie pas le jour ! Il y avait des groupes de « défenseurs des droits de l'homme », la presse, bien sûr et jusqu'aux représentants du gouvernement local de la province de Misiones qui poussaient la famille de la jeune fille enceinte à faire avorter celle-ci.
C'est la Red Federal de Familias (réseau fédéral des familles) qui s'est mobilisée l'an dernier pour que Luz Maria vive. Si bien que la famille, prête à accepter l'irréparable, s'est désistée in extremis de la demande d'avortement introduite en son nom.
C'est Julieta Lardies, la déléguée – toute jeune – du Réseau, qui raconte dans la revue Revista Familia y Vidale combat qu'elle a mené pour sauver cette petite vie. La famille du bébé s'exprime aussi, pour dire ce qu'elle pense aujourd'hui de l'avortement, ce qui s'est vraiment passé, comment on a fait pression sur elle, et qui, en fin de compte, l'a véritablement aidée.
Aider ? C'est ce que proposa et ce que fit Julieta Lardies. Alors que les journaux s'enflammaient pour réclamer la vie de Luz Maria, elle publia, avec une autre déléguée du Réseau, une lettre ouverte pour supplier qu'on ne tue pas l'enfant. Au nom de sa vie, mais aussi pour la mère qui porte les conséquences physiques et psychiques de l'avortement. Julieta Lardies proposait de l'aide : l'aide de psychologues pour l'aider à traverser l'épreuve, de médecins pour que sa grossesse soit bien suivie, et même, si la jeune maman le voulait, des parents prêts à adopter l'enfant à sa naissance. S'adressant à l'adolescente et à ses proches, la lettre disait :
« Nous voulons qu'ils sachent qu'ils ne sont pas seuls, que nous comprenons leur douleur et leur angoisse, mais nous voulons aussi qu'ils sachent qu'éliminer l'enfant ne résoudra rien : au contraire, c'est un décision dont tôt ou tard les femmes se repentent, mais quand il n'y a plus moyen de revenir en arrière (c'est ce que dit l'expérience de personnes qui travaillent jour après jour avec des femmes qui doivent porter pour la vie le poids d'avoir tué leurs propres enfants). (…)
Nous voulons te demander à toi, jeune fille qui te trouves dans cette situation difficile, de nous permettre de t'aider ; nous savons ta souffrance et nous voulons le mieux pour toi et pour ce bébé que tu portes en toi, nous voulons que tu connaisses le témoignage de jeunes comme toi qui se sont trouvées dans des situations semblables à celle que tu vis, et qui aujourd'hui ne regrettent pas d'avoir laissé naître leur enfant. Quand il naîtra, tu pourras l'élever ou le confier à l'adoption, personne remettra alors en cause ta décision parce que tu auras agi avec courage en respectant le droit de cet enfant. Le tuer serait injuste (lui n'est coupable de rien et on ne peut pas gommer l'horrible crime du viol en commentant à son tour le crime de supprimer la vie de cette petite personne). Aie le courage de dire “oui” à la vie… et compte sur nous. Sa vie est entre tes mains. »
Le message fut entendu.
Et finalement, la famille de Luz Maria a préféré garder ce bébé devenu enfant du bonheur.
Toujours en pointe, attentif et précis dans ses informations, le site australien BioEdge rapporte aujourd'hui la dernière péripétie dans l'affaire complexe de la « mort cérébrale » et du prélèvement d'organes. Cette affaire illustre comment s'opèrent les glissements pour répondre aux besoins d'une industrie multi-milliardaire. (A ce propos, voir aussi le message du Salon beige, ici.)
Face à la pénurie mondiale de donneurs de reins – la transplantation étant aujourd'hui la principale option thérapeutique proposée dans les cas graves, quelles que soient ses difficultés et les souffrances associées – un bioéthicien a proposé une nouvelle règle pour le prélèvement dans la dernière livraison de l'American Journal of Bioethics. Paul E. Morrissey, de la Brown University à Rhode Island, verrait bien prélever les deux reins sur des personnes ayant subi un traumatisme cérébral et survivant grâce aux soins de réanimation. Comme de toute façon elles sont appelées à mourir à brève échéance, pourquoi ne pas prendre les reins tout de suite ? Cela se situerait si près de la mort effective que le prélèvement pourrait raisonnablement ne pas être considéré comme la cause du décès. Ainsi la règle du « donneur mort » aujourd'hui en vigueur, serait respectée, dit-il. Il appelle cela la « donation premortem ».
Et ce même si la vie sans reins est « habituellement courte », comme le note l'auteur.
Mais qui connaît l'espérance de vie d'une personne ayant subi un traumatisme cérébral ? Son pronostic exact ? La possibilité pour le patient de survivre quand même, malgré le retrait de la ventilation ? Les erreurs ne sont pas inconnues en ce domaine et cela devrait suffire à invalider la proposition.
Celle-ci est de toute manière irrecevable puisqu'elle consiste tout simplement à envisager de se servir en organes vitaux sur un patient vivant, même si le prélèvement le provoque pas immédiatement la mort comme c'est le cas pour le cœur ou le foie.
D'où des protestations multiples : on retiendra celle qui accuse Morrisson de vouloir violer le serment d'Hippocrate qui enjoint de « ne pas nuire ».
Mais deux autres bioéthiciens américains sont d'un autre avis – et c'est là que cela devient intéressant. Franklin G. Miller et Robert D. Truog soutiennent que le raisonnement de Morrisson est très juste. « Probablement certains s'y opposeront en invoquant la pente dangereuse : le prélèvement des deux reins premortem servira de levier pour abandonner la règle du donneur mort. Si l'on considère la réalité de nos pratiques courantes, cependant, il devient évident que la règle du donneur mort n'est conservée qu'en tant que fiction. »
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Le projet d’une loi fédérale interdisant les avortements sélectifs en fonction du sexe a été rejeté jeudi par la Chambre des représentants à majorité républicaine, même si une majorité d’élus a approuvé le texte. Avec 246 voix pour (226 républicains et 20 démocrates) et 168 contre (dont 7 républicains), on peut dire que le projet de pénaliser ceux qui choisissent d’éliminer un enfant pour le seul motif que son sexe ne correspond pas à celui désiré par sa mère ou par ses parents avait pourtant recueilli une large adhésion, reflétant d’ailleurs l’opinion des Américains qui à 77 %, selon un récent sondage, rejettent l’avortement sélectif.
Mais le projet avait besoin de deux tiers de votes pour être adopté.
Le texte prévoyait de faire de l’avortement sélectif, aujourd’hui réprimé dans quatre Etats, un « délit fédéral » puni d’une peine de prison allant jusqu’à cinq ans, et d’amendes. Etait visée la réalisation en pleine connaissance de cause d’un avortement visant à éliminer un enfant selon son sexe, de faire pression sur une femme de le subir, ou de transporter une femme d’un Etat vers l’autre ou vers les Etats-Unis en vue de pratiquer un tel avortement. La femme elle-même n’est pas visée par le texte.
Cette horreur de l’avortement sélectif est une réalité. Elle est déjà dramatique en Asie où l’avortement « par genre » a déjà provoqué un véritable génocide des petites filles tuées par l’avortement à la demande des familles qui préfèrent, souvent dans le contexte de la politique de l’enfant unique, avoir un garçon. Tradition ou volonté d’assurer ses vieux jours, il s’agit en tout cas de l’ultime « racisme », de l’ultime « sexisme » – et du plus stupide, car il met une lourde hypothèque sur l’avenir des générations nouvelles en même temps qu’il déprécie les femmes, même celles qui sont vivantes.
Le projet de loi avait son utilité aux Etats-Unis où les minorités ethniques, notamment asiatiques, cherchent à s’assurer ainsi la naissance d’un garçon.
Des vidéos tournées récemment dans des centres de Planning familial de New York et du Texas sont d’ailleurs venues confirmer que la puissante « Planned Parenthood Federation » encourageait et aidait certaines de ses clientes à choisir le sexe de leur bébé, pour avorter les « non-conformes ». Officiellement, l’organisme féministe a répondu qu’il s’opposait à la préférence de genre (gender bias) mais qu’il accepte de pratiquer les avortements sélectifs à la demande.
C’est toute la schizophrénie de la culture de mort. Logiquement, et surtout dans l’esprit des féministes, il était aberrant d’approuver l’avortement sélectif et une « loi Pour la non-discrimination prénatale », PRENDA, aurait dû emporter l’adhésion de tous.
Mais Barack Obama est entré dans la bataille en faisant publier un communiqué de la Maison-Blanche affirmant que si l’Administration est opposée à la « discrimination de genre sous toutes ses formes, le résultat final de cette législation serait de soumettre des médecins à des poursuites criminelles s’ils ne parviennent pas à déterminer les motivations d’une décision très privée et personnelle. Le gouvernement ne devrait pas faire intrusion dans des décisions médicales ou dans des affaires familiales privées de cette manière. »
Alors, on peut tuer les petites filles. Le « racisme » dans ce contexte, il faut faire avec. Il faut aussi à tout prix préserver le « droit » à l’avortement : NARAL, une des plus grandes associations qui en font la promotion, s’est félicitée du rejet d’un projet de loi « trompeur ». Les élus « ont décrit à tort le projet comme le symbole des droits des femmes. Il n’a rien à voir avec l’intention d’en finir avec la discrimination par le sexe, un problème très réel », selon son communiqué.
Comment ne pas croire que tout cela est infernal ?
Article extrait du n° 7613 de Présent, du samedi 2 juin 2012
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Michael Haneke, le réalisateur de la Palme d'Or de Cannes 2012, Amour, sait que son film va provoquer la controverse lorsqu'il sortira aux Etats-Unis en novembre prochain. Il en est ravi : « Mon distributeur américain pense que le film pourrait bien déclencher un débat enflammé ; c'est exactement ce que les films doivent faire », a-t-il déclaré dans une interview au Daily Beast.
Et le débat portera sur l'euthanasie. C'est désormais clair, y compris pour ceux qui comme moi, n'ont pas encore vu le film, Amour justifie l'euthanasie, au terme d'une longue préparation qui s'attarde, dans un huis-clos des plus classiques, sur la souffrance de plus en plus insupportable d'une vieille femme qui perd la tête.
D'ailleurs Haneke le confirme. Son film parle de son expérience : « Comme presque toutes les personnes que je connais, j'ai été confronté à la maladie de quelqu'un que j'aimais très profondément. C'est une expérience très douloureuse que d'assister à cela, impuissant. »
Dans le film, cette impuissance est dépassée, puisque le vieil époux, Georges, toujours aimant – Jean-Louis Trintignant – finit par étouffer son épouse, Anne, incarnée par Emmanuelle Riva. L'acteur vieillissant, qui estime avoir joué là dans son « meilleur film », explique : « Je suis personnellement pour l'euthanasie. Lorsque Anne veut vraiment mourir, au début, George l'arrête. Mais plus tard, dans un moment de calme, il l'aide en la tuant. »
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