25 mai, 2012

Cannes : L'“Amour” de Haneke, c'est l'euthanasie

La presse a beaucoup parlé du « bouleversant » film Amour présenté par Michael Haneke. Un Jean-Louis Trintignant vieillissant vit amoureusement aux côtés de sa femme, Emmanuelle Riva, 80 ans passés. Ils sont en parfaite osmose, partagent un même amour de la musique et une longue histoire d'amour et d'égards réciproques. Puis c'est le drame. Elle fait un AVC, devient grabataire, incontinente, démente. Admirablement, il s'occupe de sa femme, malgré l'incompréhension de leur fille.

Les critiques admirent la manière crue mais pas voyeuriste (vous avez remarqué ? Ce n'est jamais voyeuriste quand la critique aime un film !) dont Haneke ne cèle rien de son humiliation, filmant chaque geste de cette vie quotidienne où Trintignant ne cesse jamais de manifester son amour pour sa femme.

En dehors de cette complaisance de la caméra on pouvait presque s'attendre à un film magnifique.

N'était sa manière de présenter finalement la maladie comme une déchéance, l'état de l'épouse comme indigne, insupportable.

N'était son aboutissement.

Car – et bien des critiques se gardent de le dire – tout s'achève lorsque Trintignant, trop éprouvé par les souffrances de sa femme, pris d'une compassion vraie, seul capable de comprendre la volonté de cette femme démente et qui n'est plus elle-même, l'étouffe avec un coussin.

Parce qu'elle vivait comme « un légume ».

Parce que – on avait oublié de vous dire – ce geste-là, cette mise à mort, c'était ça, l'Amour. Parce que c'est un film sur l'euthanasie, ni plus, ni moins.

Après avoir remporté la Palme d'Or à Cannes en 2009, Haneke est décidément bien en piste pour l'édition 2012. Ah, s'il y avait un prix de la bien-pensance !

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits

Pilule abortive : la Hongrie résiste

L’introduction éventuelle de la pilule abortive en Hongrie provoque un vif débat dans le pays, le gouvernement se montrant réticent à autoriser sa commercialisation. L’AFP explique que ce refus était dénoncé jeudi par « la presse indépendante », qui évidemment est partisan de la mort sur ordonnance.

Vendredi dernier, le quotidien de droite Magyar Nemzet, citant le ministère des Ressources humaines qui inclut la Santé, avait annoncé que la pilule abortive avait reçu les différentes autorisations pour être commercialisée en Hongrie.

Mais dès lundi, le secrétaire d’Etat pour la Santé Miklos Szocska a précisé que si son inscription dans le registre des médicaments autorisés est une « obligation pour les pays membres de l’Union européenne » (qui se mêle, comme on sait, de diffuser la culture de mort), cela ne signifiait pas qu’elle serait commercialisée.

Miklos Szocska fait état d’un « débat professionnel intense » entre médecins sur cette pilule. Il a clairement ajouté qu’une commercialisation n’était pas à l’ordre du jour.

Mais la Hongrie elle aussi à son « grand journal quotidien de référence », comme ils disent. Nepszabadsag (« centre-gauche », précise l’AFP !) a dénoncé jeudi le comportement du ministère de la Santé, « simplement incapable », dit-il, de fournir des explications tangibles quant à son refus de laisser commercialiser la pilule RU 486. Le journal cite aussi le président de l’Association des médecins Jenö Racz, qui craint de voir les institutions de santé « impliquées dans un débat politique ».

Mercredi, à l’appel de l’« association Alfa pour la vie », des dizaines de manifestants se sont rassemblés devant le ministère de la Santé pour protester contre une éventuelle introduction de la pilule. Le vice-Premier ministre Zsolt Semjen, l’adjoint du chef de gouvernement conservateur Viktor Orban, et deux députés du parti Jobbik étaient présents.

En Hongrie, le nombre des avortements est en baisse régulière depuis les 20 dernières années : il atteignait en 1990 le total effarant de 90 400 « interruptions », pour environ 10 millions d’habitants, pour passer à 56 400 en 2001, 40 450 en 2010 et 38 400 en 2011. La population, elle, est restée constante.

En Hongrie, la nouvelle Constitution, entrée en vigueur le 1er janvier dernier, défend « la vie humaine dès sa conception ».

Article extrait du n° 7609 de Présent, du samedi 26 mai 2012



• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits

23 mai, 2012

Espagne : un gynécologue devra payer pour un enfant qui a survécu à un avortement

Un gynécologue de Palma de Majorque vient d'être condamné à d'importants dommages et intérêts en vue d'indemniser une femme sur laquelle il avait pratiqué, en avril 2010, un avortement raté. Il devra notamment subvenir aux frais occasionnés par la venue au monde de son fils jusqu'au 25e anniversaire de celui-ci, estimés sur la base de 978 euros par – ce que coûte, paraît-il, l'éducation et la « manutention », comme on dit en Espagne, d'un enfant. Soit, à partir de maintenant, 270.000 euros environ.

Le juge du tribunal de Palma, Francisco José Perez y ajoute la somme de 150 000 euros pour indemniser le dommage moral causé à la mère : car celle-ci « ne désirait pas cette harmonie familiale-là, puisque Tamara n'avait pas planifié la venue d'un enfant, qui vous accompagne tout au long de la vie et altère pour toujours la structure et le type de famille qu'un individu veut former et avoir ». Cela « suppose ainsi un changement non modifiable dans la structure familiale, l'autonomie personnelle et le développement de la personnalité », précise le jugement.

Ainsi la négligence du médecin, Enrique Rolando K.N., doit-elle être sévèrement sanctionnée parce que ses conséquences « sont devenues irréversibles et accompagneront Tamara P. tout au long de sa vie, changeant le déroulement de celle-ci sans qu'elle puisse faire quoi que ce soit pour diminuer ou réduire l'effet du manque de diligence » du gynécologue.

Voilà un juge qui insiste de manière quasi obsessionnelle sur les inconvénients de donner le jour à un enfant qui n'était pas prévu – mais qui était bel et bien là, et pas par la faute du médecin !

Mais il lui est reproché d'avoir agi par « routine », sans vérifier correctement l'âge de l'enfant conçu qu'il devait détruire ni l'efficacité de l'avortement qu'il avait pratiqué. Tamara P., 23 ans au moment des faits, s'était présentée à lui pour faire constater la grossesse et obtenir son « interruption ». Le médecin avait estimé que le bébé avait 8 semaines d'après une échographie ; la mère avait été entendue par un psychiatre et l'avortement avait été pratiqué par aspiration. Quinze jours plus tard, le médecin avait pratiqué une échographie et informé sa patiente qu'il avait bien mis fin à la grossesse.

Il s'est avéré cependant que l'enfant à naître n'avait que 4 semaines ou moment de l'avortement et que le médecin n'avait pas vu l'embryon pourtant bien visible à l'échographie de contrôle. Une situation que le juge, ayant fait vérifier que les installations de la clinique avaient bien fonctionné et que les instruments appropriés avaient été utilisés, a attribué à l'« erreur humaine » du gynécologue qui n'a pas pris le temps d'interpréter les images des échographies et qui s'était fié à ses habitudes.

De fait, trois mois et demi plus tard, Tamara s'était présenté de nouveau chez le médecin pour obtenir un nouvel avortement, car elle croyait être tombée une nouvelle fois enceinte. C'est à ce moment-là que le médecin a constaté qu'il s'agissait en réalité de la même grossesse et que le fœtus avait désormais 22 semaines. La jeune femme a alors décidé de garder l'enfant.

Mais elle a quand même saisi la justice.

Et, bien au-delà de ce qu'on demande à un père biologique, le gynécologue a été considéré comme seul responsable du soutien matériel à apporter à l'enfant qui a ainsi vu le jour.

La presse espagnole précise que c'est son assurance qui paiera.


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits

22 mai, 2012

Equateur : la loi protège les enfants de l'homoparentalité

Nicola et Helen. La mère et celle qui n'a
« aucune affinité » avec l'enfant.
Un tribunal de Quito a rejeté la demande d'un couple de lesbiennes visant à faire reconnaître une mère biologique et sa compagne comme les deux « mamans » d'une fillette née le 8 décembre dernier au moyen de son inscription à l'état civil avec les noms de familles de chacune des deux lesbiennes.

Les deux femmes, Nicola Susan Rothon et Helen Louis Bicknell, avaient obtenu l'appui de la "Defénseure du Peuple » à la suite du refus de l'état civil, pour mener leur action en justice, appelée « action de protection ».

Elle a été rejetée, signale le réseau pro-vie Vida y Familia, au motif que la loi équatorienne de l'état civil ne prévoit pas de « dupliquer la filiation maternelle dans un registre des naissances ».

A cette évidence s'ajoute l'économie générale du droit équatorien dont le jugement rappelle que plusieurs normes « se réfèrent expressément aux « père et mère”, à “l'homme et la femme”, que ce soit dans le code civil, la loi sur les unions de faits ou la Constitution elle-même ».

Le jugement assure ensuite qu'il n'y a pas eu de discrimination ni même de volonté de discriminer, et que le droit de Nicola Susan Rothon, mère de la petite Satya Amani, a pu faire enregistrer sa fille avec son nom de famille. Il précise que c'est le nom de famille du père qui s'intercale entre les prénoms de l'enfant et le nom de sa mère, « en raison de la parenté de consanguinité qui existe entre chacun des progéniteurs et leur fils et leur fille ».

« La mineure impubère est fille de Nicola Susan Rothon, ce qui veut dire qu'elles sont toutes les deux, mère et fille, du même sang, ce pour quoi elle doivent porter le même nom de famille, ainsi que le détermine clairement et expressément notre législation. (…) Qu'est ou que représente la citoyenne Helen Louise Bicknell pour l'enfant qui s'appellera Satya Amani ? La réponse est rien, cette citoyenne anglaise n'a aucune parenté ni affinité, et encore moins de consanguinité » avec la fillette.

Voilà un jugement énergique, qui ne s'encombre pas de considérations « portes ouvertes » et qui n'invoque pas seulement des points techniques, mais qui va au fond du problème, la question de la réalité biologique.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits

20 mai, 2012

Pays-Bas : la propagande pro-euthanasie, ça marche

Le seul hôpital néerlandais possédant un service dédié à la demande d’euthanasie vient de publier ses statistiques de consultation pour 2011, faisant état d’une forte augmentation des demandes par rapport aux années précédentes. L’hôpital Albert-Schweitzer de Dordrecht a traité 75 de ces dossiers l’an dernier, contre 48 en 2010, 43 en 2009 et 47 en 2008. La plupart des demandes – 45 sur 75 – portaient sur des informations en vue d’une euthanasie à pratiquer « pas maintenant, mais plus tard », émanant de personnes qui voulaient d’ores et déjà envisager une mise à mort médicale en cas de souffrances futures.

Le service propose une rencontre avec un « consultant en euthanasie ». Ainsi, Bert van den Ende explique que son rôle consiste à informer aussi bien le patient que ses proches, à mettre le malade en contact avec un exécutant, à organiser l’euthanasie et à assurer les « soins de suite » (sic), sans se poser de questions sur l’opportunité du geste dans chaque cas donné, le but étant simplement de permettre au patient de « faire un choix bien pesé ».
Sur les 75 demandeurs, dont les deux tiers, 51 personnes étaient des patients souffrant d’un cancer, 20 autres étant atteints d’une autre maladie grave, seuls 14 ont été euthanasiés effectivement.

Pour Bert van den Ende, plusieurs raisons expliquent cela : l’absence de volonté clairement exprimée au sens de la loi ; refus du médecin traitant de reconnaître l’existence d’une souffrance sans perspective (d’amélioration) et insupportable ; le fait que le patient finit par ne pas accepter l’idée de l’euthanasie ; ou enfin parce que la mort intervient avant le passage à l’acte.

A quoi s’ajoute une dernière catégorie, celle des refus de médecins traitants qui ne veulent pas coopérer à une demande d’euthanasie en tous points conforme à la loi. Il y a de quoi s’inquiéter, selon Bert van den Ende qui aimerait voir ces médecins respecter leur « obligation professionnelle » de renvoyer leur patient vers un autre médecin qui accepte de pratiquer l’euthanasie.

La forte augmentation de la demande de consultations d’euthanasie est pour le moins un signe des temps. Les médias néerlandais en parlent de plus en plus, faisant progresser l’idée que l’euthanasie est une solution à envisager avant même que la souffrance liée à la maladie ne devienne lourde à porter, et sans mettre l’accent sur la possibilité de soulager la douleur avant toute chose.

Sur les 75 consultations menées l’an dernier à l’hôpital Albert-Schweitzer, 4 concernaient des personnes qui s’inquiétaient de savoir si elles pouvaient être euthanasiées au cas où elle deviendraient démentes.

De façon plus générale, les thèmes de la « vie achevée » et de l’euthanasie en cas de démence sont abordés de plus en plus souvent par les demandeurs : c’est là encore le reflet de campagnes médiatiques qui relaient complaisamment le battage d’associations plaidant pour un droit général à l’euthanasie pour les « fatigués de vivre », passés les 70 ans, ou qui battent la campagne néerlandaise pour tenir des réunions d’information sur l’euthanasie comme porte de sortie en cas de dégénérescence du cerveau.

On notera donc que Bert van den Ende et ses collègues s’efforcent de faire comprendre à leurs patients que l’euthanasie est légalement possible sur les personnes en voie de devenir démentes, comme le jugent de manière constante depuis plusieurs années les commissions de contrôle de l’euthanasie, et aussi sur les personnes qui ne sont pas en phase terminale d’une maladie, « contrairement à une idée reçue ».

Tuons davantage !

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits

18 mai, 2012

Dominique Bertinotti, Ministre délégué à la Non-Famille

Il y a pire que de ne pas avoir de ministre de la Famille. C’est d’en avoir une comme Dominique Bertinotti. Retenez ce nom. A peine nommée, avant même d’avoir reçu sa feuille de route au sein du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, elle a goulûment tracé son programme pour les médias, ravis. C’est elle – une très proche de Ségolène Royal – qui portera les promesses, ou plutôt, exécutera les menaces de François Hollande contre la famille. Et vite. C’est bien le socialisme à la Zapatero qui arrive à grands pas : non seulement la ruine pour le pays, mais une frénésie de destruction idéologique, révolutionnaire, nihiliste de tout ce qui demeure d’ordre naturel dans la société. L’ingénierie sociale que Mme Bertinotti promet contre cet ordre qui subsiste, annonce déjà bien d’autres attaques.

Nous le savons depuis Orwell : dans le langage des dictatures socialistes, de la dictature du relativisme qui fait un bond sans précédent en France, les mots ont le sens inverse de celui qu’ils affichent. La « paix », c’est la guerre. La « vérité » – la Pravda – c’est le mensonge et la désinformation. La « justice », c’est la persécution du bien. L’« égalité », c’est l’enrichissement et le pouvoir pour ceux qui sont plus égaux que les autres…

Dans le gouvernement formé par François Hollande – tous s’accordent à dire que c’est lui, « l’orfèvre » qui sait doser les nominations pour faire plaisir à chaque faction – la « réussite éducative », c’est plus de décervelage pour plus d’enfants. Et la « famille », c’est la non-famille sous toutes ses formes : éclatée, recomposée, amputée, redéfinie pour devenir finalement sa propre négation dans le « mariage » homosexuel.

Dominique Bertinotti, ministre déléguée à la famille, proche de Ségolène Royal, est maire du 4e arrondissement de Paris. Place des Vosges, une partie du Marais, tout cet « hyper-centre » hyper-friqué où les bobos ont voté Hollande à 55 % ; c’est le quartier adoré des petits couples homosexuels avec ses galeries branchées, ses bars homos, ses boutiques hors de prix, ses légumes bio et sa musique lancinante façon Gay Pride. Pour la première fois cette année, le Printemps des associations LGBT s’est carrément tenu sur la place de la mairie du 4e, en présence de Mme Bertinotti.

De tels engagements se traduisent presque mécaniquement par une volonté de s’en prendre à la famille traditionnelle, la famille « naturelle » composée d’un homme et d’une femme, dans la réalité et depuis la nuit des temps. Aussi le ministre entend-il financer l’augmentation de l’allocation de rentrée scolaire avec de vigoureuses attaques contre l’avantage fiscal du quotient familial.

La ministre interrogée sur France-Info
« Aujourd’hui il faut trouver les mesures qui permettent de résoudre la crise et d’alléger les difficultés que connaissent nombre de familles. Nous savons aussi que les familles ont beaucoup évolué, nous avons un taux de familles monoparentales important, qui sont souvent justement parmi les plus précaires, et il est important que des signes forts soient envoyés comme cette allocation de rentrée scolaire. C’est un des dossiers mais pas le seul. Je voudrais aussi citer le fait qu’un des soixante engagements porte sur le mariage homosexuel et sur l’adoption par les couples homosexuels », a déclaré jeudi matin Dominique Bertinotti sur France-Info.

« C’est la définition de ce qu’est une famille », interpose la journaliste Raphaëlle Duchemin.

— Absolument. Aujourd’hui, on dit « la famille », j’aurais volontiers envie de dire « les familles ». Les formes sont multiples. On passe des familles, on va dire « classiques », aux familles recomposées, aux familles monoparentales, homoparentales… Il faut que chacun de ces types de familles puisse trouver exactement les mêmes droits, le même regard, aussi, de la société sur des choix de vie qui sont tout à fait respectables quels qu’ils soient.

Dominique Bertinotti se battra, « absolument », pour le mariage homosexuel et le droit à l’homoparentalité, et tant pis si « une partie des Français y est opposée », comme le lui rappelle Raphaëlle Duchemin. Réponse du ministre délégué :

« Oui, mais justement, ça va être l’occasion d’expliquer. Vous savez, je suis dans un arrondissement où les familles homoparentales sont une réalité. Et on voit souvent ces familles homoparentales qui ont encore cette difficulté à pouvoir simplement dire ce qu’elles vivent. Il y a souvent beaucoup d’amour, beaucoup d’affection, et je ne vois pas pourquoi il y aurait encore des discriminations en la matière. »

Et pour les tout-petits ?

« Nous devons évoluer certainement vers ce que l’on peut appeler le service public de la petite enfance. C’est un impératif, aujourd’hui, les femmes travaillent », répond le ministre. Faut-il, comme dans certains pays, créer un droit automatique à une place de crèche ou une garde dès la naissance, comme on a droit à une place à l’école ? Dominique Bertinotti n’est pas contre :

« Il faut aussi que nous soyons souples dans les modes de garde car vous avez des familles qui préfèrent les modes de garde collectifs, d’autres plus personnalisés. Il faut que nous offrions cette palette. Mais effectivement il faut faire porter des efforts pour qu’on aille progressivement vers un service public de la petite enfance comme, effectivement, l’école est obligatoire et qu’on va essayer de scolariser aussi les 3 ans et les moins de 3 ans, et nous allons essayer d’augmenter le nombre de places en crèche. »

Derrière les mesures concrètes c’est la philosophie de l’Etat omniprésent qui se dessine. Aggraver encore la séparation des jeunes enfants de leurs mères, de leurs familles, pour les endoctriner au plus tôt et les mettre sous la coupe de l’Education – la déséducation – nationale, en les confiant dès que possible au système scolaire qui, littéralement, leur désapprend à penser. J’y reviendrai.

Article extrait du n° 7604 de Présent, du Samedi 19 mai 2012


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits

17 mai, 2012

François Hollande invoque Jules Ferry : l'école comme une arme

François Hollande a placé son quinquennat sous le signe de Jules Ferry. Son premier acte comme président aura été de se rendre devant le monument que lui a fait élever la très laïque et très sectaire Ligue de l’enseignement – avec « un sou » de chaque enfant des écoles de France – au Jardin des Tuileries. De nombreux enfants des écoles avaient été amenés pour l’occasion, pour écouter, derrière les anciens ministres socialistes de l’Education nationale, le discours fondateur du nouveau président. Il y avait aussi, paraît-il, des représentants de l’enseignement catholique. Il est à craindre qu’ils n’aient même pas goûté l’ironie de la situation.

Pour être ânonné, hésitant, mal rendu et même catastrophique là où il était improvisé – mais où François Hollande a-t-il appris à lire, et comment ? – le discours à la gloire de Ferry n’en était pas moins guerrier. Oui, pour le nouveau président, l’école n’est pas une institution qui vient soutenir le droit et le devoir d’éducation des parents en les aidant à faire instruire leurs enfants et à les élever selon leurs valeurs morales. C’est une « arme ». « L’Ecole, c’est l’arme de la justice. C’est l’arme de l’égalité républicaine » : souvenez-vous de cet avertissement de François Hollande.

Je ne veux voir qu’une seule tête, aurait-il dû ajouter. L’école selon Hollande, c’est le lit de Procuste. C’est le lieu où la République formate ses enfants : « L’école est l’esprit de la République. » Quelle place pour la liberté ? Le mot n’a pas été prononcé.

François Hollande voit dans l’école « le lieu de l’égalité ». « Celle des chances, celle qui ne connaît comme seuls critères de distinction que le mérite, l’effort [ici Hollande gomme le mot « talent » qui se trouvait sur sa feuille écrite], car la naissance, la fortune, le hasard établissent des hiérarchies que l’Ecole a pour mission, sinon pour devoir, de corriger, voire d’abattre. »

La modification apportée au texte écrit est significative. Il annonçait – et c’était déjà beaucoup, que l’école avait pour mission « sinon d’abolir, du moins de corriger » ces hiérarchies.

Non, Hollande veut abattre les inégalités. Gommer les différences de culture, de naissance, d’origine. Un projet aussi violent ne peut réussir à grande échelle qu’en supprimant ce qui dépasse. Il ne s’agit pas, ou plus, cela se saurait, d’assurer aux plus modestes l’accès à la grande richesse de la culture et du savoir qui peut en effet permettre à ceux qui ont peu reçu de s’élever. Le massacre de la raison, l’effondrement de la culture générale, le décervelage organisé par l’école publique (et aussi celle qui est obligée d’appliquer ses programmes et ses méthodes) en témoigne. C’est à elle que François Hollande a témoigné sa « confiance ». Elle qu’il dotera de 12 000 nouveaux fonctionnaires chaque année, sur cinq ans.

L’idéologue ne s’est pas arrêté là. Se réclamant de l’héritage de Jules Ferry et de Jean Jaurès, Hollande a salué l’école comme le lieu de « l’émancipation ».

Par rapport à qui, à quoi ? « L’école est le cadre où s’acquiert la liberté de conscience, cette “liberté souveraine de l’esprit ; cette idée qu’aucune puissance ou intérieure ou extérieure, aucun pouvoir, aucun dogme ne doit limiter le perpétuel effort et la perpétuelle recherche de la raison humaine” comme la définissait Jean Jaurès », répond Hollande.

Emancipation par rapport à la famille, aux traditions familiales, à la foi transmise, à tout ce qui n’est pas la « raison », à l’autorité du père. Le mensonge et le mal sont doubles : l’école de Ferry fabrique des handicapés de l’intelligence, c’est-à-dire de la capacité de comprendre le réel, en les coupant du surnaturel ; et aujourd’hui, des handicapés de la raison, puisque l’école ne la forme même plus.

Sur un ton à la fois patelin et incolore, François Hollande a fait une déclaration de guerre. Il a promis que l’école servira, encore davantage qu’aujourd’hui, d’arme pour la « mixité sociale » : derrière ces mots que nul ne critiquera parce qu’il est bon que les gens de toutes conditions se côtoient, se connaissent, s’apprécient, il met un faux programme de « justice » qui n’attaque pas les vains conflits et les manquements à la charité, mais l’identité et l’histoire des Français en France.

Quelle place reste-t-il pour les pères et les mères de France ?

Article extrait du n° 7603 de Présent du Jeudi 17 mai 2012

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits

15 mai, 2012

Obama, Romney, « mariage gay » et bricolage procréatif

Barack Obama a souligné lundi l’« important contraste » entre son adversaire républicain Mitt Romney et lui-même sur la question du droit des homosexuels à se « marier », qu’il a officiellement soutenu pour la première fois la semaine dernière. « Le gouverneur Romney dit que nous devrions avoir un amendement constitutionnel qui instaurerait la notion selon laquelle les mariages entre homosexuels ne peuvent pas avoir lieu », a relevé le président américain, qui compte donc pouvoir engranger des voix grâce à sa prise de position.

De son côté Mitt Romney suscite des questions auprès des Américains conservateurs depuis que son fils aîné, Tagg, a annoncé sur Facebook la naissance de ses jumeaux en remerciant la mère porteuse qui vient de leur donner le jour, après avoir déjà porté l’un des six enfants du couple, conçus à chaque fois à partir du « matériel génétique » de Tagg et de sa femme. Selon le biographe de Mitt Romney, Ronald B. Scott, trois des fils du candidat ont eu recours à la fécondation in vitro pour obtenir une descendance.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits

14 mai, 2012

Patch contraceptif et anneau vaginal : risque plus élevé de thrombose

Une étude danoise publiée par le British Medical Journal (le texte complet est en ligne) assure que les utilisatrices des patches contraceptifs ou de l'anneau vaginal présentent un risque significativement plus élevé de présenter une thrombose veineuse. Le risque est presque huit fois plus important pour celles portant un patch, et de plus de six fois plus important pour les porteuses d'anneau vaginal, que pour les femmes n'utilisant aucun contraceptif hormonal.

Cette étude d'Øjvind Lidegaard, de l'université de Copenhague, couvre une période de dix ans entre 2001 et 2010, avec l'analyse des données nationales concernant l'utilisation de contraceptifs chez plus d'un million et demi de Danoises âgées de 15 à 49 ans, ainsi que les cas de thrombose veineuse.

Parmi celles qui n'avaient pas d'antécédents de la maladie, on a dénombré 5.287 cas de première thrombose sur la période, soit 8,1 cas par 10.000 « années/personnes ». L'incidence tombait à 2,1 pour 10.000 années/personnes chez celles n'utilisant pas de contraceptif hormonal. Elle aura été de 7,9 pour les utilisatrices de patches contraceptifs combinés et de 6,6 pour les utilisatrices de l'anneau vaginal, ce qui correspond respectivement à 9,7 et 7,8 cas de thrombose par 10.000 années/personnes. Les utilisatrices d'implants sous-cutanés présentaient un risque relatif plus pas : 1,4 fois celui des femmes n'utilisant pas de contraceptif hormonal.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits

Marche pour la vie : à Rome, la preuve par l'ouverture

Beaucoup d'autres photos sur le site de Corrispondenza Romana





“Marcia per la Vita”

A Rome, c’est par milliers que les défenseurs de la vie de toutes tendances et de plusieurs confessions ont défilé dimanche matin en un long cortège depuis le Colisée jusqu’au château Saint-Ange. La police a dénombré 7 000 participants, les organisateurs estiment qu’il devait y en avoir plus du double.

Une affluence remarquable si l’on tient compte du fait que c’est seulement la 2e Marche pour la vie en Italie, et la première à Rome puisque l’an dernier le rassemblement, bien plus modeste, s’était déroulé au bord du Lac de Garde. Mais il faut dire que la manifestation avait le soutien de plus de dix cardinaux et trente évêques, le cardinal Burke étant là en personne depuis le début jusqu’à la fin de la marche après avoir célébré une veillée pour la vie samedi soir dans la basilique Sainte-Marie-Majeure, bondée. Il a dit son « bonheur » de voir un tel événement à Rome, soulignant que cela réveillait en lui « tant de souvenirs » de marches semblables dans son pays d’origine, les Etats-Unis.

« Ces marches remplissent une fonction très importante », a-t-il confié à nos confrères de Catholic News Agency. « D’abord, elles témoignent dans l’ensemble de notre pays de l’inviolabilité de la vie humaine ; mais aussi, en second lieu, elles éveillent les consciences à la réalité de ce qui se passe. » Et d’ajouter : « Je ne puis qu’imaginer que cela croîtra et prendra de l’importance chaque année et que cela jouera un rôle important en Italie, comme c’est le cas aux Etats-Unis, pour restaurer le respect de la dignité de la vie humaine. »

Il faut souligner aussi que le maire de Rome, Gianni Alemanno, a participé à la marche, ainsi que de nombreux élus et représentants de partis politiques.

Car à la différence de ce qui se passe en France, tous ceux qui appelaient à manifester en plein accord avec l’objectif de la marche, dire « non » à l’avortement « sans exceptions et sans compromissions » – c’est aussi le slogan de la March for Life de Washington – étaient les bienvenus, avec leurs banderoles, leurs slogans, leur identité propre.

Plus de 150 associations appelantes, grandes ou petites, étaient donc représentées, personne ne se souciant des titres de la presse de gauche dénonçant le « fascisme » d’untel ou l’« extrémisme » de l’autre. Une masse de gens joyeuse et colorée, beaucoup de jeunes, des centaines de religieuses et de prêtres (parmi lesquels les Français ont eu le plaisir de voir de nombreux prêtres et séminaristes de l’Institut du Christ-Roi, et l’abbé du Chalard de la Fraternité Saint-Pie X) venant de paroisses et d’instituts traditionalistes ou non, ont tôt fait de faire s’envoler les a priori.

Des slogans forts : pour la vie, mais aussi contre le « génocide silencieux » et « l’homicide », voire « l’extermination d’Etat ». « Chaque avortement tue un bébé », proclamaient d’autres bannières.

Certains groupes priaient, d’autres non. Tous étaient bienvenus. Il faut saluer là l’immense travail et le sens de l’unité des organisateurs, au premier rang desquels le marquis Coda Nunziante et surtout sa fille Virginia au nom de l’association « Famiglia Domani » ont été les chevilles ouvrières de ce rassemblement. Qui s’est déroulé au son allègre de la musique du Grand Siècle pour mieux illustrer ce qu’est la culture… de vie.

La France était représentée par Virginie Mercier, de la Marche pour la vie parisienne, le Dr Xavier Dor, très applaudi, et Bernard Antony au nom de Chrétienté-Solidarité dont l’allocution militante contre « la vieillesse du monde » a également suscité beaucoup d’enthousiasme. Magdi Cristiano Allam – avec qui il a pu s’entretenir longuement – était également présent.

Après la dispersion au château Saint-Ange, une bonne part des marcheurs ont poursuivi leur chemin jusqu’à la basilique Saint-Pierre où le cardinal Comastri, rapporte le communiqué de « Droit de naître », a eu des paroles fortes. « L’avortement est un assassinat », a-t-il dit. Lors d’un précédent événement pro-vie, le congrès de Human Life International, il avait prêché au même endroit que les défenseurs de la vie devaient avoir « le courage des martyrs ».

Car oui, c’est une guerre pour la vie ou pour la mort.

Cet article a paru dans Présent daté du 15 mai 2012.


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits

13 mai, 2012

“Uno di Noi” : Protéger l'embryon par le droit communautaire : on peut l'obtenir !

Profitant d'une disposition du traité de Lisbonne qui autorise les « initiatives citoyennes » en vue de faire présenter des propositions par la Commission européenne (voir ici), un groupe de sept personnes d'autant de pays vient de lancer une proposition visant à assurer la « protection juridique de la dignité, du droit à la vie et de l'intégrité de chaque être humain depuis sa conception », là où l'Union européenne a compétence et où une telle protection peut s'exercer.

C'est une des toutes premières initiatives citoyennes à avoir été présentées depuis début avril, date où la procédure est devenue effectivement possible, sous le titre Uno di Noi (« l'un de nous »). Et elle a déjà, rapidement – eu égard au délai maximum de deux mois dont dispose la Commission – été enregistrée par celle-ci en date du vendredi 11 mai. Cette première étape franchie autorise les signataires à procéder à la récolte des signatures, ce qui est déjà une victoire : la Commission doit en effet vérifier que toutes les conditions sont bien remplies et notamment sa compétence sur le domaine de l'initiative.

Le défi est maintenant lancé : il va falloir récolter au moins 1 million de signatures en provenance d'au  moins sept pays de l'Union européenne, un minimum par pays étant fixé au pro rata de la population (55.500 pour la France, par exemple) ; l'objectif doit être atteint dans un délai de douze mois sous peine de rendre l'initiative caduque.

Après cela, on n'est pas assuré de voir la Commission transformer l'initiative en texte de loi. Mais les organisateurs obtiennent la possibilité de présenter leur demande devant elle et lors d'une audition publique devant le Parlement européen. Et la Commission, qui conserve la possibilité de ne pas donner suite, devra cependant motiver sa décision, tout cela dans un délai de trois mois après que la présentation des signatures.

Le but de l'initiative, soutenue notamment par le Movimento per la Vita italien, est de faire cesser le financement d'activités supposant la destruction d'embryons humains par l'UE, notamment dans le domaine de la recherche, de l'aide au développement et de la santé. Et ce parce que le traité de l'Union affirme la dignité, l'égalité et les droits de chaque homme, point de vue confirmé par la jurisprudence Brustle qui « définit l'embryon comme le début du développement de l'être humain » (CEJ, 18 octobre 2011). Affaire de cohérence, donc…

L'initiative précise qu'il faut aussi proscrire « toute forme de soutien politique, et a fortiori le financement, de la part de l'Union, d'actions qui présupposent ou qui réalisent la destruction d'embryons humains », et inscrire cette interdiction de financement dans les règles budgétaires.

Très structurée juridiquement, l'initiative propose de proscrire explicitement le financement de la recherche sur le clonage humain, ainsi que toute recherche destructrice portant sur les cellules souches ou utilisant des cellules souches embryonnaires humaines.

Sur le plan de l'aide au développement, l'initiative vise à interdire tout financement de l'avortement, « directement ou indirectement », ainsi que l'aide aux organisations qui le pratiquent ou le promeuvent : « Aucune référence faite dans le présent règlement à la santé reproductive ou sexuelle, aux soins de santé, aux droits, aux services, aux fournitures, à l'éducation et à l'information, à la Conférence internationale sur la population et le développement, à ses principes ou son domaine d'action, à la politique du Caire ou aux Objectifs du Millénaire, en particulier par rapport à l'objectif n'° 5 sur la santé et la mortalité maternelles, ne peut être interprétée comme formant une base juridique autorisant l'utilisation de fonds de l'UE pour financer directement ou indirectement l'avortement. »

Vous aurez remarqué que l'initiative se borne à vouloir proscrire le financement des pratiques destructrices sur l'embryon au sein de l'UE, et le financement de l'avortement dans le cadre de l'aide aux pays en voie de développement. Il ne s'agit donc pas d'une « sanctuarisation » de la vie naissante.

C'est que l'Union européenne n'est pas compétente pour imposer sa loi en matière d'avortement, chaque pays conservant sa souveraineté à ce sujet (et tant mieux, vu ce dont l'UE est capable). L'initiative se borne donc à vouloir interdire le financement sur le budget européen qui est aujourd'hui, hélas, une réalité pour la recherche sur l'embryon et le soutien politique et financiers à l'avortement dans les pays en voie de développement.

Mais si une telle initiative finissait par avoir force de loi, quel poids cela aurait…

Voici la liste des sept signataires initiaux : Gregor Puppinck (France), Filippo Vari (Italie), Josephine Quintavalle (Royaume-Uni), Edith Frivaldszky (Hongrie), Jakub Batroswicz (Pologne), Alicia Latorre (Espagne), Manfred Liebner (Allemagne).

Je vous tiendrai évidemment informés de la manière dont on pourra s'associer à cette démarche, et de ses avancées.

En Italie, elle sera présentée dans l'Aula Paolo VI (au Vatican) le dimanche 20 mai.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits

12 mai, 2012

Académie pontificale pour la vie : clarifications et révélations

Le site d'information catholique Catholic News Agency annonce que le président de l'Académie pontificale pour la vie (APV), Mgr Ignacio Carrasco de Paula, a présenté ses excuses pour les deux lettres envoyées au nom de cette institution à des personnes s'inquiétant des dérives éthiques constatées de manière particulièrement évidente lors du congrès international qu'elle avait organisée sur le traitement de l'infertilité en février, et dans le choix des orateurs lors d'un autre congrès sur les cellules souches prévu en avril qui, lui, a été annulé. A la même occasion, le prélat a réitéré son « entier engagement » au service de l'Evangile de la vie.

Cette lettre datée du 8 mai reconnaît, selon CNA, qu'une lettre d'avril 2012 critiquant certains « activistes pro-vie » pour avoir dénoncé certains aspects du congrès sur les cellules souches « contenaient certaines formulations malheureuses qui, mal comprises, pouvaient avoir heurté la sensibilité de certaines personnes ». Derrière la langue de bois, une réalité : il y avait bien matière à apporter des éclaircissements et Mgr Carrasco de Paula s'est trouvé dans l'embarras à cause de la démarche de Josef Seifert, rapportée hier sur ce blog, et d'autres membres historiques de l'APV.

Les mots offensants ne cherchaient pas « à faire montre d'irrespect, et encore moins à ceux avec qui nous collaborons de manière étroite et reconnaissante depuis des années au service de la vie humaine et de sa défense », écrit Mgr Carrasco de Paula.

CNA rapporte qu'un autre membre dirigeant de l'APV lui a assuré qu'aussi bien la conférence de février sur l'infertilité que celle, annulée, sur les cellules souches, n'avait pas été organisée par l'APV – le bruit court qu'il s'agit d'une école de médecine catholique – et que « tous les membres du conseil de gouvernement » de l'APV avaient exprimé leur « consternation ». Lui-même a parlé de cette « effarante conférence sur l'infertilité ».

Mais de cette « consternation », on n'avait rien su. Qu'elle apparaisse à l'occasion d'une confidence anonyme à un organe d'information pose en soi beaucoup de questions.

Le même interlocuteur a évoqué le fait que le congrès pour les cellules souches avait lui aussi organisé par « d'autres », l'APV n'apportant que son patronage : « J'espère que de dures leçons auront été apprises  », a-t-il déclaré selon CNA. Il a souhaité plus de « vigilance » de l'APV lorsqu'elle sous-traite l'organisation de tels événements et rappelé la manière dont cela se passait du temps du cardinal Sgreccia. Celui-ci appelait tous les intervenants prévus à un congrès « quatre mois » avant sa tenue. « Chaque orateur devait présenté sa conférence écrite au préalable, telle qu'elle serait donnée. De telle sorte qu'il n'y eût pas de surprises ».

Avant lui, le cardinal Angelini présidait l'APV et il avait carrément pour habitude d'interrompre l'orateur qui dirait quelque chose de contraire à la vérité morale, en soulignant avec force que cela était contraire à l'enseignement de l'Eglise.

De son coté Vatican Insider publie une note publiée le 10 mai par l'APV à la suite des critiques exprimée par le Pr Seifert et d'autres. (Ma traduction.)

« Les incompréhensions qui se sont récemment fait jour autour de certains événements organisés par l'Académie pontificale pour la vie doivent être considéreés comme une occasion d'examiner et de réaffirmer l'identité de l'Académie. 
L'APV a été fondée par le bienheureux Jean-Paul II pour étudier et informer à propos des principaux problèmes de la biomédecine et du “biodroit” par rapport à la promotion et à la défense de la vie humaine. Cela signifie que l'Académie continuera sur la voie d'un dialogue ouvert avec le monde scientifique, tout en restant dans le même temps totalement fidèle à l'enseignement du Magistère catholique. 
Pour cette raison, même si cela peut être parfois astreignant, le dialogue interne avec les membres apparaît comme fondamental pour notre mission et notre unité, et requiert de notre part tous les efforts possibles. Nous tendons tous vers la même fin à laquelle nous nous employons : la défense de la vie humaine depuis sa conception jusqu'à la mort naturelle, et ce avec intégrité et dans une sincère adhésion à la Vérité, suivant les objectifs de l'Académie au service de l'Eglise. »
La publication d'une telle note est tout sauf anodine. Si une telle protestation de fidélité était devenue nécessaire, c'est bien qu'il y avait un (gros) problème. Pourquoi ce changement de ton ? Décidé et imposé par qui ? Il donne en tout cas raison à ceux qui se démènent comme des lions depuis des mois et même des années pour faire respecter la parole de l'Eglise même dans les « cas limites » dont ses adversaires se servent si bien pour tenter de vider son message de son contenu.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour.


S'abonner

© leblogdejeannesmits

11 mai, 2012

Pays-Bas : les “équipes volantes” en sont à leur troisième euthanasie

En attendant de disposer de locaux « en dur » pour y accueillir les candidats à la mort administrée, la « clinique de fin de vie » récemment fondée à La Haye aux Pays-Bas a déjà apporté son assistance à trois euthanasies par le biais de ses équipes volantes opérationnelles depuis début mars (voir ici). Et ce n'est qu'un début, puisque l'organisme renforce ses moyens et annonce avoir un flot régulier de demandes.

Les cas rapportés par la clinique elle-même sont révélateurs.

La première euthanasie a été réalisée par un médecin des équipes volantes qui a fait le geste fatal en présence du médecin de famille du patient : ledit généraliste n'avait « pas d'expérience de l'euthanasie sur les patients qui ne sont pas en phase terminale », nous dit-on. Pas d'objection de principe, donc : il a même participé à la mise en œuvre de l'euthanasie et, vu la formulation, a peut-être bien réalisé lui-même l'euthanasie sur des patients en phase terminale.

Dans le deuxième cas, c'est le médecin de famille qui a procuré l'euthanasie, mais il avait demandé à être piloté par l'équipe ambulante qui a aussi un rôle pédagogique…

Troisième cas : c'est l'équipe volante qui a pratiqué l'euthanasie parce que le médecin de famille n'arrivait pas à assumer émotionnellement le geste (comme ils disent) ; il n'avait pas non plus trouvé un collègue disposé à donner la piqûre fatale.

C'est bien là l'ambition de la clinique de fin de vie et de ses équipes volantes : suppléer aux refus, notamment pour des raisons de conscience, apporter un savoir-faire technique, assister les médecins confrontés à des situations difficiles.

En principe la clinique de fin de vie vise à permettre aux personnes porteuses du désir d'euthanasie formulée dans le respect des critères de la loi, de l'obtenir, même si leur généraliste ne peut pas ou ne veut pas accomplir le geste.

Pour l'heure la clinique dispose de 11 équipes volantes composées d'un médecin et d'un infirmier ; cinq nouvelles équipes vont s'y joindre prochainement.

A ce jour 216 personnes ont déposé une demande d'euthanasie auprès de la clinique, à raison de deux ou trois par jour désormais. 14 demandes ont été rejetées parce que le patient ne l'avait pas évoquée avec son médecin de famille, 24 autres ont été arrêtées devant le refus du patient d'autoriser la clinique à demander à prendre connaissance de leur dossier médical. 164 personnes sont en « liste d'attente ». Et pour ceux qui restent – mais pas pour longtemps – les préparatifs de leur euthanasie sont en cours : 14 personnes au total.

Les demandeurs sont en majorité des femmes ; par ailleurs un tiers d'entre eux souffrent d'une affection psyschiatrique.


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits

10 mai, 2012

L'Académie pontificale pour la vie est en « grand danger »…

En publiant une lettre ouverte à propos de récents incidents qui se sont produits lors d'événements organisés par l'Académie pontificale pour la vie (APV), l'un de ses membres ordinaires, Jozef Seifert, a voulu faire part de la profondeur de son inquiétude par rapport aux orientations de l'institution créée par Jean-Paul II pour se mettre au service de l'Evangile de la Vie. Ce blog avait publié une interview que le Pr Seifert avait accordée à Présent à propos de l'affaire de Recife, alors que le président de l'APV à l'époque, Mgr Rino Fisichella, avait laissé entendre que l'avortement « thérapeutique » pouvait en certains cas être acceptable.

Depuis, d'autres scandales ont secoué l'APV : fin février de cette année, une conférence sur l'infertilité avait largement donné la parole à des spécialistes de méthodes de procréation assistée proscrites par l'Eglise catholique, provoquant la colère de nombre de ses membres, notamment les plus anciens. Un congrès sur les cellules souches qui devait avoir lieu du 25 au 28 avril a carrément été annulée, officiellement pour des raisons financières mais aussi à la suite de l'indignation de nombreux membres de l'Académie pontificale pour la vie qui dénoncèrent l'absence de discernement dans le choix des intervenants, dont plusieurs militent pour la recherche destructrice sur l'embryon.

La lettre de Jozef Seifert rappelle la succession de dysfonctionnements qui exige une réaction vigoureuse, en précisant qu'il la publie parce qu'il avait publiquement déclaré, lors de la session de février, qu'il venait de vivre « la pire journée de l'histoire de l'APV », et que son nouveau président, Mgr Ignacio Carrasco de Paula, lui avait par la suite demandé de s'expliquer à ce sujet.

Je vous propose ici ma traduction de plusieurs passages de cette longue lettre.

« J'écris cette lettre avec un profond sentiment de tristesse et une énorme inquiétude quant au grand danger que je perçois pour l'APV de perdre la plénitude et la pureté de son engagement au service de la vérité. (…) »

Le Pr Seifert relève huit raisons de critiquer la conférence sur l'infertilité organisée en février.

« 1. La discussion neutre à propos des traitements de l'infertilité, que l'APV devrait aussi et même avant tout traitervdu point de vue de l'éthique et du magistère. »

Cinq conférences sur 7 à ce sujet ont « presque entièrement » omis de le faire, passant sous silence « toues les explications magistérielles de la doctrine morale catholique à propos de ces questions sensibles », se contentant de décrire de manière neutre et scientifique les techniques – pilule, insémination artificielle, fécondation in vitro… « Tout traitement “purement scientifique” de ces questions les falsifie en omettant de prendre en compte les vérités les plus importantes à leur propos. »


« 2. L'ensemble des 5 premières interventions (sur 7), pour peu qu'elles aient évoqué l'éthique, l'ont fait en opposition frontale avec l'enseignement moral de l'Eglise. (…) La pilule contraceptive a été célébrée dans la mesure où elle serait prise pour un temps, et présentée comme un moyen sain pour restreindre les périodes de fertilité, ce qui constitue une attaque directe contre Humanae vitae, Famiriaris Consortio  et de nombreuses allocutions de Jean-Paul II, le fondateur de notre Académie. La fécondation in vitro et ses méthodes associées (…) ont été présentées comme moralement acceptables et comme des réussites majeures et montrées de manière très visuelle à l'aide de clips où l'on voyait l'orateur montrer avec fierté comment il introduisait des spermatozoïdes isolés et sélectionnés dans des ovules. Son évidente justification éthique de ces méthodes était une attaque directe contre Donum Vitae et d'autres documents ecclésiastiques, et ce n'était que le début. »


(…)

« 3. Ceux qui ont critiqué cette conférence, ainsi que la conférence annulée sur les cellules souches, ont été mal traités et offensés que ce soit lors de la conférence ou par courrier. De plus, la moquerie cynique s'y est ajoutée : au lieu de proposer de rembourser les participants qui avaient été gravement trompés et qui avaient gaspillé leur argent pour assister à une réunion façon Planning familial sous les auspices de l'APV, il leur a été brutalement annoncé que s'ils n'appréciaient pas ce qu'ils entendaient, il n'avaient qu'à ne pas revenir l'an prochain. »


Josef Seifert rappelle à cet égard les lettres du P. Renzo Pegoraro, chancelier de l'APV accusant ces critiques d'avoir « menacé » des « personnalités haut placées » ; une lettre co-signée avec Mgr Jacques Suaudeau allait jusqu'a expliquer que les critiques pro-vie « ne  jouissent d'aucun crédit auprès de l'APV » ou « d'autres organismes du Saint-Siège » et avaient soulevé « des controverses inutiles ».

« 4. Des remarques insultantes non seulement à propos des membres de l'APV mais aussi à propos de problèmes centraux évoqués par les documents de l'Eglise. »


De fait, qualifier ces questions et le respect de cet enseignement de « controverses inutiles » va directement à l'encontre de documents qui les présentent comme importantes – notamment Donum Vitae rédigé par celui qui était alors préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi… « Impensable sous la présidence du vénérable Jérôme Lejeune, du Pr Juan de Dios Vial Correa, ou de Mgr Sgreccia, ou même celle de votre prédécesseur immédiat ».

« 5. Le niveau scientfique peu élevé de 6 interventions sur 7 lues lors de la conférence publique. » Le Pr Seifert rappelle ici qu'on n'évoqua même pas les effets secondaires négatifs de la pilule, ni ses effets potentiellement abortifs, ni sur les recherches à propos de son lien avec des infertilités permanentes parfois constatées, les effets négatifs psychologiques… Il parle même de « propagande contre l'enseignement de l'Eglise » s'ajoutant au « principal scandale constitué par la promotion sans réserve de ce que l'Eglise présente comme intrinsèquement mauvais ».

De telle sorte que la seule intervention qui s'en soit démarquée, celle du Pr Hilgers, en est apparue isolée et qu'il a même fait l'objet d'observations critiques de la part d'un des présidents de séance.

« 6. Des discussions non scientifiques et inutiles. » C'est une situation qui tend à se généraliser aux événements organisés par l'APV, assure Seifert : les séances de questions consistent à ne retenir qu'une partie des objections des personnalités présentes, elles sont résumées, voire édulcorées ou ridiculisées et présentées de manière à faire apparaître l'orateur auquel elles s'adressent comme l'autorité ultime sur la question et celui-ci retrouve une occasion de répéter ses erreurs, dit-il.

« 7. L'échec académique et doctrinal du seul orateur invité à présenter l'éthique du traitement de la fertilité. » Elle n'était tout simplement pas au  niveau, protestant de sa docilité à l'égard de l'enseignement de l'Eglise mais « en répétant explicitement certaines des erreurs bioéthiques avancées péremptoirement par les cinq premiers orateurs ».

« 8. La connaissance de la vérité et l'image de l'APV ont gravement souffert des suites de cette conférence, et ses effets sur le monde seront désastreux. Présenter une telle conférence, qui aurait fait jubiler le Planning familial et qui a dû faire pleurer les anges du ciel, à un auditoire parmi lequel beaucoup étaient venus de loin pour entendre la position de l'Eglise sur ces questions, ainsi que le prescrit explicitement notre constitution, est à mon avis quelque chose de profondément triste et même scandaleux. »


Et d'espérer que les Actes de ce congrès ne seront jamais publiés, car ils ne sauraient faire autre chose que de promouvoir  « l'exact contraire » le l'enseignement de l'Eglise au nom de l'APV.

« Je ne suis pas seul à avoir ce sentiment de profonde indignation à propos de la conférence publique et certaines communications officielles de l'APV, et puis comprendre les membres (la plupart desquels ne l'ont jamais critiquée et s'expriment en général avec douceur) qui m'ont dit que la seule option qui reste au bureau directorial de l'APV après cette conférence publique est de démissionner. »


Le Pr Seifert invite alors les organisateurs de la conférence à exprimer des regrets écrits aux participants et à tous les membres de l'APV « qui ont dû avoir honte de tout cela et dont l'image sera ternie du fait que cette conférence puisse être attribuée à l'APV ».

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits

09 mai, 2012

Un médecin suédois poursuivi pour avoir refusé un avortement à la demande du père de l'enfant

Les services publics de la santé en Suède ont émis un blâme à l'égard d'une gynécologue qui, en 2010, a refusé de pratiquer un avortement sur une femme dont le mari avait demandé qu'elle trouve une « alternative » à l'intervention. Elle est accusée d'avoir dépassé le cadre de son mandat, d'avoir méconnu les droits de sa patiente et d'avoir indûment brisé le secret médical.

Dans un premier temps, la femme enceinte s'était présentée au cabinet du médecin en expliquant qu'elle ne voulait pas mener sa grossesse à terme, ajoutant que celle-ci n'était pas désirée et qu'elle se sentait mal. La gynécologue avait fixé une date pour l'avortement mais à la veille de l'intervention, le mari de la patiente était venu voir le médecin pour savoir s'il n'y avait pas d'autre solution. La gynécologue avait accepté d'en rediscuter avec elle.

La patiente avait alors répété sa volonté d'avorter, selon le rapport publié par le Comité national de la santé et du bien-être suédois. La gynécologue, cette fois, allait résister : elle annula le rendez-vous au motif que la patiente « ne semblait pas jouir de son équilibre mental ni être en mesure de prendre des décisions bien pesées », comme elle l'a expliqué au Comité pour se défendre. Elle la renvoya au contraire chez un conseiller où la patiente assura que son état dépressif était dû précisément à sa grossesse.

Par la suite, la patiente a dénoncé son gynécologue aux autorités en l'accusant d'avoir eu un comportement « insultant », parce qu'il l'avait dépouillée de son droit de choisir, qui selon la loi suédoise appartient à la femme seule.

Et le médecin ? Rien à dire. Le Comité de la santé et du bien-être a souligné que le médecin n'a pas à se poser de questions sur le « bien-fondé » de la décision de la femme mais simplement à exécuter ses désirs.

Et le mari et père de l'enfant ? Il n'a pas davantage de droits, assure le Comité. La gynécologue a reçu un blâme supplémentaire pour avoir violé la confidentialité de sa patiente en évoquant son cas avec le mari de cette dernière.

Et l'enfant à naître ? Il n'est personne…


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits

08 mai, 2012

Magdi Cristiano Allam : c'est la faute de l'Eglise si l'Italie embrasse l'islam !

C'est sous ce titre-choc que l'ancien musulman baptisé par Benoît XVI à Saint-Pierre de Rome en la veillée pascale, le 22 mars 2008, vient de signer un article non moins direct dans Il Giornale. Journaliste, député européen du groupe Protagonisti per l'Europa Cristiana, fondateur et élu de Io amo Italia (« J'aime l'Italie). Le site de ce parti publie le texte de son « papier » en italien et anglais. Je vous propose ici ma traduction de cette réflexion importante et sans faux-semblants.


Lu en France, ce texte prend une dimension encore plus importante. Le Pew Research Center évalue le nombre de musulmans en France à 4,7 millions. L'INED recense en 2010, au terme d'une enquête, 2,1 millions de personnes se déclarant « musulmanes » ; pour le ministère de l'Intérieur, les personnes en France originaires de pays musulmans sont entre 5,5 et 6 millions dont un tiers de « pratiquants », soit au total entre 7,7 et 9,3 % de la population. Le FN estime le nombre à 8 millions, Claude Guéant, lui, retient entre 5 et 10 millions.


Saviez-vous que le nombre de musulmans ayant la nationalité italienne est d'environ 70.000 ? Saviez-vous que l'Italie compte au total environ 1.583.000 musulmans, soit 2,7 % de la population ? Saviez-vous que l'islam est désormais la deuxième religion d'Italie tout de suite après le christianisme ? Saviez-vous qu'en Italie, il naît en moyenne un lieu de culte islamique tous les quatre jours ? Saviez-vous qu'aujourd'hui il y a des terroristes islamiques actifs, disposant de la citoyenneté italienne, qui sont engagés dans la Jihad, ou la guerre sainte, contre les juifs, les chrétiens, les infidèles et les apostats ? 
Eh bien, si vous ne savez pas tout cela, c'est assurément une grave lacune. Mais il est encore plus grave de prendre acte du fait que cela se produit avec la complicité explicite de l'Eglise, que celle-ci s'exprime à travers les prises de position et les initiatives officielles du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, ou par le comportement et les affirmations du clergé, de certains cardinaux à une bande de curés islamiquement corrects.
Cette réflexion s'impose à nous à travers les récentes déclarations d'Ezzedine Elzir, président de l'UCOII (Union des communautés et associations islamiques en Italie) à Klaus Davi (ici) où il déclare qu'en Italie « 70.000 personnes sont retournées à l'islam ». 
Pourquoi « retournées » et non « converties » ? Elzir s'explique : « Nous préférons utiliser le terme “retourner” parce qu'il s'agit d'une redécouverte de la vraie foi. » Ce disant il veut signifier que pour les musulmans, l'islam n'est pas une « religion différente » du judaïsme et du christianisme, auxquels on adhère par la conversion personnelle comme pour n'importe quelle autre religion, mais une religion « supérieure » par rapport au judaïsme et au christianisme : la seule vraie religion, l'accomplissement de la révélation et le sceau de la prophétie, dans un contexte où l'on croit que toute personne naît musulmane même si elle professe une autre religion, que chacune a l'islam en soi  même sans en avoir la conscience ; ainsi l'adhésion à l'islam est un « retour » par la redécouverte de « la vraie foi ». 
« Chaque jour des non-musulmans qui veulent connaître l'islam viennent dans nos mosquées, plusieurs d'entre eux l'embrassent », ajoute Elzir, car « lorsque survient une crise des valeurs et une crise économique, on cherche à découvrir ses racines, sa spiritualité » qui sans équivoque possible coïncident avec l'islam. 
Comment est-il possible qu'en Italie, berceau du catholicisme, terre chrétienne qui accueille en son sein l'église des Papes, vicaires du Christ, on en soit arrivé au point de faire coïncider la « spiritualité » avec l'islam ? Eh bien, la réponse s'appelle « relativisme religieux ». Benoît XVI lui-même a plusieurs fois identifié au sein de la « dictature du relativisme » le mal profond qu'il faut combattre parce qu'il nous impose, en mettant la raison en sourdine, de considérer que toutes les religions, les cultures et les valeurs sont égales, indépendamment de leur contenu. 
Le témoignage éloquent de ce relativisme religieux réside dans la litanie des « trois grandes religions monothéistes révélées, abrahamiques, du Livre » qui prieraient le même dieu. C'est ainsi que le relativisme se manifeste dans le comportement du clergé qui s'imagine que pour aimer les musulmans en tant que personnes, il faut inconditionnellement épouser leur religion, légitimant l'islam au mépris du fait qu'il est incompatible avec les valeurs non négociables du caractère sacré de la vie, de l'égale dignité de l'homme et de la femme, de la liberté du choix religieux. 
Réveillons-nous ! L'islam est déjà dans notre maison ! Ce sont les Italiens eux-mêmes qui font la promotion de la conquête islamique, y compris des cardinaux et des curés qui se dévouent pour faire croître le nombre des mosquées ! Libérons-nous de le dictature du relativisme ! Arrêtons l'invasion islamique ! Assez de mosquées ! Redécouvrons notre âme, redécouvrons l'usage de la raison et recommençons à nous aimer avant de perdre complètement la possibilité d'être nous-mêmes dans notre propre maison ! 
Magdi Cristiano Allam



• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

• Merci de citer leblogdejeannesmits pour cette traduction.

Le mouvement pro-vie portugais veut en finir avec la loi d'avortement


Lors d'un colloque international qui a réuni des représentants de mouvements et de médias pro-vie de dix pays d'Europe et d'Amérique, ce week-end à Lisbonne, les différents intervenants ont focalisé sur la stratégie à adopter contre l'avortement et les lois qui le légalisent. Pour le Portugal, la ligne définie emporte l'adhésion de plusieurs composantes du mouvement : il s'agit d'obtenir un nouveau référendum pour renverser celui qui a abouti à la loi d'avortement en 2007.

Le groupe « Pro-referendo Vida », qui a été créé récemment à cette fin, a déjà obtenu quelque 33.000 signatures sur les 75.000 nécessaires à l'ouverture d'un débat à l'Assemblée nationale dans le cadre du référendum d'initiative populaire. La tenue du référendum n'est pas alors automatique mais soumise à la décision des élus.

Le responsable du mouvement, Luis Botelho, estime cependant que la démarche doit aboutir : lors des dernières élections qui ont porté Pedro Passos Coelho au poste de Premier ministre, celui-ci c'était engagé au cours de la campagne à ne pas bloquer une initiative de référendum sur l'avortement dès lors qu'elle recueillerait le nombre suffisant de signatures. Luis Botelho a rappelé lors d'une conférence de presse, vendredi, que beaucoup d'électeurs s'étaient déterminés en fonction de cette promesse en faveur du candidat social-démocrate.

Leur « unité interne » renforcée par le colloque de la semaine dernière, les porteurs du projet ont décidé d'accélérer la récolte de signatures en l'étendant à l'ensemble du Portugal, non sans provoquer dans le même temps un grand débat national. Celui-ci ne se bornera pas à la question de l'avortement, mais portera sur la crise qui frappe très durement le Portugal et qui s'aggrave avec nombre de problèmes persistants comme « le non-renouvellement des générations », souligne Botelho. Celui-ci dénonce également le fait que le nouveau gouvernement n'a pas pris les mesures promises en faveur des familles : « C'est plutôt le contraire, puisque l'on a démantelé des aides aux mères », a-t-il souligné.

Il a encore noté que les stratégies et initiatives anti-avortement varient d'un pays à l'autre : de fait, ce ne sont pas seulement les contextes juridiques et politiques qui changent, mais aussi les mentalités.

Le Portugal pourra-t-il renverser l'avortement de la même manière que celui-ci a réussi à s'imposer, par un référendum qui devra mobiliser au moins 50 % de la population pour être pris en compte ? Cela reste à voir : en 2007, la campagne avait été importante, mais axée sur les valeurs positives de la vie et finalement très lisse. A pareille époque, un référendum en Irlande avait rejeté la mise à mort légale des tout-petits – au message pro-vie, on n'avait pas hésité à ajouter des thèmes plus « durs » montrant la réalité de l'avortement.

Les mentalités diffèrent sans doute. Mais n'est-il pas important de noter que la stratégie des pro-mort est toujours à peu près la même dans le monde entier ?

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits

Belgique : euthanasie pour les mineurs et les déments, ça se précise

Myriam Vanlerberghe
Il aura fallu moins de quinze jours pour qu'une proposition de l'association « humaniste » belge (l'Association des libres penseurs humanistes) se traduise en proposition de loi. Elle sera présentée en ce mois de mai par deux sénatrices socialistes flamandes, Myriam Vanlerberghe et Marleen Temmerman sous la forme de deux textes de lois visant à légaliser l'euthanasie pour les mineurs d'une part, et pour les personnes en voie de devenir démentes et celles tombées dans un état d'inconscience permanent. L'initiative a été annoncée samedi dernier, à l'occasion d'un symposium organisé à Bruxelles pour marquer le dixième anniversaire de l'euthanasie en Belgique.

Plusieurs associations de libre-penseurs et de partisans de l'euthanasie entouraient à cette occasion le professeur Wim Distelmans, souvent cité sur ce blog : cet oncologue, spécialiste des soins palliatifs, est également l'un des grands promoteurs de l'euthanasie en Belgique.

Les socialistes belges ont annoncé une lutte acharnée pour obtenir l'adoption des propositions Vanlenberghe et Temmerman : ce sera, disent-ils, une « seconde révolution d'éthique ».

Il s'agit plutôt d'un lent mais inexorable glissement dans la logique de l'euthanasie légale : on vise à l'ouvrir progressivement à des enfants, des personnes privées de jugement, voire des personnes inconscientes, alors qu'au départ tout le monde assurait qu'elle était acceptable dans la mesure où elle serait pratiquée uniquement sur des personnes qui en feraient la demande en pleine possession de leurs moyens.

Bien sûr, les socialistes belges s'inspirent de l'exemple du voisin néerlandais où l'euthanasie des mineurs est autorisée avec l'accord des parents dès 12 ans et moyennant une simple consultation des parents dès 16 ans. L'euthanasie des personnes en voie de devenir démentes mais suffisamment en possession de leurs moyens est approuvée et s'étend depuis plusieurs années, tandis qu'en 2011 l'euthanasie d'une personne en phase plus avancée d'Alzheimer a été jugée conforme par l'ensemble des commissions d'évaluation.

La proposition belge relative aux mineurs propose de ne pas instaurer un âge minimum, au motif qu'il y a des enfants de 7 ou 10 ans qui sont assez « adultes » pour prendre une telle décision. L'euthanasie pourrait être pratiquée dès lors qu'il y aurait un « consensus » entre l'enfant, ses parents et l'équipe médicale. Ne seraient exclus que les enfants très jeunes qui ne sont pas en mesure de prendre des décisions en pleine connaissance de cause puisqu'il s'agit là d'une condition de l'euthanasie légale. On notera que la presse belge souligne que pour ces enfants, la question de l'administration de la fin de vie se pose autrement…

Marleen Temmerman
Pour les personnes démentes, la solution (finale) proposée par Marleen Temmerman, médecin, diffère également de la pratique néerlandaise. Elle suggère que les personnes en voie de devenir démentes puissent faire un testament de fin de vie applicable lorsqu'elles n'auraient plus cette possibilité de prendre la décision de demander la mort en pleine connaissance de cause. Et à cette fin elle propose que la durée de validité du testament de vie soit prolongée bien au-delà des cinq ans actuels.

Pour l'heure, ce sont les sénateurs wallons qui s'opposent de la manière la plus nette à la libéralisation de l'euthanasie. Le socialiste Philippe Mahoux estime ainsi qu'il est « impossible de déterminer juridiquement à quel moment une personne doit être considérée suffisamment démente pour appliquer son testament de vie antérieur ».

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits

06 mai, 2012

Un juge argentin dénoncé devant le Conseil de la magistrature pour avoir refusé un avortement

Un juge pénal argentin, José Oscar Colabelli, vient d'être dénoncé par plusieurs groupes féministes devant le Conseil de la magistrature de la province de Chubut pour avoir refusé en février dernier l'accès à un avortement « légal » à une jeune fille de 12 ans violée et enceinte, en raison de ses « convictions personnelles » qu'il est accusé d'avoir fait passer devant le « droit provincial, national et international ». La décision devait être révoquée peu après en appel.

L'avortement est considéré comme non punissable en Argentine en cas de viol mais – jusqu'à une date récente – il fallait une décision judiciaire pour constater la situation et faire exécuter cette « pratique médicale légale », comme la nomment les associations féministes. Une récente décision de la Cour de justice suprême fédérale a cédé devant leurs pressions pour déclarer que dans les cas où des exceptions d'impunité sont prévues par la loi, l'avortement peut être pratiqué sans recours aux tribunaux, une nouveauté qui est en train de gagner progressivement les provinces argentines qui doivent l'intégrer dans leur pratique.

Mais pour des associations pour les « droits des femmes » comme le Comité de América Latina y el Caribe para la Defensa de la Mujer, la  Casa de la Mujer Puerto Madryn et la Fundacion Madre Luna, il s'agit de jouer sur tous les fronts. C'est pourquoi elles invoquent un prétendu « droit provincial, national et international », pour faire croire que l'avortement est-un droit, au moins dans certaines circonstances. Or il n'en est rien. Aucun traité international, aucune convention des droits n'affirme un « droit » à l'avortement en quelques circonstances que ce soit, et s'il est vrai que la loi nationale argentine prévoit l'absence de peine pour l'avortement en certains cas, cela n'en fait pas automatiquement un droit. Et ce n'est pas une jurisprudence, fût-elle de la Cour suprême, qui peut le transformer en loi.

C'est précisément parce qu'on lui demandait de prendre un acte qui allait permettre un avortement que le juge d'Esquel, José Oscar Colabelli, a dit « non ». Et il ne s'agissait pas précisément d'ordonner l'intervention mais d'autoriser le prélèvement d'échantillons sur le corps de la mineure et de l'enfant à naître afin de faire des tests ADN pour découvrir quel était le père de ce dernier : ce qui conduisait automatiquement à pratiquer un avortement.

« J'y suis totalement opposé, fondamentalement pour des raisons juridiques, car les principes constitutionnels affirment que la vie doit être protégée depuis la conception, c'est pourquoi je considère qu'il ne pouvait s'opérer une discrimination entre un enfant né et un enfant à naître dès lors qu'il a été engendré », a-t-il expliqué, soulignant la contradiction entre l'article 68 du code pénal argentin qui crée les exception, et la réforme de la Constitution en 1994 qui affirme le respect de la vie.

Au plus tôt, sa situation sera examinée le 21 mai. Colabelli a déclaré ne pas s'attendre à ce que le Conseil de la magistrature s'immisce dans la décision qu'il a rendue.


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits

05 mai, 2012

Benoît XVI ému par un couple qui héroïquement, choisit la vie

Chiara, 28 ans, va mourir bientôt. Elle le sait : à moins d'un miracle, elle est condamnée à brève échéance par un cancer qui « explosé » après la naissance de son troisième enfant, Francesco. En accord avec son mari, Enrico, 33 ans, elle avait refusé pendant sa grossesse tout traitement lourd susceptible de faire du mal à l'enfant qu'elle portait. Pour le catholique, ce n'est pas un choix moralement impératif : soigner une maladie grave, même au risque de porter involontairement atteinte à la santé ou à la vie d'un enfant à naître, n'est pas un mal. Mais Chiara a choisi, avec joie, le don d'elle-même absolu et héroïque.

Cette joie, elle était paraît-il visible, elle éclatait sur les visages de Chiara et d'Enrico qui ont eu le bonheur, mercredi dernier, de s'approcher du Pape à l'issue de l'audience générale, et de lui raconter leur histoire. Benoît XVI, visiblement ému, les a touchés avec tendresse. Ils sont l'image vivante de l'Evangile de la vie.

Il n'y pas de photo publique de cette rencontre. Question de respect.

L'histoire de Chiara et d'Enrico a déjà été marquée par leur fidélité sans failles au respect de la vie, de toute vie humaine innocente. Avant Francesco, deux enfants sont nés, si gravement handicapés qu'ils sont morts peu après la naissance. Le couple savait dès avant leur naissance que Marie souffrait d'anencéphalie – elle a rendu l'âme 30 minutes après sa naissance – et que David, sans jambes et portant de graves atteintes aux organes internes, ne vivrait pas non plus longtemps. De fait, il est mort quelques heures après sa naissance.

Dans les deux cas, et malgré l'incitation à avorter – la solution qui aurait pu paraître si « raisonnable » face à des situations aussi dépourvues d'espoir – Chiara et Enrico n'ont pas imaginé une seconde mettre un terme à la vie de leurs enfants à naître. Membres d'une paroisse franciscaine, profondément marqués par le pontificat de Jean-Paul II, ils ont choisi de renouveler chaque jour leur consécration à Marie, imprégnés de sa devise, Totus Tuus. Et c'est en pensant à lui, à la manière dont il a vécu sa vie, qu'ils ont pris leur décision par rapport au traitement du cancer de Chiara. Se confiant totalement à la Providence…

Chiara-ci, tout sourire, a expliqué à L'Osservatore Romano comment elle voit l'avenir. Se tournant vers son mari, elle a dit : « Quand je ne serai plus là, je m'occuperai de Marie et de David, prends bien soin de Francesco. »

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner ©

leblogdejeannesmits

04 mai, 2012

Le Dieu de Clotilde


Joli personnage que ce Clovis, roitelet barbare belliqueux, cruel, vindicatif, jaloux de son pouvoir, avide de nouvelles terres, à la tête de ses guerriers rompus aux batailles les plus âpres et aux pillages les plus voraces. Prudent, aussi : avant son baptême comme après, il éliminait sans scrupules rivaux et cousins héritiers en puissance du bien qu’il était en train de constituer pour ses fils. Polygame par-dessus le marché. Clotilde, princesse chrétienne, non seulement acceptera de l’épouser malgré une première femme toujours bien présente, mais déjouera un complot qui cherchera à empêcher ses noces.

Il est aussi, intéressé, Clovis. Clotilde lui parle de son Dieu, mais l’armée de Clovis est formée de païens. Prendre le risque d’une conversion, qui plus est à un Dieu crucifié, cela se peut-il ? Que feraient ses hommes ? Ecouter les conseils de Rémi, soit. L’évêque a déjà multiplié les approches tant que Clovis remportait victoire sur victoire, ville sur ville. Car ce roi fort pourrait bien assurer aux chrétiens une protection dont ils ont grand besoin, pour pouvoir exercer leur foi dans un monde hostile, rempli de païens et d’hérétiques. Rémi s’impose par son savoir et sa sagesse, devient conseiller. Clotilde fait baptiser les enfants de Clovis mais son Dieu se révèle impuissant… à le servir. L’aîné, Ingomer, ne mourra-t-il pas encore revêtu de sa robe de baptême ?

Ce n’est qu’acculé face aux Alamans que Clovis, en désespoir de trouver une divinité païenne capable de le soustraire à une défaite certaine, se souvenant de Clotilde et se souvenant de Rémi, fait sa promesse en plein champ de bataille. S’il l’emporte malgré tout, Clovis s’engage à se convertir à ce « Jésus que sa femme Clotilde proclame fils du Dieu vivant ». Et c’est la victoire. Inespérée.

Clovis s’instruira ensuite de la foi chrétienne, non sans résistance, auprès de Rémi. Et c’est à la tête de 3.000 hommes qu’il recevra le baptême, et fera de la religion catholique celle de son royaume. France, fille aînée de l’Eglise.

Clovis, c’était le choix de Dieu. Qui l’eût cru ?

Les temps et les mœurs ont bien changé. La barbarie a pris d’autres formes, et aujourd’hui on n’en est plus à se vouer à un dieu et encore moins à Dieu pour remporter une victoire, fût-elle électorale. Enfin, pas à ma connaissance. La laïcité est passée par là.

Mais il y a toujours des catholiques à protéger, et des droits naturels à défendre. Ces catholiques qui ont besoin de pouvoir affirmer et transmettre leur foi ; qui savent leur droit menacé de ne pas devoir confier leurs enfants à des écoles et des enseignants où les programmes officiels de l’Etat imposent les faux dogmes d’aujourd’hui. Il y a toujours un pouvoir qui peut laisser moins de place, ou davantage, à ce qui nous est étranger, voire hostile.

L’histoire de Clovis ne dit pas comment voter dimanche.

Elle promet encore moins une rechristianisation de ce pays en 2012, même si nos « racines chrétiennes » font vibrer les foules – n'est-ce pas que c'est nouveau ?

Mais elle enseigne que pour la sauvegarde, autant que faire se pouvait, des « principes non négociables », ou pour le dire de manière plus classique, la loi naturelle, la vérité, les chemins peuvent être étranges et inattendus, et les décisions apparemment bien éloignées des principes. Fallait-il accepter devenir une « première épouse » ? Avec un meurtrier, un chef de guerre soucieux d’abord d’élargir ses frontières ? Fallait-il négocier avec un païen les meilleures conditions possibles pour faire vivre les chrétiens sur cette terre qui attendait encore de devenir française ? Fallait-il épouser sa soif de victoires et utiliser ses ambitions pour obtenir quoi que soit ? et ce fut l’inimaginable, sa conversion, et celle d’un royaume ! Ni Clotilde ni Rémi ne pouvaient parier sur la réussite.

Mais ils ont agi aussi loin qu’allait leur pouvoir. Auprès d’un homme qui a fini par ouvrir ses oreilles et les entendre. Et qui n’a pas été parfait ensuite, loin s’en faut.

Mais le bien était fait…

 • Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner


 
[]