22 avril, 2012

Uruguay : un évêque parle de l'avortement, des droits de la famille et du bien de la patrie

L’Uruguay fêtait jeudi sa patronne nationale, la Vierge du Verdun honorée chaque année d’un pèlerinage qui a attiré cette fois-ci des milliers et des milliers de catholiques. Au sanctuaire national l’évêque de Minas, Mgr Jaime Fuentes, a prêché sur la famille et ses droits et sur le respect de la vie, à l’heure où l’Uruguay, comme bien des pays sud-américains, est sous le coup de pressions pour faire dépénaliser l’avortement. Je vous propose ma traduction des passages les plus significatifs de son homélie à cet égard. Le texte en espagnol est ici.


Nous nous trouvons au temps pascal, essayant d’imaginer et de revivre ces jours uniques où Jésus Ressuscité remplissait de joie ses disciples et les saintes femmes par sa glorieuse présence. C’étaient nos premiers frères qui formaient, avec Lui et avec Marie, la première Eglise : ils étaient la famille des enfants de Dieu. Quand Jésus s’en ira au Ciel, c’est alors que la Vierge commencera à exercer sa « vie publique » comme Mère de l’Eglise. C’est elle qui la maintient rassemblée, qui l’édifie continument. 
Cet après-midi, alors que nous nous trouvons aussi « en famille », je voudrais réfléchir quelques minutes avec vous, en présence de Dieu et de la Vierge, à propos d’une grande préoccupation que nous partageons tous, et qui est en même temps une grande espérance : je me réfère, justement, à la famille. 
N’est-il pas vrai, si nous y réfléchissons un peu, qu’à la racine de la violence et de l’insécurité qui nous affecte tous, et à la base de beaucoup de comportements devenus déjà si courants qu’ils ne sont même plus une nouvelle, tant ils sont monnaie courante dans notre société (concubinages, grossesses précoces, séparations et divorces totalement inattendus, avortements, etc.), se trouve une crise de l’idée même de ce qu’est la famille ? Comment ne pas être préoccupés par ces expressions douloureuses, et d’autres encore, qui parlent d’elles-mêmes de la faiblesse dont souffre l’institution familiale, qui a toujours été et qui demeure le lieu naturel où naissent et grandissent les enfants, où ils sont éduqués ; elle est l’école des vertus fondamentale, où l’on apprend à cultiver le respect, l’obéissance, la générosité, l’amitié, l’accomplissement de son devoir… où l’on apprend à prier et à aimer Dieu ?
 (…) 
Alors que la crise de la famille est une grave préoccupation pour tous, voici que la rejoint ce que nous a dit le bienheureux Jean-Paul II lorsqu’il était parmi nous : « Ce sont les familles chrétiennes qui feront que notre monde recommence à sourire. » 
C’est pourquoi, en ce jour de grande fête, mettons entre les mains de Notre Dame du Verdun notre préoccupation pour les familles avec, en même temps, la certitude qu’elle, qui est Mère de Dieu et notre Mère, nous aidera à transformer cette préoccupation en espérance : sans espérance, nul ne peut vivre.  
Enfants de Dieu, nous sommes des hommes et des femmes d’espérance : nous savons que la vie est un temps, bref, que nous avons pour conquérir la vie éternelle en faisant le bien ; et le bien fondamental, pour l’immense majorité des hommes et des femmes, c’est de former et d’éduquer les enfants, en leur transmettant le sens chrétien de l’existence, de manière à ce qu’à leur tour, ils le transmettent à leurs enfants.
C’est pourquoi je voudrais encourager les couples mariés, les pères et les mères de famille, les grands-pères et les grands-mères, ceux qui ont l’intention de contracter prochainement mariage… je voudrais les encourager à dire OUI et à dire NON. 
A dire OUI à la fidélité, pendant les fiançailles et pendant la vie maritale ; à dire OUI aux enfants que Dieu voudra leur envoyer, parce qu’ils sont la couronne et la joie du mariage ; à dire OUI à l’engagement pris devant Dieu et la société d’être fidèles jusqu’à ce que la mort les sépare ; à dire OUI au travail d’éducation des enfants pour en faire des enfants de Dieu. Nous savons tous qu’il n’est pas facile de garder ce OUI en toutes circonstances, mais nous ne pouvons oublier que nous comptons sur l’aide du Ciel qui nous parvient à travers les sacrements et par l’intercession de la Mère de Dieu. 
Le fait de dire OUI ainsi à Dieu et au monde, entraîne nécessairement avec lui l’engagement de dire NON à des conduites qui, pour être très répandues dans la société, n’en sont pas moins incompatibles avec notre manière chrétienne de voir la vie. 
L’an dernier, en cette fête de la Vierge du Verdun, je vous transmettais une chose qui reste au premier plan de notre vie nationale et que je dois répéter en actualisant quelques dates : aujourd’hui nous fêtons les 7 ans de l’élection du Saint Père Benoît XVI ; il nous invite en permanence à penser, à utiliser les capacités de notre raison. Il disait, il n’y a pas longtemps : « Il existe des tendances culturelles qui essaient d’anesthésier les consciences pour des raisons présomptueuses. En ce qui concerne l’embryon dans le sein de sa mère, la science elle-même met en relief son autonomie capable d’interaction avec la mère, la coordination des processus biologiques, le caractère continu du développement, la complexité croissante de l’organisme. Il ne s’agit pas d’une accumulation de matériau biologique, mais d’un nouvel être vivant, dynamique et merveilleusement ordonnancé, un nouvel individu de l’espèce humaine. Jésus fut ainsi dans le sein de Marie ; il en a été ainsi pour chacun de nous dans le sein de notre mère. (…) Il n’existe aucune raison de ne pas le considérer comme une personne depuis sa conception » (Vêpres du 1er dimanche de l’Avent 2010). 
Dans cette même ligne, voici un peu plus de trois ans, l’alors président Tabaré Vázquez, prestigieux professionnel de la médecine, opposa son veto à la dépénalisation de l’avortement, expliquant que la science révèle de manière évidente (…) la réalité de l’existence de la vie humaine à l’étape de la gestation. (…) Depuis le moment de la conception s’y trouve une nouvelle vie humaine, un nouvel être. Nous pouvons nous demander : la science aurait-elle changé au cours de ces trois ans, de telle sorte que cet argument scientifique n’ait plus de valeur ? L’ex-Président poursuivait : Le véritable degré de civilisation d’une nation se mesure à la manière dont elle protège ceux qui en ont le plus besoin. C’est pour cela qu’il faut protéger davantage ceux qui sont plus faibles. Parce que le critère ne peut plus être la valeur du sujet mesurée à l’aune des sentiments qu’il suscite chez les autres, ou l’utilité qu’il représente, mais la valeur qui résulte de sa simple existence. 
Si l’un des projets de loi qui prétendent légaliser ou dépénaliser l’avortement devait prospérer, chacun devra savoir clairement dans sa conscience que même si cent parlements devaient approuver une loi de ce type, l’avortement ne laisserait pas d’être un délit gravissime, une grande offense à Dieu. Elle reste d’actualité, la proposition faite par le président Vázquez, que je cite expressément pour montrer que le problème de l’avortement n’est pas une affaire religieuse, mais le plus humain des problèmes ; il disait : pour le résoudre, le mieux est de chercher une solution basée sur la solidarité qui permet de soutenir la femme et aussi son enfant, en lui octroyant la liberté de pouvoir choisir d’autres chemins et ainsi, de sauver les deux. 
Nous disons NON à l’avortement parce que nous disons un grand OUI à la vie humaine, le plus grand des dons reçus de Dieu. De même nous disons NON aux programmes d’éducation qui présentent une vision purement biologiste de la sexualité humaine, parce que nous disons un OUI fort en faveur des pères et des mères de familles, qui ont le droit et le devoir premiers d’expliquer à leurs enfants le fantastique plan de Dieu qui a voulu que les hommes, créés à son image et à sa ressemblance, participent à son pouvoir créateur.
 Nous disons NON à la prétention de l’idéologie du genre, qui tente de gommer les différences entre les femmes et les hommes, parce que le plan de Dieu est un OUI définitif à la grandeur de la femme, au point qu’Il a voulu s’incarner dans celle que nous vénérons toujours comme L’IMMACULÉE. 
Il va de soi que nous ne prétendons IMPOSER ce que nous croyons à personne, mais nous disons OUI au droit de le proposer, sereinement, en respectant les autres options et en réclamant le respect pour les nôtres. 
Mes frères, je voudrais vous persuader que ce n’est pas en rabaissant les exigences de notre foi et des enseignements de l’Eglise, que nous parviendrons à aider notre patrie à grandir ; au contraire, c’est en diffusant par l’exemple et par la parole le trésor que nousre avons, que nous pourrons accomplir le commandement du Christ d’être LE SEL DE LA TERRE ET LA LUMIÈRE DU MONDE.
Mgr Jaime  Fuentes



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© leblogdejeannesmits pour la traduction.

21 avril, 2012

Euthanasie : en Belgique, on voudrait la rendre accessible aux handicapés mentaux

Jacinta De Roeck
Cela reste à l'état d'idée jetée dans le débat public mais c'est bien ainsi qu'ont été accomplies toutes les avancées de l'euthanasie : en Belgique, la Humanistisch Vrijzinnige Vereniging (Association des libres penseurs humanistes) vient de suggérer que les mineurs et les handicapés mentaux puissent avoir eux aussi accès à l'euthanasie. Au nom de l'égalité des droits. Sa présidente, Jacinta De Roeck, s'est exprimée en ce sens à l'occasion de la Journée du patrimoine à Anvers (on se demande bien pourquoi).

Et ce ne sont pas des paroles en l'air, puisque Mme De Roeck était précisément l'un des députés qui en 2002 avaient pris l'initiative de légaliser l'euthanasie en Belgique.

Elle a précisé qu'aucun projet législatif n'était actuellement à l'ordre du jour ni même prévisible à court terme, mais ce qui ne se fera pas pendant l'actuelle législature, estime-t-elle, devrait devenir possible lors de la prochaine. Parce que « la demande est forte ».

Une telle évolution est dans la logique des choses, estime la militante « humaniste », pour qui l'ouverture de l'euthanasie aux mineurs, qu'elle attend, amènera forcément à légaliser l'euthanasie pour les « déments », et les malades de l'intelligence qui sont souvent considérés en Belgique comme des « mineurs prolongés ». « Ces gens-là regardent aussi la télévision, ils lisent aussi les journaux et tombent aussi malades. Par leurs accompagnants dans les institutions, je me suis laissée dire que la question de l'euthanasie y surgit aussi. »


Eh oui, la propagande médiatique atteint aussi les handicapés…

Cette évolution a déjà eu partiellement lieu aux Pays-Bas où les mineurs de 12 à 15 peuvent obtenir l'euthanasie avec l'accord de leurs parents, les 16-17 ans pouvant se contenter de les consulter. L'euthanasie pour les personnes en voie de devenir démentes est également acceptée, et une première procédure sur une personne incapable de donner son consentement éclairé a été déclarée conforme à la loi l'an dernier.

La nouveauté belge consiste à vouloir franchir les étapes du voisin néerlandais mais d'y ajouter des personnes dont l'intelligence-même est affectée, et qui n'ont donc pas du tout la capacité de juger en pleine liberté et connaissance de cause. Contredisant directement la formulation actuelle de la loi belge qui exige cette capacité pour agréer une demande d'euthanasie.

Ce sera difficile, bien plus difficile que pour les mineurs et les déments, reconnaît Jacinta De Roeck. Et c'est bien pour cela que de façon consciente et organisée, elle a mis le sujet sur la table dès maintenant. « Les hommes politiques doivent être prêts à y penser, à aller écouter ce qui se dit dans les institutions, parler avec les intéressés eux-mêmes. Nous devons être prêts », a-t-elle déclaré.

On lui a bien sûr opposé l'exemple de l'époque nazie. Et elle avoue que l'affaire est délicate. « A cette époque-là on utilisait aussi le mot “euthanasie”, mais les gens qu'on tuait à cette époque-là n'étaient pas demandeurs. C'est une grande différence. »

Au XXIe siècle, on saura bien les persuader qu'ils ont envie de mourir !



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19 avril, 2012

Obliger les parents à utiliser le diagnostic pré-implantatoire ?

C'est l'idée avancée par deux bioéthiciennes américaines qui verraient bien les parents qui choisissent la fécondation in vitro contraints par la loi de recourir au « DPI » pour assurer le bien-être de leur progéniture, augmenter son autonomie et réduire les inégalités.

Janet Malek de la East Carolina University et Judith F. Daar, de la Whittier Law School de Californie en font une obligation morale qui pourrait se traduire en une obligation légale, en tout cas lorsque des parents qui se savent porteurs d'une maladie génétique rare et transmissible décident « de manière indépendante d'avoir recours à la fécondation in vitro ». A défaut de le faire, ils devraient encourir une responsabilité légale s'ils n'ont pas recours au DPI « en vue d'éviter de donner le jour à un enfant souffrant de sérieux dommages du fait de l'affection héréditaire », assurent les deux bioéthiciennes.

A partir du moment où la fécondation hors utero et le DPI sont possibles, et les destructions embryonnaires qui vont avec, on ne voit pas trop, en effet, comment empêcher de tels raisonnements. Celui-ci a été considéré assez logique, assez solide, pour être publié par l'American Journal of Bioethics, revue scientifique tout ce qu'il y a de plus convenable et sérieuse, à défaut d'avoir une idée très précise des exigences du respect de la personne humaine.

Comme l'observe Michael Cook sur BioEdge, cette réflexion pour l'heure hypothétique n'est pas sans lien avec celle, récente, des deux bioéthiciens italiano-australiens qui plaidaient pour l'avortement post-naissance, au motif – exact – qu'il n'y a pas de différence de nature entre l'enfant juste avant sa naissance et juste après. Les deux bioéthiciens, Francesca Minerva et Alberto Giubilini ont reçu des centaines de messages de menaces et leur point de vue a même été répercuté par la presse institutionnelle (j'en avais parlé ici dès le 25 février) qui a poussé des hauts cris. Pourtant ils avaient raison. Ils mettaient le doigt, volontairement ou non, sur l'absurdité de la loi qui fait dépendre le droit de respecter la vie d'un critère sans objectivité aucune, la naissance. Je crois que c'est cela qui ne leur a pas été pardonné.

Plus subtil et apparemment plus acceptable – un embryon dans une éprouvette, ça « parle » moins à la sensibilité qu'un enfant qui vient de naître –, l'argument de Malek et Daar s'appuie sur de semblables fondements utilitaristes. Michael Cook cite Julian Savulescu, Guy Kahane et John Harris, bioéthiciens travaillant au Royaume-Uni, qui ont développé l'idée de la « bénéficience procréatrive » par laquelle on impose aux parents le devoir de s'assurer que leur bébé vienne au monde avec les meilleures qualités possibles. Toujours au nom d'une amélioration de la santé, de l'intelligence, de la force des bébés (on ne dit surtout pas : « de la race 7 !) comme de l'équité et de l'autonomie…

A terme, si l'idée de Malek et Daar finissait par s'imposer dans les textes, on peut prévoir que les gouvernements inscriront au cahier des charges de l'assurance-maladie le remboursement du DPI pour assurer aux utilisateurs de la FIV la possibilité d'éviter d'avoir des bébés défectueux – qui pèseraient sur les ressources de la l'assurance-maladie. C'est en tout cas ce que les deux auteurs avancent, mettant l'accent sur les économies que permettraient le dépistage préalable.

Allant plus loin, on se demande pourquoi les lois et les systèmes d'assurance-maladie n'imposeraient pas carrément la fécondation in vitro (FIV) aux parents risquant de transmettre un défaut génétique.

Dans le numéro de l'American Journal of Bioethics, l'article de Malek et Daar a suscité des critiques de la part de leurs pairs : d'aucuns pensaient qu'elles étaient allées trop loin, laissant entrevoir une « police de la reproduction ». Mais d'autres les ont jugées trop timides : ainsi Rosalind Ladd, de Wheaton College et Edwin Forman, de Mt. Sinai Medical School, font le pas pour réclamer l'obligation d'avoir recours à la FIV.

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18 avril, 2012

Nouveau code civil argentin : “perspective de genre” ?

Le nouveau Code civil argentin, actuellement à l'état d'avant-projet, révèle des tendances idéologiques très… tendance justement, puisque l'idéologie du genre est promue en Amérique du Sud comme dans les pays riches de l'hémisphère Nord. Le projet veut éliminer l'exigence de donner aux enfants des noms qui ne soient pas équivoques quant au sexe de la personne à laquelle ils sont imposés. La loi en vigueur interdit également les noms « extravagants, ridicules, contraires à nos coutumes, qui expriment des tendances politiques ou idéologiques ».

Le projet en discussion en Argentine fait disparaître le concept de nom de baptême – il devient « prénom » – et interdit uniquement de donner en premier prénom celui déjà porté par un frère ou une sœur vivants, ainsi que les « prénoms extravagants ».

La presse argentine, spécialisée en droit comparé notamment, a dénoncé cette possibilité qui s'annonce de donner des prénoms qui ne coïncident pas avec le sexe de l'enfant ou laissent planer le doute.

Il faut préciser que la langue espagnole ne connaît pas, comme le français, les prénoms indifférenciés comme Dominique, Claude, Camille…

Pour le Centro de Bioética, Persona y Familia, la « réforme n'est pas innocente et semble s'inscrire dans la tendance à faire de la perspective de genre le critère ultime d'évaluation de la personne humaine, qui perd la richesse de la différence entre homme et femme et se dilue dans une forme de vie où la sexualité est pure construction de la culture ». Le communiqué poursuit : « Il est très grave que l'on autorise des actions sur les enfants permettant de manipuler leur identité en fonction du désir des adultes. »



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17 avril, 2012

Espagne : Poursuites du lobby gay contre un évêque espagnol qui a « mal parlé » de l'homosexualité

Ce mardi, deux associations d'homosexuels espagnoles entendent porter plainte conjointement contre l'évêque d'Alcala de Henares, Juan Antonion Reig Pla, après les propos qu'il a tenus lors de son homélie du Vendredi Saint sur le comportement homosexuel. Ces propos ont reçu un très large écho puisque l'office était retransmis par « La 2 », deuxième chaîne de la télévision nationale espagnole TVE. Elles cherchent à le faire condamner pénalement au titre du délit de provocation à la discrimination et à la haine visé à l'article 510 du code pénal espagnol. Il parlait, comme cela lui est coutumier, sans notes. La presse locale rapporte ces propos :

« Je voudrais dire un mot à ces gens emportés par tant d'idéologies qui finissent par ne pas bien mettre en perspective (« orientar » en espagnol) ce qu'est la sexualité humaine. Ils pensent depuis qu'ils sont enfants qu'ils sont attirés par des personnes de leur sexe, et parfois, pour le vérifier, ils se corrompent et se prostituent, ou fréquentent des clubs d'hommes nocturnes. Je vous assure qu'ils rencontrent l'enfer. »
La Federacion Estatal de Lesbianas, Gays, Transexuales y Bisexuales (FELGTB) et le Colectivo de Lesbianas, Gays, Transexuales y Bisexuales de Madrid (COGAM), les deux groupes gays les plus subventionnés par les gouvernements espagnols selon HazteOir, l'accusent d'homophobie.

Voilà pourtant des propos qui se situent sur un plan très précis et visant des situations qui en tout état de cause sont porteuses de souffrances, outre qu'elles sont radicalement opposées à l'enseignement moral de l'Eglise : prostitution et promiscuité. Et ils s'inscrivent dans une méditation plus large sur le péché que Mgr Reig Pla avait entamée depuis la veille, lors de la messe du Jeudi Saint, où il disait l'insatisfaction au fond du cœur humain notamment à cause du péché, commis au nom d'une fausse liberté qui est esclavage :
« Nous sommes enchaînés par notre vice… La vérité du Jeudi Saint, c'est que Dieu est venu s'agenouiller à nos pieds… pour nous laver, pour nous purifier de nos péchés… nous donner un cœur capable de vivre avec la souffrance… par le mystère de la grâce… » Mgr Reig Pla y voit l'exac inverse des mythes de Prométhée et de Sisyphe où c'est l'homme qui prétend remonter seul jusqu'à Dieu.

C'est donc bien sur des affirmations relatives à a doctrine de l'Eglise et à son enseignement moral que les associations gays entendent faire punir pénalement l'évêque en saisissant le procureur (la « Fiscalia Provincial ») de Madrid, et ce bien qu'il ait parlé au cours de son homélie de bien d'autres péchés, comme l'avortement ou l'adultère.

Mercredi dernier, la FELGTB avait déjà saisi le Conseil d'administration de la télévision espagnole RTVE, ainsi que la « défenseure » des usagers de la RTVE. Et comme si cela ne suffisait pas elle avait encore saisi d'une plainte la « défenseure » du Peuple (une sorte de Médiateur national) pour déterminer si l'entreprise publique RTVE n'a pas commis une faute en diffusant les paroles de l'évêque afin de prendre toute mesure pour éviter que de tels actes ne se répètent pas, et pour que l'entité publique retire le programme contenant les propos de son site internet, rapporte InfoCatolica.

HazteOir rend compte d'une deuxième plainte visant les explications données sur son homélie par Mgr Reig Pla ce lundi matin à Religion en Libertad, ou il affirme entre autres que le changement est possible pour les personnes homosexuelles et que la foi peut constituer le meilleur chemin pour y parvenir :
« Selon la foi chrétienne, la rédemption, le salut ne sont pas simplement des données de fait. Le salut nous est offert dans le sens où nous a été donnée l'espérance, une espérance fiable, grâce à laquelle nous pouvons affronter notre présent. »
Sur ces propos, c'est la Confederacion Española de Asociaciones de lesbianas, gays, bisexuales et transexuales (COLEGAS) qui saisit le procureur de l'Etat (« Fiscalia general del Estado ») et la « défenseure » du Peuple.

Dans cette interview, Mgr Reig Pla vise clairement « l'idéologie du genre » et ses mutations ultérieures comme la « théorie queer » qui cherchent à « déconstruire l'anthropologie humaine proposée par la nature de la personne, et la pensée qui est en cohérence avec cela ». « Tout le reste serait justifié par le principe de la non discrimination et de la tolérance », ajoute-t-il. Il précise que l'idéologie du genre est déjà obsolète, puisqu'elle est remplacée par d'autres théories plus radicales encore, qui forment un « programme de déconstruction calculé et promu dans tous les domaines ». Citant « quelques puissants lobbies qui déterminent ce qui est politiquement correct, et, par voie de conséquence, socialement acceptable ».

Il invoque son expérience de prêtre et de confesseur pour constater que ceux qui se laissent prendre en remettant en question leur identité sexuelle vont au devant de beaucoup de souffrances et de destruction : « pour le dire de manière familière, c'est l'enfer au sein de leur vie ».

L'évêque tient bon, donc, assurant qu'il n'a fait que rappeler le magistère de l'Eglise, en distinguant entre l'inclination homosexuelle et les actes homosexuels, ces derniers étant « intrinsèquement désordonnés ».

On voit que les associations gays sont particulièrement agressifs lorsqu'il est question de proposer d'aider l'homosexuel à retrouver sa liberté par rapport au passage à l'acte, possibilité que Mgr Reig Pla évoque longuement dans son interview. C'est cela qu'on ne lui pardonne pas.

A suivre.

Cette affaire a déjà été évoquée sur le web francophone par benoit-et-moi.fr, ici.

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14 avril, 2012

Brésil : l’avortement eugénique imposé par voie judiciaire


 Le Tribunal suprême fédéral du Brésil a affirmé, jeudi, par 8 voix contre 2 et une abstention, le droit des femmes enceintes de choisir d’avorter si l’enfant qu’elles portent est anencéphale, c’est-à-dire privé de tout ou partie du cerveau. Ainsi, par voie judiciaire, est augmenté le nombre d’« exceptions » où l’avortement est dépénalisé (actuellement, les cas de viol ou de danger pour la vie de la mère en cas de poursuite de la grossesse).

L’anencéphalie interdit quasiment tout espoir de survie en dehors du sein maternel, d’où cette affirmation d’un des « ministres » de la Cour suprême, Marco Aurelio Mello, expliquant que « l’interruption de grossesse » ne porte pas atteinte aux droits fondamentaux : « L’avortement est un crime contre la vie et dans le cas de l’anencéphale il n’y a pas de vie possible. »

Double erreur. Dans le sein maternel, la vie est là, et la naissance ne change rien à la nature de l’être humain. Et d’autre part, le Brésil connaît bien le cas d’une fillette, Marcela de Jesus Ferreira, née anencéphale, qui a vécu 1 an et 8 mois. Sa mère a témoigné de la valeur et de la beauté de sa courte existence.

La tentative de faire légaliser l’avortement des anencéphales – c’est la politique des petits pas pour arriver à une dépénalisation de plus en plus large – avait échoué devant le Congrès national ; aux termes de sondages récents, pas moins de 80 % des Brésiliens y sont opposés.

Il ne restait plus au lobby de l’avortement qu’à adopter la voie judiciaire, laissant à une poignée de juges le pouvoir d’introduire l’avortement eugénique dans un pays qui n’en voulait pas. Il faut savoir que les 11 juges de la Cour suprême sont nommés directement par le président de la République du Brésil.

Dès le lendemain de la décision de la Cour suprême, le ministère brésilien a annoncé qu’il va augmenter le nombre d’hôpitaux publics habilités à pratiquer des avortements dépénalisés : actuellement il y en a 65, le ministre Alexandre Padilha a déjà prévu d’en autoriser 30 de plus pour répondre à la nouvelle situation.

Le même jour, le Conseil fédéral de la médecine a annoncé la création d’une commission pour établir de nouveaux critères de diagnostic de l’anencéphalie, dont les conclusions devront être rendues dan un délai de 60 jours.

Dans un communiqué, l’épiscopat brésilien a dénoncé la décision du Tribunal suprême, l’accusant d’usurper le pouvoir législatif du Congrès national. La Conférence épiscopale a estimé que du coup les fœtus atteints d’anencéphalie sont « abusivement diagnostiqués comme en état de mort cérébrale », leur avortement est « l’élimination d’un être humain fragile et sans défense », précise le communiqué : « L’éthique interdit l’élimination d’un être humain innocent, sans exceptions. »

Les évêques ajoutent que l’attente d’un enfant anencéphale « est un drame pour la famille, et spécialement pour la mère » ; mais « considérer l’avortement comme la meilleure option pour la femme, outre que cela nie le droit inviolable de l’enfant à naître, ignore au bout du compte les conséquences psychologiques négatives pour la mère. »


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13 avril, 2012

Et maintenant, Rocco Buttiglione défend le cardinal Schönborn

Rocco Buttiglione
Chercherait-il à se faire pardonner d'avoir déclaré que les homosexuels faisaient comme de « l'évasion fiscale » en profitant des retraites payées par les enfants des familles nombreuses sans contribuer eux-mêmes au renouvellement des générations ? Est-ce par sincérité ou pour une autre raison ? Toujours est-il que Rocco Buttiglione, catholique et démocrate chrétien dont la Commission européenne n'avait voulu à aucun prix en raison de ses prises de position trop traditionnelles sur la famille et l'avortement, vient de justifier le cardinal Schönborn. L'archevêque de Vienne a soutenu la présence au conseil paroissial du village autrichien de Stützenhofen de Florian Stangl, 26 ans, homosexuel déclaré vivant en union civile avec son concubin, contre la volonté du curé.

Buttiglione, membre de l'Académie pontificale des sciences sociales, s'est exprimé le 6 avril dans le quotidien italien Il Foglio, félicitant le cardinal d'avoir évité une attitude « fermée ou hostile à l'égard des homosexuels ».
« Si le cardinal disait que l'homosexualité n'est pas un grave désordre moral, il aurait tort. Mais ce n'est pas ce qu'il dit. Selon la doctrine catholique, l'homosexualité est un grave désordre moral… Je ne crois pas que le cardinal Schönborn nie cette vérité. Il dit simplement que l'homosexuel est un fidèle pécheur, quelqu'un qui se bat pour la foi et qui a besoin de soutien, dans le dialogue amical et discret, en vue de ce combat. Il ne peut accéder aux sacrements, mais il a besoin d'être invité à participer aux activités religieuses et à la vie de la paroisse. »
Voilà qui est plein de bons sentiments, mais décidément sans consistance sur le plan du raisonnement. Ce n'est pas parce que les personnes homosexuelles ont besoin d'aide, de bienveillance et d'amitié pour répondre à ce Dieu veut pour elles, en vue d'un bonheur éternel auquel elles ne sont pas moins appelées que les autres, que pour autant elles sont indiquées pour participer aux instances qui déterminent la marche d'une paroisse catholique.

C'est une manière d'éliminer purement et simplement le concept de « scandale public » qui établit une distinction entre les pauvres pécheurs que nous sommes tous, et ceux qui outrepassent aux exigences de la loi naturelle en exhibant leur choix. Et même, aujourd'hui, en imposant une institutionnalisation de leur style de vie, avec des droits et des avantages qui aboutissent à le faire passer pour normal.

Mais on sait bien qu'aujourd'hui les « méchants » sont ceux que l'on peut taxer d'exclusion et de discrimination…


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12 avril, 2012

Le curé de Stützenhofen s'en va… victoire pour l'homo du cardinal

L'église de Stützenhofen
Le père Gerhard Swierzek, ci-devant curé de Stützenhofen, a démissionné de son poste après avoir été désavoué par le cardinal Schönborn dans l'affaire de l'homosexuel qui voulait siéger au conseil paroissial, dont il a confirmé l'élection. Dans un premier temps, au vu du droit, le cardinal avait pourtant donné raison au prêtre… Victoire pour les gays, « l'homophobe » s'en va, la presse autrichienne jubile. Et spécialement les milieux gays catholiques. Quant aux milieux des curés progressistes autrichiens – dont on sait qu'ils ont été vivement pris à partie par Benoît XVI dans son homélie de la messe chrismale – ils ont vu dans le soutien apporté par le cardinal de Vienne à Florian Stangl la preuve d'une heureuse évolution de l'Eglise qui est en Autriche.

Le « dialogue » et l'« écoute » dont a bénéficié l'heureux élu au conseil paroissial de Stützenhofen de la part du cardinal ont eu en l'occurrence leurs limites. Le P. Swierzek constate avec « tristesse » que Florian Stangl, 26 ans, travailleur auprès de l'enfance handicapée dans le cadre de Caritas, a été reçu à déjeuner par le cardinal Schönborn avec son concubin. Swierzek avait réclamé une « rencontre », rien de plus, avec le cardinal. Celui-ci n'a pas accepté de le voir, ni de l'écouter.

L'abbé a affirmé à la radio qu'il a « une conscience sacerdotale » : « Je respecte la loi divine et la loi de l'Eglise », a-t-il répété, expliquant qu'il ne se voyait pas rester dans une paroisse où les paroissiens « réclament leur droit à n'importe quel prix ». « Vivre dans le péché n'est pas considéré comme la norme dans une communauté de l'Eglise catholique. C'est bien davantage le rôle du prêtre d'amener le pécheur à la repentance », a-t-il souligné, rapporte Hilary White pour LifeSite.

Le P. Swierzek a demandé à recevoir un ministère ailleurs en Autriche, tandis que le village de Stützenhofen ne devrait pas retrouver dans l'immédiat un curé résident, mais plutôt être desservi par un prêtre d'une paroisse voisine.

Le groupe catholique pro-LGBT New Ways Ministry, rapporte Hilary White, est absolument ravi. Créé par un prêtre et une religieuse qui ont été clairement désavoués par la hiérarchie catholique (le cardinal Ratzinger l'avait banni en 1999 alors qu'il était à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi), le groupe a déclaré que la décision prise par le cardinal renforce leur position sur le droit des LGBT de choisir leur style de vie et de ne souffrir aucun « traitement différent » pour autant.

« En prenant du temps pour la rencontre et pour écouter le vécu d'un homme gay, le cardinal est un modèle pour tous les leaders de l'Eglise. La rencontre personnelle est la manière du Christ et devrait être celle des leaders catholiques. C'est la meilleure façon de casser les stéréotypes et les préjugés qui peuvent exister dans votre esprit », a déclaré le P. DeBerardo, fondateur de New Ways.

Sur son blog de La Croix, Isabelle de Gaulmyn croit savoir que c'est en ces termes que le cardinal Schönborn a rendu compte de sa rencontre avec Stangl et son « ami » :

« D’abord, j’ai compris, en discutant avec lui, pourquoi la communauté lui a donné de nombreuses voix, car il est vraiment extrêmement impressionnant de par sa foi, a déclaré le cardinal. Secundo, je sais que sa manière d’être est problématique au regard des règles, mais je m’en porte garant. Je pense que ce jeune homme est à la bonne place, et je prends sur moi de couvrir l’affaire. »
Couvrir ? On peut dire qu'elle a explosé. Faisant voler en éclats le droit de l'Eglise d'exiger un minimum de cohérence par rapport à son enseignement, justifiant, que le cardinal le veuille ou non, tous les arrangements légaux ou non permettant de se soustraire au bien voulu par Dieu pour l'homme.



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Insémination artificielle : un père, 300 enfants… ou plus ?

Barry Stevens avec son père, Bertold Wiesner
Bertold Wiesner, scientifique, 600 enfants… L'affaire date des années 1940. A Londres, un biologiste crée une « clinique de fertilité » avant la lettre : la fécondation in vitro n'existe pas encore – on n'a pas accès aux ovules – mais l'insémination artificielle si. C'est une technique utilisée depuis longtemps dans le domaine vétérinaire. En ce début de siècle eugéniste – et pas seulement en Allemagne nazie – on l'applique aussi aux humains.

Bertold Wiesner est aussi un bienfaiteur. C'est aux hommes inféconds qu'il vient en aide. De préférence de milieu aisé, voire très aisé : il aura des pairs du royaume parmi sa clientèle. Il leur promet une descendance provenant de « souches intelligentes », ce qui aide à faire passer la note, particulièrement salée. Et qui mieux que lui répond aux critères ? Sur les 1.500 « obtentions » de la clinique, on estime que quelque 300 à 600 bébés ont été conçus avec son sperme personnel. Les autres donneurs étaient de bons amis de Wiesner et de sa femme Mary Bartons, avec qui il avait lancé sa petite affaire.

La scandale du multi-donneur – environ 20 dons de sperme par an, selon l'un de ses fils biologiques – a éclaté dans la presse britannique il y a quelques jours : le Daily Mail publie plusieurs photos d'hommes nés entre 1940 et 1965 qui ont découvert leurs liens de sang. Mais qui et combien exactement . Cela reste incertain, puisque Mary Bartons devait par la suite détruire tous les dossiers médicaux des opérations menées dans la clinique. La plupart des enfants qui y ont été conçus n'ont aucune idée de leurs antécédents génétiques, pas plus que leurs enfants à eux.

Ce sont deux hommes qui se sont découverts tous les deux fils de Bertold Wiesner qui ont entamé des recherches aboutissant à la conclusion que, bon an mal an, jusqu'aux deux tiers des dons de sperme ayant servi aux inséminations artificielles réalisées dans la clinique avaient été faits par son fondateur. Et à partir d'extrapolations, les deux hommes, le Canadien Barry Stevens et le Londonien David Gollancz, arrivent au chiffre de 300 à 600 conceptions réussies à partir de là.

Pourquoi Wiesner a-t-il tant donné de sa personne ? Il semble que ce soit pour pallier le manque de donneurs. En attendant sa descendance doit atteindre des proportions impressionnantes. Peut-être pas assez pour représenter un véritable risque d'unions consanguines, mais sait-on jamais ?

C'est David Gollancz qui a déclenché le processus de recherche de quelques-uns des enfants de Wiesner : ayant appris en 1965 qu'il avait été conçu au moyen d'une donation de sperme, il a fallu qu'il attende de longues années pour avoir accès en 2008 à des tests ADN qui lui ont permis finalement de rencontrer 11 de ses demi-sœurs et demi-frères : les 6 autres testées au même moment étaient d'autres pères.. Parmi eus, Barry Stevens, réalisateur de documentaires, qui a pu conduire les recherches sur l'histoire de la clinique elle-même.

Gollancz explique désormais qu'à côté de son dépit d'avoir été élevé comme du cheptel, et du problème que représente le fait de ne connaître ni sa propre histoire, ni sa propre famille, il a eu l'« expérience enrichissante » de rencontrer ces enfants d'un même père. Il rêverait même de les réunir enfin tous, dans une grande fête familiale champêtre. En attendant, il milite pour l'inscription du nom des donneurs de gamètes à l'état civil.

En 1945, alors que les Wiesner publiaient des articles pour décrire leur travail, un Lord les dénonçait à la Chambre comme faisant « le travail de Béelzebub », et l'archevêque de Cantorbéry d'alors, Geoffrey Fisher, avait demandé que leur clinique soit fermée.

Des ennemis de la science, assurément.

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11 avril, 2012

Euthanasie : aux Pays-Bas, mesures devant l'inflation…

Edith Schippers, ministre de la Santé
L'inflation de l'euthanasie, bien sûr. Alors que les médecins de famille se plaignent depuis plusieurs mois de l'allongement des délais pour obtenir l'approbation des euthanasies qu'ils ont signalées, et donc de tensions liées à l'incertitude quant à leur situation pénale, le ministre néerlandais de la Santé du peuple, du Bien-être et du Sport vient d'annoncer l'embauche d'experts supplémentaires pour les commissions d'évaluation régionales de l'euthanasie, ainsi que des modifications dans leur mode de fonctionnement.

Ces commissions (RTE) sont chargées de prendre connaissance de chaque cas d'euthanasie que le médecin est tenu de leur communiquer a posteriori, et de juger s'il tombe ou non sous le coup de la loi pénale, ou si au contraire les critères de minutie, condition de la dépénalisation, ont été respectés. Il va sans dire que dans l'immense majorité des cas, les euthanasies dont les RTE reçoit le signalement sont jugées conformes.

Au départ, la moyenne des euthanasies annuelles tournait autour des 2.000 – c'était au début de la légalisation en 2001. Resté à peu près stable jusqu'en 2007, leur nombre a ensuite progressé d'environ 11 % par an. Nouveau bond en 2010 : avec 18 % d'euthanasies de plus que l'année précédente, on atteignait 3.136 et la tendance s'est confirmée en 2011, ainsi que sur les premiers mois de 2012, rendant inopérantes les réorganisations des RTE en 2009. On ne tient plus les délais des 6 semaines réglementaires pour répondre aux médecins, ni même, dans certains cas, le deuxième délai de 6 semaines conçu à l'origine pour répondre aux besoins d'informations supplémentaires.

Le côté technique des solutions proposées par Edith Schippers n'offre que peu d'intérêt ; il est censé faire disparaître les retards d'ici à la mi-2013 et consiste essentiellement en la mise en place d'équipes de remplacement pour chacune des 5 RTE qui mobilisent actuellement 30 experts, soit l'embauche de cinq équipes comprenant un juriste, un médecin et un « ethicus » – comme disent les Néerlandais : on hésite à traduire par « moraliste ». 6 secrétaires et personnels de soutien compléteront le tableau. Et désormais les cas « simples » pourront être traités de manière informatique, ce qui permettra de réserver les réunions et les discussions aux cas litigieux : encore un gain de temps. L'objectif visé est de permettre le traitement dans les délais de 5.000 cas par an, ce que Mme Schippers juge réaliste, sachant qu'elle se tient prête à réviser son plan si la « demande » s'avère plus forte.

Dans sa lettre à la Deuxième chambre des états-généraux, datée du 9 avril 2012, elle en dit un peu plus sur ces prévisions qui ne semblent nullement l'inquiéter. Elle se dit même « très satisfaite de ma manière dont la pratique de l'euthanasie est réglée aux Pays-Bas et de la grande implication des personnes et des instances qui s'en occupent ». Mieux, c'est « l'ouverture » croissante à propos du sujet de l'euthanasie qui réjouit Edith Schippers, les Pays-Bas étant une « société où l'on réussit de mieux en mieux à mener la conversation à propos d'une fin de vie qui approche de manière intègre et ouverte ». Ces conversations, à organiser avec les personnes vieillissantes, elle aimerait les voir plus facilement et plus fréquemment engagées, notamment grâce aux directives données aux médecins par leurs associations professionnelles…

En soi ce n'est pas un mal. La question est de savoir comment elles sont orientées…

Pour la ministre, il ne fait pas de doute que le nombre des euthanasies va nécessairement croître : les générations qui vieillissent aujourd'hui sont celles qui « ont eu l'habitude de prendre en main leur propre vie », et puis le nombre des personnes âgées augmente. Question « quantitative » à laquelle il faut ajouter celle, « qualitative », du glissement des motifs de demandes d'euthanasie, puisque selon Mme Schippers « la demande d'euthanasie ou de suicide assisté va augmenter entre autre dans le cadre de maladies psychiatriques ou de patients atteints de démence ». Cela ne s'accompagne d'aucune critique : la ministre souligne tout au plus que cela va entraîner la soumission de « cas plus compliqués » pour les RTE et pourrait donc alourdir leur tâche, tout comme la mise en place d'une clinique d'euthanasie (déjà évoquée sur ce blog).

Elle souligne également que la demande augmente à mesure que l'information à propos de l'euthanasie se fait mieux et que la communication soit satisfaisante entre médecin et patient, et va jusqu'à signaler que cela est dû entre autres aux brochures et sites internet de l'administration, de l'organisation professionnelle des médecins (KNMG) et du NVVE, l'association pour la fin de vie volontaire qui milite actuellement pour un élargissement de l'euthanasie. Plus loin elle se félicite du dialogue mené avec Uit vrije wil (« De plein gré »), une association qui milite pour le droit de mourir pour ceux qui sont simplement « fatigués de vivre » et âgés de plus de 70 ans.

Que toute cette information puisse consister à éviter la réalisation d'euthanasies en venant réellement au secours des malades qui souffrent n'est même pas mentionné dans la lettre de Mme Schippers.

Au contraire, elle veut améliorer l'information sur les « directives anticipées », et ne fait que souligner en passant que des conversations avec des associations chrétiennes, notamment, lui ont fait découvrir que l'information donnée par les pouvoirs publics « est sans doute un peu moins claire » à propos des soins palliatifs par exemple. Mme Schippers a promis « de déblayer tout cela » après quoi, « si nécessaire », elle prendra des mesures.

Pour ce qui est de voir les pouvoirs publics néerlandais s'inquiéter de voir l'accélération des euthanasies, on repassera.


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10 avril, 2012

Nouvelle « affaire » à l'Académie pontificale pour la vie


L'excellent site belgicatho ayant rendu compte de l'annulation du congrès sur les cellules souches qui devait se tenir à l'Académie pontificale pour la vie du 25 au 28 avril, je n'avais pas jugé utile de revenir sur ce sujet. Mais voilà qu'il rebondit.

Belgicatho soulignait le 30 mars dernier que la raison de l'annulation donnée par l'APV n'était peut-être pas la vraie : l'institution romaine invoquait « le faible nombre des inscriptions » et donc un motif économique.

Mais cette « 3e Conférence internationale sur la recherche responsable sur les cellules souches » suscitait également la controverse puisque plusieurs orateurs invités se sont précisément spécialisés dans la recherche sur les cellules souches embryonnaires.

Le Pr Alan Trouson, président de l'Institut californien pour la médecine regénérative (ICRM), a beaucoup contribué à faciliter la récolte d'ovules multiples en vue de la fécondation in vitro ou de la congélation, et c'est lui qui a mené les recherches sur l'obtention de cellules nerveuses à partir de cellules souches embryonnaires (obtenues à partir de la destruction d'embryons). Ce scientifique australien est aujourd'hui le président de l'ICRM, une entreprise chargée d'investir 3 milliards de dollars dans la recherche, en priorité sur les cellules souches embryonnaires (voir ici quelques-uns de ses financiers cités par Wikipedia – Bill Gates par exemple).

Le professeur George Daley, chercheur au Children's Hospital de Boston (mais il a bien d'autres titres), devait quant à lui être le principal orateur du congrès. C'est une sommité dans le domaine des cellules souches, mais il s'est également distingué en militant pour le financement public de la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Il a été salué en 2003 pour son travail de pionnier sur la reprogrammation de cellules souches embryonnaires en cellules de sperme aptes à fonctionner. C'est lui encore qui a obtenu une dizaine de lignées de cellules souches, à partir de la destruction d'embryons, sur les 152 qui ont été approuvées par Barack Obama en 2009 pour la recherche subventionnée aux Etats-Unis.

Un troisième promoteur de la recherche sur les cellules souches et du « transfert nucléaire de cellules somatiques » – un euphémisme pour désigner le clonage non reproductif – , John Wagner, devait également assurer une conférence. (Voir par exemple ici un article co-signé avec Meri Firpo, spécialiste de la recherche sur les cellules souches embryonnaires.)

Si la compétence professionnelle de ces chercheurs ne fait pas de doute, leur choix comme orateurs distingués au cours d'un congrès qui annonce vouloir promouvoir la recherche « responsable » est pour le moins paradoxale.

Aussi plusieurs membres de l'Académie pontificale pour la vie, comme Mercedes Arzu Wilson, membre fondateur, et Judie Brown, membre également, ont dit à LifeSite leur « soulagement » de voir le congrès annulé. Mme Wilson précisait que les conférenciers avaient été choisis sans consultation des membres de l'APV.

Mgr Ignacio Carrasco de Paula.
Il a remplacé Mgr Rino Fisichella
à la tête de l'APV.
Le nouveau président de l'APV, Mgr Ignacio Carrasco de Paulo, avait insisté auprès des orateurs pour qu'ils ne fassent pas l'apologie de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, selon un membre de l'APV qui a répondu à LifeSite sous le couvert de l'anonymat ; ce même interlocuteur ajoutait cependant que leur simple présence était de nature à semer la confusion dans l'esprit des fidèles et du public du fait de la place d'honneur qui était octroyée à des pionniers et des partisans de la recherche destructrice sur l'embryon.

La Catholic News Agency (CNA) vient de son côté de rendre compte de l'existence de deux lettres émanant de l'APV et qui apportent des éclairages divergents sur l'annulation du congrès.

L'une des lettres, envoyée ces derniers jours à un intervenant au programme, assure dans un anglais un peu approximatif que l'annulation a été faite pour des « raisons économiques » et non à cause du « lobbying » de « quelques activistes pro-vie » (sic) qui « ne jouissent d'aucun crédit » auprès de l'Académie pontificale. La lettre porte la signature du chancelier de l'APV, le P. Renzo Pegoraro, ainsi que celle de Mgr Jacques Suaudeau, « official des études » de l'APV, pour qui l'annulation était une « mauvaise nouvelle ».

Une autre lettre, datée elle aussi du 4 avril et envoyée à certains membres de l'APV, ne portait que la signature du P. Pegoraro, assure au contraire que le report sine die du congrès est partiellement dû aux « menaces venant de certaines personnes qui, à l'aide d'informations fausses et tendancieuses, ont réussi à soulever des interrogatives (sic) des doutes ou même des craintes dans des personnes d'influence dignes de respect ». La lettre évoque également le manque de financement.

CNA rapporte cela d'après les dires d'un membre de l'APV, resté anonyme, qui affirme avoir vu les deux lettres (une photographie partielle de la seconde est présente sur le site) pour qui l'explication purement économique est « un mensonge évident ».

Trois membres de l'APV qui se sont identifiés comme opposés à la tenue du Congrès avec des orateurs favorables à la recherche sur les cellules embryonnaires affirment n'avoir reçu ni la première, ni la seconde lettre.

L'un de ces membres a signalé à CNA que le choix de ces orateurs était évidemment contraire aux statuts de l'APV qui prévoit la collaboration avec des experts médicaux catholiques ou non, mais à la condition qu'ils reconnaissent « l'inviolabilité de la vie humaine depuis la conception jusqu'à la mort naturelle ». Il ajoutait que non seulement des personnalités pro-vie reconnues, qui ne sont pas membres de l'APV, ont fait part de leur opposition, mais aussi « un nombre significatif de membres de l'Académie pontificale pour la vie, y compris certains faisant partie de son conseil de gouvernement ».

Selon cette source les « objections » de certains membres par rapport à des « orateurs inappropriés ont été rejetées sans explications par le président », Mgr Carrasco de Paula. Il ajoutait qu'un courriel envoyé précédemment par l'un des organisateurs précisait que l'Académie avait reçu « des ordres émanant d'une autorité plus haute pour remplacer les orateurs inappropriés », mais qu'il avait été décidé que cela n'était pas « faisable » et qu'on avait donc choisi d'annuler.

Que l'Académie pontificale pour la vie dénonce les agissements d'« activistes pro-vie » est quand même étrange, ajoute cette source – j'ajouterai que cela est d'autant plus vrais que certains d'entre eux font manifestement partie de l'APV.

Et il faut souligner que cette nouvelle « affaire » autour de l'Académie voulue par Jean-Paul II pour défendre la vie fait suite à une autre : celle du congrès sur la fertilité, fin février, où nombre d'intervenants présentèrent la fécondation in vitro comme une solution acceptable pour certaines femmes souffrant d'infertilité (voir ici).

Cela fait beaucoup en trois mois.

Et c'est à rapprocher, me semble-t-il, avec l'attitude de Mgr d'Ornellas, évêque français plus particulièrement chargé de la bioéthique, qui refuse systématiquement de tenir un langage clair sur certains sujets qui font passer l'Eglise pour rétrograde : le refus de la fécondation in vitro par exemple. J'avais relevé ici ses « réponses » à mes questions sur la FIV lors d'une conférence de presse en avril 2010.

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09 avril, 2012

Pâques, la “mort cérébrale” et le don d'organes

Lorsque notre Sauveur rendit l'âme sur la Croix, ceux qui l'entouraient surent que le moment de sa mort était survenu, comme en atteste saint Jean, témoin oculaire. Mais les Romains, soucieux de vérifier que le condamné était vraiment mort, lui firent transpercer le côté par une lance, « et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau ». Saint Jean insiste sur l'événement : « Celui qui a vu rend témoignage, afin que vous croyiez, vous aussi. » Il ajoute, entre parenthèses, « Son témoignage est véridique et le Seigneur sait qu'il dit vrai », ce qui est une manière d'invoquer l'autorité divine, de jurer dans le sens plénier du mot.

Ce qui atteste irrévocablement de la mort de Jésus, c'est d'une part ce qu'ont vu les témoins, le sentiment que le corps n'est plus animé, et d'autre part le fait que son Cœur ne batte plus, constaté par le Centurion.

Voici ce qu'en dit sur le plan médical le site (protestant) info-bible :

« Jésus était bien mort lorsqu'il a reçu le coup de lance, car pour une mort par asphyxie il est médicalement connu qu'il y a une poche de liquide qui se forme autour des poumons et du coeur. »
avec cette note :
« D'après un expert en diagnostique médical, A. Metherell, cité dans : Strobel, L., Jésus : la parole est à la défense, ?, Vida, 2001, p226, le crucifié doit pousser sur ses pieds pour pouvoir expirer ; lorsqu'il n'a plus la force de le faire, il s'asphyxie et meurt par arrêt cardiaque ; le choc hypovolémique, consécutif à la flagellation, accélérait le rythme cardiaque, favorisant la crise cardiaque avec pour effet une accumulation de liquide dans la membrane péricardiaque (épanchement péricardiaque) et autour des poumons (épanchement pleural). Voir aussi : C.Truman Davis, "The crucifiction of Jesus", Arizona medicine, p185-186 ; Dr Bergsma, "Did Jesus die of a broken heart?", The Calvin Forum, march 1948, p165. »

Jésus-Christ n'a pas été déclaré en état de « mort cérébrale » pour pouvoir nous nourrir et sauver nos vies avec ses organes.

La preuve de sa mort, c'est que son Divin Cœur ne batte plus.

De même que pensant aux tout débuts de la vie, les chrétiens méditent avec admiration l'épisode de la Visitation, où le Christ à peine conçu – quelques jours au plus, puisque Marie « se rendit en hâte à la montagne » – fait tressaillir de joie le petit Jean-Baptiste de six mois son aîné, encore dans le sein de sa mère, nous ferions bien de méditer à la fin de la vie en pensant à cette Mort salvatrice qui réellement, nous a rendus capables de la vie éternelle.

Alors que la fausse mort du « don d'organes » donne seulement un supplément de vie terrestre…

Si nous transposions sa Passion à l'époque contemporaine, tirant toutes les conclusions du concept de « mort clinique » ou de « mort cérébrale », on aurait pu le mettre au tombeau dès que des médecins auraient jugé qu'Il était dans cet état. Son Cœur continuant de battre, bien sûr. Mais la Résurrection, personne n'y aurait cru. Tout comme les personnes qui reviennent à la vie après avoir été considérés comme en état de mort cérébrale – les exemples ne manquent pas – ne sont pas vues comme des ressuscités : on constate juste qu'en fait, ces personnes n'ont jamais été mortes.

J'essaie d'imaginer le tollé si dans un pays appliquant la peine de mort, on utilisait un procédé permettant de détruire le cerveau mais préservant les autres fonctions vitales : activité cardiaque, circulation sanguine, respiration assistée par ventilation, et ce en vue de prélever des organes… Non : pour constater la mort des condamnés, on attend la vraie mort. (Sauf peut-être en Chine, mais c'est une autre histoire).

Il en va de même pour les euthanasiés : pas question de les prononcer morts si leur cœur bat encore, s'ils donnent encore signe de vie.

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07 avril, 2012

Le cardinal Schönborn et l'homosexuel

Florian Stangl (source : ici.)
Florian Stangl a 26 ans. Il est non seulement homosexuel, ce qui pourrait rester de l'ordre de l'intime, mais il a conclu un partenariat civil avec un ami qui est son concubin officiel. Stangl est également catholique, très engagé auprès des enfants handicapés en tant que salarié de Caritas Autriche. Dans un pays où la contestation ecclésiale fait rage, Stangl a aussi un rêve : faire partie du conseil paroissial du petit village de Stützenhofen. Et apparemment, dans son village, nul n'y a trouvé à redire : lors de la dernière et toute récente élection paroissiale, il a recueilli 96 voix sur 142, plus que n'importe qui d'autre.

Le curé de la paroisse, considérant que les conseillers paroissiaux sont censés accepter l'enseignement et la discipline de l'Eglise – ils signent même généralement un engagement à cet effet, mais cela n'avait pas été fait par les candidats de Stützenhofen – a immédiatement opposé son veto. Une source affirme même qu'il avait prévenu Stangl la veille de l'élection que sa candidature n'était pas recevable dans la mesure où il vit publiquement d'une manière contraire aux valeurs évangéliques. Une autre source assure que le P. Gerhard Swierzek lui a également demandé de ne plus s'approcher de la communion. Le curé en a donc référé à son archevêque, le cardinal Schönborn qui, dans un premier temps, lui a donné raison. Contre la volonté de ses paroissiens qui ont pris fait et cause pour leur jeune élu.

Au vu de cette fronde le cardinal a décidé de recevoir Florian Stangl – avec son compagnon, s'il faut en croire le blog de Philippe Clanché, journaliste à Témoignage chrétien. Et il a décidé de confirmer son élection, « en pasteur plein d'humanité et de finesse » comme l'assure Clanché. Swierzek est désavoué. Les exigences de l'Eglise sont repoussées au second plan. L'important, c'est la fête !

Le 30 mars, le cardinal Schönborn a publié le communiqué suivant que j'estime intéressant de traduire in extenso.
Le cardinal Schönborn 
lors d'une messe « jeune »
Je remercie les nombreux candidats aux élections au conseil paroissial. Par leur candidature, ils ont fait montre de leur souci de l'Eglise et de la foi. Ils témoignent ainsi de la vitalité de l'Eglise. Dans leur diversité, ils reflètent la diversité des vies et des voyages de foi aujourd'hui. Ainsi il y a beaucoup de conseillers paroissiaux dont le style de vie n'est pas en tous points conforme aux idéaux de l'Eglise. Au vu du témoignage de vie donné par chacun et pris dans son ensemble, et leur engagement d'essayer de vivre une vie de foi, l'Eglise se réjouit de leurs efforts. Ce faisant, elle ne remet pas en cause la validité de ses idéaux. 
Dans la petite communauté de Stützehhofen, que je tiens en grande estime, il y a une vive participation à la vie de l'Eglise y compris parmi la jeune génération. Un signe en est l'importante participation aux élections au conseil paroissial. Les erreurs formelles qui ont été mis au jour lors de cette élection ne remettent pas en cause (où le plus jeune candidat, Florian Stangl, a reçu le plus de voix). 
J'ai pu avoir une conversation personnelle avec Herr Stangl, et j'ai été profondément impressionné par son attitude de foi, sa discrétion, et son engagement vécu par rapport au service. Je puis donc comprendre pourquoi les habitants de Stützenhofen ont voté d'une manière aussi décidée pour sa participation au conseil paroissial. 
Aujourd'hui lors du conseil de l'évêque (Bischofsrat) nous avons discuté le cas complexe de Stützenhofen, et  avons pris à l'unanimité les décisions suivantes : 
1. La direction du diocèse ne remet pas en cause la validité de l'élection, ni ses résultats. 
2. Le conseil de l'évêque ordonne une révision des règles applicables aux élections aux conseils paroissiaux en vue de clarifier les pré-requis pour la candidature dans le contexte d'une délibération qui se poursuit à propos de la nature et des buts des conseils paroissiaux.


Tout y est : la Novlangue, le relativisme, le jeunisme, la démagogie, l'adulation de la démocratie dans l'Eglise. Non ?

Florian Stangl, ce modèle de discrétion, a donné des interviews à la presse pour justifier sa position. Où il explique qu'à son avis, « poser l'exigence d'une vie chaste, c'est relativement éloigné de la réalité de la vie ; combien de personnes vivent vraiment chastement ».

Apparemment le cardinal l'a bien voulu entendre.

Et disparaît d'un coup la notion de scandale public. Celle-ci n'est pas une façon de mettre tel ou tel au pilori, mais elle vise à éviter que l'absence de réaction face à un comportement manifestement contraire aux exigences de la foi donne à d'autres l'impression que finalement cela n'est pas si grave, ou est même acceptable. Pousser autrui à mal agir en somme.

Disparaît en même temps la distinction entre les comportements inacceptables pour des tas de raisons – et certes nul n'est parfait – et ceux que la morale traditionnelle qualifie de « contre nature ».

Et se trouve par le fait relativisée l'oppositionde l'Eglise, au nom de la simple loi morale naturelle, à l'institutionnalisation des unions homosexuelles.

Florian Stangl, ce modèle de discrétion, a choisi très délibérément de rendre publique son union avec son ami Alexander. Au point qu'il a invité plus de la moitié de son village à la mairie pour fêter la signature de leur union civile. Et que, devant la déclaration de son curé qu'il ne devait pas recevoir la communion, il a crié à la « discrimination ».

Tiens, on l'attendait, celle-là.

Voilà belle lurette que j'entends d'autres cardinaux dire leur crainte de voir bientôt des catholiques martyrisés au nom de cette non-discrimination.



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06 avril, 2012

Le “vaccin” contraceptif double le risque du cancer du sein chez les jeunes femmes

Fred Hutchinson
Cancer Research Institute
Des chercheurs du Fred Hutchinson Cancer Research Institute de Seattle viennent de rendre publics les résultats d'une étude sur plus de 1.000 femmes jeunes, de 20 à 44 ans, ayant un cancer du sein. 10 % d'entre elles avaient eu recours à une injection contraceptive. L'étude a établi un lien entre le depo-medroxyprogesterone acetate (DMPA), principal ingrédient du Depo-Provera et le cancer du sein. Ce moyen contraceptif s'utilise selon divers dosages, généralement par injection tous les trois mois. Il contient de la progestine, une hormone utilisée dans un traitement de la ménopause lié lui aussi au cancer du sein.

L'étude montre un risque 2,2 fois plus grand d'avoir un cancer du sein chez les femmes ayant utilisé le DMPA pendant un an au moins, un risque que l'on n'a pas retrouvé chez celles ayant cessé de l'utiliser depuis plus d'un an ou qui l'avaient utilisé depuis moins d'un an.

Le cancer du sein demeure exceptionnel chez les femmes aussi jeunes mais le niveau d'augmentation du risque justifie une meilleure recherche sur les contraceptifs, d'autant que d'autres solutions existent, assure le Dr Christopher Li. Sans évoquer pour autant la moins chère, la plus morale et la plus sûre, sur le plan de la santé, de toutes : la régulation naturelle des naissances.

Les injections contraceptives font l'objet d'une promotion frénétique dans les pays du tiers-monde.

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Chili : rejet de l'avortement légal, y compris « thérapeutique »

Au terme de quatre sessions consécutives où pro et anti ont débattu jusque dans les moindres détails à propos de l'avortement, trois projets de l'opposition visant à légaliser l'avortement dans différentes situations ont été clairement rejetés par le Sénat chilien, une magnifique victoire pro-vie. Le président Sebastian Piñera avait mis tout son poids dans la balance, par ses déclarations et en publiant une lettre que j'avais intégralement traduite ici. A lire ou à relire absolument.

Les derniers débats et les votes ont eu lieu hier, Jeudi Saint. Les pro-avortement pensaient avoir des chances pour faire adopter le plus restrictif des trois textes : il était présenté par le président du Sénat, Camilo Escalona, et créait une catégorie assez vague d'« avortement thérapeutique » qui serait dépénalisé en cas d'accord de deux médecins. Le sénateur, signale Matthew Cullinan Hoffman sur LifeSite, cherchait à embrouiller son monde en assurant qu'il ne s'agirait que de la codification de protocoles médicaux existants appliqués en cas de danger pour la vie de la mère. Mais dans le même temps il attaquait la position du président Piñera qui avait souligné la différence entre l'avortement direct et le recours à des soins nécessaires pour préserver la vie mais susceptibles de causer, sans la rechercher, la mort du fœtus. Ces derniers étant seuls respectueux de la vie, et, bien sûr, acceptés dans le cadre juridique chilien.

Alberto Espina
Mais le projet a été rejeté par 18 voix contre 15. Le sénateur Alberto Espina a expliqué son vote pour la vie en rappelant que la Constitution chilienne protège les droits des enfants à naître, « un droit qui commence à à la conception ». « Quelles que soient les circonstances, les enfants à naître ne nous appartiennent pas ; ce sont des être humains avec des droits qu'il faut protéger. » Pour Hernan Larrain, « le fait d'interrompre la vie de celui qui va naître ne peut être thérapeutique ». « Pour nous, l'avortement est une sorte de sentence de mort ouverte », ajoutait un autre sénateur, Carlos Larrain.

Le deuxième texte visait plus précisément les cas où la vie de la mère est en danger ou de non viabilité du fœtus ; il a été rejeté par 19 voix contre 12.

Le troisième texte était d'application la plus large, reprenant les catégories précédentes et ajoutant les cas de grossesse résultant de viol. Il a été rejeté par 22 à 9.

Ces textes, ayant été rejetés en séance générale, ne pourront pas revenir devant le Parlement chilien avant un délai d'au moins un an.

Le pro-avortement n'ont pas abandonné pour autant, puisqu'un autre texte est actuellement en commission, qui tend à déclarer que tout acte posé en vue de sauver la vie de la mère ne peut être qualifié d'avortement… même si c'en est un.

Piñera : c'est ainsi que nous voulons le Chili

Bien sûr, les pro-avortement n'ont pas craint de donner dans l'hyperbole, tel le sénateur Eduardo Frei annonçant que « le véritable attentat contre la vie, au Chili, c'est celui qui frappe des milliers de femmes à qui l'on refuse la possibilité d'avorter alors que le fœtus présente une malformation incompatible avec la vie et qu'elles se voient exposées à mourir ». L'art de tout mélanger, et d'oublier une donnée essentielle : le Chili, qui interdit totalement l'avortement, a aussi le taux de mortalité maternelle le plus bas de l'Amérique latine, soit 1,65 pour 100.000 naissances vivantes (en France, il est de 9,6 pour 100.000 selon des chiffres officiels).

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Deux fillettes deviennent mère en Colombie : où sont les médias ?

En Colombie, une fillette de dix ans vient de donner le jour à une petite fille à 39 semaines de grossesse. La mère et l'enfant se portent, bien, selon l'expression consacrée, et c'est quasiment un miracle. L'une des plus jeunes mamans du monde n'avait consulté aucun médecin pendant que son ventre s'arrondissait et elle est arrivée à l'hôpital en situation d'urgence, saignant abondamment et criant de douleur lors des contractions qui avaient commencé. Il a été aussitôt décidé de pratiquer une césarienne qui a permis de sauver les deux vies. Le bébé était tout à fait viable.

La fillette, qui n'a pas vraiment idée de la maternité, a refusé d'allaiter l'enfant. Ses parents attendent qu'elle sorte de l'hôpital pour la ramener chez eux avec le bébé : chez eux, dans la petite ville de Manaure sur une péninsule colombienne où vit la tribu des wayuu, dont elle est membre.

Et voilà pourquoi cette affaire n'a pas fait les gros titres comme celle de la petite fille de Recife, pour qui des organisations féministes avaient réclamé et obtenu l'avortement au Brésil il y a quelques années. Dans la tribu des Wayuu, la maternité précoce fait partie de la « culture », et cette culture est protégée par un certain degré de souveraineté. Il est fort probable, compte tenu de l'état du droit colombien, qu'il n'y ait pas d'enquête ni de poursuites contre le père de l'enfant, sur l'identité duquel les membres de la tribu restent silencieux. La presse colombienne parle d'un jeune de 15 ans ou d'un homme de 30 ans. En tout cas de quelqu'un qui a manifestement abusé de la jeunesse et de l'innocence d'une fillette que ses parents n'ont pas protégée.

Peut-être parce que cela ne se fait pas chez les Wayuu…

Mais, fait caractéristique, on n'a pas entendu les organisations féministes réclamer l'avortement : au nom de la diversité ethnique peut-être ?

La Colombie reste un pays profondément pro-vie malgré des pressions, notamment de la Cour suprême, pour imposer l'avortement au moins dans les cas limites. Et incontestablement, celui-ci en était un, à la fois en raison de l'âge de la petite jeune fille et du manque de suivi qui a permis que sa situation se dégrade jusqu'à menacer sa vie. Mais elle s'en est tirée vivante, avec l'enfant. L'avortement n'était donc pas la seule solution envisageable.

Une affaire similaire s'est produite fin mars lorsqu'une autre fillette wayuu, âgée de 11 ans cette fois, a donné elle aussi le jour à un bébé, sans complications puisqu'elle a pu être suivie de près pendant sa grossesse. Elle apprend à allaiter sa petite fille.

L'Instituto Colombiano de Bienestar Familiar, organisme gouvernemental de soutien aux familles, est intervenue dans un premier temps pour aider la fillette enceinte, mais il se mobilise aussi maintenant parce que le père présumé de l'enfant, un jeune de 15 ans semble-t-il, qui avait été identifié par les proches de la jeune fille comme ayant eu des relations avec elle, a refusé de reconnaître le bébé et assure qu'il « n'est pas de lui ».

Vu la gravité que revêt la défaillance du père, l'ICBF entend rechercher une bonne solution pour l'enfant qui « a droit à un nom et à une famille », comme le précise la Constitution colombienne.

Les autorités se heurtent là encore aux coutumes wayuu : ce qui en Occident relève du viol, est tout à fait acceptable chez eux, du moment que le jeune homme paye une dot, une sorte de « droit » ancestral qui officialise la cohabitation du couple.

Que faire pour ces indigènes qui conservent leur droit propre ? Selon le gynécologue qui s'est occupé de la fillette, il s'agit d'abord d'arriver à trouver les jeunes filles qui ont besoin d'un traitement et d'un suivi : la fillette en question, il a fallu aller la chercher. Parlant peu de wayunaiki et pas du tout d'espagnol, la jeune maman était trop ignorante pour demander de l'aide elle-même. L'« éducation sexuelle » est-elle la solution portée aux tribus les plus reculées est-elle la solution, comme l'a dit ce gynécologue ? L'éducation tout court, plutôt. Les maternités aussi précoces ne sont pas un bien, mais alors les relations sexuelles précoces non plus.

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03 avril, 2012

UNESCO : le comité de bioéthique s'enrichit d'un partisan de la recherche sur l'embryon

A la grande satisfaction de l'université de Pennsylvanie, Jonathan Moreno, professeur d'éthique biomédicale de haut vol dans plusieurs facultés de U-Penn, vient d'être nommé au Comité international de bioéthique de l'UNESCO. Jonathan Moreno est un fervent partisan de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, car même s'il plaide pour le recours aux lignées de cellules souches embryonnaires existantes là où c'est possible, il estime indispensable à la recherche de se résoudre à la destruction d'embryons pour en obtenir de nouvelles si les circonstances l'exigent.

Le Comité international de bioéthique de l'UNESCO (IBC) se présente comme le seul forum global de réflexion sur la bioéthique. Composé de 36 « experts indépendants », il suit depuis 1993 les progrès des sciences de la vie et leurs applications, en vue d'assurer le respect de la dignité humaine et de la liberté et de  promouvoir les principes de la Déclaration de l'UNESCO sur la bioéthique dans l'ensemble des pays membres.

C'est donc au nom du respect de la dignité humaine que l'UNESCO nomme un partisan de la recherche destructrice sur l'embryon…

Dans une interview datant de juillet 2008, Jonathan Moreno s'en explique.

Il estime que même la recherche sur les cellules souches adultes, qui ne pose aucun problème moral, a besoin de celle sur les cellules embryonnaires « totipotentes » qui sont comme « l'étalon or » du comportement des cellules, et il met en avant des résultats moins satisfaisants, à l'aune de « certains travaux » récents, obtenus sur les cellules souches adultes prélevées sur des personnes plus âgées.

Mais l'embryon humain n'a-t-il pas une valeur intrinsèque ? Pas pour Moreno, qui rejette le manque de science du quidam qui réclame le respect de sa vie :

« Il est important de noter que toutes les religions abrahamiques ne sont pas unamimement d'accord pour affirmer que l'embryon ait quelque statut moral que ce soit. Les Juifs orthodoxes, les imams de la tradition islamique et beaucoup de confessions protestantes n'attribuent pas à l'embryon le statut moral d'une personne humaine déjà née. L'Eglise catholique romaine n'a pas traditionnellement revêtu l'embryon de la personnalité, et ce point de vue n'a commencé à changer qu'au milieu du XIXe siècle. (…) Je pense qu'il n'y a pas une division nette entre les pro-vie et les pro-choix sur cette question, ni qu'il y ait une division nette entre ceux qui donnent un important statut moral à l'embryon humain et ceux qui lui en donnent relativement peu. (…)
« Au moins dans ce pays, le consensus parmi ceux qui réfléchissent à ces choses, comme les théologiens et les philosophes, semble être que l'embryon humain a un statut moral plus important que le spermatozoïde ou l'ovule seul, mais que l'embryon n'a pas nécessairement des droits. Cela étant dit, je dirais que l'embryon qui a été créé intentionnellement doit être respecté. Cela signifie qu'avant de justifier la destruction de l'embryon en vue de la recherche médicale, il faut avancer un argument solide pour montrer que les lignées de cellules souches embryonnaires existantes ne conviennent pas pour la recherche envisagée, et démontrer l'importance de celle-ci : par exemple, qu'elle soit en relation avec une maladie grave. (…) 
« Si un enfant meurt d'une maladie qui aurait pu être évitée si nous avions pu faire des recherches sur elle en utilisant des embryons déjà voués à la destruction ou à la réfrigération de longue durée – comme les embryons utilisés dans les cliniques de fécondation in vitro – je ne vois pas en quoi la mort de cet enfant peut contribuer à la dignité humaine. »
En poussant un peu un tel argument, on justifierait tout aussi bien le prélèvement d'organes vitaux sur des personnes en état végétatif persistant pour donner plus de vie à un malade soignable par transplantation…

Pour Moreno, un concept particulièrement important de la tradition judéo-chrétienne dont il serait « difficile de dire », selon lui, « qu'elle n'informe pas en un sens les points de vues de tout le monde sur tout », est celui d'imposer une « obligation invincible » à chaque être humain de ne pas être cruel vis-à-vis de son semblable.

« La cruauté peut se manifester de toutes sortes de façons, y compris – à mon avis – en ne tirant pas profit des occasions que peut fournir la science médicale pour le bien de l'homme. » 
Et de plaider pour une recherche sur les cellules souches embryonnaires qui non seulement s'imposerait en quelque sorte moralement, mais qui soit coordonnée, aux Etats-Unis, au niveau fédéral.

Jonathan Moreno, entre autres rôles à son actif, a fait partie de l'équipe de transition de Barack Obama, et il a joué un rôle de conseiller à la Fondation Bill & Melinda Gates.

Comme ça, au moins, nous savons à quelle sauce l'UNESCO nous mange…



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02 avril, 2012

Deux vies sauvées : au Pérou, fin heureuse d'une grossesse à risque

Voilà une des plus jolies histoires qu'il m'ait été donnée de découvrir ces derniers temps. Elle se passe au Pérou. Une jeune femme, Lidia, 25 ans, s'est vu signifier son arrêt de mort alors qu'elle était à 5 mois de grossesse parce qu'elle avait un kyste de 15 kilos – ou plutôt des centaines de ksytes dans un énorme kyste – dans la cavité abdominable. La rupture de cette enveloppe menaçait sa vie à chaque instant. Quelle solution ? Avorter, puisque sa vie était menacée autant que celle de son bébé et que dans ces conditions l'intervention n'aurait pas été pénalisée. C'est ce que lui a dit son médecin. Puis le premier santé auquel elle s'est adressée. Et encore d'autres spécialistes. Mais avec son mari Fernando, elle a tenu bon. Frappant à porte après porte  jusqu'à trouver un médecin qui veuille bien tenter de sauver les deux vies, la sienne et celle de son enfant. Et les deux sont vivantes, et en excellente. Lidia et son bébé vont bien.

« Au moment où j'ai appris qu'il y avait un problème, on m'a condamnée. On m'a dit que je ne vivrais pas. Sauf si j'avortais. Mais le bébé avait déjà 5 mois ! Il avait forme humaine ! Le supprimer, ç'aurait été comme tuer une personne ! Je n'ai pas voulu. J'ai refusé », raconte-t-elle dans une poignante interview à la télévision eju.tv.

A l'échographie, on avait aussi mis la pression à son mari. Croquis à l'appui, le premier médecin lui affirme qu'il doit choisir entre deux solutions : ou bien perdre et sa femme et son enfant, ou bien accepter tout de suite l'avortement.

De retour à la maison, Lidia et Fernando sont effondrés. Ni l'un ni l'autre ne veut, ne peut accepter l'idée de « mettre fin à la grossesse », parce qu'ils savent bien que cela signifie mettre fin à la vie de l'enfant qu'ils attendaient avec tant d'impatience : « une année de concubinage et une année de mariage », explique Fernando. Alors ? Alors, « Dieu est grand », dit Fernando. Ils décident de faire confiance.

Ils finissent par s'adresser à un hôpital catholique, l'hôpital Jean XXIII de La Paz. Là, on promet de tout faire pour sauver la mère et l'enfant. Laisser la grossesse se poursuivre assez pour offrir à l'enfant les meilleures chances de survie et de santé, sans jamais négliger la protection de la survie et de la santé de sa maman. Les kystes sont d'origine parasitaire et ont dû s'installer alors que la petite Lidia avait 10 ans : on la place sous traitement anti-parasitaire pour qu'ils ne grossissent pas.

Pendant les semaines d'attente, tout l'hôpital se sera mis en alerte permanente pour la maman et son bébé. Les médecins, les urgentistes, les infirmières sont prêts à faire face aux pires éventualités. L'ambulance est parée et le protocole de soins défini. Rien n'est laissé au hasard. Trois semaines avant l'intervention chirurgicale que se prépare à réaliser le Dr Ariel Tapia, sous-directeur de l'hôpital, Lidia est hospitalisée pour être dans des conditions de repos absolu. Un moment de grâce où tout le personnel se prend d'affection pour cette courageuse petite femme au lumineux minois d'indienne. La grossesse atteint sans incident ses 36 semaines (un peu plus de huit mois de gestation), et voilà l'heure d'opérer.

Les médecins de « Jean XXIII » se sont préparés en équipe. Le premier à intervenir sera le gynécologue obstétricien José del Barco, chargé de réaliser la césarienne avec ses collaborateurs. Prête pour assurer la réanimation si nécessaire, l'équipe de néonatalogie conduite par le Dr Villafan s'occupera du tout-petit. Au Dr Tapia de conduire l'extraction délicate du monstrueux kyste sans rien abîmer, sans rien oublier. La réussite sera totale, au bout d'une intervention qui va durer trois heures. Nous sommes le jeudi 15 mars : naissance d'un bébé de 2,950 kilos en parfaite santé, que suivront 15 kilos d'une masse qui avait menacé sa vie et celle de sa maman. L'opération est tellement extraordinaire que la presse internationale en parlera, et vous trouverez même un résumé sibyllin de l'affaire en langue française (ici par exemple) d'après l'AFP.

Ceux qui ont le cœur bien accroché peuvent suivre les moments clef de l'intervention ici, comme s'ils y étaient…

Le présentateur vedette de Cadena A, John Arandia, a invité les médecins qui ont participé à l'intervention ainsi que le jeune couple et leur petit bébé, une semaine à peine après l'opération (l'interview a été diffusée le 23 mars). Le témoignage, vous l'imaginez, fait vibrer la corde sensible. Mais dans le bon sens : celui du bonheur d'une famille qui a refusé la fausse solution de la mort. « C'est Dieu qui a rendu cela possible », souligne sans fausse gêne John Arandia. Tapia ne le contredit pas, rappelant au contraire l'engagement de son hôpital pour la vie. Et Arandia termine sur les mots : « Rendons grâce au chef d'équipe de cette opération : Dieu. »



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