11 juin, 2012

L'homosexualité serait-elle plus violente ?

La maltraitance et les violences au sein des couples gays est une réalité occultée, affirme la « plateforme citoyenne » HazteOir. On commence à s'interroger sur le sujet en Espagne alors que l'application de la loi sur la violence de genre, adoptée sous Zapatero, est de plus en plus perçue comme porteuse d'injustice puisque les méfaits sur les femmes sont davantage pénalisés que ceux commis sur les hommes. Ainsi El Pais, dans un article illustré par le transport de la dépouille d'un homme tué par son ex-amant dans un club de gym en 2011, affirme que 32 hommes sont morts au cours de ces dernières sous les coups de leur « pareja » – le mot espagnol signifiant la personne avec qui l'on vit en couple sans préciser s'il s'agit d'un homme ou d'une femme. Mais le journal, observe HazteOir, ne précise pas si ces violences sont homosexuelles ou hétérosexuelles.

Il y a pourtant de quoi se poser la question au vu d'une étude menée en 2010 par Elaine Zahnd du Centre de politique de la santé d'UCLA (université de Californie Los Angeles) tendant à établir que les gays et lesbiennes sont deux fois plus exposés aux violences domestiques que les adultes « hétérosexuels ». 27,9 % des gays et lesbiennes ont subi une forme de violence domestique au cours de leur vie, affirme l'étude, et même 40,6 % des bisexuels ; seuls 16,7 % des « hétéros » affirment avoir souffert des incidents violents. L'étude ne fournit pas d'explication sur la cause des violences entre membres de la communauté LGBT.

Et les hommes espagnols battus dans tout ça ? El Pais – journal de gauche – finit enfin par avouer que les hommes sont victimes de discrimination à cet égard par rapport aux femmes, puisque l'agression d'un homme contre une femme encourt une peine plus lourde que celle d'une femme sur un homme, discrimination justifiée en 2008 par le Tribunal constitutionnel. Celui-ci avançait alors des « raisons statistiques et historiques ».

Résultat : lorsqu'un homme battu appelle la ligne de secours aux personnes maltraitées mise en place par les pouvoirs publics, on peut lui répondre : « Désolé. Ici nous ne nous occupons que des femmes. Faites le 010 et demandez les services sociaux. »


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Espagne : l'“éducation à la citoyenneté” nouvelle manière fait toujours de l'ingérance

Avec l'arrivée de l'équipe de Mariano Rajoy en Espagne quelque espoir existe de voir un démantèlement ou au moins un début de démantèlement des pires aberrations zapatériennes, comme l'ont réclamé dans la rue et par des actions en justice de très nombreux Espagnols. Mais la question se pose : quels seront le courage et la volonté des « conservateurs » au pouvoir ? Pour ce qui est de la très contestée « Education à la citoyenneté », qui a mobilisé des centaines de milliers de parents à travers le pays, une refonte a été proposée. Mais elle est insuffisante, signale l'association « Profesionales por la Etica » qui l'a étudiée à la loupe.



L'association vient de présenter son rapport, dont la rédaction a été confiée à Mariano Bailly-Baillère Torres-Pardo : pour lui, malgré les modifications, le programme imposé aux écoles « conserve intactes son intention et sa profestructure laissant l'administration du moment former la conscience morale des élèves et d'évaluer leur comportement » selon des « principes moraux » imposés par l'Etat ; une « morale d'Etat » appuyée sur des « principes controversés ». Et ce en contradiction flagrante avec le droit premier des parents d'éduquer leurs enfants. Le Partido Popular ne fait en réalité que reprendre à son compte un droit qui leur appartient en propre.

Ainsi, souligne le rapport de « Profesionales por la Etica », malgré d'opportunes coupures dans le contenu le plus idéologique du programme, le fait que ses objectifs et sa structure soient maintenus « rend possible la manipulation des consciences des élèves en portant atteinte aux droits et devoirs de leurs parents en tant que premiers et principaux responsables de leur formation religieuse et morale ».

« Les contenus obligatoires des programmes incluent des thèmes comme “la condition humaine”, “l'identité personnelle”, “l'éducation affectivo-émotionnelle” ou “la construction de la conscience morale” que le curriculum aborde depuis le point de vue du relativisme moral et où la vérité, le bien et le mal n'apparaissent même pas comme des possibilités. L'Education à la citoyenneté prétend en outre évaluer les attitudes des élèves, empiétant ainsi sur leur intimité et celle de leurs familles », affirme le communiqué de l'association.

C'est ainsi que le Partido Popular perpétue l'idée que c'est au gouvernement, à l'administration de définir ce qui est bien et ce qui est mal.

« Il ne s'agit pas de ce que l'actuel gouvernement minimise les contenus de ces programmes ou qu'il assure ne pas vouloir faire de l'endoctrinement à l'école ; il s'agit de ce que l'Education à la citoyenneté du PP laisse la porte ouverte aux administrations – présentes ou futures – et aux professeurs pour qu'ils continuent de faire de l'école un terrain de semailles idéologiques », poursuit le communiqué.


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09 juin, 2012

Etats-Unis : un photographe condamné pour ne pas avoir voulu couvrir une union homosexuelle

Une cour d'appel du Nouveau Mexique vient de juger qu'un photographe professionnel a violé les lois anti-discrimination de cet Etat américain en refusant de couvrir la cérémonie d'union d'un couple homosexuel. La cour a ainsi confirmé les décisions antérieures de la commission des droits de l'homme du Nouveau Mexique et d'un tribunal de district condamnant l'entreprise Elane Photography à près de 7.000 dollars de dommages pour le refus de prestation.

Les faits remontent à 2006. Vanessa Willock, l'une des deux futures « mariées », avait contacté le studio en annonçant qu'il s'agissait d'une union homosexuelle ; celui-ci avait refusé au motif qu'il ne couvrait que les mariages traditionnels. Sa partenaire avait par la suite appelé le studio sans préciser la nature homosexuelle de la cérémonie et avait obtenu des devis avant d'être recontactée par courriel.

Elane Photography a soutenu avoir refusé de fournir la prestation pour des motifs religieux. Sur un plan plus juridique, le studio ajoutait que le service qu'il proposait n'était pas à considérer comme une prestation publique au sens où le désigne la loi sur les droits de l'homme du Nouveau Mexique, s'agissant d'un service unique, de l'ordre de l'expression, fourni à sa discrétion. Il était défendu par l'Alliance Defense Fund qui regroupe des avocats chrétiens.

Le studio avait demandé entre autres si, dans l'hypothèse où un photographe Afro-Américain aurait été approché pour couvrir un meeting du Ku Klux Klan, ledit professionnel aurait pu être obligé de fournir la prestation.

Réponse de la cour : « Le Ku Klux Klan n'est pas une catégorie protégée. L'orientation sexuelle, au contraire, est protégée. »

Une fois qu'on le sait…

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Dépistage génétique : vers une procédure simplifiée

Une équipe de chercheurs de l'Université de Washington et de Seattle ont réussi à développer une technique qui leur permet de séquencer plus facilement et à moindre coût le génome complet d'un fœtus sans avoir recours à des gestes invasifs sur l'enfant à naître. Bonne nouvelle ? Pas sûr, car il s'agit en réalité de faciliter le dépistage in utero des désordres génétiques dits « mendéliens », aisés à repérer car liés à un défaut sur un seul gène. Il en a été repertorié plus de 3.000 à ce jour.

Jacob Kitzman et Matthew Snyder et leurs collègues viennent de rendre compte de leur nouvelle approche dans Science Translational Magazine.

Jacob Kitzman
Compte tenu du fait que le plasma sanguin d'une femme enceinte contient de l'ADN sans cellule de son enfant à naître – environ 10 % du total de l'ADN sans cellule présent dans le sang – dès quelques semaines après le début de la gestation, les chercheurs ont prélevé du sang maternel sur des femmes enceintes à différentes étapes de la grosssesse : vers 18 semaines, puis plus tôt sur un autre couple. L'échantillon était analysé en le comparant avec l'ADN paternel recueilli dans la salive du père, et, en utilisant des données statistiques, en recherchant le distinguant de l'ADN maternel. La méthode permet alors de repérer les mutations nouvelles, qu'elles se soient produites dans les gamètes du père ou de la mère.

La méthode n'est pas nouvelle dans le principe mais l'équipe de Kitzman a réussi à l'affiner de manière à identifier d'infimes variations de l'ADN : une seule lettre du code. Ce qu'a permis de vérifier la comparaison du code obtenu avec celui effectivement constaté après la naissance en analysant le sang du cordon ombilical. La méthode aura permis d'établir les correspondances de l'ADN de l'enfant avec ceux de ses parents respectifs à 98,1 %.

Dans un des exemples étudiés par les chercheurs ceux-ci ont pu identifier 39 sur les 44 mutations de novo effectives de l'enfant alors qu'il était encore au stade fœtal.

L'idée est maintenant de standardiser et d'automatiser autant que possible la procédure pour permettre, à l'avenir, de dépister les quelque 3.000 désordres mendéliens de manière simple et rapide.

Ce qui posera fatalement le problème moral de l'utilisation de cette connaissance. Comment l'interpréter, comment évaluer la gravité des désordres génétiques constatés, comment en informer les parents – ou non ? Et sera-t-elle utiliser pour éliminer par l'avortement les malades de l'intelligence, les schizophrènes ou les autistes qu'on pensera avoir identifiés ?

Aujourd'hui, le dépistage de la trisomie 21 aboutit, on le sait, à 96 % d'avortements en cas de test positif, le test demeurant bien plus lourd et invasif, d'ailleurs non dénué de risques, qu'un simple examen de sang et de salive, puisqu'il faut prélever de l'ADN dans le liquide amniotique dans lequel baigne l'enfant à naître.

Demain les données dont disposeront les praticiens seront incroyablement plus nombreuses – et potentiellement plus dangereuses pour les tout-petits.

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Canada : audience d'appel pour un homme condamné pour “agression sexuelle”

Craig Jaret Hutchinson
L'affaire est révélatrice. Craig Jaret Hutchinson a été condamné pour « agression sexuelle » l'an dernier au cours d'une procédure qui l'a  déjà mené devant la Cour suprême du Nova Scotia pour avoir percé les préservatifs qu'il a utilisé lors de rapports avec sa petite amie. Lors d'un deuxième procédure devant une cour d'appel l'avocat du jeune homme a plaidé lundi qu'une telle condamnation aurait des conséquences incalculables, notamment au bénéfice d'hommes qui chercheraient à échapper à leurs responsabilités vis-à-vis des enfants qu'ils engendrent.

Les faits remontent à 2006. Hutchinson pensait pouvoir sauver sa relation chancelante avec sa petite amie si elle tombait enceinte, d'où ses manœuvres. Une grossesse était effectivement survenue mais la jeune femme avait avorté ; une infection utérine s'en était suivie.

Une première procédure devant la Cour suprême du Nova Scotia pour « agression sexuelle aggravée »,  avait abouti à la relaxe de Hutchinson même si ses actes ont été qualifiés de frauduleuses et de lâches. La cour d'appel devait exiger alors que l'affaire soit rejugée au motif que la jeune femme n'était pas consentante pour un « acte sexuel non protégé ». La condamnation – à 18 mois de prison ! – tomba le 28 septembre dernier. Sans toutefois aller aussi loin que ce qu'avait réclamé le procureur : celui-ci avait accusé Hutchinson d'avoir mis la vie de sa fiancée en danger en « sabotant » les préservatifs. Le juge Richard Coughlan estima que le lien entre la grossesse et le percement des préservatifs n'avait pas été prouvé, et il précisa que la grossesse ne constitue par une menace pour la vie.

Hutchinson a évité la prison grâce à une caution de 5.000 $. Et a fait appel de nouveau.

Son avocat essaie désormais de faire accepter le fait que la tromperie à laquelle s'est livrée son client est certes « immorale » mais non « criminelle ». Luke Craggs a souligné lundi qu'une condamnation serait la porte ouverte à la procédure à l'encontre de toute personne qui ne serait pas honnête par rapport à son utilisation de moyens anticonceptionnels et pourrait conduire au refus d'hommes de payer une pension alimentaire pour un enfant parce que leur partenaire leur aurait fait croire qu'il n'y avait pas de risque de grossesse.

Le procureur a reconnu que la logique voudrait en effet qu'on puisse aussi poursuivre une femme qui aurait menti à son partenaire en lui faisant croire qu'elle prenait la pilule.

Pour une histoire compliquée, c'est une histoire compliquée. Mais elle est somme toute dans la logique des choses à partir du moment où l'on considère que la grossesse, au même titre qu'une maladie sexuellement transmissible, est une conséquence généralement indésirable de l'acte sexuel, et qui ne devient acceptable qu'en cas d'accord des deux partenaires.

Source : LifeSite.

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Première application de la loi d'“identité de genre” en Argentine

A la sortie du bureau de l'état civil…
Cinq transsexuels ont obtenu la modification de leur état civil en Argentine en application de la loi d'identité de genre entrée en vigueur dans ce pays depuis un mois. Ils sont les premiers à profiter des nouvelles dispositions qui permettent d'inscrire le « genre » selon l'identité ressentie et non d'après des critères objectifs ; la modification se fait par une reformulation du certificat de naissance. Les cinq intéressés ont fait savoir qu'ils avaient vécu l'événement comme « une nouvelle naissance ».

Les cinq certificats ont été délivrés à Buenos Aires, quatre à des hommes qui se sentent femmes et un à une femme qui se sent homme. La démarche ne requiert que l'expression de la volonté du demandeur et s'applique donc aussi bien aux transsexuels qu'aux travestis, et leur ouvre tous les droits, notamment matrimoniaux, selon le nouveau genre inscrit à leur état civil.

Aucune autre démarche ou formalité n'est exigée : pas de procédure médicale, pas de passage obligé devant le psychologue, pas de complications juridiques…

Les asssociations LGBT argentines se réjouissent bien entendu en soulignant que la loi de leur pays est la plus « avancée » du monde entier, appelant à ce qu'elle soit désormais imitée dans le reste du monde. La procédure étant ouverte aux migrants, elles appellent les « trans » des autres pays à venir changer d'identité en Argentine.


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06 juin, 2012

Le “Salon beige” : voter pro-vie et pro-famille… une lettre ouverte

Le Salon beige, bloc d'actualité par des laïcs catholiques, vous propose de signer la lettre ouverte aux candidats aux élections qui a déjà obtenu près de 10.000 signatures lors des présidentielles. Si ce n'est pas encore fait, c'est ici.

Signez !
Allez aussi voir l'évaluation et les commentaires relatifs à nombre de candidatures explicitement pro-vie : un important travail, c'est .

De manière générale, dans un contexte d'inflation de candidats où les prises de position de tel ou tel sur les principes non négociables restent dans le flou – professions de foi uniformisées, absence d'information facilement accessibles sur tous les candidats présentés pour certains partis – le Salon beige fait travail utile au quotidien. A suivre…

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05 juin, 2012

Angleterre : les responsables d'une école font avorter une jeune fille à l'insu de ses parents

Le maire adjoint de Salford, Angleterre, a justifié la décision des autorités sanitaires et scolaires de sa ville d'aider une jeune fille de quinze ans à avorter à l'insu de ses parents. Une histoire qui remue la presse locale  et montre où en est arrivé la confiscation de l'autorité des parents au Royaume-Uni.

La jeune fille, paniquée et honteuse à l'idée d'être enceinte, s'était rendue dans un hôpital de Manchester où sa grossesse avait été confirmée. Conformément à sa demande, les responsables médicaux ne prirent pas contact avec ses parents mais avec son école. Et c'est au sein de l'école que ses professeurs l'ont « aidée » à prendre la décision d'avorter, vérifiant qu'elle était bien « à l'aise » (le mot anglais est confortable) avec cette idée.

Puis la jeune fille eut la possibilité de subir l'intervention pendant les heures de classe, afin que ses parents ne se doutent de rien. Elle reçut, tout au long de la procédure, le « soutien » de ses professeurs.

Ce n'est qu'une fois le fait accompli que la jeune fille en a parlé à ses parents.

Il faut croire que ce sont ceux-ci qui ont rendu l'affaire publique, puisque dorénavant la presse en parle et que les autorités locales affirment unanimement que cette affaire a été conduite exactement selon les règles et directives nationales de 2004. C'est donc l'adjoint John Merry, adjoint au maire à l'enfance et à la jeunesse, qui a officiellement approuvé les mensonges et les subterfuges, affirmant que « ces directives sont dans l'intérêt de l'enfant et ont été correctement suivies en ces circonstances ».

Les responsables de l'école de la jeune fille ont refusé de commenter le cas. Ils peuvent s'abriter derrière les textes qui autorisent aussi bien les professeurs, les médecins et les infirmières à fournir des « conseils et des traitements sexuels », y compris l'avortement aux enfants et aux mineurs ; rien ne les oblige à avertir les parents s'ils estiment l'enfant « assez mûr » pour prendre une décision. La loi protège ce droit ainsi que le droit à la confidentialité des mineurs dès lors que l'enfant reste « en sécurité ».

Commentant l'affaire, la porte-parole du groupe pro-vie britannique Life, Michaela Aston accuse les directives qui permettent à l'école de devenir « complice de l'occultation, et même complice tout court d'un événement majeur, controversé et potentiellement dommageable dans la vie de la fille de quelqu'un ».

Elle rappelle que les enfants ont besoin d'une autorisation écrite de leurs parents pour avaler ne serait-ce qu'une aspirine…

Pour ce qui est de l'efficacité de la politique publique concernant les grossesses adolescentes, on rappellera qu'en 2009, 2.366 mineures de la région du Grand Manchester sont tombées enceintes. La moitié d'entre elles ont subi un avortement.

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04 juin, 2012

Argentine : ne pas avorter après un viol, la plus belle solution

La “une” de juin d'une revue pour la vie en Argentine
La petite fille sur la photo aura bientôt un an. Elle n'aurait pas dû naître. Enfin, si l'on avait fait confiance aux féministes qui se mobilisent toujours dans ces cas-là. Et si sa maman, une adolescente, avait profité de l'article 68 du code pénal argentin, qui « justifie » l'avortement quand l'enfant à naître est le fruit d'un viol. Condition qui vient d'être assouplie par la Cour suprême argentine qui affirme superflue toute décision de justice pour autoriser l'avortement dans ces circonstances.

La petite fille sur la photo s'appelle Luz Maria, et elle est aujourd'hui la joie de sa famille. Sur la photo, elle dans les bras de sa tante. C'est une petite rescapée : tant de personnes, tant d'organismes s'étaient liguées pour qu'elle ne voie pas le jour ! Il y avait des groupes de « défenseurs des droits de l'homme », la presse, bien sûr et jusqu'aux représentants du gouvernement local de la province de Misiones qui poussaient la famille de la jeune fille enceinte à faire avorter celle-ci.

C'est la Red Federal de Familias (réseau fédéral des familles) qui s'est mobilisée l'an dernier pour que Luz Maria vive. Si bien que la famille, prête à accepter l'irréparable, s'est désistée in extremis de la demande d'avortement introduite en son nom.

C'est Julieta Lardies, la déléguée – toute jeune – du Réseau, qui raconte dans la revue Revista Familia y Vida le combat qu'elle a mené pour sauver cette petite vie. La famille du bébé s'exprime aussi, pour dire ce qu'elle pense aujourd'hui de l'avortement, ce qui s'est vraiment passé, comment on a fait pression sur elle, et qui, en fin de compte, l'a véritablement aidée.

Aider ? C'est ce que proposa et ce que fit Julieta Lardies. Alors que les journaux s'enflammaient pour réclamer la vie de Luz Maria, elle publia, avec une autre déléguée du Réseau, une lettre ouverte pour supplier qu'on ne tue pas l'enfant. Au nom de sa vie, mais aussi pour la mère qui porte les conséquences physiques et psychiques de l'avortement. Julieta Lardies proposait de l'aide : l'aide de psychologues pour l'aider à traverser l'épreuve, de médecins pour que sa grossesse soit bien suivie, et même, si la jeune maman le voulait, des parents prêts à adopter l'enfant à sa naissance. S'adressant à l'adolescente et à ses proches, la lettre disait :

« Nous voulons qu'ils sachent qu'ils ne sont pas seuls, que nous comprenons leur douleur et leur angoisse, mais nous voulons aussi qu'ils sachent qu'éliminer l'enfant ne résoudra rien : au contraire, c'est un décision dont tôt ou tard les femmes se repentent, mais quand il n'y a plus moyen de revenir en arrière (c'est ce que dit l'expérience de personnes qui travaillent jour après jour avec des femmes qui doivent porter pour la vie le poids d'avoir tué leurs propres enfants). (…)

Nous voulons te demander à toi, jeune fille qui te trouves dans cette situation difficile, de nous permettre de t'aider ; nous savons ta souffrance et nous voulons le mieux pour toi et pour ce bébé que tu portes en toi, nous voulons que tu connaisses le témoignage de jeunes comme toi qui se sont trouvées dans des situations semblables à celle que tu vis, et qui aujourd'hui ne regrettent pas d'avoir laissé naître leur enfant. Quand il naîtra, tu pourras l'élever ou le confier à l'adoption, personne remettra alors en cause ta décision parce que tu auras agi avec courage en respectant le droit de cet enfant. Le tuer serait injuste (lui n'est coupable de rien et on ne peut pas gommer l'horrible crime du viol en commentant à son tour le crime de supprimer la vie de cette petite personne). Aie le courage de dire “oui” à la vie… et compte sur nous. Sa vie est entre tes mains. »

Le message fut entendu.

Et finalement, la famille de Luz Maria a préféré garder ce bébé devenu enfant du bonheur.


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02 juin, 2012

Prélèvement d'organes : la grande hypocrisie

Paul E. Morrissey
Toujours en pointe, attentif et précis dans ses informations, le site australien BioEdge rapporte aujourd'hui la dernière péripétie dans l'affaire complexe de la « mort cérébrale » et du prélèvement d'organes. Cette affaire illustre comment s'opèrent les glissements pour répondre aux besoins d'une industrie multi-milliardaire. (A ce propos, voir aussi le message du Salon beige, ici.)

Face à la pénurie mondiale de donneurs de reins – la transplantation étant aujourd'hui la principale option thérapeutique proposée dans les cas graves, quelles que soient ses difficultés et les souffrances associées – un bioéthicien a proposé une nouvelle règle pour le prélèvement dans la dernière livraison de l'American Journal of Bioethics. Paul E. Morrissey, de la Brown University à Rhode Island, verrait bien prélever les deux reins sur des personnes ayant subi un traumatisme cérébral et survivant grâce aux soins de réanimation. Comme de toute façon elles sont appelées à mourir à brève échéance, pourquoi ne pas prendre les reins tout de suite ? Cela se situerait si près de la mort effective que le prélèvement pourrait raisonnablement ne pas être considéré comme la cause du décès. Ainsi la règle du « donneur mort » aujourd'hui en vigueur, serait respectée, dit-il. Il appelle cela la « donation premortem ».

Et ce même si la vie sans reins est « habituellement courte », comme le note l'auteur.

Mais qui connaît l'espérance de vie d'une personne ayant subi un traumatisme cérébral ? Son pronostic exact ? La possibilité pour le patient de survivre quand même, malgré le retrait de la ventilation ? Les erreurs ne sont pas inconnues en ce domaine et cela devrait suffire à invalider la proposition.

Celle-ci est de toute manière irrecevable puisqu'elle consiste tout simplement à envisager de se servir en organes vitaux sur un patient vivant, même si le prélèvement le provoque pas immédiatement la mort comme c'est le cas pour le cœur ou le foie.

D'où des protestations multiples : on retiendra celle qui accuse Morrisson de vouloir violer le serment d'Hippocrate qui enjoint de « ne pas nuire ».

Mais deux autres bioéthiciens américains sont d'un autre avis – et c'est là que cela devient intéressant. Franklin G. Miller et Robert D. Truog soutiennent que le raisonnement de Morrisson est très juste. « Probablement certains s'y opposeront en invoquant la pente dangereuse : le prélèvement des deux reins premortem servira de levier pour abandonner la règle du donneur mort. Si l'on considère la réalité de nos pratiques courantes, cependant, il devient évident que la règle du donneur mort n'est conservée qu'en tant que fiction. »

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01 juin, 2012

Etats-Unis : la Chambre rejette la pénalisation de l'avortement sélectif

L’ultime (et véritable) racisme


Le projet d’une loi fédérale interdisant les avortements sélectifs en fonction du sexe a été rejeté jeudi par la Chambre des représentants à majorité républicaine, même si une majorité d’élus a approuvé le texte. Avec 246 voix pour (226 républicains et 20 démocrates) et 168 contre (dont 7 républicains), on peut dire que le projet de pénaliser ceux qui choisissent d’éliminer un enfant pour le seul motif que son sexe ne correspond pas à celui désiré par sa mère ou par ses parents avait pourtant recueilli une large adhésion, reflétant d’ailleurs l’opinion des Américains qui à 77 %, selon un récent sondage, rejettent l’avortement sélectif.

Mais le projet avait besoin de deux tiers de votes pour être adopté.

Le texte prévoyait de faire de l’avortement sélectif, aujourd’hui réprimé dans quatre Etats, un « délit fédéral » puni d’une peine de prison allant jusqu’à cinq ans, et d’amendes. Etait visée la réalisation en pleine connaissance de cause d’un avortement visant à éliminer un enfant selon son sexe, de faire pression sur une femme de le subir, ou de transporter une femme d’un Etat vers l’autre ou vers les Etats-Unis en vue de pratiquer un tel avortement. La femme elle-même n’est pas visée par le texte.

Cette horreur de l’avortement sélectif est une réalité. Elle est déjà dramatique en Asie où l’avortement « par genre » a déjà provoqué un véritable génocide des petites filles tuées par l’avortement à la demande des familles qui préfèrent, souvent dans le contexte de la politique de l’enfant unique, avoir un garçon. Tradition ou volonté d’assurer ses vieux jours, il s’agit en tout cas de l’ultime « racisme », de l’ultime « sexisme » – et du plus stupide, car il met une lourde hypothèque sur l’avenir des générations nouvelles en même temps qu’il déprécie les femmes, même celles qui sont vivantes.

Le projet de loi avait son utilité aux Etats-Unis où les minorités ethniques, notamment asiatiques, cherchent à s’assurer ainsi la naissance d’un garçon.

Des vidéos tournées récemment dans des centres de Planning familial de New York et du Texas sont d’ailleurs venues confirmer que la puissante « Planned Parenthood Federation » encourageait et aidait certaines de ses clientes à choisir le sexe de leur bébé, pour avorter les « non-conformes ». Officiellement, l’organisme féministe a répondu qu’il s’opposait à la préférence de genre (gender bias) mais qu’il accepte de pratiquer les avortements sélectifs à la demande.

C’est toute la schizophrénie de la culture de mort. Logiquement, et surtout dans l’esprit des féministes, il était aberrant d’approuver l’avortement sélectif et une « loi Pour la non-discrimination prénatale », PRENDA, aurait dû emporter l’adhésion de tous.

Mais Barack Obama est entré dans la bataille en faisant publier un communiqué de la Maison-Blanche affirmant que si l’Administration est opposée à la « discrimination de genre sous toutes ses formes, le résultat final de cette législation serait de soumettre des médecins à des poursuites criminelles s’ils ne parviennent pas à déterminer les motivations d’une décision très privée et personnelle. Le gouvernement ne devrait pas faire intrusion dans des décisions médicales ou dans des affaires familiales privées de cette manière. »

Alors, on peut tuer les petites filles. Le « racisme » dans ce contexte, il faut faire avec. Il faut aussi à tout prix préserver le « droit » à l’avortement : NARAL, une des plus grandes associations qui en font la promotion, s’est félicitée du rejet d’un projet de loi « trompeur ». Les élus « ont décrit à tort le projet comme le symbole des droits des femmes. Il n’a rien à voir avec l’intention d’en finir avec la discrimination par le sexe, un problème très réel », selon son communiqué.

Comment ne pas croire que tout cela est infernal ?

Article extrait du n° 7613 de Présent, du samedi 2 juin 2012

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“Amour” : Trintignant se dit pour l'euthanasie, Haneke “attend” la controverse

Michael Haneke, le réalisateur de la Palme d'Or de Cannes 2012, Amour, sait que son film va provoquer la controverse lorsqu'il sortira aux Etats-Unis en novembre prochain. Il en est ravi : « Mon distributeur américain pense que le film pourrait bien déclencher un débat enflammé ; c'est exactement ce que les films doivent faire », a-t-il déclaré dans une interview au Daily Beast.

Et le débat portera sur l'euthanasie. C'est désormais clair, y compris pour ceux qui comme moi, n'ont pas encore vu le film, Amour justifie l'euthanasie, au terme d'une longue préparation qui s'attarde, dans un huis-clos des plus classiques, sur la souffrance de plus en plus insupportable d'une vieille femme qui perd la tête.

D'ailleurs Haneke le confirme. Son film parle de son expérience : « Comme presque toutes les personnes que je connais, j'ai été confronté à la maladie de quelqu'un que j'aimais très profondément. C'est une expérience très douloureuse que d'assister à cela, impuissant. »

Dans le film, cette impuissance est dépassée, puisque le vieil époux, Georges, toujours aimant – Jean-Louis Trintignant – finit par étouffer son épouse, Anne, incarnée par Emmanuelle Riva. L'acteur vieillissant, qui estime avoir joué là dans son « meilleur film », explique : « Je suis personnellement pour l'euthanasie. Lorsque Anne veut vraiment mourir, au début, George l'arrête. Mais plus tard, dans un moment de calme, il l'aide en la tuant. »


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31 mai, 2012

Argentine : Avortement dépénalisé ? Un hôpital dit non

L'hôpital Centeno à General Pico, La Pampa, Argentine
Tous les médecins du service de gynécologie de l'hôpital de General Pico dans la province de La Pampa sont d'accord : pas question de pratiquer dans cet établissement le moindre avortement « non punissable » tel que le définit l'article 68 du code pénal. Leur résistance vise précisément la mise en œuvre dans leur province du protocole régissant la fourniture de ce « soin » en l'absence de toute décision judiciaire, selon le principe fixé il y a peu par la Cour suprême fédérale de Buenos Aires.

La Pampa fait partie en effet des quelques provinces qui n'ont pas tardé à traduire en pratique le principe affirmé par une poignée de juges qui estiment inutile l'intervention des tribunaux pour autoriser ou non un avortement dépénalisé – dans le cas d'un viol, par exemple. Aucune vérification policière ni judiciaire n'est donc exigée.

Le protocole mis en place il y a 30 jours à l'intention des établissements de santé a déjà « permis » un avortement sur une femme se disant violée. Quatre établissements de la province, qui compte quelque 350.000 habitants, y sont désignés comme devant rendre ce « service public ». L'hôpital de General Pico est à 150 km de l'établissement désigné le plus proche.

A l'hôpital Centeno de General Pico, donc, les neuf médecins du service de gynécologie ont été informés du protocole qui a été lu devant les médecins assemblés et, chacun l'ayant ensuite personnellement examiné, ils ont chacun individuellement pris la décision d'opposer leur objection de conscience. Cette unanimité n'est donc pas la réponse collective de la direction de l'hôpital, mais résulte de l'accord de fait que celle-ci a qualifié de « coïncidence ».

Mais quoi qu'il en soit, en l'état actuel des choses, c'est l'hôpital Centeno qui par la force des choses se trouve être un établissement pro-vie…

Son directeur, Mario Garcia Llerena a déclaré que si solution il y avait, ce serait à travers la sous-secrétairerie de la santé mais certainement pas à travers une obligation faite aux médecins dont il entend « respecter le droit à la vie privée ».

L'organisation Mujeres por la Solidaridad, une ONG féministe, a violemment critiqué la décision prise en conscience par les gynécologues de General Pico, affirmant qu'une institution ne peut pas invoquer l'objection de conscience. L'un de ses dirigeants, Monica Rodriguez, a déclaré que des « normes sexuelles » existent, « les professionnels travaillant dans une institution publique ne devraient pas être objecteurs de conscience », ainsi que l'affirment et le réclament les associations féministes qui font une propagande intense pour le « droit » à l'avortement en Argentine au noms des « droits sexuels et reproductifs ». « Ça, on ne peut pas l'avaler. L'institution va devoir trouver des remplaçants », a-t-elle dit.


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30 mai, 2012

Sédation palliative : une “euthanasie lente” ?

Wim Distelmans, oncologue, spécialiste des soins palliatifs et de l'éthique, militant de l'euthanasie et un temps membre de la commission d'évaluation de l'euthanasie en Belgique, vient de publier une intéressante tribune dans le quotidien belge De Standaard. Il s'y inquiète de nouvelles manières de donner la mort, et plus précisément nombre de « sédations palliatives », qui ne sont pas « encadrées » par la loi sur l'euthanasie, et qui sont en train de prendre des proportions importantes jusqu'à représenter 10 % des décès en Belgique aujourd'hui, comme je l'annonçais il y a quelques jours ici. Le flou de la frontière entre l'euthanasie et la sédation palliative est enfin devenue un sujet. Je l'avais pour ma part évoqué pour la première fois dans Présent en mai 2007, article reproduit ici sur mon blog le 10 mai de cette année-là.

A cet égard les inquiétudes exprimées par Distelmans ressemblent à une manière de découvrir le pot aux roses. Comme il fallait s'y attendre le problème est désormais pris à l'envers : les partisans de l'euthanasie se plaignent du manque de cadre légal entourant la sédation palliative, dénoncent son hypocrisie et demandent qu'on y aille plus facilement et plus franchement de la mise à mort médicale.

Pour mémoire, la sédation palliative consiste en l'administration de quantités croissantes de morphine associées à du Dormicum qui endort profondément le patient, en principe elle s'accompagne du retrait de la nourriture et de l'hydratation ; la procédure peut être librement décidée par le médecin s'il y a impossibilité d'obtenir l'accord du patient ou de ses proches. Elle peut être parfaitement licite en ce qu'elle vient soulager une douleur insupportable en toute fin de vie. Elle sera appliquée par exemple lorsqu'un malade du cancer des poumons menace de mourir d'asphyxie : plongé dans le coma afin qu'il n'en ressente pas la douleur et la panique. Elle peut aussi constituer une mise à mort lente, décidée volontairement et sciemment en vue d'obtenir la mort du patient qu'au passage elle prive de la conscience de sa propre fin.

Comment expliquer qu'en ces dix dernières années, le nombre de sédations palliatives ait été multiplié par deux, demande Distelmans.

« Contrairement à l'euthanasie, la sédation palliative n'a pas pour objectif de mettre fin à la vie. Mais dans la pratique la fin de la vie en est souvent l'issue. Car les patients s'habituent aux sédatifs, de telle sorte que l'on augmente régulièrement les doses afin d'éviter le réveil. Au cours de ces augmentations de dosages, au bout du compte personne ne sait plus de manière certaine si le patient est mort de sa maladie, du fait des ajustements des dosages ou par une combinaison des deux. On applique là une “aide à mourir miséricordieuse” mais l'image idéalisée de la mort “confortable” grâce à la sédation palliative n'est souvent pas là dans la pratique. »
Distelmans évoque ici le cas d'un nouveau-né, Ella-Louise, dont la mort fut particulièrement difficile dans le cadre pourtant d'une sédation palliative : il aurait fallu, assure le spécialiste, que le médecin mette fin à la sa vie, quitté à appliquer le « protocole de Groningue » qui aux Pays-Bas autorise la mise à mort de nouveau-nés très atteints.

« Dans certains établissements de soins l'euthanasie demeure tabou. La raison en est souvent idéologique, sans compter la peur d'avoir une mauvaise réputation. Les hôpitaux craignent la mort… comme la mort : “On n'y meurt pas, on y guérit.” Lorsqu'un patient réclame l'euthanasie, on lui propose la sédation palliative. Les patients les plus fragiles n'ont alors pas toujours la force de s'en aller dans un autre hôpital et ils acceptent l'alternative. Et la direction peut annoncer que l'euthanasie n'est quasiment pas à l'ordre du jour chez eux. 
La sédation palliative sert aussi de manteau de Noë pour la mise à mort. Puisque l'on met fin à la vie d'autrui – même sans qu'il le sache – mais qu'on n'a pas le droit de désigner l'acte ainsi. Supposez qu'après des semaines de sédation l'on trouve que le processus de la mort s'étire trop. Discrètement, le médecin augmente la médication pour arriver à une dose mortelle, mais pour le monde extérieur cela reste une “sédation palliative”. C'est pourquoi d'aucuns appellent cyniquement celle-ci “l'euthanasie lente” (slow euthanasia). 
Le nombre de sédations palliatives est en augmentation inquiétante ces dernières années. Certains médecins semblent les préférer à l'euthanasie : on peut les pratiquer que le patient le sache ou non, on peut mettre à la vie sans avoir à dire de quoi il s'agit, on peut même se leurrer soi-même jusqu'à considérer que le patient est mort “spontanément” au cours de la sédation et dans tous les cas on n'a pas besoin de faire une déclaration officielle à une commission fédérale. Surtout, cela nous permet à nous, médecins, de reprendre la main. Nous pouvons de nouveau, comme jadis dans la zone grise du crépuscule, prendre nos décisions de manière autonome et sans concertation. »
Wim Distelmans propose de soumettre les décisions de sédation palliative à un même processus de contrôle a posteriori que l'euthanasie, histoire de mieux respecter la volonté des patients. Cela aurait au moins le mérite de la clarté. En même temps cela révélerait que l'euthanasie n'est que la pointe de l'iceberg : il y a aujourd'hui près de 8 fois plus de sédations palliatives que d'euthanasies en Belgique.

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29 mai, 2012

Argentine : on résiste devant l'avortement dépénalisé

Depuis qu'un jugement de la Cour suprême de Buenos Aires a posé le principe selon lequel on ne saurait exiger une décision judiciaire en vue de donner l'accès à l'avortement non punissable prévu en tant qu'exception par le code pénal argentin, beaucoup de provinces de cet Etat fédéral tardent à mettre en œuvre cette libéralisation. La décision date de deux mois ; si quelques provinces, comme Buenos Aires, La Rioja, Santiago des Estero, Santa Fé, Neuquen, et Chubut ont fixé des protocoles locaux pour déterminer la conduite des médecins et les assurer ainsi de l'impunité dans les cas nommés par l'article 86 du code pénal, le protocole tarde à être rendu obligatoire pour les hôpitaux publics, comme à Cordoba, voire à être mis en place.

Et de l'avis de la presse de gauche, c'est la faute de l'Eglise catholique qui fait pression sur les provinces.

La résistance se manifeste de plusieurs manières allant de l'atermoiement au refus pur et simple : de l'acceptation verbale de l'arrêt, non suivie d'effet, à l'affirmation de telle ou telle province qui se proclame « pro-vie ».

L'Eglise s'est mobilisée en effet. Avec une très grande clarté parfois. C'est le cas à Tucuman où l'archevêque, Mgr Alfredo Zecca, a réuni hommes politiques et législateurs pour déclarer : « Dans aucune circonstance nous n'accepterons que l'avortement soit autorisé. » Des évêques des provinces de Cuyo ont publié un communiqué commun affirmant : « Une femme qui a été violée mérite compréhension et accompagnement, mais sa blessure ne se guérit pas au moyen d'une plus grande injustice comme l'avortement. »


Dans la province de Corrientes c'est le gouverneur Colombo qui par décret, a déclaré la province « pro-vie », précisant que la politique de l'Etat est bien « la défense de la vie depuis la conception, comme de la famille » : il l'a signé lors d'une rencontre œcuménique rassemblant les évêques locaux ainsi que des pasteurs évangéliques.

Au niveau national, deux propositions de loi viennent d'être présentées au Congrès pour abroger les exceptions de dépénalisation de l'avortement ; ces textes visent à faciliter l'adoption des enfants conçus à l'issue d'un viol par exemple.

On sait que les associations féministes ont largement contribué à entretenir le débat et à fomenter les affaires judiciaires qui ont abouti il y a deux moins à la sentence de la Cour suprême.

On sait aussi combien les motifs de dépénalisation sont ambigus : la simple invocation d'un viol peut suffire, sans enquête policière ni poursuite pénale, ce qui est évidemment la porte ouverte à de nombreux abus dans l'abus – raison pour laquelle l'Eglise se mobilise aussi sur ce plan pour dénoncer le caractère trop large du texte et pour tenter d'éviter à tout le moins les avortements tardifs.

Aujourd'hui, ce sont les organisations féministes qui font pression dans le sens de la décision de la Cour suprême. Dix ONG ont entamé le mois dernier une démarche d'information auprès du Conseil des droits de l'homme des Nations unies à propos de la situation des « droits sexuels et reproductifs » en Argentine pour exiger la mise en conformité de l'ensemble des services de santé argentins avec la décision. C'est bien devant l'ONU que ces organisations féministes sont allées réclamer l'élaboration, la reconnaissance et un statut légal pour un plan national d'un Guide technique des avortements non punissables afin que toutes les provinces l'adoptent au plus vite.

C'est la perpétuelle supercherie : présenter l'avortement légalisé comme faisant partie des « droits de la santé sexuelle et reproductive » pour l'étendre à tous les pays par le biais de traités internationaux, alors que l'avortement en a été et continue d'en être systématiquement exclu, grâce aux efforts des pays qui résistent.

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28 mai, 2012

“Amour” (c'est-à-dire “Euthanasie”) décroche la Palme

Amour, le film de Michael Haneke, a décroché la Palme d'Or hier soir au Festival de Cannes. Amour, c'est la mise en scène à la fois délicate et voyeuriste des derniers mois et jours d'une vieille femme (Emmanuelle Riva) qui va sombrer dans la démence et dans la souffrance, toujours soutenue et soignée amoureusement par son vieux mari (Jean-Louis Trintingnant). Et c'est par Amour que ce dernier finira par la délivrer, en lui donnant la mort : il l'étouffe avec un coussin.

Amour = euthanasie.

« Ce film est une illustration de la promesse que nous nous sommes donnée, mon épouse et moi-même… », a déclaré le réalisateur. Emotion, applaudissements…

La critique salue un film « romantique ».

L'Autrichien Haneke obtient là sa deuxième Palme, lui qui en 2009 l'avait déjà reçue pour Ruban blanc.

On se demandait si le jury allait avoir de nouveau l'audace d'offrir une deuxième Palme à un réalisateur : elle ne l'avait fait, jusqu'ici, que cinq fois.

Je vous l'avais pourtant bien dit ! J'écrivais ici, vendredi soir, que c'était bien parti pour lui, vu le sujet de son film.

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26 mai, 2012

Euthanasie ou “sédation palliative” ? En Belgique, on ne sait plus trop…

Le nombre de personnes mourant en Belgique au bout d'une « sédation palliative » atteint désormais plus de 14.000 par an, soit 14 % des décès. C'est à la fois un moyen de soulager des souffrances ultimes trop insupportables, et de mettre volontairement fin à la vie par un moyen qui n'obéit pas aux règles de l'euthanasie. Autrement dit, la sédation palliative peut avoir un objectif euthanasique ou non, elle peut être moralement illicite ou non. Mais ce qui apparaît aujourd'hui en Belgique, c'est que le médecin peut exercer à travers elle un pouvoir exorbitant sur la vie et sur les dernières heures de ses malades.

A l'heure où l'on parle en Belgique d'élargir l'euthanasie aux mineurs, aux déments, aux personnes atteintes d'affections psychiatriques, un médecin spécialiste de la sédation estime que le vrai problème est ailleurs. « Il existe hélas de multiples histoires épouvantables de sédations palliatives. Quand les politiques prendront-ils enfin ce problème en compte ? J'aimerais tant que le Sénat mette cela à l'ordre du jour », dit Marc Cosyns. La sédation palliative est la « zone grise » en deçà de l'euthanasie. Celle où aucune loi n'encadre la pratique.

Le cas qui a fait parler la Belgique est celui d'une nommée Nienke. De Standaard relate les derniers jours de cette vieille dame de 90 ans, autrefois gouvernante, accompagnée quotidiennement au cours de son grand âge assombri par un cancer par l'une de ses anciens « enfants » : Gabrielle, 40 ans, passe matin et soir s'occuper d'elle, lui parler, la soutenir, évoquer de vieux souvenirs.

Nienke risque de mourir dans de grandes souffrances : asphyxiée par un œdème pulmonaire. Mais par ailleurs elle va plutôt bien, elle aime la vie même si son médecin traitant atteste que depuis la mort de son mari, elle dit ne plus avoir beaucoup de goût pour elle et qu'elle préfère recevoir une injection létale le moment venu.

Au terme de diverses péripéties et au très grand étonnement de Gabrielle, Nienke va recevoir beaucoup de morphine et des doses de Dormicum, le cocktail de la sédation palliative qui permet d'endormir profondément un patient pour les éviter des douleurs atroces, mais qui va aussi conduire à la mort. Moins vite que l'euthanasie, certes : cela peut durer jusqu'à deux semaines avec l'arrêt de l'alimentation, parfois c'est plus rapide.

Dans le cas de Nienke, celle-ci n'a pas été clairement interrogée sur ce qu'elle voulait. Elle a indiqué à plusieurs reprises qu'elle n'était pas du tout prête à mourir. « Je vais vous donner quelque chose pour vous endormir. – Mais, docteur, je dors très bien ! » Mais le médecin, craignant l'asphyxie, a décidé de prendre les devants. Il insiste. Nienke finit pas acquiescer… mais à quoi ? Il lui fera administrer trois fois de la morphine et des doses de Dormicum, et trouvera que la journée et demie que Nienke aura mis à mourir sont bien longues, il pensait que cela irait plus vite.

Gabrielle sortira l'affaire dans la presse, outrée de voir que « sa » Nienke a été privée de la vie qu'elle voulait encore vivre, et de la mort qu'elle aurait pu choisir en toute connaissance de cause.

Car dans l'histoire, personne n'est vraiment opposé, par principe, à l'euthanasie.

Leur indignation porte sur l'absence de cadre légal. Et en ce sens le débat lancé aujourd'hui est au moins partiellement porté par le lobby de l'euthanasie, qui insiste sur le consentement du patient et dénonce les « départs » qui s'étirent dans des conditions difficiles à supporter sur le plan émotionnel par les proches des malades.

Mais en même temps l'on comprend que les statistiques de l'euthanasie sont plus que floues. Les euthanasies déclarées ne sont que la pointe de l'iceberg. Les « sédations palliatives » en sont souvent la forme atténuée, qui n'engagent pas la responsabilité juridique.

Situation d'autant plus dommageable qu'elle entretient une confusion également autour de la sédation palliative appliquée de manière correcte et sans intention de tuer.


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25 mai, 2012

Cannes : L'“Amour” de Haneke, c'est l'euthanasie

La presse a beaucoup parlé du « bouleversant » film Amour présenté par Michael Haneke. Un Jean-Louis Trintignant vieillissant vit amoureusement aux côtés de sa femme, Emmanuelle Riva, 80 ans passés. Ils sont en parfaite osmose, partagent un même amour de la musique et une longue histoire d'amour et d'égards réciproques. Puis c'est le drame. Elle fait un AVC, devient grabataire, incontinente, démente. Admirablement, il s'occupe de sa femme, malgré l'incompréhension de leur fille.

Les critiques admirent la manière crue mais pas voyeuriste (vous avez remarqué ? Ce n'est jamais voyeuriste quand la critique aime un film !) dont Haneke ne cèle rien de son humiliation, filmant chaque geste de cette vie quotidienne où Trintignant ne cesse jamais de manifester son amour pour sa femme.

En dehors de cette complaisance de la caméra on pouvait presque s'attendre à un film magnifique.

N'était sa manière de présenter finalement la maladie comme une déchéance, l'état de l'épouse comme indigne, insupportable.

N'était son aboutissement.

Car – et bien des critiques se gardent de le dire – tout s'achève lorsque Trintignant, trop éprouvé par les souffrances de sa femme, pris d'une compassion vraie, seul capable de comprendre la volonté de cette femme démente et qui n'est plus elle-même, l'étouffe avec un coussin.

Parce qu'elle vivait comme « un légume ».

Parce que – on avait oublié de vous dire – ce geste-là, cette mise à mort, c'était ça, l'Amour. Parce que c'est un film sur l'euthanasie, ni plus, ni moins.

Après avoir remporté la Palme d'Or à Cannes en 2009, Haneke est décidément bien en piste pour l'édition 2012. Ah, s'il y avait un prix de la bien-pensance !

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Pilule abortive : la Hongrie résiste

L’introduction éventuelle de la pilule abortive en Hongrie provoque un vif débat dans le pays, le gouvernement se montrant réticent à autoriser sa commercialisation. L’AFP explique que ce refus était dénoncé jeudi par « la presse indépendante », qui évidemment est partisan de la mort sur ordonnance.

Vendredi dernier, le quotidien de droite Magyar Nemzet, citant le ministère des Ressources humaines qui inclut la Santé, avait annoncé que la pilule abortive avait reçu les différentes autorisations pour être commercialisée en Hongrie.

Mais dès lundi, le secrétaire d’Etat pour la Santé Miklos Szocska a précisé que si son inscription dans le registre des médicaments autorisés est une « obligation pour les pays membres de l’Union européenne » (qui se mêle, comme on sait, de diffuser la culture de mort), cela ne signifiait pas qu’elle serait commercialisée.

Miklos Szocska fait état d’un « débat professionnel intense » entre médecins sur cette pilule. Il a clairement ajouté qu’une commercialisation n’était pas à l’ordre du jour.

Mais la Hongrie elle aussi à son « grand journal quotidien de référence », comme ils disent. Nepszabadsag (« centre-gauche », précise l’AFP !) a dénoncé jeudi le comportement du ministère de la Santé, « simplement incapable », dit-il, de fournir des explications tangibles quant à son refus de laisser commercialiser la pilule RU 486. Le journal cite aussi le président de l’Association des médecins Jenö Racz, qui craint de voir les institutions de santé « impliquées dans un débat politique ».

Mercredi, à l’appel de l’« association Alfa pour la vie », des dizaines de manifestants se sont rassemblés devant le ministère de la Santé pour protester contre une éventuelle introduction de la pilule. Le vice-Premier ministre Zsolt Semjen, l’adjoint du chef de gouvernement conservateur Viktor Orban, et deux députés du parti Jobbik étaient présents.

En Hongrie, le nombre des avortements est en baisse régulière depuis les 20 dernières années : il atteignait en 1990 le total effarant de 90 400 « interruptions », pour environ 10 millions d’habitants, pour passer à 56 400 en 2001, 40 450 en 2010 et 38 400 en 2011. La population, elle, est restée constante.

En Hongrie, la nouvelle Constitution, entrée en vigueur le 1er janvier dernier, défend « la vie humaine dès sa conception ».

Article extrait du n° 7609 de Présent, du samedi 26 mai 2012



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23 mai, 2012

Espagne : un gynécologue devra payer pour un enfant qui a survécu à un avortement

Un gynécologue de Palma de Majorque vient d'être condamné à d'importants dommages et intérêts en vue d'indemniser une femme sur laquelle il avait pratiqué, en avril 2010, un avortement raté. Il devra notamment subvenir aux frais occasionnés par la venue au monde de son fils jusqu'au 25e anniversaire de celui-ci, estimés sur la base de 978 euros par – ce que coûte, paraît-il, l'éducation et la « manutention », comme on dit en Espagne, d'un enfant. Soit, à partir de maintenant, 270.000 euros environ.

Le juge du tribunal de Palma, Francisco José Perez y ajoute la somme de 150 000 euros pour indemniser le dommage moral causé à la mère : car celle-ci « ne désirait pas cette harmonie familiale-là, puisque Tamara n'avait pas planifié la venue d'un enfant, qui vous accompagne tout au long de la vie et altère pour toujours la structure et le type de famille qu'un individu veut former et avoir ». Cela « suppose ainsi un changement non modifiable dans la structure familiale, l'autonomie personnelle et le développement de la personnalité », précise le jugement.

Ainsi la négligence du médecin, Enrique Rolando K.N., doit-elle être sévèrement sanctionnée parce que ses conséquences « sont devenues irréversibles et accompagneront Tamara P. tout au long de sa vie, changeant le déroulement de celle-ci sans qu'elle puisse faire quoi que ce soit pour diminuer ou réduire l'effet du manque de diligence » du gynécologue.

Voilà un juge qui insiste de manière quasi obsessionnelle sur les inconvénients de donner le jour à un enfant qui n'était pas prévu – mais qui était bel et bien là, et pas par la faute du médecin !

Mais il lui est reproché d'avoir agi par « routine », sans vérifier correctement l'âge de l'enfant conçu qu'il devait détruire ni l'efficacité de l'avortement qu'il avait pratiqué. Tamara P., 23 ans au moment des faits, s'était présentée à lui pour faire constater la grossesse et obtenir son « interruption ». Le médecin avait estimé que le bébé avait 8 semaines d'après une échographie ; la mère avait été entendue par un psychiatre et l'avortement avait été pratiqué par aspiration. Quinze jours plus tard, le médecin avait pratiqué une échographie et informé sa patiente qu'il avait bien mis fin à la grossesse.

Il s'est avéré cependant que l'enfant à naître n'avait que 4 semaines ou moment de l'avortement et que le médecin n'avait pas vu l'embryon pourtant bien visible à l'échographie de contrôle. Une situation que le juge, ayant fait vérifier que les installations de la clinique avaient bien fonctionné et que les instruments appropriés avaient été utilisés, a attribué à l'« erreur humaine » du gynécologue qui n'a pas pris le temps d'interpréter les images des échographies et qui s'était fié à ses habitudes.

De fait, trois mois et demi plus tard, Tamara s'était présenté de nouveau chez le médecin pour obtenir un nouvel avortement, car elle croyait être tombée une nouvelle fois enceinte. C'est à ce moment-là que le médecin a constaté qu'il s'agissait en réalité de la même grossesse et que le fœtus avait désormais 22 semaines. La jeune femme a alors décidé de garder l'enfant.

Mais elle a quand même saisi la justice.

Et, bien au-delà de ce qu'on demande à un père biologique, le gynécologue a été considéré comme seul responsable du soutien matériel à apporter à l'enfant qui a ainsi vu le jour.

La presse espagnole précise que c'est son assurance qui paiera.


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