23 février, 2012

Pays-Bas : refus de protéger un fœtus de 17 semaines menacé par un “crime d'honneur”

Peut-on prévenir un crime d’honneur en mettant sous surveillance un fœtus décrété « non viable » ? C’est la question qui a été posée à un tribunal pour enfants de Dordrecht, aux Pays-Bas, par les services d’aide à l’enfance néerlandais, pour protéger la vie d’un enfant à naître de 17 semaines. Hier, le juge a rejeté la demande des services sociaux au motif que le fœtus n’est sujet de droit qu’à partir de 24 semaines, date de la viabilité légale. Position parfaitement logique, puisqu’aux Pays-Bas l’avortement n’est pas un crime jusqu’à 24 semaines de grossesse…

Il n’empêche que la presse néerlandaise se passionne pour cette affaire qui met les honnêtes gens en face de la schizophrénie du droit, qui est capable de tenir pour rien un enfant en même temps que les services sociaux du pays cherchent à préserver sa vie.

Les comptes-rendus des médias (par exemple ici) ne disent rien sur les origines de la jeune femme par qui ce scandale arrive. On peut supposer qu’elle est d’origine immigrée au vu de ce qui suit. Tombée enceinte à 17 ans, elle avait été recueillie et placée au secret, loin de ses parents, par le service de protection des mineurs parce que celui-ci craignait que la famille de la jeune femme ne cherche à la forcer à avorter, voire à provoquer l’avortement, éventuellement « en lui donnant des coups de pieds, en la malmenant ou en tailladant son ventre », comme il l’a expliqué ensuite devant le juge. Pour laver la « honte » de la grossesse hors-mariage.

Mais la jeune femme était proche de ses 18 ans et dès la date de sa majorité les services sociaux n’avaient plus le droit de la garder : elle a donc quitté le centre où elle avait été recueillie pour aller s’installer avec son ami, non loin de ses parents. Elle a déclaré ne pas craindre que ses parents s’en prennent à son enfant.

Les services sociaux sont, eux, persuadés du contraire, d’où cette demande devant la justice. Une demande inédite, qui pouvait faire jurisprudence s’il avait été décidé de placer la jeune femme au secret contre sa volonté, au nom de la protection de son bébé.

Le refus du juge a été diversement apprécié aux Pays-Bas. Un ancien juge pour enfants, Frans van der Reijt, estime que le service de protection de l’enfance n’avait quasiment aucune chance d’être entendu en l’absence de droits pour un fœtus de moins de 24 semaines ; il espère seulement que la publicité donnée à l’affaire poussera la famille à se montrer prudente et à ne pas intervenir. Il ajoute qu’on aurait pu tenter de mettre la jeune mère sous curatelle, ce qui aurait permis par ricochet permis de protéger la vie qu’elle porte. D’autres spécialistes du droit estiment au contraire que l’enfant même non viable doit pouvoir être protégé. Tant il est vrai que l’enfant peut par exemple hériter dès sa conception…

En France, qu’aurait-on décidé dans un cas semblable ? Probablement à peu près la même chose, si ce n’est que les délais de l’avortement à la demande sont moins longs (14 semaines de grossesse). Mais la justice a déjà refusé d’indemniser une femme pour la mort de son enfant à naître à la suite d’une erreur médicale au motif que celui-ci n’avait pas encore respiré…



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22 février, 2012

Adoption homosexuelle : comment on pousse à la roue en Angleterre

Le battage fait autour des demandes des lobbies « gay » à travers le monde pour octroyer aux couples homosexuels le droit d’adopter, voire de concevoir des enfants par insémination artificielle ou mère porteuse s’appuient – comme l’a souligné à ses dépens le député UMP Christian Vanneste – sur des statistiques volontiers exagérées. La demande n’est décidément pas à la hauteur des revendications, si l’on en croit du moins les démarches entreprises par certains conseils municipaux et locaux à l’occasion de la semaine nationale de l’adoption et des familles d’accueil LGBT que l’on célèbre ces jours-ci au Royaume-Uni. M’est avis qu’ils sont pris la main dans le sac !

BBC News révèle ainsi, sans l’ombre d’une désapprobation d’ailleurs, que le conseil de la ville de Leeds sollicite actuellement les couples de gays et de lesbiennes pour qu’ils se portent candidats à l’adoption et à l’accueil d’enfants « placés » par les services d’aide à l’enfance, le nombre de foyers se déclarant prêts à recevoir ces enfants étant à son niveau le plus bas en dix ans.

Le conseil s’est adressé officiellement à la communauté LGBT en expliquant que les adoptants et familles d’accueil gays et lesbiennes avaient souvent le « bon mix » de « compétences et d’expérience ». La conseillère responsable des services de l’enfance, Judith Blake, a salué à cette occasion la « contribution formidable » apportée par les LGBT pour offrir un foyers aux enfants et aux jeunes qui en avaient besoin – un total, à Leeds, de quelque 80 enfants adoptés chaque année, plus 1.300 enfants placés.

« Nous accueillons avec enthousiasme les dossiers de toutes les familles d’accueil et des adoptants quelle que soit leur sexualité, leur religion ou leur statut marital », a précisé Mme Blake, tandis que le conseil municipal rappelait que des aides et des indemnités sont versées aux familles d’accueil. Mardi soir, une soirée d’information a même été organisée par le « Leeds City Council » visant explicitement les gays et lesbiennes pour les informer sur l’adoption et l’accueil.

Même musique à Bristol et dans le North Somerset, où les « Councils » ont lancé des campagnes similaires à celle menée à Leeds. Ils ont expliqué que pendant longtemps, les LGBT ont été considérés comme des « solutions de derniers recours » pour le placement d’enfants, mais que la baisse des candidats à l’adoption et à l’accueil d’enfants placés les a conduits à mettre en place ce recrutement spécifique.

Le langage longtemps entendu (« nous ferons telle ou telle chose lorsque la société sera prête ») se traduit ici en actes : « Nous nous transformons en une société bien plus ouverte et tolérante », souligne ainsi Clare Campion-Smith, élue libérale-démocrate qui se réjouit de ce que l’on puisse considérer aujourd’hui « les personnes comme des personnes » et non à travers leur étiquette : « Ce qui nous importe, c’est de faire entrer le plus grand nombre possible de gens idoines dans notre système d’adoption et de placement. »

Là encore, on annonçait hier la tenue d’une soirée « adoption et placement » spécifiquement dirigée vers les couples de gays et lesbiennes.

Dans le même temps, au nom de la non-discrimination affirmée par l’ubuesque « Equality Act » (plusieurs fois évoquée dans ce blog), les agences d’adoption catholiques ont été invitées à se soumettre ou à se démettre : plusieurs d’entre elles ont cessé cette activité plutôt que de proposer des enfants à l’adoption à des couples homosexuels, comme les y contrait désormais la loi.




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20 février, 2012

Canada : les droits des parents attaqués à l'école

La Cour suprême du Canada a rejeté vendredi la demande d'une famille québécoise catholique tendant à faire reconnaître le droit des parents à ne pas faire assister, ou plutôt faire subir à leur enfant le programme officiel d'éthique et de culture religieuse avec lequel ils sont en désaccord.

Les commentateurs juridiques locaux y voient un renversement total de l'appréciation du droit parental : selon l'avocat de la famille, Me Jean-Yves Côté, « l'Etat est désormais en mesure d'imposer dans le cadre des écoles publiques une idéologie qui ne correspond pas à la foi des parents ». « Aux termes du code civil, le parent délègue son autorité à l'enseignant. Désormais il y a un glissement de perspective. L'autorité de l'enseignant ne lui vient pas des parents, mais de l'Etat », a-t-il ajouté.

A vrai dire une telle conception jacobine de l'autorité est largement celle qui a cours en France non seulement dans les écoles publiques, ce qui est déjà un abus, mais encore dans les écoles privées sous contrat puisque – en théorie du moins, et je sais qu'il y a des exceptions dans la pratique – celles-ci sont tenues de se soumettre intégralement à ces directives venues d'officines ministérielles.

La différence est sans doute qu'il est des parents au Canada pour s'opposer à ce genre de parcours qui, au Canada, prend une dimension tyrannique. C'est en effet tout au long du cursus primaire et secondaire que les petits Canadiens, qu'ils soient scolarisés dans le système public ou même à la maison, doivent depuis 2008 prendre connaissance du large spectre des religions du monde et des « choix de styles de vie », présentés de manière « neutre ». Pour grand nombre de parents conservateurs, il s'agit là d'une promotion du relativisme qui les empêche d'exercer leur droit d'éduquer les enfants, qui comprend – même aux termes des traités internationaux – leur droit de les éduquer selon leur foi religieuse et leurs exigences morales.

La Cour suprême (ce n'est pas nouveau), s'en lave de fait les mains. Au lieu de s'intéresser au droit des parents elle s'est bornée à répondre que le programme d'éthique et de culture religieuse (ECR) étant présenté de manière neutre, il ne s'en prend à aucun type de croyance religieuse. « La neutralité de l'Etat est assurée lorsque l'Etat ne favorise ni n'empêche une quelconque croyance religieuse, ce qui veut dire qu'il respecte toutes les postures par rapport à la religion, y compris celle de n'en avoir aucune. »

Peut-on se contenter de ce laïcisme forcené ? Pour les associations de défense de la liberté de l'enseignement au Canada, certainement pas. Pour Patrick Andries de la Coalition pour la liberté en éducation, il s'agit là d'une approche non pas neutre, mais relativiste, d'autant que la présentation de plusieurs religions sur un plan d'égalité tend à « embrouiller les enfants ».

La Cour ne s'est pas contentée de cette argumentation, affirmant qu'il appartenait aux parents d'apporter la preuve que l'ECR a « gêné leur capacité à transmettre leur foi à leurs enfants ».

En clair : il faudrait que les parents puissent montrer a posteriori que leurs enfants avaient une foi altérée, ou avaient perdu la foi à cause du programme ECR : mission impossible – et mission insupportable pour les parents qui n'ont pas à prendre de risque à ce sujet.

Ou pour le dire autrement : l'Etat veut imposer la neutralité, qui est en soi un choix, dans un domaine spirituel qui ne le regarde pas, sans tenir aucun compte du droit premier des parents sur l'éducation.

On peut se réjouir ensuite de ce que la Cour suprême ne soit pas allée jusqu'à faire de l'enseignement de l'ECR une obligation constitutionnelle, puisque il est bien dit que celui-ci peut être contesté. Mais cela ne change rien du tout à la philosophie de sa décision.

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18 février, 2012

Le Brésil poussé à légaliser l'avortement par un comité de l'ONU

Le gouvernement de Dilma Rousseff a été dénoncé hier par des experts de l'ONU qui l'accusent de n'avoir pas agi pour éviter la mort de 200.000 morts par an à l'occasion d'avortements à risque (ces chiffres invraisemblables sont ceux cités par le Jornal do Comercio). C'est à l'occasion de la 51e session du Comité pour l'élimination de la discrimination contre les femmes (CEDAW) a demandé au gouvernement brésilien, mis sur le gril au cours d'une séance de cinq heures, de mettre fin à la pénalisation de l'avortement qui selon ses « experts » est directement responsable de l'hécatombe annoncée.

La Suissesse Patricia Schulz a ainsi déclaré : « Que comptez-vous faire de ce problème politique énorme que vous avez ? » Elle faisait allusion aux actuelles dissensions autour de la question de l'avortement : la nouvelle présidente, Dilma Rousseff, s'est dite personnellement favorable à l'avortement mais a dû, pour se faire élire, s'engager à ne pas le légaliser sous la pression de l'opinion publique, tandis que la nouvelle ministre aux droits des femmes, Eleonora Menicucci, a avoué avoir été formée à pratiquer des avortements et à en avoir subi elle-même deux pendant son passé de terroriste armée en Colombie.

C'est précisément Eleonora Menicucci qui a été envoyée à Genève pour présenter le point de vue du gouvernement brésilien… Elle s'est engagée à ne pas parler de ses opinions personnelles sur le sujet et n'a consacré que deux minutes à répondre aux injonctions de CEDAW sur la légalisation de l'avortement.

Eleonora Menicucci. Elle sait faire
des avortements, elle en a subi deux, et
elle a avoué des liaisons lesbiennes.
Elle fut aussi terroriste armée.
Et aujourd'hui ? Ministre brésilienne
 des Politiques pour les femmes. 
L'opposition du gouvernement du Brésil à l'avortement se montre ainsi encore plus ambiguë que par le passé. Eleonora Menicucci a déclaré devant le CEDAW que l'avortement était au nombre des 5 premières causes de mortalité féminine dans le pays, tandis qu'une représentante du ministre de la Santé a tenu à souligner que 60 établissements y sont accrédités pour réaliser les avortements dans les conditions actuelles de dépénalisation (viol, malformation fœtale…), et que ce réseau sera élargi.

Notez au passage le paradoxe – apparent. Les promoteurs de l'avortement annoncent toujours qu'il faut légaliser l'avortement dans les cas extrêmes pour préserver la santé des femmes, c'est donc déjà le cas au Brésil. Les pressions de CEDAW montrent que cela n'est jamais qu'une exigence d'étape. C'est avec la même virulence qu'on demande maintenant une libéralisation de la loi… pour préserver la santé des femmes.

Quoi qu'il en soit la réponse  de la représentante du Brésil n'a pas satisfait les « experts », qui font le maximum pour promouvoir l'avortement tout en sachant qu'ils n'en ont pas le droit. Ainsi Magaly Acocha a insisté pour dire que le Brésil ne peut pas se justifier à travers ses dissensions internes alors qu'« il y a des morts ». « Le Comité de l'ONU ne peut pas promouvoir l'avortement. Mais nous voulons que l'Etat garantisse aux femmes le droit de veiller sur leurs propres vies. »

Eleonora Menicucci n'a évidemment pas pris la franche défense de la position de son gouvernement, se bornant à dire que l'affaire ne concernait pas ce dernier mais le Congrès brésilien où une loi est actuellement en discussion : « Nous savons notre responsabilité quant à la prévention des morts féminines et maternelles. »

Le comité onusien n'a pas été totalement rasséréné. Car une autre proposition de loi est en train est en discussion devant la Chambre pour inscrire dans le droit brésilien un véritable statut de l'enfant à naître. «  Une femme ne peut pas être seulement la barque où grandit le fœtus. On ne peut pas donner la totale priorité au bébé et laisser la femme de côté », a déclaré Patricia Schulz. Approuvée aussitôt par Magaly Arocha : « Si le Congrès devait approuver cela, nous serions en présence d'une immense régression de nos droits reproductifs. »

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Discrimination « homophobe » : condamnation d’un couple britannique

Un couple revendiquant sa foi chrétienne a vu confirmée en appel sa condamnation pour avoir refusé d’héberger dans la même chambre au sein de leur hôtel deux « gays » qui étaient venus « tester » leur attitude vis-à-vis des homosexuels. Martyn Hall et Steven Preddy, liés par l’équivalent britannique du pacs, avaient retenu une chambre au nom de « M. et Mme Preddy » ; à leur arrivée, les propriétaires du Chymorvah Private Hotel en Cornouailles avaient renvoyé les deux hommes en indiquant qu’ils ne louaient leurs chambres doubles qu’aux couples légitimement mariés, un point de vue clairement exposé dans la présentation de l’établissement. Qui se trouve être aussi leur domicile.

Peter et Hazelmary Bull devront s’acquitter de 3 600 livres sterling d’amende (plus de 3 000 euros) pour refus de vente ou de services aux termes de la fameuse Equality Act de 2007.

Un mois avant l’incident, qui s’était produit en 2010, les Bull avaient été contactés par l’association de défense des droits LGBT Stonewell qui les accusait d’agir de manière discriminatoire, les menaçant clairement de poursuites, ce qui conduit le couple à penser qu’ils ont fait l’objet d’un testing.

Depuis leur condamnation en première instance en janvier 2011, les Bull ont été la cible d’un déluge de courriels et de coups de téléphone blasphématoires et obscènes. Leur établissement a été descendu en flèche sur les sites d’évaluation de consommateurs, souvent par des clients qui assuraient y avoir séjourné en hiver – alors que l’hôtel est fermé à cette saison.

Les trois juges qui ont confirmé la condamnation de Peter et Hazelmary Bull, Sir Andrew Morritt, Lord Justice Hooper et Lady Justice Rafferty, ont indiqué que « dans une société pluraliste il est inévitable que de temps en temps, comme ici, les opinions, les croyances et les droits des uns puissent ne pas être compatibles avec ceux des autres ». Ils ont précisé considérer que « les appelants ne sont pas confrontés à des difficultés particulières en ce qui concerne la manifestation de leurs croyances religieuses, cela leur est simplement interdit dans le contexte commercial qu’ils ont choisi ».

Y aura-t-il bientôt des professions interdites aux chrétiens ?


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16 février, 2012

Une caisse d'assurance-maladie pro-vie… en Allemagne

Une caisse d’assurance maladie allemande encourage ses membres à renoncer à l'avortement, en accordant  une prime de 300 euros est accordée à la naissance d'un enfant, en échange de la promesse de ne jamais avorter. BKK IHV de Wiesbaden, près de Francfort, est une petite caisse-maladie d’entreprise pour le commerce, l’industrie et les assurances récompense ainsi les seuls assurés qui auront adhéré à l’association « ProLife », son partenaire.

MyEurope souligne que la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X fait l'éloge de l'offre sur son site internet.

A ce jour, environ 1 200 des 16 000 assurés de la BKK IHV ont décidé de renoncer à l'avortement au travers de ProLife.

Mais la loi allemande oblige les assurances à financer les avortements légaux et leur impose un devoir de neutralité en tant qu'organismes publics. Mais se battre pour la vie, est-ce vraiment un « but idéologique » ?

BKK IHV est actuellement surveillée de près par l’Office fédéral des assurances sociales (Bundesversicherungsamt, BVA), l’instance étatique qui contrôle les quelques 200 caisses dans le pays.


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En Espagne, une expo blasphématoire rencontre l'opposition des catholiques

La nouvelle fait le tour des titres français qui reproduisent sans le moindre recul une dépêche de l'AFP sur le sujet : une exposition blasphématoire montrant une soixantaine de photos à thèmes racoleurs gays ou pornographiques mettant systématiquement en scène religieuses, symboles religieux ou parodies de l'Eucharistie.

Seuls les titres varient ; on passe de la colère des « catholiques ultra » à celui choisi par Le Figaro, aussi neutre que possible : « Nonnes sexy: une expo choc en Espagne. »


Et voici le début de la dépêche en question :

« Obscenity », une exposition photos à Madrid du spécialiste canadien du film trash et du porno gay Bruce LaBruce, qui montre notamment l'actrice Rossy de Palma en nonne super sexy, a suscité les foudres d'associations ultraconservatrices qui dénoncent un « blasphème ». L'exposition d'une cinquantaine de photos, inaugurée jeudi dans la Fresh Gallery de Madrid, montre aussi la chanteuse Alaska, icône de la movida madrilène, en une sorte de sainte sexy, vêtue d'une robe de skaï moulante noire, la bouche ouverte et une hostie sur la langue. (La suite ici.)
Un peu goguenard, le réacteur de la dépêche poursuit plus loin :
De quoi déclencher la colère d'associations catholiques ou ultra-conservatrices.
AES (Apostolado eucaristico) a appelé à une manifestation vendredi soir devant la galerie pour protester « contre le blasphème » et « en défense de nos racines chrétiennes ». « La provocation blasphématoire menace de nouveau », écrit l'organisation HazteOir sur son site internet. Quant à la Fondation Franco, elle dénonce une « exposition de l'injure » et « une attaque virulente et morbide contre la religion catholique ».


Tout juste. Et ce n'est pas la première. Comme la France ou l'Italie, l'Espagne est en proie à une véritable épidémie de spectacles et d'images offensantes pour les catholiques, pratiquant l'attaque gratuite contre les symboles et les images les plus sacrés de la foi, thème vendeur apparemment.

La nouveauté, c'est qu'un des protagonistes d'une des photos présentées se trouvait participer à une émission de débat politique avec Christina Schichtling, sur la chaîne radio des évêques espagnols, COPE. Il a été viré sur-le-champ. Mario Vaquerizo a simplement indiqué qu'il aurait fait pareil si quelqu'un était venu le déranger à l'intérieur de sa propre maison. « Ils sont dans leur droit », a-t-il commenté.

En effet. Les cathos n'ont pas besoin d'être des « ultras » ou des « intégristes » pour être vivement incommodés par ces attaques systématiques et obscènes contre la pureté et la chasteté. Et ils ont quand même bien le droit de le dire !

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13 février, 2012

Avortement : les médecins des Asturies refusent d'être des bourreaux

Le Dr Carmen Rodriguez
« Qu'on engage quelqu'un pour faire le travail ! »

La présidente du Collège des médecins de la province des Asturies, en Espagne, a déclaré qu'une loi autorisant l'avortement, quelle qu'elle soit, transforme les médecins en bourreaux. Carmen Rodriguez y est allée… franco :
« La société édicte des lois mais nous autres, médecins, nous n'avons pas à être ses bourreaux. Qu'on mette quelqu'un pour faire le travail. Mais qu'on ne fasse pas jouer à ce jeu par le médecin. »
Elle réagissait à des manifestations féministes au projet du gouvernement de Mariano Rajoy de modifier la loi d'avortement entrée en vigueur en Espagne en juillet 2010, pour revenir au régime antérieur : d'un droit absolu à l'avortement au cours des 12 premières semaines de gestation, et des conditions de santé ou de détresse particulières jusqu'à 22 semaines, on devrait passer en Espagne à l'avortement dépénalisé sous conditions, et rétablir l'obligation de consentement parental pour les mineures.

Carmen Rodriguez a souligné fortement que le Collège des médecins qu'elle préside est opposé à l'avortement, et elle a ajouté que tout changement de la loi reste nécessairement en marge de la pratique de la médecine : en clair, légal ou pas, les médecins se sentent étrangers à la question de l'avortement et estiment ne pas avoir à y participer.

Elle a cependant souligné que la réforme légale « est nécessaire », en particulier en ce qui concerne les mineures. « Il n'est pas possible que les parents soient responsables de leurs enfants et qu'ils ne le soient pas quand leur fille avorte. »

Par ailleurs, depuis l'entrée en vigueur de la loi d'avortement du gouvernement Zapatero, c'est en Asturies que l'augmentation des interventions a été la plus forte ; en 2010, le nombre d'avortements y a progressé de 26,8 % par rapport à l'année précédente, contre une moyenne nationale de 2 %, selon des chiffres avancés par La Voz de Asturias.

Nous avons ici l'illustration d'un principe : l'opposition personnelle et totale à l'avortement légal étant parfaitement connue – et ici défendue et revendiquée dans la pratique – n'exclut pas le soutien à une mesure légale insuffisante mais susceptible de faire diminuer le nombre d'avortements en durcissant le cadre.


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12 février, 2012

Euthanasie : aux Pays-Bas, un petit film pour bricoleurs

Dix ans après l'entrée en vigueur de la loi d'euthanasie aux Pays-Bas, un petit film vient d'être posté sur internet par un psychiatre spécialiste de l'« auto-euthanasie », Boudewijn Chabot : comment « s'euthanasier » proprement, sûrement et sans douleur. En clair, un mode d'emploi pour suicide tranquille pour ceux qui ne rentreraient pas dans le cadre légal de l'euthanasie.

Il s'agit du suicide à l'hélium : on loue un appareil à gonfler les ballons, on se passe un sac à rôtir autour de la tête, on remplit, on attend. L'endormissement vient vite, la mort arrive en 10 minutes. « Une manière sûre de mourir, entouré de ses proches », explique Chabot (on suppose que les proches sont nécessaires pour aller rendre l'appareil…).

Mais pour que personne ne puisse être poursuivi pour assistance au suicide – cela reste susceptible de sanctions pénales – certains gestes doivent impérativement être accomplis par le moriturus lui-même.

Côté NNVE (Association néerlandaise pour une fin de vie volontaire), on n'est pas convaincu. Sa directrice, Petra de Jong, s'interroge sur le caractère « humain » de cette forme de suicide et préfère recommander, de son côté, certaines combinaisons de médicaments que l'association recommande d'essayer d'obtenir en Belgique en prétextant un oubli d'ordonnance. C'est ce que recommande un documentaire de la NVVE projeté lors de l'actuel festival de films sur l'euthanasie organisé par l'association, The EndPetra de Jong pense qu'il n'y a rien de digne à mourir avec un sac sur la tête, des cachets, c'est mieux. (Comme quoi tout est relatif !)

Mais « digne » ou non, l'affaire révèle une poussée de plus en plus forte pour faire accepter l'idée du suicide facile, chacun devant pouvoir disposer chez soi du matériel idoine. On a fait sauter le tabou de la mort, se réjouit De Jong (mais en fait, c'est le commandement « Tu ne tueras pas » qui est évacué).

Radio Nederland, qui révèle cette information, raconte aussi comment réagissent les vendeurs de magasins de farces et attrapes où l'on se procure les réservoirs à hélium. Cela ne leur fait apparemment rien du tout. L'article cite un vendeur d'Amsterdam :

« Aucune idée de ce que je ferais si je voyais une petite vieille à la caisse. Je crois que lui louerais l'appareil, tout simplement. Le seul ennui, c'est que pendant ce temps-là, d'autres personnes ne pourraient plus gonfler leurs ballons. »

Mais de toute façon, il pense que l'appareil est bien trop lourd pour les « petits vieux ».

Faudra peut-être leur recommander de profiter de l'anniversaire d'un petit-fils ou d'une arrière-petite-fille pour passer l'âme à gauche ?

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11 février, 2012

Neurosciences : « Conflits et sécurité »… et Big Brother

L'excellent site de veille bioéthique australien BioEdge attire l'attention sur une étude menée par la Royal Society britannique qui se glorifie d'être la plus ancienne académie scientifique en exercice depuis sa fondation en 1660. Celle-ci se penche depuis quelque temps sur les avancées des neurosciences et leurs implications éthiques et vient de publier un rapport sur les liens de nouvelles découvertes en ce domaine avec des applications militaires et de police déjà utilisées ou prévisibles à court ou moyen terme. Document aussi passionnant qu'inquiétant par beaucoup de côtés puisque s'y dessine un avenir de possible manipulation des cerveaux et des potentialités humaines qui même dans les applications présentées par le rapport comme bénéfiques, posent d'importantes questions quant au respect de la personnalité et de la liberté humaine.

Quant à l'usage offensif et malveillant de ces nouvelles connaissances, il semble inévitable, tant il est vrai que toute techique peut servir au bien ou au mal…

A noter dans l'introduction : les savants rédacteurs du rapport affirment qu'ils s'en sont tenus aux faits, applications et recherches dont la réalité est publiquement connue, du matériel qui n'est donc pas « classé » secret-défense, parce que les intéressés en ont fait publiquement état, et précisent : « Les principaux bailleurs de fonds de ce type de travail (les Etats-Unis) sont relativement ouverts à propos de leurs activités et l'on peut donc avancer que ce qu'ils annoncent est fiable. »

Fiable peut-être. Mais complet ?

Parmi les applications positives, le rapport invoque un certain nombre de techniques qui, soit par exploitation de l'imagerie numérique de l'activité cérébrale, soit la stimulation électrique ciblée des zones du cerveau, soit l'administration de substances chimiques, permettent d'améliorer les performances des combattants dans un contexte de conflit, voire de les recruter selon leurs qualités personnelles.

Exemples : étudier l'activité cérébrale des recrues pour savoir s'ils sont plus doués pour la prise de risque, les décisions réfléchies ou la négociation en vue de solutions pacifiques ; s'ils ont des capacités de perception annonçant une meilleure reconnaissance des cibles, etc.

Différentes techniques permettraient dans un avenir qui n'est pas lointain de relier directement le cerveau des acteurs de conflits à des machines pour les diriger par la pensée (le rapport ne pose pas la question si cette lecture de la pensée marche dans les deux sens, permettant une orientation de la pensée !). En tout cas le gouvernement britannique assure que le développement, l'acquisition et l'usage de substances chimiques incapacitantes sont interdits par la loi des traités internationaux, selon le rapport, et ne s'y livrera pas.

Une première application thérapeutique permet de prévoir la création – en moins de dix ans – de prothèses qui puissent être commandées par le cerveau du patient. Mais aussi d'« effacer » des souvenirs pénibles responsables par exemple du stress post-traumatique : si l'on peut ainsi effacer des souvenirs mauvais, qu'est-ce qui empêche de mener plus loin la reprogrammation du cerveau ?

La prise de substances chimiques appropriées permettrait de réduire le besoin de sommeil en temps de conflit, d'améliorer les performances, d'augmenter la résistance au stress ; d'autres techniques de rendre perceptibles ou en tout cas utilisables les perceptions sub-conscientes.

On envisage même d'utiliser une substance comme l'ocytocine (l'hormone qui, pense-t-on, agit en faveur des liens humains puisqu'elle est dégagée lors des relations sexuelles, de l'accouchement et de l'allaitement) pour améliorer la cohésion et diminuer la compétitivité ou la rivalité au sein d'une équipe d'action.

Il y a aussi des applications offensives.

Le rapport cite les substances chimiques qui, administrées individuellement ou collectivement (par exemple  grâce à l'utilisation d'aérosols) pourraient avoir des effets d'ordre divers en agissant directement sur le système nerveux : de l'anesthésie provisoire collective à la détection du mensonge ou (mais c'est plus hypothétique même à moyen terme) à la détection des intentions immédiates d'un individu, voire à la possibilité de provoquer dans des foules des états d'excitation ou de violence. Certaines substances pourraient provoquer une perturbation des ondes du cerveau induisant la confusion généralisée.

Cela en fait des armes chimiques potentielles qu'il serait urgent de réguler par les traités internationaux puisque, non létales, elles ne sont pas nécessairement couvertes par les instruments existants (à supposer que ceux-ci soient respectés).

On imagine aussi l'intérêt que peut représenter un tel arsenal pour le maintien de l'ordre, la répression des émeutes ou la simple maîtrise de manifestations…).

On pense, assure le rapport, que de telles mises en œuvre ne sont pas pour demain puisque la manière dont les personnes, notamment les personnes les plus faibles comme les enfants, les vieillards, etc. réagissent à de telles substances peuvent être très diverses. Le rapport rappelle que l'utilisation d'aérosols contre des preneurs d'otages tchétchènes dans le théâtre Dubrovka à Moscou a provoqué la mort de 129 otages et causé de graves dommages à beaucoup d'autres, d'autant que le gouvernement n'avait pas voulu rendre publique la nature de la substance utilisée.

De nouvelles possibilités d'intervention chimique, souligne le rapport, sont fournies par les nanotechnologies : le cerveau humain est bien protégé des agents extérieurs, infectieux notamment, mais aujourd'hui des composés chimiques comme des peptides introduits dans le sang, incapables normalement de franchir la barrière du cerveau, peuvent la dépasser grâce à la nanotechnologie, confirment des recherches récentes. Les applications ne seraient alors pas seulement thérapeutiques…

Le rapport consacre un chapitre à la Ritaline, médicament largement prescrit aux enfants hyperactifs, beaucoup aux Etats-Unis, moins en France où le corps médical est généralement bien réticent. Des tests cités par le rapport laissent constater que ces drogues améliorent les capacités de mémoire de travail spatiale et de planification, mais non les capacités verbales, et réduisent la circulation sanguine au sein de régions cérébrales sollicitées pour des tâches particulières. Le rapport souligne que les effets à long terme de la Ritaline ne sont pas clairement connues et qu'elle est susceptible de créer des addictions, et peut avoir des effets secondaires cardiovasculaires non désirables.

En attendant de nous arroser de stimulateurs de la violence, de brouiller nos cerveaux ou de nous inciter à une coopération non-concurrentielle avec nos collègues, on pourrait peut-être au moins cesser d'exposer les enfants à de telles manipulations ?

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Nominations épiscopales en France : deux hirondelles font-elles le printemps ?

Mgr Nicolas Brouwet à Lourdes : une nomination phare


Le jour choisi pour l'annonce de la nomination de Mgr Nicolas Brouwet est évidemment hautement symbolique : le 11 février. Cela est d'ailleurs souligné par le communiqué de la Conférence des évêques de France, ainsi rédigé :
« En ce samedi 11 février 2012, fête de Notre-Dame de Lourdes, le Pape BenoîtXVI, ayant accepté la démission de Mgr Jacques PERRIER, a nommé évêquede Tarbes et Lourdes, Mgr Nicolas BROUWET, jusqu’à présent évêque
auxiliaire de Nanterre. »
Je vous propose dès ici le commentaire de cet événement qui sera publié lundi dans Présent, avec d'autres rappels concernant l'action et les prises de position du nouvel évêque, l'édition « papier » de cet article devant attendre notre prochaine parution. Sa nomination intéresse aussi particulièrement ce blog puisque Mgr Brouwet possède une licence de théologie du mariage et de la famille. – J.S.



Hier, une indiscrétion fâcheuse – et peut-être malveillante – faisait connaître qu’il était question de nommer Olivier de Germay, vicaire épiscopal à Toulouse, notoirement classique, sans être vraiment proche du monde traditionnel, comme évêque d’Ajaccio.
Mgr Brouwet au pèlerinage de Chartres
© photo : Olivier Figueras

Aujourd’hui, le jour de la fête des Apparitions de Notre-Dame de Lourdes, est rendue publique la nomination de Mgr Nicolas Brouwet, auxiliaire à Nanterre, comme évêque de la Cité mariale.

Un article de l’abbé Claude Barthe paru hier après-midi dans l’édition de Présent datée d’aujourd’hui, fait un état des lieux du diocèse de Tarbes et Lourdes. En résumé, le diocèse, comme de très nombreux diocèses de France, est un diocèse sinistré (dans 10 ans le diocèse n’aura plus qu’une trentaine de prêtres en activité, dont une poignée de curés) ; immobilisme qui joue en faveur de « l’esprit du Concile », avec parmi le critère désolant des absolutions collectives qui y sont pratiquées contre tout droit ; une catéchèse en recul constant ; 5 séminaristes ; 5 ordinations en 13 ans d’épiscopat de Mgr Perrier ; clergé vieilli et sécularisé ; cadres diocésains progressistes bon teint.

Mais le diocèse que prend aujourd’hui en charge Mgr Brouwet, comporte aussi des éléments fort vivants de ce qu’il est convenu d’appeler le « nouveau catholicisme » : collèges et lycées catholiques en expansion ; paroisses qui se tiennent encore, ou qui recommencent à se tenir (Ossun, Lourdes, Bagnères-de-Bigorre, Vic-en-Bigorre) ; communautés religieuses fort classiques (celles fondées par le Père Cabes et rattachée aux Fraternités monastiques de Jérusalem, à Ossun : Franciscains, Carmel de Lourdes ;  Clarisses ;  les Moniales de Bethléem à St Pé-de-Bigorre ; carmélites apostoliques de Bagnères ; Sœurs de Marie de Léouca). Sans oublier la présence traditionaliste, loin d’être négligeable (Fraternité Saint-Pierre, à Tarbes, avec une messe dans les Sanctuaires de Lourdes tous les dimanches ; prieuré et nouvelle maison médicale de la Fraternité Saint-Pie-X ; pèlerinages traditionnels annuels avec leurs célébrations dans les sanctuaires de la Fraternité Saint-Pie-X et de l’Institut du Christ-Roi Souverain-Prêtre).

Et le diocèse de Lourdes, c’est d’abord Lourdes, la ville des Sanctuaires mariaux (ou marials, si l’on préfère), avec les « foules de Lourdes », à partir du printemps et jusqu’au début de l’hiver, les prêtres, les évêques du monde entier. Lourdes, c’est aussi le lieu des réunions de la Conférence des Évêques de France dans les locaux « fonctionnels » de la Prairie des Sanctuaires.

Le nouvel évêque a 49 ans, Nicolas Brouwet. Il est vraiment l’homme de la situation. Il a fait des études d’histoire en Sorbonne,  puis de théologie à Rome, en se spécialisant sur les questions familiales. Ordonné prêtre en 1992, exerçant d’abord dans le monde étudiant, puis comme curé, il devient évêque auxiliaire dans son propre diocèse en 2008, vraisemblablement pour contrebalancer le « progressisme » de Mgr Daucourt, qui s’est démonétisé dans le refus têtu de dialoguer avec le monde traditionaliste (et spécialement le groupe de Paix liturgique) particulièrement présent et important dans l’Ouest parisien.

Nicolas Brouwet est en effet notoirement favorable à la messe traditionnelle. Il a même créé l’événement, lors d’une réunion du Groupe de Réconciliation entre Catholiques (dirigé par le P. Lelong), à Paris, à St-Honoré-d’Eylau, en déclarant que non seulement la célébration de la messe traditionnelle lui avait personnellement beaucoup apporté, mais qu’elle avait cet effet d’amener avec elle « tout ce qui va avec » : prédication, catéchismes, mouvements de jeunes.

On dit que la Congrégation pour les Evêques n’a pas été insensible au profil liturgique « réforme de la réforme » de ce jeune évêque, qui n’hésite pas à célébrer selon la forme extraordinaire, à participer au pèlerinage de Chartres, à procéder à des ordinations dans les instituts Ecclesia Dei, et à la dernière Pentecôte, à célébrer pour le Pèlerinage de Chrétienté la messe pontificale à Chartres.

Chargé de l’enseignement catholique à Nanterre, particulièrement florissant du point de vue des effectifs, il a cherché à le rendre « catholique », sensible à l’exemple local des écoles hors contrat.

On dit dans le monde ecclésiastique que la nomination flamboyante d’aujourd’hui est destinée à réparer l’énorme bévue de la nomination du P. Fonlupt à Rodez. Une hirondelle ne fait pas le printemps (des nominations épiscopales). Deux ? 

10 février, 2012

L'UNESCO pro-avortement : la preuve par Barcelone

Des « experts » de la Chaire UNESCO de bioéthique de l'Université de Barcelone (UB), entourés d'avocats, de médecins experts en contraception et sexualité (sic) ont demandé lors d'un séminaire universitaire la mise en place d'un registre unique et public des médecins objecteurs de conscience par rapport à l'avortement, afin d'améliorer l'accès des femmes à l'« IVG ».

La titulaire de la chaire, qui dirige également l'Observatoire de la bioéthique et du droit et l'Association Bioéthique et droit de cette université, Maria Casado, a clairement expliqué à la presse que l'objectif visé était de garantir le libre droit des femmes de mettre fin à leur grossesse.

Depuis la mise en place dans certaines provinces d'une obligation d'inscription sur des registres – en principe privés – des médecins objecteurs de conscience, les médecins pro-vie ont protesté contre ce fichage et ce flicage.

Maria Casado a invoqué l'exemple britannique en expliquant que si ce pays dont les habitants sont jaloux de leur intimité peut mettre cela en place, l'Espagne aussi…

Elle a ajouté qu'elle reconnaît aux objecteurs le droit d'adopter leur position mais estime qu'ils doivent toujours la faire connaître avant d'entrer au bloc opératoire et que cette objection doit connaître des limites, dès lors que la santé de la femme est en danger. Ainsi, au Ve séminaire de la chaire UNESCO tenu à Barcelone sur le thème « l'avortement et l'objection de conscience », il s'agissait surtout de demander que celle-ci soit cadrée, circonscrite, limitée : « Le plus important est que l'on respecte les droits dans une société démocratique » – droit de la femme, donc, contre droit du médecin.

Pour bien enfoncer le clou Maria Casado a ajouté que l'objection de conscience est par nature individuelle : « Lorsqu'elle se transforme en quelque chose de collectif pour des motifs idéologiques, l'affaire se transforme en désobéissance civile. » La faute à qui ? A l'Eglise catholique, bien sûr, nommément désignée par Mme Casado comme promotrice de l'objection de conscience contre la loi d'avortement.

Et pourquoi refuser une objection collective ? Parce que « l'objecteur ne prétend pas changer la norme, il se soustrait seulement à son accomplissement pour des raisons de conscience personnelle ».

L'universitaire parrainée par l'UNESCO a également dénoncé la volonté du gouvernement Rajoy de modifier la loi d'avortement en un sens restrictif et a ajouté un peu de lutte des classes à son propos en dénonçant les difficultés de celles qui sont plus pauvres et sans ressources culturelles pour accéder à l'avortement.

Outre des associations faisant la promotion de la contraception, la Généralité de Catalogne a officiellement apporté son soutien à cet événement.

Un petit mot sur l'UNESCO, pour finir : voici le site officiel de la chaire UNESCO de bioéthique en question. Elle a pour objectif la promotion des Droits humains et une « conception de la bioéthique pluridisciplinaire, laïque et flexible », avec une dimension internationale puisque ses travaux doivent rayonner dans es pays en voie de développement, en Amérique latine notamment.

Elle entend également former des personnes appelées à siéger dans des comités de bioéthique.

En 2003, LifeSite attirait déjà l'attention sur un document de l'UNESCO réclamant « l'avortement à la demande » pour les femmes et les jeunes filles.

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Euthanasie en forte augmentation en Belgique

Selon des chiffres officiels publiés par la commission de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie en Belgique, le nombre d'euthanasies a fortement augmenté en 2010, enregistrant à 1.133 cas comptabilisés une progression de 16,5 % sur l'année précédente. Le rapport annuel précise que 44 % des euthanasies se sont déroulées à domicile ; seuls 25 % des victimes à peine un quart a plus de 80 ans. 85 % des cas répertoriés l'ont été en Flandres.

Le proportion croissante de patients en psychiatrie qui réclament et obtiennent l'euthanasie constitue une donnée « inquiétante » selon la presse belge néerlandophone.

Celle-ci souligne également l'une des raisons possibles de la tendance générale à la hausse en Flandres : le fait que le « tabou » de l'euthanasie ait été levé par l'attention médiatique qui s'est focalisée sur la question ces derniers temps, avec notamment le cas d'un jeune homme qui a choisi la sédation palliative à 23 ans après avoir lutté 8 ans contre un cancer rare des os : Bart Verbeeck était devenu un inspirateur de la jeunesse, multipliant conférences dans les écoles et interventions sur Internet pour encourager chacun à vivre pleinement chaque jour, sans se laisser démonter par les petites contrariétés.

Sédation palliative : dans son cas, il s'est agi de le plonger dans un coma artificiel pour le soulager de ses douleurs insupportables en phase terminale de cancer ; il est mort trois jours plus tard en décembre 2010, ayant clairement fait savoir qu'il était contre l'euthanasie et voulait une mort naturelle.

Le cas de la sédation palliative reste pourtant ambigu parce qu'il se juge d'après l'intention : s'agit-il de soulager la souffrance, quitte à raccourcir la vie, ou de provoquer la mort, par euthanasie lente en quelque sorte ? Pour la presse belge flamande, la grande notoriété de l'histoire de ce garçon courageux a eu pour effet de banaliser l'euthanasie.

Un long métrage intitulé Tot Altijd (« A jamais ») tourne par ailleurs en Belgique pour conter l'histoire du premier euthanasié dans le cadre légal, Mario Verstraete.

Les spécialistes belges de l'euthanasie d'interrogent aussi sur le fait que la proportion des euthanasies pratiquées en Flandres reste toujours aussi élevée. Pour Wim Distelmans, titulaire de la chaire « Fin de vie digne » à l'université libre de Belgique, explique : « Apparemment les médecins wallons ont un autre regard sur l'euthanasie et la voix du patient sonne moins forte qu'en Flandres. »

Il ajoute que le nombre de sédations palliatives sont beaucoup plus fréquentes en Wallonie : comme elles peuvent être pratiquées sans consentement du malade, l'universitaire estime qu'elles sont le signe d'une médecine « paternaliste ».

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09 février, 2012

Politique de l'enfant unique : les tricheuses de Hong Kong

Le directeur du département du planning familial de la province chinoise de Guangdong vient de faire savoir que les couples de Chine continentale se rendant à Hong Kong pour y mettre au monde un deuxième enfant seront punis d'amende. Leur comportement, souligne Zhang Feng, viole la politique de l'enfant unique, rapporte China Daily cité par crienglish.com.

S'il se trouve des fonctionnaires parmi eux, la sanction s'annonce encore plus lourde : ces employés seront purement et simplement licenciés…

« Peu importe, a martelé le responsable, qu'ils donnent naissance à leur deuxième enfant sur le territoire continental ou dans d'autres pays ou région, ils ont violé la politique du pays et le règlements de la province. » Et d'ajouter que certaines familles avaient déjà été « punies » ces derniers mois.

Il réagissait à un article d'un journal de Hong Kong soulignant que les services de santé sur place étaient surchargées par l'afflux croissant de femmes chinoises qui viennent accoucher sur place et obtiennent un droit de résidence du fait de la naissance de leur enfant. Ainsi en 2010, sur les 88.000 naissances comptabilisées à Hong Kong – population totale, environ 7,5 millions d'habitants – plus de 41.000 concernaient des couples venant du continent, avec une majorité d'originaires de Guangdong.

Pour cette année, les autorités de l'île de Hong Kong ont fixé à 34.000 le nombre d'autorisations pour des femmes du continent désirant y accoucher. (Et les autres ? Avortement ? Accouchement clandestin chez elles en espérant ne pas êtres repérées par les fonctionnaires du planning ?)

On envisage également de modifier la loi pour que la Loi fondamentale de Hong Kong n'octroie plus un droit de résidence permanent à tous les enfants y naissant de femmes venant du continent, comme c'est le cas actuellement.


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08 février, 2012

Euthanasie : aux Pays-Bas, des équipes volantes dès le 1er mars

L'Association pour une fin de vie volontaire (NVVE) multiplie les actions pour répandre et faciliter l'euthanasie tout en tentant d'obtenir une législation plus libérale. Elle vient d'annoncer la mise en place d'une « clinique de fin de vie », pour laquelle elle recherche toujours des locaux adéquats, mais qui démarrera sous forme de six équipes mobiles composées d'un médecin et d'un infirmier qui proposeront l'euthanasie à domicile pour ceux qui ne veulent plus vivre.

Théoriquement il s'agira de personne qui satisfont aux critères actuels de l'euthanasie dépénalisée mais dont le médecin traitant ne veut ou ne peut pas honorer la demande.

Les équipes seront basées à La Haye où l'association espère pouvoir ouvrir dès l'été quelques chambres pour y pratiquer la mise à mort des patients. Si l'affaire démarre cependant avec des équipes volantes c'est parce qu'il s'avère que les patients préfèrent, dans l'ensemble, mourir chez eux.

Le service sera entièrement gratuit, du moins dans un premier temps, financé par les adhérents de l'association.

Les médecins et infirmiers ne seront plus dans ce cadre que des « docteurs-la-mort », ayant pour unique objectif de faciliter l'élimination de personnes qui souffrent, sans même s'encombrer de détails comme la question de savoir s'il est possible de soulager les souffrances physiques ou morales des patients, questions qui restent malgré tout posées même par les médecins euthanasieurs « classiques » (si l'on peut dire).

La NVVE milite par ailleurs pour le droit à l'euthanasie pour toute personne « fatiguée de vivre » et ayant passé les 70 ans.

La fédération de médecins KNMG a dénoncé ces projets. Tout en reconnaissant qu'il est des patients qui n'arrivent pas à se faire euthanasier par leur médecin de famille, elle estime que les équipes volantes ne sont pas une solution. La question fait partie intégrante de la relation entre ledit médecin de famille et le patient qui mérite d'être connu dans son histoire médicale et son environnement, et pour qui des solutions thérapeutiques doivent d'abord être cherchées. On risque d'aboutir – dans le cadre des équipes volantes – à des passages à l'acte qui auraient pu être évitées, assure le KNMG.


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Colère en Angleterre : des implants contraceptifs chez des mineures sans consentement parental

Cela se passe dans neuf établissements publics de Southampton, en Angleterre : des petites jeunes filles âgées de 13 ans y ont reçu des implants contraceptifs à l'insu de leurs parents dans le cadre d'un programme  gouvernemental visant à faire baisser le nombre des grossesses adolescentes. Selon le Daily Telegraph, 33 opérations ont été pratiquées sur des collégiennes dans cette ville au cours de cette campagne, mais on ignore combien de mineures ont pu être ainsi stérilisées par des contraceptifs de longue durée dans le cadre scolaire : on sait en tout cas qu'il s'agit de la mise en œuvre de directives gouvernementales imposant aux municipalités de financer l'offre et la mise en place d'implants ou d'injections contraceptives dans les écoles.

Selon une mère de famille citée par le journal, les jeunes filles de Southampton se voyaient proposer l'implant et le recevaient à la suite d'un simple questionnaire médical et d'un entretien avec des « experts de santé », et sans qu'aucune visite de suivi ne leur soit imposée. Le recueil de leur consentement se faisait au terme d'une procédure censée permettre de vérifier leur aptitude à faire le choix d'accepter le « soin ».

Curieusement, les parents cités reprochent moins aux autorités d'avoir installé des implants à leur insu que ne pas avoir assuré un contrôle adéquat a posteriori et de n'avoir pas consulté le médecin de famille des jeunes filles concernées.

Selon des statistiques publiées l'an dernier par la NHS (National Health Service) par moins de 1.700 jeunes filles âgées de 13 et 14 ans ont reçu des implants l'année précédente, 800 autres ayant reçu des injections contraceptives aux effets similaires. Chez les mineures âgées de 15 ans, ces chiffres avaient atteint 3.200 et 1.700 respectivement.

La NHS a défendu la campagne menée à Southampton en assurant que depuis le début, cette pratique a permis de faire chuter de 22 % les grossesses adolescentes.

Est-ce juste et moral pour autant ?

Inévitablement, la stérilisation certes réversible mais de longue durée incite à la précocité des relations sexuelles qui deviennent de plus en plus anodines – blessant le corps et l'âme des jeunes qui se préparent d'amers lendemains en dissociant l'acte sexuel de l'amour, en s'exposant à de difficiles ruptures, spécialement pour les jeunes filles qui auront tout donné à un garçon qui les jettera… Le Family Education Trust assure que les implants encouragent la promiscuité sexuelle et ne protègent pas contre les infections sexuellement transmissibles, de plus en plus fréquentes chez les adolescents au Royaume-Uni. « De telles campagnes aboutissent inévitablement à ce que les garçons fassent pression sur les filles pour obtenir des relations sexuelles », explique son directeur, Norman Wells.

A quoi il faut ajouter les effets secondaires des contraceptifs chimiques, que l'on connaissait déjà grâce à Amère pilule d'Ellen Grant et dont la réalité, la gravité et le nombre sont régulièrement confirmés par des études sérieuses.

Il y a enfin l'effet abortif des implants et des injections : s'ils visent principalement à inhiber l'ovulation pendant trois ans – c'est bon, ça, pour des jeunes filles au début de leur puberté ? – ils ont aussi un effet contragestif avéré puisqu'ils peuvent empêcher la nidation d'un œuf fécondé.

Une jeune fille de treize ans qui fait partie des 33 mineures « traitées » à Southampton a témoigné auprès du Daily Telegraph des raisons de son choix : « J'ai demandé l'implant parce que j'avais envie d'avoir des relations sexuelles », a-t-elle expliqué. Elle estime avoir agi de manière « responsable » et assure que « l'implant fonctionne vraiment bien : je crois qu'il rend un bons service ». Et d'ajouter que la « pleine confidentialité est nécessaire parce que certains enfants n'arrivent tout simplement pas à parler à leurs parents. »

Et sa mère ? Eh bien, finalement elle est « fière » de sa fille qui a pris la responsabilité de se protéger, même si elle pense qu'il est « moralement erroné » de faire pratiquer des interventions chirurgicales mineures à l'école sans consentement parental. Elle demande des excuses à la Solent NHS Trust – mais surtout pour exiger que chaque jeune fille concernée soit obligatoirement convoquée à un rendez-vous de suivi.

Triste époque, décidément.

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Espagne : l'association des trisomiques 21 contre l'avortement discriminatoire

Alors que le gouvernement de Mariano Rajoy annonce une prochaine modification de la loi d'avortement, la Fédération espagnole de la trisomie 21 (Down España) a demandé mardi que le nouveau texte accorde la même valeur à chaque vie, à chaque enfant à naître, qu'il soit ou non porteur d'un handicap grave.

La loi actuelle entrée en vigueur en juillet 2010 proclame un droit absolu à l'avortement pendant les 14 premières semaines de grossesse, et l'autorise jusqu'à 22 semaines en cas de « graves anomalies du fœtus », ce qui équivaut, rappelle Down España, à légaliser l'avortement eugénique, et constitue une « discrimination » envers les enfants porteurs de handicap. Une telle législation « considère la vie d'une personne handicapée comme ayant moins de valeur que celle d'une personne sans handicap », note l'association.

C'est l'égalité du droit de vivre pour tous les enfants conçus, en somme.

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Etats-Unis : ingérence laïciste de l'armée

L'archevêque américain aux Armées a fait connaître son indignation après l'interdiction apportée par la hiérarchie militaire à la lecture publique d'une lettre qu'il avait envoyée à tous les chapelains catholiques en poste aux Etats-Unis.

Mgr Timothy P. Broglio avait rédigé une lettre pastorale condamnant l'obligation faite par l'administration d'Obama à tous les assureurs santé de couvrir la contraception, les « contraceptifs d'urgence », potentiellement abortifs, et la stérilisation volontaire. Elle devait être lue en chaire dans toutes les chapelles militaires au cours du week-end du 28-29 janvier. Elle accusait l'administration de mettre en place une obligation qui viole la liberté religieuse que protège la Constitution américaine et appelait les catholiques à s'y opposer.

La hiérarchie de l'Armée avait aussitôt envoyé un courriel interdisant formellement la lecture publique de la lettre, précisant que l'ordre de l'archevêque n'avait pas fait l'objet d'une « coordination » avec les autorités : tout au plus était-il toléré que l'existence de la lettre soit mentionnée et que les fidèles puissent en obtenir une copie au fond des chapelles…

Pour finir, des discussions entre Mgr Broglio et le secrétaire aux Armées, John McHugh, ont abouti à un compromis : ce dernier reconnaissant que la décision d'interdire la lecture publique avait été une « erreur », mais imposant qu'une phrase soit ôtée du texte, c'était celle-ci : « Nous ne pouvons – nous ne voulons pas –  nous mettre en conformité avec cette loi injuste. » Pour McHugh, une telle phrase peut être vue comme un appel à la désobéissance civile.

Mgr Broglio a publié un communiqué annonçant que son droit à la liberté d'expression et à la liberté de pratiquer sa religion ont été violés par l'Armée.

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07 février, 2012

L'évêque de San Salvador fait retirer une œuvre d'art comportant un symbole maçonnique

Au départ, Mgr José Luis Escobar Alas, evêque de San Salvador (El Salvador) ne pensait pas vraiment de mal d'une mosaïque ornant le fronton de sa cathédrale. L'œuvre de Fernando Llort, 2 700 azuléjos représentant sur le mode naïf des thèmes de l'artisanat local donnaient un peu de vie – sans le moindre génie – à la façade en béton d'une des plus laides cathédrales du monde comme le disent sur place ses contempteurs (mais après Evry, s'il vous plaît !). Mais les carreaux se décoloraient et menaçaient de tomber, uns situation engageant la responsabilité de l'Eglise : juste après les festivités du 1er janvier, on tendit une grande bâche devant la cathédrale et la mosaïque fut retirée, morceau par morceau. Interpellé, l'évêque de San Salvador expliqua qu'il aimait bien l'œuvre et qu'on pourrait peut-être la remonter à l'intérieur de l'édifice.

Mais il vient de changer d'avis, après qu'on eut attiré son attention sur le fait que la mosaïque, réalisée en 1997 ans pour célébrer les accords de paix qui mirent fin à la guerre civile en 1992, sous le titre « L'harmonie de mon peuple », comporte un symbole maçonnique, le triangle avec l'œil illuminé.

« Une œuvre d'art comme celle-là ne peut se trouve sur un temple catholique », a-t-il jugé. Expliquant qu'elle y avait été laissée de longues années parce qu'il n'avait jamais prêté attention au symbole. (Encore un auditif qui ne voit que ce qu'il met en paroles !)

« La raison pour laquelle on ne peut pas remonter l'ancienne mosaïque ni une nouvelle similaire, est  la sécurité des personnes, puisque, selon les normes de l'Eglise catholique, il ne peut y avoir sur le temple que des œuvres d'art qui élèvent la foi des personnes qui les voient – des œuvres d'art sacré, ce que la mosaïque n'était pas – ; et pour finir, aucune œuvre d'art placée dans un temple ne doit servir de propagande commerciale pour son auteur », a fermement rappelé Mgr Escobar Alas.

Un collectif d'artistes est en train de demander à l'Assemblée législative d'imposer le retour de la mosaïque de Llort.

La cathédrale (qui abrite les restes de Mgr Oscar Romero) n'est pas bien belle, peut-être, mais alors la mosaïque…



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Culture de vie : la belle histoire de Joey Page

Parfois il faut lever le nez des mauvaises nouvelles qui pleuvent dans le domaine d'intervention de ce blog, et s'émerveiller de ce qui peut aller bien, pourvu que les cœurs soient ouverts à la paternelle bienveillance de Dieu…

Voici donc l'histoire qui fait la une de LifeSite depuis hier soir : celle de Joey Page, l'enfant que ne voulait pas mourir.

C'était un petit quatrième. Sa maman, Kristin, étaient tellement fatiguée par sa famille de trois jeunes enfants (de 2 à 7) ans qu'elle avait refusé de faire un test de grossesse alors même qu'elle avait la certitude d'être enceinte. Peu à peu, soutenue par son mari, elle s'était habituée à l'arrivée d'un nouvel enfant et l'attendait désormais avec amour.

Elle en était à sa 13e semaine lorsque, subitement pendant la nuit, elle perdit les eaux.

Appelé en urgence, son médecin lui dit de n'aller aux urgences que le lendemain matin puisque, selon lui, il n'y avait aucune chance qu'un enfant puisse survivre sans liquide amniotique à ce stade, il n'y avait plus qu'à attendre son décès.

Allaient suivre une série d'examens échographiques qui tous confirmèrent l'absence de liquide amniotique, mais à chaque fois le cœur de l'enfant battait vigoureusement. Si le premier médecin avait simplement conseillé aux parents de rentrer chez eux, de prier et d'attendre la mort inéluctable du tout petit, d'autres spécialistes se succédèrent ensuite pour conseiller vivement un avortement par dilatation et curetage, pour épargner à la jeune maman la tristesse de devoir attendre une fausse couche ou de donner le jour à un enfant qui ne vivrait pas plus d'un jour. A 16 semaines, un dernier expert accusa Kristin de vouloir laisser sa famille sans épouse et sans mère pour un bébé qui de toute façon n'avait aucune chance de survie : « Votre seule option est de mettre fin à la grossesse. » Car du fait de l'absence de liquide amniotique, elle risquait une infection grave.

Kristin et son mari, Matt, sortirent en larmes de cet entretien. Et commencèrent à chercher une lueur d'espoir sur internet : peut-être d'autres bébés avaient-ils survécu dans une telle situation ? C'était vain, l'arrêt de mort semblait signé. Mais ils trouvèrent tout de même un centre de maternité pro-vie à Fairfax, Virginie – le Tepeyac Family Center – où la naissance de bébés sans espoir de survie n'est pas considérée comme un scandale à éviter à tout prix. Kristin et Matt venaient de prendre la décision de tout laisser entre les mains de Dieu, leur douloureux « Fiat » se résumant à une offrande : que Dieu prenne leur tout-petit, si telle était sa volonté…

Pendant quelques semaines, la grossesse de Kristin fut suivie de près au Tepeyac Family Center : de semaine en semaine, et contre toute espérance, son bébé semblait grandir sans problème. A 26 semaines, après un repos prolongé, Kristin fut transférée vers un hôpital à une heure de route de sa maison ; elle était suivie en permanence pendant que l'enfant grossissait normalement.

La famille Page
A 32 semaines et 3 jours, les battements de cœur de Joey devinrent brutalement irréguliers. Après une attente de 24 heures, on pratiqua une césarienne d'urgence – et Kristin se préparait à la mort prochaine de son enfant, demandant juste à Dieu d'avoir au moins deux jours avec lui pour lui dire tout son amour.

Joey naquit tout bleu, et l'on craignit le pire. Le médecin accoucheur – catholique comme les Page – baptisa l'enfant immédiatement : Joseph Charles Page. Matt était là pour couper le cordon.

C'est alors que l'inimaginable se produisit : Joey cria fortement. Il souffrait certes de pneumothorax et il fallut l'oxygéner et lui faire des soins et des examens importants au cours des 7 semaines qui suivirent… Mais il n'avait pas seulement survécu, il allait quitter l'hôpital en parfaite santé. Sa naissance eut lieu le 2 octobre 2006 ; aujourd'hui, c'est un garçon espiègle qui vient d'entrer en maternelle. C'est un gamin plein de vie, toujours prêt à rigoler.

Il a aussi la joie d'avoir une petite sœur…

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05 février, 2012

Euthanasie : contrebande de produits belges…

Pour les Néerlandais, la loi d'euthanasie est aujourd'hui « insuffisante » : c'est du moins ce que voudrait faire entrer à coups de massue dans l'opinion publique l'association NVVE (Association néerlandaise pour une fin de vie volontaire), qui milite pour le droit d'être euthanasié lorsqu'on est fatigué de vivre.

La dernière campagne d'agitation de l'association prend la forme d'un documentaire prochainement diffusé aux Pays-Bas, Medeleven. On y voit un homme de 91 ans, en bonne forme, se rendre à Anvers pour s'y procurer des médicaments capables de lui assurer une mort « choisie ». Piet Jiskoot a déjà commenté son aventure dans une émission d'infos, Nieuwsuur, où il raconte qu'il souffre d'une terrible tristesse depuis la mort de son épouse il y a deux ans, au bout de 65 ans de mariage. Lui qui n'a jamais eu de grave maladie n'entend pas se trouver dépendant des autres, cloué dans un fauteuil roulant ou dans son lit. Si cela devait arriver, il veut avoir une porte de sortie dont il puisse être maître, sans dépendre de l'acceptation de sa demande d'euthanasie.

Cette demande, il ne peut la faire en l'état actuel, ne souffrant pas de manière insupportable ou sans espoir comme le veut la loi néerlandaise, d'autant que son médecin traitant lui refusera de toute façon l'euthanasie pour des « raisons religieuses », comme il dit. Du coup Piet Jiskroot a demandé conseil au NVVE, qui lui a conseillé de prendre la « filière belge ». Il s'agit d'acheter, par ruse et mensonge, assez de comprimés d'une molécule normalement prescrite pour la polyarthrite rhumatoïde, le Plaquenil, pour pouvoir en absorber une dose mortelle.

Le documentaire suit le vieil homme qui de Frise, se rend à Anvers et y visite plusieurs pharmacies en expliquant qu'il est en voyage et a laissé sa boîte de Plaquenil à la maison par erreur. La molécule n'étant délivrée que sur ordonnance, les pharmaciens hésitent à lui en donner, puis, dans plusieurs cas, lui en donnent une demi-boîte en convenant qu'il reviendra avec son ordonnance pour avoir le reste des comprimés. Au cours d'une même matinée, plusieurs pharmaciens céderont ainsi des comprimés à Piet Jiskroot qui en accumule assez, au bout du compte, pour rentrer chez lui avec une dose létale de Plaquenil en poche. Non pour l'utiliser tout de suite, mais quand il en aura envie, à sa convenance.

En Belgique, le corps médical s'insurge puisque – en dehors même de toute considération morale – le Plaquenil n'est en aucun cas utilisé pour l'euthanasie et à dose forte mais insuffisante, il est capable de provoquer des souffrances importantes du fait de ses effets secondaires, suivies ou non de la mort. C'est donc clairement un abus de la molécule, recommandé sans scrupules par une association prête à tout pour faire avancer la cause de la mort…

NVVE reconnaît que le déballage des ressorts de la « filière belge » va immanquablement tarir cette source. « Nous avons pris cela en compte », assure son porte-parole, Walburg de Jong, citée par Nieuwsblad.be. « Il nous a semblé plus important de montrer tout ce que des personnes très âgées sont obligées de faire pour arriver à réaliser quand même leur désir de mort. M. Jiskoot était encore en état d'aller rassembler lui-même ces médicaments, mais bien d'autres sont contraints par le désespoir à avoir recours à des méthodes indignes de l'homme. Une corde, ou un train, pour les appeler par leur nom. »

Comme les « avortements clandestins » ont partout servi à justifier la légalisation de l'avortement, les euthanasies clandestines sont aujourd'hui l'un des arguments systématiques du lobby de l'euthanasie élargie : les morts sanguinolentes, les gens qui se jettent sous le train (retardant le trafic, ça fait désordre) sont ainsi la « preuve » qu'il faut faire les choses proprement et dans la légalité.

En France, où l'euthanasie n'est pas légale (ce qui n'équivaut pas à dire qu'il ne s'en pratique pas !) on insiste plutôt sur le droit de choisir, quitte à honnir un Dr Bonnemaison au motif que son action n'était pas sollicitée par ses victimes présumées, ou sur l'inhumanité des méthodes qui sont devenues possibles dans le cadre de la loi Leonetti : la privation volontaire d'alimentation, qui constitue lorsqu'elle a pour objectif la mort une euthanasie à part entière.

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04 février, 2012

Espagne : contre « l'éducation à la citoyenneté », la réussite d'une mobilisation exemplaire

Plusieurs sites francophones ont rendu compte d'une nouvelle décision du gouvernement espagnol qui va dans le sens du détricotage de la culture de mort : le ministre de l'Education, José Ignacio Wert, a annoncé le remplacement du programme d'« Education à la citoyenneté » (EpC) par un programme d'éducation civique et constitutionnelle. (Article le plus complet ici.) Cette initiative suit de près la décision du même gouvernement de revenir sur quelques-unes des mesures de la loi d'avortement : l'avortement sans consentement parental pour les mineures ou le droit absolu à l'avortement pendant le premier trimestre de grossesse.

Il faut le souligner, ces décisions n'auraient pas été prises sans une mobilisation courageuse et exemplaire des parents et des gens de bonne volonté, soutenus par la hiérarchie catholique.

Preuve que le changement pour le bien est possible…

L'EpC, mise en place en 2006 par le gouvernement socialiste de José Luis Zapatero, rend obligatoire l'enseignement de thèmes orientés aussi bien dans le domaine politique et économique – avec un fort penchant anti-capitaliste, gauchiste, anti-patrons – que dans le domaine spirituel puisqu'elle prône un laïcisme sectaire, et moral, avec une « éducation sexuelle » favorable à la licence absolue, quand elle n'est pas carrément pornographique, et qualifiant l'avortement de « droit ». Bien entendu, l'idéologie du genre est au rendez-vous et sous-tend le tout.

A la différence de ce qui se passe en France, donc, au lieu d'être diffuse, éclatée parmi les différentes matières, l'EpC fournit une sorte de concentré à la fois plus facile à identifier et plus facile à faire combattre, comme en témoignent les prises de position nettes de bien des évêques et les différentes démarches entreprises pour en finir avec elle.

C'est la force de ces Espagnols s'opposant à l'invasion de la culture de mort qui a eu raison du programme – dans un contexte où la plupart des lois de mort sont en pratique irréversibles en Europe occidentale, quel que soit le parti aux affaires – l'action des centaines de milliers de personnes descendues dans la rue pour la défense de la famille et des biens qui en sont indissociables n'étant pas dissociable des résultats électoraux qui ont porté Mariano Rajoy au poste de Premier ministre.

Des milliers de parents espagnols se sont courageusement opposés à l'EpC en refusant que leurs enfants assistent aux cours en question, souvent en acceptant d'aller devant les tribunaux pour faire reconnaître leur droit ; sur la question, une affaire est aussi pendante devant la Cour européenne des droits de l'homme.

La rapidité avec laquelle l'équipe de Mariano Rajoy a accepté de remettre en cause ce programme scolaire est à la fois satisfaisant et inquiétant, selon des sources espagnoles : nul ne sait encore quel sera exactement le contenu de l'éducation civique et constitutionnelle, et la manœuvre peut viser à endormir les milieux de défense et de la vie, qui est pourtant loin, très loin, d'avoir obtenu le démantèlement de toutes les lois d'ingénierie sociale inventées par l'équipe Zapatero.

La loi d'avortement, qu'on n'envisage pas d'abroger dans son ensemble, est un exemple. Mais il y a aussi le mariage homosexuel, le divorce express, les modifications de l'état civil pour le rendre compatible avec l'idéologie du genre…

L'une des principales forces d'opposition à l'EpC, aux côtés notamment de Profesionales por la Etica, est la « plateforme citoyenne » HazteOir qui a largement contribué à mettre les thèmes du respect de la vie et de la famille au premier plan de la vie politique et à permettre une mobilisation concertée.

Alors que ces thèmes sont pour le moins pris en compte par le pouvoir – une victoire majeure, quelle que soit son étendue que nous ne pourrons évaluer que dans quelques mois – une campagne de dénigrement s'abat sur HazteOir, l'accusant d'être financée et manipulée (tout comme une part de la Conférence épiscopale) par une obscure secte mexicaine, El Yunque. Intégriste, paramilitaire, pratiquant la mises sous tutelle mentale des adolescents, la « secte » mérite décidément tous les quolibets à la fois – j'allais oublier qu'elle est aussi accusée de haïr les homosexuels et les juifs et d'être nazie, sans quoi rien de tout cela ne paraîtrait sérieux… Ce genre d'accusations, ça nous connaît. Elle permettent commodément de rejeter les adversaires sans surtout les entendre…

Ignacio Arsuaga, le dynamique patron de HazteOir, rejette évidemment toutes ces accusations dans une interview publiée vendredi par InfoCatolica comme « délirantes ». Arsuaga entend poursuivre la « diffamation » mais il dénonce également une certaine tendance hostile aux pro-vie qui s'active aussi au PP, le parti populaire de Rajoy :

« Il y a quelques groupes de gauche qui œuvrent à la fois à l'intérieur et à l'extérieur du PP, s'activant pour obtenir que la rébellion civique qui s'est éveillée pendant les années du zapatérisme disparaisse et n'ennuie pas la classe politique. Rappelons-nous les paroles de Jesus de Polanco, alors président du groupe Prisa : « S'il y avait une droite moderne et laïque, nous la soutiendrions, c'est ce qui nous manque. » Pour certains, HazteOir.org est un obstacle qui empêche la mise en place de ce modèle de droite progressiste-laïciste sur lequel ils veulent dessiner un nouveau Partido Popular. »
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02 février, 2012

Abroger la loi Veil ?

« Non, non, non, non, non, non… non, non, non, non »

 La réponse – peut-être avons-nous oublié un « non » – est celle de Christine Boutin à Jean-Jacques Bourdin sur RMC, mercredi matin : « Non, je ne reviens pas sur la loi sur l’avortement. » C’est non, obsessionnellement non, alors même que le projet du Parti chrétien démocrate veut « protéger l’embryon ». La loi Veil, et les différentes lois qui l’ont aggravée jusqu’à faire de l’avortement libre et remboursé un « droit », et un « droit » sur-protégé, ne sera pas remise en cause, pas même par l’éventuelle candidate à la présidence du parti qui se réclame du christianisme. Même s’il n’est nul besoin de se réclamer du christianisme pour dénoncer la mise à mort annuelle de 220 000 petits d’homme en France dans le cadre de l’avortement légal.

Etrange schizophrénie.

A vrai dire Mme Boutin n’est pas la seule à en être atteinte, elle traverse tout l’échiquier politique des partis ayant pignon sur rue où l’on trouve encore en général, ou au moins chez certains, une attitude qui se voudrait « pro-vie ».

C’est la schizophrénie imposée par le tabou, le tabou de la loi Veil, ainsi nommé sous mes yeux par des élus UMP personnellement et discrètement hostiles à l’avortement : s’en prendre à ce tabou, c’est accepter d’être politiquement mort.

Et tout le problème est là.

A vues humaines, la trouille de ne plus exister, de ne plus pouvoir porter un projet que l’on considère – à tort ou à raison – indispensable pour sortir la France de la désespérance où elle s’enfonce, spoliée de son indépendance et de sa souveraineté, la certitude d’avoir tous les gros médias contre soi, expliquent cette pusillanimité quand il s’agit de traduire en propos et en actes politiques son choix personnel pour la vie.

Les uns et les autres disent et espèrent « instaurer des conditions favorables à l’accueil de la vie », ce qui est louable en soi et peut permettre d’espérer une lente réduction du massacre, meurtrier pour les tout-petits, suicidaire pour la nation. Cela fonctionne en Croatie, c’est vrai.

Mais rester prisonnier du tabou, c’est en même temps le légitimer, le sacraliser, le pérenniser. Par une sorte d’autocensure qu’il faut appeler par son nom. Si abominable massacre il y a, si l’on en est intimement persuadé, pourquoi s’interdire d’en hurler la réalité ? Quelles sont donc ces forces qui imposent le silence ? Où est l’urgence politique ?

D’aucuns diront, non sans raison : le plus urgent est de se soustraire à ces forces qui se situent au-delà des nations et contre elles, sans quoi rien de bon ne pourra être durablement entrepris.

Voilà qui explique sans doute le cafouillage dans le projet présidentiel de Marine Le Pen, d’abord annoncé, le déremboursement de l’avortement en a été effacé, quant à l’avortement légalisé lui-même, c’est presque le syndrome du « non, non, non, non… »

Pourtant le Front national ne rompt pas avec des propositions plus favorables à la vie. Interrogé dans l’émission « Mots croisés » sur France 2, mardi soir, Louis Aliot, vice-président du FN, a osé parler, malgré le harcèlement verbal de Michel Sapin et de Daniel Cohn-Bendit, de « l’IVG de confort », affirmant toujours qu’il fallait mettre un terme à son remboursement ; à l’inverse de celui de l’avortement « thérapeutique ». Bien sûr ce raisonnement comporte un grave défaut : tout avortement tue un être humain, et l’avortement thérapeutique est une contradiction dans les termes. Mais tenu là, et devant ce parterre-là, le propos n’était pas sans courage et s’en prenait, modestement peut-être, au tabou.

La violence des réactions qui l’ont accueilli en témoigne. Une chroniqueuse « sexo » (comme ils disent) du site du Nouvel observateur, Gaëlle-Marie Zimmerman, s’est fendue d’une longue lettre à ce « cher Louis Aliot » en disant son refus viscéral de tout nouvel enfant (les couches, les réveils nocturnes, les genoux écorchés, la morve à essuyer, le permis de conduire à payer) au nom de SON confort. Prête à mourir pour ce confort-là sous les aiguilles à tricoter d’une faiseuse d’anges – comme si l’avortement clandestin ne se pratiquait pas en clinique par des médecins véreux, certes, mais qualifiés.

En attendant, le massacre continue. La moyenne est de quelque 600 morts par jour : un génocide apparemment propret, aux frais du contribuable.

Imaginons un seul instant qu’on ait eu le loisir, la simple possibilité de dénoncer publiquement l’extermination des juifs dans l’Allemagne nazie. Aurait-on plaidé pour qu’on en tue un peu moins, qu’on le fasse sur des fonds privés, qu’on se borne à éliminer les plus malades, les handicapés, qu’on arrête le massacre progressivement en créant de meilleures conditions d’accueil pour cette catégorie d’hommes ?

La réponse est évidemment qu’à classer les hommes en catégories du point de vue de leur droit de vivre – Juifs, Arméniens ou enfants à naître – on peut tout justifier, un peu plus ou un peu moins.

Sommes-nous dans un état totalitaire, que ce langage de vérité ne puisse être tenu ?

« N’ayez pas peur ! », disait Jean-Paul II, le pape d’Evangelium Vitae, à peine élu au siège de Pierre. Pour briser le tabou de l’avortement, il faudra bien s’en souvenir.

Article paru dans Présent daté du 3 février 2012.

Pour s'abonner, c'est par ici.

01 février, 2012

Assurance maladie et remboursement de pratiques contraires à la loi naturelle : Mgr Bruskewitz réagit

Les évêques américains sont mobilisés contre le plan de santé Obama. Après mon cher confrère Daniel Hamiche qui a traduit la lettre du cardinal Donald Wuerl, à lire dans la rubrique Americatho sur Riposte catholique, je vous propose une autre réaction  très ferme.


C'est par une forte lettre à ses ouailles que l'évêque de Lincoln, Nebraska, Mgr Fabian D. Bruskewitz, a dénoncé l'obligation faite à tous les pourvoyeurs d'assurance-santé américains de couvrir le remboursement de la stérilisation et des produits contraceptifs et abortifs. Il a imposé la lecture intégrale et « obligatoire » de sa lettre lors de toutes les messes dominicales du diocèse ces 28 et 29 janvier, au moment des annonces paroissiales. Je vous en propose ma traduction avant d'y ajouter quelques commentaires vus de France…


Au clergé, aux religieux, aux fidèles laïcs du diocèse de Lincoln.

Bien-aimés dans le Christ,

Les évêques catholiques des Etats-Unis, conduits par le cardinal désigné Timothy Dolan, président de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis, s'unissent pour attirer l'attention de tous les catholiques de notre pays sur une grave offensive contre notre foi, contre nos consciences, et contre notre chère liberté de religion. Je suis heureux d'unir ma voix et mes efforts à ceux de ces Successeurs des Apôtres et de protester  de la manière la plus vive contre une obligation – pas même une loi dûment adoptée – décrétée par l'Administration Obama qui impose à tous les catholiques des Etats-Unis de violer leurs consciences et d'apporter leur soutien à l'avortement, à des produits pharmaceutiques abortifs, à la contraception et  à la stérilisation.

Comme vous le savez, l'achat d'une assurance-santé par chaque citoyen des Etats-Unis est désormais obligatoire en vertu de la loi fédérale. Cette même loi donne autorité au Secrétaire de Cabinet pour la Santé et les Services humains sur l'assurance-santé dans son ensemble. Le Sécretaire actuel, Kathleen Sébélius, apostate catholique amère, requiert que toute assurance, y compris privée, couvre obligatoirement la couverture de péchés graves et mauvais. Cela signifie que toutes nos écoles catholiques, nos hôpitaux, nos agences de services sociaux, et assimilés vont être forcés à participer au mal. L'Eglise catholique a supplié le président Obama d'annuler ce décret, mais toutes les supplications ont été accueillies avec mépris et sont tombées sur des oreilles de sourds. Ce décret s'accompagne de nouvelles offensives du gouvernement fédéral contre les services catholiques de secours social  (Catholic Relief Services) et contre le travail des évêques dans les services d'aide aux immigrés et aux réfugiés.

La secrétaire Sebelius, en un acte de dérision, a déclaré que ceux qui pourraient bénéficier de l'objection de conscience (quasiment personne) ont un an pour se mettre en conformité, mais qu'au cours de cette année ils devront « adresser » les gens à une assurance qui couvre ces actes mauvais. Nous ne pouvons pas et nous ne voulons pas respecter ce décret injuste. Comme les martyrs de jadis, nous devons être prêts à accepter des souffrances qui pourront comprendre de lourdes amendes et l'emprisonnement. Notre liberté religieuse américaine est gravement menacée.

Tous les catholiques sont invités à prier et à faire pénitence pour que cette question trouve une solution. Tous doivent prendre contact avec leurs représentants élus pour protester contre ce scandale et pour insister sur l'adoption d'une loi « Respect de la conscience » qui passe actuellement devant le Congrès.

Avec ma bénédiction pour chacun d'entre vous et pour ceux qui vous sont chers, je suis

Sincèrement vôtre dans le Christ Jésus,

Le très révérend Fabian W. Bruskewitz
Evêque de Lincoln

Dans l'état actuel des choses, on n'imagine rien de semblable en France. Pourtant nos cotisations sociales obligatoires servent à financer l'avortement, plusieurs moyens contraceptifs et contragestifs, la stérilisation contraceptive dans certains cas limités, le dépistage d'anomalies du fœtus aboutissant quasiment toujours à l'avortement, des procédures de procréation artificielle, et nos impôts nationaux et régionaux servent à la promotion de tout cela dans les établissements scolaires et les centres publics d'information de la jeunesse.

On n'a jamais entendu un quelconque responsable religieux demander clairement pour les catholiques leur droit à l'objection de conscience en ces domaine.

La seule échappatoire partielle se trouve dans le choix d'une mutuelle complémentaire qui ne couvre pas la part à charge de l'assuré pour ces procédures ou ces produits, tant que cela dure ; cela reste marginal.



 
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