08 mai, 2012

Belgique : euthanasie pour les mineurs et les déments, ça se précise

Myriam Vanlerberghe
Il aura fallu moins de quinze jours pour qu'une proposition de l'association « humaniste » belge (l'Association des libres penseurs humanistes) se traduise en proposition de loi. Elle sera présentée en ce mois de mai par deux sénatrices socialistes flamandes, Myriam Vanlerberghe et Marleen Temmerman sous la forme de deux textes de lois visant à légaliser l'euthanasie pour les mineurs d'une part, et pour les personnes en voie de devenir démentes et celles tombées dans un état d'inconscience permanent. L'initiative a été annoncée samedi dernier, à l'occasion d'un symposium organisé à Bruxelles pour marquer le dixième anniversaire de l'euthanasie en Belgique.

Plusieurs associations de libre-penseurs et de partisans de l'euthanasie entouraient à cette occasion le professeur Wim Distelmans, souvent cité sur ce blog : cet oncologue, spécialiste des soins palliatifs, est également l'un des grands promoteurs de l'euthanasie en Belgique.

Les socialistes belges ont annoncé une lutte acharnée pour obtenir l'adoption des propositions Vanlenberghe et Temmerman : ce sera, disent-ils, une « seconde révolution d'éthique ».

Il s'agit plutôt d'un lent mais inexorable glissement dans la logique de l'euthanasie légale : on vise à l'ouvrir progressivement à des enfants, des personnes privées de jugement, voire des personnes inconscientes, alors qu'au départ tout le monde assurait qu'elle était acceptable dans la mesure où elle serait pratiquée uniquement sur des personnes qui en feraient la demande en pleine possession de leurs moyens.

Bien sûr, les socialistes belges s'inspirent de l'exemple du voisin néerlandais où l'euthanasie des mineurs est autorisée avec l'accord des parents dès 12 ans et moyennant une simple consultation des parents dès 16 ans. L'euthanasie des personnes en voie de devenir démentes mais suffisamment en possession de leurs moyens est approuvée et s'étend depuis plusieurs années, tandis qu'en 2011 l'euthanasie d'une personne en phase plus avancée d'Alzheimer a été jugée conforme par l'ensemble des commissions d'évaluation.

La proposition belge relative aux mineurs propose de ne pas instaurer un âge minimum, au motif qu'il y a des enfants de 7 ou 10 ans qui sont assez « adultes » pour prendre une telle décision. L'euthanasie pourrait être pratiquée dès lors qu'il y aurait un « consensus » entre l'enfant, ses parents et l'équipe médicale. Ne seraient exclus que les enfants très jeunes qui ne sont pas en mesure de prendre des décisions en pleine connaissance de cause puisqu'il s'agit là d'une condition de l'euthanasie légale. On notera que la presse belge souligne que pour ces enfants, la question de l'administration de la fin de vie se pose autrement…

Marleen Temmerman
Pour les personnes démentes, la solution (finale) proposée par Marleen Temmerman, médecin, diffère également de la pratique néerlandaise. Elle suggère que les personnes en voie de devenir démentes puissent faire un testament de fin de vie applicable lorsqu'elles n'auraient plus cette possibilité de prendre la décision de demander la mort en pleine connaissance de cause. Et à cette fin elle propose que la durée de validité du testament de vie soit prolongée bien au-delà des cinq ans actuels.

Pour l'heure, ce sont les sénateurs wallons qui s'opposent de la manière la plus nette à la libéralisation de l'euthanasie. Le socialiste Philippe Mahoux estime ainsi qu'il est « impossible de déterminer juridiquement à quel moment une personne doit être considérée suffisamment démente pour appliquer son testament de vie antérieur ».

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06 mai, 2012

Un juge argentin dénoncé devant le Conseil de la magistrature pour avoir refusé un avortement

Un juge pénal argentin, José Oscar Colabelli, vient d'être dénoncé par plusieurs groupes féministes devant le Conseil de la magistrature de la province de Chubut pour avoir refusé en février dernier l'accès à un avortement « légal » à une jeune fille de 12 ans violée et enceinte, en raison de ses « convictions personnelles » qu'il est accusé d'avoir fait passer devant le « droit provincial, national et international ». La décision devait être révoquée peu après en appel.

L'avortement est considéré comme non punissable en Argentine en cas de viol mais – jusqu'à une date récente – il fallait une décision judiciaire pour constater la situation et faire exécuter cette « pratique médicale légale », comme la nomment les associations féministes. Une récente décision de la Cour de justice suprême fédérale a cédé devant leurs pressions pour déclarer que dans les cas où des exceptions d'impunité sont prévues par la loi, l'avortement peut être pratiqué sans recours aux tribunaux, une nouveauté qui est en train de gagner progressivement les provinces argentines qui doivent l'intégrer dans leur pratique.

Mais pour des associations pour les « droits des femmes » comme le Comité de América Latina y el Caribe para la Defensa de la Mujer, la  Casa de la Mujer Puerto Madryn et la Fundacion Madre Luna, il s'agit de jouer sur tous les fronts. C'est pourquoi elles invoquent un prétendu « droit provincial, national et international », pour faire croire que l'avortement est-un droit, au moins dans certaines circonstances. Or il n'en est rien. Aucun traité international, aucune convention des droits n'affirme un « droit » à l'avortement en quelques circonstances que ce soit, et s'il est vrai que la loi nationale argentine prévoit l'absence de peine pour l'avortement en certains cas, cela n'en fait pas automatiquement un droit. Et ce n'est pas une jurisprudence, fût-elle de la Cour suprême, qui peut le transformer en loi.

C'est précisément parce qu'on lui demandait de prendre un acte qui allait permettre un avortement que le juge d'Esquel, José Oscar Colabelli, a dit « non ». Et il ne s'agissait pas précisément d'ordonner l'intervention mais d'autoriser le prélèvement d'échantillons sur le corps de la mineure et de l'enfant à naître afin de faire des tests ADN pour découvrir quel était le père de ce dernier : ce qui conduisait automatiquement à pratiquer un avortement.

« J'y suis totalement opposé, fondamentalement pour des raisons juridiques, car les principes constitutionnels affirment que la vie doit être protégée depuis la conception, c'est pourquoi je considère qu'il ne pouvait s'opérer une discrimination entre un enfant né et un enfant à naître dès lors qu'il a été engendré », a-t-il expliqué, soulignant la contradiction entre l'article 68 du code pénal argentin qui crée les exception, et la réforme de la Constitution en 1994 qui affirme le respect de la vie.

Au plus tôt, sa situation sera examinée le 21 mai. Colabelli a déclaré ne pas s'attendre à ce que le Conseil de la magistrature s'immisce dans la décision qu'il a rendue.


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05 mai, 2012

Benoît XVI ému par un couple qui héroïquement, choisit la vie

Chiara, 28 ans, va mourir bientôt. Elle le sait : à moins d'un miracle, elle est condamnée à brève échéance par un cancer qui « explosé » après la naissance de son troisième enfant, Francesco. En accord avec son mari, Enrico, 33 ans, elle avait refusé pendant sa grossesse tout traitement lourd susceptible de faire du mal à l'enfant qu'elle portait. Pour le catholique, ce n'est pas un choix moralement impératif : soigner une maladie grave, même au risque de porter involontairement atteinte à la santé ou à la vie d'un enfant à naître, n'est pas un mal. Mais Chiara a choisi, avec joie, le don d'elle-même absolu et héroïque.

Cette joie, elle était paraît-il visible, elle éclatait sur les visages de Chiara et d'Enrico qui ont eu le bonheur, mercredi dernier, de s'approcher du Pape à l'issue de l'audience générale, et de lui raconter leur histoire. Benoît XVI, visiblement ému, les a touchés avec tendresse. Ils sont l'image vivante de l'Evangile de la vie.

Il n'y pas de photo publique de cette rencontre. Question de respect.

L'histoire de Chiara et d'Enrico a déjà été marquée par leur fidélité sans failles au respect de la vie, de toute vie humaine innocente. Avant Francesco, deux enfants sont nés, si gravement handicapés qu'ils sont morts peu après la naissance. Le couple savait dès avant leur naissance que Marie souffrait d'anencéphalie – elle a rendu l'âme 30 minutes après sa naissance – et que David, sans jambes et portant de graves atteintes aux organes internes, ne vivrait pas non plus longtemps. De fait, il est mort quelques heures après sa naissance.

Dans les deux cas, et malgré l'incitation à avorter – la solution qui aurait pu paraître si « raisonnable » face à des situations aussi dépourvues d'espoir – Chiara et Enrico n'ont pas imaginé une seconde mettre un terme à la vie de leurs enfants à naître. Membres d'une paroisse franciscaine, profondément marqués par le pontificat de Jean-Paul II, ils ont choisi de renouveler chaque jour leur consécration à Marie, imprégnés de sa devise, Totus Tuus. Et c'est en pensant à lui, à la manière dont il a vécu sa vie, qu'ils ont pris leur décision par rapport au traitement du cancer de Chiara. Se confiant totalement à la Providence…

Chiara-ci, tout sourire, a expliqué à L'Osservatore Romano comment elle voit l'avenir. Se tournant vers son mari, elle a dit : « Quand je ne serai plus là, je m'occuperai de Marie et de David, prends bien soin de Francesco. »

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04 mai, 2012

Le Dieu de Clotilde


Joli personnage que ce Clovis, roitelet barbare belliqueux, cruel, vindicatif, jaloux de son pouvoir, avide de nouvelles terres, à la tête de ses guerriers rompus aux batailles les plus âpres et aux pillages les plus voraces. Prudent, aussi : avant son baptême comme après, il éliminait sans scrupules rivaux et cousins héritiers en puissance du bien qu’il était en train de constituer pour ses fils. Polygame par-dessus le marché. Clotilde, princesse chrétienne, non seulement acceptera de l’épouser malgré une première femme toujours bien présente, mais déjouera un complot qui cherchera à empêcher ses noces.

Il est aussi, intéressé, Clovis. Clotilde lui parle de son Dieu, mais l’armée de Clovis est formée de païens. Prendre le risque d’une conversion, qui plus est à un Dieu crucifié, cela se peut-il ? Que feraient ses hommes ? Ecouter les conseils de Rémi, soit. L’évêque a déjà multiplié les approches tant que Clovis remportait victoire sur victoire, ville sur ville. Car ce roi fort pourrait bien assurer aux chrétiens une protection dont ils ont grand besoin, pour pouvoir exercer leur foi dans un monde hostile, rempli de païens et d’hérétiques. Rémi s’impose par son savoir et sa sagesse, devient conseiller. Clotilde fait baptiser les enfants de Clovis mais son Dieu se révèle impuissant… à le servir. L’aîné, Ingomer, ne mourra-t-il pas encore revêtu de sa robe de baptême ?

Ce n’est qu’acculé face aux Alamans que Clovis, en désespoir de trouver une divinité païenne capable de le soustraire à une défaite certaine, se souvenant de Clotilde et se souvenant de Rémi, fait sa promesse en plein champ de bataille. S’il l’emporte malgré tout, Clovis s’engage à se convertir à ce « Jésus que sa femme Clotilde proclame fils du Dieu vivant ». Et c’est la victoire. Inespérée.

Clovis s’instruira ensuite de la foi chrétienne, non sans résistance, auprès de Rémi. Et c’est à la tête de 3.000 hommes qu’il recevra le baptême, et fera de la religion catholique celle de son royaume. France, fille aînée de l’Eglise.

Clovis, c’était le choix de Dieu. Qui l’eût cru ?

Les temps et les mœurs ont bien changé. La barbarie a pris d’autres formes, et aujourd’hui on n’en est plus à se vouer à un dieu et encore moins à Dieu pour remporter une victoire, fût-elle électorale. Enfin, pas à ma connaissance. La laïcité est passée par là.

Mais il y a toujours des catholiques à protéger, et des droits naturels à défendre. Ces catholiques qui ont besoin de pouvoir affirmer et transmettre leur foi ; qui savent leur droit menacé de ne pas devoir confier leurs enfants à des écoles et des enseignants où les programmes officiels de l’Etat imposent les faux dogmes d’aujourd’hui. Il y a toujours un pouvoir qui peut laisser moins de place, ou davantage, à ce qui nous est étranger, voire hostile.

L’histoire de Clovis ne dit pas comment voter dimanche.

Elle promet encore moins une rechristianisation de ce pays en 2012, même si nos « racines chrétiennes » font vibrer les foules – n'est-ce pas que c'est nouveau ?

Mais elle enseigne que pour la sauvegarde, autant que faire se pouvait, des « principes non négociables », ou pour le dire de manière plus classique, la loi naturelle, la vérité, les chemins peuvent être étranges et inattendus, et les décisions apparemment bien éloignées des principes. Fallait-il accepter devenir une « première épouse » ? Avec un meurtrier, un chef de guerre soucieux d’abord d’élargir ses frontières ? Fallait-il négocier avec un païen les meilleures conditions possibles pour faire vivre les chrétiens sur cette terre qui attendait encore de devenir française ? Fallait-il épouser sa soif de victoires et utiliser ses ambitions pour obtenir quoi que soit ? et ce fut l’inimaginable, sa conversion, et celle d’un royaume ! Ni Clotilde ni Rémi ne pouvaient parier sur la réussite.

Mais ils ont agi aussi loin qu’allait leur pouvoir. Auprès d’un homme qui a fini par ouvrir ses oreilles et les entendre. Et qui n’a pas été parfait ensuite, loin s’en faut.

Mais le bien était fait…

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30 avril, 2012

Guen Guangcheng s'est échappé – la politique chinoise de l'enfant unique sous les projecteurs

Guen Guangcheng, l'homme qui dérange
L’avocat chinois aveugle et autodidacte Chen Guangcheng s’est échappé de son domicile où il était assigné à résidence dans des conditions très dures depuis plus d’un an et demi. « Il a pu sortir de chez lui le 22 avril et ses amis (…) l’ont conduit en lieu sûr, en dehors de sa province du Shandong », a indiqué à l’AFP Bob Fu, militant des droits de l’Homme basé aux Etats-Unis et en contact avec Chen. Chen Guangcheng a été incarcéré, battu, surveillé, privé de soins, pour avoir osé parler contre la politique de l’enfant unique en Chine et ses stérilisations et avortements forcés. (Source : Présent du 28 avril.)

Diverses sources annoncent que l'avocat militant a trouvé refuge à l'ambassade des Etats-Unis a Pékin, sans y avoir pour autant demandé l'asile politique puisqu'il ne veut pas cesser le combat qu'il mène depuis de longues années, et qui serait moins efficace s'il se trouvait hors des frontières chinoises.

La presse francophone insiste sur l'embarras des autorités américaines qui s'apprêtent à entamer des pourparlers commerciaux avec leur « honorable partenaire » chinois : Chen Guangcheng est perçu par elles comme un personnage encombrant capable de brouiller les entretiens par ses choix éthiques et politiques.

Barack Obama a même refusé de commenter ou de confirmer l'affaire aujourd'hui, répondant simplement qu'il était courant d'informations circulant à ce ce sujet.

Guen Guangcheng, en attirant l'attention internationale sur son sort, espère sans doute obtenir que lui-même et ses proches ne soient plus persécutés et malmenés. En même temps il force les regards vers la politique de l'enfant unique qui a toujours cours en Chine, avec des conséquences effroyables pour les femmes et les familles.

Ainsi, aujourd'hui, c'est un média du poids de CNN qui consacre un article au sujet, au lieu qu'il soit cantonné comme à l'ordinaire aux médias indépendants (et pauvres !) qui sont le plus souvent les seuls à en parler.

Ashley Hayes raconte l'histoire de Ji Yequing, enceinte – contrairement aux ordres gouvernementaux – de son deuxième enfant. Elle et son mari attendaient cette nouvelle naissance avec joie et impatience. Mais les autorités en ont eu vent, et c'est de force qu'elle a été traînée vers une clinique, non sans avoir battu son mari pour l'empêcher de lui venir en aide, puis maintenue plaquée sur un lit où elle a subi un avortement forcé.

Elle en a témoigné en septembre devant le Congrès aux Etats-Unis où elle a, depuis, trouvé asile. Racontant le « vide » abominable qu'elle avait ressenti : « Tout cet espoir, cette joie, cette attente heureuse avaient disparu. J'étais déprimée, triste. Pendant très longtemps, chaque fois que je pensais à mon enfant perdu, je pleurais… »

Ji Yeqing allait être soumise à un deuxième avortement forcé en 2006, trois ans après le premier, alors même qu'elle et son mari avaient déclaré qu'ils acceptaient les amendes et les sanctions (la perte de leur emploi) prévus si la jeune femme devait accoucher d'un deuxième enfant. Tout s'est terminé par un divorce, son mari d'alors lui reprochant de ne pas pouvoir lui donner un fils.

CNN rapporte d'autres cas particulièrement atroces d'avortements tardifs, dont un pratiqué à neuf mois où le bébé, né vivant, a été aussitôt noyé. Une image qui a fait le tour de Twitter en Chine.

Une autre femme témoignant devant le Congrès, Liu Ping, a subi cinq avortements forcés entre 1983 et 1990 avant de se voir implanter de force un dispositif intra-utérin. Elle devait alors se rendre dans la clinique de son usine tous les mois pour vérifier qu'elle n'avait pas ôté le stérilet et n'était pas enceinte : ayant raté une de ces visites en raison de la maladie de sa mère, en phase terminale, elle avait été agressée à son retour chez elle par des agents de la commission de planning familial qui l'ont battue : en chutant, Liu Ping s'est cassé deux vertèbres. Une tentative de suicide devait suivre, stoppée par ses proches : c'est ensuite seulement qu'elle a pu obtenir l'asile aux Etats-Unis et se réconcilier avec son mari dont elle avait divorcé.

La Chine connaît un taux de suicide féminin exceptionnellement élevé : 500 par jour. C'est aussi le seul pays au monde où le nombre de suicides féminins est plus important que celui des hommes.

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28 avril, 2012

ONU : le Saint-Siège rappelle les droits des parents sur l'éducation et le choix de l'école

Mgr Francis Chullikat
Dans le cadre de la 45e session sur la population et le développement, la délégation du Saint-Siège – qui a  statut d'observateur permanent à l'ONU – est intervenue à New York le 24 avril dernier pour affirmer les droits prioritaires des parents sur l'éducation de leurs enfants, et leur droit de choisir l'école, voire l'école à la maison, plutôt que les écoles d'Etat. Et après les parents, les institutions religieuses, les communautés locales et le secteur privé… Je vous propose ici ma traduction intégrale du texte lu par Mgr Francis Chullikat, qui vient d'être mis en ligne par le site de la mission.


Monsieur le Président,

Ma délégation vous est reconnaissante de ce que, dans son rapport sur le suivi des programmes de population centré sur les adolescents et la jeunesse (E/CN9/2012/5), le Secrétaire général ait affirmé l’importance des familles dans la formation des adolescents et de la jeunesse, et, partant, les droits et les responsabilités de leurs parents. La famille est la cellule originelle de la société, la fondation première des liens sociaux et le lieu où les relations de demain – nuptiales, parentales, filiales, fraternelles – sont cultivées. Chaque famille, fondée sur l’union indissoluble entre un homme et une femme, accomplit sa mission qui est d’être une cellule vivante de la société, une pépinière des vertus, une école de coexistence constructive et paisible, un instrument d’harmonie et un environnement privilégié où la vie humaine est accueillie et protégée, de manière joyeuse et responsable, depuis son commencement jusqu’à son terme naturel. A cet égard, la valeur unique et irremplaçable de la famille fondée sur le mariage, et l’inviolabilité de la vie humaine depuis la conception jusqu’à la mort naturelle, doivent être affirmées.

Depuis quelque temps déjà ma délégation a remarqué une tendance déconcertante, à savoir le désir de quelques-uns de minimiser le rôle des parents dans l’éducation de leurs enfants, de manière à suggérer d’une façon ou d’une autre qu’il ne s’agit pas du rôle des parents, mais de l’Etat. A cet égard il importe que la relation naturelle et donc essentielle entre les parents et leurs enfants soit affirmée et soutenue, et non point sapée. La Déclaration universelle des droits de l’homme (UDHR) affirme que « les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants » (art. 26, 3), et que la Convention sur les droits de l’enfant affirme que « la responsabilité d'élever l'enfant et d'assurer son développement incombe au premier chef aux parents » (art. 18, 1). Ces principes sont d’une particulière importance en ce qui concerne toutes les affaires relatives aux enfants, y compris, par exemple, par rapport à leur accès à l’éducation et aux activités de communication, et aux services concernant leur santé et leur bien-être, y compris dans les domaines de l’amour humain, de la sexualité humaine, du mariage et de la famille, ainsi que par rapport à la confidentialité et au respect de la vie privée dans ces domaines. Il n’est pas étonnant qu’en de multiples occasions le Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement fasse explicitement référence au rôle essentiel des parents en ce qui concerne leurs enfants, et que toutes les politiques et tous les programmes relatifs aux enfants soient dans la ligne de la Convention sur les droits de l’enfant (cf. par ex. les principes 10 et 11 ; 6.7, 6.15, 7.37 et 10.12).

Monsieur le Président,

Alors que près de 90 % de la jeunesse vit dans les pays en voie de développement – et que 40 % d’entre eux constituent les chômeurs du monde – et que le taux d’alphabétisation des jeunes est en deçà des 80 % dans certaines parties de l’Afrique et de l’Asie, ma délégation réaffirme le rôle essentiel de l’éducation qui est un droit humain. L’éducation joue un rôle fondamental pour parvenir à un développement économique durable et équitable, éradication de la pauvreté et la réduction de l’injustice et de l’inégalité, et elle est indispensable pour protéger et pour affirmer la dignité transcendante de chaque personne. Heureusement, dans son rapports sur « l’adolescence et la jeunesse », le Secrétaire général note avec justesse que le fait d’« assurer l’éducation primaire universelle et d’augmenter la fréquentation au niveau secondaire peut donner beaucoup de fruits, spécialement en ce qui concerne l’amélioration des compétences pour l’emploi productif, la réduction des comportements à risque et le développement d’habitudes qui peuvent avoir une influence sur la santé des jeunes pour le restant de leurs jours », et que « de plus importants investissements pour leur éducation, leur santé et leurs chances sur marché du travail peuvent dessiner le bien-être des adultes de demain, et, par le fait même, aboutir à une réduction des écarts entre pays en ce qui concerne le développement humain (E/CN.9/2012/4, 5-6).

L’Etat porte une responsabilité fondamentale par rapport à la mise à disposition de services éducatifs, et le droit d’éduquer est une responsabilité fondamentale des parents, des institutions religieuses et des communautés locales. Les institutions publiques, spécialement au niveau local, les organisations de la société civile ainsi que le secteur privé, peuvent respectivement offrir leurs contributions uniques en vue d’atteindre l’accès universel à l’éducation. Le système éducatif fonctionne correctement lorsqu’il inclut la participation, pour l’organisation et la mise en œuvre des politiques éducatives, des parents, de la famille, des organisations religieuses et d’autres organisations de la société civile, et aussi le secteur privé. Le but de l’éducation doit s’élargir à la formation de la personne, à la transmission des valeurs, à une éthique du travail, et au sens de la solidarité de l’ensemble de la famille humaine. Dans le cadre de ce processus éducatif, l’Etat doit respecter les choix des parents pour leurs enfants et éviter les tentatives d’endoctrinement idéologique. Comme l’affirme le droit international, les Etats sont appelés à respecter la liberté des parents de choisir pour leurs enfants des écoles autres que celles établies par les autorités publiques, d’assurer l’éducation religieuse et morale de leurs enfants conformément à leurs propres convictions, ce qui s’applique également à leur droit de porter des jugements par rapport aux questions morales qui regardent leurs enfants. Il y a environ 250.000 écoles catholiques à travers le monde. L’école catholique assiste les parents qui ont le droit et le devoir de choisir les écoles, y compris l’école à la maison, et ils doivent posséder le droit de ce faire, droit qui à son tour, doit être respecté et facilité par l’Etat. Les parents doivent coopérer de manière étroite avec les enseignants qui, de leur côté, doivent collaborer avec les parents.

La communauté internationale a accompli des progrès significatifs pour réduire le nombre d’enfants qui n’ont pas accès à l’éducation primaire. Cependant, depuis 2008, quelque 67,5 millions d’enfants ne sont pas scolarisés, et si la trajectoire actuelle se maintient, la communauté internationale ne sera pas en mesure d’atteindre le but de l’éducation primaire universelle qu’elle s’était fixé pour 2015. Parmi les Pays les moins développés, trois d’entre eux affichent un taux de scolarisation en deçà de 50 %, et seuls 17 pays affichent un taux de plus de 80 %. Malgré les progrès obtenus jusqu’ici, il reste encore beaucoup plus à faire pour que l’objectif international de l’éducation primaire pour tous les garçons et toutes les filles soit atteint. Il est également nécessaire, aussi, que l’éducation secondaire et des possibilités de formation professionnelle soient offertes, et cela est particulièrement important pour le nombre significatif de jeunes dans beaucoup de pays en voie de développement ainsi que pour les jeunes migrants. A cet égard, il est important que l’Etat prenne en compte et promeuve l’emploi des jeunes dans leurs politiques et programmes nationaux de développement, en se focalisant sur le travail décent et sur l’élimination du travail des enfants.

Monsieur le Président,

Une approche du développement authentiquement fondée sur les droits place la personne humaine, qui porte en elle des inspirations infinies et divines, au centre de toutes les questions de développement, et donc respecte la nature de la famille, le rôle des parents, y compris leurs valeurs religieuses et éthiques et leur contexte culturel, et affirme la contribution que les jeunes peuvent apporter et apportent effectivement à leur communauté et à la société. Plus les pays le reconnaîtront, plus ils pourront mettre en place des politiques et des programmes qui font avancer le bien-être intégral de toute personne.



Mgr Francis Chullikat


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© leblogdejeannesmits pour la traduction.

En Equateur aussi, pressions pour l'“homoparentalité”

Pauvre bébé…
Un groupe d’Equatoriens défenseurs de la famille a saisi la justice pour contrecarrer l’initiative d’un collectif homosexuel qui veut faire inscrire une fillette à l’état civil comme enfant de deux lesbiennes britanniques, Helen Bicknell et Nicola Rothon.

Le bébé est né en décembre dernier à la suite d’une insémination artificielle pratiquée sur Nicola Rothon qui est sa mère biologique. Celle-ci a contesté la décision des responsables de l’état civil de ne pas inscrire sa concubine comme deuxième « parent » de l’enfant.

Est donc intervenu à ce procès le groupe de défenseurs de la famille, qui ne se réclament d’aucune organisation et qui se sont mobilisés pour affirmer le bien intégral de l’enfant, qui exige qu’elle ait « un père et une mère » pour bien grandir sur tous les plans, a expliqué Fabian Leon aux médias en leur nom.

Les deux lesbiennes étaient quant à elles soutenues par le collectif Gay, lesbien, bi et trans équatorien qui ont organisé une manifestation devant la salle d’audience dans la capitale, Quito.

Le jugement a été mis en délibéré.
  


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26 avril, 2012

Haro sur l'Eglise catholique en Angleterre et aux Pays de Galles : elle promeut le mariage hétéro dans ses écoles !

De l'avis des gays, des athées, des laïcs et des humanistes (ai-je besoin de vous faire un dessin ?) l'Eglise catholique d'Angleterre et du Pays-de-Galles a sans doute enfreint la loi sur l'Egalité au pays de Sa Majesté. L'ubuesque « Equality Act » dont je vous ai plusieurs fois entretenu sur ce blog prévoit, comme toutes les législations anti-discrimination déjà adoptées sous la pression de l'Union européenne, que l'on ne « discrimine » pas « à raison de l'orientation sexuelle ». En attendant peut-être des poursuites en bonne et due forme, l'affaire fait du bruit dans la presse de gauche britannique : pensez, la hiérarchie catholique a écrit aux responsables de ses écoles confessionnelles pour que les élèves y soient « encouragés » à signer une pétition contre le « mariage » gay. C'est de « l'endoctrinement », hurlent les associations et la presse.

La pétition, lancée par le Coalition for Marriage, a déjà recueilli plus de 469.000 signatures à l'heure d'écrire ces lignes. Non confessionnelle et sans coloration politique, ses responsables comprennent des associations et des personnes de toutes confessions et de tous les horizons politiques pour la défense du mariage défini comme l'union d'un homme et d'une femme.

The Guardian, quotidien de référence de la même coloration que Le Monde, souligne d'emblée que les écoles visées par la hiérarchie catholique sont « subventionnées par l'Etat ». Puis raconte en termes dépassionnés mais désapprobateurs que les élèves d'une école de Londres-sud ont dû prendre connaissance d'un exposé sur l'opposition religieuse au plan du gouvernement de David Cameron d'autoriser le « mariage » civil aux couples homosexuels britanniques (qui ont déjà accès à un partenariat civil, analogue au pacs).

Le même journal précise que le Catholic Education Service, organisme épiscopal, a pris contact avec 385 écoles catholiques secondaires, leur demandant de faire prendre connaissance d'une lettre cosignée par deux archevêques lue dans toutes les paroisses le mois dernier et rappelant aux fidèles que les catholiques ont le « devoir de faire tout ce qui est en (leur) pouvoir pour assurer que la véritable signification du mariage ne soit pas perdue pour les générations futures ».

Les responsables de l'Eglise se sont défendus mercredi soir d'avoir voulu faire de « l'endoctrinement politique », se disant « fiers » de promouvoir le mariage traditionnel, rapporte de son côté le Telegraph, bien plus conservateur.

Pour Terry Sanderson, de la National Secular Society, il s'agit « clairement d'un viol de l'autorité et des privilèges » accordés aux écoles catholiques, d'une campagne « politique et sectaire » : « Il est scandaleux que des enfants soient poussés vers l'intégrisme alors qu'ils fréquentent une école d'état payée par le contribuable. »

Une lycéenne fréquentant l'école de filles Sainte-Philomène de Carshalton, dans la banlieue sud de Londres, a carrément contacté le site gay PinkNews pour dénoncer le fait que des « enfants de 11 à 18 ans » avaient été encouragés à signer un « engagement anti-égalitaire » par leur directrice :

« Dans l'assemblée de toutes les classes terminales on pouvait deviner le hérissement des élèves pendant qu'elle nous présentait des éléments de la lettre et qu'elle nous encourageait à signer la pétition. C'était vraiment un exposé obsolète, erroné et lourdement biaisé », a-t-elle déclaré, ajoutant que certaines élèves avaient riposté en arborant des pin's « Gay Pride ». « Il y a plusieurs personnes dans mon année qui ne sont pas hétérosexuelles – moi y compris – et pour ce qui est de moi, j'ai été consternée et même dégoûtée par ce qu'ils étaient en train de promouvoir. Après tout, c'est de la discrimination qu'ils étaient en train de promouvoir auprès de gens impressionnables, c'est inacceptable. »

Les responsables de l'Eglise catholique ont riposté mercredi en se défendant d'avoir fait de l'endoctrinement politique et disant leur « fierté » de promouvoir le mariage traditionnel et « l'immense bienfait » qu'il apporte à la société.

Reste à voir si l'affaire aura des suites judiciaires, comme le souhaitent les associations homosexuelles et laïques.

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Contraception anonyme dès 13 ans, proposent les services de santé britanniques

Un rapport sur la contraception anonyme pour les jeunes mineures fait scandale au Royaume-Uni et révèle que le National Health Service (le service de santé étatisé, NHS) a déjà mis en place des programmes pilotes autorisant des pharmaciens à donner la pilule à des mineures âgées de 13 à 16 ans. Le rapport se fonde sur l'expérience conduite depuis 2008 auprès de cinq officines de Southwark et Lambeth autorisant la distribution anonyme et sans prescription de contraceptifs chimiques aux femmes majeurs ainsi qu'aux mineures de 16 et 17 ans : avec un tel succès, selon les intéressés, que la recommandation a vite suivi de l'autoriser aux jeunes filles dès 13 ans.

Les participants se réjouissent en effet d'avoir fourni la pilule sans prescription, dans 46 % des cas, à des femmes qui ne l'avaient jamais utilisée auparavant. Le rapport signale qu'un quart des distributions a concerné des jeunes femmes de moins de 19 ans, et qu'une majorité des distributions a « bénéficié » à des jeunes femmes noires d'origine africaine ou des Caraïbes ; une seule pharmacie sur les cinq signale que le nombre de pilules du lendemain distribuées a chuté de manière significative depuis la mise en place du plan. Les « consultations » étaient souvent proposées dans le cadre d'une demande de contraceptif d'urgence gratuit. Et dans l'ensemble la première distribution de la pilule n'a pas été suivie d'une demande de nouvelle prescription…

Alors que des médecins généralistes britanniques mettent en avant les risques liés à la fourniture de la pilule sans connaître l'histoire médicale des clientes, et spécialement des très jeunes filles que l'on veut maintenant exposer aux contraceptifs hormonaux sans le moindre garde-fou, le Département de la santé britannique a d'ores et déjà approuvé l'initiative, précisant néanmoins que les pharmaciens avaient un rôle de surveillance à jouer :

« Ils doivent s'assurer pleinement que ces jeunes personnes aient bien compris toutes les implications avant de prescrire (sic) un contraceptif, y compris en les encourageant à s'en ouvrir à leurs parents. »

Ce qui reste de l'ordre du vœu (si l'on ose dire…) pieux.

La revue professionnelle Pulse dit pouvoir révéler que d'autres pharmacies dans les îles britanniques ont été choisies pour mener des programmes similaires, dans certaines banlieues de Londres et de Manchester, tandis qu'une pharmacie dans cette dernière ville et le NHS de l'île de Wight ont déjà commencé dans le cadre de projets pilotes à fournir la pilule à des jeunes filles de 13 à 16 ans.

Le Dr Trevor Stammers, président du Christian Medical Fellowship, a qualifié l'initiative et la recommandation de « profondément troublantes », soulignant qu'elles sont en contradiction « avec la loi sur l'activité sexuelle avant l'âge du consentement légal ». Il met en garde aussi contre les dangers de la pilule qui augmente le risque de formation de caillots sanguins et ne doit pas être donnée sans une auscultation complète.

Le Daily Mail cite le Pr David Paton, de l'université de Nottingham : le plan n'aura aucune efficacité pour faire diminuer le nombre de grossesses adolescentes, affirme-t-il d'après l'expérience : si les jeunes filles savent qu'elles peuvent obtenir la pilule sans que leurs parents le sachent elles seront simplement plus enclines à accepter les relations sexuelles précoces.


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25 avril, 2012

Costa Rica : levée de la censure sur des spots radio mettant en cause la fécondation “in vitro”

Il aura fallu une décision de la cour constitutionnelle du Costa Rica pour faire reconnaître le droit d'une radio catholique, Radio Fides, de diffuser des annonces mettant en cause la fécondation in vitro (FIV). La série de 14 spots d'une campagne intitulée « Ma vie n'est pas négociable » avait été censurée en juin dernier par le gouvernement costaricain au motif que son message était « discriminatoire » et pouvait occasionner des traumatismes parmi les enfants.

L'un des spots faisait entendre une fillette disant : « Pourquoi je suis née, et pas mes frères ? »

La campagne soulignait en effet que les procédures de FIV aboutissent à la destruction ou à la congélation de nombreux embryons, et mettait également en évidence leurs nombreux échecs ainsi que les souffrances et risques sanitaires endurées par les femmes qui y ont recours. Un communiqué de la radio souligne que la campagne censurée, en plein accord avec la constitution du Costa Rica qui affirme la protection des mineurs et de tout être humain depuis la conception, visait à dénoncer la « manipulation idéologique par laquelle d'aucuns tentent de vendre la FIV comme un remède innocent et infaillible à l'infertilité humaine ».

Refusant de considérer Radio Fides comme un moyen de communication comme les autres, le gouvernement costaricain s'était du coup autorisé à censurer son contenu, poussé en ce sens par les pressions internationales de légalisation de la fécondation in vitro dans ce pays où elle est encore interdite.

La « Sala Constitucional » du Costa Rica a censuré cette censure, par sa sentence 5178 qui affirme l'obligation de l'Etat de laisser Radio Fides diffuser la campagne publicitaire et le condamne en outre à payer les dommages et intérêts relatifs à l'interdiction. « C'est une victoire pour la liberté d'expression et la liberté religieuse », s'est réjoui le directeur de Radio Fides, Jason Granados.

En coordination avec l'archevêque de San José, Mgr Hugo Barrantes Ureña, Radio Fides devait commencer à émettre dès aujourd'hui une nouvelle campagne en 9 spots où s'expriment, entre autres, des femmes qui ont fait des tentatives infructueuses de fécondation in vitro, mais aussi des couples qui ont eu recours, avec succès, à des moyens moralement acceptables d'aide à la fertilité comme la naprotechnologie.

Les hispanophones (un peu habitués à l'accent local…) pourront les écouter ici.

Les annonces commencent toutes avec le rappel que « la fécondation in vitro n'est pas la seule option » et se terminent sur ce message : « Les époux doivent coopérer comme des serviteurs et non comme des maîtres à l'œuvre du Créateur. »


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24 avril, 2012

Mexique : la force des entrepreneurs catholiques

Mexico : 15.000 avortements
par an.
La lutte contre l'avortement, c'est l'affaire de tous et chacun a son rôle à jouer en fonction de son pouvoir : c'est la leçon d'une analyse parue dans le journal mexicain El Economista qui se fait l'écho de la colère d'une féministe qui voit des obstacles se dresser à l'accès au meurtre des tout-petits. Martha Lamas, s'exprimant à l'occasion du 5e anniversaire de la dépénalisation de l'avortement dans la capitale fédérale Mexico, accuse carrément les entrepreneurs catholiques du pays.
« Le problème n'est pas tant Provida, qui fait du bruit et qui se plante devant les cliniques pour prier le rosaire, le problème, ce sont les entrepreneurs catholiques qui ont menacé les chaînes de télévisions de retirer leurs publicités si elles organisent des débats publics autour de l'avortement. (…) Il y a une droite très organisée qui peut s'appuyer sur des moyens publics. »
Si cela est vrai, quelle leçon et quel exemple. Lorsque le tissu social d'un pays, ses corps intermédiaires, ses forces vives prennent à cœur d'agir pour le bien avec tous les moyens qu'ils ont à leur disposition, ils peuvent réellement peser sur le cours des choses. Car tout pouvoir rend responsable.

On apprend à la même occasion que la ville de Mexico a été le lieu de 75.524 avortements légaux depuis la dépénalisation, dont quelque 20 % sur des femmes venant d'autres Etats du Mexique. Mais plusieurs chaînes de cliniques dépendant des autorités fédérales, regrette Martha Lamas, se refusent toujours à pratiquer l'avortement bien qu'il soit dépénalisé dans le District et spécifiquement pour ce genre d'établissements.


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23 avril, 2012

Objection à l'avortement : une infirmière catholique gagne son procès

Une infirmière catholique britannique vient d'obtenir gain de cause à l'occasion du procès qu'elle a intenté à son employeur, une institution du National Health Service (NHS) des Midlands qui voulait la contraindre à travailler dans une unité d'avortement attachée à l'hôpital où elle exerce sa profession. L'infirmière, dont l'identité n'a pas été divulguée, s'est appuyée sur la clause de conscience de la loi d'avortement britannique. L'affaire tournait autour de la définition des types d'action auxquels les objecteurs de conscience pour des motifs religieux ou philosophiques peuvent refuser de coopérer.

L'infirmière avait été menacée de licenciement si elle refusait de travailler dans l'unité d'avortements au moment où son contrat venait d'être augmenté de 15 à 30 heures hebdomadaires.

Elle avait refusé au motif de sa conviction que la vie commence dès la conception et qu'elle ne voulait pas remplir ses obligations professionnelles en travaillant dans un service voué à la pratique de l'avortement : « C'est une forme de meurtre, pour être franche. C'est ainsi que je vois les choses. »

Le procès n'a pas atteint le stade de l'audience judiciaire, puisque l'avocat de l'infirmière, Neil Addison, spécialisé en affaires de discrimination religieuse, a mis en garde le NHS local sur le fait qu'il risquait d'être condamné à ce titre, ainsi que pour harcèlement, s'il menaçait son employée de voir sa carrière brisée. Et le NHS a préféré reculer.

Source : LifeSite, sous la plume de Hilary White.


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Le plus dur métier du monde ?

Maman…

Mais c'est aussi le meilleur.



Voilà, c'est une pub de Procter & Gamble en vue des Jeux Olympiques de Londres.

Pour dire : « Merci, Maman ! »



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22 avril, 2012

Brésil : des médecins se rebiffent contre l'avortement des anencéphales


Le Tribunal fédéral suprême du Brésil a donné son feu vert à l’avortement des anencéphales, mais tous les médecins du Brésil ne sont pas d’accord, loin s’en faut. Le vice-président du Conseil fédéral pour la médecine, le Dr Carlos Vital, n’a pas perdu de temps pour mener une contre-attaque, s’exprimant dans le plus populaire des magazines d’informations de son pays, Veja.

Et il l’a fait de la manière la plus frappante, expliquant de façon brutale la manière dont les bébés anencéphales seront légalement mis à mort dans le sein de leur mère.

Notant que l’avortement d’un anencéphale se pratique au cours du 2e ou du 3e trimestre, le Dr Vital a souligné que les médecins avaient le choix entre deux méthodes : le curetage ou l’aspiration.

Le curetage se pratique avec un couteau en forme de boucle qui permet de découper le bébé en morceaux, puis de racler son corps ainsi que le placenta fixé à la paroi utérine pour les évacuer. L’aspiration se fait au moyen d’un appareil à fort pouvoir de succion qui permet également de déchiqueter l’enfant avant de le séparer de sa mère.

Si ces méthodes ne suffisaient pas, comme c’est la cas aux stades plus avancés de la grossesse – or l’avortement des anencéphales peut être pratiqué sans limite jusqu’à son terme – il faudrait utiliser la procédure de dilatation-évacuation où l’on utilise une pince pour faciliter le découpage et l’extraction.

Le Dr Vital a précisé que les médecins ne sont pas d’accord sur les critères du diagnostic de l’anencéphalie, qui consiste en un développement incomplet ou absent de la partie supérieure du cerveau et rend difficile ou impossible la survie de l’enfant en dehors du sein maternel – encore que certains aient pu survivre plusieurs mois, jours ou années avec cette affection.

Des médecins ont tiré argument du fait que ces enfants n’ont pas conscience de leur existence ou de leur environnement ; le Tribunal fédéral du suprême du Brésil les a considérés comme étant dans un état similaire à celui de la mort cérébrale, jugeant que leur avortement est « une procédure semblable à l’extraction d’un cadavre ».
Le Père Luis Lodi da Cruz, très présent dans le mouvement pro-vie brésilien, a qualifié cela de « monstrueux », dénonçant avec ironie le juge Marco Aurélio qui expliquait que l’enfant anencéphale mourra de toute façon dans un bref délai : « Dites-moi, comment peut-il mourir s’il est déjà mort ? »

Quant aux parents qui ont choisi la vie pour leur petit anencéphale – de moins en moins nombreux dans les pays d’avortement légal, où la plupart de ces enfants sont éliminés avant leur naissance – ils témoignent de ce que ces enfants ont une conscience différente, mais réelle de leur environnement et y réagissent de manière très spécifique.

Source : LifeSite, sous la plume de Matthew Cullinan Hoffman.


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Uruguay : un évêque parle de l'avortement, des droits de la famille et du bien de la patrie

L’Uruguay fêtait jeudi sa patronne nationale, la Vierge du Verdun honorée chaque année d’un pèlerinage qui a attiré cette fois-ci des milliers et des milliers de catholiques. Au sanctuaire national l’évêque de Minas, Mgr Jaime Fuentes, a prêché sur la famille et ses droits et sur le respect de la vie, à l’heure où l’Uruguay, comme bien des pays sud-américains, est sous le coup de pressions pour faire dépénaliser l’avortement. Je vous propose ma traduction des passages les plus significatifs de son homélie à cet égard. Le texte en espagnol est ici.


Nous nous trouvons au temps pascal, essayant d’imaginer et de revivre ces jours uniques où Jésus Ressuscité remplissait de joie ses disciples et les saintes femmes par sa glorieuse présence. C’étaient nos premiers frères qui formaient, avec Lui et avec Marie, la première Eglise : ils étaient la famille des enfants de Dieu. Quand Jésus s’en ira au Ciel, c’est alors que la Vierge commencera à exercer sa « vie publique » comme Mère de l’Eglise. C’est elle qui la maintient rassemblée, qui l’édifie continument. 
Cet après-midi, alors que nous nous trouvons aussi « en famille », je voudrais réfléchir quelques minutes avec vous, en présence de Dieu et de la Vierge, à propos d’une grande préoccupation que nous partageons tous, et qui est en même temps une grande espérance : je me réfère, justement, à la famille. 
N’est-il pas vrai, si nous y réfléchissons un peu, qu’à la racine de la violence et de l’insécurité qui nous affecte tous, et à la base de beaucoup de comportements devenus déjà si courants qu’ils ne sont même plus une nouvelle, tant ils sont monnaie courante dans notre société (concubinages, grossesses précoces, séparations et divorces totalement inattendus, avortements, etc.), se trouve une crise de l’idée même de ce qu’est la famille ? Comment ne pas être préoccupés par ces expressions douloureuses, et d’autres encore, qui parlent d’elles-mêmes de la faiblesse dont souffre l’institution familiale, qui a toujours été et qui demeure le lieu naturel où naissent et grandissent les enfants, où ils sont éduqués ; elle est l’école des vertus fondamentale, où l’on apprend à cultiver le respect, l’obéissance, la générosité, l’amitié, l’accomplissement de son devoir… où l’on apprend à prier et à aimer Dieu ?
 (…) 
Alors que la crise de la famille est une grave préoccupation pour tous, voici que la rejoint ce que nous a dit le bienheureux Jean-Paul II lorsqu’il était parmi nous : « Ce sont les familles chrétiennes qui feront que notre monde recommence à sourire. » 
C’est pourquoi, en ce jour de grande fête, mettons entre les mains de Notre Dame du Verdun notre préoccupation pour les familles avec, en même temps, la certitude qu’elle, qui est Mère de Dieu et notre Mère, nous aidera à transformer cette préoccupation en espérance : sans espérance, nul ne peut vivre.  
Enfants de Dieu, nous sommes des hommes et des femmes d’espérance : nous savons que la vie est un temps, bref, que nous avons pour conquérir la vie éternelle en faisant le bien ; et le bien fondamental, pour l’immense majorité des hommes et des femmes, c’est de former et d’éduquer les enfants, en leur transmettant le sens chrétien de l’existence, de manière à ce qu’à leur tour, ils le transmettent à leurs enfants.
C’est pourquoi je voudrais encourager les couples mariés, les pères et les mères de famille, les grands-pères et les grands-mères, ceux qui ont l’intention de contracter prochainement mariage… je voudrais les encourager à dire OUI et à dire NON. 
A dire OUI à la fidélité, pendant les fiançailles et pendant la vie maritale ; à dire OUI aux enfants que Dieu voudra leur envoyer, parce qu’ils sont la couronne et la joie du mariage ; à dire OUI à l’engagement pris devant Dieu et la société d’être fidèles jusqu’à ce que la mort les sépare ; à dire OUI au travail d’éducation des enfants pour en faire des enfants de Dieu. Nous savons tous qu’il n’est pas facile de garder ce OUI en toutes circonstances, mais nous ne pouvons oublier que nous comptons sur l’aide du Ciel qui nous parvient à travers les sacrements et par l’intercession de la Mère de Dieu. 
Le fait de dire OUI ainsi à Dieu et au monde, entraîne nécessairement avec lui l’engagement de dire NON à des conduites qui, pour être très répandues dans la société, n’en sont pas moins incompatibles avec notre manière chrétienne de voir la vie. 
L’an dernier, en cette fête de la Vierge du Verdun, je vous transmettais une chose qui reste au premier plan de notre vie nationale et que je dois répéter en actualisant quelques dates : aujourd’hui nous fêtons les 7 ans de l’élection du Saint Père Benoît XVI ; il nous invite en permanence à penser, à utiliser les capacités de notre raison. Il disait, il n’y a pas longtemps : « Il existe des tendances culturelles qui essaient d’anesthésier les consciences pour des raisons présomptueuses. En ce qui concerne l’embryon dans le sein de sa mère, la science elle-même met en relief son autonomie capable d’interaction avec la mère, la coordination des processus biologiques, le caractère continu du développement, la complexité croissante de l’organisme. Il ne s’agit pas d’une accumulation de matériau biologique, mais d’un nouvel être vivant, dynamique et merveilleusement ordonnancé, un nouvel individu de l’espèce humaine. Jésus fut ainsi dans le sein de Marie ; il en a été ainsi pour chacun de nous dans le sein de notre mère. (…) Il n’existe aucune raison de ne pas le considérer comme une personne depuis sa conception » (Vêpres du 1er dimanche de l’Avent 2010). 
Dans cette même ligne, voici un peu plus de trois ans, l’alors président Tabaré Vázquez, prestigieux professionnel de la médecine, opposa son veto à la dépénalisation de l’avortement, expliquant que la science révèle de manière évidente (…) la réalité de l’existence de la vie humaine à l’étape de la gestation. (…) Depuis le moment de la conception s’y trouve une nouvelle vie humaine, un nouvel être. Nous pouvons nous demander : la science aurait-elle changé au cours de ces trois ans, de telle sorte que cet argument scientifique n’ait plus de valeur ? L’ex-Président poursuivait : Le véritable degré de civilisation d’une nation se mesure à la manière dont elle protège ceux qui en ont le plus besoin. C’est pour cela qu’il faut protéger davantage ceux qui sont plus faibles. Parce que le critère ne peut plus être la valeur du sujet mesurée à l’aune des sentiments qu’il suscite chez les autres, ou l’utilité qu’il représente, mais la valeur qui résulte de sa simple existence. 
Si l’un des projets de loi qui prétendent légaliser ou dépénaliser l’avortement devait prospérer, chacun devra savoir clairement dans sa conscience que même si cent parlements devaient approuver une loi de ce type, l’avortement ne laisserait pas d’être un délit gravissime, une grande offense à Dieu. Elle reste d’actualité, la proposition faite par le président Vázquez, que je cite expressément pour montrer que le problème de l’avortement n’est pas une affaire religieuse, mais le plus humain des problèmes ; il disait : pour le résoudre, le mieux est de chercher une solution basée sur la solidarité qui permet de soutenir la femme et aussi son enfant, en lui octroyant la liberté de pouvoir choisir d’autres chemins et ainsi, de sauver les deux. 
Nous disons NON à l’avortement parce que nous disons un grand OUI à la vie humaine, le plus grand des dons reçus de Dieu. De même nous disons NON aux programmes d’éducation qui présentent une vision purement biologiste de la sexualité humaine, parce que nous disons un OUI fort en faveur des pères et des mères de familles, qui ont le droit et le devoir premiers d’expliquer à leurs enfants le fantastique plan de Dieu qui a voulu que les hommes, créés à son image et à sa ressemblance, participent à son pouvoir créateur.
 Nous disons NON à la prétention de l’idéologie du genre, qui tente de gommer les différences entre les femmes et les hommes, parce que le plan de Dieu est un OUI définitif à la grandeur de la femme, au point qu’Il a voulu s’incarner dans celle que nous vénérons toujours comme L’IMMACULÉE. 
Il va de soi que nous ne prétendons IMPOSER ce que nous croyons à personne, mais nous disons OUI au droit de le proposer, sereinement, en respectant les autres options et en réclamant le respect pour les nôtres. 
Mes frères, je voudrais vous persuader que ce n’est pas en rabaissant les exigences de notre foi et des enseignements de l’Eglise, que nous parviendrons à aider notre patrie à grandir ; au contraire, c’est en diffusant par l’exemple et par la parole le trésor que nousre avons, que nous pourrons accomplir le commandement du Christ d’être LE SEL DE LA TERRE ET LA LUMIÈRE DU MONDE.
Mgr Jaime  Fuentes



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© leblogdejeannesmits pour la traduction.

21 avril, 2012

Euthanasie : en Belgique, on voudrait la rendre accessible aux handicapés mentaux

Jacinta De Roeck
Cela reste à l'état d'idée jetée dans le débat public mais c'est bien ainsi qu'ont été accomplies toutes les avancées de l'euthanasie : en Belgique, la Humanistisch Vrijzinnige Vereniging (Association des libres penseurs humanistes) vient de suggérer que les mineurs et les handicapés mentaux puissent avoir eux aussi accès à l'euthanasie. Au nom de l'égalité des droits. Sa présidente, Jacinta De Roeck, s'est exprimée en ce sens à l'occasion de la Journée du patrimoine à Anvers (on se demande bien pourquoi).

Et ce ne sont pas des paroles en l'air, puisque Mme De Roeck était précisément l'un des députés qui en 2002 avaient pris l'initiative de légaliser l'euthanasie en Belgique.

Elle a précisé qu'aucun projet législatif n'était actuellement à l'ordre du jour ni même prévisible à court terme, mais ce qui ne se fera pas pendant l'actuelle législature, estime-t-elle, devrait devenir possible lors de la prochaine. Parce que « la demande est forte ».

Une telle évolution est dans la logique des choses, estime la militante « humaniste », pour qui l'ouverture de l'euthanasie aux mineurs, qu'elle attend, amènera forcément à légaliser l'euthanasie pour les « déments », et les malades de l'intelligence qui sont souvent considérés en Belgique comme des « mineurs prolongés ». « Ces gens-là regardent aussi la télévision, ils lisent aussi les journaux et tombent aussi malades. Par leurs accompagnants dans les institutions, je me suis laissée dire que la question de l'euthanasie y surgit aussi. »


Eh oui, la propagande médiatique atteint aussi les handicapés…

Cette évolution a déjà eu partiellement lieu aux Pays-Bas où les mineurs de 12 à 15 peuvent obtenir l'euthanasie avec l'accord de leurs parents, les 16-17 ans pouvant se contenter de les consulter. L'euthanasie pour les personnes en voie de devenir démentes est également acceptée, et une première procédure sur une personne incapable de donner son consentement éclairé a été déclarée conforme à la loi l'an dernier.

La nouveauté belge consiste à vouloir franchir les étapes du voisin néerlandais mais d'y ajouter des personnes dont l'intelligence-même est affectée, et qui n'ont donc pas du tout la capacité de juger en pleine liberté et connaissance de cause. Contredisant directement la formulation actuelle de la loi belge qui exige cette capacité pour agréer une demande d'euthanasie.

Ce sera difficile, bien plus difficile que pour les mineurs et les déments, reconnaît Jacinta De Roeck. Et c'est bien pour cela que de façon consciente et organisée, elle a mis le sujet sur la table dès maintenant. « Les hommes politiques doivent être prêts à y penser, à aller écouter ce qui se dit dans les institutions, parler avec les intéressés eux-mêmes. Nous devons être prêts », a-t-elle déclaré.

On lui a bien sûr opposé l'exemple de l'époque nazie. Et elle avoue que l'affaire est délicate. « A cette époque-là on utilisait aussi le mot “euthanasie”, mais les gens qu'on tuait à cette époque-là n'étaient pas demandeurs. C'est une grande différence. »

Au XXIe siècle, on saura bien les persuader qu'ils ont envie de mourir !



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19 avril, 2012

Obliger les parents à utiliser le diagnostic pré-implantatoire ?

C'est l'idée avancée par deux bioéthiciennes américaines qui verraient bien les parents qui choisissent la fécondation in vitro contraints par la loi de recourir au « DPI » pour assurer le bien-être de leur progéniture, augmenter son autonomie et réduire les inégalités.

Janet Malek de la East Carolina University et Judith F. Daar, de la Whittier Law School de Californie en font une obligation morale qui pourrait se traduire en une obligation légale, en tout cas lorsque des parents qui se savent porteurs d'une maladie génétique rare et transmissible décident « de manière indépendante d'avoir recours à la fécondation in vitro ». A défaut de le faire, ils devraient encourir une responsabilité légale s'ils n'ont pas recours au DPI « en vue d'éviter de donner le jour à un enfant souffrant de sérieux dommages du fait de l'affection héréditaire », assurent les deux bioéthiciennes.

A partir du moment où la fécondation hors utero et le DPI sont possibles, et les destructions embryonnaires qui vont avec, on ne voit pas trop, en effet, comment empêcher de tels raisonnements. Celui-ci a été considéré assez logique, assez solide, pour être publié par l'American Journal of Bioethics, revue scientifique tout ce qu'il y a de plus convenable et sérieuse, à défaut d'avoir une idée très précise des exigences du respect de la personne humaine.

Comme l'observe Michael Cook sur BioEdge, cette réflexion pour l'heure hypothétique n'est pas sans lien avec celle, récente, des deux bioéthiciens italiano-australiens qui plaidaient pour l'avortement post-naissance, au motif – exact – qu'il n'y a pas de différence de nature entre l'enfant juste avant sa naissance et juste après. Les deux bioéthiciens, Francesca Minerva et Alberto Giubilini ont reçu des centaines de messages de menaces et leur point de vue a même été répercuté par la presse institutionnelle (j'en avais parlé ici dès le 25 février) qui a poussé des hauts cris. Pourtant ils avaient raison. Ils mettaient le doigt, volontairement ou non, sur l'absurdité de la loi qui fait dépendre le droit de respecter la vie d'un critère sans objectivité aucune, la naissance. Je crois que c'est cela qui ne leur a pas été pardonné.

Plus subtil et apparemment plus acceptable – un embryon dans une éprouvette, ça « parle » moins à la sensibilité qu'un enfant qui vient de naître –, l'argument de Malek et Daar s'appuie sur de semblables fondements utilitaristes. Michael Cook cite Julian Savulescu, Guy Kahane et John Harris, bioéthiciens travaillant au Royaume-Uni, qui ont développé l'idée de la « bénéficience procréatrive » par laquelle on impose aux parents le devoir de s'assurer que leur bébé vienne au monde avec les meilleures qualités possibles. Toujours au nom d'une amélioration de la santé, de l'intelligence, de la force des bébés (on ne dit surtout pas : « de la race 7 !) comme de l'équité et de l'autonomie…

A terme, si l'idée de Malek et Daar finissait par s'imposer dans les textes, on peut prévoir que les gouvernements inscriront au cahier des charges de l'assurance-maladie le remboursement du DPI pour assurer aux utilisateurs de la FIV la possibilité d'éviter d'avoir des bébés défectueux – qui pèseraient sur les ressources de la l'assurance-maladie. C'est en tout cas ce que les deux auteurs avancent, mettant l'accent sur les économies que permettraient le dépistage préalable.

Allant plus loin, on se demande pourquoi les lois et les systèmes d'assurance-maladie n'imposeraient pas carrément la fécondation in vitro (FIV) aux parents risquant de transmettre un défaut génétique.

Dans le numéro de l'American Journal of Bioethics, l'article de Malek et Daar a suscité des critiques de la part de leurs pairs : d'aucuns pensaient qu'elles étaient allées trop loin, laissant entrevoir une « police de la reproduction ». Mais d'autres les ont jugées trop timides : ainsi Rosalind Ladd, de Wheaton College et Edwin Forman, de Mt. Sinai Medical School, font le pas pour réclamer l'obligation d'avoir recours à la FIV.

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18 avril, 2012

Nouveau code civil argentin : “perspective de genre” ?

Le nouveau Code civil argentin, actuellement à l'état d'avant-projet, révèle des tendances idéologiques très… tendance justement, puisque l'idéologie du genre est promue en Amérique du Sud comme dans les pays riches de l'hémisphère Nord. Le projet veut éliminer l'exigence de donner aux enfants des noms qui ne soient pas équivoques quant au sexe de la personne à laquelle ils sont imposés. La loi en vigueur interdit également les noms « extravagants, ridicules, contraires à nos coutumes, qui expriment des tendances politiques ou idéologiques ».

Le projet en discussion en Argentine fait disparaître le concept de nom de baptême – il devient « prénom » – et interdit uniquement de donner en premier prénom celui déjà porté par un frère ou une sœur vivants, ainsi que les « prénoms extravagants ».

La presse argentine, spécialisée en droit comparé notamment, a dénoncé cette possibilité qui s'annonce de donner des prénoms qui ne coïncident pas avec le sexe de l'enfant ou laissent planer le doute.

Il faut préciser que la langue espagnole ne connaît pas, comme le français, les prénoms indifférenciés comme Dominique, Claude, Camille…

Pour le Centro de Bioética, Persona y Familia, la « réforme n'est pas innocente et semble s'inscrire dans la tendance à faire de la perspective de genre le critère ultime d'évaluation de la personne humaine, qui perd la richesse de la différence entre homme et femme et se dilue dans une forme de vie où la sexualité est pure construction de la culture ». Le communiqué poursuit : « Il est très grave que l'on autorise des actions sur les enfants permettant de manipuler leur identité en fonction du désir des adultes. »



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17 avril, 2012

Espagne : Poursuites du lobby gay contre un évêque espagnol qui a « mal parlé » de l'homosexualité

Ce mardi, deux associations d'homosexuels espagnoles entendent porter plainte conjointement contre l'évêque d'Alcala de Henares, Juan Antonion Reig Pla, après les propos qu'il a tenus lors de son homélie du Vendredi Saint sur le comportement homosexuel. Ces propos ont reçu un très large écho puisque l'office était retransmis par « La 2 », deuxième chaîne de la télévision nationale espagnole TVE. Elles cherchent à le faire condamner pénalement au titre du délit de provocation à la discrimination et à la haine visé à l'article 510 du code pénal espagnol. Il parlait, comme cela lui est coutumier, sans notes. La presse locale rapporte ces propos :

« Je voudrais dire un mot à ces gens emportés par tant d'idéologies qui finissent par ne pas bien mettre en perspective (« orientar » en espagnol) ce qu'est la sexualité humaine. Ils pensent depuis qu'ils sont enfants qu'ils sont attirés par des personnes de leur sexe, et parfois, pour le vérifier, ils se corrompent et se prostituent, ou fréquentent des clubs d'hommes nocturnes. Je vous assure qu'ils rencontrent l'enfer. »
La Federacion Estatal de Lesbianas, Gays, Transexuales y Bisexuales (FELGTB) et le Colectivo de Lesbianas, Gays, Transexuales y Bisexuales de Madrid (COGAM), les deux groupes gays les plus subventionnés par les gouvernements espagnols selon HazteOir, l'accusent d'homophobie.

Voilà pourtant des propos qui se situent sur un plan très précis et visant des situations qui en tout état de cause sont porteuses de souffrances, outre qu'elles sont radicalement opposées à l'enseignement moral de l'Eglise : prostitution et promiscuité. Et ils s'inscrivent dans une méditation plus large sur le péché que Mgr Reig Pla avait entamée depuis la veille, lors de la messe du Jeudi Saint, où il disait l'insatisfaction au fond du cœur humain notamment à cause du péché, commis au nom d'une fausse liberté qui est esclavage :
« Nous sommes enchaînés par notre vice… La vérité du Jeudi Saint, c'est que Dieu est venu s'agenouiller à nos pieds… pour nous laver, pour nous purifier de nos péchés… nous donner un cœur capable de vivre avec la souffrance… par le mystère de la grâce… » Mgr Reig Pla y voit l'exac inverse des mythes de Prométhée et de Sisyphe où c'est l'homme qui prétend remonter seul jusqu'à Dieu.

C'est donc bien sur des affirmations relatives à a doctrine de l'Eglise et à son enseignement moral que les associations gays entendent faire punir pénalement l'évêque en saisissant le procureur (la « Fiscalia Provincial ») de Madrid, et ce bien qu'il ait parlé au cours de son homélie de bien d'autres péchés, comme l'avortement ou l'adultère.

Mercredi dernier, la FELGTB avait déjà saisi le Conseil d'administration de la télévision espagnole RTVE, ainsi que la « défenseure » des usagers de la RTVE. Et comme si cela ne suffisait pas elle avait encore saisi d'une plainte la « défenseure » du Peuple (une sorte de Médiateur national) pour déterminer si l'entreprise publique RTVE n'a pas commis une faute en diffusant les paroles de l'évêque afin de prendre toute mesure pour éviter que de tels actes ne se répètent pas, et pour que l'entité publique retire le programme contenant les propos de son site internet, rapporte InfoCatolica.

HazteOir rend compte d'une deuxième plainte visant les explications données sur son homélie par Mgr Reig Pla ce lundi matin à Religion en Libertad, ou il affirme entre autres que le changement est possible pour les personnes homosexuelles et que la foi peut constituer le meilleur chemin pour y parvenir :
« Selon la foi chrétienne, la rédemption, le salut ne sont pas simplement des données de fait. Le salut nous est offert dans le sens où nous a été donnée l'espérance, une espérance fiable, grâce à laquelle nous pouvons affronter notre présent. »
Sur ces propos, c'est la Confederacion Española de Asociaciones de lesbianas, gays, bisexuales et transexuales (COLEGAS) qui saisit le procureur de l'Etat (« Fiscalia general del Estado ») et la « défenseure » du Peuple.

Dans cette interview, Mgr Reig Pla vise clairement « l'idéologie du genre » et ses mutations ultérieures comme la « théorie queer » qui cherchent à « déconstruire l'anthropologie humaine proposée par la nature de la personne, et la pensée qui est en cohérence avec cela ». « Tout le reste serait justifié par le principe de la non discrimination et de la tolérance », ajoute-t-il. Il précise que l'idéologie du genre est déjà obsolète, puisqu'elle est remplacée par d'autres théories plus radicales encore, qui forment un « programme de déconstruction calculé et promu dans tous les domaines ». Citant « quelques puissants lobbies qui déterminent ce qui est politiquement correct, et, par voie de conséquence, socialement acceptable ».

Il invoque son expérience de prêtre et de confesseur pour constater que ceux qui se laissent prendre en remettant en question leur identité sexuelle vont au devant de beaucoup de souffrances et de destruction : « pour le dire de manière familière, c'est l'enfer au sein de leur vie ».

L'évêque tient bon, donc, assurant qu'il n'a fait que rappeler le magistère de l'Eglise, en distinguant entre l'inclination homosexuelle et les actes homosexuels, ces derniers étant « intrinsèquement désordonnés ».

On voit que les associations gays sont particulièrement agressifs lorsqu'il est question de proposer d'aider l'homosexuel à retrouver sa liberté par rapport au passage à l'acte, possibilité que Mgr Reig Pla évoque longuement dans son interview. C'est cela qu'on ne lui pardonne pas.

A suivre.

Cette affaire a déjà été évoquée sur le web francophone par benoit-et-moi.fr, ici.

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14 avril, 2012

Brésil : l’avortement eugénique imposé par voie judiciaire


 Le Tribunal suprême fédéral du Brésil a affirmé, jeudi, par 8 voix contre 2 et une abstention, le droit des femmes enceintes de choisir d’avorter si l’enfant qu’elles portent est anencéphale, c’est-à-dire privé de tout ou partie du cerveau. Ainsi, par voie judiciaire, est augmenté le nombre d’« exceptions » où l’avortement est dépénalisé (actuellement, les cas de viol ou de danger pour la vie de la mère en cas de poursuite de la grossesse).

L’anencéphalie interdit quasiment tout espoir de survie en dehors du sein maternel, d’où cette affirmation d’un des « ministres » de la Cour suprême, Marco Aurelio Mello, expliquant que « l’interruption de grossesse » ne porte pas atteinte aux droits fondamentaux : « L’avortement est un crime contre la vie et dans le cas de l’anencéphale il n’y a pas de vie possible. »

Double erreur. Dans le sein maternel, la vie est là, et la naissance ne change rien à la nature de l’être humain. Et d’autre part, le Brésil connaît bien le cas d’une fillette, Marcela de Jesus Ferreira, née anencéphale, qui a vécu 1 an et 8 mois. Sa mère a témoigné de la valeur et de la beauté de sa courte existence.

La tentative de faire légaliser l’avortement des anencéphales – c’est la politique des petits pas pour arriver à une dépénalisation de plus en plus large – avait échoué devant le Congrès national ; aux termes de sondages récents, pas moins de 80 % des Brésiliens y sont opposés.

Il ne restait plus au lobby de l’avortement qu’à adopter la voie judiciaire, laissant à une poignée de juges le pouvoir d’introduire l’avortement eugénique dans un pays qui n’en voulait pas. Il faut savoir que les 11 juges de la Cour suprême sont nommés directement par le président de la République du Brésil.

Dès le lendemain de la décision de la Cour suprême, le ministère brésilien a annoncé qu’il va augmenter le nombre d’hôpitaux publics habilités à pratiquer des avortements dépénalisés : actuellement il y en a 65, le ministre Alexandre Padilha a déjà prévu d’en autoriser 30 de plus pour répondre à la nouvelle situation.

Le même jour, le Conseil fédéral de la médecine a annoncé la création d’une commission pour établir de nouveaux critères de diagnostic de l’anencéphalie, dont les conclusions devront être rendues dan un délai de 60 jours.

Dans un communiqué, l’épiscopat brésilien a dénoncé la décision du Tribunal suprême, l’accusant d’usurper le pouvoir législatif du Congrès national. La Conférence épiscopale a estimé que du coup les fœtus atteints d’anencéphalie sont « abusivement diagnostiqués comme en état de mort cérébrale », leur avortement est « l’élimination d’un être humain fragile et sans défense », précise le communiqué : « L’éthique interdit l’élimination d’un être humain innocent, sans exceptions. »

Les évêques ajoutent que l’attente d’un enfant anencéphale « est un drame pour la famille, et spécialement pour la mère » ; mais « considérer l’avortement comme la meilleure option pour la femme, outre que cela nie le droit inviolable de l’enfant à naître, ignore au bout du compte les conséquences psychologiques négatives pour la mère. »


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