10 avril, 2012

Nouvelle « affaire » à l'Académie pontificale pour la vie


L'excellent site belgicatho ayant rendu compte de l'annulation du congrès sur les cellules souches qui devait se tenir à l'Académie pontificale pour la vie du 25 au 28 avril, je n'avais pas jugé utile de revenir sur ce sujet. Mais voilà qu'il rebondit.

Belgicatho soulignait le 30 mars dernier que la raison de l'annulation donnée par l'APV n'était peut-être pas la vraie : l'institution romaine invoquait « le faible nombre des inscriptions » et donc un motif économique.

Mais cette « 3e Conférence internationale sur la recherche responsable sur les cellules souches » suscitait également la controverse puisque plusieurs orateurs invités se sont précisément spécialisés dans la recherche sur les cellules souches embryonnaires.

Le Pr Alan Trouson, président de l'Institut californien pour la médecine regénérative (ICRM), a beaucoup contribué à faciliter la récolte d'ovules multiples en vue de la fécondation in vitro ou de la congélation, et c'est lui qui a mené les recherches sur l'obtention de cellules nerveuses à partir de cellules souches embryonnaires (obtenues à partir de la destruction d'embryons). Ce scientifique australien est aujourd'hui le président de l'ICRM, une entreprise chargée d'investir 3 milliards de dollars dans la recherche, en priorité sur les cellules souches embryonnaires (voir ici quelques-uns de ses financiers cités par Wikipedia – Bill Gates par exemple).

Le professeur George Daley, chercheur au Children's Hospital de Boston (mais il a bien d'autres titres), devait quant à lui être le principal orateur du congrès. C'est une sommité dans le domaine des cellules souches, mais il s'est également distingué en militant pour le financement public de la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Il a été salué en 2003 pour son travail de pionnier sur la reprogrammation de cellules souches embryonnaires en cellules de sperme aptes à fonctionner. C'est lui encore qui a obtenu une dizaine de lignées de cellules souches, à partir de la destruction d'embryons, sur les 152 qui ont été approuvées par Barack Obama en 2009 pour la recherche subventionnée aux Etats-Unis.

Un troisième promoteur de la recherche sur les cellules souches et du « transfert nucléaire de cellules somatiques » – un euphémisme pour désigner le clonage non reproductif – , John Wagner, devait également assurer une conférence. (Voir par exemple ici un article co-signé avec Meri Firpo, spécialiste de la recherche sur les cellules souches embryonnaires.)

Si la compétence professionnelle de ces chercheurs ne fait pas de doute, leur choix comme orateurs distingués au cours d'un congrès qui annonce vouloir promouvoir la recherche « responsable » est pour le moins paradoxale.

Aussi plusieurs membres de l'Académie pontificale pour la vie, comme Mercedes Arzu Wilson, membre fondateur, et Judie Brown, membre également, ont dit à LifeSite leur « soulagement » de voir le congrès annulé. Mme Wilson précisait que les conférenciers avaient été choisis sans consultation des membres de l'APV.

Mgr Ignacio Carrasco de Paula.
Il a remplacé Mgr Rino Fisichella
à la tête de l'APV.
Le nouveau président de l'APV, Mgr Ignacio Carrasco de Paulo, avait insisté auprès des orateurs pour qu'ils ne fassent pas l'apologie de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, selon un membre de l'APV qui a répondu à LifeSite sous le couvert de l'anonymat ; ce même interlocuteur ajoutait cependant que leur simple présence était de nature à semer la confusion dans l'esprit des fidèles et du public du fait de la place d'honneur qui était octroyée à des pionniers et des partisans de la recherche destructrice sur l'embryon.

La Catholic News Agency (CNA) vient de son côté de rendre compte de l'existence de deux lettres émanant de l'APV et qui apportent des éclairages divergents sur l'annulation du congrès.

L'une des lettres, envoyée ces derniers jours à un intervenant au programme, assure dans un anglais un peu approximatif que l'annulation a été faite pour des « raisons économiques » et non à cause du « lobbying » de « quelques activistes pro-vie » (sic) qui « ne jouissent d'aucun crédit » auprès de l'Académie pontificale. La lettre porte la signature du chancelier de l'APV, le P. Renzo Pegoraro, ainsi que celle de Mgr Jacques Suaudeau, « official des études » de l'APV, pour qui l'annulation était une « mauvaise nouvelle ».

Une autre lettre, datée elle aussi du 4 avril et envoyée à certains membres de l'APV, ne portait que la signature du P. Pegoraro, assure au contraire que le report sine die du congrès est partiellement dû aux « menaces venant de certaines personnes qui, à l'aide d'informations fausses et tendancieuses, ont réussi à soulever des interrogatives (sic) des doutes ou même des craintes dans des personnes d'influence dignes de respect ». La lettre évoque également le manque de financement.

CNA rapporte cela d'après les dires d'un membre de l'APV, resté anonyme, qui affirme avoir vu les deux lettres (une photographie partielle de la seconde est présente sur le site) pour qui l'explication purement économique est « un mensonge évident ».

Trois membres de l'APV qui se sont identifiés comme opposés à la tenue du Congrès avec des orateurs favorables à la recherche sur les cellules embryonnaires affirment n'avoir reçu ni la première, ni la seconde lettre.

L'un de ces membres a signalé à CNA que le choix de ces orateurs était évidemment contraire aux statuts de l'APV qui prévoit la collaboration avec des experts médicaux catholiques ou non, mais à la condition qu'ils reconnaissent « l'inviolabilité de la vie humaine depuis la conception jusqu'à la mort naturelle ». Il ajoutait que non seulement des personnalités pro-vie reconnues, qui ne sont pas membres de l'APV, ont fait part de leur opposition, mais aussi « un nombre significatif de membres de l'Académie pontificale pour la vie, y compris certains faisant partie de son conseil de gouvernement ».

Selon cette source les « objections » de certains membres par rapport à des « orateurs inappropriés ont été rejetées sans explications par le président », Mgr Carrasco de Paula. Il ajoutait qu'un courriel envoyé précédemment par l'un des organisateurs précisait que l'Académie avait reçu « des ordres émanant d'une autorité plus haute pour remplacer les orateurs inappropriés », mais qu'il avait été décidé que cela n'était pas « faisable » et qu'on avait donc choisi d'annuler.

Que l'Académie pontificale pour la vie dénonce les agissements d'« activistes pro-vie » est quand même étrange, ajoute cette source – j'ajouterai que cela est d'autant plus vrais que certains d'entre eux font manifestement partie de l'APV.

Et il faut souligner que cette nouvelle « affaire » autour de l'Académie voulue par Jean-Paul II pour défendre la vie fait suite à une autre : celle du congrès sur la fertilité, fin février, où nombre d'intervenants présentèrent la fécondation in vitro comme une solution acceptable pour certaines femmes souffrant d'infertilité (voir ici).

Cela fait beaucoup en trois mois.

Et c'est à rapprocher, me semble-t-il, avec l'attitude de Mgr d'Ornellas, évêque français plus particulièrement chargé de la bioéthique, qui refuse systématiquement de tenir un langage clair sur certains sujets qui font passer l'Eglise pour rétrograde : le refus de la fécondation in vitro par exemple. J'avais relevé ici ses « réponses » à mes questions sur la FIV lors d'une conférence de presse en avril 2010.

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09 avril, 2012

Pâques, la “mort cérébrale” et le don d'organes

Lorsque notre Sauveur rendit l'âme sur la Croix, ceux qui l'entouraient surent que le moment de sa mort était survenu, comme en atteste saint Jean, témoin oculaire. Mais les Romains, soucieux de vérifier que le condamné était vraiment mort, lui firent transpercer le côté par une lance, « et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau ». Saint Jean insiste sur l'événement : « Celui qui a vu rend témoignage, afin que vous croyiez, vous aussi. » Il ajoute, entre parenthèses, « Son témoignage est véridique et le Seigneur sait qu'il dit vrai », ce qui est une manière d'invoquer l'autorité divine, de jurer dans le sens plénier du mot.

Ce qui atteste irrévocablement de la mort de Jésus, c'est d'une part ce qu'ont vu les témoins, le sentiment que le corps n'est plus animé, et d'autre part le fait que son Cœur ne batte plus, constaté par le Centurion.

Voici ce qu'en dit sur le plan médical le site (protestant) info-bible :

« Jésus était bien mort lorsqu'il a reçu le coup de lance, car pour une mort par asphyxie il est médicalement connu qu'il y a une poche de liquide qui se forme autour des poumons et du coeur. »
avec cette note :
« D'après un expert en diagnostique médical, A. Metherell, cité dans : Strobel, L., Jésus : la parole est à la défense, ?, Vida, 2001, p226, le crucifié doit pousser sur ses pieds pour pouvoir expirer ; lorsqu'il n'a plus la force de le faire, il s'asphyxie et meurt par arrêt cardiaque ; le choc hypovolémique, consécutif à la flagellation, accélérait le rythme cardiaque, favorisant la crise cardiaque avec pour effet une accumulation de liquide dans la membrane péricardiaque (épanchement péricardiaque) et autour des poumons (épanchement pleural). Voir aussi : C.Truman Davis, "The crucifiction of Jesus", Arizona medicine, p185-186 ; Dr Bergsma, "Did Jesus die of a broken heart?", The Calvin Forum, march 1948, p165. »

Jésus-Christ n'a pas été déclaré en état de « mort cérébrale » pour pouvoir nous nourrir et sauver nos vies avec ses organes.

La preuve de sa mort, c'est que son Divin Cœur ne batte plus.

De même que pensant aux tout débuts de la vie, les chrétiens méditent avec admiration l'épisode de la Visitation, où le Christ à peine conçu – quelques jours au plus, puisque Marie « se rendit en hâte à la montagne » – fait tressaillir de joie le petit Jean-Baptiste de six mois son aîné, encore dans le sein de sa mère, nous ferions bien de méditer à la fin de la vie en pensant à cette Mort salvatrice qui réellement, nous a rendus capables de la vie éternelle.

Alors que la fausse mort du « don d'organes » donne seulement un supplément de vie terrestre…

Si nous transposions sa Passion à l'époque contemporaine, tirant toutes les conclusions du concept de « mort clinique » ou de « mort cérébrale », on aurait pu le mettre au tombeau dès que des médecins auraient jugé qu'Il était dans cet état. Son Cœur continuant de battre, bien sûr. Mais la Résurrection, personne n'y aurait cru. Tout comme les personnes qui reviennent à la vie après avoir été considérés comme en état de mort cérébrale – les exemples ne manquent pas – ne sont pas vues comme des ressuscités : on constate juste qu'en fait, ces personnes n'ont jamais été mortes.

J'essaie d'imaginer le tollé si dans un pays appliquant la peine de mort, on utilisait un procédé permettant de détruire le cerveau mais préservant les autres fonctions vitales : activité cardiaque, circulation sanguine, respiration assistée par ventilation, et ce en vue de prélever des organes… Non : pour constater la mort des condamnés, on attend la vraie mort. (Sauf peut-être en Chine, mais c'est une autre histoire).

Il en va de même pour les euthanasiés : pas question de les prononcer morts si leur cœur bat encore, s'ils donnent encore signe de vie.

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07 avril, 2012

Le cardinal Schönborn et l'homosexuel

Florian Stangl (source : ici.)
Florian Stangl a 26 ans. Il est non seulement homosexuel, ce qui pourrait rester de l'ordre de l'intime, mais il a conclu un partenariat civil avec un ami qui est son concubin officiel. Stangl est également catholique, très engagé auprès des enfants handicapés en tant que salarié de Caritas Autriche. Dans un pays où la contestation ecclésiale fait rage, Stangl a aussi un rêve : faire partie du conseil paroissial du petit village de Stützenhofen. Et apparemment, dans son village, nul n'y a trouvé à redire : lors de la dernière et toute récente élection paroissiale, il a recueilli 96 voix sur 142, plus que n'importe qui d'autre.

Le curé de la paroisse, considérant que les conseillers paroissiaux sont censés accepter l'enseignement et la discipline de l'Eglise – ils signent même généralement un engagement à cet effet, mais cela n'avait pas été fait par les candidats de Stützenhofen – a immédiatement opposé son veto. Une source affirme même qu'il avait prévenu Stangl la veille de l'élection que sa candidature n'était pas recevable dans la mesure où il vit publiquement d'une manière contraire aux valeurs évangéliques. Une autre source assure que le P. Gerhard Swierzek lui a également demandé de ne plus s'approcher de la communion. Le curé en a donc référé à son archevêque, le cardinal Schönborn qui, dans un premier temps, lui a donné raison. Contre la volonté de ses paroissiens qui ont pris fait et cause pour leur jeune élu.

Au vu de cette fronde le cardinal a décidé de recevoir Florian Stangl – avec son compagnon, s'il faut en croire le blog de Philippe Clanché, journaliste à Témoignage chrétien. Et il a décidé de confirmer son élection, « en pasteur plein d'humanité et de finesse » comme l'assure Clanché. Swierzek est désavoué. Les exigences de l'Eglise sont repoussées au second plan. L'important, c'est la fête !

Le 30 mars, le cardinal Schönborn a publié le communiqué suivant que j'estime intéressant de traduire in extenso.
Le cardinal Schönborn 
lors d'une messe « jeune »
Je remercie les nombreux candidats aux élections au conseil paroissial. Par leur candidature, ils ont fait montre de leur souci de l'Eglise et de la foi. Ils témoignent ainsi de la vitalité de l'Eglise. Dans leur diversité, ils reflètent la diversité des vies et des voyages de foi aujourd'hui. Ainsi il y a beaucoup de conseillers paroissiaux dont le style de vie n'est pas en tous points conforme aux idéaux de l'Eglise. Au vu du témoignage de vie donné par chacun et pris dans son ensemble, et leur engagement d'essayer de vivre une vie de foi, l'Eglise se réjouit de leurs efforts. Ce faisant, elle ne remet pas en cause la validité de ses idéaux. 
Dans la petite communauté de Stützehhofen, que je tiens en grande estime, il y a une vive participation à la vie de l'Eglise y compris parmi la jeune génération. Un signe en est l'importante participation aux élections au conseil paroissial. Les erreurs formelles qui ont été mis au jour lors de cette élection ne remettent pas en cause (où le plus jeune candidat, Florian Stangl, a reçu le plus de voix). 
J'ai pu avoir une conversation personnelle avec Herr Stangl, et j'ai été profondément impressionné par son attitude de foi, sa discrétion, et son engagement vécu par rapport au service. Je puis donc comprendre pourquoi les habitants de Stützenhofen ont voté d'une manière aussi décidée pour sa participation au conseil paroissial. 
Aujourd'hui lors du conseil de l'évêque (Bischofsrat) nous avons discuté le cas complexe de Stützenhofen, et  avons pris à l'unanimité les décisions suivantes : 
1. La direction du diocèse ne remet pas en cause la validité de l'élection, ni ses résultats. 
2. Le conseil de l'évêque ordonne une révision des règles applicables aux élections aux conseils paroissiaux en vue de clarifier les pré-requis pour la candidature dans le contexte d'une délibération qui se poursuit à propos de la nature et des buts des conseils paroissiaux.


Tout y est : la Novlangue, le relativisme, le jeunisme, la démagogie, l'adulation de la démocratie dans l'Eglise. Non ?

Florian Stangl, ce modèle de discrétion, a donné des interviews à la presse pour justifier sa position. Où il explique qu'à son avis, « poser l'exigence d'une vie chaste, c'est relativement éloigné de la réalité de la vie ; combien de personnes vivent vraiment chastement ».

Apparemment le cardinal l'a bien voulu entendre.

Et disparaît d'un coup la notion de scandale public. Celle-ci n'est pas une façon de mettre tel ou tel au pilori, mais elle vise à éviter que l'absence de réaction face à un comportement manifestement contraire aux exigences de la foi donne à d'autres l'impression que finalement cela n'est pas si grave, ou est même acceptable. Pousser autrui à mal agir en somme.

Disparaît en même temps la distinction entre les comportements inacceptables pour des tas de raisons – et certes nul n'est parfait – et ceux que la morale traditionnelle qualifie de « contre nature ».

Et se trouve par le fait relativisée l'oppositionde l'Eglise, au nom de la simple loi morale naturelle, à l'institutionnalisation des unions homosexuelles.

Florian Stangl, ce modèle de discrétion, a choisi très délibérément de rendre publique son union avec son ami Alexander. Au point qu'il a invité plus de la moitié de son village à la mairie pour fêter la signature de leur union civile. Et que, devant la déclaration de son curé qu'il ne devait pas recevoir la communion, il a crié à la « discrimination ».

Tiens, on l'attendait, celle-là.

Voilà belle lurette que j'entends d'autres cardinaux dire leur crainte de voir bientôt des catholiques martyrisés au nom de cette non-discrimination.



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06 avril, 2012

Le “vaccin” contraceptif double le risque du cancer du sein chez les jeunes femmes

Fred Hutchinson
Cancer Research Institute
Des chercheurs du Fred Hutchinson Cancer Research Institute de Seattle viennent de rendre publics les résultats d'une étude sur plus de 1.000 femmes jeunes, de 20 à 44 ans, ayant un cancer du sein. 10 % d'entre elles avaient eu recours à une injection contraceptive. L'étude a établi un lien entre le depo-medroxyprogesterone acetate (DMPA), principal ingrédient du Depo-Provera et le cancer du sein. Ce moyen contraceptif s'utilise selon divers dosages, généralement par injection tous les trois mois. Il contient de la progestine, une hormone utilisée dans un traitement de la ménopause lié lui aussi au cancer du sein.

L'étude montre un risque 2,2 fois plus grand d'avoir un cancer du sein chez les femmes ayant utilisé le DMPA pendant un an au moins, un risque que l'on n'a pas retrouvé chez celles ayant cessé de l'utiliser depuis plus d'un an ou qui l'avaient utilisé depuis moins d'un an.

Le cancer du sein demeure exceptionnel chez les femmes aussi jeunes mais le niveau d'augmentation du risque justifie une meilleure recherche sur les contraceptifs, d'autant que d'autres solutions existent, assure le Dr Christopher Li. Sans évoquer pour autant la moins chère, la plus morale et la plus sûre, sur le plan de la santé, de toutes : la régulation naturelle des naissances.

Les injections contraceptives font l'objet d'une promotion frénétique dans les pays du tiers-monde.

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Chili : rejet de l'avortement légal, y compris « thérapeutique »

Au terme de quatre sessions consécutives où pro et anti ont débattu jusque dans les moindres détails à propos de l'avortement, trois projets de l'opposition visant à légaliser l'avortement dans différentes situations ont été clairement rejetés par le Sénat chilien, une magnifique victoire pro-vie. Le président Sebastian Piñera avait mis tout son poids dans la balance, par ses déclarations et en publiant une lettre que j'avais intégralement traduite ici. A lire ou à relire absolument.

Les derniers débats et les votes ont eu lieu hier, Jeudi Saint. Les pro-avortement pensaient avoir des chances pour faire adopter le plus restrictif des trois textes : il était présenté par le président du Sénat, Camilo Escalona, et créait une catégorie assez vague d'« avortement thérapeutique » qui serait dépénalisé en cas d'accord de deux médecins. Le sénateur, signale Matthew Cullinan Hoffman sur LifeSite, cherchait à embrouiller son monde en assurant qu'il ne s'agirait que de la codification de protocoles médicaux existants appliqués en cas de danger pour la vie de la mère. Mais dans le même temps il attaquait la position du président Piñera qui avait souligné la différence entre l'avortement direct et le recours à des soins nécessaires pour préserver la vie mais susceptibles de causer, sans la rechercher, la mort du fœtus. Ces derniers étant seuls respectueux de la vie, et, bien sûr, acceptés dans le cadre juridique chilien.

Alberto Espina
Mais le projet a été rejeté par 18 voix contre 15. Le sénateur Alberto Espina a expliqué son vote pour la vie en rappelant que la Constitution chilienne protège les droits des enfants à naître, « un droit qui commence à à la conception ». « Quelles que soient les circonstances, les enfants à naître ne nous appartiennent pas ; ce sont des être humains avec des droits qu'il faut protéger. » Pour Hernan Larrain, « le fait d'interrompre la vie de celui qui va naître ne peut être thérapeutique ». « Pour nous, l'avortement est une sorte de sentence de mort ouverte », ajoutait un autre sénateur, Carlos Larrain.

Le deuxième texte visait plus précisément les cas où la vie de la mère est en danger ou de non viabilité du fœtus ; il a été rejeté par 19 voix contre 12.

Le troisième texte était d'application la plus large, reprenant les catégories précédentes et ajoutant les cas de grossesse résultant de viol. Il a été rejeté par 22 à 9.

Ces textes, ayant été rejetés en séance générale, ne pourront pas revenir devant le Parlement chilien avant un délai d'au moins un an.

Le pro-avortement n'ont pas abandonné pour autant, puisqu'un autre texte est actuellement en commission, qui tend à déclarer que tout acte posé en vue de sauver la vie de la mère ne peut être qualifié d'avortement… même si c'en est un.

Piñera : c'est ainsi que nous voulons le Chili

Bien sûr, les pro-avortement n'ont pas craint de donner dans l'hyperbole, tel le sénateur Eduardo Frei annonçant que « le véritable attentat contre la vie, au Chili, c'est celui qui frappe des milliers de femmes à qui l'on refuse la possibilité d'avorter alors que le fœtus présente une malformation incompatible avec la vie et qu'elles se voient exposées à mourir ». L'art de tout mélanger, et d'oublier une donnée essentielle : le Chili, qui interdit totalement l'avortement, a aussi le taux de mortalité maternelle le plus bas de l'Amérique latine, soit 1,65 pour 100.000 naissances vivantes (en France, il est de 9,6 pour 100.000 selon des chiffres officiels).

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Deux fillettes deviennent mère en Colombie : où sont les médias ?

En Colombie, une fillette de dix ans vient de donner le jour à une petite fille à 39 semaines de grossesse. La mère et l'enfant se portent, bien, selon l'expression consacrée, et c'est quasiment un miracle. L'une des plus jeunes mamans du monde n'avait consulté aucun médecin pendant que son ventre s'arrondissait et elle est arrivée à l'hôpital en situation d'urgence, saignant abondamment et criant de douleur lors des contractions qui avaient commencé. Il a été aussitôt décidé de pratiquer une césarienne qui a permis de sauver les deux vies. Le bébé était tout à fait viable.

La fillette, qui n'a pas vraiment idée de la maternité, a refusé d'allaiter l'enfant. Ses parents attendent qu'elle sorte de l'hôpital pour la ramener chez eux avec le bébé : chez eux, dans la petite ville de Manaure sur une péninsule colombienne où vit la tribu des wayuu, dont elle est membre.

Et voilà pourquoi cette affaire n'a pas fait les gros titres comme celle de la petite fille de Recife, pour qui des organisations féministes avaient réclamé et obtenu l'avortement au Brésil il y a quelques années. Dans la tribu des Wayuu, la maternité précoce fait partie de la « culture », et cette culture est protégée par un certain degré de souveraineté. Il est fort probable, compte tenu de l'état du droit colombien, qu'il n'y ait pas d'enquête ni de poursuites contre le père de l'enfant, sur l'identité duquel les membres de la tribu restent silencieux. La presse colombienne parle d'un jeune de 15 ans ou d'un homme de 30 ans. En tout cas de quelqu'un qui a manifestement abusé de la jeunesse et de l'innocence d'une fillette que ses parents n'ont pas protégée.

Peut-être parce que cela ne se fait pas chez les Wayuu…

Mais, fait caractéristique, on n'a pas entendu les organisations féministes réclamer l'avortement : au nom de la diversité ethnique peut-être ?

La Colombie reste un pays profondément pro-vie malgré des pressions, notamment de la Cour suprême, pour imposer l'avortement au moins dans les cas limites. Et incontestablement, celui-ci en était un, à la fois en raison de l'âge de la petite jeune fille et du manque de suivi qui a permis que sa situation se dégrade jusqu'à menacer sa vie. Mais elle s'en est tirée vivante, avec l'enfant. L'avortement n'était donc pas la seule solution envisageable.

Une affaire similaire s'est produite fin mars lorsqu'une autre fillette wayuu, âgée de 11 ans cette fois, a donné elle aussi le jour à un bébé, sans complications puisqu'elle a pu être suivie de près pendant sa grossesse. Elle apprend à allaiter sa petite fille.

L'Instituto Colombiano de Bienestar Familiar, organisme gouvernemental de soutien aux familles, est intervenue dans un premier temps pour aider la fillette enceinte, mais il se mobilise aussi maintenant parce que le père présumé de l'enfant, un jeune de 15 ans semble-t-il, qui avait été identifié par les proches de la jeune fille comme ayant eu des relations avec elle, a refusé de reconnaître le bébé et assure qu'il « n'est pas de lui ».

Vu la gravité que revêt la défaillance du père, l'ICBF entend rechercher une bonne solution pour l'enfant qui « a droit à un nom et à une famille », comme le précise la Constitution colombienne.

Les autorités se heurtent là encore aux coutumes wayuu : ce qui en Occident relève du viol, est tout à fait acceptable chez eux, du moment que le jeune homme paye une dot, une sorte de « droit » ancestral qui officialise la cohabitation du couple.

Que faire pour ces indigènes qui conservent leur droit propre ? Selon le gynécologue qui s'est occupé de la fillette, il s'agit d'abord d'arriver à trouver les jeunes filles qui ont besoin d'un traitement et d'un suivi : la fillette en question, il a fallu aller la chercher. Parlant peu de wayunaiki et pas du tout d'espagnol, la jeune maman était trop ignorante pour demander de l'aide elle-même. L'« éducation sexuelle » est-elle la solution portée aux tribus les plus reculées est-elle la solution, comme l'a dit ce gynécologue ? L'éducation tout court, plutôt. Les maternités aussi précoces ne sont pas un bien, mais alors les relations sexuelles précoces non plus.

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03 avril, 2012

UNESCO : le comité de bioéthique s'enrichit d'un partisan de la recherche sur l'embryon

A la grande satisfaction de l'université de Pennsylvanie, Jonathan Moreno, professeur d'éthique biomédicale de haut vol dans plusieurs facultés de U-Penn, vient d'être nommé au Comité international de bioéthique de l'UNESCO. Jonathan Moreno est un fervent partisan de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, car même s'il plaide pour le recours aux lignées de cellules souches embryonnaires existantes là où c'est possible, il estime indispensable à la recherche de se résoudre à la destruction d'embryons pour en obtenir de nouvelles si les circonstances l'exigent.

Le Comité international de bioéthique de l'UNESCO (IBC) se présente comme le seul forum global de réflexion sur la bioéthique. Composé de 36 « experts indépendants », il suit depuis 1993 les progrès des sciences de la vie et leurs applications, en vue d'assurer le respect de la dignité humaine et de la liberté et de  promouvoir les principes de la Déclaration de l'UNESCO sur la bioéthique dans l'ensemble des pays membres.

C'est donc au nom du respect de la dignité humaine que l'UNESCO nomme un partisan de la recherche destructrice sur l'embryon…

Dans une interview datant de juillet 2008, Jonathan Moreno s'en explique.

Il estime que même la recherche sur les cellules souches adultes, qui ne pose aucun problème moral, a besoin de celle sur les cellules embryonnaires « totipotentes » qui sont comme « l'étalon or » du comportement des cellules, et il met en avant des résultats moins satisfaisants, à l'aune de « certains travaux » récents, obtenus sur les cellules souches adultes prélevées sur des personnes plus âgées.

Mais l'embryon humain n'a-t-il pas une valeur intrinsèque ? Pas pour Moreno, qui rejette le manque de science du quidam qui réclame le respect de sa vie :

« Il est important de noter que toutes les religions abrahamiques ne sont pas unamimement d'accord pour affirmer que l'embryon ait quelque statut moral que ce soit. Les Juifs orthodoxes, les imams de la tradition islamique et beaucoup de confessions protestantes n'attribuent pas à l'embryon le statut moral d'une personne humaine déjà née. L'Eglise catholique romaine n'a pas traditionnellement revêtu l'embryon de la personnalité, et ce point de vue n'a commencé à changer qu'au milieu du XIXe siècle. (…) Je pense qu'il n'y a pas une division nette entre les pro-vie et les pro-choix sur cette question, ni qu'il y ait une division nette entre ceux qui donnent un important statut moral à l'embryon humain et ceux qui lui en donnent relativement peu. (…)
« Au moins dans ce pays, le consensus parmi ceux qui réfléchissent à ces choses, comme les théologiens et les philosophes, semble être que l'embryon humain a un statut moral plus important que le spermatozoïde ou l'ovule seul, mais que l'embryon n'a pas nécessairement des droits. Cela étant dit, je dirais que l'embryon qui a été créé intentionnellement doit être respecté. Cela signifie qu'avant de justifier la destruction de l'embryon en vue de la recherche médicale, il faut avancer un argument solide pour montrer que les lignées de cellules souches embryonnaires existantes ne conviennent pas pour la recherche envisagée, et démontrer l'importance de celle-ci : par exemple, qu'elle soit en relation avec une maladie grave. (…) 
« Si un enfant meurt d'une maladie qui aurait pu être évitée si nous avions pu faire des recherches sur elle en utilisant des embryons déjà voués à la destruction ou à la réfrigération de longue durée – comme les embryons utilisés dans les cliniques de fécondation in vitro – je ne vois pas en quoi la mort de cet enfant peut contribuer à la dignité humaine. »
En poussant un peu un tel argument, on justifierait tout aussi bien le prélèvement d'organes vitaux sur des personnes en état végétatif persistant pour donner plus de vie à un malade soignable par transplantation…

Pour Moreno, un concept particulièrement important de la tradition judéo-chrétienne dont il serait « difficile de dire », selon lui, « qu'elle n'informe pas en un sens les points de vues de tout le monde sur tout », est celui d'imposer une « obligation invincible » à chaque être humain de ne pas être cruel vis-à-vis de son semblable.

« La cruauté peut se manifester de toutes sortes de façons, y compris – à mon avis – en ne tirant pas profit des occasions que peut fournir la science médicale pour le bien de l'homme. » 
Et de plaider pour une recherche sur les cellules souches embryonnaires qui non seulement s'imposerait en quelque sorte moralement, mais qui soit coordonnée, aux Etats-Unis, au niveau fédéral.

Jonathan Moreno, entre autres rôles à son actif, a fait partie de l'équipe de transition de Barack Obama, et il a joué un rôle de conseiller à la Fondation Bill & Melinda Gates.

Comme ça, au moins, nous savons à quelle sauce l'UNESCO nous mange…



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02 avril, 2012

Deux vies sauvées : au Pérou, fin heureuse d'une grossesse à risque

Voilà une des plus jolies histoires qu'il m'ait été donnée de découvrir ces derniers temps. Elle se passe au Pérou. Une jeune femme, Lidia, 25 ans, s'est vu signifier son arrêt de mort alors qu'elle était à 5 mois de grossesse parce qu'elle avait un kyste de 15 kilos – ou plutôt des centaines de ksytes dans un énorme kyste – dans la cavité abdominable. La rupture de cette enveloppe menaçait sa vie à chaque instant. Quelle solution ? Avorter, puisque sa vie était menacée autant que celle de son bébé et que dans ces conditions l'intervention n'aurait pas été pénalisée. C'est ce que lui a dit son médecin. Puis le premier santé auquel elle s'est adressée. Et encore d'autres spécialistes. Mais avec son mari Fernando, elle a tenu bon. Frappant à porte après porte  jusqu'à trouver un médecin qui veuille bien tenter de sauver les deux vies, la sienne et celle de son enfant. Et les deux sont vivantes, et en excellente. Lidia et son bébé vont bien.

« Au moment où j'ai appris qu'il y avait un problème, on m'a condamnée. On m'a dit que je ne vivrais pas. Sauf si j'avortais. Mais le bébé avait déjà 5 mois ! Il avait forme humaine ! Le supprimer, ç'aurait été comme tuer une personne ! Je n'ai pas voulu. J'ai refusé », raconte-t-elle dans une poignante interview à la télévision eju.tv.

A l'échographie, on avait aussi mis la pression à son mari. Croquis à l'appui, le premier médecin lui affirme qu'il doit choisir entre deux solutions : ou bien perdre et sa femme et son enfant, ou bien accepter tout de suite l'avortement.

De retour à la maison, Lidia et Fernando sont effondrés. Ni l'un ni l'autre ne veut, ne peut accepter l'idée de « mettre fin à la grossesse », parce qu'ils savent bien que cela signifie mettre fin à la vie de l'enfant qu'ils attendaient avec tant d'impatience : « une année de concubinage et une année de mariage », explique Fernando. Alors ? Alors, « Dieu est grand », dit Fernando. Ils décident de faire confiance.

Ils finissent par s'adresser à un hôpital catholique, l'hôpital Jean XXIII de La Paz. Là, on promet de tout faire pour sauver la mère et l'enfant. Laisser la grossesse se poursuivre assez pour offrir à l'enfant les meilleures chances de survie et de santé, sans jamais négliger la protection de la survie et de la santé de sa maman. Les kystes sont d'origine parasitaire et ont dû s'installer alors que la petite Lidia avait 10 ans : on la place sous traitement anti-parasitaire pour qu'ils ne grossissent pas.

Pendant les semaines d'attente, tout l'hôpital se sera mis en alerte permanente pour la maman et son bébé. Les médecins, les urgentistes, les infirmières sont prêts à faire face aux pires éventualités. L'ambulance est parée et le protocole de soins défini. Rien n'est laissé au hasard. Trois semaines avant l'intervention chirurgicale que se prépare à réaliser le Dr Ariel Tapia, sous-directeur de l'hôpital, Lidia est hospitalisée pour être dans des conditions de repos absolu. Un moment de grâce où tout le personnel se prend d'affection pour cette courageuse petite femme au lumineux minois d'indienne. La grossesse atteint sans incident ses 36 semaines (un peu plus de huit mois de gestation), et voilà l'heure d'opérer.

Les médecins de « Jean XXIII » se sont préparés en équipe. Le premier à intervenir sera le gynécologue obstétricien José del Barco, chargé de réaliser la césarienne avec ses collaborateurs. Prête pour assurer la réanimation si nécessaire, l'équipe de néonatalogie conduite par le Dr Villafan s'occupera du tout-petit. Au Dr Tapia de conduire l'extraction délicate du monstrueux kyste sans rien abîmer, sans rien oublier. La réussite sera totale, au bout d'une intervention qui va durer trois heures. Nous sommes le jeudi 15 mars : naissance d'un bébé de 2,950 kilos en parfaite santé, que suivront 15 kilos d'une masse qui avait menacé sa vie et celle de sa maman. L'opération est tellement extraordinaire que la presse internationale en parlera, et vous trouverez même un résumé sibyllin de l'affaire en langue française (ici par exemple) d'après l'AFP.

Ceux qui ont le cœur bien accroché peuvent suivre les moments clef de l'intervention ici, comme s'ils y étaient…

Le présentateur vedette de Cadena A, John Arandia, a invité les médecins qui ont participé à l'intervention ainsi que le jeune couple et leur petit bébé, une semaine à peine après l'opération (l'interview a été diffusée le 23 mars). Le témoignage, vous l'imaginez, fait vibrer la corde sensible. Mais dans le bon sens : celui du bonheur d'une famille qui a refusé la fausse solution de la mort. « C'est Dieu qui a rendu cela possible », souligne sans fausse gêne John Arandia. Tapia ne le contredit pas, rappelant au contraire l'engagement de son hôpital pour la vie. Et Arandia termine sur les mots : « Rendons grâce au chef d'équipe de cette opération : Dieu. »



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31 mars, 2012

La pilule magique pour s'enrichir

Une étude menée par des chercheurs de l'Université du Michigan d'après les données du National Bureau of Economic Research croit pouvoir affirmer que le recours à la pilule contraceptive et aux autres moyens contraceptifs est un facteur d'enrichissement, et qu'un recours plus précoce assure des « retours » financiers plus importants : 8 % de plus en salaire net pour celles qui ont commencé plus tôt, vers 18 ans, plutôt que pour celles ayant démarré à 21 ans ou plus tard. L'analyse portant sur des femmes âgées de 14 à 24 ans nées entre 1943 et 1954 relève que le « contrôle des naissances » (comme disent les anglophones) a un impact favorable sur la carrière, l'emploi, le niveau de rémunérations et les promotions. Les milliers de femmes en question avaient été suivies dans le cadre d'une enquête longitudinale de 21 ans à partir de 1968.

L'auteur principal de l'étude, Martha Bailey, note que l'attitude des femmes à l'égard du mariage et de la maternité ont changé grâce à l'accès facile à la pilule et que, sans doute, celle-ci a également joué son rôle auprès des employeurs par rapport à leurs décisions d'embauche et d'évolution de carrière. Et ce bénéfice, poursuit l'étude, aura été d'autant plus important que les utilisatrices étaient issues d'un milieu moins privilégié.

Le magazine des hommes d'affaires richissimes et de la réussite économique portée au pinacle, Forbes, fait partie des médias qui se sont jetés sur cette information qui a sollicité sans doute une intérêt supplémentaire du fait du débat actuel aux Etats-Unis sur la couverture obligatoire de la contraception dans les prestations de la nouvelle assurance-maladie obligatoire, l'Obamacare.

Le titre choisi par la revue est racoleur : « Pourquoi vous pouvez attribuer à la pilule 30 % de votre salaire. » : un tiers des gains des femmes liés au travail aurait ainsi été rendu possible grâce à la contraception hormonale depuis les années 1960.

Sans prétendre établir une relation certaine, l'équipe de Martha Bailey estime que les femmes ayant pu bénéficier de la pilule avant l'âge de 18 ans n'ont pas eu à interrompre leurs études, ont pu suivre une formation plus longue et faire irruption dans des carrières traditionnellement plutôt réservées aux hommes : elles ont été « récompensées », selon Forbes, « par des augmentations de gains remarquables tout au long de leur vie ». L'étude a profité du fait qu'à son apparition, la pilule a été réservée aux plus de 21 ans dans certains états, aux plus de 18 ans dans d'autres, permettant ainsi la comparaison.

Mais l'étude va plus loin en met en avant les gains de salaire en moyenne de 30 % des femmes depuis le libre accès à la pilule, estimant que pour les deux tiers, ce gain est lié à une expérience professionnelle plus complète, le tiers restant résultant d'un meilleur accès à la formation entraînant avec elle la possibilité de travailler dans des professions très bien rémunérées qui étaient l'apanage des hommes.

Si l'étude enfonce beaucoup de portes ouvertes – il va de soi que le refus de la maternité, volontaire ou dicté par les circonstances, laisse plus de temps pour le travail rémunéré – elle passe à côté de nombreux autres facteurs. Et avant tout la marginalisation de l'époux et du père dont le salaire permettait pus facilement naguère de faire vivre une famille sans que l'épouse travaille.

Aujourd'hui bien des femmes travaillent par obligation, souvent dans des postes très subalternes au salaire minimum, parce que leur situation économique ne leur en laisse pas le choix. Le nombre de dollars ou d'euros gagnés a peut-être grimpé, mais pour quel résultat concret et réel




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30 mars, 2012

L'Union européenne subventionne l'avortement

En toute illégalité, l'Union européenne a donné des millions d'euros aux deux plus importants fournisseurs d'avortement dans le monde, Marie Stopes International et la Fédération internationale du planning familial (IPPF) : si les chiffres exacts concernant cette dernière n'ont pas été révélés, Marie Stopes a reconnu avoir reçu 30 millions d'euros sur la seule période 2005-2009. C'est ce qui ressort d'un rapport publié jeudi par European Dignity Watch (information donnée en langue française par hermas.info).

Vu que les pays membres de l'Union européenne sont en désaccord sur la question de l'avortement, l'UE n'a pas le droit de financer l'avortement au titre des fonds versés au pays en voie de développement pour la « santé sexuelle et reproductive » – la définition européenne de celle-ci exclut explicitement l'avortement et la promotion de mais aussi la stérilisation et les essais non autorisés sur les méthodes contraceptives. Les textes sont cités dans le rapport.

Même si les aides versées ne sont pas ouvertement destinées à l'avortement, Marie Stopes et l'IPPF le pratiquent dans les pays du tiers monde, soit de manière revendiquée, soit sous couvert de « contraception d'urgence ».

Par ailleurs la Commission européenne est membre de la « Reproductive Health Supplies Coalition », aux côtés de la FNUAP (agence onusienne pour la population) qui assure la diffusion de toutes sortes de produits contraceptifs dans les pays en voie de développement, mais aussi des « kits d'aspiration manuelle »  pour procédures avortement précoces, que l'on retrouve dans son catalogue même s'ils ne sont pas évoqués dans la présentation du site. La Commission européenne lui a octroyé 24,3 millions d'euros à verser sur 30 mois depuis juin 2011 (et le ministère français des Affaires étrangères verse lui aussi une subvention).

Mais pour revenir au Planning et à Marie Stopes International, ces deux organismes ont leur propre définition de la « santé sexuelle et reproductive » qui inclut l'avortement – le Planning le revendique même comme un « droit universel », rappelle European Dignity Watch.

Cette association a rencontré d'importants obstacles pour se faire communiquer les documents comptables et la correspondance avec l'IPPF et MSI ; elle n'a pas obtenu d'informations sur nombre de projets ce qui peut au moins indiquer que la Commission n'exerce aucun contrôle sur l'emploi des fonds, souligne European Dignity Watch.

Mais certains documents obtenus ne laissent planer aucun doute. Ainsi MSI-Cambodge évoque la mise en place de quatre cliniques en 2006 avec un chiffre provisoire de 6.807 avortements réalisés ; MSI-Afrique du Sud parle de formation du personnel médical en vue de la pratique de l'avortement médical et chirurgical ; MSI Bangla-Desh (qui a reçu 743.877 euros de la Commission) affirme avoir atteint 93 % de son objectif de « régulations menstruelles » sur 12.278 patientes. Cette procédure consiste à aspirer le contenu de l'utérus dès lors que l'on soupçonne que la femme est enceinte, sans vérifier si c'est le cas, et la procédure est volontiers appliquée là où l'avortement est illégal, notamment par l'IPPF, citée par European Dignity Watch. Façon de ne pas appeler l'avortement par son nom… Dans son livre De la vie avant toute chose, Pierre Simon en rêvait comme de la solution parfaite et systématique, pratiquée mensuellement qui permettrait à la femme de ne jamais savoir si elle avait avorté ou non… Ces pratiques sont classées comme abortives par le Guttmacher Institute, un institut statistique pro-avortement fondé par le Planning familial.

 En Papouasie-Nouvelle-Guinée MSI avoue la formation de personnel à l'aspiration manuelle, et donc à l'avortement, la « mission » MSI étant financée à 85 % par la Commission.

L'IPPF n'est pas en reste. European Dignity Watch donne l'exemple du projet Bolivie-Guatémala-Pérou qui a reçu au moins 1,7 million d'euros depuis 2005 de l'UE, qui ont servi notamment au financement de la « contraception d'urgence » et très probablement, selon l'association, à la fourniture de misoprostol ou de mifégyne pour provoquer des avortements précoces, les saignements importants ne pouvant être avec certitude attribués à une action abortive qui dans ces pays est interdite par la loi pénale.

Au Bangla-Desh, l'IPPF assure avoir fourni gratuitement la « régulation menstruelle » dans le cadre d'un projet financé en 2005 à hauteur de 1,48 million d'euro par la Commission.


Ce qui conduit European Dignity Watch à se demander si la Commission finance des projets pour « combattre les pauvres ou pour combattre la pauvreté ».

Son rapport donne une liste complète des documents que la Commission a refusé de communiquer (appendice 1).

Et à l'appendice 6, l'association fournit des photos de « produits » d'avortement par aspiration manuelle…


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29 mars, 2012

Italie : une jeune fille découvre son bébé avorté…

A Rome, une très jeune femme a subi un avortement pour cause de « malformation grave du fœtus » – mais elle a retrouvé l'enfant dans son slip, chez elle, au lendemain de l'intervention. L'avortement avait eu lieu à l'hôpital San Camillo-Forianini et s'était apparemment « bien » passé. La jeune femme avait obtenu son billet de sortie l'après-midi même. Une fois chez elle, elle avait ressenti de fortes douleurs mais les avait supposées normales et s'était couchée sans y prêter davantage attention. Le lendemain, elle était allée aux toilettes dès son réveil, pour faire la traumatisante découverte : son tout petit enfant était là, dans son slip. Elle s'était aussitôt évanouie.

Elle a été aussitôt secourue par sa famille. Toujours sous le choc, elle a recueilli le fœtus dans une boîte et s'est rendue dans un hôpital – un autre, elle n'avait plus confiance – où elle a dû recevoir nombre de soins dont la nature précise n'a pas été divulguée, sinon qu'il a fallu traiter entre autres le traumatisme qu'elle souhaite maintenant à tout prix oublier.

L'avocat de la jeune femme a rendu l'affaire publique sur l'antenne de Radio Radio et une enquête a été ouverte auprès de l'hôpital qui avait commis l'erreur – mais qui affirme que les vérifications d'usage avaient bien été faites.

La presse italienne parle d'« événement tragique », de « choc » et de « traumatisme ». On ne peut pas lui donner tort. Mais la tragédie consiste simplement, pour elle, en ce que la jeune maman a vu son tout petit mort après qu'elle eut décidé qu'il devait mourir. Pas un « amas de cellules », pas une masse de chair informe, ni même déformée par la « malformation », ou des tissus expulsés : non, un tout petit être humain, son bébé dont la mort est tragique, et non la présence aux yeux de sa mère.


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27 mars, 2012

Uruguay : enquête sur deux morts maternelles après avortement chimique. Et une manif pro-vie

Le ministère uruguayen de la Santé publique enquête actuellement sur deux morts survenues à la suite d'avortements chimiques au moyen du Misoprostol (souvent vendu sous le nom commercial Cytotec) révèle aujourd'hui le site d'informations espectador.com. Les victimes (outre les enfants à naître) étaient toutes deux de jeunes femmes qui avaient eu recours en début de grossesse à ce médicament que l'on promeut volontiers comme solution alternative aux avortements chirurgicaux et comme un moyen d'échapper au principe d'interdiction de l'avortement.

Les investigations portent notamment sur le fait de savoir si les jeunes femmes ont reçu une assistance à propos de l'usage du Cytotec, comment elles ont obtenu le médicament,  et quel était le dosage et l'état des comprimés.

Leticia Rieppi, directrice de l'Aire de Santé sexuelle et reproductive au ministère a fait part de sa « consternation » devant ces « morts évitables » et a rappelé que toute femme confrontée à une grossesse non désirée doit pouvoir obtenir de l'information afin de diminuer les risques liés à l'avortement clandestin.

Ce sont là les dispositions de la loi 18.426 adoptée en 2010. Elle visait à légaliser l'avortement mais s'était heurtée au veto du président Tabaré Vazquez. Cet élément avait été ôtée de la loi mais ses autres éléments ont été maintenus, notamment en ce qui concerne l'assistance aux femmes décidées à avorter malgré l'interdiction légale, pour les avertir des risques liés à certaines procédures et des manières de les éviter.

La mort de deux femmes dans ces conditions est évidemment une pierre dans le jardin des partisans de l'avortement et de tous ceux qui prônent le détournement d'un médicament qui a de réelles applications thérapeutiques pour provoquer la mort d'un enfant à naître, et qui dans l'histoire de son utilisation n'en est pas à son premier accident mortel pour les femmes qui y ont recours.

La légalisation de l'avortement est toujours à l'ordre du jour en Uruguay où un nouveau projet de loi doit être examiné par la Chambre des députés dans les semaines à venir. Lundi soir, quelque 300 personnes ont manifesté pour le respect de la vie à Montevideo, selon les chiffres avancés par espectador.com. El Observador en avait compté 500, dont l'épouse de Tabaré Vazquez, Maria Auxiliadora Delgado, plusieurs députés de divers partis et des élus locaux de la capitale uruguayenne. Pancartes, chants et distributions de tracts étaient ponctués de projections vidéo sur un écran géant avec des témoignages de femmes ayant avorté – le reporter n'hésitant pas à raconter que bien des spectateurs avaient l'œil humide en les écoutant. Il y eut même un spectacle de magie, des images d'échographie et le son si émouvant du battement de cœur d'un enfant à naître, le tout commenté par une figure de la web TV, Juan Carlos Lopez, qui anime des émissions sur l'histoire, la culture, la musique et le peuple rural de son pays (c'est ici).

Un médecin-échographiste, Ana Barragués, expliqua qu'elle était là pour « sauver des vies » ce que le monde semble avoir oublié. Quand elle rencontre une femme désirant avorter, ajouta-t-elle : « Je les regarde et je leur dis (en montrant son ventre) que de là, n'importe qui te l'enlève, mais de là (en montrant sa tête) personne ne te l'ôtera jamais. »

Voici les « 500 » pro-vie de cette soirée :





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26 mars, 2012

Royaume-Uni : une clinique d'avortement sur cinq enfreint la loi

Même dans un pays où l'avortement est aussi facile d'accès qu'en Grande-Bretagne, une enquête menée par le Daily Telegraph révèle que 20 % des cliniques spécialisées trichent pour « rendre service » à des femmes voulant mettre fin à leur grossesse, soit en falsifiant des données, soit en accordant des certificats signés en série par des médecins qui ne les ont même pas vues en consultation. C'est ce qui ressort d'une enquête officielle menée à la demande du Secrétaire à la Santé.

L'enquête a pris la forme de contrôles surprises dans les 250 cliniques où sont pratiqués des avortements, qu'elles soient privées ou gérées par le National Health Service (NHS) ; le quotidien affirme que plus de 50 de ces établissements ne respectaient pas les lois ou les règlements à propos de l'avortement légal. Les irrégularités atteignent un niveau tel que le Secrétaire à la Santé, Andrew Lansley, s'est dit « choqué » et entend saisir la police des dossiers de plusieurs médecins et cliniques, dont certaines sont même menacées d'être privées de leur licence.

Cette enquête faisait suite aux allégations du Telegraph selon lesquelles des avortements sélectifs pour choisir le sexe de l'enfant à naître ont cours en Grande-Bretagne. « Je suis horrifié », a déclaré le ministre, pour qui la situation laisserait penser que les gens « sont engagés dans une culture où, à la fois, ils ne tiennent aucun compte de la loi et où ils se donnent le droit de dire que quoi qu'ait décidé le Parlement, ils se donnent le droit d'accéder à l'avortement à la demande ».

Le principal problème révélé par l'enquête concerne les autorisations d'avorter que les femmes doivent obtenir pour accéder à l'avortement – qui est légal jusqu'à 24 semaines – lorsque leur enfant est en bonne santé, en attestant qu'il est nécessaire pour préserver la santé physique ou mentale de la femme… ou de ses autres enfants. (Lorsque l'enfant à naître présente un défaut, l'avortement est possible jusqu'à la naissance.) Les inspecteurs ont, s'il faut en croire le Telegraph, trouvé des piles de formulaires pré-signés ce qui aboutit à contourner l'obligation de faire viser chaque cas par un praticien consultant, et un deuxième professionnel chargé soit de recevoir la femme ou de juger d'après les notes médicales complètes fournis par le premier confrère. Mais, deuxième difficulté, il en résulte que les femmes, qui reçoivent quasi-automatiquement l'autorisation demandée, ne peuvent obtenir les conseils et le suivi dont elles ont besoin.

Même si la pratique qui provoque aujourd'hui la colère du ministre est de notoriété publique depuis trois ou quatre ans au Royaume-Uni, l'existence d'une enquête et la volonté de réagir sont intéressantes et le sont d'autant plus qu'elles résultent au bout du compte d'une enquête journalistique émanant d'un journal à forte audience. On n'imagine pas cela en France où, l'an dernier, l'Homme nouveau a publié un supplément révélant les pratiques illégales du Planning familial trichant sur l'âge des candidates à l'avortement et signant également des ordonnances de complaisance. A la différence de ce qui se passe en Angleterre où les médias, le public et le ministre réagissent (pas toujours bien, certes !), les révélatins françaises ont été largement passées sous silence, la presse « convenable » refuse d'enfreindre le tabou de l'avortement.

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25 mars, 2012

Flash-mob géant d'Alliance Vita contre l'euthanasie

C'était hier, le samedi 24 mars 2012, en même temps que l'Association pour le droit de mourir dans la « dignité » tenait sa réunion au Cirque d'hiver. Sur le parvis des droits de l'homme au Trocadéro, l'heure n'était pas à l'hiver mais au printemps, sous un soleil radieux. Le reportage d'Alliance Vita est ici. En attendant mon article dans Présent, voici mes photos-souvenir…


Tugdual Derville prend le micro. Organisation au quart de poil. La scénographie a été mise en place en moins de
trois quarts d'heure. Les 700 « clowns tristes » jouent à la perfection.

Deux petits clowns. C'est aussi pour eux, pour leurs lendemains,
 que les grands clowns au grand cœur étaient là.


Cette jeune femme n'hésite pas à s'engager pour les handicapés que – quelque part – nous sommes tous.
Elle a une spina bifida, et une vraie joie de vivre. L'avortement, elle n'en aurait pas voulu. L'euthanasie ? Non merci !



“Soigner n'est pas tuer !”  “Soigner n'est pas tuer !”…



L'hécatombe.



Le Dr Xavier Mirabel, président d'Alliance Vita, est cancérologue.
Les souffrances de la fin de vie, il les connaît.
Il sait aussi que la réponse n'est pas dans la piqûre létale.
Il faut entourer, soulager, consoler.
Et ne pas se laisser manipuler par les affaires exploitées par les médias.

Comme une vague…


Le dôme des Invalides joue lui aussi son rôle dans la mise en scène. L'un des plus beaux monuments de Paris
a été construit pour soigner les vieux soldats blessés jusqu'à leur dernier souffle.



Ne vous y trompez pas, un clown triste n'est pas triste !



Xavier Mirabel
Tugdual Derville


“Ils sont fous, ces humains !”
(Pourvu qu'ils se souviennent des plus fragiles, dans 50 ans !)


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24 mars, 2012

Argentine : pour l'avortement dépénalisé, c'est parti

Une jeune fille de 13 ans enceinte à la suite d'un viol – selon ses dires et ceux de ses parents – est au centre d'une des premières affaires de demande d'avortement sans décision de justice, à la suite de la décision de la Cour suprême argentine que j'évoquais ici il y a dix jours. Jusqu'ici, les demandes d'avortement dépénalisé dans les cas limitativement énumérés par le code pénal étaient de manière générale portés devant le juge à un moment ou à un autre du processus. Les lobbies féministes ont poussé les procédures jusqu'à obtenir la très récente décision qui pose le principe de la possibilité d'une simple décision sanitaire, et tout porte à croire que l'on cherche désormais à transformer l'essai, en amenant les différentes provinces argentines à transcrire ce principe dans leur jurisprudence.

En l'espèce il s'agit donc, dans la province de Cordoba en Argentine centrale, d'une des deux premières demandes d'avortement dépénalisé sur la foi d'une simple déclaration de viol par la jeune fille et ses parents, agissant comme responsables légaux de la mineure. L'autre se joue actuellement à Villa Maria, impliquant une jeune fille handicapée mentale dont le violeur est en détention préventive.

Mais l'affaire dont nous parlons se passe à Cordoba, capitale provinciale. La jeune fille et ses parents se sont présentés à la Maternité provinciale pour présenter leur dossier aux autorités ; ils ont aussitôt été avisés que leur problème serait « résolu ». On attend juste, faute de précédent, un modèle de déclaration sous serment que prépare le ministère de la Santé de la province par laquelle la jeune fille et ses parents devront signer, pour attester à la fois de l'existence d'un viol et d'un consentement à l'avortement.

Et cela suffira. L'affaire devrait être bouclée d'ici à lundi ou mardi.

Mieux : l'hôpital en question s'apprête à établir une liste de ses médecins objecteurs de conscience, ceux qui ne sont pas disposés à pratiquer l'avortement pour des raisons personnelles, mais le médecin qui a communiqué avec la presse, le Dr Luis Picon Ponce, a précisé qu'au vu de la décision de la Cour suprême, l'hôpital est tenu de garantir l'accès à l'avortement : « Le gouvernement provincial doit offrir la possibilité de réaliser l'avortement dépénalisé », a-t-il déclaré. Pour la jeune fille, ce sera un avortement chimique.

C'est que les choses vont vite.

Même si aujourd'hui il n'existe aucun protocole national pour répondre à ce genre de situations, la voie se prépare. Le ministère de la Santé a indiqué certains médecins continueront de « judiciariser », faute de directives précises. Mais on se prépare à agir sur la simple « demande formelle » dont on entend fixer les modalités, vu que telle est l'intention de la Cour suprême.

N'y aura-t-il pas des cas d'accusations ou d'allégations de viol fabriquées de toutes pièces ? Bien entendu,  la Cour l'a même prévu – et balayé. Elle a jugé que le « risque né d'agissements irréguliers de la part de certains individus (…) ne doit jamais constituer une raison pour imposer aux victimes de délits sexuels des obstacles qui portent atteinte à la jouissance effective de leurs droits légitimes ou qui se transforment en risques pour leur santé ». Autrement dit, s'il y a des femmes non violées qui profitent de la dépénalisation, cela devra passer par pertes et profits pour ne pas seulement risquer de priver de leur « droit à l'avortement » les femmes vraiment violées. Et l'existence du viol s'établit au vu d'une déclaration sous serment…

« L'esprit de l'arrêt est de ne pas judiciariser. Cela, nous devons le tenir pour très clair. Si une jeune fille de 13 ans est victime d'un viol, pourquoi faudrait-elle qu'elle raconte tout cela une nouvelle fois, qu'elle parle avec un juge, si tout peut se faire au moyen d'une déclaration sous serment et d'un consentement ? », a déclaré Picon Ponce.

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23 mars, 2012

Pays-Bas : avertissement pour un médecin qui n'a pas facilité l'accès à l'euthanasie

Hippocrate : “D'abord ne pas nuire”
(En voilà un qui doit se retourner
dans sa tombe…)
Un médecin néerlandais d'Appingedam (province de Groningue) a reçu un avertissement du Collège de tutelle des médecins en raison de son attitude « molle » face à une demande d'euthanasie d'un de ses patients. Le malade, 57 ans, souffrant d'un cancer du pancréas, ainsi que sa famille, pensaient qu'il allait pouvoir « bénéficier » de l'euthanasie, mais le médecin avait refusé et n'avait pas non plus – suprême incurie – organisé l'intervention d'un collègue.

La famille est allée se plaindre de la déontologie du médecin en expliquant que l'attitude peu claire du médecin à propos de l'avenir du patient avait fortement atteint tous ses proches sur le plan émotionnel. Ils s'étaient tous réunis pour la venue du médecin, pensant devoir dire « adieu » au malade, pour s'entendre dire : « Hoho, ça peut encore durer très longtemps. Il ne souffre pas assez pour qu'on l'euthanasie. »

Le malade en question avait subi opérations et chimiothérapies qui s'étaient révélées incapables de stopper le cancer. En accord avec sa femme, il avait fait savoir au médecin de famille qu'il voulait être euthanasié ; il avait fait une déclaration écrite en ce sens et avait adhéré à l'association pour une fin de vie volontaire.

Mais il y a eu un hic. Le médecin se sentait incapable de pratiquer une euthanasie. Jusqu'à en attraper une dépression. « Mais c'est que vous parler de tuer une personne humaine ! », avait-il expliqué aux membres de la famille du patient.

Le fameux jour où la fille et le gendre du malade étaient venus pour ce qu'il croyaient devoir être son dernier jour, ils pensaient que le trop sensible médecin se serait organisé pour faire venir un collègue pour faire le travail. C'est là qu'ils apprirent que même cela, il ne voulait pas le faire. Il ne leur proposa qu'une « sédation palliative » assortie d'une mort lente par déshydratation (pratiquée pour faire mourir, c'est pourtant une euthanasie à part entière…).

Et ce fut l'empoignade. Médecin d'un côté, famille de l'autre, on se disputa au chevet du mourant (?).

On comprend qu'un médecin aussi pusillanime, traversé de scrupules indignes de notre XXIe siècle, soit réprimandé par sa hiérarchie…


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22 mars, 2012

« Blâme » pour l’instituteur de Morsang-sur-Orge. Et une scandaleuse occultation médiatique !

Un simple blâme, c’est la seule sanction qui frappe l’instituteur de Morsang-sur-Orge pour avoir lu une scène de viol particulièrement abominable à des enfants âgés de 9 à 11 ans en classe de CM1-CM2, à l’école Cachin.

Cette sanction disciplinaire, au caractère de « réprimande », sera inscrite pendant deux ans au dossier de l’enseignant, avant d’en disparaître, et elle n’entraîne aucune conséquence négative. Elle permet à l’enseignant de conserver tous ses avantages. Et de rester à son poste. Ainsi l’a indiqué mardi l’inspecteur d’académie de l’Essonne, Christian Wassenberg, au Parisien, qui publie cela sous forme d’écho laconique. Une concertation avec les « parents indignés », ajoutée au fait « qu’il n’y avait pas d’autre élément négatif au dossier », a permis que l’éloignement du professeur de l’école en question ne soit pas jugé « utile ».

Fermez le ban.

L’affaire qui avait agité les médias nationaux au retour des vacances de février reçoit ainsi un enterrement de première classe. Même les quelques lignes que lui consacre la presse locale gardent un silence absolu sur le nom et la fonction de l’instituteur blâmé. Or il s’agit de Pascal Noury, maire DVG de Morangis.

Pourquoi ce silence ? Pourquoi cette occultation ? Au moment où l’affaire a pris une dimension nationale, on n’a lu cette information qu’une fois, dans Le Parisien, puis elle a disparu pour n’être plus évoquée désormais que dans des blogs… et dans Présent. Et cela continue. Le black-out fonctionne. Tout est minimisé.

Pourtant ce n’est pas rien. Pascal Noury a lu à haute voix, devant des gamins de l’école primaire, la première version de Betty Coton de Corinne Albaut publiée chez Actes Sud en 2005. Histoire de négriers et d’esclavage à l’écriture volontairement brutale. Les enfants sont rentrés chez eux traumatisés après avoir entendu – dans les moindres détails crus – comment l’héroïne, Badi, était contrainte par son jeune maître blanc à des attouchements sexuels, avant d’être violée et mutilée avec un coupe-papier.
Pascal Noury est père de famille et grand-père. Il est maire d’une ville de 12 000 habitants. Costume-cravate, carrière politique assortie de quelques gratifications. Sa position de maire lui donne accès à une rémunération brute de 2 470,95 euros par mois. Il est actuellement 6e vice-président de la communauté d’agglomération Europe-Essonne, chargé du développement économique. Il détaille lui-même sa carrière sur le site de « Morangis pour tous 2009 » :

« Après avoir exercé le métier d’instituteur puis de directeur d’école pendant 25 ans, il est devenu conseiller au cabinet du ministre de l’enseignement professionnel puis du ministre du logement en charge des relations avec les parlementaires et les élus locaux. Après une année chez un bailleur privé de la Région Nord Pas-de-Calais, en qualité de chargé de mission pour les questions de sécurité et des projets relevant de la politique de la Ville, il souhaite revenir en Essonne où il devient conseiller technique au cabinet de Michel Berson, président du Conseil Général. A ce poste, il suit pendant trois ans, les dossiers de l’aménagement du territoire, des contrats avec les communes, de l’environnement et des déplacements. En novembre 2006, (…) il prend la fonction de directeur du projet de rénovation urbaine de la Ville d’Epinay-sous-Sénart. »

Que fait donc Pascal Noury à l’école Cachin de Morsang-sur-Orge, outre y lire des scènes pornographiques à des enfants de moins de 11 ans ? Il y a repris son premier métier, à quart-temps semble-t-il, sans doute – suppose-t-on – pour conserver des avantages acquis en tant que fonctionnaire de l’Education nationale. Cela ne lui sera pas enlevé. Quoi qu’il ait fait.

L’an dernier, Philippe Isnard s’est trouvé dans une situation qui n’est pas sans rapport. Il avait montré à des élèves de seconde, dans le cadre d’un de ces débats de société qu’il est tenu d’organiser, un film montrant des « produits d’avortement ». Une cabale avait été montée contre lui par des parents proches du Planning familial. En mars dernier la sanction est tombée : révocation sans indemnités, sans chômage, sans retraite, sans rien.




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21 mars, 2012

Pas de procession “athée” à Madrid le Jeudi Saint…

Victoire des chrétiens en Espagne : l'organisation « MasLibres.org » a obtenu de la Délégation du gouvernement de Madrid l'interdiction d'une « procession » athée qui devait avoir lieu le Jeudi Saint à Madrid, au motif, entre autres, que l'événement témoignait d'une « évidente volonté de provocation » à l'égard des catholiques.

Mas Libres, qui a été constitué il y a un an, obtient ainsi un nouveau succès. L'an dernier, l'association de défense des droits des chrétiens avait déjà obtenu l'interdiction de la marche athée convoquée par plusieurs groupements athées pour le Jeudi Saint ; ceux-ci s'étaient malgré tout réunis à une autre date, le 13 mai, hurlant des slogans blasphématoires et promettant un « génocide religieux » semblable à celui que l'Espagne a vécu pendant les années 1930. (On peut voir la vidéo ici sur HazteOir).

Mas Libres se félicite de l'interdiction obtenue pour le 5 avril mais annonce rester vigilant pour que les organisateurs de la « procession athée » n'obtiennent pas une autre date en catimini.

Cette fois-ci l'organisation apportera la preuve du caractère insultant et « discriminatoire » (pour reprendre le mot tel qu'il est employé dans le droit français) de l'événement tout simplement en faisant visionner ses images. Mas Libres a également engagé deux actions en justice, actuellement pendantes, dans des affaires de ce type, notamment contre les organisateurs de la « procession athée » de l'an dernier accusés de « provocation à la haine et à la violence pour des motifs religieux », de « réunion ou de manifestation illicite », d'« atteinte au sentiment religieux » (spécifiquement visé par l'article 525.1 du code pénal espagnol), et du délit d'« apologie du génocide » tel que le qualifie l'article 607.2 du même code.


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