18 janvier, 2012

Etats-Unis : bataille judiciaire sur l'avortement et la stérilisation d'une femme schizophrène

Une cour d'appel du Massachusetts a annulé mardi la décision d'une juge qui avait ordonné la stérilisation forcée d'une femme schizophrène, actuellement enceinte de plus de cinq ou six mois, en même temps qu'elle donnait son feu vert pour l'avortement demandé par la famille pour leur fille qui s'y était opposée. La cour a estimé que la décision de la faire stériliser n'était demandée par personne et qu'elle résulte d'une initiative personnelle de la juge des affaires familiales, Christina L. Harms. Cela a dû être un des derniers jugements de celle-ci puisqu'elle est désormais à la retraite.

Le jugement de la cour d'appel est en ligne sous sa forme provisoire ici.

L'affaire fait grand bruit aux Etats-Unis dans la mesure où il s'agit, en tout état de cause, de rendre possible un avortement sur une malade mentale sans son consentement, point qui, lui, n'est pas contesté par la cour d'appel.

« Mary Moe », 32 ans, souffre de plusieurs maladies mentales : schizophrénie ou désordre schizo-affectif et trouble bipolaire. Son état de grossesse, était-il avancé, exigeait d'interrompre son traitement médical pour ne pas nuire à l'enfant à naître, avec des conséquences négatives sur le comportement de la jeune femme qui risquait de devenir encore plus déséquilibré ; toutefois, selon la cour d'appel, le psychiatre qui connaissait l'état de grossesse de « Mary Moe » avait estimé que « le risque associé à l'administration de médicaments à cette patiente est bien plus petit que celui lié à l'arrêt de leur administration ».

En tout cas ses parents avaient initialement réclamé au juge Harms de les établir comme gardiens (tuteurs) temporaires de leur fille afin de pouvoir se substituer à elle pour toute décision concernant sa grossesse sur laquelle ils entendaient faire constater qu'elle était « incompétente » à prendre quelque décision que ce soit. Et ainsi, obtenir le droit de demander qu'un avortement soit pratiqué sur « Mary Moe ».

« Incompétente » et schizophrénique, celle-ci est à l'évidence fortement perturbée par son état mais elle s'exprime clairement, et ce qu'elle exprime, c'est son refus absolu de l'avortement.

« Je ne ferais pas cela », a-t-elle déclaré au cours d'une audience de première instance – où elle avait également affirmé qu'elle n'était pas enceinte, qu'elle avait déjà rencontré le juge Harms (c'était inexact) et qu'elle avait déjà donné le jour à une petite fille prénommée Nancy, ce qui n'est pas davantage exact. Quoique…

Ce qui est vrai, c'est que « Mary Moe » est déjà mère d'un petit garçon, que ses parents à elle élèvent. Et qu'avant de donner le jour à ce garçon, elle avait déjà subi un avortement.

Et c'est là que l'affaire devient encore plus emblématique. Au vu des faits rapportés par le jugement, on se pose en effet des questions : on y apprend en effet que « Mary Moe » a subi sa première psychose aiguë à la suite de cet avortement. Après quoi elle croyait toujours que les gens la dévisageaient et disaient qu'elle avait tué son bébé. Selon le rapport du gardien qui lui a été assigné pour les besoins de la procédure, elle devient agitée et émotive lorsqu'elle part de sa grossesse qui s'est achevée par un avortement. Elle refuse tout soin et tout examen obstétrique.

Autrement dit – mais le jugement ne l'affirme pas – les plus graves désordres mentaux dont souffre « Mary Moe » pourraient bien être liés à un syndrome post-avortement… En tout cas, la question mérite d'être posée. Lui imposer un nouvel avortement, dans ce contexte, ne serait alors pas seulement criminel pour le bébé qu'elle attend, mais dramatique pour elle.

D'autant que « Mary Moe » se dit « très catholique » et répète qu'elle est contre l'avortement et ne voudrait jamais en subir un… A quoi ses parents répondent qu'elle n'est pas une « catholique active ».

Quoi qu'il en soit son « gardien ad litem » avait conclu en première instance que si « Mary Moe » était compétente pour prendre une décision à propos de son état elle aurait choisi de ne pas subir un avortement.

Sans entendre la jeune femme, précise l'arrêt d'appel, le juge Harms décidait que les éclaircissements apportés par le gardien n'étaient pas déterminants, ajoutant que si « Moe » était « compétente », elle « ne choisirait pas d'avoir des troubles délirants » et qu'elle « opterait donc pour l'avortement de manière à recevoir des médicaments qui ne lui pouvaient pas lui être administrés en raison de leurs effets sur le fœtus ». Le juge, rapporte encore l'arrêt d'appel, « désigna les parents de “Moe” comme co-gardiens et décida que celle-ci pouvait être “encouragée, soudoyée, ou même attirée… par ruse” dans un hôpital où elle serait sédatée pour subir l'avortement ». Le juge ajoutait de sa propre initiative que tout établissement de soins pratiquant ledit avortement devait stériliser « Mary Moe » afin « d'éviter que cette pénible situation ne se répète à l'avenir ».

La cour d'appel a estimé, citant la jurisprudence, que le droit de porter ou de concevoir un enfant est si personnel qu'il doit être « étendu à toute personne même incompétente ». Les juges ont estimé qu'en n'informant pas « Mary Moe » du projet de la faire stériliser et en ne donnant aucun détail écrit quant aux motifs de sa décision, le premier juge l'a privée de son droit. Cette partie du jugement a donc été annulée.

En revanche, les juges d'appel ont estimé qu'il était bien possible que « Mary Moe » soit incompétente pour prendre une décision à propos de sa grossesse, sur le seul fondement qu'elle niait sa grossesse. Et si c'est le cas, il appartiendrait au juge de rechercher à sa place quelle décision elle aurait prise si elle était compétente, et de la respecter, même si elle était imprudente ou stupide.

L'ordre de pratiquer l'avortement sur la jeune femme a donc été annulé, l'affaire est renvoyée devant un autre juge afin de permettre de mieux connaître les circonstances concrètes et la volonté réelle de « Mary Moe », ainsi que l'éventuelle viabilité de l 'enfant qu'elle porte, la protection de la santé de la jeune femme étant confiée à ses parents en tant que gardiens. Mais les juges d'appel ont lourdement insisté sur les droits des personnes souffrant de maladie mentale dans le domaine de la procréation et ont souligné qu'il s'agit avant tout de savoir ce que « Mary Moe » souhaite – et ça, c'est assez clair.

Selon des spécialistes cités par le Boston Globe, cette affaire pourrait bien être une sorte de pointe de l'iceberg parmi des cas concernant des femmes enceintes et souffrant de maladie mentale, soulignant que dans ce cas précis les juges étaient allés très loin dans la protection des droits de la jeune femme.

© leblogdejeannesmits.

17 janvier, 2012

Argentine : encore une histoire de fillette enceinte…

Cette fois il s'agit d'une fillette de onze ans et dix mois, originaire d'une famille très simple de General Campos en la province d'Entre Rios, Argentine. Les premières dépêches annonçant que sa famille demandait l'avortement pour la jeune fille dont la grossesse a été découverte la semaine dernière expliquaient qu'elle était tombée enceinte à la suite de relations sexuelles avec un autre jeune, un mineur de 17 ans.

Au fil des articles le jeune est devenu un violeur et le rapport un abus sexuel – de toute façon le consentement à l'acte sexuel est juridiquement impossible avant l'âge de 13 ans en Argentine – et cela est nécessaire du point de vue des pro-mort pour « justifier » l'avortement. Le code pénal argentin interdit l'avortement de manière générale mais le dépénalise en cas de viol sur personne vulnérable ou danger pour la vie de la mère…

C'est la représentante légale de la famille, Maria Susana Benitez, qui réclame en justice le droit de faire pratiquer l'avortement sur la fillette enceinte de 12 semaines et demi, tandis que la représentante du Consortium pour les droits sexuels et reproductifs, Silvia Prima, rue dans les brancards en disant qu'il ne faudrait même pas passer devant la justice puisque les conditions de la dépénalisation sont réunies et ouvrent automatiquement le droit à l'avortement (c'est l'un des chevaux de bataille des partisans de l'assouplissement de la loi en Argentine).

C'est le point de vue repris par les médias argentins qui prennent clairement parti en disant que dans des cas comme celui-ci le feu vert de la justice est inutile et que loin d'avoir à attendre la permission de pratiquer l'avortement, les médecins en ont carrément l'obligation puisqu'il n'est pas punissable.

Cependant – chose intéressante à noter alors que l'avortement est si volontiers présenté comme la solution aux problèmes de santé des femmes – l'ensemble de l'équipe médicale concernée de l'hôpital où la fillette se trouve actuellement, a déclaré qu'il n'y a aucune raison thérapeutique de pratiquer l'avortement sur la jeune fille. Aucun « risque obstétrique » ne justifie l'« avortement thérapeutique », ont souligné les médecins, alors qu'au contraire le stade de la grossesse qui va entrer dans son deuxième trimestre rend l'avortement plus dangereux. Viol ou pas. La grossesse, elle, se déroule normalement.

Le ministre de la santé de la province d'Entre Rios, Hugo Cettour, a-t-il fait savoir qu'il s'opposait à l'avortement sur la fillette, tout en soulignant que la justice devait encore se prononcer au vu notamment des évaluations psychiatriques – mais de ce côté-là, aussi, on s'oriente vers un « accompagnement attentif » de la jeune fille.

L'affaire fait la une de la presse argentine et elle est déjà exploitée pour dénoncer la dureté des « pro-vie » et obtenir une modification de la loi.

En l'occurrence, il s'agit pourtant de protéger la santé de la fillette autant que celle de l'enfant qu'elle porte. Et de se demander pourquoi sa famille n'a pas dénoncé les abus sexuels, que l'on invoque aujourd'hui, à la police, se bornant à réclamer le droit de faire avorter la jeune fille.

© leblogdejeannesmits


16 janvier, 2012

Pays-Bas : le curé de Liempde et les funérailles refusées à un euthanasié (suite…)

Les faits remontent au mois d'août : une bonne partie du conseil de direction paroissial du village brabançon de Liempde avait démissionné pour protester contre la décision de son curé, le P. Norbert van der Sluis, de refuser des funérailles religieuses à un paroissien qui avait choisi l'euthanasie. Le curé en avait d'ailleurs averti préalablement l'intéressé et sa famille avant le passage à l'acte.

Ce lundi soir le conseil de direction paroissial, composé des laïcs chargés de veiller aux affaires matérielles de la paroisse, a décidé de renouveler sa confiance au curé et de se maintenir jusqu'après l'été, date à laquelle une nouvelle « évaluation » de la situation aura lieu.

La moitié du conseil, soit trois de ses membres, avaient démissionné à la suite du refus du P. van der Sluis d'organiser les obsèques ou de les laisser se dérouler dans son église, lui reprochant sa « nuque raide » et son manque de « convivialité ». Les trois autres étaient restés « pour expédier les affaires courantes ». En affirmant désormais leur confiance au curé ceux-ci ont débloqué la situation ; les trois démissionnaires seront remplacés et, merveille, la collecte pour trouver des fonds pour la restauration de l'orgue de l'église, qui avait été brutalement stoppée pour marquer le désaccord du conseil, reprendra.

Le P. van der Sluis affirme avoir « écouté » les critiques, signalant qu'il n'a pas « un talent inné pour la convivialité » : « Mais je me montre davantage et je passe plus de temps avec les bénévoles. » Des efforts que le conseil de direction a pris en compte pour prendre sa décision de rester en fonction : la communication et la coopération sont meilleures, souligne celui-ci.

Une bonne note, donc, pour le curé qui reste en quelque sorte sous observation de la part de ses paroissiens… Même que l'évêché a exprimé sa satisfaction de voir revenue la confiance.

Ce n'est pas sans soulagement que l'on prend connaissance de cette déclaration du curé, qui n'a pas changé de point de vue, assure-t-il : « Je ne suis pas devenu plus doux. J'ai plus de 50 ans, à cet âge on ne change plus tellement. »

© leblogdejeannesmits


“Médecins sans frontières” avoue pratiquer des avortements illégaux

C'est une information du quotidien espagnol La Gaceta. Je n'ai donc pas eu moi-même accès aux documents cités ; je les traduis ici tels que les rapporte Itxu Dias pour le quotidien.

La Gaceta cite un courriel envoyé en réponse à une internaute membre de MSF qui s'étonnait d'avoir vu sur le site internet espagnol de Médecins sans frontières que l'ONG « pratique des avortements ». La partie publique du site inclut en tout cas l'avortement sans danger au chapitre de la santé sexuelle et reproductive (voir ici). Voici cette réponse :

« Les activités de santé reproductive de MSF ont pour objectif d'éviter les avortements au moyen d'actions préventives et se sauvegarder l'intégrité de la santé de la mère. (…) Dans les cas où la prévention est impossible, et toujours dans le cadre légal, on forme les équipes médicales en vue de pratiquer des avortements sans danger selon les recommandations de l'OMS. »

La Gaceta poursuit : « Après avoir reconnu que ses équipes pratiquent des avortements, les porte-parole de l'ONG ajoutent qu'elles les réalisent aussi “dans certains pays bien que cela soit illégal”, en invoquant le fait que dans ces cas “le MSF donne priorité à la vie de la mère” ajoutant comme argument fondamental : “les considérations médicales doivent être au-dessus des considérations légales.”


Puis le courriel rend compte de la politique officielle de l'ONG à cet égard : « Là où l'on impose des restrictions légales à l'avortement, même si MSF attaque la législation nationale concernée, l'organisation ne discutera jamais le droit de pratiquer un avortement thérapeutique si un diagnostic médical établit que la vie et la santé de la mère sont en danger. (…) L'équipe médicale prendra la décision au cas par cas et recherchera des solutions à l'intérieur du cadre légal. »


La Gaceta rapporte qu'au-delà de ces indications générales, l'ONG définit un protocole d'action pour les pays où l'avortement est considéré comme un délit, à en croire la Fundacion Vida qui cite une note interne du Centre opérationnel Barcelona-Atenas (OCBA) de MSF. Le but étant d'éviter des ennuis avec la justice, selon le quotidien. Cette note recommande d'avoir recours à une « équipe étrangère », « sans assistance du personnel national, si possible », et souligne l'importance du choix d'un « lieu confidentiel » pour pratiquer l'intervention.

Le quotidien souligne que le Conseil international de MSF a donné son « feu vert » pour inclure l'avortement parmi les « soins de santé spécialisés dans la reproduction » et que la pratique s'est peu à peu imposée comme normale parmi les missions humanitaires de l'organisation. La note interne, ajoute le quotidien, signale que « toutes les délégations » de MSF-OCBA « doivent envisager l'avortement pour chaque projet, quelles que soient les raisons de chaque demande 7.

La Gaceta signale encore avoir eu accès à un mémoire sur l'action de MSF en Corée du Nord où l'ONG reconnaît avoir fourni du matériel gynécologique en sachant qu'il serait utilisé pour des avortements, reconnaissant que « 50 % des patientes hospitalisées pour des motifs gynécologiques le sont pour l'avortement ». MSF s'est justifié en affirmant que le matériel chirurgical des hôpitaux développant son projet était un foyer d'infections et provoquait de graves problèmes de santé.

© leblogdejeannesmits pour la traduction.

14 janvier, 2012

Désinformation autour de Benoît XVI et du « mariage » gay ? Je ne crois pas, non…

L'histoire commence lors des vœux de Benoît XVI au corps diplomatique ; il annonce que « les politiques qui portent atteinte à la famille menacent la dignité humaine et l'avenir même de l'humanité ». Comme il venait d'affirmer qu'il évoquait la famille « fondée sur le mariage d'un homme avec une femme », la presse internationale a affirmé qu'il condamnait le mariage homosexuel, voire qu'il le condamnait de manière virulente, partant d'une dépêche de Reuters.

C'est le Guardian de Londres qui le premier a dénoncé une « mystification », assurant que Benoît XVI n'avait jamais prononcé les mots « mariage homosexuel ».

L'Osservatore Romano a repris l'article dans sa version anglaise. On y lit que Benoît XVI a bien parlé du « mariage entre un homme et une femme » et qu'il affirme que « les politiques qui portent atteinte à la famille menacent la dignité humaine et l'avenir même de l'humanité ». Cela ne revient pas à dire, assure l'article signé Andrew Brown, que le mariage gay est la plus importante d'entre elles, et il souligne que le pape dénonce aussi l'avortement dans ce contexte : « Plus généralement, en regardant surtout le monde occidental, je suis convaincu que s’opposent à l’éducation des jeunes et par conséquent à l’avenir de l’humanité, les mesures législatives qui non seulement permettent, mais parfois même favorisent l’avortement… », dit-il.

Radio Vaticana en langue française a repris la même idée, parlant d'une « imposture » qui a fait « le tour de la planète ».

Benoît-et-moi reprend la thèse de la « mystification », ce que je m'apprête à contester, mais non sans souligner combien justes sont ses propos sur les accusations d'« homophobie » à l'égard du Pape sont ineptes.

J'observe cependant que dans les propos du Pape il est deux fois question de l'avenir de l'humanité menacé : une fois il s'agit des lois d'avortement et des mesures favorisant celui-ci, en ce qu'elles « s'opposent à l'éducation des jeunes », et l'autre, chronologiquement la première, vise « les politiques qui portent atteinte à la famille ».

Le pape parlait de la famille comme « lieu d'éducation », l'éducation des jeunes étant présenté comme un « thème crucial » qui engage « l'avenir de la société ».

Puis il disait : « Outre un objectif clair, comme est celui de conduire les jeunes à une connaissance pleine de la réalité et donc de la vérité, l’éducation a besoin de lieux. Parmi ceux-ci figure en premier la famille, fondée sur le mariage d’un homme avec une femme. Il ne s’agit pas d’une simple convention sociale, mais bien de la cellule fondamentale de toute société. Par conséquent, les politiques qui portent atteinte à la famille menacent la dignité humaine et l’avenir même de l’humanité. »

Qu'est-ce qui menace donc l'avenir de l'humanité ? On peut penser au divorce, éventuellement à la polygamie, au refus de la vie, aux politiques fiscales défavorables à la famille, pourquoi pas aux problèmes de logement rencontrés par les familles et à la politique de l'enfant unique… (Un peu plus loin le Pape précisera que la famille à laquelle il pense est le lieu de « l'ouverture à la vie ».) Aucun de ces fléaux n'est pourtant mentionné expressément.

En revanche la définition du mariage comme étant entre un homme et une femme est tout aussi explicite qu'elle devrait, en bonne logique, être superflue, car il ne peut y avoir de mariage réel qu'entre un homme et une femme. Prétendre qu'il puisse en être autrement relève d'une construction intellectuelle si récente que bien des législations ne prennent pas la peine de définir le mariage comme n'existant qu'entre un homme et une femme, tellement cela va de soi.

Donc, Benoît XVI dirige les regards, à quelques bouts de phrase de sa mise en garde sur l'avenir de l'humanité, vers le mariage entre un homme et une femme, par opposition au mariage différent dont tout le monde sait qu'il fait l'objet d'un lobbying acharné et déjà réussi en maints endroits.

Il n'a pas prononcé les mots « mariage gay » ou « mariage homosexuel » ? Certes. Mais vu la logique du texte, il est difficile de prétendre que Benoît XVI ne le visait pas, il le visait au moins autant, et même davantage si l'on analyse simplement la suite des mots, que d'autres formes de politique qui en effet, « portent atteinte à la famille », en tant que lieu d'éducation des jeunes oui, mais encore plus en tant que « cellule fondamentale de toute société ».

La nature et la source des démentis me font plutôt penser aux réactions affolées des « communicants » du   Vatican lors de l'affaire de Recife ou celle du préservatif, il y a quelques années. Le Pape ou les évêques peuvent dire ce qu'ils veulent, en somme, à condition de ne pas heurter de front tel ou tel tabou moderne ni de passer pour des accusateurs ou des jeteurs d'anathème.

Cela veut-il dire qu'on n'a plus le droit d'affirmer avec force le caractère aberrant et même dangereux de la légalisation d'un « mariage » qui n'en est pas un, sous peine de passer pour un persécuteur des homosexuels ? Pourquoi confondre le respect des personnes et la mise en place de fictions juridiques qui ont pour effet de vider de son sens le mariage légitime avec ses fins, ses objectifs, ses droits et ses devoirs propres auxquels les couples homosexuels n'ont pas le potentiel de se conformer ?

Rappelez-vous, le procès que l'on fit à Christian Vanneste portait sur cette même logique.

Divorce, polygamie, etc, qui sont de grands fléaux, portent atteinte à la dignité humaine et ne créent pas l'environnement idéal pour les jeunes et leur éducation ; mais ils ne menacent pas directement à l'avenir de l'humanité en permettant aux moins à des enfants de voir le jour.

Sans ingénierie ou recours à des tiers donneurs, porteurs et compagnie, le couple homosexuel, lui, ne peut être fécond et il ne le serait que par fiction. Il ne s'inscrit pas dans les lignées humaines, il en sort volontairement. Les Saintes Ecritures emploient à son égard un langage bien plus vert…

J'en viens à me demander si, subtilement, le message du Guardian ne visait pas à l'origine à suggérer que pour le Vatican et pour le Pape, le « mariage » homosexuel n'est pas si grave que ça, et à accréditer l'idée que toute dénonciation forte de son institutionnalisation est en soi non seulement inacceptable, mais encore impardonnable et même impensable.

Il me semble qu'il faut se garder de tomber dans ce panneau.

ADDENDUM


J'avais commencé ainsi ce message :


Alors là, pour une fois, je ne suis pas d'accord avec benoît-et-moi ! C'est assez rare pour que je le relève…



La responsable du site m'a répondu et me donne l'aimable autorisation de mettre en ligne son point de vue :

Chère Jeanne Smits,

Je vous remercie pour cette mise au point. J'ai pris l'affaire en route, et n'avais pas lu l'article du Guardian
Contrairement à ce que vous semblez croire, je ne suis absolument pas en désaccord avec vous, bien au contraire. Dans un précédent article consacré au même sujet j'écrivais : 
« Evidemment, le Pape, dans les voeux au Corps diplomatique n'a pas prononcé les paroles rapportées, comme l'observe le Salon Beige, mais les jeunes socialistes ont quand même bien compris le message. » 
Je voulais justement dire que le message du Saint-Père était bel et bien celui que les jeunes socialistes avaient compris. 
Il n'empêche que c'est une grave dérive morale de modifier les propos de quiconque, a fortiori du Pape. 
Je m'étais aussi étonnée que la mise au point vienne du Guardian... Peut-être voyez-vous juste dans votre conclusion. 
Amitiés 
Béatrice (benoit-et-moi.fr)
Merci pour ces précisions !


© leblogdejeannesmits.

12 janvier, 2012

Etats-Unis : les droits des religions affirmés par la Cour Suprême

La Cour Suprême des Etats-Unis a rendu mercredi à l'unanimité une décision favorable aux « dénominations » religieuses en affirmant leur droit d'embaucher et de licencier leurs collaborateurs sans droit de regard des pouvoirs publics.

Dans cette affaire Cheryl Perich, une femme atteinte de narcolepsie, avait voulu retourner dans l'école évangélique luthérienne Hosanna-Tabor de Redford, Michigan à l'issue de son arrêt de travail, pour reprendre son poste d'enseignante. Il lui fut répondu qu'elle avait été remplacée pour l'année. Elle menaça alors de porter l'affaire devant les tribunaux, et fut licenciée sur-le-champ.

Mme Perich agit alors en justice pour faire reconnaître le caractère illégal de son licenciement décidé en réponse à sa première menace de saisir le juge. L'école devait répondre qu'elle avait été licenciée pour un motif religieux, étant entendu que l'église dont elle dépendait s'engage à la résolution interne des conflits. Cheryl Perich avait néanmoins un dossier solide puisqu'elle s'appuyait sur la loi protégeant les « Américains handicapés » et c'est la Commission de l'Egalité des chances pour l'emploi qui poursuivit l'école Hosanna-Tabor.

La Cour Suprême a suivi l'argumentation de l'école qui a invoqué les clauses religieuses du 1er Amendement en reconnaissant que le fait d'obliger une église à conserver un « ministre » constituerait une « ingérence dans la gouvernance interne de l'église » en l'empêchant de choisir « ceux qui devaient incarner ses croyances ». La Cour ajouta que cette exception ne concerne pas seulement le « ministre » chef d'une assemblée religieuse mais aussi tous ceux qui par leur rôle d'enseignement agissent comme « ministres ». Mme Perich faisait entre autres de l'instruction religieuse et faisait prier les élèves.

Même si – à la manière américaine – l'arrêt de la Cour de Suprême donne un luxe de détails précis sur le cas d'espèce, les juristes spécialisés estiment que la décision a une grande portée puisqu'elle rejette la conception très étroite du champ de l'exception religieuse défendue par l'administration Obama, et ce d'autant plus qu'elle a été prise à l'unanimité.

Mark Rienzi, juriste du Becket Fund pour la liberté religieuse, qui a assisté les responsables de l'église évangélique luthérienne dans l'affaire, souligne notamment que les multiples affaires actuellement pendantes à propos de l'obligation faite aux assureurs-santé de couvrir la contraception, aux termes de l'Obamacare, pourraient prendre une tournure plus favorable (pour l'Eglise catholique notamment).

L'évêque catholique chargé de la commission ad hoc des évêques des Etats-Unis, Mgr William E. Lori, a salué la décision en la qualifiant de « victoire pour la liberté religieuse et pour la Constitution des Etats-Unis », soulignant l'importance de la liberté d'embauche pour les églises.

© leblogdejeannesmits.

11 janvier, 2012

Euthanasie : deux nouvelles affaires

En France, un Stéphanois de 83 ans a témoigné publiquement auprès de l'AFP, mardi, avoir euthanasié sa femme le 10 novembre dernier: elle avait le même âge que lui et souffrait d'arthrose lombaire. A la demande de sa femme et conformément au pacte qu'avaient conclu les deux époux il y a vingt ans déjà, cet ancien contrôleur de travaux chez EDF lui a apporté « tous ses médicaments » le 10 novembre dernier , l'a aidée à les décapsuler et les lui a donnés à avaler avec un verre d'eau. Elle s'était casse le poignet quinze jours plus tôt. Une fois son épouse décédée, Jean Mercier a appelé la police. Il a été gardé à vue jusqu'au lendemain, mis en examen pour non assistance à personne en péril, mais aussi pour homicide volontaire, et laissé libre.

Il se répand maintenant devant la presse pour faire connaître et approuver son geste ; sa femme était adhérente à l'ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) et c'est un avocat de ce mouvement qui défend Jean Mercier. Celui-ci annonce qu'il souhaite la même chose pour lui lorsque le temps sera venu et espère que son exemple servira : il est persuadé que « d'ici quatre-cinq ans une loi sera votée ».

Voilà pour l'euthanasie proprette et consensuelle (à ce qu'on dit).

Depuis lors un autre drame de ce style s'est joué, à Clèves cette fois, près de la frontière néerlandaise.

Un homme de 76 ans y a poignardé sa femme de 81 ans qui souffrait de démence grave, avec un grand couteau de cuisine, avant de tenter de mettre fin à ses propres jours en s'infligeant également des blessures à la poitrine, restées superficielles toutefois. Il devait alors prévenir la police qu'il avait tué sa femme. Les enquêteurs ont signalé qu'elle était également blessée à un doigt et que cela pouvait laisser penser, mais sans certitude, qu'elle avait tenté d'arrêter son mari.

L'état de la femme de 81 ans s'étais beaucoup dégradé ces derniers temps et elle venait d'être placée dans une institution, son maintien à domicile étant devenu très difficile. Son mari est allé la chercher pour le week-end et l'a tuée dans la nuit de dimanche à lundi.

« Drame familial », commente la presse allemande locale.

Dans les Pays-Bas voisins, le son de cloche est bien différent. L'histoire a été reprise dans plusieurs titres qui pour la plupart présentent l'affaire comme une forme d'« euthanasie », soulignant que l'homme n'avait « probablement pas » supporté les souffrances « sans espoir » de son épouse gravement démente.

Et les commentaires vont bon train. « Affreuse », cette mort violente, disent la plupart des internautes, soulignant qu'il faudrait trouver des solutions plus « humaines » (mais non moins finales) comme aux Pays-Bas où l'euthanasie est autorisée.

Où elle a même été ouvertement appliquée à une personne démente, qui n'était plus en mesure de la réclamer pour elle-même, parce qu'elle avait fait un « testament de vie » en ce sens alors qu'elle évait encore l'exercice de sa volonté.

Vous verrez que ce genre de faits divers sordides sera de plus en plus monté en épingle comme prétexte pour légaliser l'euthanasie légale et médicalisée, pour en finir avec les « euthanasies clandestines » artisanales et sanguinolentes. La seule différence avec le débat sur l'avortement, c'est que l'euthanasie illégale ne tue pas moins bien que l'euthanasie réglementée par la loi…


© leblogdejeannesmits


« Rationalisation » du calendrier : l'Espagne s'y met aussi

Les « os de saints » sont la confiserie
traditionnelle en Espagne pour la Toussaint.
On les présente parfois dans des boîtes
rappelant des reliquaires.
Avec ses quatorze jours fériés par an, pour une grande part liés aux fêtes religieuses majeures du catholicisme, et certaines variant de région à région, la vie des Espagnols reste marquée par l'identité chrétienne du pays. Mais comme chez le voisin portugais où le gouvernement envisage par exemple de « supprimer » le 15 août, le gouvernement de Mariano Rajoy, tendu vers le « règlement de la dette », propose de « rationaliser » tout cela. C'est l'économie qui commande !

Syndicats et patronat ont ainsi proposé que le 15 août, fête de l'Assomption, le 1er novembre, fête de la Toussaint, et le 6 décembre (non, pas la Saint-Nicolas, mais la fête de la Constitution) soient transférés au lundi pour en finir avec les ponts à rallonge. On ne toucherait pas, en revanche, au Nouvel An (un transfert serait difficile à faire avaler en effet), ni à Noël, ni à la Fête (communiste) du travail au 1er mai, ni à la fête nationale du 12 octobre.

Que l'on s'interroge sur l'opportunité du nombre des fêtes, pourquoi pas. Mais que la société civile et encore plus le pouvoir politique s'arrogent le droit de trafiquer le calendrier liturgique pour des raisons mercantiles, voilà un signe finalement plus inquiétant en ce début de 2012 agité que les annonces de crise et de récession. Car le désarroi du monde est d'abord spirituel, d'abord causé par le rejet de Dieu et la déification de bien des idoles.

C'est ce qui s'appelle se couper de ses racines. Et comment vivre sans racines ?

© leblogdejeannesmits.

10 janvier, 2012

« Redimensionner » la loi d'avortement, propose le patriarche de Lisbonne

Le cardinal patriarche de Lisbonne, D. José Policarpo, a déclaré aujourd'hui à Fatima lors d'un échange avec la presse que la loi d'avortement en vigueur au Portugal depuis 2007 pourrait être « redimensionnée » pour répondre à la demande d'un mouvement de laïcs. Il a expliqué aux journalistes que le conseil permanent de la Conférence épiscopale, dont la réunion venait de s'achever, s'était précisément penché sur « la demande d'un groupe que réfléchit et se mobilise pour que les questions liées à la vie ne sombrent pas dans l'oubli ».

Le Patriarche a ajouté que ce n'est pas seulement l'Eglise catholique qui doit se mobiliser : « Il est important que ces mouvements soient des mouvements civiques élargis, je pense que ce n'est pas le moment de faire croire à la société que seule l'Eglise se préoccupe des questions de la vie. »


Il a souligné qu'aujourd'hui la violence est en train de s'installer dans la société portugaise et que celle-ci a grand besoin de « respecter les enfants ».

L'agence d'informations officielle de l'Eglise du Portugal, Agencia Ecclesia, hébergée sur le site de la Conférence épiscopale, rend compte de ces propos en donnant des informations et des liens sur l'initiative lancée par la « commission pour le référendum Vida » qui cherche à recueillir 75.000 signatures en vue d'imposer un référendum d'initiative populaire. Cette initiative vise l'interdiction de l'avortement à la demande et de l'euthanasie par l'inscription dans la loi de la « garantie de l'inviolabilité de la vie humaine, depuis le moment de la conception jusqu'à la mort naturelle ».

C'est une initiative purement laïque – et elle devrait, à ce titre, plaire au cardinal-patriarche.

Mais le simple fait qu'il l'évoque – fût-ce de manière indirecte – est déjà une nouveauté. Le fait de dire que l'avortement n'est pas une question religieuse n'en exonère pas non plus le monde religieux…

Justement, les initiateurs « Pro Referendo Vida » s'étaient plaints amèrement de ce que la hiérarchie catholique n'ait rien fait, ni pour annoncer leur action, ni pour remettre la question de l'avortement sur le tapis. Ils ont même publié une « Lettre aux leaders religieux », dont je vous propose ma traduction.

Messieurs les évêques, prêtres, pasteurs, rabbins, imams, sheikhs,
Les 70.000 victimes de l'avortement nous appellent comme cet homme attaqué par des brigands alors qu'il descendait de Jérusalem, et qui vit passer un lévite et un prêtre… en attendant qu'un bon Samaritain s'arrêtât et s'approchât. Si nous ne faisons rien, d'ici à quelques mois, en plein « été chaud », peu sont ceux qui se souviendront de ce que le nouveau Premier ministre a promis un jour de favoriser une initiative de citoyens tendant à revoir la législation sur l'avortement, par voie de référendum. C'est pourquoi la question est urgente ; elle s'impose de façon catégorique à la conscience de chacun d'entre nous qui un jour avons brandi bien haut l'étendard de la cause de la Vie ; nous allons nous accrocher à la parole de Pedro Passos Coelho – par laquelle Paulo Portas est également liée aux termes de l'accord PSD/CDS-PP « majorité pour le changement » – ou alors faut-il accepter que 20.000 bébé portugais continuent de mourir à chaque nouvelle année qui passe ? 
Beaucoup d'ennemis de la cause de la Vie se sont beaucoup efforcés de faire accréditer l'idée selon laquelle la « libéralisation de l'avortement » n'est pas « une question religieuse ». A en juger d'après la confusion qu'ils ont semée parmi les croyants, particulièrement les chrétiens, il semblerait qu'ils soient assez largement parvenus à leurs fins. Ainsi, au long des quatre dernières années nos impôts ont été utilisés pour tuer plus de 70.000 bébés et par conséquent, et pour nous cela ne sera jamais une « question close ». En même temps il est évident que sans la « conspiration active » de l'Eglise catholique d'autres institutions religieuses de notre pays, il serait impossible de réunir les 75.000 signatures nécessaires pour la convocation d'un référendum. 
Récemment, la chambre basse du Parlement de Pologne a approuvé une pétition populaire, soutenue par les évêques polonais, visant à la protection intégrale de la vie humaine depuis la conception. Encouragés par cette victoire de la cause de la vie, les croyants portugais viennent auprès de leurs chefs spirituels pour solliciter leur bénédiction pour la campagne qui commence aujourd'hui en vue de la convocation d'un référendum national exigeant une législation qui garantisse l'inviolabilité de la vie humaine depuis la conception jusqu'à la mort naturelle.
Peut-on espérer un vrai changement d'attitude des évêques portugais ? La question se pose au vu de l'autre info sortie aujourd'hui à la suite de la conférence de presse du Patriarche de Lisbonne. Invité à réagir à la colère de beaucoup de Portugais et des recteurs de deux sanctuaires nationaux devant le projet du gouvernement, au nom de la rigueur, de supprimer le jour férié du 15-Août, D. José Policarpo s'est contenté de déclarer qu'il s'agit là d'une compétence de l'Etat au nom du Concordat de 2004.

« Ce que l'Eglise a négocié avec l'Etat est aussi simple que cela : l'Etat portugais ne s'est engagé que pour les dimanches.  » Si les motifs de contentement sont nombreux, a-t-il dit, l'Eglise ne dispose pas d'« arguments juridiques » pour imposer autre chose : les autres fêtes relèvent d'« accords ». « Je conseillerais aux personnes qui se sont manifestées de lire le Concordat, où cette question est très claire. »

© leblogdejeannesmits

08 janvier, 2012

Mgr Javier Martinez accusé de justifier le viol sur les femmes ayant avorté

« Violez les femmes qui ont avorté, elles le méritent ! » Un archevêque espagnol « légitime le viol » ! L'internet francophone a trouvé une nouvelle tête de Turc, l'archevêque de Grenade, qui aurait affirmé cela lors de son homélie de Noël 2011.  « L'info » ne cesse d'enfler sur les blogs après avoir fait le tour du web hispanophone et d'autres, où je l'avais vue passer il y a quelques jours. Trouvant que le récit avait quelques lacunes suspectes j'étais allée vérifier. En fait, les paroles de Mgr Javier Martinez remontent à plus de deux ans, très précisément au 20 décembre 2009 et à l'homélie qu'il fit pour le dernier dimanche de l'avent de cette année-là. Je laissai tomber.

Mais comme me le signale un lecteur suisse de ce blog – que je salue bien amicalement ! – l'affaire commence à prendre une ampleur insupportable.

Et même doublement. En premier lieu pour souligner à quel point internet peut colporter des âneries, chacun se contentant de propager ce qu'on lui dit de répéter, dans une chaîne de rumeurs aux dimensions inédites. Toujours vérifier !

Et deuxièmement, pour vous proposer de nouveau le texte. Le vrai texte de Mgr Javier Martinez – ou en tous cas de larges extraits, traduits depuis la version originale qui est toujours en ligne ici sur le site officiel des évêques du sud de l'Espagne. Quand je dis « de nouveau »… Eh bien oui, j'avais traduit une partie de cette homélie qui dès janvier 2010 avait mobilisé plus de 10.000 opposants sur Facebook accusant le prélat « d'apologie publique de la violence de genre » : la page est toujours active.

Mon article de réplique remonte à exactement deux ans, puisque je l'avais publié le 8 janvier 2010 (j'en avais un souvenir brumeux). Il est toujours accessible ici.

On ne doit juger de cette affaire qu'en ayant lu ce que Mgr Martinez a réellement dit, et dans quel contexte, alors que la campagne de diffamation ne cesse d'absurdement enfler. J'ai apporté à la traduction que je publiai alors quelques corrections d'après la vidéo de l'intervention de Mgr Javier Martinez publiée le 10 janvier 2010 par HazteOir.



Il est clair, surtout après avoir écouté le prélat, et entendu la manière dont il a prononcé les paroles qu'on lui reproche, le rythme de sa phrase, que même le site des évêques, Odisur, cité le 22 décembre 2010 par elcorreoweb.es, les a interprétées de manière inexacte. On pouvait y lire une mise au point qui disait ceci : « L'archevêque se référait au fait que si la mère est capable de tuer son propre enfant, alors l'homme a autorité absolue pour faire ce qu'il veut d'elle et de son corps. »

Voici les paroles de l'archevêque :
Combien de péchés existe-t-il dans l'histoire chrétienne, péchés bien visibles ! Tangibles ! Combien de crimes et d'assassinats… On ne cesse de nous les jeter à la figure, comme si nous en avions honte. Mais nous ne les cachons pas ! Ce qui surprend, ce n'est pas le péché ni le scandale. Ce n'est pas le fait que le monde soit monde qui nous surprend. Ce qui surprend, c'est la sainteté - et l'Eglise a toujours été emplie de sainteté, et elle continue de l'être aujourd'hui. Ce qui provoque la surprise, la stupeur, l'étonnement, et en même temps le désir de participer à sa lumière et sa grâce, c'est la sainteté. 
Mais que produit un monde sans Dieu ? Ce que produit notre monde : désespérance, tristesse, une dévalorisation chaque jour plus radicale. Peu d'images de l'histoire sont plus tristes que celle qui nous a été offerte par nos parlementaires applaudissant ce qui a fni par se transformer en droit : tuer des enfants dans le sein de leur mère. Et on ose appeler cela un progrès ? On promulgue une loi qui va mettre des milliers de professionnels (médecins, infirmières...), surtout eux, dans des situations très voisines de celles que durent affronter les médecins ou les soldats sous le régime de Hitler ou de Staline, ou dans n'importe laquelle de ces dictatures qui existèrent au XXe siècle et qui ont réellement établi la légalité d'autres crimes, moins répugnants que le crime de l'avortement. Parce que c'est affaire de lâches que de tuer le faible. Il y eut au Moyen Age - ce magnifique Moyen Age que personne n'ose rappeler car cela non plus n'est pas politiquement correct - un ordre militaire chrétien dont les chevaliers faisaient serment de ne jamais combattre moins de deux ennemis à la fois, parce qu'il n'était pas digne d'un chevalier chrétien de se battre d'égal à égal avec un non chrétien. 
J'appelle cela du courage. Le monde peut qualifier cela de stupidité… Mais tuer un enfant sans défense ! et que ce soit sa propre mère qui le fasse ! Cela donne à l'homme une licence absolue, sans limites, d'abuser du corps de la femme parce que la tragédie, c'est elle qui devra la porter, et elle la porte comme si c'était un droit : le droit de vivre toute sa vie accablée par un crime qui laisse toujours des blessures dans la conscience et auquel ni les psychologues, ni les psychiatres, ni aucune technique pour s'évader, ou pour faire son deuil, n'apportent le moindre remède. Il n'existe qu'un seul médicament pour ce crime : le pardon, médicament que nous chrétiens sommes seuls à connaître. Un médecin qui aurait pratiqué des centaines d'avortements – il y en a… – et qui un jour, tomberait à genoux, rempli de tristesse par sa propre mesquinerie humaine, serait embrassé par le Seigneur. Une adolescente trompée par le garçon qui aurait abusé d'elle, ou par ses parents, ou par l'image qu'elle a d'elle-même, trouvera toujours dans l'Eglise un foyer, une famille, et sa mère. 
(...)
Chers frères, le monde est dans les ténèbres, et un tel monde est acculé à la violence et au péché, aux abus des hommes par d'autres hommes. Ce permis de tuer n'est qu'un premier pas vers la perte de la liberté dans notre société, le premier pas – gravissime – annonçant que nous sommes déjà dans une nouvelle et épouvantable dictature – épouvantable ! – et que la liberté est une parole creuse, puisque l'Etat a le pouvoir de décider pour quoi nous sommes libres et pour quoi non, de décider qui a le droit de vivre et qui non, ce qui doit se trouver dans nos conciences, comment il faut appeler les choses, comment doivent être nos relations humaines, y compris les plus intimes, ce qui est et ce qui n'est pas un mariage. Ce n'est pas une dictature, finalement, non, mais le genre d'autoritarisme tyrannique des sociétés primitives. Et nous laissons cela se mettre en place avec une effarante tranquillité, nous consentons sans nous émouvoir parce que le show must go on, parce que la consommation et la fête doivent se poursuivre? Aujourd'hui c'est la fête, personne ne sait pourquoi. 
Car si l'on célébrait vraiment, si l'on avait réellement conscience de ce que signifie le fait que le Christ est né, il serait impossible de ne pas vivre ces fêtes avec un cœur dilaté et simple, où il n'y a quasiment besoin de rien dépenser, où il faut seulement de l'amitié et l'affection des uns pour les autres, des cadeaux aussi simples et qui n'ont pas de prix que le fait d'être proches ou de jouer davantage avec ses enfants. Que le Christ soit né signifie que toute vie est sacrée, non seulement depuis sa conception, mais de toute éternité. Nous avons été aimés et voulus par Dieu, avant ême la naissance de nos parents. L'homme n'est pas au dessus de Dieu. Il peut détruire son œuvre, comme nous pouvons détruire ce monde ou des millions de vies avec la bombe atomique, mais la blessure que cela laisse en nous, dans nos frères et dans la terre, la régression que cela signifie pour l'humanité en tant qu'humanité, en tant qu'êtres capables d'utiliser leur raison, la liberté et l'amour qui nous distinguent par rapport aux autres espèces animales, est énorme. C'est l'humanité qui régresse avec ce génocide silencieux auquel nous sommes conviés, et qu'aujourd'hui on promeut, un génocide imposé à certains professionnels comme s'il s'agissait d'une obligation – je le répète, le même type d'obligation que celle imposée aux officiers dans les camps de concentration d'Auschwitz et Buchenwald et contre laquelle ils ne pouvaient se rebeller parce que les ordres venaient d'en haut. 
Nous n'avons besoin de nous battre avec personne, nous devons seulement bien célébrer Noël, l'Eucharistie. Nous devons seulement être ce que nous sommes, exprimer cette vérité : parce que le Christ est né, toute personne, depuis le vieillard dément et sénile le plus humble et pauvre jusqu'au garçon difforme, est l'image vivante de Dieu qui s'est livré pour nous pour nous sauver du péché et du désespoir.
Et voici mon interprétation, simple étude de texte qui se veut honnête :


Mgr Javier Martinez vient d'expliquer que l'avortement est devenu un droit en Espagne. Tuer son propre enfant est devenu un droit en Espagne. Et c'est cela qui « donne à l'homme une licence absolue » d'abuser du corps de la femme, c'est-à-dire de l'utiliser comme un objet, parce que la possibilité du recours à l'avortement l'exonère de toute responsabilité à l'égard de la femme, et de l'enfant qui pourra naître. Ce qui pour lui n'aura été qu'un passe-temps, c'est la femme et elle seulement qui en portera le poids. La femme sera acculée à se débarrasser de cet enfant parce qu'après tout c'est un « droit » et donc un « bien », et la femme seule, pas l'homme, qui devra vivre avec cette tragédie inscrite dans sa chair.

…En cherchant un peu plus loin je découvre à l'instant une mise au point de Mgr Javier Martinez lui-même, publiée le 12 janvier 2010 par HazteOir. Non sans dénoncer et récuser tous les « mauvais traitements, la violence physqiue, verbale ou psychologique contre les femmes et contre n'importe quel être humain », le prélat avait explicité, en reprenant le passage contesté de son homélie, qu'il reprochait à la loi d'avortement :

« Dans la même mesure où elle facilite l'élimination de l'enfant engendré mais pas encore né, elle facilite aussi l'irresponsabilité de l'homme et de la femme dans leurs relations, et – par extension – les abus sur la femme. »

C'est cette affaire claire et close qui enflamme aujourd'hui le web, avec deux ans de retard à l'allumage.

Des avis, chers lecteurs ? Venez commenter cette info sur mon blog.

Addendum : A noter, ce lundi 9 janvier, une forte et juste réaction de Natalia Trouiller dans La Vie.

© leblogdejeannesmits.

06 janvier, 2012

Un militant pro-vie néerlandais reçoit un prix satirique

Bert Dorenbos
Bert Dorenbos, directeur de l'association pro-vie néerlandaise « Schreeuw om Leven » (Cri pour la vie) s'est vu décerner dimanche le prix du « Bikini d'or » par le site satirique « goedgelovig.nl » (en traduction très libre cela donnerait bonchretien.fr…). Le site « récompense » depuis plusieurs années la personnalité qui s'est le plus distinguée par son comportement « étranger au monde » (en traduction libre : décalé ou inadapté).

Le prix lui a été décerné pour un film qu'il a récemment produit où l'avortement est comparé à l'Holocauste, ainsi que pour ses campagnes contre les publicités érotiques et les influences sataniques sur certaines musiques « jeunes ».

Bert Dorenbos a accueilli la nouvelle avec bonne humeur, qualifiant l'affaire de « plus grand compliment que l'on puisse recevoir ». « Que les voyous de Goedgelovig puissent faire un choix aussi prophétique, c'est vraiment un miracle. La Bible elle-même ne dit-elle pas que nous sommes dans le monde, mais pas de ce monde ?

Source : Reformatisch dagblad.

Avortement - cancer du sein : une étude iranienne confirme le lien

Université de Babol
L'étude en question a été publiée en avril 2010. Et elle a commencé à circuler dans les médias anglo-phones à l'automne de cette année-là (voir par exemple sur Lifenews). Elle vient de percer sur l'internet hispanophone, et c'est là que je l'ai trouvée il y a quelques jours au hasard de mes pointages quotidiens. Une étude qui évalue à 193 % le risque augmenté de développer un cancer du sein à la suite d'un avortement provoqué ? Cela me parut tout de suite intéressant. C'est en cherchant à recouper l'information que j'ai constaté le retard. Et toute la discrétion qui a entouré cette étude qui n'est pas seulement politiquement incorrecte parce qu'elle émane de chercheurs iraniens… A ce point que je n'en trouve pas une seule trace sur l'internet francophone.

Voici ce que l'étude affirme. Haijan-Tilaki K.O et Kaveh-Ahangar T. de la Babol University of Medical Sciences a comparé l'histoire « reproductive » de 100 femmes chez qui un cancer du sein avait été récemment diagnostiqué à celle de 200 femmes sans cancer et d'âge comparable.

La recherche a permis de révéler ce lien statistiquement significatif entre l'avortement provoqué et le cancer du sein, avec un risque augmenté de 193 %.

Repousser l'âge de la première grossesse augmente aussi le risque de cancer du sein qui augmente alors de 310 % – y aurait-il ici un lien avec le recours à la contraception ? Ce facteur-là n'a pas été évalué.

En revanche l'étude révèle qu'à l'inverse la précocité de la première grossesse et leur nombre réduit le risque de cancer du sein. Les femmes mères de 5 enfants ont un risque diminué de 90 % par rapport à la moyenne ; chaque grossesse réduit le risque de 50 %. L'étude ne donne pas de précisions sur l'allaitement.

Voilà, l'info passe enfin. Même sur le « web » francophone.

C'est tous les jours que, faute de temps, je laisse passer des informations que j'aimerais pouvoir traiter. Pour donner des nouvelles complètes, importantes, édifiantes, utiles pour le combat de la culture de vie, il faudrait bien plus de moyens et de bras. Comment aider ce travail à se développer ? Eh bien déjà, faites connaître ce blog si cette information vous a intéressé. Abonnez-vous (ci-contre à gauche) à la lettre d'informations (gratuite) qui permet de recevoir les mises à jour quasi quotidiennes dans votre boîte aux lettres. Faites-la connaître à vos contacts. Et soutenez notre plate-forme commune, Riposte-catholique. Face aux millions de la grosse presse qui ignore ou occulte ces sujets, chaque centime versé permet de les faire connaître, quand même.

© leblogdejeannesmits.

05 janvier, 2012

Pays-Bas : un sociologue dénonce le lien médiatique entre euthanasie et démence

Vers le site de Hugo van der Wedden
Voilà une interview (dans la revue nursing.nl) qui devrait même retenir l'attention des pro-mort : elle a été donnée à une radio de gauche néerlandaise, Vara, par Hugo van der Wedden, un sociologue de la médecine qui se dit libéral et favorable au droit de choisir l'euthanasie, y compris pour les personnes en voie de devenir démentes. Il note une augmentation rapide des euthanasies dans ce cadre (on passe de 3 en 2006 à 21 en 2010) et ne voit pas de raison pour qu'elle se poursuive sur un rythme soutenu. Pourquoi ? Il pointe plusieurs raisons, mais en dénonce deux avec plus de vigueur : le fait que les Pays-Bas, en tant que société, rejette les déments qui craignent davantage la situation où il se trouveront que d'éventuelles souffrances, et la propension des médias à toujours évoquer ensemble démence et euthanasie. Comme s'il n'y avait pas d'autre perspective.

« Il faut d'abord en finir avec la crise des soins », affirme Hugo van der Wedden. La plupart des personnes qui demandent l'euthanasie alors qu'elles sont dans les premières phases de la démence – Parkinson, Alzheimer… – ont des proches dans leur entourage qui sont mortes dans des institutions et dont elles ont vu l'état se dégrader jusqu'à les placer dans des conditions « indignes » (comme si la maladie, la souffrance, la dégradation physique rendait l'homme indigne…). Elles ne veulent pas vivre le même scénario. Elles ne veulent pas « devenir des plantes de serre ».

Il faut distinguer ici plusieurs cas.

• Premièrement, celui des personnes devenant démentes qui demandent et obtiennent l'euthanasie : à ce stade, on en dénombre quelques dizaines. Elles sont mises à mort alors qu'elles sont encore en mesure de prendre une décision en pleine conscience. Beaucoup de médecins hésitent à accéder à ces demandes puisqu'il ne semble pas que l'acte d'euthanasie soit ici en conformité avec la loi, qui exige une décision prise alors que le patient est capable d'affirmer sa volonté, et des souffrances intolérables et sans perspective d'amélioration. Mais, note van der Wedden, alors que les médecins sont généralement très réticents devant ces demandes, le fait que les commissions régionales de contrôle des euthanasies aient systématiquement approuvé a posteriori les médecins qui ont franchi le pas les encourage :

« Les médecins ont vu désormais plusieurs fois que tout s'est bien passé, que les commissions de contrôle  étaient d'accord et qu'il ne s'est pas passé de choses bizarres. Ils se sentent assez en sécurité pour accéder à la demande d'euthanasie. En outre le sujet a suscité beaucoup d'attention, par exemple à travers la mort de Hugo Claus », note le sociologue, qui prévoit du coup une forte augmentation de ce type d'euthanasies.

• Puis il y a le cas des déments qui ne sont déjà plus en mesure d'exprimer leur volonté éclairée. Un verrou a sauté en novembre dernier (voir ici sur ce blog) lorsqu'il a été rendu public qu'une femme qui avait fait un « testament de vie » exprimant sa volonté de mourir lorsque son état aurait atteint un certain niveau de gravité avait été euthanasiée. Sans préjuger de l'existence d'euthanasies « clandestines » qui peuvent avoir lieu dans ce cadre, le pas qui a été franchi en cette occurrence est l'approbation par les cinq commissions régionales – toutes consultées en raison du caractère délicat de l'affaire – qui ont toutes approuvé l'euthanasie.

• La troisième catégorie est constituée par ceux qui ont fait un testament de vie et dont la demande d'euthanasie n'a pas été honorée en raison de leur incapacité de prendre une décision : van der Wedde note que quelque 2.000 personnes démentes meurent de mort naturelle tous les ans dans les établissements de soins alors qu'elles avaient, comme la personne citée ci-dessus, clairement exprimé leur volonté de mourir.

Pour elles aussi, l'évolution de la situation va signifier de nouveaux passages à l'acte, alors que jusqu'à présent ce sont essentiellement les personnes en phase terminale de cancer qui sont euthanasiées dans le cadre de la loi.

Et là, il y a du potentiel : quelque 100.000 testaments de vie sont actuellement déposés, notamment à la suite de campagnes publiques de la NVVE (Association néerlandaise pour une fin de vie volontaire), signale le sociologue. Qui se dit de plus en plus « contrarié » par l'argumentation en faveur de l'euthanasie des personnes démentes.

« Les cancéreux en phase terminale demandent l'euthanasie en raison de plaintes réelles relatives à la douleur, à l'oppression et la nausée, mais beaucoup de personnes en début de démence ne veulent pas être mises à l'écart, transformées en plante sous serre ou atterrir dans une institution ou personne ne prêtera attention à elles. Ainsi une personne en voie de démence ne recherche pas l'euthanasie en raison de choses dont elle a à se plaindre, mais d'une situation vers laquelle elle est poussée par la société. Apparemment cela devient une raison de plus en plus fréquente de quitter la vie. Evidemment je comprends bien ces raisons, mais je pense plutôt : regardons la manière dont nous nous comportons avec les personnes qui deviennent démentes, pour voir ce que nous pouvons changer. Par exemple, en disant au client : “Vous pouvez quitter la vie, mais nous pouvons également bien prendre soin de vous.” »


C'est la « honte » qui gouvernerait ces demandes d'euthanasies, selon Hugo van der Wedden : honte de se voir diminué, d'oublier ce que l'on savait, de ne plus avoir le contrôle de sa vie. Le sociologue plaide pour une levée du tabou sur les maladies comme Alzheimer perçues comme infamantes dans les très « tolérants » Pays-Bas, au point que ceux qui en souffrent ont tendance à se couper de leurs amis et de leur vie sociale alors même que celle-ci pourrait encore être riche. Il plaide pour une campagne de sensibilisation publique.


Hugo van der Wedden souligne aussi que d'ici à 30 ans, le nombre de personnes démentes au Pays-Bas aura doublé, tandis que le nombre potentiel de soignants aura diminué de moitié…  Alors que leur nombre est déjà « insuffisant » :

« Le problème va prendre des proportions envahissantes. Nous n'y pensons pas vraiment. Personne, dans le monde politique, ne dit que notre société va arriver dans une impasse d'ici à 40 ans en raison du problème du vieillissement, personne n'en parle. En revanche nous parlons continuellement d'euthanasie. Quand on évoque la démence dans les médias, on parle en fait toujours d'euthanasie et du désir d'euthanasie. »


Quelle solution proposer, alors, à l'heure où l'euthanasie apparaît comme la solution facile à ce casse-tête dont, selon lui, personne ne prend publiquement la mesure ? Il propose de mettre en place une sorte de service civique national des jeunes dans les institutions accueillant des personnes démentes pour valoriser le travail auprès d'elles – aujourd'hui, ce sont des boulots mal payés pour des gens souvent mal formés, explique-t-il. Pour alléger le travail des soignants, et susciter des vocations.

Mais comme il n'invoque aucune raison morale de respecter et de chérir la vie des personnes âgées et malades, je doute que son argument puisse avoir beaucoup de poids.

Les néerlandophones trouveront son interview ici.

© leblogdejeannesmits.

04 janvier, 2012

La Hongrie sous le feu de Bruxelles et des médias

Est-ce parce qu’on ne pardonne pas à Viktor Orban d’avoir courageusement, à 26 ans, tenu tête au pouvoir communiste qui écrasait son pays que « sa » Hongrie est aujourd’hui sous le coup d’une mobilisation politico-médiatique d’une ampleur ahurissante ? Parce que le Premier ministre hongrois est pro-vie ? Parce que sa Constitution musclée et centrée sur l’identité chrétienne rompt avec le relativisme ambiant ? Un peu de tout cela, sans doute… Mais à l’heure d’écrire il est difficile de trouver ne serait-ce qu’un seul papier dans les gros médias, francophones ou non, qui ne le présente comme un dictateur, un tyran, meneur d’un parti – le Fidesz – qui impose sa loi sur un peuple privé de toute liberté, un irresponsable qui mérite de voir son pays mis en coupe réglée par l’Union européenne. « L’Europe pourrait laisser la Hongrie faire faillite » titrait mardi Le Figaro – un peu vite au regard du contenu de l’interview qui suivait, mais enfin c’est l’idée qui reste. On ne tient pas tête impunément à Bruxelles.

Le différend principal, s’il porte bien aussi sur les points évoqués plus haut, est en effet financier et bancaire. En modifiant les règles de composition de la Banque centrale hongroise, où le gouvernement hongrois obtient un plus important droit de regard aux termes d’une loi constitutionnelle adoptée fin décembre, et dont le président peut être placé dans un rapport hiérarchique le soumettant au pouvoir politique, la Hongrie a violé les principes qui ont cours à Bruxelles et irrité le Fonds monétaire international. Là est le nœud de la question. C’est la raison de l’unanimité des voix politiques et médiatiques pour hurler ensemble et focaliser l’attention sur l’opposition au « régime » de Viktor Orban et la nouvelle Constitution entrée en vigueur le 1er janvier. Le ton est hystérique. On était très, très loin d’en faire autant lorsque la Hongrie était communiste…

A croire que les 70 000 ou 100 000 manifestants de l’opposition qui se massaient lundi soir dans les rues de Budapest à l’appel de la gauche et des écologistes ont en réalité été mobilisés pour cela, pour défendre « l’indépendance » de la Banque centrale dont probablement ils se contre-fichent… Kornelia Magyar, de l’Institut progressiste hongrois, a reconnu naïvement que si l’on votait aujourd’hui, le mouvement d’opposition à Orban n’emporterait pas les élections. Ce serait étonnant en effet, puisque le Fidesz a réuni plus de 54 % de suffrages aux dernières législatives en avril 2010 (Jobbik, plus à droite, totalisait quelque 18 %), et une écrasante majorité de sièges au parlement.

Voilà une démocratie non démocratique, un populisme suspect, une originalité qui ne sera pas tolérée. Il n’est pas question de laisser un Etat de l’UE, fût-il à l’écart de la zone euro, reprendre du pouvoir souverain sur sa politique monétaire et sur le rôle de sa Banque centrale. Je ne sais jusqu’où va en réalité la volonté du gouvernement hongrois de rompre avec ce qui est, après tout, un choix idéologique : l’indépendance des Banques centrales est un parti pris d’économistes qui a la faveur de l’Europe et de la grande finance (tout comme l’existence d’une Banque centrale est une exigence du Manifeste de Karl Marx…), avec les résultats que l’on sait et l’objectif mondialiste qui devient de plus en plus apparent. L’école autrichienne – avec Friedrich von Hayek par exemple – estime que la mainmise des Banques centrales sur la monnaie, par le jeu de l’imposition de taux directeurs trop bas, crée des bulles économiques par l’excès de crédit avant de provoquer des rétrécissements dramatiques où les mauvaises créances deviennent visibles (nous y serions en plein à en croire ces économistes).

Et pourtant, le chômage baisse…

En tout cas, la Commission européenne et le FMI ont décidé de cesser toute discussion portant sur une aide financière à la Hongrie pour tenter de stopper la réforme de la Banque centrale et ils n’ont « pas encore décidé » s’ils vont retourner à Budapest pour augmenter la pression maintenant qu’elle a été adoptée.

La Hongrie, nous dit-on, est dans une crise sans précédent à cause d’Orban et de sa politique. Mais elle est avant tout dans des difficultés terribles en raison de la dévaluation de sa monnaie nationale, le forint, de plus de 20 % face à l’euro depuis octobre. Cela a mécaniquement fait exploser sa « dette de Maastricht » aujourd’hui évaluée à 82, 6 % duPIB contre 76,7 % fin juin. Ce chiffre, tout le monde le brandit… sans rappeler que la dette française est à 85,3 % du PIB selon l’INSEE au troisième trimestre 2100, contre 78,1 % à fin 2009.

Un chiffre qu’on n’entend guère, c’est celui du chômage en Hongrie. Selon Eurostat, son taux plafonnait à 11,4 % de la population active en janvier dernier : en octobre 2011, il s’établissait à 9,8 % sur une pente bien descendante.

Avec sa monnaie dévaluée (comme le serait la monnaie française si elle était en accord avec la situation française) et ses intérêts poussés à la hausse par une évaluation négative des agences de notation, il n’est pas sûr que la Hongrie puisse conserver sa courbe d’amélioration de l’emploi. Il n’est pas sûr qu’Orban puisse sortir son pays de son endettement – mais quelle est l’alternative : une situation à la grecque ? Il n’est même pas sûr qu’Orban soit autre chose qu’un conservateur un peu plus nationaliste que les autres – mais déjà assez pour déclencher les foudres mondialistes…

Comme celles d’Alain Juppé, qui dénonce un « problème aujourd’hui » en Hongrie et proclame : « Il appartient à la Commission européenne de vérifier que ces nouveaux textes constitutionnels respectent ce qui fait le bien commun de tous les pays de l’Union européenne, c’est-à-dire l’Etat de droit et le respect des grandes valeurs démocratiques. » Et puis quoi : déclarer la guerre ? La chancellerie hongroise a réagi avec irritation.

Parmi ces « valeurs » dont la survie serait menacée : le droit à l’avortement, le statut des unions homosexuelles, la laïcité… On reproche à Orban une politique de priorité pour la famille, la volonté de favoriser la natalité, le refus d’inscrire l’orientation sexuelle au nombre des catégories protégées contre la discrimination, son exaltation de l’histoire hongroise.

Et si l’on y pense bien, ce sont ces choix, plutôt que les manœuvres bancaires, qui sont seuls en mesure de sortir la Hongrie de la situation désastreuse où elle se trouve en effet. Avec un taux de fécondité voisin de 1,3, le pays est en plein suicide démographique. A côté de cela, tout le reste est littérature.

La Hongrie, la protection divine et la colère du monde

L'actualité hongroise est d'un grand intérêt pour le monde pro-vie : voilà un pays européen qui ose proclamer le respect de la vie à naître dans sa Constitution, et que le monde entier honnit. Ci-dessous le premier article parus dans Présent cette semaine à son propos, le suivant… suit.

Ne l’appelez plus « République de Hongrie » : sa nouvelle Constitution est entrée en vigueur dimanche et elle est devenue, tout simplement la Hongrie. Une patrie, cela existe indépendamment de sa forme politique.

La Hongrie, donc, est devenue par la volonté des deux tiers de son Parlement un Etat qui fait référence explicite à Dieu dans sa Constitution. « Dieu bénisse les Hongrois » dit-elle – et ce n’est rien à côté de son long préambule qui rattache le pays à ses racines et à son identité chrétienne, un cri de fierté (traduit intégralement sur mon blog le 19 avril dernier : ici ; voir aussi ici ).

« Nous sommes fiers de ce que notre roi saint Etienne ait établi l’Etat hongrois sur des fondations fermes il y a mille ans, et qu’il ait fait de notre pays une partie de l’Europe chrétienne. »

La nouvelle Constitution affirme solennellement l’humanité de l’embryon dès la conception :

« La dignité humaine est inviolable. Chacun a droit à la vie et à la vie humaine, la vie du fœtus sera protégée depuis la conception. Les pratiques eugénistes visant la sélection des personnes, transformant le corps humain et ses parties en source de profit, et le clonage reproductif des êtres humains sont interdits. »

Mais elle réserve également le mariage à « un homme et une femme », elle protège la famille, la propriété, l’héritage, soutient la natalité. Et tout en affirmant l’indépendance des Eglises, elle précise : « L’Etat coopérera avec les Eglises dans la poursuite d’objectifs au bénéfice de la communauté. »
Et, non moins important, elle impute la responsabilité des crimes du communisme jusqu’en 1989… aux dirigeants communistes tels qu’ils se sont ressuscités dans le « parti socialiste ».

On parle beaucoup d’objectifs « personnels » du Premier ministre Viktor Orban, qui verrouille le pouvoir de son parti, met les médias au pas et concrétise ses vues sur des territoires perdus au début du XXe siècle. Mais quoi qu’il en soit c’est une Constitution qui s’inscrit clairement dans la reconnaissance de la loi naturelle.

Preuve que même au sein de l’Union européenne, on peut affirmer avec indépendance et souveraineté des vérités à contre-courant…

Oui, mais cela n’ira pas sans difficultés. Orban est accusé d’« isoler » son pays au sein de l’Union, face aux Etats-Unis et au FMI dont il a pourtant eu grand besoin dans des passes économiques très difficiles. C’est pourquoi Guy Verhofstadt, ancien Premier ministre belge et président des Libéraux au Parlement européen, considère la nouvelle Constitution comme le « cheval de Troie d’un système politique plus autoritaire fondé sur la perpétuation du pouvoir d’un seul parti ».

Comme si l’Union européenne, union soviétoïde d’un genre nouveau, n’était pas en train de confisquer les droits des peuples d’une manière à la fois plus radicale et plus insidieuse ! Comme si un pays qui a vécu pendant des décennies sous la botte communiste n’avait pas le droit de choisir de rompre aussi définitivement que possible avec cette tyrannie effrayante ! Hilary Clinton s’est inquiétée de « l’état de la démocratie » en Hongrie, parce que face à l’idéologie, la volonté de la majorité n’a strictement aucune importance.

Viktor Orban continue de l’affirmer, cette souveraineté, en refusant de se soumettre à Bruxelles sur la question de la banque centrale : celle-ci se doit d’être « indépendante », selon les exigences de la Commission. Vendredi dernier, la réforme de la Banque centrale adoptée a fait passer de deux à trois le nombre d’adjoints du président et retire à celui-ci la prérogative de les choisir, au profit du chef du gouvernement. Le conseil monétaire de la Banque centrale passera de sept à neuf personnes, ses deux membres extérieurs supplémentaires étant, comme quatre autres, nommés par le Parlement, donc par le Fidesz.

Bien entendu, Bruxelles a mis en garde la Hongrie contre l’ensemble de sa Constitution que la Commission entend « évaluer », particulièrement irritée à cause du chapitre sur les crimes communistes, de l’adoption d’une nouvelle loi qui réduit d’environ 300 à 14 les communautés bénéficiant de subventions publiques au profit de religions historiques comme le catholicisme, les nouvelles devant se faire agréer par le Parlement, et de l’exigence d’une majorité des deux tiers au Parlement pour instituer de nouvelles taxes.

Voilà donc la Hongrie sous surveillance, et susceptible d’être sanctionnée.

En attendant, elle fait preuve d’une belle vigueur.

Source : Présent daté du mardi 3 janvier.




03 janvier, 2012

Facebook remet en ligne, sous la pression, un message sur l'auto-avortement

Rebecca Gomperts
Rebecca Gomperts, fondatrice néerlandaise de Women on Waves, est furieuse contre Facebook qui a supprimé une image contenant une explication pour avorter « en toute sécurité jusqu'à 9 semaines de grossesse » avec le Misoprostol que l'on trouve généralement en vente libre en pharmacie. Tout y était donné : la posologie, la méthode et l'espacement des prises, le déroulement de l'avortement et les éventuelles complications, et même la conduite à tenir en cas de nécessité de faire appel à un médecin : le « mode d'emploi » recommande de dire qu'on a eu une fausse couche.

Women on Waves, c'est ce bateau qui s'approche des pays où l'avortement reste interdit pour y proposer des procédures médicamenteuses en eaux internationales pour contourner la loi – au Portugal, en Pologne, en Irlande…

Le texte publié par Rebecca Gomperts constitue, dans certains pays, une claire incitation au délit. Et en tout cas il recommande une procédure aux effets potentiellement dangereux pour la femme, et mortels pour l'enfant qu'elle porte. Mais en parfaite conformité avec les recommandations de l'OMS, assure Gomperts

Facebook a donc par précaution enlevé l'image… avant de la republier, non sans avoir envoyé un courriel de plates excuses à Mme Gomperts où il lui était dit que la censure avait été le résultat d'une « erreur ». Les amis de Women on Waves se félicitent d'avoir fait plier les responsables du site par le nombre de leurs réactions indignées.

Ils avaient sorti l'artillerie lourde, accusant Facebook de contrevenir à l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme et à la Convention européenne des droits de l'homme sur la liberté de l'information – une argumentation qui ne tient pas puisque Facebook, site privé qui est parfaitement en droit de diffuser des idées qu'il ne partage pas.

Gomperts crie à la censure et appelle à la mobilisation générale contre la suppression d'un élément qui devait permettre d'engager la discussion… Qui était, faut-il le préciser, bien plus qu'un élément de discussion puisqu'il contenait toutes les informations nécessaires pour passer à l'acte !

Le rétablissement du texte litigieux montre la puissance de frappe du lobby pro-mort. Il faut souligner que Rebecca Gomperts a également bénéficié du soutien évident de la radio internationale néerlandaise publique, Radio Nederland Wereldomroep.


© leblogdejeannesmits

Les Libre Penseurs contre Notre Dame du Léman

Notre Dame du Léman, veille sur tes enfants
Après la décision du tribunal administratif de Bordeaux d'ordonner la suppression du calvaire de Saint-Eutrope-de-Born, financé par un particulier, au nom de la laïcite (vu sur le blog d'Yves Daoudal), les Libres Penseurs attaquent une statue de la Vierge érigée aux frais de la commune de Publier (Haute-Savoie) sur un emplacement public dominant le lac Léman.

« Il est interdit d'ériger un signe ou un emblème religieux sur un emplacement public quel qu'il soit », accuse José Goemans, représentant local de la Fédération de la Libre pensée, qui a engagé, lundi, des poursuites pour « excès de pouvoir ».

La statue avait été acquise en septembre dernier par la commune au prix de 23.000 euros, une opération déjà dénoncée par les Libres penseurs et PS : sous la pression, le maire, Gaston Lacroix, avait « reconnu son erreur » et revendu la statue à une association paroissiale. S'il avait envisagé dans un premier temps de la déplacer, il a décidé désormais de tenir bon, comme le rapporte alpes.france3.fr :

« J'irai jusqu'au bout, même jusqu'au Conseil d'Etat s'il le faut, mais il est hors de question de la déplacer, nous respectons la loi », a-t-il déclaré.

Gaston Lacroix, maire et conseiller général, a l'étiquette « divers gauche »… mais le cœur là où il faut.

Argentine : une vie sauvée… Non, deux !

Une fillette de treize ans violée et enceinte de 26 semaines ne subira pas l'avortement en Argentine, au motif que cette intervention mettrait sa vie en péril au point on en est arrivée la gestation.

L'avortement a été sollicité par la mère de la fillette, mercredi dernier, sur le fondement de la loi argentine qui dépénalise l'avortement en cas de viol ou pour le moins dans certains cas de viol : soutenue par la commission des femmes de la municipalité et un groupe d'avocats, elle a affirmé que la fillette avait été violée par son oncle par alliance. L'adolescente vivait chez sa tante et le mari de celle-ci – soupçonné, donc, de viol – dans une maison voisine de celle de sa mère, pour des raisons de commodité et d'espace, selon ses proches (l'enquête publique portera notamment sur ce dernier point). Le corps médical de l'Hôpital interzonal général de Agudos José Penna de Bahia Blanca l'a examinée et constaté l'état avancé de la grossesse.

La semaine dernière, le comité de bioéthique de l'hôpital a décidé de refuser l'avortement, le délai où l'intervention pouvait être réalisée « sans risque » pour la jeune fille ayant été dépassé de 4 semaines.

C'est une décision intéressante, puisqu'elle tend à montrer qu'il est moins dangereux pour une jeune adolescente de donner la vie que de subir un avortement, passé un certain délai de gestation.

En même temps qu'elle sauve indirectement l'enfant à naître pour préserver la vie de la mère, la décision préserve aussi la santé psychologique et morale de cette dernière qui n'aura pas à vivre avec la mort de son propre enfant sur la conscience, quelle que soit la difficulté de la situation où elle se trouve aujourd'hui.

Le procureur de Bahia Blanca chargé des délits sexuels, Maria Marta Corrado, a fait savoir que l'accusation de viol a été prise au sérieux, mais a annoncé que la jeune fille ne sera pas tout de suite appelée à témoigner : « Nous allons nous montrer prudents, pour ne pas la tourmenter », a-t-elle déclaré. L'oncle accusé de viol a tenté de se pendre et se trouve actuellement dans le même hôpital que celui dont le comité de bioéthique a examiné le cas de la fillette.


© leblogdejeannesmits

02 janvier, 2012

Espagne : 38,5 millions d'euros pour l'« IVG » en 2010

La Gaceta  note qu'en 2010, l'Etat espagnol a dépensé plus de 38,5 millions d'euros pour financer les avortements légaux qui sont, dans ce pays, payés sur les deniers publics, mais sans que l'on puisse faire le décompte exact puisque les cliniques d'avortement ne sont pas contrôlées.

Seule la Catalogne a communiqué la dépense approximative faite en 2010, soit 7,8 millions d'euros ; pour le reste du pays on retient le prix moyen de l'avortement en Catalogne et on multiplie par le nombre d'avortements déclarés par chaque communauté autonome. Le total de 38,5 millions est donc « réaliste » mais n'indique pas la « dépense réelle » effectuée, note le quotidien espagnol.

On part en effet de la supposition assez vraisemblable selon laquelle tous les avortements étaient payés par l'argent public en Catalogne en 2010, mais on sait que dans l'ensemble de  l'Espagne, l'obligation de prise en charge publique ne s'est généralisée qu'avec l'entrée en vigueur de la loi d'avortement en juillet 2010.

Cela aboutit à quelques chiffres manifestement sous-évalués : le nouveau gouvernement des Baléares annonce ainsi que le gouvernement socialiste a dépensé 180.000 euros en avortements soit 16 % du « prix de marché des avortement qui y ont été réalisés, estimé à 1,1 million d'euros ; en 2011, l'estimation grimpe à 540.000 euros, toujours en-deçà du prix des avortements totalisés.

D'autres communautés autonomes n'ont même pas budgété les avortements, bien qu'elles les paient, certaines comme l'Andalousie et Castille et Leon les ont budgétés mais à des prix très en-deçà, pour l'une, très au-dessus, pour l'autre, du niveau du marché qui ont d'ailleurs été relevés en cours de route ici ou là.

Autrement dit, c'est le grand flou qui règne dans une affaire qui fait tourner des cliniques privées spécialisées et « assure » à l'Espagne une démographie catastrophique.

© leblogdejeannesmits

01 janvier, 2012

Une adolescente préfère donner la vie à soigner son cancer

Jenni Lake n'avait que 17 ans lorsqu'elle est morte d'une tumeur cérébrale le 21 novembre dernier à Pocatello, Idaho (Etats-Unis)). 12 jours plus tôt, elle avait donné le jour à un bébé en pleine santé Chad Michael Lake Wittman. Et c'est pour lui qu'elle a déposé sa vie : elle se savait atteinte depuis octobre 2010 d'un cancer grave, un astrocytome, qui ne lui laissait que 30 % de chances de survie sur 2 ans. En apprenant qu'elle était enceinte de 10 semaines, en mai dernier, elle a exigé l'arrêt de tout traitement chimiothérapique ou irradiant par crainte des effets néfastes sur son enfant.

Son médecin oncologue lui avait exposé la situation en termes bruts : soit elle acceptait de faire avorter son bébé pour continuer de bénéficier de la chimiothérapie qui avait déjà commencé à réduire sa tumeur, soit elle devait arrêter tout traitement de son cancer qui risquait dès lors de s'étendre.

Jenni, 3e d'une famille de huit enfants, n'a pas envisagé une seconde d'avorter son enfant, bien qu'elle ait été bouleversé par la nouvelle de son arrivée : dès le début de son traitement, les soignants lui avaient dit que la chimiothérapie la rendrait stérile.

Jenni et Nathan avec leur fils

Juste avant la naissance de Chad, Jenni a dit à l'infirmière qui l'accueillait à la maternité : « Je suis au bout, j'ai fait ce que je devais faire. Mon bébé va arriver ici sain et sauf. »

Très affaiblie, elle savait à ce moment-là qu'elle n'aurait guère de chance de voir sa santé s'améliorer avec la reprise des traitements après la naissance. Des examens pratiqués après l'accouchement allaient montrer que la tumeur avait grossi et fait des métastases : Jenni était perdue et elle est rentrée chez elle pour passer les derniers jours de sa vie dans sa famille, demandant simplement que son fils soit couché près d'elle lorsqu'elle mourrait.

A ce moment-là son cancer l'avait rendue quasi aveugle. Ses dernières paroles furent pour son père, pour dire à propos de son bébé : « J'arrive d'une certaine façon à le voir. »

Le petit garçon a été reconnu par son père Nathan Wittman, 19 ans, qui s'en occupe avec sa mère, tandis que la famille de Jenni voit Chad autant qu'elle veut.

Cette histoire poignante est présentée par ses proches non comme une tragédie, mais comme le sacrifice d'une mère qui préfère risquer la mort que de laisser faire du mal à son enfant.

Et elle révèle l'étonnante maturité que peut donner le fait d'attendre un enfant, conçu dans l'insouciance mais accueilli par deux jeunes encore adolescents comme un don précieux.

© leblogdejeannesmits

 
[]