10 février, 2012

Euthanasie en forte augmentation en Belgique

Selon des chiffres officiels publiés par la commission de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie en Belgique, le nombre d'euthanasies a fortement augmenté en 2010, enregistrant à 1.133 cas comptabilisés une progression de 16,5 % sur l'année précédente. Le rapport annuel précise que 44 % des euthanasies se sont déroulées à domicile ; seuls 25 % des victimes à peine un quart a plus de 80 ans. 85 % des cas répertoriés l'ont été en Flandres.

Le proportion croissante de patients en psychiatrie qui réclament et obtiennent l'euthanasie constitue une donnée « inquiétante » selon la presse belge néerlandophone.

Celle-ci souligne également l'une des raisons possibles de la tendance générale à la hausse en Flandres : le fait que le « tabou » de l'euthanasie ait été levé par l'attention médiatique qui s'est focalisée sur la question ces derniers temps, avec notamment le cas d'un jeune homme qui a choisi la sédation palliative à 23 ans après avoir lutté 8 ans contre un cancer rare des os : Bart Verbeeck était devenu un inspirateur de la jeunesse, multipliant conférences dans les écoles et interventions sur Internet pour encourager chacun à vivre pleinement chaque jour, sans se laisser démonter par les petites contrariétés.

Sédation palliative : dans son cas, il s'est agi de le plonger dans un coma artificiel pour le soulager de ses douleurs insupportables en phase terminale de cancer ; il est mort trois jours plus tard en décembre 2010, ayant clairement fait savoir qu'il était contre l'euthanasie et voulait une mort naturelle.

Le cas de la sédation palliative reste pourtant ambigu parce qu'il se juge d'après l'intention : s'agit-il de soulager la souffrance, quitte à raccourcir la vie, ou de provoquer la mort, par euthanasie lente en quelque sorte ? Pour la presse belge flamande, la grande notoriété de l'histoire de ce garçon courageux a eu pour effet de banaliser l'euthanasie.

Un long métrage intitulé Tot Altijd (« A jamais ») tourne par ailleurs en Belgique pour conter l'histoire du premier euthanasié dans le cadre légal, Mario Verstraete.

Les spécialistes belges de l'euthanasie d'interrogent aussi sur le fait que la proportion des euthanasies pratiquées en Flandres reste toujours aussi élevée. Pour Wim Distelmans, titulaire de la chaire « Fin de vie digne » à l'université libre de Belgique, explique : « Apparemment les médecins wallons ont un autre regard sur l'euthanasie et la voix du patient sonne moins forte qu'en Flandres. »

Il ajoute que le nombre de sédations palliatives sont beaucoup plus fréquentes en Wallonie : comme elles peuvent être pratiquées sans consentement du malade, l'universitaire estime qu'elles sont le signe d'une médecine « paternaliste ».

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09 février, 2012

Politique de l'enfant unique : les tricheuses de Hong Kong

Le directeur du département du planning familial de la province chinoise de Guangdong vient de faire savoir que les couples de Chine continentale se rendant à Hong Kong pour y mettre au monde un deuxième enfant seront punis d'amende. Leur comportement, souligne Zhang Feng, viole la politique de l'enfant unique, rapporte China Daily cité par crienglish.com.

S'il se trouve des fonctionnaires parmi eux, la sanction s'annonce encore plus lourde : ces employés seront purement et simplement licenciés…

« Peu importe, a martelé le responsable, qu'ils donnent naissance à leur deuxième enfant sur le territoire continental ou dans d'autres pays ou région, ils ont violé la politique du pays et le règlements de la province. » Et d'ajouter que certaines familles avaient déjà été « punies » ces derniers mois.

Il réagissait à un article d'un journal de Hong Kong soulignant que les services de santé sur place étaient surchargées par l'afflux croissant de femmes chinoises qui viennent accoucher sur place et obtiennent un droit de résidence du fait de la naissance de leur enfant. Ainsi en 2010, sur les 88.000 naissances comptabilisées à Hong Kong – population totale, environ 7,5 millions d'habitants – plus de 41.000 concernaient des couples venant du continent, avec une majorité d'originaires de Guangdong.

Pour cette année, les autorités de l'île de Hong Kong ont fixé à 34.000 le nombre d'autorisations pour des femmes du continent désirant y accoucher. (Et les autres ? Avortement ? Accouchement clandestin chez elles en espérant ne pas êtres repérées par les fonctionnaires du planning ?)

On envisage également de modifier la loi pour que la Loi fondamentale de Hong Kong n'octroie plus un droit de résidence permanent à tous les enfants y naissant de femmes venant du continent, comme c'est le cas actuellement.


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08 février, 2012

Euthanasie : aux Pays-Bas, des équipes volantes dès le 1er mars

L'Association pour une fin de vie volontaire (NVVE) multiplie les actions pour répandre et faciliter l'euthanasie tout en tentant d'obtenir une législation plus libérale. Elle vient d'annoncer la mise en place d'une « clinique de fin de vie », pour laquelle elle recherche toujours des locaux adéquats, mais qui démarrera sous forme de six équipes mobiles composées d'un médecin et d'un infirmier qui proposeront l'euthanasie à domicile pour ceux qui ne veulent plus vivre.

Théoriquement il s'agira de personne qui satisfont aux critères actuels de l'euthanasie dépénalisée mais dont le médecin traitant ne veut ou ne peut pas honorer la demande.

Les équipes seront basées à La Haye où l'association espère pouvoir ouvrir dès l'été quelques chambres pour y pratiquer la mise à mort des patients. Si l'affaire démarre cependant avec des équipes volantes c'est parce qu'il s'avère que les patients préfèrent, dans l'ensemble, mourir chez eux.

Le service sera entièrement gratuit, du moins dans un premier temps, financé par les adhérents de l'association.

Les médecins et infirmiers ne seront plus dans ce cadre que des « docteurs-la-mort », ayant pour unique objectif de faciliter l'élimination de personnes qui souffrent, sans même s'encombrer de détails comme la question de savoir s'il est possible de soulager les souffrances physiques ou morales des patients, questions qui restent malgré tout posées même par les médecins euthanasieurs « classiques » (si l'on peut dire).

La NVVE milite par ailleurs pour le droit à l'euthanasie pour toute personne « fatiguée de vivre » et ayant passé les 70 ans.

La fédération de médecins KNMG a dénoncé ces projets. Tout en reconnaissant qu'il est des patients qui n'arrivent pas à se faire euthanasier par leur médecin de famille, elle estime que les équipes volantes ne sont pas une solution. La question fait partie intégrante de la relation entre ledit médecin de famille et le patient qui mérite d'être connu dans son histoire médicale et son environnement, et pour qui des solutions thérapeutiques doivent d'abord être cherchées. On risque d'aboutir – dans le cadre des équipes volantes – à des passages à l'acte qui auraient pu être évitées, assure le KNMG.


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Colère en Angleterre : des implants contraceptifs chez des mineures sans consentement parental

Cela se passe dans neuf établissements publics de Southampton, en Angleterre : des petites jeunes filles âgées de 13 ans y ont reçu des implants contraceptifs à l'insu de leurs parents dans le cadre d'un programme  gouvernemental visant à faire baisser le nombre des grossesses adolescentes. Selon le Daily Telegraph, 33 opérations ont été pratiquées sur des collégiennes dans cette ville au cours de cette campagne, mais on ignore combien de mineures ont pu être ainsi stérilisées par des contraceptifs de longue durée dans le cadre scolaire : on sait en tout cas qu'il s'agit de la mise en œuvre de directives gouvernementales imposant aux municipalités de financer l'offre et la mise en place d'implants ou d'injections contraceptives dans les écoles.

Selon une mère de famille citée par le journal, les jeunes filles de Southampton se voyaient proposer l'implant et le recevaient à la suite d'un simple questionnaire médical et d'un entretien avec des « experts de santé », et sans qu'aucune visite de suivi ne leur soit imposée. Le recueil de leur consentement se faisait au terme d'une procédure censée permettre de vérifier leur aptitude à faire le choix d'accepter le « soin ».

Curieusement, les parents cités reprochent moins aux autorités d'avoir installé des implants à leur insu que ne pas avoir assuré un contrôle adéquat a posteriori et de n'avoir pas consulté le médecin de famille des jeunes filles concernées.

Selon des statistiques publiées l'an dernier par la NHS (National Health Service) par moins de 1.700 jeunes filles âgées de 13 et 14 ans ont reçu des implants l'année précédente, 800 autres ayant reçu des injections contraceptives aux effets similaires. Chez les mineures âgées de 15 ans, ces chiffres avaient atteint 3.200 et 1.700 respectivement.

La NHS a défendu la campagne menée à Southampton en assurant que depuis le début, cette pratique a permis de faire chuter de 22 % les grossesses adolescentes.

Est-ce juste et moral pour autant ?

Inévitablement, la stérilisation certes réversible mais de longue durée incite à la précocité des relations sexuelles qui deviennent de plus en plus anodines – blessant le corps et l'âme des jeunes qui se préparent d'amers lendemains en dissociant l'acte sexuel de l'amour, en s'exposant à de difficiles ruptures, spécialement pour les jeunes filles qui auront tout donné à un garçon qui les jettera… Le Family Education Trust assure que les implants encouragent la promiscuité sexuelle et ne protègent pas contre les infections sexuellement transmissibles, de plus en plus fréquentes chez les adolescents au Royaume-Uni. « De telles campagnes aboutissent inévitablement à ce que les garçons fassent pression sur les filles pour obtenir des relations sexuelles », explique son directeur, Norman Wells.

A quoi il faut ajouter les effets secondaires des contraceptifs chimiques, que l'on connaissait déjà grâce à Amère pilule d'Ellen Grant et dont la réalité, la gravité et le nombre sont régulièrement confirmés par des études sérieuses.

Il y a enfin l'effet abortif des implants et des injections : s'ils visent principalement à inhiber l'ovulation pendant trois ans – c'est bon, ça, pour des jeunes filles au début de leur puberté ? – ils ont aussi un effet contragestif avéré puisqu'ils peuvent empêcher la nidation d'un œuf fécondé.

Une jeune fille de treize ans qui fait partie des 33 mineures « traitées » à Southampton a témoigné auprès du Daily Telegraph des raisons de son choix : « J'ai demandé l'implant parce que j'avais envie d'avoir des relations sexuelles », a-t-elle expliqué. Elle estime avoir agi de manière « responsable » et assure que « l'implant fonctionne vraiment bien : je crois qu'il rend un bons service ». Et d'ajouter que la « pleine confidentialité est nécessaire parce que certains enfants n'arrivent tout simplement pas à parler à leurs parents. »

Et sa mère ? Eh bien, finalement elle est « fière » de sa fille qui a pris la responsabilité de se protéger, même si elle pense qu'il est « moralement erroné » de faire pratiquer des interventions chirurgicales mineures à l'école sans consentement parental. Elle demande des excuses à la Solent NHS Trust – mais surtout pour exiger que chaque jeune fille concernée soit obligatoirement convoquée à un rendez-vous de suivi.

Triste époque, décidément.

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Espagne : l'association des trisomiques 21 contre l'avortement discriminatoire

Alors que le gouvernement de Mariano Rajoy annonce une prochaine modification de la loi d'avortement, la Fédération espagnole de la trisomie 21 (Down España) a demandé mardi que le nouveau texte accorde la même valeur à chaque vie, à chaque enfant à naître, qu'il soit ou non porteur d'un handicap grave.

La loi actuelle entrée en vigueur en juillet 2010 proclame un droit absolu à l'avortement pendant les 14 premières semaines de grossesse, et l'autorise jusqu'à 22 semaines en cas de « graves anomalies du fœtus », ce qui équivaut, rappelle Down España, à légaliser l'avortement eugénique, et constitue une « discrimination » envers les enfants porteurs de handicap. Une telle législation « considère la vie d'une personne handicapée comme ayant moins de valeur que celle d'une personne sans handicap », note l'association.

C'est l'égalité du droit de vivre pour tous les enfants conçus, en somme.

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Etats-Unis : ingérence laïciste de l'armée

L'archevêque américain aux Armées a fait connaître son indignation après l'interdiction apportée par la hiérarchie militaire à la lecture publique d'une lettre qu'il avait envoyée à tous les chapelains catholiques en poste aux Etats-Unis.

Mgr Timothy P. Broglio avait rédigé une lettre pastorale condamnant l'obligation faite par l'administration d'Obama à tous les assureurs santé de couvrir la contraception, les « contraceptifs d'urgence », potentiellement abortifs, et la stérilisation volontaire. Elle devait être lue en chaire dans toutes les chapelles militaires au cours du week-end du 28-29 janvier. Elle accusait l'administration de mettre en place une obligation qui viole la liberté religieuse que protège la Constitution américaine et appelait les catholiques à s'y opposer.

La hiérarchie de l'Armée avait aussitôt envoyé un courriel interdisant formellement la lecture publique de la lettre, précisant que l'ordre de l'archevêque n'avait pas fait l'objet d'une « coordination » avec les autorités : tout au plus était-il toléré que l'existence de la lettre soit mentionnée et que les fidèles puissent en obtenir une copie au fond des chapelles…

Pour finir, des discussions entre Mgr Broglio et le secrétaire aux Armées, John McHugh, ont abouti à un compromis : ce dernier reconnaissant que la décision d'interdire la lecture publique avait été une « erreur », mais imposant qu'une phrase soit ôtée du texte, c'était celle-ci : « Nous ne pouvons – nous ne voulons pas –  nous mettre en conformité avec cette loi injuste. » Pour McHugh, une telle phrase peut être vue comme un appel à la désobéissance civile.

Mgr Broglio a publié un communiqué annonçant que son droit à la liberté d'expression et à la liberté de pratiquer sa religion ont été violés par l'Armée.

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07 février, 2012

L'évêque de San Salvador fait retirer une œuvre d'art comportant un symbole maçonnique

Au départ, Mgr José Luis Escobar Alas, evêque de San Salvador (El Salvador) ne pensait pas vraiment de mal d'une mosaïque ornant le fronton de sa cathédrale. L'œuvre de Fernando Llort, 2 700 azuléjos représentant sur le mode naïf des thèmes de l'artisanat local donnaient un peu de vie – sans le moindre génie – à la façade en béton d'une des plus laides cathédrales du monde comme le disent sur place ses contempteurs (mais après Evry, s'il vous plaît !). Mais les carreaux se décoloraient et menaçaient de tomber, uns situation engageant la responsabilité de l'Eglise : juste après les festivités du 1er janvier, on tendit une grande bâche devant la cathédrale et la mosaïque fut retirée, morceau par morceau. Interpellé, l'évêque de San Salvador expliqua qu'il aimait bien l'œuvre et qu'on pourrait peut-être la remonter à l'intérieur de l'édifice.

Mais il vient de changer d'avis, après qu'on eut attiré son attention sur le fait que la mosaïque, réalisée en 1997 ans pour célébrer les accords de paix qui mirent fin à la guerre civile en 1992, sous le titre « L'harmonie de mon peuple », comporte un symbole maçonnique, le triangle avec l'œil illuminé.

« Une œuvre d'art comme celle-là ne peut se trouve sur un temple catholique », a-t-il jugé. Expliquant qu'elle y avait été laissée de longues années parce qu'il n'avait jamais prêté attention au symbole. (Encore un auditif qui ne voit que ce qu'il met en paroles !)

« La raison pour laquelle on ne peut pas remonter l'ancienne mosaïque ni une nouvelle similaire, est  la sécurité des personnes, puisque, selon les normes de l'Eglise catholique, il ne peut y avoir sur le temple que des œuvres d'art qui élèvent la foi des personnes qui les voient – des œuvres d'art sacré, ce que la mosaïque n'était pas – ; et pour finir, aucune œuvre d'art placée dans un temple ne doit servir de propagande commerciale pour son auteur », a fermement rappelé Mgr Escobar Alas.

Un collectif d'artistes est en train de demander à l'Assemblée législative d'imposer le retour de la mosaïque de Llort.

La cathédrale (qui abrite les restes de Mgr Oscar Romero) n'est pas bien belle, peut-être, mais alors la mosaïque…



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Culture de vie : la belle histoire de Joey Page

Parfois il faut lever le nez des mauvaises nouvelles qui pleuvent dans le domaine d'intervention de ce blog, et s'émerveiller de ce qui peut aller bien, pourvu que les cœurs soient ouverts à la paternelle bienveillance de Dieu…

Voici donc l'histoire qui fait la une de LifeSite depuis hier soir : celle de Joey Page, l'enfant que ne voulait pas mourir.

C'était un petit quatrième. Sa maman, Kristin, étaient tellement fatiguée par sa famille de trois jeunes enfants (de 2 à 7) ans qu'elle avait refusé de faire un test de grossesse alors même qu'elle avait la certitude d'être enceinte. Peu à peu, soutenue par son mari, elle s'était habituée à l'arrivée d'un nouvel enfant et l'attendait désormais avec amour.

Elle en était à sa 13e semaine lorsque, subitement pendant la nuit, elle perdit les eaux.

Appelé en urgence, son médecin lui dit de n'aller aux urgences que le lendemain matin puisque, selon lui, il n'y avait aucune chance qu'un enfant puisse survivre sans liquide amniotique à ce stade, il n'y avait plus qu'à attendre son décès.

Allaient suivre une série d'examens échographiques qui tous confirmèrent l'absence de liquide amniotique, mais à chaque fois le cœur de l'enfant battait vigoureusement. Si le premier médecin avait simplement conseillé aux parents de rentrer chez eux, de prier et d'attendre la mort inéluctable du tout petit, d'autres spécialistes se succédèrent ensuite pour conseiller vivement un avortement par dilatation et curetage, pour épargner à la jeune maman la tristesse de devoir attendre une fausse couche ou de donner le jour à un enfant qui ne vivrait pas plus d'un jour. A 16 semaines, un dernier expert accusa Kristin de vouloir laisser sa famille sans épouse et sans mère pour un bébé qui de toute façon n'avait aucune chance de survie : « Votre seule option est de mettre fin à la grossesse. » Car du fait de l'absence de liquide amniotique, elle risquait une infection grave.

Kristin et son mari, Matt, sortirent en larmes de cet entretien. Et commencèrent à chercher une lueur d'espoir sur internet : peut-être d'autres bébés avaient-ils survécu dans une telle situation ? C'était vain, l'arrêt de mort semblait signé. Mais ils trouvèrent tout de même un centre de maternité pro-vie à Fairfax, Virginie – le Tepeyac Family Center – où la naissance de bébés sans espoir de survie n'est pas considérée comme un scandale à éviter à tout prix. Kristin et Matt venaient de prendre la décision de tout laisser entre les mains de Dieu, leur douloureux « Fiat » se résumant à une offrande : que Dieu prenne leur tout-petit, si telle était sa volonté…

Pendant quelques semaines, la grossesse de Kristin fut suivie de près au Tepeyac Family Center : de semaine en semaine, et contre toute espérance, son bébé semblait grandir sans problème. A 26 semaines, après un repos prolongé, Kristin fut transférée vers un hôpital à une heure de route de sa maison ; elle était suivie en permanence pendant que l'enfant grossissait normalement.

La famille Page
A 32 semaines et 3 jours, les battements de cœur de Joey devinrent brutalement irréguliers. Après une attente de 24 heures, on pratiqua une césarienne d'urgence – et Kristin se préparait à la mort prochaine de son enfant, demandant juste à Dieu d'avoir au moins deux jours avec lui pour lui dire tout son amour.

Joey naquit tout bleu, et l'on craignit le pire. Le médecin accoucheur – catholique comme les Page – baptisa l'enfant immédiatement : Joseph Charles Page. Matt était là pour couper le cordon.

C'est alors que l'inimaginable se produisit : Joey cria fortement. Il souffrait certes de pneumothorax et il fallut l'oxygéner et lui faire des soins et des examens importants au cours des 7 semaines qui suivirent… Mais il n'avait pas seulement survécu, il allait quitter l'hôpital en parfaite santé. Sa naissance eut lieu le 2 octobre 2006 ; aujourd'hui, c'est un garçon espiègle qui vient d'entrer en maternelle. C'est un gamin plein de vie, toujours prêt à rigoler.

Il a aussi la joie d'avoir une petite sœur…

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05 février, 2012

Euthanasie : contrebande de produits belges…

Pour les Néerlandais, la loi d'euthanasie est aujourd'hui « insuffisante » : c'est du moins ce que voudrait faire entrer à coups de massue dans l'opinion publique l'association NVVE (Association néerlandaise pour une fin de vie volontaire), qui milite pour le droit d'être euthanasié lorsqu'on est fatigué de vivre.

La dernière campagne d'agitation de l'association prend la forme d'un documentaire prochainement diffusé aux Pays-Bas, Medeleven. On y voit un homme de 91 ans, en bonne forme, se rendre à Anvers pour s'y procurer des médicaments capables de lui assurer une mort « choisie ». Piet Jiskoot a déjà commenté son aventure dans une émission d'infos, Nieuwsuur, où il raconte qu'il souffre d'une terrible tristesse depuis la mort de son épouse il y a deux ans, au bout de 65 ans de mariage. Lui qui n'a jamais eu de grave maladie n'entend pas se trouver dépendant des autres, cloué dans un fauteuil roulant ou dans son lit. Si cela devait arriver, il veut avoir une porte de sortie dont il puisse être maître, sans dépendre de l'acceptation de sa demande d'euthanasie.

Cette demande, il ne peut la faire en l'état actuel, ne souffrant pas de manière insupportable ou sans espoir comme le veut la loi néerlandaise, d'autant que son médecin traitant lui refusera de toute façon l'euthanasie pour des « raisons religieuses », comme il dit. Du coup Piet Jiskroot a demandé conseil au NVVE, qui lui a conseillé de prendre la « filière belge ». Il s'agit d'acheter, par ruse et mensonge, assez de comprimés d'une molécule normalement prescrite pour la polyarthrite rhumatoïde, le Plaquenil, pour pouvoir en absorber une dose mortelle.

Le documentaire suit le vieil homme qui de Frise, se rend à Anvers et y visite plusieurs pharmacies en expliquant qu'il est en voyage et a laissé sa boîte de Plaquenil à la maison par erreur. La molécule n'étant délivrée que sur ordonnance, les pharmaciens hésitent à lui en donner, puis, dans plusieurs cas, lui en donnent une demi-boîte en convenant qu'il reviendra avec son ordonnance pour avoir le reste des comprimés. Au cours d'une même matinée, plusieurs pharmaciens céderont ainsi des comprimés à Piet Jiskroot qui en accumule assez, au bout du compte, pour rentrer chez lui avec une dose létale de Plaquenil en poche. Non pour l'utiliser tout de suite, mais quand il en aura envie, à sa convenance.

En Belgique, le corps médical s'insurge puisque – en dehors même de toute considération morale – le Plaquenil n'est en aucun cas utilisé pour l'euthanasie et à dose forte mais insuffisante, il est capable de provoquer des souffrances importantes du fait de ses effets secondaires, suivies ou non de la mort. C'est donc clairement un abus de la molécule, recommandé sans scrupules par une association prête à tout pour faire avancer la cause de la mort…

NVVE reconnaît que le déballage des ressorts de la « filière belge » va immanquablement tarir cette source. « Nous avons pris cela en compte », assure son porte-parole, Walburg de Jong, citée par Nieuwsblad.be. « Il nous a semblé plus important de montrer tout ce que des personnes très âgées sont obligées de faire pour arriver à réaliser quand même leur désir de mort. M. Jiskoot était encore en état d'aller rassembler lui-même ces médicaments, mais bien d'autres sont contraints par le désespoir à avoir recours à des méthodes indignes de l'homme. Une corde, ou un train, pour les appeler par leur nom. »

Comme les « avortements clandestins » ont partout servi à justifier la légalisation de l'avortement, les euthanasies clandestines sont aujourd'hui l'un des arguments systématiques du lobby de l'euthanasie élargie : les morts sanguinolentes, les gens qui se jettent sous le train (retardant le trafic, ça fait désordre) sont ainsi la « preuve » qu'il faut faire les choses proprement et dans la légalité.

En France, où l'euthanasie n'est pas légale (ce qui n'équivaut pas à dire qu'il ne s'en pratique pas !) on insiste plutôt sur le droit de choisir, quitte à honnir un Dr Bonnemaison au motif que son action n'était pas sollicitée par ses victimes présumées, ou sur l'inhumanité des méthodes qui sont devenues possibles dans le cadre de la loi Leonetti : la privation volontaire d'alimentation, qui constitue lorsqu'elle a pour objectif la mort une euthanasie à part entière.

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04 février, 2012

Espagne : contre « l'éducation à la citoyenneté », la réussite d'une mobilisation exemplaire

Plusieurs sites francophones ont rendu compte d'une nouvelle décision du gouvernement espagnol qui va dans le sens du détricotage de la culture de mort : le ministre de l'Education, José Ignacio Wert, a annoncé le remplacement du programme d'« Education à la citoyenneté » (EpC) par un programme d'éducation civique et constitutionnelle. (Article le plus complet ici.) Cette initiative suit de près la décision du même gouvernement de revenir sur quelques-unes des mesures de la loi d'avortement : l'avortement sans consentement parental pour les mineures ou le droit absolu à l'avortement pendant le premier trimestre de grossesse.

Il faut le souligner, ces décisions n'auraient pas été prises sans une mobilisation courageuse et exemplaire des parents et des gens de bonne volonté, soutenus par la hiérarchie catholique.

Preuve que le changement pour le bien est possible…

L'EpC, mise en place en 2006 par le gouvernement socialiste de José Luis Zapatero, rend obligatoire l'enseignement de thèmes orientés aussi bien dans le domaine politique et économique – avec un fort penchant anti-capitaliste, gauchiste, anti-patrons – que dans le domaine spirituel puisqu'elle prône un laïcisme sectaire, et moral, avec une « éducation sexuelle » favorable à la licence absolue, quand elle n'est pas carrément pornographique, et qualifiant l'avortement de « droit ». Bien entendu, l'idéologie du genre est au rendez-vous et sous-tend le tout.

A la différence de ce qui se passe en France, donc, au lieu d'être diffuse, éclatée parmi les différentes matières, l'EpC fournit une sorte de concentré à la fois plus facile à identifier et plus facile à faire combattre, comme en témoignent les prises de position nettes de bien des évêques et les différentes démarches entreprises pour en finir avec elle.

C'est la force de ces Espagnols s'opposant à l'invasion de la culture de mort qui a eu raison du programme – dans un contexte où la plupart des lois de mort sont en pratique irréversibles en Europe occidentale, quel que soit le parti aux affaires – l'action des centaines de milliers de personnes descendues dans la rue pour la défense de la famille et des biens qui en sont indissociables n'étant pas dissociable des résultats électoraux qui ont porté Mariano Rajoy au poste de Premier ministre.

Des milliers de parents espagnols se sont courageusement opposés à l'EpC en refusant que leurs enfants assistent aux cours en question, souvent en acceptant d'aller devant les tribunaux pour faire reconnaître leur droit ; sur la question, une affaire est aussi pendante devant la Cour européenne des droits de l'homme.

La rapidité avec laquelle l'équipe de Mariano Rajoy a accepté de remettre en cause ce programme scolaire est à la fois satisfaisant et inquiétant, selon des sources espagnoles : nul ne sait encore quel sera exactement le contenu de l'éducation civique et constitutionnelle, et la manœuvre peut viser à endormir les milieux de défense et de la vie, qui est pourtant loin, très loin, d'avoir obtenu le démantèlement de toutes les lois d'ingénierie sociale inventées par l'équipe Zapatero.

La loi d'avortement, qu'on n'envisage pas d'abroger dans son ensemble, est un exemple. Mais il y a aussi le mariage homosexuel, le divorce express, les modifications de l'état civil pour le rendre compatible avec l'idéologie du genre…

L'une des principales forces d'opposition à l'EpC, aux côtés notamment de Profesionales por la Etica, est la « plateforme citoyenne » HazteOir qui a largement contribué à mettre les thèmes du respect de la vie et de la famille au premier plan de la vie politique et à permettre une mobilisation concertée.

Alors que ces thèmes sont pour le moins pris en compte par le pouvoir – une victoire majeure, quelle que soit son étendue que nous ne pourrons évaluer que dans quelques mois – une campagne de dénigrement s'abat sur HazteOir, l'accusant d'être financée et manipulée (tout comme une part de la Conférence épiscopale) par une obscure secte mexicaine, El Yunque. Intégriste, paramilitaire, pratiquant la mises sous tutelle mentale des adolescents, la « secte » mérite décidément tous les quolibets à la fois – j'allais oublier qu'elle est aussi accusée de haïr les homosexuels et les juifs et d'être nazie, sans quoi rien de tout cela ne paraîtrait sérieux… Ce genre d'accusations, ça nous connaît. Elle permettent commodément de rejeter les adversaires sans surtout les entendre…

Ignacio Arsuaga, le dynamique patron de HazteOir, rejette évidemment toutes ces accusations dans une interview publiée vendredi par InfoCatolica comme « délirantes ». Arsuaga entend poursuivre la « diffamation » mais il dénonce également une certaine tendance hostile aux pro-vie qui s'active aussi au PP, le parti populaire de Rajoy :

« Il y a quelques groupes de gauche qui œuvrent à la fois à l'intérieur et à l'extérieur du PP, s'activant pour obtenir que la rébellion civique qui s'est éveillée pendant les années du zapatérisme disparaisse et n'ennuie pas la classe politique. Rappelons-nous les paroles de Jesus de Polanco, alors président du groupe Prisa : « S'il y avait une droite moderne et laïque, nous la soutiendrions, c'est ce qui nous manque. » Pour certains, HazteOir.org est un obstacle qui empêche la mise en place de ce modèle de droite progressiste-laïciste sur lequel ils veulent dessiner un nouveau Partido Popular. »
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02 février, 2012

Abroger la loi Veil ?

« Non, non, non, non, non, non… non, non, non, non »

 La réponse – peut-être avons-nous oublié un « non » – est celle de Christine Boutin à Jean-Jacques Bourdin sur RMC, mercredi matin : « Non, je ne reviens pas sur la loi sur l’avortement. » C’est non, obsessionnellement non, alors même que le projet du Parti chrétien démocrate veut « protéger l’embryon ». La loi Veil, et les différentes lois qui l’ont aggravée jusqu’à faire de l’avortement libre et remboursé un « droit », et un « droit » sur-protégé, ne sera pas remise en cause, pas même par l’éventuelle candidate à la présidence du parti qui se réclame du christianisme. Même s’il n’est nul besoin de se réclamer du christianisme pour dénoncer la mise à mort annuelle de 220 000 petits d’homme en France dans le cadre de l’avortement légal.

Etrange schizophrénie.

A vrai dire Mme Boutin n’est pas la seule à en être atteinte, elle traverse tout l’échiquier politique des partis ayant pignon sur rue où l’on trouve encore en général, ou au moins chez certains, une attitude qui se voudrait « pro-vie ».

C’est la schizophrénie imposée par le tabou, le tabou de la loi Veil, ainsi nommé sous mes yeux par des élus UMP personnellement et discrètement hostiles à l’avortement : s’en prendre à ce tabou, c’est accepter d’être politiquement mort.

Et tout le problème est là.

A vues humaines, la trouille de ne plus exister, de ne plus pouvoir porter un projet que l’on considère – à tort ou à raison – indispensable pour sortir la France de la désespérance où elle s’enfonce, spoliée de son indépendance et de sa souveraineté, la certitude d’avoir tous les gros médias contre soi, expliquent cette pusillanimité quand il s’agit de traduire en propos et en actes politiques son choix personnel pour la vie.

Les uns et les autres disent et espèrent « instaurer des conditions favorables à l’accueil de la vie », ce qui est louable en soi et peut permettre d’espérer une lente réduction du massacre, meurtrier pour les tout-petits, suicidaire pour la nation. Cela fonctionne en Croatie, c’est vrai.

Mais rester prisonnier du tabou, c’est en même temps le légitimer, le sacraliser, le pérenniser. Par une sorte d’autocensure qu’il faut appeler par son nom. Si abominable massacre il y a, si l’on en est intimement persuadé, pourquoi s’interdire d’en hurler la réalité ? Quelles sont donc ces forces qui imposent le silence ? Où est l’urgence politique ?

D’aucuns diront, non sans raison : le plus urgent est de se soustraire à ces forces qui se situent au-delà des nations et contre elles, sans quoi rien de bon ne pourra être durablement entrepris.

Voilà qui explique sans doute le cafouillage dans le projet présidentiel de Marine Le Pen, d’abord annoncé, le déremboursement de l’avortement en a été effacé, quant à l’avortement légalisé lui-même, c’est presque le syndrome du « non, non, non, non… »

Pourtant le Front national ne rompt pas avec des propositions plus favorables à la vie. Interrogé dans l’émission « Mots croisés » sur France 2, mardi soir, Louis Aliot, vice-président du FN, a osé parler, malgré le harcèlement verbal de Michel Sapin et de Daniel Cohn-Bendit, de « l’IVG de confort », affirmant toujours qu’il fallait mettre un terme à son remboursement ; à l’inverse de celui de l’avortement « thérapeutique ». Bien sûr ce raisonnement comporte un grave défaut : tout avortement tue un être humain, et l’avortement thérapeutique est une contradiction dans les termes. Mais tenu là, et devant ce parterre-là, le propos n’était pas sans courage et s’en prenait, modestement peut-être, au tabou.

La violence des réactions qui l’ont accueilli en témoigne. Une chroniqueuse « sexo » (comme ils disent) du site du Nouvel observateur, Gaëlle-Marie Zimmerman, s’est fendue d’une longue lettre à ce « cher Louis Aliot » en disant son refus viscéral de tout nouvel enfant (les couches, les réveils nocturnes, les genoux écorchés, la morve à essuyer, le permis de conduire à payer) au nom de SON confort. Prête à mourir pour ce confort-là sous les aiguilles à tricoter d’une faiseuse d’anges – comme si l’avortement clandestin ne se pratiquait pas en clinique par des médecins véreux, certes, mais qualifiés.

En attendant, le massacre continue. La moyenne est de quelque 600 morts par jour : un génocide apparemment propret, aux frais du contribuable.

Imaginons un seul instant qu’on ait eu le loisir, la simple possibilité de dénoncer publiquement l’extermination des juifs dans l’Allemagne nazie. Aurait-on plaidé pour qu’on en tue un peu moins, qu’on le fasse sur des fonds privés, qu’on se borne à éliminer les plus malades, les handicapés, qu’on arrête le massacre progressivement en créant de meilleures conditions d’accueil pour cette catégorie d’hommes ?

La réponse est évidemment qu’à classer les hommes en catégories du point de vue de leur droit de vivre – Juifs, Arméniens ou enfants à naître – on peut tout justifier, un peu plus ou un peu moins.

Sommes-nous dans un état totalitaire, que ce langage de vérité ne puisse être tenu ?

« N’ayez pas peur ! », disait Jean-Paul II, le pape d’Evangelium Vitae, à peine élu au siège de Pierre. Pour briser le tabou de l’avortement, il faudra bien s’en souvenir.

Article paru dans Présent daté du 3 février 2012.

Pour s'abonner, c'est par ici.

01 février, 2012

Assurance maladie et remboursement de pratiques contraires à la loi naturelle : Mgr Bruskewitz réagit

Les évêques américains sont mobilisés contre le plan de santé Obama. Après mon cher confrère Daniel Hamiche qui a traduit la lettre du cardinal Donald Wuerl, à lire dans la rubrique Americatho sur Riposte catholique, je vous propose une autre réaction  très ferme.


C'est par une forte lettre à ses ouailles que l'évêque de Lincoln, Nebraska, Mgr Fabian D. Bruskewitz, a dénoncé l'obligation faite à tous les pourvoyeurs d'assurance-santé américains de couvrir le remboursement de la stérilisation et des produits contraceptifs et abortifs. Il a imposé la lecture intégrale et « obligatoire » de sa lettre lors de toutes les messes dominicales du diocèse ces 28 et 29 janvier, au moment des annonces paroissiales. Je vous en propose ma traduction avant d'y ajouter quelques commentaires vus de France…


Au clergé, aux religieux, aux fidèles laïcs du diocèse de Lincoln.

Bien-aimés dans le Christ,

Les évêques catholiques des Etats-Unis, conduits par le cardinal désigné Timothy Dolan, président de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis, s'unissent pour attirer l'attention de tous les catholiques de notre pays sur une grave offensive contre notre foi, contre nos consciences, et contre notre chère liberté de religion. Je suis heureux d'unir ma voix et mes efforts à ceux de ces Successeurs des Apôtres et de protester  de la manière la plus vive contre une obligation – pas même une loi dûment adoptée – décrétée par l'Administration Obama qui impose à tous les catholiques des Etats-Unis de violer leurs consciences et d'apporter leur soutien à l'avortement, à des produits pharmaceutiques abortifs, à la contraception et  à la stérilisation.

Comme vous le savez, l'achat d'une assurance-santé par chaque citoyen des Etats-Unis est désormais obligatoire en vertu de la loi fédérale. Cette même loi donne autorité au Secrétaire de Cabinet pour la Santé et les Services humains sur l'assurance-santé dans son ensemble. Le Sécretaire actuel, Kathleen Sébélius, apostate catholique amère, requiert que toute assurance, y compris privée, couvre obligatoirement la couverture de péchés graves et mauvais. Cela signifie que toutes nos écoles catholiques, nos hôpitaux, nos agences de services sociaux, et assimilés vont être forcés à participer au mal. L'Eglise catholique a supplié le président Obama d'annuler ce décret, mais toutes les supplications ont été accueillies avec mépris et sont tombées sur des oreilles de sourds. Ce décret s'accompagne de nouvelles offensives du gouvernement fédéral contre les services catholiques de secours social  (Catholic Relief Services) et contre le travail des évêques dans les services d'aide aux immigrés et aux réfugiés.

La secrétaire Sebelius, en un acte de dérision, a déclaré que ceux qui pourraient bénéficier de l'objection de conscience (quasiment personne) ont un an pour se mettre en conformité, mais qu'au cours de cette année ils devront « adresser » les gens à une assurance qui couvre ces actes mauvais. Nous ne pouvons pas et nous ne voulons pas respecter ce décret injuste. Comme les martyrs de jadis, nous devons être prêts à accepter des souffrances qui pourront comprendre de lourdes amendes et l'emprisonnement. Notre liberté religieuse américaine est gravement menacée.

Tous les catholiques sont invités à prier et à faire pénitence pour que cette question trouve une solution. Tous doivent prendre contact avec leurs représentants élus pour protester contre ce scandale et pour insister sur l'adoption d'une loi « Respect de la conscience » qui passe actuellement devant le Congrès.

Avec ma bénédiction pour chacun d'entre vous et pour ceux qui vous sont chers, je suis

Sincèrement vôtre dans le Christ Jésus,

Le très révérend Fabian W. Bruskewitz
Evêque de Lincoln

Dans l'état actuel des choses, on n'imagine rien de semblable en France. Pourtant nos cotisations sociales obligatoires servent à financer l'avortement, plusieurs moyens contraceptifs et contragestifs, la stérilisation contraceptive dans certains cas limités, le dépistage d'anomalies du fœtus aboutissant quasiment toujours à l'avortement, des procédures de procréation artificielle, et nos impôts nationaux et régionaux servent à la promotion de tout cela dans les établissements scolaires et les centres publics d'information de la jeunesse.

On n'a jamais entendu un quelconque responsable religieux demander clairement pour les catholiques leur droit à l'objection de conscience en ces domaine.

La seule échappatoire partielle se trouve dans le choix d'une mutuelle complémentaire qui ne couvre pas la part à charge de l'assuré pour ces procédures ou ces produits, tant que cela dure ; cela reste marginal.



31 janvier, 2012

Divorce : des effets néfastes sur les enfants

Une nouvelle étude, faisant le tour et la synthèse de nombreuses analyses statistiques – américaines ou non – sur les effets du divorce sur les enfants, vient d'être publiée par les responsables d'associations pro-famille Patrick F. Fagan et Aaron Churchill. Ils ne cachent pas leur militantisme pour la famille traditionnelle et naturelle (un homme et une femme, pour la vie) mais cela n'ôte rien à la pertinence des chiffres qu'ils donnent, provenant de très nombreuses sources sociologiques, statistiques, psychiatriques, etc. L'étude a été publiée par « Marri Research » (Marriage and Religion Research Institute du Family Research Council).

On peut résumer les conclusions des sources citées en une phrase : le divorce « diminue les compétences futures des enfants dans chacune des cinq plus importantes tâches ou institutions sociales : la famille, l'école, la religion, le monde du travail et le gouvernement ».

FamilyEdge présente la publication en soulignant : « Tout parent envisageant de divorcer, ou même prêt à considérer le divorce comme une option possible, devrait lire ce rapport d'un bout à l'autre. Il est très probable que cela les ferait changer d'avis. Même si l'un des partenaires d'un mariage estime que les problèmes auxquels ils font face par rapport à l'autre sont insurmontables, et que la poursuite du mariage n'est pas envisageable, au moins pourront-ils se préparer aux problèmes qui peuvent surgir. »

La facilité du divorce, note le rapport, est une véritable « révolution culturelle » : de scandale il y a quelques décennies, c'est devenu quasiment la norme à la fois sur le plan légal et culturel, au point où l'on est prêt à le « célébrer ».

Et pourtant… Le nombre de divorces et donc d'enfants affectés par la séparation de leurs parents permet aujourd'hui d'avoir une vision nette de ce que ce geste peut entraîner.

Aux seuls Etats-Unis, on estime à 1 million le nombre d'enfants qui seront affectés au cours d'une année donnée par le divorce de leurs parents, tandis qu'en 2009 selon une enquête nationale, seuls 47 % des enfants y atteignent l'âge de 17 ans au sein d'une famille mariée intacte.

Voici quelques-uns des domaines où les enfants souffrent ou risquent de souffrir si leurs parents divorcent.

La relation parents-enfants (et grands-parents petits-enfants) est affaiblie par une « forme de divorce entre les parents et leurs enfants ». Alors que les parents séparés doivent gérer leur propre stress né du divorce, les enfants signalent qu'ils se sentent moins soutenus matériellement, scolairement, émotionnellement, ou sont au contraire surprotégés, même si les parents restent souvent de bons parents, mais qui rencontrent plus de problèmes.

Si les rapports mère-enfants sont ceux qui souffrent le moins, les mères divorcées sont celles qui rencontrent le plus de problèmes avec leurs fils, notamment sur le plan de la discipline, et ce pendant les 6 ans suivant le divorce.

Il en va autrement pour les pères qui ont moins de contacts avec les enfants surtout s'ils habitent loin, une réalité qui s'aggrave avec l'adolescence. Les changements négatifs sont plus perceptibles à leur égard et au fil du temps les enfants sont moins capables de leur faire confiance. Les filles confiées à la garde de leur père éprouvent plus de difficultés et leur affection pour leur père diminue en moyenne au fil des ans…


Mais dans tous les cas une distance s'installe, plus grande que dans les familles qui restent unies mais fonctionnent mal. Et dans l'ensemble les enfants reprochent à leurs parents d'avoir divorcé (80 %) et considèrent comme une « grande perte » la disparition des traditions familiales auxquelles ils sont habitués.

Le divorce parental a également des effets sur les futures relations des enfants : les filles, un peu moins affectées en général, recherchent davantage de protection de la part d'un homme et sont souvent anxieuses à l'idée de prendre la décision de s'engager dans le mariage, elles sont plus souvent excessivement soumises ou excessivement dominantes dans une telle relation ; les garçons, surtout si leur père est absent, tendent à développer une identification sexuelle féminine et sont enclins à être à la fois hostiles et « sauveurs » à l'égard des femmes qui les attirent.

Pour tous, garçons et filles, on note une difficulté à gérer les conflits même si certains redoubleront d'efforts pour réussir leur propre mariage ; comme par ailleurs ils risquent de communiquer moins et d'être plus agressif, le taux augmenté de risque du divorce se transmet de génération en génération. Une agressivité que l'on retrouve dans les autres rapports, amicaux et sociaux.

S'il est vrai que le divorce au sein d'une famille qui fonctionne mal peut aboutir à une diminution des comportements antsociaux,  dans l'ensemble on constate plus d'anxiété, de dépression et de comportements antisociaux chez les enfants de divorcés que chez ceux élevés au sein d'une famille intacte. Ainsi les enfants souffrent-ils particulièrement pendant la séparation et sont ils plus enclins à se battre et à voler à l'école que les autres.

S'il y a un beau-parent à la maison, les enfants ont 20 % de chances de la quitter plus tôt.

Les pratiques sexuelles des enfants du divorce et leurs attitudes par rapport à la sexualité sont modifiées.

Ils sont nettement plus nombreux à approuver le sexe avant le mariage, la cohabitation et le divorce, et sont plus nombreux à penser qu'il n'est pas important de se marier avant d'avoir des enfants. Et la permissivité sexuelle se transmet elle aussi.

Aussi l'activité sexuelle démarre-t-elle plus tôt chez les enfants de divorcés, comme le montrent des études américaines et britanniques : avant 14 ans c'est le cas pour seulement 12 % des enfants au sein d'une famille intacte, 14 % si les parents cohabitent sans se séparer mais sans être mariés, 23 %  dans une famille recomposée (avec un beau-parent) mariée, 27 % dans une famille recomposée non mariée, 25 % s'ils vivent avec un parent divorcé seul, 35 % pour les enfants vivant avec un seul parent qui n'a jamais été marié. Les jeunes filles afro-américaines ont 42 % de chances en moins d'avoir une activité sexuelle avant 18 ans si leur père biologique habite à la maison ; chez les filles Latinos, le risque est augmenté de 72 % s'il y a un « beau-père » à la maison.

Cette activité est aussi plus fréquemment risquée et avec des partenaires multiples. Aux Etats-Unis, les filles dont le père a quitté la maison avant leur cinq ans tombent enceintes 8 fois plus nombreuses à l'adolescence que celles dont le père reste à la maison. De façon générale les filles de divorcés seront plus nombreuses à avoir des grossesses hors mariage (et à avorter, selon une étude finlandaise) et les garçons plus nombreux à engrosser une adolescente.

Les garçons, eux, ont aussi une activité sexuelle plus précoce et risquent davantage de contracter une MST.

 A l'âge adulte, on constate davantage de relations de courte durée et une multiplication des partenaires.

La virginité est en étroite corrélation avec la présence de parents mariés ; les enfants du divorce ont plus de relations romantiques ratées.

Le manque de confiance dans le cadre des relations hommes-femmes est aussi associé au divorce parental. Ces jeunes ont plus peur d'être rejetés ou abandonnés, ont une vision moins positive du mariage et sont moins prêts à travailler pour qu'il fonctionne, tandis que les femmes seront plus défiantes à l'égard des hommes et croiront que le mariage ne peut être durable. Certains se jettent impulsivement dans des mariages malheureux. D'autres hésiteront à se marier, voudront des familles plus petites (sauf si leurs parents se sont eux-mêmes remariés). Ils auront deux fois plus de risques que les enfants de familles intactes de divorcer eux-mêmes. Et plus de difficultés marquent leur mariage, allant de la jalousie, des conflits sur l'argent et de l'infidélité à l'abus d'alcool ou la toxicomanie.

(A suivre.)


© leblogdejeannesmits

L'amour maternel : un plus pour le développement cérébral !

« Des chercheurs de la Washington University School of Medicine (St. Louis) ont confirmé, avec leur recherche, que les jeunes enfants très entourés par leur mère ont développé, vers 7 ans, un hippocampe plus volumineux dans leur cerveau, l'hippocampe étant lié à la capacité d'apprentissage et de mémoire. » C'est une jolie information du blog.santelog.com, à lire ici.

29 janvier, 2012

Mgr Chaput plaide pour le bon scolaire

A l’approche des élections il est temps de méditer l’éditorial de Mgr Charles Chaput, archevêque de Philadelphie, qui s’est exprimé dans le journal catholique local, Catholic Standard and Times, sur le devoir des parents catholiques de militer pour le bon scolaire. Je vous propose ma traduction d’importants extraits de son texte, publié jeudi dernier en vue de la Semaine des écoles catholiques qui s’ouvre lundi. Il intervient en un moment difficile pour les écoles catholiques, alors que l’archidiocèse vient d’annoncer la fermeture de 17 de ses écoles secondaires et de 44 de ses 156 écoles régionales ou élémentaires, obligeant 24.000 élèves à changer d’établissement. Il est temps que les parents prennent leurs responsabilités politiques, dit sans ambages le texte de Mgr Chaput, qui rend d’abord hommage à la « valeur unique » de l’éducation catholique, au dévouement de ceux qui s’en occupent depuis des décennies et qui leur permettent d’exister et d’être excellentes. Un texte que l’on peut transposer en ce qu’il a d’essentiel à bien d’autres lieux de la planète et notamment à la France, aussi bien pour les écoles sous contrat, pour les libérer, et pour les écoles hors contrat, intégralement financées par les familles au prix d'importants sacrifices… – J.S.
« Hélas, les écoles fonctionnent grâce à des ressources, et pas seulement la bonne volonté et le service héroïquement rendu. Nos écoles ne peuvent plus s’appuyer sur le soutien sans limites de l’Eglise. Ces ressources, tout simplement, n’existent pas. Un grand nombre de nos paroisses font face à des difficultés financières. L’archidiocèse lui-même se trouve confronté à des défis sérieux sur le plan de la finance et de l’organisation : ils se sont développés au fil des ans et ne peuvent être ignorés. 
Où cela nous conduit-il ? Nous pouvons célébrer la Semaine des Ecoles catholiques cette année en prenant concrètement à bras le corps les problèmes fiscaux qui font du tort à nos écoles. Nous devons faire pression sur nos législateurs, avec respect mais vigoureusement, pour qu’ils inscrivent dans la loi le [libre] choix de l’école. 
D’abord, nous devons être clairs. Le bon scolaire, ce n’est pas « un soutien public pour les écoles confessionnelles ». Cet argument est tout bonnement faux. Aucun bon ne va à aucune école, qu’elle soit confessionnelle ou non. En revanche, le bon scolaire rend le pouvoir du choix de l’éducation aux parents, à qui précisément il appartient. Ce faisant, le bon scolaire rend toutes les écoles plus responsables de la qualité de l’éducation qu’elles offrent. Les parents reçoivent le bon scolaire. Les parents choisissent l’école. Cela est parfaitement sensé. Si une école offre une éducation de piètre qualité aux jeunes, les parents, très justement, voteront avec leurs pieds – et leurs bons. Evidemment, la plupart des écoles catholiques font l’inverse : elles offrent une éducation forte, dans un environnement sûr, en focalisant sur le développement d’un bon caractère moral. Voilà pourquoi les parents sont si malheureux de les voir fermer. 
Certaines personnes avancent que la loi sur le choix scolaire n’aide que les familles des zones les plus pauvres. Aider les pauvres est une nécessité vitale, évidemment, et le bon scolaire permettrait de faire cela. Mais le bon scolaire aide bien d’autres familles que les plus pauvres. (…) 
Voici un fait regrettable : en 2011, les évêques de Pennsylvanie ont fait de la loi sur le bon scolaire une de leurs priorités législatives. Plusieurs personnes (…) ont travaillé dur pour mobiliser le soutien des catholiques. Leurs efforts ont échoué – non parce qu’ils n’ont pas fait ce qu’il fallait, mais parce que trop peu de personnes qui fréquentent nos églises les ont écoutés. Très peu de catholiques ont appelé ou écrit à leurs députés et sénateurs. Ils ont été encore moins nombreux à se rendre dans leurs bureaux pour faire un travail de lobbying citoyen. Malgré cela, le bon scolaire a été adopté au sénat, avant d’être bloqué à la chambre. Un militant du choix scolaire, qui n’est pas catholique, et qui a dépensé généreusement des années de son temps et des millions de dollars qu’il a lui-même donnés, pour défendre le bon scolaire comme une question de justice sociale, a été ébahi par l’incapacité des catholiques à se mobiliser autour d’une question si évidemment vitale pour l’intérêt public et si clairement capable d’aider à la survie de leurs propres écoles. 
Au cours de la semaine qui vient j’écrirai à chaque sénateur d’Etat et à chaque représentant du territoire de cet archidiocèse pour faire pression pour qu’ils adoptent le bon scolaire. Et je continuerai de le faire jusqu’à ce que le bon scolaire devienne la loi. J’espère que mes frères évêques et pasteurs de tout l’Etat en feront autant. Plus important encore : notre peuple catholique doit faire la même chose. Mais si, les élus écoutent ! Et ils agissent lorsque le bruit devient suffisamment fort. A défaut d’autre chose, la crise des écoles catholiques de Philadelphie est un appel au réveil déplaisant, mais finalement très salutaire. La facture pour notre échec à faire adopter le choix scolaire au cours de cette dernière décennie est venue à échéance. Désormais nous  payons la note. 
Lorsque le bon scolaire a échoué, pour la énième fois, à la Chambre de Pennsylvanie à l’automne, un mien ami maître d’école catholique frustré a lâché : « Les catholiques sont des abrutis. » Je ne le crois pas. Mais d’un autre côté je suis nouveau, ici. Si nous, catholiques de Philadelphie, aimons nos écoles catholiques, comme nous le faisons évidemment, le temps de devenir actifs et concentrés, c’est maintenant. Nous devons commencer à faire pressions sur nos législateurs pour qu’ils adoptent la loi sur le choix de l’école – y compris le bon scolaire et des crédits d’impôts pour l’amélioration de l’éducation – actuellement pendante à Harrisburg. Et nous devons le faire cette semaine, aujourd’hui, tout de suite. Je vais le faire moi-même. J’espère que vous ferez comme moi. »
© leblogdejeannesmits (pour la traduction).
 

28 janvier, 2012

Espagne : des œufs, des tomates, des bouteilles pleines et une pierre pour chasser les pro-vie

Le 25 janvier dernier, rapporte LifeSite, comme tous les mois depuis mai dernier, un groupe de catholiques pour la vie manifeste et prie aux abords d'un hôpital catholique de Barcelone où, avec une forme de complicité de la hiérarchie catholique locale, l'on pratique l'avortement volontaire. Le groupe parcourt pacifiquement les rues avant d'achever sa prière en la basilique de la Sagrada Familia. Et cette fois, il a essuyé les tirs de projectiles, les insultes et les blasphèmes d'un peu moins de 200 contre-manifestants décidés à « chasser les ultracatholiques » des rues de leur quartier, comme ils disent.

Des tomates, des œufs, des bouteilles de plastique pleines, puis de verre, et même une pierre ont été balancés sur les manifestants : la pierre, assure l'un d'eux qui l'a aussitôt ramassée pour la montrer aux forces de l'ordre protégeant la marche, « n'était pas tombée de la façade de la Sagrada Familia », puisqu'elle était tombée à la verticale  : « Ce n'était pas un accident  et encore moins une météorite. » La trajectoire et la distance parcourue par la pierre indiquent même qu'un engin a probablement été utilisé pour la lancer. Heureusement elle n'a pas abouti dans un œil mais sur le bras d'un avocat priant avec les priants et protégé par son gros pardessus hivernal.

Au fait, quand deux ou trois excités balancent des œufs ou de l'huile de vidange à l'occasion d'une manif contre une pièce de théâtre blasphématoire, le monde entier en entend parler (j'ai vérifié, c'était une info d'envergure internationale sur les sites des gros médias de l'internet à l'automne dernier). Le caillassage systématique de catholiques pro-vie ne remue que les sites pro-vie qui rament à contre-courant. Tout un symbole.

Si les jets, les doigts d'honneur et les insultes étaient bien là au début de la marche vers Santa Creu i sant Paul (l'hôpital de la Sainte Croix et de Saint Paul de Barcelone, qui a ouvert ses portes en 1401 sous l'impulsion d'une Eglise charitable et soucieuse des corps comme des âmes), elles ont redoublé d'intensité lorsque les très nombreux manifestants ont entamé la prière du Rosaire après leur manifestation d'environ une demi heure, les blasphèmes et les projectiles durs se multipliant à ce moment-là.

On trouvera les vidéos de la marche ici et des photos sur le blog de Barcelone-Vie ici.

Mais ce qui m'épate sans doute le plus, c'est la mobilisation des Barcelonais pour défendre la vie, chaque mois, en nombre, pour dénoncer le scandale majeur que constitue la commission d'avortements dans un établissement catholiques. Ils sont nombreux, ils sont pacifiques, ils ne se laissent pas démonter, ils ne ripostent pas, ils sont même drôles, bénissant la rencontre Barcelone-Madrid de ce soir-là qui avait empêché sûrement bien des hurluberlus de descendre dans la rue pour les insulter.

D'ailleurs, comme le dit Iñigo Ruiz, le bloggueur de « barcelonavida » : « Ils ont bien tort s'ils pensent que parce que nous ne répondons pas à leurs provocations, nous n'allons pas nous défendre Qu'ils sachent que nous sommes davantage blessés par les offenses qu'ils adressent à Dieu et à la Très Sainte Vierge que par les jets de pierre, en vérité et pour la vie nous sommes disposés à accepter cela et même bien davantage, en cette toute petite occasion de martyre que nous offrent les circonstances actuelles. »


© leblogdejeannesmits.

27 janvier, 2012

Espagne : le gouvernement de Rajoy propose des restrictions sur l'avortement

Alberto Ruiz Gallardon
Ce serait une première : un pays européen occidental qui imposerait des restrictions sur une loi d'avortement en vigueur, et même très récemment adoptée. Le Partido Popular de Mariano Rajoy étant élu depuis quelques mois à peine, le nouveau ministre de la Justice a annoncé que son gouvernement allait revenir sur la dispense d'autorisation parentale d'avorter pour les 16-18 ans mise en place par la loi entrée en vigueur en juillet 2010. Ses déclarations ont été largement répercutées dans le monde, y compris en France, et la plupart du temps comme une intolérable atteinte au droit des femmes.

Alberto Ruiz Gallardon a annoncé d'autres modifications de la loi d'avortement, notamment à propos des délais légaux : actuellement l'avortement peut être obtenu à la demande et sans conditions jusqu'à 14 semaines de grossesse, et sous conditions de risque pour la santé de la mère ou de malformation fœtale jusqu'à 22 semaines. Il semblerait que le PP envisage de revenir à un régime plus proche de la première loi autorisant l'avortement en Espagne, la loi organique de juillet 1985, qui autorisait l'avortement sous conditions : 12 semaines en cas de viol, sans limite en cas de danger physique ou psychique pour la mère, et d'autres conditions comme l'existence de « risques graves physiques ou psychiques pour le fœtus » (sic).

Sans nullement instaurer un régime de respect de la vie, ces mesures constitueraient tout de même un acte symbolique fort en un temps où il semble qu'aucune amélioration n'est possible une fois qu'une loi de mort est passée.

Symbolique notamment en ce sens que seuls 151 des 30.000 avortements pratiqués en 2011 sur des mineures en Espagne l'ont été sans le consentement des parents ou tuteurs de l'intéressée : cela veut dire en clair qu'on s'accommode de ces chiffres terrifiants pour les adolescentes espagnoles, et que l'avortement demeurera possible du moment que les parents le voudront bien…

Mais les pro-vie espagnols y ont vu le signe que les choses peuvent être changés.

Mieux, ils prennent acte du fait que l'annonce, tout comme la rapidité de l'annonce après l'arrivée aux affaire de Rajoy sont la conséquence directe de la mobilisation gigantesques de mouvements comme HazteOir, Derecho a Vivir et d'autres tout au long de ces dernières années, déplaçant des millions de manifestants dans la rue et faisant pression sur les politiques. Derecho a Vivir, notamment, a multiplié les actions ces dernières semaines, interrompant le discours de victoire de Rajoy avec des slogans pro-vie.

Sans cette présence publique et visible qui a mis la question du respect de la vie en pleine lumière médiatique et qui a obligé les candidats aux élections à se positionner à son sujet, ce qui permet aujourd'hui d'exiger avec force qu'ils tiennent leurs promesses.

On pense bien sûr aux déclarations du cardinal Vingt-Trois, fin 2008, faisant la fine bouche devant la Marche pour la Vie qui allait se dérouler à Paris plusieurs jours plus tard :

« Chaque pays a sa culture et sa manière de faire. Mais je n’ai pas remarqué que les défilés qui ont eu lieu à Madrid aient empêché grand-chose! Je peux me permettre de penser que, au moins sur le plan tactique, ce n’est pas la meilleure solution. Comme il s’agit de questions sérieuses et graves, je ne pense pas que l’objectif soit de pousser des cris: il faut travailler, contribuer au travail. Et si on est sérieux, on a des résultats et on est entendu. »
Eh bien, il y a plusieurs sortes de travail et celui qui consiste à se faire entendre des élus s'avère non négligeable…

Derecho a Vivir, cela va sans dire, ne se contente pas des réformettes proposées par le ministre Ruiz Gallardon, sans pour autant passer à côté de l'heureuse révolution qu'elles constituent : le mouvement, avec HazteOir, demandera d'abord que l'on passe de l'annonce, à la mise en œuvre, la réforme à proprement parler se trouvant à l'heure actuelle au stade de « feuille blanche ».

Mais il demande aussi, sans faiblir, l'abrogation totale de la loi d'avortement pour aboutir à une loi d'« avortement zéro ». « L'action citoyenne » ne mollira pas, ont prévenu ses responsables. HazteOir a ouvert une page de commentaires pour que chacun vienne faire part de ses propositions pour mener la campagne « Derogacion Ya » (abrogation tout de suite !).

© leblogdejeannesmits

25 janvier, 2012

A ne pas manquer ! Jeudi matin, 9 heures…

Trois jeunes femmes originaires du Maghreb converties de l'islam à la religion catholique ont témoigné mercredi soir dans le cadre de l'émission de la Réplique de Bernard Antony. Ibtissam, Marie et Myriam nous ont bouleversés. Une heure et demie de grâce ; de mémoire d'émissions de radio, je n'ai jamais assisté en studio à des moments aussi intenses. A en juger d'après les réactions des auditeurs, le courant est bien passé. J'aurais simplement aimé que le sourire lumineux de ces trois jeunes femmes soit visible à l'antenne !

L'émission sera rediffusée cette nuit de 3 h 30 à 5 h et jeudi matin de 9 h à 10 h 30.


On peut l'écouter sur les ondes habituelles de Radio Courtoisie et sur internet (ici).

Les enregistrements des émissions peuvent être achetés à Radio Courtoisie, 61 boulevard Murat, 75016 Paris ; tél. 01 46 51 00 85 ; fax : 01 46 51 21 82.


Radio Courtoisie en modulation de fréquence (MHz)

Paris et Ile-de-France, 95,6 | Caen, 100,6 | Chartres, 104,5 | Cherbourg, 87,8 | Le Havre 101,1 | Le Mans, 98,8.

Radio Courtoisie par satellite :

Sur le bouquet satellite Canalsat (canal 179 pour la mosaïque des radios et canal 496 pour l'accès direct à Radio Courtoisie). Sur le bouquet satellite TNT Sat

Euthanasie : victoire sur la culture de mort à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe

On m'informe que l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a voté mercredi soir une résolution visant à « protéger les droits humains et la dignité de la personne en tenant compte des souhaits précédemment exprimés par les patient » – en clair, il s’agit de promouvoir les testaments de fin de vie ou les directives pour la fin de vie. Grâce au travail intensif d’élus chrétiens, le texte définitif affirme : « L’euthanasie, dans le sens de l'usage de procédés par action ou par omission permettant de provoquer intentionnellement la mort d’une personne dépendante dans l’intérêt allégué de celle-ci, doit toujours être interdite. »


Luca Volontè
A cette belle victoire s'ajoute l'adoption de deux amendements présentés par Luca Volontè (président de groupe du PPE) Timothy Boswell (GDE) et d'autres membres de ces deux formations conservatrices, qui ont bataillé pour faire adopter ce principe : « En cas de doute, la décision doit toujours viser à préserver la vie de l’intéressé et à en prolonger la vie. »

« L'an dernier, nous avons obtenu une grande victoire en réaffirmant le droit à l'objection de conscience, aujourd'hui nous reconfirmons les valeurs humaines et chrétiennes. Aujourd'hui nous avons une nouvelle fois mené une bonne bataille et nous l'avons gagnée, grâce à Dieu, face à une véritable tyrannie idéologique de la mort. Les socialistes, la gauche et une partie des libéraux ont perdu une bataille fondamentale, désormais l'euthanasie est totalement bannie de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe », rapporte mon correspondant, citant Luca Volontè.

Addendum : Le texte de la résolution est en ligne ici.


Atelier ICHTUS sur la culture de mort, à Paris le jeudi 26 janvier

Des guerres révolutionnaires à l’avortement et l’euthanasie 
Dans le cadre des Atelier Jean Ousset : « L’impasse de la “sécularisation” : le coût humain d’un monde sans Dieu » 
19h30 - 21h
Base 49, 49 rue des Renaudes 75017 Paris.
Métro Ternes ou Péreire
Contact : 01 47 63 97 81
 
Suivi d’un pot convivial. 10 € ; 5 € étudiants et chômeurs.
Atelier interactif. Après un bref topo, les intervenants et le public réfléchiront sur le thème de la culture de mort à partir des questions suivantes :
 
1. Parler de « culture de mort » évoque dans les esprits la mentalité contraceptive, abortive ou euthanasique. Dans quelle mesure l’expression ne peut-elle pas être étendue bien au-delà du domaine de la bioéthique et désigner les politiques suicidaires des sociétés européennes du XXe siècle, en incluant les guerres totales, le suicide démographique, le goût du morbide et scatologique (les spectacles) ou les sports et pratiques extrêmes ? 
2. N’y a-t-il pas un processus logique unissant l’ensemble des lois et des projets en cours depuis la contraception jusqu’à l’euthanasie, le mariage homosexuel et la théorie du genre ? Dans quelle mesure l’une des clés de ce processus ne réside-t-elle pas dans cette sorte de retournement des mots (voir 1984 d’Orwell ou Le meilleur des mondes d’Huxley) où liberté signifie esclavage, où le culte du bien-être entraîne le devoir de faire mourir et où la stérilité choisie est synonyme de fécondité, etc. ? 
3. Conséquence logique de la sécularisation, la société actuelle a fait de la mort et de la souffrance un sujet tabou. C’est le culte de la santé parfaite (Lucien Sfez), mais dans le même temps, cette même société est accusée de promouvoir la « culture de mort ». Comment expliquer ce paradoxe ? 
4. Est-il possible de faire un lien entre la culture de mort (celle qui mène à la contraception, à l’avortement ou à l’euthanasie) et le dépérissement du lien social ? En quoi l’accueil de la vie est-il un facteur primordial du « Nous Commun » et de l’équilibre social ?
Les intervenants :  
Pierre de Lauzun, auteur notamment de L’avenir de la démocratie et de Economie et christianisme  
Jeanne Smits, directeur de la rédaction de Présent  
Modérateur : Joël Hautebert, professeur des universités en histoire du droit 
Pour vous inscrire, cliquez ici.

 
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